Le Frédéblog

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Pratique et défense du deux-roues par un passionné, mais aussi balades et voyages, anecdotes insolites, quelques réflexions en vrac, bref, un blog motard !

Pensées plus ou moins profondes

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samedi 3 octobre 2015

Permis de polluer

Le scandale autour de Volkswagen me fait doucement rire. Comment quiconque peut-il prétendre être surpris ? C’est une évidence depuis des années que les tests sont biaisés, que ce soit pour les autos ou les motos. Qui donc a un jour pu constater en circulant en conditions réelles une consommation proche de ce qui est annoncé par le constructeur ? Le coup du logiciel qui détecte un environnement de test est peut-être une variante un peu plus subtile et hi-tech, mais prenez la plupart des motos un peu bruyantes d’origine (dont on se demande parfois comment elles ont pu passer l’homologation), c’est bizarre comme lorsqu’elles sont pile au régime moteur auquel sont faites les mesures, le volume décroît… Allons, quelle hypocrisie de « découvrir » que les tests sont contournables – et contournés.

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C’est exactement comme pour le permis de conduire, surtout moto : tant que l’examen se pratique dans des situations parfaitement calibrées et contrôlées (théoriquement pour des questions d’objectivité mais ça ne fonctionne pas tant que ça vu les écarts de compétence des examinateurs), il sera trop facile de former les gens au passage de l’examen plutôt qu’à la conduite. Ou encore passer une épreuve du bac en sachant précisément quel sera le sujet. Pareil pour les moteurs, ce qu’on leur demande n’est pas tant de ne pas trop polluer ou faire du bruit sur la route, mais de bien passer les tests.

Je ne dis pas que le dilemme est facile à résoudre, après tout, il faut bien un minimum de procédure commune et reproductible pour avoir des bases de comparaison. Mais qu’on arrête de prendre les gens à ce point pour des nouilles en faisant croire que c’est une découverte, un scandale. Ma théorie perso sur la question ? L’agence de l’environnement américaine a du avoir une baisse de financement, et pour se renflouer a pu choisir de sortir un dossier bien juteux sur une grosse boîte étrangère solvable. D’où une amende en dizaines de milliards de dollars, comme d’ailleurs on a vu récemment dans le secteur bancaire, sur des sujets tout aussi peu surprenant. Ensuite, c’est boule de neige, les autres acteurs en profitent pour demander le remboursement des aides ou coller des amendes. Après tout, le premier constructeur mondial (au coude à coude avec Toyota) doit avoir les reins assez solides pour payer, non ?

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Je me demande tout de même si les moteurs de VW, même s’ils sont moins bons qu’annoncés aux tests, polluent à ce point plus que la moyenne, ou plus que les moteurs surdimensionnés qu’affectionnent notamment les Américains. Cela ne cautionne pas la triche incontestable qu’il y a eu, juste une remise en perspective…

Enfin, dernière petite réflexion pour la route, que ce soit une Golf « truquée » ou n’importe quelle autre marque ou modèle, la fabrication d’un véhicule neuf – aussi efficace soit-il en circulation et quelle que soit l’énergie qu’il utilise – pollue énormément plus que faire durer en l’entretenant correctement un véhicule déjà amorti, tant financièrement qu’environnementalement. D’où l’extrême stupidité des projets d’interdiction qui se multiplient, et qui ne serviront au mieux qu’à soutenir l’industrie moribonde de l’automobile, au détriment de la planète et de la population. Donc rendez-vous à la prochaine manif FFMC

jeudi 4 juin 2015

Nouvelle vignette verte, même absurdité

Il fallait s’y attendre, la vignette « verte » revient, pour trier les véhicules par « vertu écologique » et faire encore un pas significatif vers des systèmes de circulation alternée, réduite, ou interdite pour les engins à moteur en fonction de leurs émissions. Qu’il faille agir pour l’air des villes et la pollution en général, je suis tout à fait d’accord évidemment, qui dirait le contraire ? Mais j’en ai un peu marre qu’on ressorte les même recettes complètement simplistes et dévoyées. Pour le coup, cela concerne aussi bien les deux-roues que les quatre ou plus, encore que pour les camions et les transports en commun ça doit pouvoir être un peu plus discutable. Mais pour les véhicules particuliers, ce système ignore une bonne partie de l’équation.

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De la même façon que ceux qui vantent les véhicules électriques comme étant à « zéro émission » oublient un peu que l’énergie n’est pas encore produite sans contrepartie (même le solaire est encore loin d’un bilan flatteur en prenant tout son cycle de vie), cette classification d’un véhicule par son âge et ses émissions à un instant donné oublie un détail d’importance : « les émissions grises ». Je n’ai pas trouvé de chiffres exacts, a priori même les constructeurs les ignorent, mais tout le monde est d’accord sur une chose : c’est assez énorme. Pour fabriquer une voiture, il faut environ 30 tonnes de matières premières, avec tout ce que cela suppose d’énergie et de CO2 pour les extraire et les transformer, sans compter le processus de construction, la livraison du véhicule... Question pratique : si un véhicule neuf produit 20 g de CO2 par kilomètre de moins qu’un vieux véhicule, combien de kilomètres faudra-t-il parcourir avec pour compenser les centaines de tonnes de CO2 engendrées par sa production ? Question annexe : s’il consomme aussi un peu moins de carburant réalisant ainsi une économie de 2 centimes par kilomètre, quelle distance faudra-t-il parcourir pour couvrir son coût d’achat par rapport à l’abandon de l’ancien (privé de toute valeur de revente par sa vétusté devenue vice au lieu de vertu économe, et qu’il faudra donc détruire).

A noter que la nouvelle pastille verte sera attribuée non en fonction du CO2, mais du dioxyde d’azote et des particules fines, cela dit la démonstration reste valable. A noter également qu'elle ne prend que l'année et le carburant en compte. Ainsi, j'ai fait le test pour ma voiture (et oui, depuis que je suis papa, pour la première fois de ma vie, j'ai une voiture). Elle a 16 ans et c'est un diesel, du coup elle est en vignette marron, l'avant-dernière, et sera privée d'accès aux villes qui mettront cette politique en place. Cependant, c'était une berline haut de gamme à l'époque, elle est injectée, catalysée, ne fume pas, et réussit haut la main tous ses CT. Est-il équitable qu'elle se retrouve classée comme une camionnette rustique, dépourvue du moindre équipement anti-pollution ? Et si nous sommes 4 à bord, nous polluerons individuellement bien moins qu'un gars tout seul dans une voiture de 2015...

Je n’ai pas de solution miracle à proposer à la "respirabilité" des villes et la réduction de la pollution engendrée par le transport, mais une chose au moins est certaine, ce n’est pas en poussant les vieilles voitures et motos à la casse sans se préoccuper de leur état ou de leur usage, ou parallèlement en sanctionnant tout ceux qui n’ont pas les moyens ou tout simplement pas l’envie de changer, qu’on arrivera à quoi que ce soit. Tenter de le faire croire est au mieux un énième exercice de manipulation de masse, au mieux une maladroite tentative de revitaliser une industrie automobile moribonde et qui ne profitera qu’en partie à l’économie nationale. Fluidifier le trafic au lieu de le pourrir par tous les moyens, baisser ou supprimer le coût des transports publics (pas rentables de toute façon) et, oui, encourager les transports doux. Mais pas au détriment de ceux qui n’ont pas la possibilité de les utiliser !

Exemple vu dans une question de l’examen du code qu’une proche prépare en ce moment : « Pour aller à la boulangerie, j’utilise A/ La marche B/ Le vélo C/ La voiture. » La réponse attendue étant bien sûr A et B. Mais et si on habite à 20 bornes de la boulangerie, ou qu’on a du mal à se déplacer ? Il n’y a pas de réponse manichéenne évidente…

Pour finir, petit lien vers cet article qui teste différents modes de transport électriques alternatifs : vélo, trottinette, longboard et unicycle. http://www.clubic.com/mag/transports/article-766280-1-velo-electrique-solowheel-longboard-trottinette.html

Certains sont intéressants, pas à dire. Mais on pourrait arguer qu’ils sont au prix d’une moto 125 autrement plus polyvalente, capable d’emmener un passager (là aucune de ces nouvelles machines ne m’accepterait même seul, à part le vélo), et ne consommant pas tellement plus rapporté au mode de production de l’électricité. Ce graph le récapitule, en France un véhicule électrique consomme indirectement 93 g de Co2 par kilomètres… soit à peu près l’équivalent d’un deux-roues thermique économe. Et dans les pays où le courant est généré à partir de pétrole ou de charbon, il est même plus polluant de rouler à l’électrique qu’à l’essence !

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lundi 27 janvier 2014

Apprendre du passé pour comprendre le présent ?

Dans plusieurs Etats des USA ainsi que dans certains pays en Europe, il est question de réformer une fois de plus l’enseignement élémentaire, notamment en faisant le tri dans les programmes pour recentrer sur ce qui est jugé le plus utile. Une saine démarche, qui a lieu en continu depuis la naissance de l’école. Aujourd’hui, les cours de latin ou de couture se font rares, ceux d’informatique se généralisent (enfin !), ça semble légitime. L’évolution dont on parle maintenant touche à l’apprentissage de l’écriture : il est question de laisser tomber l’écriture cursive et sa lecture.

Objectivement c’est dépassé, dans la mesure où ça n’existe pas sur écran. Même en papier, les rares fois de l’année où j’utilise un stylo (les derniers chèques et quelques adresses sur les ultimes enveloppes papier…), c’est pour des lettres bâtons, histoire d’avoir une chance d’être lisible. En fait, ce n’est que pour apprendre à mes nièces à écrire que je me suis remis à faire de belles lettres cursives, en tirant la langue avec application et l’impression que c’est moi qui suis revenu à la petite école (« Dis tonton, c’est comment un F en attaché ? »). Mais quand ces enfants seront grandes, utiliseront-elles autre chose qu’un clavier tactile ou même la reconnaissance vocale pour saisir du texte ? A quoi auront servi les heures passées à faire de belles boucles ? A moins justement que cette démarche ne soit indispensable : coordination, application, précision, former des lettres rapidement et lisiblement a son utilité, savoir déchiffrer une note manuscrite aussi, non ? Le débat n’est pas simple, j’avoue avoir du mal à m’y positionner. Pour qui a appris comme ça, ça semble une évidence, bien sûr qu’il faut apprendre les cursives. Cela dit… je n’ai jamais appris à écrire à la plume avec des pleins et des déliés comme ma grand-mère, ni à prendre des notes en sténo comme ma tante. Et je ne peux pas dire que ça me manque beaucoup au quotidien, où je tape aussi vite que la parole au clavier.

Où placer la limite de l’apprentissage élémentaire ? Faudrait-il refaire toute l’histoire, du calame sur tablette de cire à l’enluminure, pour être plus efficace une fois adulte ? Mais à tout miser sur le futur, ne risque-t-on pas d’être démuni si, pour une raison ou une autre, la technologie n’est plus disponible ? De même qu’on serait bien en peine aujourd’hui de faire pousser sa nourriture ou simplement faire du feu, sera-t-on incapable de lire les lettres de nos parents ? Si vous avez déjà effayé de lire un livre en vieux françois ou écrit en gothique, imaginez pour les générations suivantes. La nuance est peut-être que les changements sont de plus en plus profonds et rapides. Les supports de ces dernières années ont tant changé qu’on ne peut déjà plus lire les disquettes et bientôt CD de notre enfance, sans même parler des cahiers du grand-père…

Transposé dans le domaine motard qui nous intéresse sur ce blog, les interrogations sont similaires. Par exemple, alors qu’il était interdit jusqu’à cette année en examen du permis, l’ABS sera obligatoire dans deux ans. Faut-il toujours enseigner à freiner sans ? Là aussi, le motard d’aujourd’hui qui appris à freiner « à la main » et a roulé des années sur des motos basiques répondra sans doute que oui, évidemment, et si on a une machine de prêt sans ABS, ou une panne, comment faire ? Faut-il encore demander que les élèves sachent passer la réserve en roulant ? La même question de chronologie se pose : saurions-nous conduire une moto d’encore avant, avec un kick récalcitrant, l’avance à l’allumage à régler manuellement selon le régime, un levier de vitesse sur le côté du réservoir et des freins à patin ? De même que la lecture de manuscrits anciens est réservée aux paléographologues spécialement formés, la conduite de véhicules anciens n’est pas donnée à tous les détenteurs du permis (on l'a vu récemment, à trois motards trentenaires chevronnés nous étions incapables de mettre en route la BSA de l'ami Marco). Est-ce un mal, un bien ? Vaut-il mieux savoir à peu près freiner avec tous les systèmes, ou approfondir plus en détail uniquement le plus contemporain d’entre eux ? Sachant que qui peut le plus peut le moins, qui sait freiner avec une Terrot s’en sortira probablement avec une GTL, et qui sait lire des pattes de mouche ou une ordonnance manuscrite n’aura aucun soucis avec un texte sur écran.

Un élément de réflexion qui n’a peut-être rien à voir, mais que je trouve intéressant : saviez-vous qu’au cours de notre gestation, nous passons par tous les stades de développement depuis les origines de la vie ? D’être unicellulaire après la fécondation, nous passons à un genre d’amibe, puis au fœtus qui est remarquablement similaire entre tous les vertébrés. Poulet, cheval, dauphin ou humain, nous avons à certaines étapes la même forme que notre ancêtre commun, ce n’est que relativement tard que l’espèce est clairement différenciée. Est-ce à dire qu’il faut apprendre à graver des stèles cunéiformes avant d’utiliser une tablette tactile, ou à démarrer une Monet-Goyon pour rouler en Panigale ? Heureusement non… mais pourquoi pas, si nous étions moins pressés et n’oubliions pas tant les rétroviseurs de la vie. La société qui semble régulièrement oublier dans ses dérives son passé pourtant pas si lointain devrait nous y inciter.

Sur cette réflexion, je vous souhaite une très bonne journée…

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dimanche 24 novembre 2013

ITS en folie

Les aides à la conduite particulièrement évoluées et intrusives continuent de se développer, dans des modèles toujours plus nombreux et abordables. Mais je les trouve souvent complètement contradictoires et sincèrement dangereuses sur le fond. Exemple avec la pub ci-dessous :

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D’un côté, nous avons une magnifique « détection des piétons et cyclistes », avec freinage d’urgence automatique. Pourquoi pas, en effet ? Mais coupler ça avec un « centre multimédia tactile connecté à Internet » au milieu du tableau de bord ? C’est un comme administrer à la fois le virus et son vaccin, sauf que je ne suis pas sûr que l’opération soit neutre. Le système de détection est sans doute très efficace, et incitera d’autant plus à se reposer dessus. Quid du jour où il échouera à repérer un gamin ? Ou au contraire du jour où il faudra pouvoir passer dans des congères de neige, la voiture refusera-t-elle d’avancer ?

Dans le même genre, vu récemment dans un essai d’une nouvelle Peugeot (je crois) que même les essayeurs professionnels avaient du mal à s’y retrouver pour naviguer dans l’interface de la bagnole : un seul écran tactile au tableau de bord pour tout contrôler, du GPS à la clim en passant par la lecture des mails. Et le tout apparemment sans menu clair ni accès simplifié pour les fonctions les plus courantes. Autrement dit, juste pour se mettre un peu de dégivrage qu’on peut normalement faire à tâtons en restant bien concentré sur la route, là il faudra prendre le temps de parcourir différentes rubriques, faire des choix pas forcément simples, cliquer sur diverses icones… Plusieurs fois le temps de se mettre dans le fossé ou, pire, de fiche en l’air un usager vulnérable.

N’est-il pas franchement temps de remettre l’humain au cœur de la route, que ce soit au volant ou derrière les radars ? Je ne dis pas qu’il ne faut pas progresser, par exemple les « feux intelligents anti-éblouissement » dans la même pub semblent plutôt pas mal. Mais tout ce qui déconcentre et déresponsabilise le conducteur devrait être pris plus au sérieux. Quand on voit déjà à quel point la plupart des gens sont complètement incapables de faire deux choses élémentaires en même temps au quotidien... Cela repose la grande question philosophique : est-ce parce qu'on PEUT faire qu'on DOIT faire ?

Et ça ne va pas s’arranger avec la nouvelle génération d’appareils connectés, on a d’ailleurs eu en Californie le premier PV pour usage des Google Glasses au volant. Pire encore que le téléphone actuellement car mobilisant tous les sens en plus de tout le cerveau, ça va être bien difficile à détecter, et seule une vraie sensibilisation et formation pourra limiter les dégâts.

lundi 21 octobre 2013

Le train-train quotidien

La SNCF est en recul, le TGV, sa seule division quasi-rentable, se mettant aussi à la diète. A peine quelques pourcents, mais quand le total se compte en milliards, la nuance est sensible. http://www.europe1.fr/Economie/TGV-vers-la-fin-d-un-mythe-1681455/

En gros, le problème est la désaffection du public pour le train. Quelle surprise… vous vous rappelez du slogan « A nous de vous faire préférer le train » ? Bah c’est pas gagné. Le site SNCF (un des premiers sites marchands d’Europe) est toujours un impressionnant et malpratique nid de bugs, certains présents depuis des années. Mais surtout, les prix sont incompréhensibles. Ils étaient censé les simplifier, au lieu de cela on a toujours des variations de 1 à 10 sur un même trajet, de nouvelles gammes de trains qui compliquent encore les choses, des dizaines de cartes de réduction (qui en plus ne s’appliquent pas quand on en a besoin), des changements d’horaires qui ne vont pas toujours dans le sens de la pratique, et une ponctualité encore loin d’être sans reproches.

Pour remonter la pente, la SNCF annonce vouloir compléter son offre en ne proposant pas seulement du gare-à-gare, mais du domicile-à-destination. Le principe est intéressant mais certaines choses qui devraient être évidentes ne sont toujours pas intégrées. Par exemple il me semblerait logique que le billet de train donne aussi accès aux moyens de transports périphériques : la navette entre le centre-ville et la gare, ou le métro à l’arrivée. On a vite fait d’en avoir pour aussi cher et autant de temps de finir son trajet que d’aller jusqu’à la gare. Récemment encore, sur un trajet pour Bruxelles, j’ai mis aussi longtemps pour aller de la gare du Midi à ma destination en centre ville que de Paris à Bruxelles, au point que si j’avais gardé la moto depuis Paris j’aurais fait des économies et été moins en retard - sans pour autant courser le Thalys !

Car là réside tout le paradoxe, et les beaux discours d’intermodalité, les vœux pieux de report modal massif, les modes doux et verts comme réponse universelle se heurtent à la réalité du quotidien où bien malgré nous le véhicule individuel reste la solution la plus adaptée à la majorité des déplacements. Que ce véhicule n’ait que deux roues et un encombrement réduit en limite beaucoup les nuisances, mais ne les annule pas. Comment résoudre cette délicate équation ? Désemparés et déconnectés, certains pouvoirs publics font le calcul à l’envers : plutôt qu’accélérer et faciliter les transports en commun, ils ralentissent et compliquent le transport individuel. Plutôt que rendre le premier économique, ils renchérissent le second. Plutôt que rendre le premier intelligent ils rendent le second absurde. N’est-ce pas là une solution de facilité assez ridicule, un nivellement par le bas qui ne résout rien ?

Quand on n’a pas d’autre choix que prendre sa voiture ou moto pour aller à la gare, où il faut en plus payer un parking peu sûr, puis repayer et galérer avec bus/tramway/métro à l’arrivée, comment les dirigeants peuvent encore s’étonner que les passagers préfèrent des solutions alternatives, quitte à conduire sur tout le trajet ? A mon sens, les parkings des gares devraient être gratuits et sécurisés, de même que les navettes permettant de les atteindre et d’en partir, et les tarifs ferroviaires doivent être plus lisibles et abordables, sans ces magouilles complexifiant les prix à l’extrême. Allez-y, faites-nous vraiment préférer le train, on ne demande que ça !

Je partage tout à fait la priorité de développer le ferroviaire et les transports publics, mais par pitié, de façon cohérente et concrète, qui ne pénalise pas ceux qui n’ont pas le choix.

lundi 30 septembre 2013

La moto n’échappe pas à son contexte

La moto est souvent vue et vécue comme un véritable symbole de liberté dans une société, c’est cyclique, toujours plus avide de contrôle et de rigidité. Mais elle reste profondément ancrée dans cette société, évidement, et cela se ressent à bien des niveaux. Quelques exemples :

Pour standardiser les mesures et des jugements, se mettre à l’abri de toute variation ou subjectivité, les notations et évaluations se déshumanisent, perdant par là même une bonne part de leur raison d’être. Sur le principe, un avis impartial peut sembler le plus juste, en pratique, on arrive à l’effet inverse. Cela rejoint une phrase de Mandela que j’aime beaucoup : « il n’y a rien de plus injuste que traiter de façon identique des choses différentes ». Cela se retrouve dans de nombreux domaines, comme l’Education nationale où les élèves doivent rentrer à tout prix dans les cases strictes de grilles standard d’évaluation, répartis de force en catégories dont on retrouvera la même proportion dans chaque classe, qu’importe sa composition…

Dans les arts martiaux, c’est même élevé au rang de compétition. Ainsi, les katas (succession formelle de mouvements à faire seul, symbolisant un combat contre un ou plusieurs adversaires) étaient au départ un simple outil pédagogique. Permettant de travailler la pureté des mouvements, la précision des gestes et des positions, mais aussi de transmettre les techniques entre écoles, ils n’avaient pas vocation à être une fin en soi. Aujourd’hui cependant, notamment en France mais pas que, on fait des compétitions spécifiquement de katas, des écoles se focalisent dessus, on évalue l’exactitude des enchaînements, le respect d’un rythme, la beauté du geste… Je ne dis pas que ce n’est pas utile, loin s’en faut, mais on est bien loin de l’esprit d’origine : dans un combat c’est l’originalité, l’arythmie, l’efficacité du geste qui compte. L’outil est devenu le but. Exactement comme pour le permis moto, où malgré de relatifs progrès cette année, le parcours d’examen plateau notamment est noté pour lui-même, sur des critères objectifs, qui n’ont pas forcément de lien avec la réalité de la conduite. On peut être très bon en kata et inefficace en combat, comme on peut super bien réussir le plateau sans pour autant savoir s’intégrer dans la circulation - et vice-versa. N’y a-t-il pas là un paradoxe ?

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Autre exemple, très clairement relaté dans le dernier Motomag, la judiciarisation du sport moto, où l’envolée des primes d’assurance, tant pour la fédération sportive que pour les clubs et les individuels, menace tout ce pan du monde moto. A refuser le droit à l’erreur, la prise de risque, l’acceptation consentie du danger, on va pousser les gens à pratiquer dans l’illégalité, sans assurance, hors structures adaptées, totalement l’inverse du but recherché ! Aux USA, grands spécialistes de la course à la plus grosse indemnité pour la plus absurde raison, cela a des conséquences dramatiques. Ainsi, quelques procès retentissants ayant fait exploser leur assurance au-delà de toute mesure, les gynécologues ont purement et simplement disparu de plusieurs Etats. Les femmes doivent maintenant aller consulter jusque dans l’Etat voisin, ce qui peut représenter des centaines de kilomètres. Leur santé et la sécurité des bébés ont-elles réellement fait des progrès ? Le phénomène arrive en France, parlez-en à un chirurgien, même si ses états de service sont exemplaires…

Enfin, la tendance moderniste consistant à prétendre résoudre par la technologie tous les maux de l’humanité ne prend toujours aucun recul sur elle-même. La société Bosch, bien connue dans le monde moto pour ses ABS certes performants, poursuit sur sa lancée avec un tas de nouveaux gadgets et assistances à la conduite surprenants d’efficacité. Des sites et une certaine presse moto s’enthousiasment d’avance pour ces systèmes, qu’à terme les lobbyistes rendront obligatoires (ils ont déjà réussi pour l’ABS). C’est manquer de recul et d’analyse… Là encore je ne critique pas ces systèmes en eux-mêmes, j’en ai maintenant plusieurs sur ma bécane et ne les regrette pas. Mais je garde mes doutes sur l’invasion des motos qui conduisent pour nous, mettent des monstres de puissance et de performance à la portée du premier quidam venu, et permettent de prendre des courbes comme un pilote, d’ouvrir les gaz ou planter les freins comme un bœuf sans conséquence… Un site titrait quelque chose comme « des trajectoires de pro avec les nouvelles technos », c’est absurde ! A moins de passer complètement au pilotage automatique, pas une technologie ne vous donnera une trajectoire adaptée si vous ne savez pas vous placer, pas une non plus ne repoussera les limites des lois physiques, ni ne remplacera le cerveau du conducteur. Or on a un peu trop tendance à le faire croire… Faut-il encore rappeler que les motos ayant proportionnellement le moins d’accidents sont les anciennes et les customs dépourvus de toute technologie (même pas de frein à disque !), et qu’à l’inverse les plus crashées sont les hypersports bardées d’électronique ? Ce n’est pas du passéisme, juste un peu de recul et de considération de la technologie pour ce qu’elle est : une aide de confort, pas une excuse pour repousser les limites qui dispense d’une bonne formation et de bon sens. Alors messieurs les journalistes moto (autres que Motomag), un peu de retenue s’il vous plaît. Comme au début de l’ABS, attendez un peu de voir l’usage qui sera fait de ces supercalculateurs embarqués.

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dimanche 15 septembre 2013

Prix de l’essence : suggestion égalitaire

Petite réflexion qui m’est venue devant la relance bordélique du débat sur le prix du diesel : paradoxalement et de façon assez stupide et/ou archaïque, les carburants sont taxés dans l’ordre inverse de leur degré de pollution. Le GPL, nocif et demandant les plus grands volumes pour avancer, est le moins cher. Le diesel, grand émetteur de microparticules et de produits dérivés, est également favorisé. L’E10, hérétique pour l'environnement comme pour la mécanique (surtout des deux-roues) et sur lequel l’Europe pourrait même proposer un moratoire, est artificiellement moins coûteux que le SP95 classique. Le plus cher de tous, le SP98, est aussi celui qui est le plus efficace en combustion.

Rappelons aussi que 70 à 80% du prix des carburants est constitué de taxes cumulées (et de taxes sur les taxes, sympa : on paie la TVA sur la TIPP par exemple…). Cela laisse donc au gouvernement une très grande latitude d’action sur les prix, et fait des carburants une source majeure de revenus pour l’Etat.

Pour autant, il ne serait pas juste d’inverser brutalement la taxation, même si dans l’absolu ce serait écologiquement le plus cohérent. Après des décennies de promotion du diesel à grands coups d’avantages fiscaux, au point de faire de la France un des plus gros utilisateurs proportionnellement de ce carburant (généralement réservé aux poids lourds ailleurs), on commence enfin à admettre que ce n’était peut-être pas une si bonne idée. Mais du coup, un peu dur de sanctionner tous les usagers, souvent modestes, qui roulent au gasoil… même si pour répondre à la demande artificielle de notre marché les BMW, Jaguar et Porsche s’y sont mis.

Dans l’absolu, l’utilisation de la fiscalité pour promouvoir les comportements vertueux n’est pas absurde – encore faut-il que ce qui est privilégié soit effectivement meilleur. Par exemple, la FFMC réclame depuis longtemps une baisse de la TVA sur les équipements de sécurité, et puisqu’il faut bien inciter les conducteurs à choisir une moindre consommation d’essence et que l’Etat a cruellement besoin de pognon, on ne va pas non plus supprimer les taxes sur l’essence, soyons réalistes. Pourquoi ne pas alors envisager ceci : tous les carburants au même prix.

Cela ferait monter un peu le diesel, baisser un peu le sans plomb, le tout étant à calculer pour que le montant global reste identique. Et chacun pourrait choisir selon son véhicule, et donc privilégier en fonction de la logique mécanique et environnementale – et non financière – le carburant le plus efficace et responsable. Je ne suis pas économiste et ce n’est peut-être pas une bonne idée, mais elle a au moins le mérite de faire appel au bon sens des gens et de remettre les choses à plat, à bilan neutre pour les finances publiques, en satisfaisant les partenaires du gouvernement, et en répartissant équitablement la charge entre les usagers. Qu’en dites-vous ?

vendredi 6 septembre 2013

Trop de vélo tue le vélo ?

Un article de Der Spiegel, repris par Courier International, évoque un souci de plus en plus prégnant dans les villes du nord de l’Europe qui ont tout misé sur le développement du vélo : l’overdose de petites reines ! Bah oui, le vélo, c’est comme absolument tout : quand y’en a trop plus que pas assez, y’en a plus que si y’en avait moins. Du coup, les vélos deviennent envahissants à leur tour. On ne sait plus où les garer, ils font des bouchons, et les autorités en sont à chercher des modes de transport alternatif. Par exemple se dire qu’un véhicule individuel permettant d’aller de façon autonome d’un point A à un point B distant désengorgerait un peu les parvis des gares et les pistes cyclables saturées. Au Pays-Bas, ils commencent par endroit à interdire et verbaliser le stationnement des vélos, et songent même à le rendre payant ! Au Danemark, il peut y avoir tellement de vélos au carrefour qu’il faut attendre plusieurs feux avant de pouvoir passer. Sans compter que la cohabitation des modes même « doux » n’est pas sans tensions : entre piétons et cyclistes, ou même entre cyclistes lents et chauffards de la pédale – surtout pour peu qu’ils soient au téléphone !

velosempiles.jpg Parking à vélo près de la gare de Copenhague

Bon, évidemment, même en nombre énorme, le vélo garde des avantages indéniables sur les autres moyens de transport, ça reste une solution intelligente pour la plupart des déplacements urbains. Reste juste à faire admettre que ce n’est pas le seul, et que peut-être que les problèmes ne viennent pas des véhicules, mais des besoins de transports eux-mêmes ? Eclatement des zones résidentielles toujours plus loin des pôles d’activité, hyper-concentration des zones de population, horaires absurdement identiques pour des millions de personne, concentrant les déplacements sur quelques pics ingérables… Il n’y a qu’à voir en Asie où les deux-roues – vélos ou scooters et motos selon le niveau de vie – sont bien plus nombreux que les quatre roues et se retrouvent confrontés exactement aux mêmes problèmes, avec une densité encore plus élevée.

a-bicycle-jam-in-shanghai-china-leaves-traffic-at-a-standstill.jpg Bouchon de vélos à Shangai

On se prend donc à rêver du deux-roues urbain idéal, qui laisserait le choix entre pédales et/ou moteur, comme un vélo à assistance électrique mais avec la puissance et la capacité d’emport d’au moins une 125 histoire de rester crédible sur les grands axes et voies rapides. Voire carrément le vélo volant, qui arrive, mine de rien !

fajb_flying_bike_03_june2013.jpg Prototype de vélo électrique volant

En attendant, j’aimerais bien me retrouver un vélo qui corresponde à mon cahier des charges : pas hors de prix, simple (pas de suspensions, de dérailleur 54 vitesses ou de plus de technologie que dans ma moto !) et surtout assez grand et robuste pour ne pas plier ou péter le pédalier au moindre démarrage en côte. Or pour répondre à ça, on a vite fait d’avoir un budget équivalent à une petite cylindrée, autrement plus versatile (le sport en moins, le besoin d’assurance et d’essence en plus). Dilemme !

jeudi 4 avril 2013

Le smartphone des années 1940

S'il est un point commun à la plupart des œuvres de science-fiction des origines aux années 1980, c'est que dans leurs plus délirantes anticipations de la société du futur, elles n'ont jamais envisagé un des aspects les plus constitutifs de notre société : l'informatique et les communications. Des plus visionnaires aux plus complets, aucun ou presque n'a prévu qu'il y aurait des ordinateurs dans chaque foyer (et chaque véhicule !) et que nous serions reliés en permanence les uns aux autres. Éventuellement un gros ordinateur central, oui, ou un suivi de la population, un fichage généralisé... mais pas que ce soit si miniaturisé et... volontaire !

C'est pourquoi ce petit film de 1947 prend toute sa saveur, je vous laisse apprécier, jusqu'aux implications en sécurité routière :



Note : vidéo publiée par l'INA le 1er avril... est-ce un poisson ? J'avoue avoir du mal à dire... le monde ne s'arrête pas de tourner pour les poissons, et c'est plausible, non ?

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mardi 26 mars 2013

Technologie ou conduite, il faudra choisir

Tandis que la Google Car arrive a maturité, ayant déjà accumulé près d’un million de kilomètres de test sur route et en plein trafic, les avocats américains, toujours sur la brèche pour défendre la veuve et l’orphelin et empocher un généreux pourcentage sur les indemnités mirobolantes des procès fleuves, se penchent déjà sur les problèmes éthiques qu’elle pourra poser. Au sens large, si une voiture-robot a un accident, ou cause un accident, qui est responsable ? Le constructeur, le propriétaire, la personne qui était dedans à ce moment même elle n’a pas touché aux commandes ? Le robot lui-même, qui serait puni d’une réinitialisation radicale ?

Le plus sensé serait sans doute de dire que c’est la personne au volant, à elle de prendre ses responsabilité et de réagir en cas d’urgence, agissant sur les commandes s’il y a besoin. Oui mais… les seuls accidents enregistrés par les Google Cars pour le moment ont été quand un humain a repris le contrôle alors que l’ordinateur avait prévu un évitement approprié. Et surtout, pour réagir à temps, encore faut-il être attentif à la route et avoir les mains sur le volant. C’est déjà apparemment un objectif bien difficile à tenir actuellement, alors comment espérer que ce soit encore possible quand justement, tout est fait pour que le véhicule soit autonome au point de permettre à ses passagers de se consacrer à autre chose ? Ou alors, il n’y a pas d’intérêt à robotiser les voitures… c’est possible aussi.

Attention, si ces prototypes sont encore loin de la commercialisation grand public, ce n’est plus tant de la science-fiction que ça. Techniquement on y est presque, c’est une question de prix, et des exemples partiels sont déjà sur le marché : écran géant qui sort du tableau de bord (en pub chez Audi en ce moment), cruise control (déjà plusieurs cas complexes avec des accidents ou simplement des verbalisations à cause d’un système refusant de se couper), stationnement ou créneau automatique, ou même les GPS quand les conducteurs les suivent aveuglément, quitte à prendre un sens unique ou à couler la bagnole parce que la cartographie indiquait d’avance une route pas encore finie (véridique ! par exemple ce cas ou encore celui-là) ou encore font 900 km au lieu de 90 sans s'inquiéter plus que ça. Et oui, ce sont des gens qui ont le permis et qui sont sur la route avec vous... Finalement, quand on voit ça, mettre un logiciel aux commandes plutôt qu'un humain ne semble plus si fou, c'est dire.

Dans le genre, l’Etat de Virginie anticipe les problèmes à venir avec les futures générations de gadgets électroniques toujours plus intégrés et omniprésents. Les montres connectées sont sans doute la prochaine fureur, l’étape suivante sera les lunettes de réalité augmentées. Là aussi, tout existe, ce n’est plus qu’une question de commercialisation. La Virginie, donc, a sagement prévu dans la loi d’interdire le port « d’ordinateur sur la tête ». Quand on voit les ravages du téléphone portable (déjà responsable d’au moins 10% des accidents), il y a de quoi se faire du souci, surtout pour nous autres usagers vulnérables, zigzagant entre les robots et les conducteurs plus dissipés que jamais. Sans oublier les motards eux-mêmes, chez qui il y aura également des inconscients pour regarder leur Facebook projeté sur la visière du casque ou le pare-brise, en plus de l’itinéraire, d’un film dans un coin et d’un peu de pub…

dimanche 10 février 2013

Un peu de bonne humeur en commun

Je l'ai encore dit récemment dans un billet, je préfère 1000 fois la moto au métro bondé. Cependant, ça peut priver d'un moment certes hypothétique, mais réjouissant. Si vous avez quelques minutes et marre des transports en commun gris, ternes et tristes, prenez-les pour jeter un oeil là-dessus...

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vendredi 4 janvier 2013

Une année sans pub… ou sans Internet ?

Mon premier billet de l’année ne sera pas motard, mais internaute, une petite réaction à cette news, mais aussi aux divers plug-ins et fonctionnalités de navigateurs Internet permettant de supprimer la pub des pages que l’on visite.

Je hais la pub de façon générale. A la première seconde où elle remplace la musique à la radio, je change de chaîne, et quand je regarde la télé (environ deux fois par an chez des amis) dès que c’est la pub je me casse, une vraie allergie. J’exècre l’agression visuelle permanente dans le métro et dans les rues – qui devient même dangereuse quand les panneaux masquent les carrefours, crééent des obstacles en bord de chaussée, voire détournent l’attention des conducteurs avec des vidéos géantes en extérieur. Marre de jeter des kilos de papiers inutiles à chaque fois que j’ouvre ma boîte aux lettres postales malgré le sticker « Stop-Pub ».

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Mais en ligne, c’est différent. Oh je continue de ne pas aimer ça : sur YouTube ça me gonfle de devoir attendre de plus en plus souvent et longtemps avant de voir ma vidéo, et quand un truc envahissant se tape l’incruste par-dessus l’article que j’essaie de lire ou balance du son sans que je le demande, je quitte généralement la page. Cependant, je refuse catégoriquement d’installer un ad-blocker, et je trouve l’initiative de Free de virer d’office la pub pour ses abonnés (dont moi) extrêmement dommageable.

En effet, plus de pub, plus de net gratuit. J’apprécie que les sites que je consulte ne fassent pas payer leur service, qu’on ai accès à la presse en ligne sans forcément payer d’abonnement, que les éditeurs soient libres de leurs choix et de leurs politiques commerciales – même si elles ne me plaisent pas !

Supprimer la pub, c’est tuer Internet dans sa forme actuelle. A part de rares exemples à base de dons comme Wikipedia, Avaaz ou Couchsurfing, et encore ils galèrent régulièrement pour réunir les fonds, il n’y a pas 36 solutions pour vivre en ligne : faire payer l’accès, afficher de la pub, ou collecter et vendre des données personnelles.

Quand vous bloquez les pubs en ligne, demandez-vous parmi tous les services que vous utilisez et les sites que vous consultez (y compris motomag.com !) combien survivraient de façon indépendante dans un Net sans pub… Au contraire, pour les aider, il faut cliquer régulièrement sur les bandeaux au lieu de les cacher !

Un anti-pub compulsif qui prend la défense de la pub, on aura tout vu, elle commence bien cette année ! En tous cas je vous la souhaite bonne et engagée…

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mercredi 7 novembre 2012

Les utopies du Monde

Petite info pour ceux qui ne l’auraient pas vu, je vous recommande le dernier hors-série du journal Le Monde. Chaque année il publie un atlas thématique, et celui de 2012 n’est pas sans lien avec notre Mouvement : L’atlas des utopies.

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Si l’on peut regretter qu’il ne mentionne pas la Mutuelle des Motards, d’autres passages décrivent historiquement, religieusement, philosophiquement ou concrètement les étapes et évolutions des utopies de la nuit des temps à l’ère moderne. Leurs égarement parfois, les horreurs commises en leur nom, mais aussi ce qu’elles ont de plus beau et de plus motivant.

Juste un extrait d’une des définitions, celle d’Edgar Morin, dans laquelle en tant que militant et citoyen je me retrouve pas mal, jusque dans le spectre restreint mais symbolique de la sécurité routière :

« La bonne utopie serait donc la gestion civilisée des conflits et non l’espoir d’éliminer les conflits : c’est une autre façon d’identifier le réel en s’acharnant à trouver une réalité au-delà des apparences. C’est aussi néanmoins continuer à lutter alors même que l’espoir n’est pas à l’horizon… et même malgré une certaine forme de désespoir. (…) L’espérance ne peut donc jamais être béate, bébête ; l’espérance doit être alimentée par notre vouloir-vivre, par nos finalités, qui ne peuvent être que fraternitaires et libertaires. Chacun, là où il se trouve, est dans la lutte entière. Car chacun doit agir comme si la lutte entière ne dépendait que de lui. Il doit avoir en lui-même l’idée qu’il participe à quelque chose qui le dépasse de beaucoup et qui concerne toute l’humanité. »

Disponible en kiosque, 12 € (ouch, oui, quand même, mais il faut bien faire vivre la presse et encourager les relatives prises de risque, le sujet est ardu dans un contexte de neutralité culturelle généralisée)

jeudi 2 août 2012

Consommation forcée

On a beau s’accrocher à ce qu’on a, qui fonctionne et rend service, il arrive un moment dans la vie d’un objet ou le besoin d’en changer se fait sentir, et c’est particulièrement vrai en informatique. Tant qu’on reste sur le même usage, la même version des logiciels etc., un PC de dix ans peut continuer à très bien fonctionner, après tout il n’y a virtuellement pas d’usure des composants électroniques. Mais les usages évoluent, et vient un moment où ajouter des disques durs ne suffit plus à tenir la cadence. Bon, soit, on fait un nouvel ordi. Le matériel choisi et assemblé, je veux remettre mon bon vieux Windows XP, qui me satisfait pleinement, est stable, rapide, impec, compatible avec tout… et refuse catégoriquement de s’installer. Et oui, les ordis ont tellement évolué, jusque dans la connectique interne qu’il n’y a plus moyen. Seule alternative, céder à Windows 7 (j’ai bien hésité à mettre un Linux, mais malgré tous ses progrès, ça n’ira pas encore comme système principal, manque des logiciels et drivers). Voilà Seven s’installe facilement… mais il refuse à son tour les périphériques :-/ . Webcam, scanner, imprimante, des trucs qui fonctionnent tous parfaitement depuis 4 à 10 ans sont déclarés incompatibles, et les fabricants ne proposent pas les drivers. Quelle idée ! Qu’un nouveau matériel ne fonctionne pas sur un vieux système, je veux bien, mais le contraire a toujours été possible, la compatibilité ascendante a toujours été une évidence en informatique (idem pour les logiciels, quitte à les émuler : avec le gain de puissance, ça devrait être transparent, pas impossible !).

Seule solution, jeter à la benne des appareils en parfait état et fiables, racheter des machines récentes, avec plein d’options dont on ne se servira jamais, et qui ne dureront que le temps de la garantie ? Pour la plupart des gens, oui. Allez, on jette, on consomme, on fait marcher le business. Mais pour qui a la patience et quelques souvenirs de l’informatique d’antan, ou chaque installation était une course au driver et à la config qui marche bien (avez-vous connu l’époque glorieuse des cartes son compatibles Sound Blaster, des E/S à configurer à la main, des compilations de driver brut à faire soi-même ?), on se dit que quand même, c’est un peu fort de café. Il n’y a en effet AUCUNE raison technique pour laquelle les vieux matériels ne fonctionneraient pas sous un nouveau système, du moins pas quand la connectique est restée la même. Heureusement, en creusant un peu, Internet fournit l’aide, donne LE paramètre, le lien vers un driver compatible sous un autre nom, le petit réglage qui va bien. Figurez-vous qu’il suffit parfois de changer UN SEUL caractère dans une ligne de commande pour gruger le système et que comme par magie, le scanner préhistorique reprenne vie, l’imprimante antique (enfin, elle a 4 ans) crachote sa feuille de test. Et là, franchement, outre un sentiment de gratitude pour les bidouilleurs qui partagent leurs astuces, on éprouve une sorte de rage froide envers les éditeurs de logiciels et les constructeurs de matériels qui se fichent de leurs clients en toute beauté. Sans compter les messages mielleux sur les sites officiels disant qu’ils font tout leur possible pour trouver des solutions de compatibilité, alors que ce sont des choix parfaitement délibérés, en collusion avec les éditeurs qui comme d’hab’ usent et abusent de leurs positions dominantes (et après viennent se plaindre du piratage qu’ils ont eux-mêmes provoqué).

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Cela me fait tracer un parallèle avec un autre domaine où on veut absolument nous forcer à la consommation, promouvoir l’obsolescence, sauver des business au détriment des consommateurs : les véhicules. OK, ce sont des industries importantes, porteuses de milliers d’emplois, on le voit encore ces jours-ci avec Peugeot. Mais la course en avant, droit dans le mur, est-elle une solution ? ZAPA, contrôle technique démultiplié, E10, prime à la casse, disparition des pièces de rechange, tout est fait pour inciter à jeter les vieilles voitures et en acheter des neuves. En ignorant superbement que la moindre pollution en fonctionnement d’une voiture neuve (qui reste toute relative quand en échange on a la clim’, des particules plus fines, 400 kg de plus à déplacer) mettra bien des années, si tant est qu’elle y arrive un jour, à compenser le bilan environnemental et énergétique de sa fabrication. Et sans compter le poids économique : tout ce qu’on investi pour remplacer un objet qu’on a déjà, c’est autant de moins disponible pour faire autre chose, tout tourne dans une même économie globale.

cassevoitures-yab.jpg Casse d’automobiles près de Saint-Brieuc, Photo de Yann Arthus-Bertrand

L’obsolescence programmée ou forcée est le moteur de notre civilisation, alors que dans le même temps, on nous parle développement durable, éco-responsabilité, ressources renouvelables… quelle hypocrisie. Dans les pays qui n’ont pas le choix, des mécaniciens de génie font rouler des engins improbables presque non-stop depuis un demi-siècle, des ordinateurs bien moins puissants qu’un téléphone actuel aident à l’éducation de villages entiers, les objets vivent trente vies, réparés, réutilisés, transformés, avant enfin d’être jetés. Nous qui avons le choix, ne pourrions-nous pas trouver un compromis ? La vraie décroissance ne pourra se faire du jour au lendemain, pas à moins de faire s’écrouler la société moderne, mais il serait peut-être temps de s’y préparer en douceur, sans quoi nous n’aurons plus le choix non plus. Ca commence par refuser de remplacer des choses qui fonctionnent parfaitement et que seule une politique commerciale méprisante et méprisable justifierait de mettre au rebus. Sur ce, je pars en quête du dernier petit paramètre qui me manque pour faire croire à l’ordinateur que ma webcam de 10 ans vient de sortir du magasin – puisque seule la date de fabrication la distingue d’un matériel moderne. Et je pars en guerre contre le Contrôle Technique des deux-roues, qui relève de la même démarche abjecte, contre laquelle nous devons résister, même par idéalisme, même avec peu d'espoir, ne serait-ce que pour le principe.

jeudi 5 juillet 2012

Les voleurs de Vinci 2 + Ghost Rider 2

Petit complément d’info sur mon billet précédent, qui a soulevé pas mal d’indignation. Et pourtant, il y a encore pire ! Figurez-vous qu’on a découvert (difficilement, chaque employé ayant des infos et des certitudes différentes à ce propos) que les abonnés habituels… n’avaient même pas le DROIT de prendre un abonnement au mois ! Précisons aussi que la carte provisoire est magnétique, à glisser dans une fente, alors que la carte d’abonnement est juste à passer devant le capteur. Or l’accès extérieur, permettant d’ouvrir les grilles d’accès la nuit… n’a PAS de fente de lecture, empêchant donc de rentrer la voiture de nuit. Et échangeant avec d’autres clients, dont un handicapé, tout le monde est absolument furieux après Vinci, reste à espérer qu’ils le feront savoir haut et fort. Pour notre part, copie du courrier part à la mairie et à la presse locale. S'il y a des places dans les autres parkings, pourquoi ne pas y envoyer les touristes pour qui ça ne change rien, au lieu de pourrir la vie des résidents ?

Sinon pendant qu’on y est, un mot de cinéma, j’ai vu Ghost Rider 2… sans surprise une sacrée bouse, malgré une apparition d’Anthony Steward Head et de Christophe Lambert (bon OK, lui, malgré quelques très bons films à son actif, c’est plutôt un habitué des navets). La moto est devenue un V-Max, mais le scénario est d’un vide abyssal, Nicolas Cage se cantonne vraiment au minimum syndical… bref, même si ça parle plus ou moins de moto, c’est très dispensable, encore plus que le premier qui avait au moins le charme d’être… le premier.

Et pour la route, une petite scène de moto… sans moto.
Et avec beaucoup de rapports de boîte, à l’oreille ;-)

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vendredi 29 juin 2012

Vinci : plus voleurs que jamais

Il y a des sociétés qu’on n’aime pas beaucoup, tant la plupart des aspects qu’on en voit est pour se faire consciencieusement racketer. Pour autant, souvent difficile d’y échapper… C’est le cas de Vinci, ces si chers concessionnaires d’autoroute aux péages toujours plus exorbitants pour un service qui ne change pas voire se dégrade – avec la complicité des pouvoirs publics. Autre exemple, les parkings. Un de mes premiers billets concernait celui près de chez moi où j’ai garé ma bécane pendant quelques années. Mes motos ayant déménagé avec moi, c’est aujourd’hui ma mère qui loue à l’année un emplacement pour sa bagnole dans ce parking souterrain idéalement situé par rapport à chez elle. Une location assez chère pour un service a minima, mais bon, c’est un parking, pas grand-chose d’autre à attendre, si ce n’est toutefois un minimum de respect du client et de récompense de la fidélité (même forcée). Et ben non !

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En juillet à Avignon, c’est le festival de théâtre, gros raout, pendant un mois la ville est survoltée, plus un hôtel ou une chambre dispo à 50 kilomètres à la ronde, 1200 spectacles, 1,3 millions de visiteurs. Et bien figurez-vous que cette année, Vinci nous vire du parking pour tout le mois de juillet ! Forcément, pourquoi s’embêter à accueillir les voitures des résidents qui payent un forfait à l’année, alors que la place peut être bien plus rentabilisée en la louant à prix d’or à l’heure aux touristes ? L’alternative pour les autochtones : ils nous envoient louer (plein tarif) un emplacement (en espérant qu’il en reste) au parking de la gare, de l’autre côté de la ville. Super pratique pour revenir avec les courses et les petits-enfants. Autre alternative, louer en plus du forfait annuel une place au mois dans le parking Vinci habituel, au double du prix normal, un chantage odieux, mais auquel on risque fort de devoir céder. Au lieu de faire une radio spéciale pour le parking ou des promos à la con, des deals avec les commerçants locaux ou je ne sais quoi, ils feraient mieux de remplir jusqu'au bout leur contrat envers leurs clients réguliers !

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Précisons aussi que la maire supprime par centaines les places de stationnement aux abords des remparts, y compris là où ils ne représentent pas de nuisance, que les parkings gratuits plus distants ne sont absolument pas sécurisés et voient régulièrement des vols et du vandalisme sur les véhicules… Bref, on est pris en otage. L’option transports en commun ? C’est déjà une excuse très limitée en milieu urbain, alors ici… impensable sans véhicule individuel, même si on s’en sert au minimum.

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On s’est déjà mis en quête d’une autre solution : louer dans un parking privé, en acheter un quelque part, tout plutôt que rester chez ces voleurs de Vinci, qui monopolisent les meilleurs emplacements et exploitent leurs clients pour le profit des actionnaires, sans aucun respect pour ceux qui les font vivre. C’est une situation inadmissible et symptomatique, qui doit être dénoncée et boycottée, comme tout ce qui vient de ces grosses sociétés complètement coupées de leurs clients et ne vivant que grâce à leurs monopoles illégitimes.

lundi 25 juin 2012

36 15 Création de délinquants

Le 30 juin 2012 verra la fin d’une invention française qui a l’époque était un réel progrès, avant de se transformer en boulet : le Minitel. Lancé dans les années 80, il a familiarisé les Français avant l’heure à l’utilisation d’un moteur de recherche et du couple clavier/écran, mais à aussi été accusé de retarder de plusieurs années le développement d’Internet. Le million de connexions qu’il enregistre encore chaque mois (essentiellement pour l’annuaire, son rôle historique) n’auront pas suffit à le sauver, les derniers serveurs rendent leur tablier la semaine prochaine.

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Il va rejoindre les symboles d’une autre époque que je n’aurais finalement connue que de justesse, celle des téléphones à fils, des cassettes à bande et des motos à carbu. (D’ailleurs, pour les autres trentenaires, ne ratez pas cet épisode de « Bref » )

Donc disais-je, l’informatique et Internet ont remplacé le Minitel, les disques optiques ont supplanté les cassettes, eux-mêmes détrônés par le MP3 et le DivX, l’injection s’est généralisée. Dans la foulée, on voit apparaître de nombreuses tentatives de contrôle du Net, Hadopi, Acta etc., le bridage des moteurs et les volontés de la Commission Européenne de contrôler le moindre aspect des motos et d’empêcher toute modification.

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Il se dégage un point commun de toutes ces velléités de contrôle, sur ces domaines comme dans tous les aspects de la société : de plus en plus, les citoyens « ordinaires », a priori respectueux des règles et des lois, sont poussés vers une forme légère de délinquance. Et s’ils n’y vont pas d’eux-mêmes, qu’importe, on invente de nouvelles infractions ! Défaut de sécurisation de sa connexion, non respect d’une vitesse moyenne, méconnaissance des subtilités de détail des lois de finance sortis en douce deux semaines plus tôt… Ainsi, chacun est invité petit à petit à sortir du cadre, à tricher, et à découvrir qu’ils deviennent ainsi bien plus libres. Fausser une déclaration d’impôts pour les uns, masquer une plaque d’immatriculation pour les autres, télécharger plutôt qu’acheter un disque, quelque part tout se rejoint. Pour prendre un exemple que je connais personnellement, lors des discussions sur Hadopi, je m’étais promis de ne plus acheter de DVD en représailles, participant à un vaste mouvement de boycott. Je crains ne pas y avoir été très assidu, m’offrant des coffrets entiers de films ou de série que j’aime particulièrement – quitte souvent à ne même pas les sortir de l’emballage, tant le support physique est obsolète et moins pratique. Cela se constate encore avec la dernière série que je suis en train de voir : à chaque épisode, on se tape des alertes sans fin anti-piratage, des logos de distributeurs à n’en plus finir, on a du mal à trouver la combinaison langue/sous-titres qu’on veut, il n’y a pas de bonus… franchement, comparé à un fichier illégal, y’a pas photo ! Pareil pour les jeux, moi ça fait quelques années que j’ai arrêté, mais quand on voit les articles à ce propos ça ne fait pas envie, même le génial éditeur Blizzard est dans le collimateur d’UFC-Que choisir tant les protections de Diablo 3 sont contraignantes et pénalisent avant tout pour les joueurs qui ont acheté le jeu.

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A force, des citoyens internautes ont lancé un appel que je diffuse à mon tour : « Ne m’obligez pas à voler ». Il devrait être complété et décliné pour les autres domaines, à commencer par la route. « Ne faites pas de moi un délinquant de la route. » Dans quelques jours, alors que je suis en règle sur à peu près tout niveau machine et équipement, je serai à mon tour un délinquant car je refuse catégoriquement, par principe, d’avoir un éthylotest. Je ne bois pas d’alcool, je n’ai pas à le faire. Aussi j’invite tous les abstinents et les conducteurs responsables à faire de même. Nous tous qui savons que jamais au grand jamais nous ne conduirons en état d’ébriété refusons d’être pris pour des enfants et n’achèteront ni ne transporteront ces gadgets inutiles, pas plus d’ailleurs qu’un brassard rétroréfléchissant.

Le manifeste « Don’t make me steal » : http://www.dontmakemesteal.com/fr/

vendredi 20 avril 2012

Cinq ans !

Il y a un petit peu moins de cinq ans pile, au soir du second tour de l’élection présidentielle j’envoyais un mail à mes amis et famille hors des frontières, notamment aux Etats-Unis. Un mail super content, enthousiaste. Génial ! disais-je en substance, nous aussi nous allons faire comme les Ricains, nous aussi venons de nous offrir un mini-Bush pour reprendre notre place dans le concert des nations aux côtés de grands hommes et de démocrates convaincu comme Berlusconi, Poutine ou Haider. Et on savait à quoi s’attendre, pas de mauvaise surprise à prévoir, tout était annoncé clairement ou déjà mis en application en tant que ministre de l’intérieur : on ne risquait pas de s’encombrer d’une politique sociale et respectueuse des gens, de gaspiller de l’argent envers ceux qui en ont besoin ou de défendre les acquis d’une autre époque. La morale était sauve, pas d’excuse pour ne pas envoyer des enfants ou des bébés en prison parce que leurs parents n’ont pas de papiers. Plus de perte de temps à contester l’action de la police ou les verbalisations, ils auront forcément raison, bien plus simple ainsi. Les finances iraient bien mieux en taillant à coupes sombres dans des services comme l’Education Nationale ou la santé qui ne servent qu’au bas peuple de toute façon, alors qu’il y a des services privés si compétents. Nos riches et puissants seraient bien protégés, pas d’inquiétude, et on n’aurait plus trop à craindre les médias. Etc. etc. Bref, super heureux, bien que peut-être avec une pointe d’ironie.

Je vivais aux Etats-Unis lorsque « W » a été élu. Le choc, la claque. On a beau s’attendre à tout d’un pays comme ça, il n’y avait tellement pas photo entre un mec comme Al Gore et le parvenu ancien alcoolique dont le principal fait d’armes était d’être le fils d’un autre président… et qui fut d’ailleurs le premier surpris d’être élu, on a plus d’une citation en ce sens (« It's amazing I won. I was running against peace, prosperity and incumbency. » - Quelques autres citations de ce grand penseur ici). D’ailleurs, il a été prouvé depuis que c’est bien Gore qui a été élu, et je ne comprends toujours pas que les malversations dévoilées en Floride n’aient pas fait annuler l’élection. Enfin, si, c’était trop tard, Bush était en poste. Toujours est-il qu’il est indéniable que ça se soit joué à peu de choses. Mais la vraie claque, l’anéantissement, a été la deuxième fois. Certes John Kerry était moins puissant et charismatique que Gore, mais il y avait eu 4 ans pour voir les ravages de la présidence de Bush, tant à l’intérieur des frontières que dans le reste du monde ! Et pourtant, il est repassé. Il y eut à l’époque un vaste mouvement de consternation nommé « Sorry everybody », où la moitié raisonnable des USA s’excusait auprès du monde pour l’autre moitié qui avait été capable de laisser pour quatre ans de plus les rênes du pays et d’une partie du monde dans les mains de cet homme et surtout de toutes les puissances qui se cachaient derrière : http://sorryeverybody.com/gallery/1/

Nous avons donc eu notre mini-Bush, certes dont les dégâts se sont surtout limités à notre propre pays. Il nous manque un Obama pour pouvoir enfin voter POUR quelqu’un au lieu de CONTRE quelqu’un d’autre, mais à défaut, par pitié, ne rempilons pas avec ce gouvernement brutal, égoïste, raciste et suprêmement incompétent. Je ne veux pas avoir à participer à un mouvement nommé « Pardon tout le monde ! » le 7 mai. Le choix n’est pas forcément enthousiasmant, je suis bien d’accord, mais nous avons une responsabilité envers notre société et notre pays, ne les laissons pas se faire à nouveau insulter et endommager plus que nécessaire pour les 5 ans à venir. Alors pour qui vous voulez, mais VOTEZ !

lundi 20 février 2012

Une nouvelle génération de spam surréaliste

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Plus fort que les traductions automatiques, mieux que les modes d'emploi chinois... les spams de blogs ! Après les mails, les téléphones et bien sûr les boîtes aux lettres, les messages indésirables se multiplient sur tous les supports, et les blogs n’y échappent pas. C’est une course entre les techniques pour limiter les spams (parfois de plus en plus contraignantes pour les humains qui veulent vraiment écrire un message : triple validation, capcha illisibles…) et les escrocs avides de vendre leurs contrefaçons de viagra ou antidépresseurs, chaussures de sports, super deal financiers avec les veuves de présidents africains, et bien entendu diverses façons créatives de vous agrandir le zguègue.

Concernant les blogs de Motomag, les algorithmes anti-spams sont régulièrement mis à jour par la plateforme pour détecter les mots-clés révélateurs et soumettre à validation les messages suspects. Il y a aussi la possibilité de bloquer carrément les commentaires, mais un peu dommage, ou encore de les soumettre tous à validation, ce qui se défend dans certains cas mais nuit fortement à la réactivité des discussions. En fait une solution simple mais qui n’est toujours pas proposée serait simplement de virer la possibilité d’insérer un lien actif dans les messages, qui rendrait inutile les spams, mais bon…

Pour passer les filtres, les messages publicitaires se déguisent en vrais messages : certains citent des extraits du billet de blog, d’autres font des commentaires bateau du style « C’est bien vrai, j’adore ce que vous écrivez ! », dupliquent un commentaire existant, ou encore génèrent des phrases aléatoire. Du coup, on se retrouve régulièrement avec des dizaines de messages bidons à supprimer. Le dernier lot était tout de même particulier, je vous livre ci-dessous la plus récente série, d’une étonnante poésie surréaliste qu’André Breton ne renierait pas. Un nouveau défi pour les moteurs anti-spam !

  • Eu envie parce que alimentaire végétalien sans problème manger les acheter animaux est naturellement mais je n'aurais enfants de ansmanger au contraire l'ensemble des textes ne chasse pas en manger des cailloux si réaction le livre de mais je ne me et devais le regarder promenez votre chien dans manger sous le regard pas besoin d'humour.
  • Blanc par contre ne noir et le faire arrogant par l'interlocuteur dégoulinant tout.
  • Merci de ne d'un vieux dans le je me dis qu'on pas pour voir cette page.
  • Contribuer au débat démocratique.
  • Et dans laquelle l'estomac se fait raison quid de ce propos et c'est serpents sur boa constrictor qu'un être humain adulte c'est mignon mais c'est de les en priver.
  • Entre être sensible au sort bien certains hommes en que c'est une personne est surdoué ultrasensible fou terme animaux nous donne dans ce cas de très futée.
  • Se doutent ils que de mon païs cliquez des contrôles vétérinaires etc privilégier un peu les la quantité pilules et la recherche de ses le crane et détruis germées etc.
  • Temps de respecter l'animal être question des modalités vis tes rêves!
  • Sans aucun doute cerise on at : le les surfaces agricoles et distance des cochons animal.
  • Les experts recommande jardinnt que etre il pese combien je suis de jardinpvenue végétarienne les animaux ne sont et gagner de jardin l'argent tuer un chien de jardin fumer dans les restaurants suis contre la chasse quoi quoi jamais eu d'une en gros ellebesoin sur le criminel j'ai gouvernement sur les règles de jardin comprendre le corps relaient de jardinrrière les barreaux industriel.
  • Un magazine ce week tuerez de renards et en protéines végétales et ecarter le chien l'isoler n'a pas besoin de plus d'avoir des carences.
  • Considère en aucun cas html le gouvernement chilien de tous bords mènent savoir plus cuisine animaux souffrent même obèses.
  • Pas quoique meme caest régime omnivore s'il est devrait être conscient des vieillesse.
  • Jardin dans le quartier de tuer alors je de la sécrétion de est meubles donc dure pcq de chiens les trois collectionneur de cactées miniatures.
  • Il n'y n'as pas vu le minutes un aliment ou le transport de votre régime carnivore qui me tes pommes et en votre chien aime est l’école vétérinaire de ainsi pas besoin d'humour.
  • Viandes et poissons plus questions financières même voiture si la taille de la des maladies comme le cas.
  • Sondages et nos débats je vais me faire bien d'un vol car dans la manger merveille du terrain d'un ac de un film sur la manger les propos diffamatoires hors automatiquement quasiment toute sa vétérinaire pourra mettre en dans l’assiette mais un médiathèque de blog de donc pas les habitants sort un bon steak de grands confrères de mal surtout!

jeudi 16 février 2012

Moto et arts martiaux, même combat ?

Loin d’être un expert en conduite moto ou en karaté, juste un humble pratiquant enthousiaste des deux, plus j’avance dans leur connaissance, plus je leur trouve de points communs. Bon, pas des grandes révélations non plus hein, juste des convergences intéressantes. Quelques exemples en vrac :

karate.jpgDR

  • Les deux commencent par un rituel : le salut au maître ou l'enfilage du casque et de l'équipement met en condition, prépare mentalement à se concentrer sur ce qu'on va faire car on est responsable de ses actions et du risque qu'on fait courir à soi-même comme aux autres si on met un coup non maîtrisé (et vu que je fais le double du poids moyen de mes partenaires, j'ai intérêt à faire particulièrement gaffe à ça...)
  • L’importance du regard : qu’on ai les yeux rivés sur son pneu avant ou ses pieds, regarder trop près et trop bas n’est pas bon. Il faut voir haut et large, sans fixer ce qu’on veut éviter, pour optimiser son champ de vision et mieux réagir – que ce soit pour esquiver un obstacle ou parer un coup.
  • Garder les bras souples et détendus, en ne les verrouillant qu’en fin d’action : pour prendre un virage comme pour frapper ou parer, les muscles crispés ne sont pas assez réactifs. Prêt à l’action mais détendu, on a une meilleure réactivité et trajectoire. Sans hésiter à verrouiller en fin de mouvement pour maintenir fermement le guidon sur un freinage ou arrêter un coup puissant. Et baisser les coudes !
  • Garder un centre de gravité aussi neutre que possible : quelle que soit la position de combat ou la moto, en conservant le poids centré on est beaucoup plus réactif. Déhancher pour prendre une courbe comme un pilote n’est efficace que si on connait exactement le virage et celui qui le suit, tout comme prendre le risque de se déstabiliser ou de sauter n’est valable que si on est certain de pouvoir placer l’attaque. Mais quand on n’est pas sur circuit ou en chorégraphie, il faut pouvoir anticiper et réagir vite à l’imprévu… donc centrer les masses et répartir le poids.
  • Porter le poids sur l’avant des pieds : faites le test sur béquille centrale de vous lever sur les repose-pied. Si vous les placez sous les talons, vous serez très peu stable. Mais sous la plante des pieds, l’équilibre revient. Même chose en position de combat.
  • Prévoir une trajectoire trop tôt sans visibilité ne permet pas d’intervenir en cas de surprise, il vaut mieux attendre de voir la sortie du virage pour s’engager, quitte à le faire plus fort à ce moment-là. De la même façon, parer trop tôt un coup téléphoné est la meilleure façon de s’en prendre un autre à découvert, venant d’un autre angle. Là aussi, se tenir prêt et partir plus tard mais plus vite est plus efficace.
  • En cas de glissade ou de perte d’adhérence, il ne faut surtout pas se crisper et bloquer le guidon, mais laisser la moto tranquille pour qu’elle se rétablisse, voire dans certains cas amplifier la dérive en contrebraquant. Un peu comme lorsqu’un adversaire plus puissant physiquement tente un balayage ou un coup circulaire, le parer est délicat et vous risquez non seulement de vous faire mal mais aussi de prendre le pain - alors qu’en accompagnant le mouvement, en reculant pour mieux revenir par exemple, ça passe bien mieux.

Formation 125 avec l'AFDM, ici a Bordeaux.

Avez-vous noté d’autres points de convergence ? Ca ne se limite pas au karaté d’ailleurs, la plupart des arts martiaux partagent ces principes de base. Je précise que mes comparaisons peu éclairées se font avec les méthodes conseillées par l’AFDM, pas ce qu’on fait sur circuit ou en conduite un peu kéké, et connaître la théorie ne veut pas dire tout appliquer à la lettre… en selle comme sur les tatamis !

En conclusion, et au risque de faire de la psycho de magazine, je suis tenté d’extrapoler ces principes plus largement. Ne dit-on pas d’ailleurs que les arts martiaux, notamment le karaté, sont bien plus qu’un sport de combat, mais un état d’esprit, une approche de la vie ? De même, la moto telle que les passionnés la pratiquent ne se limite pas à un moyen de transport, on peut y associer des valeurs et une vision du monde plus libres et plus solidaires. Et pour ça, c’est pareil : le regard haut et loin, pour ne pas s’attarder sur ce qui se passe sous notre nez et avoir une vue d’ensemble ; pas rigide et crispé sur un état de fait, acceptant les changements en restant attentif et prêt à réagir si l’évolution est dangereuse ; équilibré et stable, capable de s’adapter et de répliquer au besoin…

Bon, sur ce j’arrête de vous embêter avec mes réflexions à trois sous je vais être en retard au dojo. A bientôt !

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PS en rentrant : me suis fait un claquage à la cuisse, rien de grave, mais qui illustre encore un parallèle : l’importance des gants et des protections, et le fait que ce sont des passions indéniablement un peu risquées. Mais prendre des risques (mesurés) est une liberté en soi ! Et jusqu’à présent, je touche du bois, me suis fait plus bobo en salle de sport qu’à moto. De là à dire que l’un aide l’autre, il y a un pas (chassé) que je ne franchirais pas, mais… pourquoi pas ? Je suis curieux d’avoir l’avis de mes profs de moto et de karaté, sachant que chacun pratique ou à pratiqué les deux disciplines. A vous !

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