Pensées plus ou moins profondes
jeudi 4 avril 2013
Le smartphone des années 1940
Par Frédéric le jeudi 4 avril 2013, 09:40
C'est pourquoi ce petit film de 1947 prend toute sa saveur, je vous laisse apprécier, jusqu'aux implications en sécurité routière :
Note : vidéo publiée par l'INA le 1er avril... est-ce un poisson ? J'avoue avoir du mal à dire... le monde ne s'arrête pas de tourner pour les poissons, et c'est plausible, non ?
mardi 26 mars 2013
Technologie ou conduite, il faudra choisir
Par Frédéric le mardi 26 mars 2013, 00:20
Tandis que la Google Car arrive a maturité, ayant déjà accumulé près d’un million de kilomètres de test sur route et en plein trafic, les avocats américains, toujours sur la brèche pour défendre la veuve et l’orphelin et empocher un généreux pourcentage sur les indemnités mirobolantes des procès fleuves, se penchent déjà sur les problèmes éthiques qu’elle pourra poser. Au sens large, si une voiture-robot a un accident, ou cause un accident, qui est responsable ? Le constructeur, le propriétaire, la personne qui était dedans à ce moment même elle n’a pas touché aux commandes ? Le robot lui-même, qui serait puni d’une réinitialisation radicale ?
Le plus sensé serait sans doute de dire que c’est la personne au volant, à elle de prendre ses responsabilité et de réagir en cas d’urgence, agissant sur les commandes s’il y a besoin. Oui mais… les seuls accidents enregistrés par les Google Cars pour le moment ont été quand un humain a repris le contrôle alors que l’ordinateur avait prévu un évitement approprié. Et surtout, pour réagir à temps, encore faut-il être attentif à la route et avoir les mains sur le volant. C’est déjà apparemment un objectif bien difficile à tenir actuellement, alors comment espérer que ce soit encore possible quand justement, tout est fait pour que le véhicule soit autonome au point de permettre à ses passagers de se consacrer à autre chose ? Ou alors, il n’y a pas d’intérêt à robotiser les voitures… c’est possible aussi.
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Attention, si ces prototypes sont encore loin de la commercialisation grand public, ce n’est plus tant de la science-fiction que ça. Techniquement on y est presque, c’est une question de prix, et des exemples partiels sont déjà sur le marché : écran géant qui sort du tableau de bord (en pub chez Audi en ce moment), cruise control (déjà plusieurs cas complexes avec des accidents ou simplement des verbalisations à cause d’un système refusant de se couper), stationnement ou créneau automatique, ou même les GPS quand les conducteurs les suivent aveuglément, quitte à prendre un sens unique ou à couler la bagnole parce que la cartographie indiquait d’avance une route pas encore finie (véridique ! par exemple ce cas ou encore celui-là) ou encore font 900 km au lieu de 90 sans s'inquiéter plus que ça. Et oui, ce sont des gens qui ont le permis et qui sont sur la route avec vous... Finalement, quand on voit ça, mettre un logiciel aux commandes plutôt qu'un humain ne semble plus si fou, c'est dire.

Dans le genre, l’Etat de Virginie anticipe les problèmes à venir avec les futures générations de gadgets électroniques toujours plus intégrés et omniprésents. Les montres connectées sont sans doute la prochaine fureur, l’étape suivante sera les lunettes de réalité augmentées. Là aussi, tout existe, ce n’est plus qu’une question de commercialisation. La Virginie, donc, a sagement prévu dans la loi d’interdire le port « d’ordinateur sur la tête ». Quand on voit les ravages du téléphone portable (déjà responsable d’au moins 10% des accidents), il y a de quoi se faire du souci, surtout pour nous autres usagers vulnérables, zigzagant entre les robots et les conducteurs plus dissipés que jamais. Sans oublier les motards eux-mêmes, chez qui il y aura également des inconscients pour regarder leur Facebook projeté sur la visière du casque ou le pare-brise, en plus de l’itinéraire, d’un film dans un coin et d’un peu de pub…
dimanche 10 février 2013
Un peu de bonne humeur en commun
Par Frédéric le dimanche 10 février 2013, 22:00
vendredi 4 janvier 2013
Une année sans pub… ou sans Internet ?
Par Frédéric le vendredi 4 janvier 2013, 01:26
Mon premier billet de l’année ne sera pas motard, mais internaute, une petite réaction à cette news, mais aussi aux divers plug-ins et fonctionnalités de navigateurs Internet permettant de supprimer la pub des pages que l’on visite.
Je hais la pub de façon générale. A la première seconde où elle remplace la musique à la radio, je change de chaîne, et quand je regarde la télé (environ deux fois par an chez des amis) dès que c’est la pub je me casse, une vraie allergie. J’exècre l’agression visuelle permanente dans le métro et dans les rues – qui devient même dangereuse quand les panneaux masquent les carrefours, crééent des obstacles en bord de chaussée, voire détournent l’attention des conducteurs avec des vidéos géantes en extérieur. Marre de jeter des kilos de papiers inutiles à chaque fois que j’ouvre ma boîte aux lettres postales malgré le sticker « Stop-Pub ».
Mais en ligne, c’est différent. Oh je continue de ne pas aimer ça : sur YouTube ça me gonfle de devoir attendre de plus en plus souvent et longtemps avant de voir ma vidéo, et quand un truc envahissant se tape l’incruste par-dessus l’article que j’essaie de lire ou balance du son sans que je le demande, je quitte généralement la page. Cependant, je refuse catégoriquement d’installer un ad-blocker, et je trouve l’initiative de Free de virer d’office la pub pour ses abonnés (dont moi) extrêmement dommageable.
En effet, plus de pub, plus de net gratuit. J’apprécie que les sites que je consulte ne fassent pas payer leur service, qu’on ai accès à la presse en ligne sans forcément payer d’abonnement, que les éditeurs soient libres de leurs choix et de leurs politiques commerciales – même si elles ne me plaisent pas !
Supprimer la pub, c’est tuer Internet dans sa forme actuelle. A part de rares exemples à base de dons comme Wikipedia, Avaaz ou Couchsurfing, et encore ils galèrent régulièrement pour réunir les fonds, il n’y a pas 36 solutions pour vivre en ligne : faire payer l’accès, afficher de la pub, ou collecter et vendre des données personnelles.
Quand vous bloquez les pubs en ligne, demandez-vous parmi tous les services que vous utilisez et les sites que vous consultez (y compris motomag.com !) combien survivraient de façon indépendante dans un Net sans pub… Au contraire, pour les aider, il faut cliquer régulièrement sur les bandeaux au lieu de les cacher !
Un anti-pub compulsif qui prend la défense de la pub, on aura tout vu, elle commence bien cette année ! En tous cas je vous la souhaite bonne et engagée…

mercredi 7 novembre 2012
Les utopies du Monde
Par Frédéric le mercredi 7 novembre 2012, 18:41
Petite info pour ceux qui ne l’auraient pas vu, je vous recommande le dernier hors-série du journal Le Monde. Chaque année il publie un atlas thématique, et celui de 2012 n’est pas sans lien avec notre Mouvement : L’atlas des utopies.

Si l’on peut regretter qu’il ne mentionne pas la Mutuelle des Motards, d’autres passages décrivent historiquement, religieusement, philosophiquement ou concrètement les étapes et évolutions des utopies de la nuit des temps à l’ère moderne. Leurs égarement parfois, les horreurs commises en leur nom, mais aussi ce qu’elles ont de plus beau et de plus motivant.
Juste un extrait d’une des définitions, celle d’Edgar Morin, dans laquelle en tant que militant et citoyen je me retrouve pas mal, jusque dans le spectre restreint mais symbolique de la sécurité routière :
« La bonne utopie serait donc la gestion civilisée des conflits et non l’espoir d’éliminer les conflits : c’est une autre façon d’identifier le réel en s’acharnant à trouver une réalité au-delà des apparences. C’est aussi néanmoins continuer à lutter alors même que l’espoir n’est pas à l’horizon… et même malgré une certaine forme de désespoir. (…) L’espérance ne peut donc jamais être béate, bébête ; l’espérance doit être alimentée par notre vouloir-vivre, par nos finalités, qui ne peuvent être que fraternitaires et libertaires. Chacun, là où il se trouve, est dans la lutte entière. Car chacun doit agir comme si la lutte entière ne dépendait que de lui. Il doit avoir en lui-même l’idée qu’il participe à quelque chose qui le dépasse de beaucoup et qui concerne toute l’humanité. »
Disponible en kiosque, 12 € (ouch, oui, quand même, mais il faut bien faire vivre la presse et encourager les relatives prises de risque, le sujet est ardu dans un contexte de neutralité culturelle généralisée)
jeudi 2 août 2012
Consommation forcée
Par Frédéric le jeudi 2 août 2012, 22:25
On a beau s’accrocher à ce qu’on a, qui fonctionne et rend service, il arrive un moment dans la vie d’un objet ou le besoin d’en changer se fait sentir, et c’est particulièrement vrai en informatique. Tant qu’on reste sur le même usage, la même version des logiciels etc., un PC de dix ans peut continuer à très bien fonctionner, après tout il n’y a virtuellement pas d’usure des composants électroniques. Mais les usages évoluent, et vient un moment où ajouter des disques durs ne suffit plus à tenir la cadence. Bon, soit, on fait un nouvel ordi. Le matériel choisi et assemblé, je veux remettre mon bon vieux Windows XP, qui me satisfait pleinement, est stable, rapide, impec, compatible avec tout… et refuse catégoriquement de s’installer. Et oui, les ordis ont tellement évolué, jusque dans la connectique interne qu’il n’y a plus moyen. Seule alternative, céder à Windows 7 (j’ai bien hésité à mettre un Linux, mais malgré tous ses progrès, ça n’ira pas encore comme système principal, manque des logiciels et drivers). Voilà Seven s’installe facilement… mais il refuse à son tour les périphériques :-/ . Webcam, scanner, imprimante, des trucs qui fonctionnent tous parfaitement depuis 4 à 10 ans sont déclarés incompatibles, et les fabricants ne proposent pas les drivers. Quelle idée ! Qu’un nouveau matériel ne fonctionne pas sur un vieux système, je veux bien, mais le contraire a toujours été possible, la compatibilité ascendante a toujours été une évidence en informatique (idem pour les logiciels, quitte à les émuler : avec le gain de puissance, ça devrait être transparent, pas impossible !).
Seule solution, jeter à la benne des appareils en parfait état et fiables, racheter des machines récentes, avec plein d’options dont on ne se servira jamais, et qui ne dureront que le temps de la garantie ? Pour la plupart des gens, oui. Allez, on jette, on consomme, on fait marcher le business. Mais pour qui a la patience et quelques souvenirs de l’informatique d’antan, ou chaque installation était une course au driver et à la config qui marche bien (avez-vous connu l’époque glorieuse des cartes son compatibles Sound Blaster, des E/S à configurer à la main, des compilations de driver brut à faire soi-même ?), on se dit que quand même, c’est un peu fort de café. Il n’y a en effet AUCUNE raison technique pour laquelle les vieux matériels ne fonctionneraient pas sous un nouveau système, du moins pas quand la connectique est restée la même. Heureusement, en creusant un peu, Internet fournit l’aide, donne LE paramètre, le lien vers un driver compatible sous un autre nom, le petit réglage qui va bien. Figurez-vous qu’il suffit parfois de changer UN SEUL caractère dans une ligne de commande pour gruger le système et que comme par magie, le scanner préhistorique reprenne vie, l’imprimante antique (enfin, elle a 4 ans) crachote sa feuille de test. Et là, franchement, outre un sentiment de gratitude pour les bidouilleurs qui partagent leurs astuces, on éprouve une sorte de rage froide envers les éditeurs de logiciels et les constructeurs de matériels qui se fichent de leurs clients en toute beauté. Sans compter les messages mielleux sur les sites officiels disant qu’ils font tout leur possible pour trouver des solutions de compatibilité, alors que ce sont des choix parfaitement délibérés, en collusion avec les éditeurs qui comme d’hab’ usent et abusent de leurs positions dominantes (et après viennent se plaindre du piratage qu’ils ont eux-mêmes provoqué).

Cela me fait tracer un parallèle avec un autre domaine où on veut absolument nous forcer à la consommation, promouvoir l’obsolescence, sauver des business au détriment des consommateurs : les véhicules. OK, ce sont des industries importantes, porteuses de milliers d’emplois, on le voit encore ces jours-ci avec Peugeot. Mais la course en avant, droit dans le mur, est-elle une solution ? ZAPA, contrôle technique démultiplié, E10, prime à la casse, disparition des pièces de rechange, tout est fait pour inciter à jeter les vieilles voitures et en acheter des neuves. En ignorant superbement que la moindre pollution en fonctionnement d’une voiture neuve (qui reste toute relative quand en échange on a la clim’, des particules plus fines, 400 kg de plus à déplacer) mettra bien des années, si tant est qu’elle y arrive un jour, à compenser le bilan environnemental et énergétique de sa fabrication. Et sans compter le poids économique : tout ce qu’on investi pour remplacer un objet qu’on a déjà, c’est autant de moins disponible pour faire autre chose, tout tourne dans une même économie globale.
Casse d’automobiles près de Saint-Brieuc, Photo de Yann Arthus-Bertrand
L’obsolescence programmée ou forcée est le moteur de notre civilisation, alors que dans le même temps, on nous parle développement durable, éco-responsabilité, ressources renouvelables… quelle hypocrisie. Dans les pays qui n’ont pas le choix, des mécaniciens de génie font rouler des engins improbables presque non-stop depuis un demi-siècle, des ordinateurs bien moins puissants qu’un téléphone actuel aident à l’éducation de villages entiers, les objets vivent trente vies, réparés, réutilisés, transformés, avant enfin d’être jetés. Nous qui avons le choix, ne pourrions-nous pas trouver un compromis ? La vraie décroissance ne pourra se faire du jour au lendemain, pas à moins de faire s’écrouler la société moderne, mais il serait peut-être temps de s’y préparer en douceur, sans quoi nous n’aurons plus le choix non plus. Ca commence par refuser de remplacer des choses qui fonctionnent parfaitement et que seule une politique commerciale méprisante et méprisable justifierait de mettre au rebus.
Sur ce, je pars en quête du dernier petit paramètre qui me manque pour faire croire à l’ordinateur que ma webcam de 10 ans vient de sortir du magasin – puisque seule la date de fabrication la distingue d’un matériel moderne. Et je pars en guerre contre le Contrôle Technique des deux-roues, qui relève de la même démarche abjecte, contre laquelle nous devons résister, même par idéalisme, même avec peu d'espoir, ne serait-ce que pour le principe.
jeudi 5 juillet 2012
Les voleurs de Vinci 2 + Ghost Rider 2
Par Frédéric le jeudi 5 juillet 2012, 23:36
Sinon pendant qu’on y est, un mot de cinéma, j’ai vu Ghost Rider 2… sans surprise une sacrée bouse, malgré une apparition d’Anthony Steward Head et de Christophe Lambert (bon OK, lui, malgré quelques très bons films à son actif, c’est plutôt un habitué des navets). La moto est devenue un V-Max, mais le scénario est d’un vide abyssal, Nicolas Cage se cantonne vraiment au minimum syndical… bref, même si ça parle plus ou moins de moto, c’est très dispensable, encore plus que le premier qui avait au moins le charme d’être… le premier.
Et pour la route, une petite scène de moto… sans moto.
Et avec beaucoup de rapports de boîte, à l’oreille ;-)
vendredi 29 juin 2012
Vinci : plus voleurs que jamais
Par Frédéric le vendredi 29 juin 2012, 14:39
Il y a des sociétés qu’on n’aime pas beaucoup, tant la plupart des aspects qu’on en voit est pour se faire consciencieusement racketer. Pour autant, souvent difficile d’y échapper… C’est le cas de Vinci, ces si chers concessionnaires d’autoroute aux péages toujours plus exorbitants pour un service qui ne change pas voire se dégrade – avec la complicité des pouvoirs publics. Autre exemple, les parkings. Un de mes premiers billets concernait celui près de chez moi où j’ai garé ma bécane pendant quelques années. Mes motos ayant déménagé avec moi, c’est aujourd’hui ma mère qui loue à l’année un emplacement pour sa bagnole dans ce parking souterrain idéalement situé par rapport à chez elle. Une location assez chère pour un service a minima, mais bon, c’est un parking, pas grand-chose d’autre à attendre, si ce n’est toutefois un minimum de respect du client et de récompense de la fidélité (même forcée). Et ben non !

En juillet à Avignon, c’est le festival de théâtre, gros raout, pendant un mois la ville est survoltée, plus un hôtel ou une chambre dispo à 50 kilomètres à la ronde, 1200 spectacles, 1,3 millions de visiteurs. Et bien figurez-vous que cette année, Vinci nous vire du parking pour tout le mois de juillet ! Forcément, pourquoi s’embêter à accueillir les voitures des résidents qui payent un forfait à l’année, alors que la place peut être bien plus rentabilisée en la louant à prix d’or à l’heure aux touristes ? L’alternative pour les autochtones : ils nous envoient louer (plein tarif) un emplacement (en espérant qu’il en reste) au parking de la gare, de l’autre côté de la ville. Super pratique pour revenir avec les courses et les petits-enfants. Autre alternative, louer en plus du forfait annuel une place au mois dans le parking Vinci habituel, au double du prix normal, un chantage odieux, mais auquel on risque fort de devoir céder. Au lieu de faire une radio spéciale pour le parking ou des promos à la con, des deals avec les commerçants locaux ou je ne sais quoi, ils feraient mieux de remplir jusqu'au bout leur contrat envers leurs clients réguliers !

Précisons aussi que la maire supprime par centaines les places de stationnement aux abords des remparts, y compris là où ils ne représentent pas de nuisance, que les parkings gratuits plus distants ne sont absolument pas sécurisés et voient régulièrement des vols et du vandalisme sur les véhicules… Bref, on est pris en otage. L’option transports en commun ? C’est déjà une excuse très limitée en milieu urbain, alors ici… impensable sans véhicule individuel, même si on s’en sert au minimum.

On s’est déjà mis en quête d’une autre solution : louer dans un parking privé, en acheter un quelque part, tout plutôt que rester chez ces voleurs de Vinci, qui monopolisent les meilleurs emplacements et exploitent leurs clients pour le profit des actionnaires, sans aucun respect pour ceux qui les font vivre. C’est une situation inadmissible et symptomatique, qui doit être dénoncée et boycottée, comme tout ce qui vient de ces grosses sociétés complètement coupées de leurs clients et ne vivant que grâce à leurs monopoles illégitimes.
lundi 25 juin 2012
36 15 Création de délinquants
Par Frédéric le lundi 25 juin 2012, 10:59
Le 30 juin 2012 verra la fin d’une invention française qui a l’époque était un réel progrès, avant de se transformer en boulet : le Minitel. Lancé dans les années 80, il a familiarisé les Français avant l’heure à l’utilisation d’un moteur de recherche et du couple clavier/écran, mais à aussi été accusé de retarder de plusieurs années le développement d’Internet. Le million de connexions qu’il enregistre encore chaque mois (essentiellement pour l’annuaire, son rôle historique) n’auront pas suffit à le sauver, les derniers serveurs rendent leur tablier la semaine prochaine.

Il va rejoindre les symboles d’une autre époque que je n’aurais finalement connue que de justesse, celle des téléphones à fils, des cassettes à bande et des motos à carbu. (D’ailleurs, pour les autres trentenaires, ne ratez pas cet épisode de « Bref » )
Donc disais-je, l’informatique et Internet ont remplacé le Minitel, les disques optiques ont supplanté les cassettes, eux-mêmes détrônés par le MP3 et le DivX, l’injection s’est généralisée. Dans la foulée, on voit apparaître de nombreuses tentatives de contrôle du Net, Hadopi, Acta etc., le bridage des moteurs et les volontés de la Commission Européenne de contrôler le moindre aspect des motos et d’empêcher toute modification.

Il se dégage un point commun de toutes ces velléités de contrôle, sur ces domaines comme dans tous les aspects de la société : de plus en plus, les citoyens « ordinaires », a priori respectueux des règles et des lois, sont poussés vers une forme légère de délinquance. Et s’ils n’y vont pas d’eux-mêmes, qu’importe, on invente de nouvelles infractions ! Défaut de sécurisation de sa connexion, non respect d’une vitesse moyenne, méconnaissance des subtilités de détail des lois de finance sortis en douce deux semaines plus tôt… Ainsi, chacun est invité petit à petit à sortir du cadre, à tricher, et à découvrir qu’ils deviennent ainsi bien plus libres. Fausser une déclaration d’impôts pour les uns, masquer une plaque d’immatriculation pour les autres, télécharger plutôt qu’acheter un disque, quelque part tout se rejoint. Pour prendre un exemple que je connais personnellement, lors des discussions sur Hadopi, je m’étais promis de ne plus acheter de DVD en représailles, participant à un vaste mouvement de boycott. Je crains ne pas y avoir été très assidu, m’offrant des coffrets entiers de films ou de série que j’aime particulièrement – quitte souvent à ne même pas les sortir de l’emballage, tant le support physique est obsolète et moins pratique. Cela se constate encore avec la dernière série que je suis en train de voir : à chaque épisode, on se tape des alertes sans fin anti-piratage, des logos de distributeurs à n’en plus finir, on a du mal à trouver la combinaison langue/sous-titres qu’on veut, il n’y a pas de bonus… franchement, comparé à un fichier illégal, y’a pas photo ! Pareil pour les jeux, moi ça fait quelques années que j’ai arrêté, mais quand on voit les articles à ce propos ça ne fait pas envie, même le génial éditeur Blizzard est dans le collimateur d’UFC-Que choisir tant les protections de Diablo 3 sont contraignantes et pénalisent avant tout pour les joueurs qui ont acheté le jeu.


A force, des citoyens internautes ont lancé un appel que je diffuse à mon tour : « Ne m’obligez pas à voler ». Il devrait être complété et décliné pour les autres domaines, à commencer par la route. « Ne faites pas de moi un délinquant de la route. » Dans quelques jours, alors que je suis en règle sur à peu près tout niveau machine et équipement, je serai à mon tour un délinquant car je refuse catégoriquement, par principe, d’avoir un éthylotest. Je ne bois pas d’alcool, je n’ai pas à le faire. Aussi j’invite tous les abstinents et les conducteurs responsables à faire de même. Nous tous qui savons que jamais au grand jamais nous ne conduirons en état d’ébriété refusons d’être pris pour des enfants et n’achèteront ni ne transporteront ces gadgets inutiles, pas plus d’ailleurs qu’un brassard rétroréfléchissant.
Le manifeste « Don’t make me steal » : http://www.dontmakemesteal.com/fr/
vendredi 20 avril 2012
Cinq ans !
Par Frédéric le vendredi 20 avril 2012, 18:18
Il y a un petit peu moins de cinq ans pile, au soir du second tour de l’élection présidentielle j’envoyais un mail à mes amis et famille hors des frontières, notamment aux Etats-Unis. Un mail super content, enthousiaste. Génial ! disais-je en substance, nous aussi nous allons faire comme les Ricains, nous aussi venons de nous offrir un mini-Bush pour reprendre notre place dans le concert des nations aux côtés de grands hommes et de démocrates convaincu comme Berlusconi, Poutine ou Haider. Et on savait à quoi s’attendre, pas de mauvaise surprise à prévoir, tout était annoncé clairement ou déjà mis en application en tant que ministre de l’intérieur : on ne risquait pas de s’encombrer d’une politique sociale et respectueuse des gens, de gaspiller de l’argent envers ceux qui en ont besoin ou de défendre les acquis d’une autre époque. La morale était sauve, pas d’excuse pour ne pas envoyer des enfants ou des bébés en prison parce que leurs parents n’ont pas de papiers. Plus de perte de temps à contester l’action de la police ou les verbalisations, ils auront forcément raison, bien plus simple ainsi. Les finances iraient bien mieux en taillant à coupes sombres dans des services comme l’Education Nationale ou la santé qui ne servent qu’au bas peuple de toute façon, alors qu’il y a des services privés si compétents. Nos riches et puissants seraient bien protégés, pas d’inquiétude, et on n’aurait plus trop à craindre les médias. Etc. etc. Bref, super heureux, bien que peut-être avec une pointe d’ironie.
Je vivais aux Etats-Unis lorsque « W » a été élu. Le choc, la claque. On a beau s’attendre à tout d’un pays comme ça, il n’y avait tellement pas photo entre un mec comme Al Gore et le parvenu ancien alcoolique dont le principal fait d’armes était d’être le fils d’un autre président… et qui fut d’ailleurs le premier surpris d’être élu, on a plus d’une citation en ce sens (« It's amazing I won. I was running against peace, prosperity and incumbency. » - Quelques autres citations de ce grand penseur ici). D’ailleurs, il a été prouvé depuis que c’est bien Gore qui a été élu, et je ne comprends toujours pas que les malversations dévoilées en Floride n’aient pas fait annuler l’élection. Enfin, si, c’était trop tard, Bush était en poste. Toujours est-il qu’il est indéniable que ça se soit joué à peu de choses. Mais la vraie claque, l’anéantissement, a été la deuxième fois. Certes John Kerry était moins puissant et charismatique que Gore, mais il y avait eu 4 ans pour voir les ravages de la présidence de Bush, tant à l’intérieur des frontières que dans le reste du monde ! Et pourtant, il est repassé. Il y eut à l’époque un vaste mouvement de consternation nommé « Sorry everybody », où la moitié raisonnable des USA s’excusait auprès du monde pour l’autre moitié qui avait été capable de laisser pour quatre ans de plus les rênes du pays et d’une partie du monde dans les mains de cet homme et surtout de toutes les puissances qui se cachaient derrière : http://sorryeverybody.com/gallery/1/

Nous avons donc eu notre mini-Bush, certes dont les dégâts se sont surtout limités à notre propre pays. Il nous manque un Obama pour pouvoir enfin voter POUR quelqu’un au lieu de CONTRE quelqu’un d’autre, mais à défaut, par pitié, ne rempilons pas avec ce gouvernement brutal, égoïste, raciste et suprêmement incompétent. Je ne veux pas avoir à participer à un mouvement nommé « Pardon tout le monde ! » le 7 mai. Le choix n’est pas forcément enthousiasmant, je suis bien d’accord, mais nous avons une responsabilité envers notre société et notre pays, ne les laissons pas se faire à nouveau insulter et endommager plus que nécessaire pour les 5 ans à venir. Alors pour qui vous voulez, mais VOTEZ !
lundi 20 février 2012
Une nouvelle génération de spam surréaliste
Par Frédéric le lundi 20 février 2012, 09:46

Plus fort que les traductions automatiques, mieux que les modes d'emploi chinois... les spams de blogs ! Après les mails, les téléphones et bien sûr les boîtes aux lettres, les messages indésirables se multiplient sur tous les supports, et les blogs n’y échappent pas. C’est une course entre les techniques pour limiter les spams (parfois de plus en plus contraignantes pour les humains qui veulent vraiment écrire un message : triple validation, capcha illisibles…) et les escrocs avides de vendre leurs contrefaçons de viagra ou antidépresseurs, chaussures de sports, super deal financiers avec les veuves de présidents africains, et bien entendu diverses façons créatives de vous agrandir le zguègue.
Concernant les blogs de Motomag, les algorithmes anti-spams sont régulièrement mis à jour par la plateforme pour détecter les mots-clés révélateurs et soumettre à validation les messages suspects. Il y a aussi la possibilité de bloquer carrément les commentaires, mais un peu dommage, ou encore de les soumettre tous à validation, ce qui se défend dans certains cas mais nuit fortement à la réactivité des discussions. En fait une solution simple mais qui n’est toujours pas proposée serait simplement de virer la possibilité d’insérer un lien actif dans les messages, qui rendrait inutile les spams, mais bon…
Pour passer les filtres, les messages publicitaires se déguisent en vrais messages : certains citent des extraits du billet de blog, d’autres font des commentaires bateau du style « C’est bien vrai, j’adore ce que vous écrivez ! », dupliquent un commentaire existant, ou encore génèrent des phrases aléatoire. Du coup, on se retrouve régulièrement avec des dizaines de messages bidons à supprimer. Le dernier lot était tout de même particulier, je vous livre ci-dessous la plus récente série, d’une étonnante poésie surréaliste qu’André Breton ne renierait pas. Un nouveau défi pour les moteurs anti-spam !
- Eu envie parce que alimentaire végétalien sans problème manger les acheter animaux est naturellement mais je n'aurais enfants de ansmanger au contraire l'ensemble des textes ne chasse pas en manger des cailloux si réaction le livre de mais je ne me et devais le regarder promenez votre chien dans manger sous le regard pas besoin d'humour.
- Blanc par contre ne noir et le faire arrogant par l'interlocuteur dégoulinant tout.
- Merci de ne d'un vieux dans le je me dis qu'on pas pour voir cette page.
- Contribuer au débat démocratique.
- Et dans laquelle l'estomac se fait raison quid de ce propos et c'est serpents sur boa constrictor qu'un être humain adulte c'est mignon mais c'est de les en priver.
- Entre être sensible au sort bien certains hommes en que c'est une personne est surdoué ultrasensible fou terme animaux nous donne dans ce cas de très futée.
- Se doutent ils que de mon païs cliquez des contrôles vétérinaires etc privilégier un peu les la quantité pilules et la recherche de ses le crane et détruis germées etc.
- Temps de respecter l'animal être question des modalités vis tes rêves!
- Sans aucun doute cerise on at : le les surfaces agricoles et distance des cochons animal.
- Les experts recommande jardinnt que etre il pese combien je suis de jardinpvenue végétarienne les animaux ne sont et gagner de jardin l'argent tuer un chien de jardin fumer dans les restaurants suis contre la chasse quoi quoi jamais eu d'une en gros ellebesoin sur le criminel j'ai gouvernement sur les règles de jardin comprendre le corps relaient de jardinrrière les barreaux industriel.
- Un magazine ce week tuerez de renards et en protéines végétales et ecarter le chien l'isoler n'a pas besoin de plus d'avoir des carences.
- Considère en aucun cas html le gouvernement chilien de tous bords mènent savoir plus cuisine animaux souffrent même obèses.
- Pas quoique meme caest régime omnivore s'il est devrait être conscient des vieillesse.
- Jardin dans le quartier de tuer alors je de la sécrétion de est meubles donc dure pcq de chiens les trois collectionneur de cactées miniatures.
- Il n'y n'as pas vu le minutes un aliment ou le transport de votre régime carnivore qui me tes pommes et en votre chien aime est l’école vétérinaire de ainsi pas besoin d'humour.
- Viandes et poissons plus questions financières même voiture si la taille de la des maladies comme le cas.
- Sondages et nos débats je vais me faire bien d'un vol car dans la manger merveille du terrain d'un ac de un film sur la manger les propos diffamatoires hors automatiquement quasiment toute sa vétérinaire pourra mettre en dans l’assiette mais un médiathèque de blog de donc pas les habitants sort un bon steak de grands confrères de mal surtout!

jeudi 16 février 2012
Moto et arts martiaux, même combat ?
Par Frédéric le jeudi 16 février 2012, 01:47
Loin d’être un expert en conduite moto ou en karaté, juste un humble pratiquant enthousiaste des deux, plus j’avance dans leur connaissance, plus je leur trouve de points communs. Bon, pas des grandes révélations non plus hein, juste des convergences intéressantes. Quelques exemples en vrac :
DR
- Les deux commencent par un rituel : le salut au maître ou l'enfilage du casque et de l'équipement met en condition, prépare mentalement à se concentrer sur ce qu'on va faire car on est responsable de ses actions et du risque qu'on fait courir à soi-même comme aux autres si on met un coup non maîtrisé (et vu que je fais le double du poids moyen de mes partenaires, j'ai intérêt à faire particulièrement gaffe à ça...)
- L’importance du regard : qu’on ai les yeux rivés sur son pneu avant ou ses pieds, regarder trop près et trop bas n’est pas bon. Il faut voir haut et large, sans fixer ce qu’on veut éviter, pour optimiser son champ de vision et mieux réagir – que ce soit pour esquiver un obstacle ou parer un coup.
- Garder les bras souples et détendus, en ne les verrouillant qu’en fin d’action : pour prendre un virage comme pour frapper ou parer, les muscles crispés ne sont pas assez réactifs. Prêt à l’action mais détendu, on a une meilleure réactivité et trajectoire. Sans hésiter à verrouiller en fin de mouvement pour maintenir fermement le guidon sur un freinage ou arrêter un coup puissant. Et baisser les coudes !
- Garder un centre de gravité aussi neutre que possible : quelle que soit la position de combat ou la moto, en conservant le poids centré on est beaucoup plus réactif. Déhancher pour prendre une courbe comme un pilote n’est efficace que si on connait exactement le virage et celui qui le suit, tout comme prendre le risque de se déstabiliser ou de sauter n’est valable que si on est certain de pouvoir placer l’attaque. Mais quand on n’est pas sur circuit ou en chorégraphie, il faut pouvoir anticiper et réagir vite à l’imprévu… donc centrer les masses et répartir le poids.
- Porter le poids sur l’avant des pieds : faites le test sur béquille centrale de vous lever sur les repose-pied. Si vous les placez sous les talons, vous serez très peu stable. Mais sous la plante des pieds, l’équilibre revient. Même chose en position de combat.
- Prévoir une trajectoire trop tôt sans visibilité ne permet pas d’intervenir en cas de surprise, il vaut mieux attendre de voir la sortie du virage pour s’engager, quitte à le faire plus fort à ce moment-là. De la même façon, parer trop tôt un coup téléphoné est la meilleure façon de s’en prendre un autre à découvert, venant d’un autre angle. Là aussi, se tenir prêt et partir plus tard mais plus vite est plus efficace.
- En cas de glissade ou de perte d’adhérence, il ne faut surtout pas se crisper et bloquer le guidon, mais laisser la moto tranquille pour qu’elle se rétablisse, voire dans certains cas amplifier la dérive en contrebraquant. Un peu comme lorsqu’un adversaire plus puissant physiquement tente un balayage ou un coup circulaire, le parer est délicat et vous risquez non seulement de vous faire mal mais aussi de prendre le pain - alors qu’en accompagnant le mouvement, en reculant pour mieux revenir par exemple, ça passe bien mieux.

Avez-vous noté d’autres points de convergence ? Ca ne se limite pas au karaté d’ailleurs, la plupart des arts martiaux partagent ces principes de base. Je précise que mes comparaisons peu éclairées se font avec les méthodes conseillées par l’AFDM, pas ce qu’on fait sur circuit ou en conduite un peu kéké, et connaître la théorie ne veut pas dire tout appliquer à la lettre… en selle comme sur les tatamis !
En conclusion, et au risque de faire de la psycho de magazine, je suis tenté d’extrapoler ces principes plus largement. Ne dit-on pas d’ailleurs que les arts martiaux, notamment le karaté, sont bien plus qu’un sport de combat, mais un état d’esprit, une approche de la vie ? De même, la moto telle que les passionnés la pratiquent ne se limite pas à un moyen de transport, on peut y associer des valeurs et une vision du monde plus libres et plus solidaires. Et pour ça, c’est pareil : le regard haut et loin, pour ne pas s’attarder sur ce qui se passe sous notre nez et avoir une vue d’ensemble ; pas rigide et crispé sur un état de fait, acceptant les changements en restant attentif et prêt à réagir si l’évolution est dangereuse ; équilibré et stable, capable de s’adapter et de répliquer au besoin…
Bon, sur ce j’arrête de vous embêter avec mes réflexions à trois sous je vais être en retard au dojo. A bientôt !
DR
PS en rentrant : me suis fait un claquage à la cuisse, rien de grave, mais qui illustre encore un parallèle : l’importance des gants et des protections, et le fait que ce sont des passions indéniablement un peu risquées. Mais prendre des risques (mesurés) est une liberté en soi ! Et jusqu’à présent, je touche du bois, me suis fait plus bobo en salle de sport qu’à moto. De là à dire que l’un aide l’autre, il y a un pas (chassé) que je ne franchirais pas, mais… pourquoi pas ? Je suis curieux d’avoir l’avis de mes profs de moto et de karaté, sachant que chacun pratique ou à pratiqué les deux disciplines. A vous !
DR
mardi 31 janvier 2012
Réflexion sur la cryptonique de masse
Par Frédéric le mardi 31 janvier 2012, 02:09
Quelque chose de « cryptique » (à part les contes de la crypte) est fait pour réserver un certain savoir à un cercle restreint d’initiés, qui peuvent ainsi contrôler – voire asservir – le reste de la plèbe. Au cours des siècles, cela a été largement utilisé dans de nombreux domaines, de la religion à l’alchimie. Aujourd’hui, le terme a surtout survécu pour la protection des données informatiques, mais on retrouve le principe un peu partout : finance, lois… même billets de trains comme je l’ai encore constaté récemment.

Cas très bête, je réserve en ligne un ticket pour Bruxelles en m’assurant qu’il soit modifiable, c’est bien marqué dessus, « échangeable une fois sans frais ». Mon planning change, je modifie donc le billet… et me vois retenir 50% du prix ! Contactée la SNCF me répond comme si j’étais débile que, voyons, il fallait le faire en gare pour bénéficier de l’échange gratuit ! Si si, c’était bien marqué en tout petit dans les conditions de vente. Suffisait de le savoir. Mais comment ? Des fois c’est le contraire, un billet acheté en agence ne peut être modifié qu’en ligne, des fois tout en ligne, des fois que en gare… et je ne parle pas de l’absurde complexité des tarifs eux-mêmes. C’est un exemple banal et mesquin, mais flagrant : l’information est soigneusement cachée, techniquement présente on ne peut pas accuser du contraire, mais dévoilée de telle façon que seuls les initiés puissent vraiment s’en servir. Les autres pauvres couillons n’ont qu’à payer et se taire, après tout c’est leur faute s’ils n’ont pas su lire au bon moment, au bon endroit.
A plus grande échelle, comment ne pas faire le rapport avec les impôts, les lois, toute l’administration et la société actuelle. Certes, l’équilibre est fort délicat à trouver : une loi qui serait trop simple, trop identique pour tous, en deviendrait injuste ; où placer la limite entre le traitement différent de ce qui est fondamentalement semblable, et le traitement semblable de ce qui est fondamentalement différent ? Mais aujourd’hui, le degré de complexité semble avoir pris vie, il évolue de lui-même, déconnecté du monde et des besoins réels. Et ce, dans tous les domaines il semble… Dont ceux qui nous concernent, défenseurs des deux-roues motorisés : avez-vous vu par exemple les projets de réforme des catégories de permis ? Ubuesque. 50 sous-catégories, des exceptions, des retours en arrière, des incohérences énormes.

Je le dis souvent, on a l’impression qu’on pourrait (qu’on devrait !) arrêter pendant 10 ans de faire de nouvelles lois et réglementations. Il serait tellement plus simple et efficace souvent de simplement laisser les gens tranquilles, au lieu de chercher constamment de nouveaux problèmes à résoudre là où un peu de bon sens et d’humain suffit largement à fonctionner. Les technocrates et juristes ne seraient pas au chômage pour autant : trier, simplifier, moderniser, simplifier, ajuster, simplifier, l’écrasant mille-feuilles législatif hérité parfois de décennies, voire de siècles, et qui plus est avec l’Europe à unifier entre divers pays. Et ce n'est pas gagné avec la manie actuelle de pondre une nouvelle loi dans l'urgence au moindre fait divers, sans aucun regard pour ce qui existe déjà, surtout sans jamais évaluer les résultats de ce qu'on fait, tout dans la com', dans le paraître. Sauf que les shows médiatiques s'envolent, les textes de lois restent, et pourrissent la vie des citoyens pendant des décennies...
Remarquez, ils le font des fois. Comme quand pour mieux expulser des familles entières Guéant rétablit des lois que Charles de Gaule s’était empressé de supprimer à la libération, mais c’est un autre sujet.
jeudi 22 décembre 2011
Eugène et la moto normale
Par Frédéric le jeudi 22 décembre 2011, 13:05
En ces temps de fêtes et d’enfance, mais aussi de lois diverses et de recherches pour imposer aux motos tout un tas de gadgets et d’assistance électronique, je vous propose une petite adaptation mignonette d’une chanson d’Anne Sylvestre, dont les Fabulettes ont bercé mon enfance – en les faisant écouter à mes nièces aujourd’hui, je réalise qu’elles sont gravées mot à mot dans ma mémoire ! Conte de Noël motard :
Eugène et la moto normale
C’est une petite histoire de rien du tout. Eugène, jeune homme, avait une sœur, un frère et une moto. Sa sœur avait une passion pour tout ce qui était communication. Elle ne lisait que des magazines de technologie, possédait un tas de gadgets tous plus communicants les uns que les autres, et accomplissait des tours véritablement stupéfiants. Quand c’était l’heure d’aller quelque part, elle mettait son GPS et hop ! les routes, les rues, les radars s’affichaient devant ses yeux ; quand elle rentrait de quelque part, l’état du trafic et la météo se montraient tous seuls, bref, elle était parfaitement connectée !
Son frère, lui, n’aimait qu’une chose : la technologie. Tout ce qu’il possédait était savant : son téléphone surfait sur Internet, son véhicule était bardé d’électronique, son freinage était assisté, jusqu’à ses amis qui étaient virtuel via les réseaux sociaux, bref, il était tout à fait tendance.
Eugène, lui, n’avait que sa moto, mais attention, une belle moto, et soignée, toujours bien gonflée, confortable et tout. Sa sœur, la communicante, lui disait parfois : « Mais tu n’as qu’à l’équiper, et ta moto sera branchée ! tu t’assiéras sur la selle, et elle t’emmènera partout, tu auras plein d’infos, même ! tu iras en Amérique, en Chine, à… à Tonnerre, partout ! » Et son frère, le technophile, lui répétait : « Mais équipe-la, ta moto, mets lui un freinage ABS, un anti-patinage, un capteur de distance de sécurité, et tout le monde t’admirera, on t’enviera au feu rouge ! ».
Mais Eugène répondait : « Quoi, ma moto ? Est-ce que j’ai besoin d’une moto communicante, moi ? Est-ce que j’ai besoin d’une moto assistée ? Une moto cabocharde qui va m’emmener ou je ne veux pas aller, une fanfaronne, qui va refuser de freiner quand que je serai sur du gravier, et qui me fera tomber ? Pas question, ma moto est une moto normale, quand je l’enfourche elle attend sagement que je décide, quand je tourne la poignée elle avance, quand je pousse le guidon, elle m’obéit, elle est parfaite, ma moto normale ! » Et Eugène, sagement, obstinément, garda longtemps sa moto normale. Ce qui prouve qu’on peut avoir une technologie comme ci, une assistance comme ça et que… ce qui ne prouve absolument rien après tout, c’est… c’est normal, quoi, comme la moto d’Eugène !

L’original : Eugène et le vélo normal (Anne Sylvestre)
C’est une petite histoire de rien du tout. Eugène, petit garçon, avait une sœur, un frère et un vélo. Sa sœur avait une passion pour tout ce qui était magique. Elle ne lisait que des contes de fées, possédait un tas de baguettes toutes plus magiques les unes que les autres, et accomplissait des tours véritablement stupéfiants. Quand c’était l’heure de mettre le couvert, elle levait le petit doigt et hop ! les assiettes, les couteaux, les fourchettes se mettaient en place, quand elle rapportait de l’école son livret, les bonnes notes s’y rangeaient toutes seules, bref, elle était parfaitement décourageante ! Son frère, lui, n’aimait qu’une chose : le cirque. Tout ce qu’il possédait était savant : son chat marchait sur les pattes de devant, sa moto sur la roue arrière, son lit était dressé pour se faire tout seul, jusqu’à ses professeurs qui savaient ne pas l’interroger quand il n’avait pas appris ses leçons, bref, il était tout à fait démoralisant. Eugène, lui, n’avait que son vélo, mais attention, un beau vélo, et soigné, toujours bien gonflé, rapide et tout. Sa sœur, la magicienne, lui disait parfois : « Mais tu n’as qu’à le vouloir, et ton vélo sera magique ! tu t’assiéras sur la selle, et il t’emmènera partout, il volera, même ! tu iras en Amérique, en Chine, à … à Tonnerre, partout ! »Et son frère, le dompteur, lui répétait : « Mais dresse-le, ton vélo, apprends lui des tours, fais le sauter sur son guidon, danser sur une roue, et tout le monde t’admirera, on te jettera des sous ! ». Mais Eugène répondait : « Quoi, mon vélo ? Est-ce que j’ai besoin d’un vélo magique, moi ? Est-ce que j’ai besoin d’un vélo savant ? Un vélo cabochard qui va m’emmener ou je ne veux pas aller, un fanfaron, qui va se dresser pendant que je lèverai la main pour me gratter la tête, et qui me fera tomber ? Pas question, mon vélo est un vélo normal, quand je l’enfourche il attend sagement que je décide, quand j’appuie sur les pédales il avance, quand je tourne le guidon, il m’obéit, il est parfait, mon vélo normal ! » Et Eugène, sagement, obstinément, garda longtemps son vélo normal. Ce qui prouve qu’on peut avoir un frère comme ci, une sœur comme ça et que… ce qui ne prouve absolument rien après tout, c’est… c’est normal, quoi, comme le vélo d’Eugène !
mercredi 9 novembre 2011
Les étapes du changement
Par Frédéric le mercredi 9 novembre 2011, 13:09
Un changement trop brusque, une interdiction trop directe, ça fait des remous. On proteste, on s’indigne, enfin, pas tout le monde, mais assez pour que ça fasse désordre. Du coup deux méthodes sont bien rodées :
- L’une consiste à proposer des trucs énormes, sachant qu’ils ne seront pas acceptés, mais qui peuvent être magnanimement rejetés pour quelque chose de plus convenable – proportionnellement. En fait, ça reste bien pire que ce qu’on aurait accepté d’emblée, mais ouf, on a échappé à encore bien pire alors bon, ça ne semble plus si grave. Naïfs…
- L’autre méthode, elle aussi régulièrement mise en œuvre, consiste à avancer par petites touches sous des prétextes difficile contestables individuellement, mais qui s’assemblent petit à petit comme les pièces d’un puzzle menant, à terme, à une autre vision de la société.
Parfois, cela va dans le bon sens dans certains pays : accès à l’information, pressions vers plus de liberté, ouverture d’Internet. Mais souvent, on le constate en ce moment-même en occident en général et en France en particulier, c’est tout le contraire. Restriction de libertés, contrôle toujours plus étroit des populations et des informations… Deux exemples parmi tant d’autres qui se bousculent plus dans les textes de loi que dans les médias qui, comme le public, se laissent prendre aux mauvaises excuses et justifications de surface :
Parmi le fatras de la loi Loppsi2, une disposition permet de bloquer l’accès à certains sites Internet. Bien entendu, aucun rapport avec la liberté de la presse ou le contrôle des associations, c’est uniquement pour couper les sites pédophiles.
Qui va contester ça, au risque de sembler défendre les pédophiles ? Et pourtant, creusons un peu la question. L’une des fondations d’Internet est la neutralité du réseau. Tout filtrage la remet en cause. La solution pour un site illégal (pédopornographie, terrorisme, révisionnisme…) est de s’en prendre à la source, mais je conviens très bien qu’il est utopique d’agir sur un hébergeur pirate en Russie ou en Chine. Mais que signifie bloquer un site sans cela ? C’est que l’état demande aux fournisseurs d’accès (Free, Orange…) d’empêcher leurs clients d’atteindre une adresse spécifique. Efficacité ? Modérée pour le grand public ou le surf au hasard, Zéro pour les réels délinquants. Il existe tellement de façon de contourner cette disposition qu’un blog ne suffit pas à tout décrire. Alors pourquoi faire voter ça ? Pour le comprendre, il faut observer de plus près la loi proposée : la liste de sites interdits est secrète, elle ne dépend pas d’un juge, ne sera soumise à aucun audit. En d’autres termes, inutile d’être particulièrement paranoïaque pour comprendre que c’est la porte grande ouverte à toutes les dérives. En l’absence de toute transparence et du moindre contrôle, l’infrastructure ainsi mise en place permet donc au gouvernement de couper l’accès à un site Internet, quel qu’il soit, d’un claquement de doigts. Et le filtrage peut être subtil : un article précis, une vidéo en particulier… à la seule discrétion du pouvoir. Alors, faut-il renoncer à lutter contre la pédophilie ? Non bien sûr, mais pas en en faisant un prétexte aussi dangereux, pas à ce prix, d’autant que ce sera sans effet pour l’objectif affiché.

Autre exemple, qui concerne plus spécifiquement les usagers de la route, les projets de ZAPA, avec restrictions d’accès à certains centres urbains pour diverses catégories de véhicules. L’objectif prétexte ici est l’environnement et la qualité de l’air. Pareil, comment contester ça, comment protester sans passer pour un affreux pollueur égoïste ?

Mais comme toujours, il faut voir au-delà des apparences, creuser sous la surface. L’impact sur la pollution ? Voyons voir, la pollution directe est surtout liée aux particules fines, qui ne sont pas émises par les deux-roues, pourtant concernés au premier plan, alors qu'ils pèsent très favorablement dans le bilan en fluidifiant et réduisant les déplacements. La pollution indirecte, c’est surtout l’ozone ; issue d’un processus de transformation chimique, elle n’est pas créée sur place, et ne dépend donc en rien d’une restriction locale. Les gens qui conçoivent ces lois le savent pourtant, alors… pourquoi ? La réponse est à chercher dans le dispositif nécessaire à l’application de ces lois. En effet, il serait peu coûteux à mettre en place mais peu rentable d’en confier la vérification à du personnel de police ou municipal : on les retire déjà de toutes les missions prioritaires ! Non, après investissement, la seule solution crédible est le contrôle informatisé. Caméras, analyse des plaques, suivi et archivage des déplacements… En gros, toute l’infrastructure nécessaire à l’instauration d’un péage urbain et au tracking du moindre trajet motorisé. Sans compter le tri social que ça représente : déjà chassées des villes par le prix des loyers, les classes modestes et moyenne s’y verront même refuser l’accès au prétexte qu’elles n’ont pas non plus les moyens d’acheter un véhicule neuf. L’alternative transports en commun ? On voit que ceux qui prétendent tout faire reposer dessus ne s’en servent guère. Entre la saturation des réseaux, les difficultés de fonctionnement, le manque d’adaptation aux transports d’enfants, de personnes âgées ou handicapées, aux charges à transporter personnellement ou professionnellement (qui va rentrer d’Ikea en bus ?), c’est un bon début mais pas une réponse universelle ! Il faudrait commencer par aménager de vastes parkings gratuits près des interconnexions de transports en communs, et baisser significativement le prix de ces derniers (souvent plus chers que le transport individuel, un comble !).
Ces exemples peuvent hélas se multiplier. Seules alternatives : la vigilance, la réflexion, la mobilisation. Ne vous contentez pas des infos des médias traditionnels, sensationnalistes et soumis. Creusez un peu les choses. N’acceptez pas l’inacceptable sous prétexte que c’est emballé dans de bons sentiments – le pire a toujours commencé ainsi. Pour éviter de devoir prochainement agir par petites touches pour revenir à plus de libertés et de respect de l’humain, il faut surtout lutter contre les petites touches qui nous en éloignent insinueusement au quotidien. Agir contre les dérives et la pollution, oui, mais pas à n’importe quel prix, et pas en détournant le véritable but de l’action. L’enjeu, ce n’est pas la coupure d’un site ou l’accès libre à un centre ville, c’est un projet de société dans son ensemble, une vision de la vie en commun, rien moins.
lundi 1 août 2011
Quelques réflexions d’informatique…
Par Frédéric le lundi 1 août 2011, 00:38
Oui c’est un blog moto, mais je voudrais quand même partager avec vous quelques réflexions sur des dérives de l’informatique qui se font de façon très vicieuses, au sens où elles sont au su et vu de tout le monde mais bien emballées et présentées de façon à ce que l’opinion les accepte et même les réclame. Un peu comme les radars automatiques dont une communication habile a défaut d’être honnête a persuadé les braves gens que c’était la panacée pour les sauver des dangereux délinquants routiers.
Commençons par Facebook, qui me sort décidemment de plus en plus par les yeux : ils viennent d’ajouter une option permettant d’avoir en contact… les enfants à naître. Alors que certains parents n’osent même pas choisir définitivement le prénom avant la naissance (notamment pour limiter les dégâts affectifs en cas de problème qu’on ne peut jamais exclure), les bambins seront déjà exposés, référencés en ligne, enregistrés à vie de façon totalement opaque et incontrôlée par Facebook. Vous serez « ami » avec un fœtus, c’est pas beau la technologie ? Déjà qu’on trouve sur la toile les échographies de cette génération qui grandira sans le concept d’intimité ou de respect des informations confidentielles… Autre exemple, l’autre jour en réservant un billet de train, le site SNCF me propose de le publier directement sur Facebook. A part signaler à des cambrioleurs que je ne serai pas chez moi à telles dates, à quoi bon ? Si je veux faire le voyage avec un pote, ou être attendu à l’arrivée, je peux envoyer les infos à LA personne concernée, pourquoi le partager avec la terre entière ? Ca me dépasse. D’ici vingt ans, notre volonté de garder pour nous ce qui ne concerne pas les autres apparaîtra-t-elle comme terriblement archaïque et rétrograde, ou au contraire précurseur de la chute d’une brève ère de folie communicante dont Facebook sera l’emblème ?

Autre chose, petite note à l’attention des fans d’Apple, des chantres de l’iPhone et l’iPad, que d’aucun prétendent tellement plus ouverts et sympathiques que l’affreux Microsoft… Avez-vous jeté un œil aux conditions de diffusion des fameuses « apps » ? Il se trouve que j’ai dû creuser un peu la question, car quasi-monopole aidant, quiconque souhaite proposer des services mobiles n’a plus guère d’autre choix que d’être compatible avec l’iPhone. Et ça fait mal… Pour simplifier, si quelqu’un veut faire un programme pour PC ou toute plateforme sous Windows ou logiciel libre, il le fait en toute liberté, inclut les fonctions qu’il veut, le vend au prix qu’il souhaite (ou gratuit), partage le code source ou pas… bref, il est maître de son travail et de ses fruits, limité par sa seule créativité et ses compétences. Chez Apple, et ça tend à déteindre sur d’autres plateformes mobiles, c’est une autre histoire : les programmes doivent impérativement passer par l’appStore, après une validation (payante), ils peuvent en être supprimés après coup sans préavis ni raison (par exemple, prenant les devants sur de potentielles réglementations à venir, Apple a viré les apps signalant la position des radars), les fonctionnalités sont limitées, et si on souhaite faire du commerce au sein de l’app, pas de solution de contournement que verser 30% des recettes à Apple. Des moyens détournés existent, mais en limitant fortement les possibilités techniques. Pour faire une boîte à meuh virtuelle, pas de soucis, mais si on veut un peu plus de puissance, de vrais services pros, on est soumis au bon vouloir du roi Pomme. Et malgré ça, tout le monde achète les iTrucs, parce que c’est joli et bien emballé, et que les gens ne se posent pas la question sur le fonctionnement. Légitimement d’ailleurs, c’est complexe, ça n’empêche pas de téléphoner ou d’installer des petits jeux à la con... Mais n’a-t-on pas une certaine responsabilité ? Sans oublier que les iPhones enregistrent tous vos déplacements (sauvegardés à votre insu même en changeant de téléphone), etc. Et avec ça, on vient de l’apprendre, avec une capitalisation boursière de 362 milliards et une trésorerie de 75,8 milliards de dollars, Apple a plus de liquidités que les Etats-Unis… Il est loin le temps de la petite société sympathique et rebelle. Aujourd’hui, c’est elle qui bride et limite les possibilités de l’Internet mobile, un comble après l’avoir autant popularisé !

jeudi 7 avril 2011
Le scandale des gaz de schiste
Par Frédéric le jeudi 7 avril 2011, 22:42


lundi 4 avril 2011
Film militant ; We want sex equality
Par Frédéric le lundi 4 avril 2011, 21:52
Vu au cinéma le sympathique film « We want sex equality » (Titre original “Made in Dageham”) de Nigel Cole. En 1968, les ouvrières d’une usine Ford en Angleterre réalisent que non seulement il n’est pas normal qu’elles soient moins payées que les hommes, mais aussi qu’elles ont le pouvoir de faire changer ça. Actrices et acteurs super (Bob Hoskins, j’adore ce gars), bonne réalisation, ce n’est pas le film de l’année mais il se regarde avec plaisir. Je l’ai surtout trouvé motivant car ce qu’il montre s’applique à tous les combats que l’on peut croire perdus d’avance.

Faire plier le premier constructeur de voitures de l’époque, aller contre les préjugés de toute la société, se mettre à dos jusqu’aux syndicats eux-mêmes qui, eux aussi dirigés par des hommes, ont sous-estimé la détermination des femmes… On trouve des échos des autres luttes, y compris celle que mènent les motards pour obtenir leur « respect equality » sur la route. Nous sommes aussi une minorité un peu méprisée, regardée comme frivole par les bien-pensants habituels, etc. Bien entendu, je ne compare pas ici l’importance du combat lui-même, mais il est intéressant de voir que ce qui a fait la différence dans cette histoire vraie, c’est la solidarité et la persévérance des protagonistes. Certes ce n’est pas facile tous les jours de s’engager pour des idées, de tenir tête à tous y compris à ses proches, de faire parfois des sacrifices financiers ou sociaux… mais c’est le prix de la victoire.
Cela dit, si on regarde leur cas avec un peu de recul, 40 ans plus tard les salaires des femmes ne sont toujours pas égaux à ceux des hommes, les constructeurs ont délocalisé dans les pays à bas coûts (et où les femmes sont encore moins payées que les hommes dont le salaire n’est déjà pas brillant), et on pourrait se dire que tout a été vain ou est à refaire. Sauf que les ouvrières d’alors ont défendu ce qui est le plus cher : leur respect. Même si au final la victoire est en demi-teinte, leur lutte n’a absolument pas été vaine. Il en va de même pour tous les engagements militants, ce n’est pas tant le but final qui compte, mais le fait de s’unir, de s’affirmer, de résister.
C’est en ce sens que je prescris ce film aux militants de toutes les associations et syndicats, comme un petit coup de boost au moral.
vendredi 11 mars 2011
Economies de bouts de bougies
Par Frédéric le vendredi 11 mars 2011, 09:13
A l’heure où l’on parle beaucoup d’économies d’énergie, de pollution, de bilan carbone, où le prix du carburant crève le plafond (alors que le prix du baril brut a déjà été plus haut, merci les taxes françaises…) et où la consommation des motos est examinée de plus près, je me pose diverses questions.
- On a échappé de justesse et grâce aux multiples actions des Motards en Colère à l’allumage systématique des feux de jour pour tous les véhicules. Sachant que cela aurait entraîné environ 1% de consommation supplémentaire pour alimenter l’alternateur, ce qui, multiplié par le nombre de voitures concernées, aurait représenté des centaines de milliers de litres par an. Aujourd’hui, les nouveaux véhicules comportent des feux dédiés. Souvent à diodes, uniquement à l’avant et de faible intensité, ils limitent les dégâts. Cependant, le problème de sécurité qu’ils posent reste comparable, et cela fait tout de même un peu d’énergie gaspillée. N’est-on pas censé faire des économies à tous les niveaux ?

- On présente souvent la limitation de la vitesse comme réduisant la consommation. L’impact est réel, je ne le nie pas, mais la différence est-elle sensible au point de justifier, comme c’est parfois le cas, de faire tourner des heures un hélicoptère pour surveiller que de vilains contrevenants ne dépassent pas la limite de quelques pourcents ? Et que dire du bridage à l’arrache des grosses cylindrées modifiées pour rester sous les 100 chevaux, et qui consomment jusqu’à un litre de plus que les versions d’origine ?
- A Montréal, il y a quelques années, il était question d’appliquer la pratique de certaines provinces (comme de certains états US) permettant de tourner à droite au feu rouge, en cédant la priorité, plutôt que marquer inutilement l’arrêt. Des estimations disaient alors que ce simple détail économiserait des milliers de litres d’essence à l’échelle de la ville.

- On veut nous forcer à passer aux agrocarburants, avec en France l’E10 pour ne pas le citer. Or en plus d’entraîner une surconsommation qui compense sa teneur en alcool, annulant tout avantage de ce côté-là, il consomme aussi beaucoup de pétrole pour sa production : récolte, transport, etc. Sans compter l’impact des engrais, les ravages de l’agriculture intensive et la concurrence avec les terres arables pour la production alimentaire. Les agrocarburants ont un avenir, mais ce n’est pas dans la génération actuelle. En attendant l’exploitation plus complète des déchets agricoles ou des algues, on ferait des économies d’essence en arrêtant cette absurdité aussi nocive pour les moteurs que pour l’environnement.
- Réparer les points de gonflage dans les stations services, souvent à l’abandon ou dépourvus de tuyaux, aiderait à maintenir une bonne pression des pneus pour réduire la conso et augmenter la sécurité.
- Et puisque les ralentissements et réaccélérations sont ce qui consomment le plus, bien plus que conserver une vitesse stabilisée (même plus élevée que la limitation stricte), qui saurait calculer l’économie énorme que la France réaliserait, sur une année :
- en utilisant plus judicieusement les dos d’ânes, au lieu de les disperser à tous va et hors normes, imposant parfois un quasi-arrêt et une réaccélération complète ;
- en renonçant aux radars automatiques dangereux qui provoquent des coups de freins injustifiés, empêchant notamment de prendre de l’élan pour limiter la consommation en côte ;
- en remplaçant nombre de feux rouges par des oranges clignotants ou des cédez-le-passage, en tous cas hors période de pointe ;
- en facilitant la circulation et le stationnement au lieu de les entraver volontairement, pour limiter le terrible gâchis de temps et de carburant des bouchons et des rotations à la recherche d’une place ;
- en laissant les deux-roues prendre la place qu’ils méritent dans l’optimisation des transports, notamment urbains.
Bien sûr, il y a l’éco-conduite, l’optimisation des transports, le bon réglage des véhicules, etc. Mais c’est un tout, c’est l’ensemble de toutes les petites économies d’énergie qui peuvent faire une différence bien plus importante que des grosses actions médiatiques ponctuelles.
En attendant, je vous abandonne quelques jours pour une petite balade en méditerranée (ouch le bilan carbone avec l’avion…). A bientôt !
mercredi 23 février 2011
Prix du train et prise d’angle
Par Frédéric le mercredi 23 février 2011, 21:51
Raté, je ne vais pas parler du prix du train de pneus qu’on bouffe en prenant trop d’angle, mais séparément de la SNCF et… vous verrez ensuite.
Avec les pressions sur l’environnement, la raréfaction du pétrole, la congestion du réseau routier, etc., on n’arrête pas de dire qu’il faut prendre le train plutôt que la route. Bon OK, très bien, après tout c’est vrai qu’on a un plutôt bon réseau et des TGV très confortables, et pour avoir essayé des tortillards vraiment très « roots » ailleurs (par exemple au sud de l’Inde), je peux vous dire qu’on n’a pas à s’en plaindre – du moins sur les grandes lignes. Cependant, là comme ailleurs, les tarifs deviennent délirants ! Même seul, on a vite fait de payer aussi cher qu’un trajet en véhicule individuel par l’autoroute. Dès qu’on est deux ou plus, il n’y a pas photo. Est-ce logique ? Une des façons de réduire l’accidentalité est de diminuer le nombre de gens sur les routes en leur faisant privilégier le train, et malgré le gain de temps et de confort, ça devient difficile…

Train au nord de l’Inde
Par exemple je pars le mois prochain pour une petite balade en Méditerranée, j’en reparlerai, et je trouve complètement délirant de payer aussi cher pour prendre le TER jusqu’à l’aéroport à 70 kilomètres de chez moi, que pour prendre l’avion et aller 1000 bornes plus loin. Ou encore de raquer pour un rendez-vous à Lyon au départ de Paris trois fois ce que coûterait l’A6… et cela alors que ce n’est même pas un billet dernière minute ou 1ere classe ni rien du tout de spécial.
On nous vante les miracles des futures voitures et motos électriques, et en attendant, les véhicules électriques les plus efficaces qu’on a aujourd’hui, capables d’emmener 545 personnes à l’autre bout de la France en moins de trois heures, deviennent carrément dissuasifs, c’est un comble. A eux de nous faire préférer le train ? Nous ne demandons pas mieux ! Mais y’a du boulot…
Dans un tout autre registre, cette conclusion de message s’adresse à tous ceux qui pensent prendre beaucoup d’angle. Vous posez le genou, le coude ? La belle affaire… y’en a, c’est la bécane qu’ils posent (quitte à se rouler dessus eux-mêmes d’ailleurs) :
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