Le Frédéblog

Motomag.com

Pratique et défense du deux-roues par un passionné, mais aussi balades et voyages, anecdotes insolites, quelques réflexions en vrac, bref, un blog motard !

Des poulets et des hommes

Annecdotes et rapports avec nos "chères" forces de l'"ordre"

Fil des billets - Fil des commentaires

lundi 2 juin 2014

Mise en garde islandaise

Au niveau de la sécurité routière, l'Islande n'est pas vraiment un pays à problèmes. Déjà, sur un pays grand comme un sixième de la France, il n'y a que la population d'une ville moyenne (300.000 habitants en tout, dont 60% dans la capitale et sa banlieue), et à part quelques grands axes entre Reykjavik et son aéroport, ce ne sont que des routes à 2x1 voie ou carrément des pistes. Pas de quoi faire de la conduite un enjeu remarquable, au point d'ailleurs que le pays est dans les premiers rangs au classement des morts sur la route, avec en moyenne 3,8 pour 100,000 habitants en 2008 (4,9 en France, 11,4 aux US - 48,4 en Erythrée, dernier de la liste).

Cela n'empêche pas pour autant qu'il arrive quelques drames, et les autorités ont des campagnes de prévention. L'une d'elle, au bord de la route descendant vers la côte sud-ouest, est assez graphique : ils ont conservé les voitures accidentées dans un crash qui a fait 3 morts.

is-warning1.jpg

is-warning2.jpg

Que pensez-vous de cette idée ? Moi elle me rappelle une méthode utilisée dans les campings au Nevada : pour insister sur l'importance de ne PAS laisser de nourriture dans les voitures, au risque d'attirer les ours, ils exposent les 4x4 complètement éventrés pour un vieux sac de McDo ou un tube de dentifrice. Le fait est qu'un véhicule en vrac est parlant, surtout pour qui n'a pas l'habitude de voir de la tôle ou du cadre froissé, et sans pour autant faire directement dans le gore.


Le risque en Islande vient plus directement des conditions de circulation, même sur les routes dites "normales". Sur pistes (routes F) on sait à quoi s'attendre, et les routes goudronnées sont impeccables. Mais les bas-côtés sont très mous (ils s'affaissent rien qu'en marchant dessus), certaines sont en gravier, et plus d'un touriste se fait prendre. Exemple ci-dessous, mais heureusement pour eux c'était sans gravité et près d'un village, quelqu'un était déjà là pour les aider. Pour notre part, notre petite citadine, une Chevrolet Spark, était adaptée à son marché : malgré son absence de moteur et son entrée de gamme, elle avait des feux de brouillard, des sièges chauffants, et surtout - heureusement - on pouvait désactiver l'ABS et l'ESP, histoire de pouvoir rouler un peu efficacement sur route de gravier. Quitte à griller alllègrement ceux qui avaient investi dans un coûteux 4x4 mais ne savaient pas s'en servir ;-) Un argument de plus que je dis souvent : on devrait TOUJOURS pouvoir désactiver les aides à la conduite, auto comme moto et quel que soit le type de véhicule, quitte à ne jamais le faire. Mais en cas de besoin, on n'est pas bloqué...

is-warning3.jpg

Ah, et des fois, le panneau "chutes de pierres" n'est pas à prendre... à la légère, et on est contents d'avoir un véhicule de petit gabarit. Il faut juste oser passer sans trop ralentir, pour que le bord fragile n'ai pas le temps de s'affaisser

is-warning4.jpg

mardi 8 octobre 2013

12, 11, 12, 11, 12, 11, 12, 11, 12, 11…

C’est le décompte des points de mon permis de conduire. Qui vient aujourd’hui même de retomber à 11. Bon, c’est pire pour d’autres qui sont condamnés à faire des stages de récupération de points, voire qui perdent leur permis. Mais ce qui m’agace au plus haut point (de permis), ce sont les conditions dans lesquelles se passent systématiquement ces verbalisations depuis que je conduis.

En l’occurrence j’étais convaincu que la vitesse était limitée à 90. C’était logique vu la route (ça ou 110, mais bon, dans le doute autant prendre le choix inférieur), c’est aussi ce que mon GPS indiquait, et si un panneau disait autre chose, il m’a échappé. Je roulais tranquillement et suis donc passé sereinement devant le radar, qui m’a contrôlé à 88 km/h. C’est ma boîte aux lettres qui m’apprend ce matin que ce tronçon de route a en fait été rétrogradé à 70 km/h (ne me demandez pas pourquoi) et que je suis donc sanctionné une nouvelle fois. Belle efficacité pédagogique, bel intérêt pour la sécurité routière. Allez hop, 45€ de plus dans la poche de l’Etat, en plus des impôts et tout ce qui tombe en ce moment, autant que je ne dépenserai pas pour réduire les dettes ou simplement consommer et faire marcher l’économie. Contester ? Le système est trop bien conçu… pour éviter de reperdre un point dont je n’ai que faire, il me faudrait payer bien plus. Et aller jusque devant un juge, rien que le temps passé et la consignation sont dissuasifs, outre que je n’ai aucune chance d’avoir gain de cause. Sur le principe il faudrait oui, sinon on laisse gagner ce système totalement inique. En pratique, franchement pas le temps et les ressources pour ça. Je lutte et lutterai différemment.

Le pire, c’est que c’est le plus grand différentiel de vitesse pour lequel je suis sanctionné, d’habitude je perds mes points pour 1 km/h retenu d’écart. La sanction est la même d’ailleurs, c’est bien la peine. Et quand on pense qu’ils veulent encore plus abaisser la limitation, alors qu’il est démontré de toutes les façons que la vitesse en soit n’est qu’un facteur secondaire. L’alcool est de loin la première cause, tous véhicules confondus. Or faites le test autour de vous : combien de fois dans votre vie avez-vous été contrôlé ? En moyenne, on constate un seul et unique contrôle, même pour des gens qui sont sur la route depuis des décennies. Combien de fois par heure de conduite sommes-nous contrôlés pour la vitesse, de façon absurdement mécanique, avec une objectivité qui n’a pas sa place dans ce contexte ? Dites, sérieusement, c’est quand le changement ?

vendredi 26 juillet 2013

Lettre au président d'une automobiliste excédée

Le texte qui suit n'est pas de moi, mais d'une proche qui n'en peut plus et souhaite partager sa colère. La portée sera peut-être symbolique, mais elle est exprimée et s'ajoute au flot montant de ceux qui n'en peuvent plus de l'absurdité totale du monde qui se dessine.



A M. François HOLLANDE
Président de la République
55 rue du Faubourg Saint-Honoré
75000 PARIS

Le 26 juillet 2013


Monsieur le Président,

Je fais partie des millions de Français qui ont espéré une modification profonde concernant la société telle qu’elle devenait sous l’égide de votre prédécesseur (honni). Mais rien ne change. Nous, citoyens ordinaires, honnêtes, anonymes, continuons d’être infantilisés, méprisés, exploités, volés, accusés à tout propos sans aucun moyen de se justifier, sans plus jamais avoir affaire à des humains, mais uniquement à des machines, des robots, des répondeurs automatiques, des systèmes informatiques, sans plus aucune chance de nous faire entendre, d’obtenir justice.
(Ne serait-il pas beaucoup plus logique, et finalement bien plus rentable, d’employer de nouveau des êtres humains à la place de machines ?)
Nous payons nos impôts, nos taxes, nos charges, nos contributions, nous supportons les augmentations continuelles du « coût de la vie » ; beaucoup de ceux de ma génération, les baby-boomers si décriés, s’occupent à la fois de leurs parents âgés, de leurs enfants plus ou moins au chômage, de leurs petits-enfants – et il en faut, des petits-enfants, n’est-ce pas ? Nous faisons des économies sur tout, l’électricité, l’eau, le gaz, l’essence, les loisirs, la nourriture. Nous essayons de ne rien gâcher. Et nous ne nous plaignons pas. Nous nous disons toujours qu’il y a des gens en situation bien pire que la nôtre ; nous avons un toit, une retraite, aussi modeste soit-elle. Nous avons une famille.
Mais parmi les systèmes répressifs qui deviennent de plus en plus insupportables : les radars automatiques.
Trouvez-vous NORMAL (vous qui êtes un Président « normal ») que sous des prétextes de sécurité plus fallacieux les uns que les autres, nous nous retrouvions otages impuissants d’un système devenu fou dès que nous sommes obligés de prendre notre voiture ?
Le 19 juillet à 6.25 heures du matin, je rentrais de Cagnes sur Mer, où j’étais allée la veille voir ma mère âgée de 85 ans qui sortait de l’hôpital. Je m’étais levée à 3 heures, pour être chez moi, à Avignon, à 7 heures afin de garder trois de mes petits-enfants pendant que leurs parents occupaient leur poste en CDD pour l’été.

Trouvez-vous NORMAL, logique, sensé, dans une République démocratique telle que la nôtre, pour un individu ordinaire tel que moi, qui ai bien veillé à ne pas dépasser les 130 km/h sur l’autoroute et à rouler à droite (chose qui se fait de moins en moins), que je sois CONDAMNEE à payer de 45 à 180 euros d’amende pour avoir roulé à 72 km/h retenus au lieu de 70 ? Je n’ai aucun moyen de vérifier ces données extérieures ; je ne conduis pas le nez sur mon compteur de vitesses, je suis plutôt attentive à ce qui m’entoure, je ne bois pas d'alcool, je ne téléphone PAS au volant. On aurait tout aussi bien pu m’accuser de rouler à 100 km/h, 150 pourquoi pas ? Quelle justification pourrais-je apporter ? A qui m’adresser pour me faire entendre ? Personne. Il n’y a plus personne. Que des automates.
C’est cela, votre conception du progrès socialiste ?
Non, ce n’est PAS normal. C’est inique, odieux, stupide, contre-productif, et tellement arbitraire. Or mon histoire est parfaitement anodine, je vous l’accorde. Ce n’est qu’une goutte d’eau - du genre de celles qui font déborder les vases de la patience - dans un océan d’injustices, d’abus, d’inégalités qui ne fait qu’enfler, au lieu de se résorber comme nous l’avions, nous qui avons voté pour vous, tant espéré.
Bien sûr, Monsieur le Président de la République, vous ne lirez pas cette lettre. Sans doute même, personne ne la lira. C’est dommage. J’aurais bien aimé, une fois dans ma vie, obtenir une petite lueur de compréhension, je rentrais d’un aller-retour chez ma mère malade, Monsieur le Président, il était 6 heures du matin, désolée d’avoir dépassé de cinq kilomètres/heure la vitesse autorisée sur une route à quatre voies déserte, pourrais-je obtenir une remise de peine ?
45 euros si je paie dans les quinze jours. C’est si peu dans votre monde, Monsieur le Président. Mais beaucoup dans le monde réel.
Avec mes salutations citoyennes,
Liliane G.


C/C autant que je le pourrai

Update : la revue de presse ! Relayé par la FFMC, ce billet a pas mal circulé sur les forums, réseaux sociaux, et même repris par certains titres de presse, notamment l'Est Républicain, La Provence, ou encore Moto Magazine. Amusant (et parfois affligeant) de voir les différences de ton des commentaires selon les médias.

jeudi 16 mai 2013

Vitesse cohérente

Au moment où nos gouvernants obsédés de contrôle et restriction de la vitesse ressortent les plans pour toujours plus la réduire (120 sur autoroute, 30 en ville...), sans se soucier le moins du monde des réelles causes d'accidents (notamment sur les voies rapides, justement), prenons un petit moment pour regarder ce qui se fait ailleurs. L'Allemagne est bien connue pour sa vitesse libre sur une bonne partie des autoroutes, mais de nombreux autres cas existent dans d'autres pays. Limite à 140 ou 150 km/h sur autoroute, vitesse calée sur le reste du trafic (si tout le monde roule à la même vitesse, même plus élevée que la limitation, c'est toléré), ou encore limite unique quelle que soit la route. Ce dernier cas est certes un peu étrange, mais au moins, il fait appel à la responsabilité individuelle... Intéressant de regarder l'accidentalité de ces pays que les apôtres de la basse vitesse peuvent considérer comme laxistes. Leurs résultats sont meilleurs, ou moins bons, que les nôtres. Mais il y a tellement de conditions et de causes menant à l'accident que, justement, la vitesse n'est pas un indicateur suffisant. Une nette variable d'ajustement, oui. Le facteur unique sur lequel agir pour résoudre tous les problèmes ? Certainement pas.

A titre d'exemple, je vous laisse savourer ces panneaux sur des pistes de Nouvelle-Zélande. Pour ne serait-ce qu'atteindre la limite, sans même parler de la dépasser, il faut déjà bien savoir ce qu'on fait avec un guidon ou un volant (surtout en camping-car) !

Parc national d'Urewera, centre de l'Ile du Nord. A 20 km/h près, c'est ce qu'on voudrait nous imposer sur une 2x3 fois parfaitement rectiligne et goudronnée... cherchez l'erreur.

Northland, péninsule au nord de l'île du nord (oui oui, c'est bien pas plus de 100 km/h sur la plage)

mercredi 17 octobre 2012

5,88 litres

Un peu moins de 6 litres, 5,88 pour être précis. Non ce n’est pas un nouveau record de faible conso aux 100 km de mon gros cube. C’est le plein que je viens de faire avec ma 125, craignant d’être en réserve à force, mais non, le robinet était à la bonne place. Il faut dire, la dernière fois que j’ai remis de l’essence remonte à fin juillet ! Alors évidemment, je ne la sors pas tous les jours, uniquement pour des petits trajets en solo (quoique, un chauffage en dépannage, ça compte comme un passager ?), et tant qu’à faire d’avoir un véhicule poussif à l’extrême, j’en profite pour éco-conduire au maximum. Mais elle sort quand même plusieurs fois par semaine… Entre sa conso et son encombrement réduit au maximum, je pense qu’on peut dire que c’est un véhicule idéal pour la ville et la proche banlieue, une vraie solution de mobilité.

Sanschevaux.jpg

Alors pourquoi me chercher des poux comme ça ? Anecdote urbaine : en avril, à l’occasion d’un aller-retour en train dans la journée, j’ai dû me garer Gare du Nord. Après avoir tourné un moment, au point de craindre de rater mon train, j’ai renoncé à trouver un « vrai » emplacement de deux-roues et me suis posé le long d’un parc saturé, dans la continuité. Si proche et parallèle des véhicules qui l’occupaient que nos repose-pied se frôlaient, la 125 était inscrite dans la largeur de la bordure du trottoir délimitant l’emplacement, c’est dire si elle gênait ! Et pourtant, en revenant le soir, elle était à la fourrière. Je passe sur mon énervement, le bordel pour aller la chercher, les frais, l’autocollant « enlèvement demandé » indécollable sans abîmer la bulle…

Or là que reçois-je, six mois plus tard pour cette même infraction ? Un avis de contravention majoré ! Sans avis initial ni rien. Pour se plaindre, une seule solution me dit-on : aller en personne au tribunal de police, porte de la Villette. Faire tout annuler serait le plus cohérent, mais pour rester réaliste, au moins demander à ne payer que le forfait minoré, déjà bien cher pour une non-infraction et ayant déjà raqué à la fourrière. Tiens, pendant que j’y suis, sur la route pour aller au tribunal en revenant d’un rendez-vous (avec la 1000), détour exprès, convaincu que la route est limitée à 110 km/h… **flash**, alors que je suis bien en dessous au compteur. Ah bah non, c’était 90 à cet endroit. Pourquoi ? Mystère. 110 avant, 110 après, pas de changement dans la route, juste pour piéger le monde. C’est donc de très bonne humeur que je me pointe au tribunal. « Ah bah non monsieur, pour les réclamations, c’est que le matin… on vous a pas dit ? » Bah non, connard, si on m’avait dit, je n’aurais pas perdu 2 heures (et peut-être 1 point et un nouveau PV) pour venir maintenant !

Stupide, mesquin, absurde… je vous laisse imaginer ma rage devant tant de bêtise. A toute petite échelle, ajouté à toutes les petites frustrations nationales ou européennes, c’est un peu la proverbiale goutte d’eau. On se demande bien quel est l’objectif de ce système décadent, qui semble s’acharner à faire de citoyens respectueux et a priori euro-enthousiastes des gens hargneux, ayant perdu toute confiance dans les institutions censées les protéger, eurosceptiques et révoltés.

gangsta-pinkscoot.jpg

C’est tellement contre-productif… Pouvoir d’achat, productivité, croissance, les politiques n’ont que ça à la bouche. Alors pourquoi peser à tout bout de champ sur les citoyens de la route en les rackettant, en leur faisant perdre du temps, et en les démotivant, surtout pour une connerie comme un stationnement absolument pas gênant !

Dites, le changement c’est quand, siouplait ?



Edit : Retourné ce matin au tribunal, et après plusieurs heures d'attente réussi à négocier de payer l'amende sans majoration. C'est le mieux que je puisse espérer, mais quand même très agaçant, cette perte de temps de sous... pour rien !

vendredi 10 août 2012

700.000.000 de PV... et moi et moi et moi

L’info vient de tomber et n’est pas une surprise, la France va à nouveau dépasser son record de PV (près de 700 millions d'Euros cette année rien que pour les radars). Certains attribuent cela à un relâchement des conducteurs, une augmentation de la vitesse. Moui, suis pas convaincu. Mais c’est sûr que la suppression des panneaux, la multiplication des pièges et l’augmentation continue du nombre de radars et des contrôles n’a pas dû aider. Comme toujours, plus on cherche quelque chose, plus on le trouve. Si d’un coup demain on cessait tout contrôle de la vitesse pour se concentrer spécifiquement sur, par exemple, l’alcool et le téléphone au volant, il est évident qu’on constaterait une chute brutale des verbalisations pour excès de vitesse, et une inquiétante augmentation des constatations de conduite sous l’emprise de l’alcool ou du téléphone…

SpeedLimit.jpg

J’ai participé, comme beaucoup d’autres, à cette recette exceptionnelle. 51 km/h retenus pour 50, en pleine décélération à la sortie du périph à Paris, en approche d’un feu rouge de toute façon… pour une fois que je roulais avec la grosse bécane en ville ! J’étais donc bien à 56 km/h sur la 4-voies, en train de freiner, quel danger, quelle inconscience en effet, heureusement que le bras vertueux de la loi était là pour punir de 90 € et un point le dangereux délinquant que je suis ! En plus, je n’ai pas de brassard (les fines bandes réfléchissantes de mon vieux blouson fétiche sont plus petites que la nouvelle norme) et certainement pas d’éthylotest (faut dire, suis un mauvais Français, je ne bois pas…), mon cas est donc désespéré. Mais c’était un bandit automatique, seule la vitesse absolue l’intéresse. La sécurité routière ? Rien à voir ma bonne dame.

SpeedFlash.jpg

Combien de temps encore subirons-nous ces petits rackets, combien d’argent devrons-nous encore verser au trésor public, cette dîme sur la circulation venant à la rescousse d’un état chroniquement déficitaire ? Remarquez, l’avantage, c’est que les sous qu’on dépense ainsi restent bien franco-français : on ne va pas les utiliser pour consommer des trucs importés, ou pire, pour voyager en faisant sortir des devises ! On ne va pas non plus s’en servir pour faire fonctionner l’économie de façon saine : payer son loyer à l’heure, mieux manger, offrir des cadeaux, se divertir, vous savez, toutes les petites choses qui créent de l’emploi, de l’activité et contribuent à une forme de bonheur personnel.

Certains PV sont justifiés, les infractions réelles. Mais pour tous les autres, les radars automatiques sont en concurrence frontale avec la vie quotidienne, et franchement, c’est pas malin comme calcul.

lundi 5 décembre 2011

Panique sur le périph

Que les représentants de l’Etat aient besoin de se déplacer, c’est une évidence. Que ce soit parfois prioritaire, on peut le comprendre. Que ça coûte plus cher que pour le pékin moyen, difficilement évitable. Mais il y a des limites. Déjà dans les dépenses : Sarkozy passe toutes les bornes en la matière, prenant l’avion pour aller inaugurer une gare TGV à une heure de Paris, mobilisant un arsenal de sécurité délirant, etc. Une étude précise d’ailleurs que ses déplacements pourraient coûter en moyenne 70.000 Euros, au lieu des 320.000 qu’il fait dépenser. Sachant qu’il bouge 12 fois plus que Chirac, ça commencerait à se sentir…

Les membres de son cabinet ne montrent pas franchement l’exemple non plus, et cela se retrouve jusqu’en bas de la hiérarchie des pouvoirs publics, avec une utilisation vraiment pas assez rare des voitures de fonction et du gyrophare pour des déplacements privés sans urgence avérée. Hier soir en quittant le salon de moto, j’ai assisté à une scène dépassant tout ce que j’avais vu en la matière : un car en interfiles ! Oui oui, un gros car de tourisme civil, sans marquage spécifique, escorté en tout par deux motards de police, forçant le passage à travers la circulation dense du périphérique.

Qui était-ce ? Ou allait-il, dans quel contexte ? Je ne sais pas et je m’en fiche. Aucun véhicule civil dans ces conditions ne pouvait justifier le comportement qu’ils avaient, une telle urgence, d’autant qu’il semblait bien que c’était des enfants ou des jeunes à bord. Ils ont semé la terreur sur plusieurs portes, faisant pousser les voitures, déviant les deux-roues…

Faut dire, comme souvent dans ces cas-là quand un 4-roues remonte entre les files embouteillées (même avec une raison légitime comme une ambulance en intervention), il y a toujours des motards ou des scootéristes inconscients pour s’impatienter et tenter de remonter entre les files de droite… juste quand la file du milieu se resserre sur eux pour laisser passer l’ambulance. Là, même topo mais avec un gros car, d’autant plus dangereux que rien ne le signalait comme un véhicule prioritaire, à part les deux fous furieux sur leurs moto blanches qui lui ouvraient la route.

Restant derrière car ne risquant pas un dépassement hasardeux, j’ai eu le loisir de l’observer un moment, avec une colère se muant en rage devant le comportement de ce cortège incongru. Le pire a été quand il a enfin quitté le périph (il me semble pour aller vers Orly. Un avion à prendre ?) : à la faveur d’une voie momentanément vide à droite, le flot des deux-roues (moi compris) s’engouffre pour dépasser le mastodonte, puisqu’il est enfin possible de le faire en sécurité. Sauf que le car tournait, sans même clignoter ! Il a coupé le périph de la file de gauche à la sortie, les deux policiers hystériques sur leurs motos faisant des manœuvres super risquées pour disperser les deux-roues surpris se retrouvant dans cette trajectoire inattendue. Notamment vu un gars sur une vieille BM rouge qui semblait paniquer et ne s’est pas dégagé assez rapidement au goût d’une des escortes qui lui a foncé dessus et l’a poussé physiquement ! On a vu le motard déstabilisé manquer de perdre le contrôle. Quel exemple ! Quelle sécurité ! Aucune urgence même légitime n’aurait cautionné de tels agissements. Alors pour un véhicule civil avec des gosses de VIP à bord ? Dire que ça vient nous faire la morale et nous imposer des mesures à la con… Il est très rare que je m’énerve au guidon, mais là les flics en ont pris pour leur grade. Pas pu relever leurs plaques dans le chaos qu’ils généraient, mais si quelqu’un d’autre les a vu, témoignez ici, j’essaierai de faire suivre aux autorités. D’accord, ils avaient des ordres, et je ne les envie pas de devoir guider un car civil en interfiles à 20H à deux seulement, mais ça n’excuse pas.

En manif, il y en a qui ont essayé de nous faire le coup… arracher la main d’une copine de son guidon en roulant, essayer de me filer des coups de valise pour me dévier… Ils ont du bol qu’on a un minimum de maîtrise de nos machines (merci les stages AFDM !), et nous aussi car en cas de problème, ce ne sera jamais eux qui seront inquiétés.

vendredi 18 novembre 2011

Planquez-vous, Sarko est en ville !

Pour une fois que je passe quelques jours à Avignon, j’y suis rejoint par un sinistre personnage, se nourrissant de médias et travaillant avec une systématicité dont on ne peut nier la constance au démantèlement de la société française. Ce monsieur, donc, président pendant son temps libre, est ici pour la culture. Ah, la culture… vous savez, ce truc tellement important qu’on va jusqu’à nommer un présentateur de télé comme ministre, c’est dire. Remarquez, c’est bien qu’on en parle, de la pauvre culture, qui a tant de soucis à ce faire, sacrifiée comme elle est sur le dos de la crise et du commerce. C’est d’ailleurs le souci des débats d’aujourd’hui, sous l’égide de la très sarkophile maire d’Avignon : comment concilier culture et industrie ? La question est d’importance. Mais là où je me gausse, c’est de voir qui en parle. Oh il y a bien quelques artistes, mais aussi honorable que puisse être cette initiative, elle perd toute crédibilité en servant de caution à un président en campagne ré-electorale sur les fonds publics, et quand on voit ce que ledit président et la pantomime qui lui sert de gouvernement ont fait et font pour la culture.

Quant à la maire Mme Roig, on peut sincèrement la croire intéressée par la Culture avec un grand C, sa ville étant tout de même assez emblématique. Mais comment la croire politiquement sincère quand, sur un sujet comme l’Hadopi, par exemple, elle m’a dit en personne peu avant le vote de la loi : « Je sais que c’est inapplicable, je sais que c’est inutile, mais M. Sarkozy a dit qu’on la votait, donc on la vote. » ? Quelle belle démocratie… Cela me fait penser aux Verts qui s’étonnent qu’Areva s’invite dans le débat politique sur le nucléaire, mais à l’inverse : que vient faire le gouvernement à s’immiscer dans un débat qui concerne les artistes, les distributeurs et le public ? Est-ce que légiférer à tout va sur un sujet déjà obsolète va inciter les majors à proposer enfin des services plus complets et attractifs que l’offre gratuite ? Je commence à me lasser d’acheter pour le principe des DVD que je ne sors même pas de l’emballage, car leur contenu est plus pratique et plus riche en version dématérialisée. En attendant, en ces temps de crise, le budget annuel de l’Hadopi est déjà supérieur à celui de la CNIL, pourtant de 30 ans son aînée, nécessitant bien plus de personnel et autrement plus utile. Mais il faut dire, quand on dépense plusieurs millions d’Euros rien qu’en propagande, ça chiffre vite.

Pour en revenir à Avignon, la visite monarchique nécessitait bien entendu de balayer devant l’empereur. Miraculeusement, nettoyages et chantiers ont progressé, les forces de l’ordre ont évacué manu-militari les SDF et autres « inactifs » de la rue de la République (mais surtout sans toucher aux visiteurs de la fête du vin, qui en sont à leur trentième petit verre en plein après-midi), et depuis quelques jours les patrouilles de police… patrouillent, tels des cowboys du bitume. Sur leurs FJR rutilantes, ils déboulent à fond de train dans les petites rues, klaxonnant les petites dames qui osent traverser à ce moment, et se montrent instantanément hargneux et agressifs quand un citoyen lambda (moi en l’occurrence) fait remarquer que c’est elle qui a priorité, surtout qu’ils ne sont pas en intervention, ou alors ils actionnent leur gyrophare et sirène. Il s’en faut de tellement, tellement moins pour que nous, simples civils, soyons sanctionnés et verbalisés ! (Je viens de perdre un point, moi le dangereux criminel de la route, ayant été flashé à 131 km/h pour 130, au bas d’une descente sur une autoroute déserte, droite et sèche…)

Quelle image déplorable de la République, de la police… Ont-ils entendu parler de la notion d’exemplarité, qu’ils sont censés défendre ? Ils justifient par exemple les coupes toujours plus importantes dans le personnel de l’Education Nationale, déjà en cruel manque, pendant que le petit Nicolas se paie une chambre à 37.000 Euros la nuit pour le sommet à Cannes, qu’il se déplace en avion privé sur des trajets où le TGV serait encore plus rapide et incomparablement moins cher (quitte à réquisitionner tout un wagon, ou tout le train !), et que la simple baisse marginale des salaires des plus hauts fonctionnaires et élus suffirait à combler une bonne partie du trou du budget… Quant aux retraites, renseignez-vous sur le régime en vigueur pour les élus et fonctionnaires européens.

Voilà, un petit coup de gueule fourre-tout qui n’apporte pas grand-chose, certes, mais ça défoule. A très bientôt pour des posts plus drôles ou constructifs !

mardi 19 avril 2011

Relais Calmos pervertis : l’écœurement d’un néophyte.

En ce week-end de Bol d’Or, j’ai pour la première fois eu l’occasion de m’arrêter sur des Relais Calmos. Difficile de dire que j’ai été déçu, la FFMC ayant clairement communiqué pour dénoncer la situation, mais tout de même. Le travail que fait la Fédé depuis 1991, le mal que se donnent les militants pour faire de la prévention et accueillir de façon conviviale les motards et passer de vrais messages de prévention, le partenariat jusqu’ici plutôt correct avec les services de l’état (DSCR)… tout cela est sapé par les actions contreproductives des forces de l’ordre.

Relais-Calmos-petit.jpg


Certes, il y a des endroits où cela se passe bien, les relations avec la préfecture locale sont bonnes, la collaboration se passe bien pour fournir un véritable service, et ceux-là pourront perdurer. Mais ce ne sont pas ceux que j’ai vus. Dans le premier, la présence de la FFMC se résume à un petit logo au ras du sol, caché par une moto garée. Quelques vieux Motomag traînent sur une table. Pas un militant, pas une mention de la Fédé, pas une info, les mêmes messages éculés de diabolisation de la vitesse… alors certes, du café et des biscuits offerts, un service de nettoyage de casque… mais ce n’est pas l’esprit des Calmos ! Il y a un historique à respecter, des valeurs à transmettre, un minimum de reconnaissance à avoir.


Passe la route, j’approche d’un second relais. Avec la fatigue d’un week-end éprouvant et l’abrutissement partagé avec les autres motards de la route, à force de rouler le nez sur le compteur à une vitesse certes légale mais favorisant dangereusement l’hypovigilance, j’avais hâte de l’atteindre. Je prends la sortie d’autoroute y menant en compagnie de quelques autres motards. Mais arrivé au rond-point qui y mène, l’unique route pour descendre au relais était barrée par plusieurs voitures de police, avec des dizaines de motos arrêtées. Quel qu’eût été l’objet de ces contrôles, et bien qu’étant a priori parfaitement en règle – mais on ne peut jamais être sûr, avec tous les exemples de ces derniers temps où les policiers zélés trouvent toujours quelque chose à verbaliser, même chez le plus consciencieux des conducteurs – j’ai fait comme tous ceux qui me suivaient : le tour complet du rond-point pour retourner aussitôt sur l’autoroute. Tant pis pour la pause, tant pis pour la sécurité : je n’allais pas passer 20 minutes à me faire traiter comme un délinquant pour quelques minutes de pause et un café.

Encore plus loin, au péage de St Arnoult, j’emprunte la file des motos, gratuite en ces week-ends de Grands Evénements Motards (avec une pensée reconnaissante pour la FFMC qui a initié ces démarches avec les sociétés d’autoroutes), pour inciter les motards à emprunter ces grands axes moins accidentogènes que le réseau secondaire. Sauf qu’en l’occurrence, au lieu de rejoindre la quatre-voies, le parcours de cônes guide droit vers l’aire post-péage où j’arrive au milieu d’une véritable petite armée de forces de l’ordre. Au grand minimum une centaine de deux-roues sont arrêtés, entre ceux en train d’être contrôlés et ceux déjà passés qui attendent leurs copains. Par miracle, et sans doute parce que malgré leur nombre impressionnant les pandores avaient déjà tous une proie, je suis passé au ralenti jusqu’à la sortie, où j’ai mis un grand coup de gaz rageur, ulcéré. Car pendant que les motards, et uniquement eux, sont contrôlés, les automobilistes continuent de rouler scotchés sur la file du milieu, à 15km/h sous la limite, le téléphone greffé à l’oreille, à deux mètres les uns des autres, n’ayant jamais entendu parler de clignotants, de courtoisie, ni même du simple code de la route – autre que le sacro-saint respect de la limitation de vitesse. Apparemment, rouler à l’allure autorisée donne tous les droits par ailleurs, y compris mettre régulièrement en danger ces fous furieux qui osent rouler sur seulement deux roues en commettant le crime horrible d’être vulnérables.

Certains contrôles de police sont justifiés, évidemment. On voit des comportements inacceptables pour lesquels les lois et la répression éventuelle sont prévues. Par exemple, je ne proteste absolument pas contre les contrôles d’alcoolémie le soir à la sortie du circuit. Ils sont courtois et loin d’inutiles quand on voit l’état de certains gars qui sont bien fichus de remonter sur leur bécane (avec toutefois un regret qu’on n’ai vu nulle part sur les stands ou aux sorties d’alcootests à disposition, toujours cette marotte de la prévention, désolé). Mais à quoi riment les vérifications de plaques et de papiers quand elles sont discriminantes envers une seule catégorie d’usagers, et surtout se font par leur présence dissuasive au détriment d’autres opérations de sécurité routière, autrement plus concrètes et utiles ?

alcool-au-volant.jpg

Messieurs les policiers ou gendarmes, commissaires, préfets ou je ne sais qui, réfléchissez un minimum à vos actions, à la portée de vos actes, et à l’image que vous donnez ! Quand après 280 kilomètres effectués sans une goutte d’alcool, pile à la vitesse limite, attentif à esquiver les conneries des autres conducteurs, sur une machine 100% en règle, un motard a dû présenter ses papiers deux fois, souffler dans trois ballons, et renoncer à ses pauses et son café pour ne pas perdre encore plus de temps, il ne faut pas s’étonner s’il s’énerve et met du gaz en prenant des risques. Non seulement vous réduisez nos efforts à néant, mais les vôtres aussi !

police-controle-autoroute.jpg

Ce qu’il faut espérer maintenant, c’est que ces mêmes motards harcelés et dénigrés se prennent en main et s’unissent. La FFMC est là pour ça et, elle l’a prouvé en dénonçant la charte des Relais Calmos, ne laissera pas ses opérations de sécurité routière détournées pour la répression. Il est d’autant plus important de la soutenir (l’adhésion étant un bon début pour ça), car sa totale indépendance des financements publics est l’une des ses grandes forces, en lui donnant la liberté de parole et d’action pour ce genre de coups d’éclat.


Enfin, pour finir sur une note plus positive, j’adresse un grand salut à tous ces gens, villageois des alentours, de ceux marchant à peine à ceux ne marchant plus très bien, entre potes ou en famille, installés sur les ponts et les collines le long de l’autoroute du retour pour faire signe à tous les motards. Leurs vivas et encouragements, leurs V amicaux et coucous enthousiastes, sont un réel baume au cœur. Malgré la propagande d’état, eux au moins continuent de voir la moto comme un objet de passion et de liberté, un moyen de transport à part mais respectable et enthousiasmant, et non comme un problème à éradiquer. Ces quelques signes de la main, échangés le temps d’une anonyme seconde sur un trajet autrement monotone et sous haute surveillance, comptent encore plus que vous n’imaginez. Merci !

samedi 22 janvier 2011

LOPPSI 2 ou l'irrésistible ascension de l'Etat surveillant

La LOPPSI 2, vous en avez entendu parler, vous ? Nous ça fait un moment qu'on la guette du coin de l'oeil cette loi, qu'on la dénonce, qu'on l'annonce... Mais je suis régulièrement surpris d'à quel point une immense majorité des gens n'en ont absolument pas conscience, même ceux qui se sentent plutôt concernés par la dérive de notre société. Je ne suis pas les médias classiques, mais apparemment aucun ne s'en fait l'écho, on n'en parle évidemment pas à la télé, rien, et ce n'est pas une surprise. Ah si, pardon : elle est mentionnée pour dire que grâce à elle, on récupèrera un peu plus vite certains points de permis. Ah bah vu comme ça, elle est super cette loi, quelle idée de râler !

Le texte qui suit et qui l'explique un peu n'est pas de moi, je relaie simplement un mail du Rezo Citoyen :

loppsi2.jpg

La LOPPSI 2 (Loi d’Orientation et de Programmation pour la Performance de la Sécurité Intérieure) vient d’occuper les débats à l’Assemblée Nationale. Ce projet de loi définissant les objectifs prioritaires du gouvernement de 2009 à 2013 en matière de lutte contre « l’insécurité », arrive au terme de son parcours législatif, et il laisse augurer de sombres heures pour les libertés publiques. Après avoir été examiné en deuxième lecture par les députés, du 14 au 21 décembre 2010, le texte repassera devant les sénateurs à partir du 18 janvier 2011. Les députés l’avaient déjà adopté en première lecture. Quant aux sénateurs, ils l’ont de prime abord rejeté en raison de certains amendements procédant, selon une majorité d’entre eux, d’une « surenchère sécuritaire », avant de l’adopter finalement en septembre 2010.

Le triptyque fichage / surveillance / enfermement

Sorte de fourre-tout législatif cumulant des mesures pour beaucoup d’entre elles annoncées suite à des faits divers médiatisés, la LOPPSI 2 prétend offrir aux français "la sécurité partout, pour tous" et "renforcer (…) la tranquillité nationale". Ce qu’elle offre surtout, c’est un pouvoir incommensurable à la police et à la justice, mettant en péril les équilibres démocratiques de notre société au nom de la lutte contre une série de fléaux hétéroclites et curieusement amalgamés, parmi lesquels "la délinquance" (mais pas la délinquance financière), "la cybercriminalité", "l’insécurité routière", "la pédopornographie"... A l’instar de la LOPSI 1, votée en 2002 et consolidée en 2004, qui avait suscité de nombreuses critiques de la part d’associations et de collectifs militants (IRIS, Attac...), de la part de syndicats et de partis politiques, mais également de la CNIL ou de la CNCDH, la LOPPSI 2 est présentée comme "un dispositif d’exception pour un sujet d’exception", arguant d’une menace terroriste ou relevant de la "criminalité organisée" d’exceptionnelle ampleur. Comme le souligne le Syndicat de la Magistrature, la LOPPSI 2 est « un texte dont la philosophie générale vise à étendre les formules de fichage de la population et à créer ou aggraver des infractions dans divers domaines » et qui, « en dressant la liste exhaustive des prétendues menaces intérieures et extérieures, révèle une conception de la société à la limite de la paranoïa. Il en résulte un aggloméré de mesures sans liens particuliers entre elles, visant tantôt à créer de nouvelles incriminations ou à aggraver les anciennes, tantôt à permettre à l’Etat d’instituer un régime d’impunité pour ses agents de renseignements ou de mieux avoir à l’œil des populations ciblées. ». Portée par une idéologie sécuritaire et punitive, la LOPPSI 2 consacre l’objectif de toujours plus "surveiller et punir" en recourant, d’une part à des technologies de l’information et de la communication automatisant la détection des "déviances" et systématisant le recoupement des informations stockées (dispositifs de vidéosurveillance réputée de plus en plus "intelligente", de géolocalisation, d’identification, d’interception et d’enregistrement des communications, fichiers "partagés", logiciels "d’analyse sérielle"…) et d’autre part à des dispositions législatives plus répressives, criminalisant certaines pratiques et stigmatisant certains groupes sociaux en particulier. La LOPPSI 2 s’attaque ainsi à la vente à la sauvette, à l’habitat nomade/précaire et au "squat", pratiques inhérentes à des conditions d’existence précaires dont la loi ne se préoccupe pas, au risque de fragiliser plus encore des populations qui le sont déjà. Elle crée par ailleurs de nouveaux délits tels "l’usurpation d’identité sur un réseau de communications électroniques" et aggrave un certain nombre de sanctions pénales, imposant le principe des "peines-plancher"...

"La sécurité, l’affaire de tous" : une privatisation de la sécurité qui favorise l’enrôlement de tous

En outre, la LOPPSI 2 consacre la privatisation de missions de surveillance et de gestion de l’ordre public relevant jusqu’ici du pouvoir régalien. Ainsi, si la LOPSI 1 prévoyait déjà l’externalisation des "gardes statiques", la LOPPSI 2 autorise l’installation de caméras filmant la voie publique aux entreprises privées. Ce type de mesure accompagnée d’un discours promouvant la "collaboration" et les "partenariats public-privé" en matière de sécurité dévoile le caractère libéral de l’idéologie qui a présidé à l’élaboration du projet de loi. Mais ne nous y trompons pas : c’est un double mouvement d’externalisation des fonctions de surveillance et de centralisation de l’information qu’instaure la LOPPSI 2. Il s’agit de libéraliser la sécurité dans la mesure où cette libéralisation favorise l’enrôlement de tous dans la gestion de l’ordre... Comme le notent certains collectifs militants, dont le CLEJ (Collectif Liberté Egalité Justice), la LOPPSI 2 (composée de 46 articles formant 9 chapitres) est illisible, au point que l’on peut se demander si elle ne l’est pas à dessein, afin d’en rendre la compréhension et la critique difficile, sauf à posséder une expertise significative en matière juridique. Le dossier joint, que vous retrouverez bientôt, accompagné d'autres éléments d'information et de réflexion sur le site du CECIL, répertorie les principales mesures de la LOPPSI 2 en s'attardant particulièrement sur celles qui concernent l'usage des TIC à des fins de surveillance, et l'extension du fichage de la population. Vous etes informes sous la responsabilite morale et juridique des emetteurs, pour toute remarque contacter l'organisation concernee (+ copie à rezocitoyen, formulaire de contact a l'adresse:

http://www.rezocitoyen.org/

Pour en savoir plus, un rapport de la même source en plus complet : LOPPSI_2_CECIL_18-1-2011.pdf

samedi 21 août 2010

Une question de moyens... ou de priorités.

Décidément, le gouvernement et les « responsables » politiques n’ont pas les mêmes priorités que nous. Après un élu de Montpellier (Frèche pour ne pas le citer) qui dépense des fortunes en période de crise pour ériger de monumentales statues de « grands hommes » (dont Mao, par exemple !) au lieu - par exemple - de se mettre en conformité avec la loi concernant la création de terrains d’accueil pour les gens du voyage (français pour la plupart !), nous avons découvert dans la presse d’aujourd’hui une opération sidérante.

Figurez-vous que 260.000 dépliants de propagande vont être distribués aux automobilistes aux péages des retours de vacances. Une opération d’une telle envergure, on se dit que c’est au moins pour une grande cause, quelque chose qui en vaille la peine : promouvoir un partage citoyen de la route par exemple, ou lutter contre les maladies orphelines, ou lever enfin des fonds pour le Pakistan ravagé par les inondations, ou inciter à la sauvegarde de l’environnement... Ce ne sont pas les sujets qui manquent. Mais ce serait oublier un peu vite l’époque dans laquelle on vit.

Allez, je vous donne la réponse : Cette com’ de masse distribuée aux barrières de péage (qui sont un des symboles des belles arnaques du public de ces dernières années), c’est pour vanter les mérites et la pertinence de l’HADOPI !

Soit c’est le premier avril tous les jours depuis quelques années, mais j’en doute, soit on atteint sans cesse de nouveaux abîmes de bêtise et de manipulation du public. Hadopi est une hérésie inapplicable, dont le financement est loin d’être réglé, inutile au point que les pays qui avaient mis en place un système similaire sont tous revenus dessus, et qui n’est qu’un cheval de Troie grossier pour imposer d’inadmissibles procédures de contrôles des ordinateurs personnels et d’Internet en général. Bref, une loi chimérique, nuisible, sans avenir. Et pour ça on débloque des budgets, du personnel, du papier, du temps, pour communiquer ? Quand il y a tant à dire, tant à faire sur des sujets reconnus comme importants et prioritaires ?

Je ne m’éternise pas sur la question, ça m’énerve trop, et vous avez compris.

Juste pour conclure sur un autre sujet, les partis de tous bord, y compris d’extrême-droite comme l’UMP, prétendent s’occuper de l’environnement, de leur empreinte carbone, bla bla. Mais après les avions privés, les charters d’expulsion de citoyens européens (1 tonne de carbone par passager), les hélicoptères de surveillance (50 à 150 litres / heure), il ne fallait pas oublier le recours à ces bons vieux et hérétiques avions-bannières sur les bords de plage (30-40 litres aux 100) ! Ca reste une goutte de… pétrole dans le total, mais c’est comme toujours, une question de symbole et de principe.

beachshow.jpg




Plein d’autres images et leurs sources

vendredi 13 août 2010

Ils généralisent ? Nous aussi, mais à raison !

Brice Hortefeux s’est à nouveau illustré aujourd’hui en stigmatisant une fois de plus les motards et en ne promettant rien moins que des contrôles systématiques des deux-roues. Je ne compare pas directement notre situation à celle des personnes en situation précaire ou aux sans-papiers traqués, pour qui c’est incomparablement pire, mais je constate une même approche généralisante, une même politique basée sur la recherche d’un bouc émissaire pour tout justifier. Remarquez, c’est une méthode éprouvée, utilisée depuis la nuit des temps. Tenez, demandez aux Roms par exemple, ça commençait à faire longtemps qu’on n’avait pas remis ces terribles « voleurs de poules » sur le devant de la scène.

Sur la route les méchants indisciplinés qu’il faut encadrer et surcontrôler car responsables de tous les maux, c’est nous autres motards. Pour les banlieues, ce sont les jeunes, basanés de préférence. En milieu rural, par manque de cités (pas toujours assez d’ « Auvergnats » disponibles pour que le bon peuple se sente menacé), on se rabat donc sur les Roms. Etc., à chaque domaine son bouc émissaire.

Cette expression vient des Juifs de l’antiquité qui, une fois de temps en temps, prenaient un bouc (un vrai, cornes et barbichettes et tout), le chargeaient symboliquement de tous les maux de la cité, et l’exilaient dans le désert. (http://fr.wikipedia.org/wiki/Bouc_%C3%A9missaire) C’est plus compliqué de nos jours, mais il faut croire, ou du moins on voudrait nous faire croire, que ça marche toujours.

La loi doit s’appliquer indifféremment à tous, toujours ce fameux bandeau sur les yeux de la justice, mais la présomption d’innocence est l’un des plateaux de sa balance. De quel droit le « gouvernement » actuel va-t-il généraliser, systématiser les contrôles sur une catégorie d’usagers qui paie déjà cher sa vulnérabilité, nous considérant donc tous par principe comme coupables de conduite dangereuse et incivile ? De la même façon que tout Rom (fût-il français depuis bien plus longtemps que le furoncle à talons lui-même), est forcément suspect et à expulser vers un futur pays membre de l’union !

Lisez les articles de la presse étrangère en ligne ou par exemple dans le Courrier International, voyez les réactions outrées suite aux déclarations racistes, xénophobes et anticonstitutionnelles que vomissent quotidiennement nos ministres et –hum– président. La France est démolie dans les rapports de l’ONU, des ONG, des pays qui progressent. Nous étions pratiquement une référence, un modèle – bien que sans illusion – nous sommes devenus la risée du monde, et chutons vertigineusement dans les classements de tous les domaines, à commencer par le respect des droits de l’homme.

Pour en revenir à notre sujet précis de la sécurité routière des deux-roues, je ne vais pas rappeler une fois de plus les chiffres de responsabilité, nos trente ans d’études en matière de sécurité routière, les politiques concluantes menée à l’étranger, etc., de toute façon on prêche dans le désert pour le moment. Alors moi aussi je vais lâcher une généralisation, sauf que celle-ci est largement étayée par des faits : TOUT le gouvernement actuel est incompétent à un point aberrant, sans exception, et la seule chose honorable à faire serait de remettre une démission commune, assortie d’excuses à la nation et au monde. Tous, depuis l’excité sur son marchepied jusqu’au moindre sous-secrétaire d’état ayant accepté de se compromettre avec une bande de fous furieux pareils.

N’y a-t-il pas une clause pour attaquer collectivement l’état pour insulte à la république, démettre de ses fonctions le président pour outrage à son pays et au sens moral ? Dire qu’à défaut, on en a encore pour au moins deux ans à tirer… Pauvre France, tu n’avais vraiment pas besoin de ça… ou alors tu n’as que ce que tu mérites, c’est possible aussi. Mais ce n’est pas pour ça qu’on laissera faire sans réagir.

Lire aussi ce billet du blog de Marco, toujours très en verve : http://www.chezmarco.fr/spip.php?article141

lundi 9 août 2010

Y’a des pervenches qui ont bien de la chance

Franchement, y’a des agents municipaux qui ne mesurent pas la chance qu’ils ont. En tous cas, la chance pour eux (et moi du coup) que je sois calme, pacifique et non violent. Sinon, ça fait longtemps qu’il y en aurait à l’hosto avec moi en taule. Je suis rentré hier soir d’une petite balade en voiture (j’en reparlerai un peu dans un prochain billet) pendant laquelle on a pris de façon particulièrement mesquine deux prunes de stationnement, à si peu de chose près que les agents étaient encore devant la bagnole, l’occasion de se fritter un peu avec. Toujours est-il qu’en se garant en bas de chez moi hier soir pour décharger, on trouve sur la porte un avis de coupure d’eau pour ce matin. Bon, OK.

Ce matin, 7H00, on est réveillé par les hurlements des disqueuses à bitume. Les engins sont devant la porte en train d’éventrer la chaussée. Ah, c’était donc un peu plus qu’une simple coupure. La voiture est bloquée derrière un engin de chantier ; tant pis, on n’en a pas besoin tout de suite, on ira la mettre au parking après. Mais en descendant un peu plus tard, vers 10H, qu’est-ce que c’est-y qu’on trouve sur le pare-brise ? Et oui, une prune ! J’ai rattrapé les agents un peu plus loin dans la rue, faisant de gros efforts pour rester calme et poli, et leur faire admettre que c’était peut-être un peu fort de café que, étant déjà privé de véhicule sans préavis, on prenne une amende en prime. Avez-vous déjà essayé de discuter avec un fanatique religieux ou un robot en cours de programmation ? Ca fait un peu le même effet, avec des arguments ineptes repris en boucle, une totale absence d’écoute et d’empathie, et l’incapacité remarquable à admettre la moindre possibilité d’erreur. Malgré mes efforts, mon ton est monté, celui de l’agent aussi, il a commis la bourde de me pousser physiquement (enfin, d’essayer) pendant que sa petite collègue me menaçait de toutes sortes de choses. Je remercie mon self-control qui m’a permis de me calmer (à peu près) et surtout d’éviter de balancer à cette espèce d’abruti un bon petit mae-geri propulsé (coup de pied de face très puissant) et de l’achever en me servant de sa collègue comme massue molle.

http://www.pottonkarate.org.uk/images/kick_in_air.jpg

Une fois de plus je me suis retenu, personne n’a été blessé ni incarcéré (heureusement dans les deux cas), je me suis contenté de partir en laissant filer quelques noms d’oiseaux, et d’aller droit à la mairie. J’y ai été reçu immédiatement, ils ont pris mon PV et ont promis de s’en occuper, on verra ce que ça donne. Mais il m'a semblé évident que si la mairie a si facilement cherché à calmer le jeu, c’est qu’ils ont parfaitement conscience des dérapages et des abus permanents de ces agents. On en voit régulièrement patienter devant une bagnole dont le ticket s’apprête à expirer, un œil sur leur montre, l’autre sur le carnet à souche qui les démange, pour verbaliser à la minute près ces dangereux délinquants qui osent ne pas avoir remis à temps quelques pièces dans les bandits manchots des trottoirs – ceux avec lesquels on perd à tous les coups.

Gandhi disait « œil pour œil et le monde deviendra aveugle ». J’espère continuer à avoir la même foi en non-violence en le respect de l’autre, mais franchement, face à tant de mesquinerie, de bêtise et de soumission aveugle, c’est dur, et j’ai du mérite.

Pour conclure ce coup de gueule, une note sur une station-service (Super U en l’occurrence, mais ça pourrait être n’importe où) qui ne se contente plus d’exiger des deux-roues qu’ils payent avant ou qu’ils enlèvent leur casque : là, il faut carrément laisser ses papiers d’identité à la caisse ! On peut comprendre qu’ils en aient marre de se faire escroquer par certains, mais de quel droit aller à de telles extrémités pour tous les deux-roues ? Ou alors ça s'applique à tous les véhicules, y'a pas de raison...

piecedidentite.jpg



Allez si, encore un mot pour ne pas finir que sur du négatif : le pont qui relie La Rochelle à l'Ile de Ré est payant, en haute saison rien moins que 16,50 Euros pour les bagnoles, aller-retour, c'est hors de prix (le Pont de Normandie, autrement plus grand et long, mais certes plus fréquenté, ne coûte "que" 5 Euros). Cependant, il est gratuit pour les piétons et vélos (encore heureux), mais aussi pour les 50cc, et les autres deux-roues, jusqu'aux gros cubes, ne paient que 2 Euros. Sympa pour eux !

mercredi 28 juillet 2010

Humour de fourrière

On connaît trop bien la propension de certaines villes, à commencer bien sûr et hélas par Paris, à avoir l’enlèvement un peu facile, et d’une efficacité redoutable. Cela concerne les motos depuis quelques temps, qui se retrouvent entassées en vrac sur des camions plateaux, et traditionnellement les voitures. Combien de fois n’avons-nous pas retrouvé la bagnole, laissée sans gêner hors d’une place officielle le temps de décharger ou de « livrer » de jeunes enfants (portes non verrouillées, siège bébé bien en vue), avec deux roues mordant sur une zone de livraison un samedi à deux heures du matin, ou encore en se garant précisément où un flic nous demandait de nous mettre quand le quartier était bouclé pour diverses raisons ? Jamais une seule des mises en fourrière qu’on a subies n’a été justifiée le moins du monde.

Par exemple, il existe une rue près du cinéma à Bercy où, chaque mercredi je crois, se tient un marché, le stationnement y est donc interdit par arrêté préfectoral, OK. Sauf que c’est une très longue rue, que le marché ne se tient qu’à son début, uniquement le matin, et que ce fait qui ne coule pas de source est uniquement signalé par de vagues photocopies illisibles agrafées sur quelques arbres à hauteur du marché lui-même. Vous comprendrez qu’on n’apprécie pas franchement de se faire enlever la voiture pendant qu’on est au cinéma, à trois cent mètres du site du marché, et en fin d’après-midi ! Mais la fourrière de Bercy, privatisée comme toutes à Paris, est a proximité, c’est si facile de remplir les dépanneuses… Elles patrouillent en binômes avec les pervenches qui collent le macaron « Enlèvement demandé » pendant que la voiture est montée sur le plateau – je ne serais d’ailleurs pas surpris (sans avoir la moindre preuve) qu’il y ait des deals entre eux sur le dos des automobilistes piégés et littéralement escroqués. Prendre un véhicule en otage, c’est facile, sans risque, et avec le nombre, ça doit finir par rapporter gros.

Outre les débordements quasi systématiques, des fois, ça fait quand même sourire. La photo ci-dessous semble prise en Angleterre, je la trouve particulièrement représentative !

CercueilEnleve.jpg From failblog.org

Pendant qu’on est dans les cercueils, certains en ont une utilisation pragmatique. Faut dire, y’a du volume par rapport à un bête top-case ou même une remorque Wipi

CercueilRemorque.jpg From thereifixedit.com

Et pour finir, un petit tableau de chasse, qui a quand même le bon (?) goût (?) de revendiquer plus de flics que de motards :-P :

CercueilRoadkill.jpg From... je sais plus, sorry !

Sur ce, je m’absente quelques jours, petit tour franco-allemand de visite à la famille et aux amis, reprise des billets mi-août. Bon été à tous !

jeudi 20 mai 2010

Encore une loi à côté de la plaque et toxique

Parmi les nombreux arguments que nous opposons au contrôle technique des cyclos, l’un de ceux qui me semble le plus évident est qu’il ne s’appliquera pas à ceux qu’il devrait concerner. Sans reprendre les détails ici, les scoots complètement défoncés, sans plaque ni feu ni frein, qui sont ceux qui auraient le plus besoin d’un CT, sont généralement volés, ou du moins bien trop en dehors des normes pour se soumettre à un contrôle technique. Les seuls qui vont payer et être embêtés sont déjà ceux qui s’occupent un minimum des règles et de leur machine.

La même chose se retrouve avec le projet de loin concernant le voile intégral. Certes, ils ont pris soin de préciser que les casques moto et les masques de carnaval étaient exclus. Pour le voile intégral lui-même, à la dernière estimation, 300 personnes seulement étaient concernées, dont au moins une partie volontairement. Cette loi anticonstitutionnelle est surtout inutile et, pire, dangereuse ! C’est très bien expliqué par exemple dans cet article du Monde, de la bouche même des flics qui, une fois de plus, se retrouveront en première ligne, à devoir faire appliquer des règles iniques.

Extraits : "Il faudra demander à la femme voilée qu'elle enlève son voile, ce ne sera pas sans incident." "Que faudra-t-il faire avec les femmes des Emirats qui dorment au Ritz ?" "Dans 90 % des cas, ça va partir au clash. On va avoir énormément de refus, qui vont dégénérer en insultes, donc en outrages. Donc un délit, suivi d'une garde à vue, avec les familles devant le commissariat. Ça va prendre des proportions énormes. Or, on a justement des consignes dans certaines zones où l'on nous dit de lever le pied pour éviter que ça pète", témoigne un policier sur Rue 89. "C'est ce qui se passe dans les banlieues avec les trafiquants de drogue, précise Frédéric Lagache. Provoquer le trouble public les aide à conserver leur territoire."

On dirait un projet sur mesure pour attiser des tensions qui n’en ont déjà franchement pas besoin, provoquer des problèmes qui seront autant de prétextes supplémentaires pour montrer les banlieues du doigt, renforcer la ghettoïsation de quartiers et l’occupation policière d’autres. Je m’attends à ce qu’une fois cette loi votée, le nombre de femmes portant le niqab explose, ne serait-ce que par pure provocation. Les flics seront dans une position impossible : arrêter tout le monde en déclenchant des émeutes, ou ignorer sciemment des atteintes à la loi, les décrédibilisant un peu plus. Très malin, vraiment.

Source : http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/05/19/voile-integral-l-inquietude-des-policiers_1354250_3224.html

mardi 6 avril 2010

Permis et déclaration de revenus Svp

(La première partie de ce post est reprise du site www.spontex.org)

Le saviez-vous ? En Finlande, le montant des amendes liées au code de la route est proportionnel au niveau de revenu. En effet, conformément à la loi finlandaise, les amendes sont déplafonnées et proportionnelles au revenu. L’amende est calculée en fonction de ce que le contrevenant a déclaré au fisc l’année précédente, soit un peu plus de 1/365e des montants totaux déclarés. On a ainsi vu quelques riches nantis écoper de plus de 84.000€ d’amende pour excès de vitesse.

Sources : http://www.liberation.fr/actualite/010119121–20-500-euros-d-amende-pour-depassement-de-vitesse-en-finlande

http://impassesud.joueb.com/news/finlande-les-contraventions-en-fonction-des-revenus

http://www.dhnet.be/infos/faits-divers/article/8966/un-millionaire-de-la-net-economie-paie-amende-record-pour-exces-de-vitesse.html

Qu’en pensez-vous ?



En attendant, ceux qui n’ont pas de sous peuvent toujours opter pour leur scooter pour cet accessoire indispensable mais économique, qui sert à la fois de rehausseur de selle, sissy-bar, accoudoirs, tuning et fashion design :

scootchaise.jpg

dimanche 4 avril 2010

De l’art d’utiliser le racket en guise de fiscalité

Personne ne se fait d’illusion sur l’objectif réel de la prétendue politique de sécurité actuelle, routière ou autre : ponctionner un maximum d’argent sur le dos des citoyens, au mépris de toute proportionnalité, cohérence et respect de la constitution. J’ai encore constaté hier un exemple d’autant plus flagrant qu’il est banal, d’une mesquinerie à pleurer, emblématique des directives qui font passer la rentabilité des agents bien avant leur mission de sécurité :

Je n’ai pas beaucoup d’estime et de respect pour les policiers municipaux, et spécifiquement ceux chargés de la verbalisation des stationnements, c’est un fait. Plus encore que leurs collègues nationaux et les gendarmes, l’intégralité de leur action semble dévolue à l’enquiquinement optimisé des citoyens. La scène : devant une école à côté de chez moi, à l’heure de la sortie des classes. Une paire de pervenches (sauf qu’à Avignon ils sont en bordeaux) est fort occupée à faire chauffer le carnet à souches. Précisons que les voitures concernées sont essentiellement celles des parents, garés là quelques minutes le temps de récupérer les gamins, et qui n’ont donc naturellement pas cédé au minable racket quotidien de l’horodateur. Sans compter que, pendant ce temps-là, des banlieues entières, même autour d’une ville de province, sombrent dans l’abandon et la décrépitude, devenant des ghettos propices à toutes les haines et les dérives faute d’un minimum d’attention, à deux mètres des agents municipaux :

- Une classe de maternelle essaie difficilement de traverser, avec trop peu d’encadrants, tandis que les automobilistes absorbés par la sortie d’école ne pensent pas à s’arrêter.

- Deux jeunes en scooter démarrent en trombe, sans casque.

- Un caisseux pendu au téléphone manque de renverser des gosses.

- Une mob’ avec un pot plus percé qu’une râpe à fromage passe en nous détruisant les oreilles.

C’est tout, mais c’est déjà pas mal en un même instant d’une après-midi tranquille en centre-ville. Quatre situations présentant de réels risques, justifiant une intervention, une explication, pour le bénéfice de tous. Mais aider une bande de moufflets à traverser en sécurité, ça ne rapporte rien. Verbaliser des infractions imaginaires, si. J’ai bloqué moi-même la circulation le temps que les enfants passent, avec des regards éloquents aux deux agents, qui n’ont pas bronché.

Comment justifier leur action, ou plutôt leur inaction ? Comment défendre un système où l’on embauche des gens dans le seul but de financer leurs propres salaires en se servant pour des motifs futiles sur les citoyens, et le tout au nom de la protection et de la sécurité ? Franchement, ça me rappelle les pratiques mafieuses bien connues à travers le monde consistant à extorquer une « taxe de protection », alors que le principal si ce n’est unique danger vient des protecteurs eux-mêmes.

Notre société vaut mieux que ça, les policiers valent mieux que ça. Pourquoi acceptent-ils de faire aussi mal un boulot aussi con, alors qu’on a tellement besoin d’eux ailleurs ? C’est une goutte dans un océan, mais cette obéissance aveugle et ce zèle absurde sont les maux par lesquels tout commence.

mercredi 31 mars 2010

Les motards font moins peur que les poussettes

Depuis quelques jours, les antennes vauclusiennes de RESF et de la LDH, entre autres, se mobilisent contre l’expulsion de M. Kapan, un maçon turc. Pour résumer son cas en quelques mots, ce monsieur vit en France depuis dix ans, il n’a jamais posé le moindre problème, il travaille et paye ses impôts, est marié, a trois jeunes enfants nés en France, scolarisés à l’école publique à Avignon… pas vraiment un profil de délinquant dangereux. Il demande en vain sa régularisation depuis années, refusée sans motif. Arrêté lors d’un simple contrôle routier (sans infraction), il est depuis enfermé dans un centre à Marseille, en attente de reconduite vers un pays où il n’a plus d’attaches. Plusieurs manifestations de soutien, une pétition ayant recueilli plusieurs milliers de signatures en quelques jours, des appels au préfet, une couverture médiatique locale correcte… tout ça pour rien : il prend l’avion ce vendredi. Et le préfet, magnanime, reconnaît qu’il ne faut pas séparer la famille : il va donc aussi renvoyer la femme et les trois gamins, ces derniers n’ayant jamais mis les pieds en Turquie – il leur a même proposé 5000 Euros pour qu’ils partent en silence. Si je vous parle de ça ici, outre d’attirer l’attention sur un cas emblématique et particulièrement injuste, c’est qu’un détail m’a marqué ce matin. En effet, à l’endroit même où nous manifestions, devant la préfecture du Vaucluse, le cortège de motards a fait une pause il y a deux semaines, lors de notre grande manif nationale.

Dans un cas, 650 motos, 700 à 800 casques en colère. Escorte : 2 policiers à moto. Dans l’autre cas, une quarantaine de piétons, dont quelques mamans avec des poussettes. Escorte : deux voitures, trois motos, un cordon de sécurité pour nous empêcher d’approcher la préfecture.

Les étrangers font donc si peur de nos jours qu’on déploie proportionnellement 200 fois plus de policiers pour encadrer quelques militants des droits de l’homme et des poussettes que pour une grande troupe de motards ? Je ne sais pas s’il faut en être rassuré, flatté, ou encore plus en colère.

manifAvignon0310.jpg
2 flics pour encadrer environ 750 motards
20 flics pour 40 piétons avec poussettes : Cherchez l'erreur

La xénophobie ordinaire est exacerbée pour mieux détourner l’attention, pour donner l’impression d’agir, pour rassurer ceux qui sont assez bas d’esprit pour se dire que tant que ça arrive à d’autres, ce n’est pas eux. Qui peut vraiment garantir de n’avoir aucun étranger dans ses ancêtres ? Et qu’est-ce qu’un étranger : Un Maghrébin ? Un Espagnol ? Un Savoyard ? Un gars du village d’à côté ? A partir de quand dit-on qu’on ferme les frontières, que la France est ce qu’elle est là maintenant, plutôt qu’il y a 50 ans ou ce qu’elle sera dans cinquante ans ? Peu de pays au monde ont été autant bâtis sur l’immigration que le nôtre, et ce depuis l’origine. Il n’y a pas si longtemps, l’autre sur qui on rejetait tous les torts et qu’on voulait à tout prix renvoyer « chez lui », c’était l’Auvergnat, le Corse, le Breton. Ensuite l’horrible mineur belge qui prenait le travail des gars de ch’nord. Puis les affreux Portugais, Espagnols, Italiens… Vint après le terrible plombier polonais. Etc. L’immigration a toujours été crainte, mais indispensable pour nourrir la croissance économique, sociale et culturelle, quitte a la provoquer, à coloniser, à recruter.

Il ne s’agit bien évidemment pas d’accueillir toute la misère du monde et de distribuer les fonds publics sans contrôle à tous ceux qui les demandent. Mais simplement de traiter humainement ceux qui sont là sans problème, intégrés, qui travaillent et scolarisent leurs enfants, et ne demandent rien de plus qu’être laissés tranquille. Si la politique actuelle était appliquée depuis longtemps, combien de familles ne contribueraient pas aujourd’hui à notre société ? Seriez-vous là ? Moi pas. Ni notre cher président d’ailleurs, encore que dans son cas, ce ne serait pas une grande perte…

EDIT : Revue de presse sur le cas de M. Kaplan et les actions locales : http://www.educationsansfrontieres.org/rubrique190.html

Sur un peu le même sujet, lire ce billet sur l’absurdité de l’interdiction du port du voile.

mercredi 10 mars 2010

Pourquoi les radars de feux rouges sont aussi cons que les autres.

Au début, quand j’ai entendu parler des radars de feu rouge, ça m’a agacé bien entendu comme tout ce qui touche à la politique répressive actuelle, mais sans me choquer plus que ça. Honnêtement, je ne me sentais pas trop concerné, et au contraire je me disais même qu’à la limite, ce ne serait pas plus mal de calmer un peu les pressés qui deviennent opportunément daltoniens. Cela dit, en prenant un peu de recul et le temps de m’entretenir avec d’autres personnes, à commencer par des professionnels de la conduite, plusieurs problèmes majeurs apparaissent, qui me rendent aujourd’hui tout aussi opposé à ces nouvelles pompes à fric qu’à celles du bord des routes :

 

- De nombreuses personnes, traumatisées par les flashes à répétition sur les routes, risquent fort de piler net dès le passage à l’orange, de la même façon qu’elles mettent un gros coup de patin à l’approche d’un radar de vitesse alors qu’elles roulent déjà à 20 km/h sous la limite. Certes, elles ne seront pas flashées. Mais bonjour la sécurité pour ceux qui suivent et ne s’attendent pas à une telle réaction ! L’étape orange est justement prévue pour servir de tampon, là on va amplifier le problème du « tout ou rien », et ces radars vont, comme leurs cousins des routes, poser plus de tracas financiers et administratifs et de risques d’accidents qu’ils ne vont arranger la situation.

 

- Il y a le problème des véhicules longs : cars, bus, semi-remorques, remorques longues… A 30 km/heure, une vitesse raisonnable pour ces engins en ville, on parcourt si je ne m’abuse 8 mètres par seconde. Sur un feu restant orange deux secondes, ça fait 16 mètres, soit justement la longueur d’un véhicule long (jusqu’à 18,75 m., hors cas particulier – Code de la route, article R. 312-11). Ce qui signifie qu’un chauffeur qui passe légitimement en fin de vert ou en début d’orange (il ne va pas piler avec son chargement ou ses passagers !) se fait flasher le cul. Pan, 4 points en moins sur un permis pro, sans infraction. Moralité ? Des chauffeurs de véhicules longs s’arrêtent systématiquement aux feux même verts, laissent passer le rouge, et ne redémarrent qu’au vert suivant, pour être sûrs de ne pas être flashés. Super optimisé niveau temps, et vous imaginez là aussi les risques de collision par l’arrière.

 

- Ensuite, la position des boucles de détection. Pour rappel, il y a deux capteurs, chacun avec son flash, et c’est le franchissement successif des deux qui déclenche le PV. Sauf que – comme l’angle des radars de vitesse – il faut que ce soit fait avec un minimum d’honnêteté. Or on constate parfois, comme à Avignon, que pour mettre ces boucles de détection, la ligne d’effet du feu a été reculée de quelques mètres, sans que ce soit justifié par la configuration des lieux, la deuxième boucle étant placée au niveau de l’ancienne ligne. Moralité ? Sans prêter attention spéciale à un tracé au sol qui ne correspond à rien, vous vous arrêtez là où vous l’avez toujours fait. Ou alors à moto, vous vous placez naturellement devant les voitures, prêt à démarrer sans risque, à votre rythme. Dans les deux cas, flash + flash = PV !

 

- Il y a bien des franchissements involontaires ou imposés. Ca a été le cas, relevé notamment par Motomag, d’une belle plaque de verglas faisant glisser les voitures au-delà de la limite. Quand un véhicule d’urgence essaie de se frayer un chemin, un conducteur respectueux va se pousser, quitte à franchir le feu. Enfin, ne vous est-il jamais arrivé de mettre au moins un petit coup de gaz pour passer le feu où vous alliez vous arrêter plutôt que vous faire enfoncer l’arrière par le véhicule suivant qui n’a pas réagi à temps ou avec assez d’efficacité ? Ca m’a conduit au tribunal il y a quelques années, mais j’ai eu gain de cause à l’époque. Presque arrêté à l’orange, j’avais redémarré de justesse pour éviter un beau carambolage avec la caisse incapable de s’arrêter derrière moi. Les flics au carrefour n’en ont rien eu à faire, mais au moins j’ai pu plaider…

 

- Reste le cas des cortèges encadrés, par exemple lors des manifs, pour lesquels je doute qu’ils s’amusent à couper les flashs le temps qu’on passe. Jackpot, 300 motos en un feu !

 

Dans tous les cas, CE NE SONT PAS DES INFRACTIONS, pas plus à mon sens qu’un dépassement de vitesse de quelques km/h sur l’autoroute. Mais de la même façon, la justice automatisée et mécanique va sanctionner, avec un système soigneusement fait pour étouffer toute contestation, et on va encore payer, perdre des points, stresser, prendre des risques supplémentaires…

Les véritables cas de franchissement de feu rouge sont dangereux et à sanctionner, je ne dis pas le contraire. Mais humainement, avec discernement et bon sens. Pas encore une fois en robotisant la chose. La plupart des infractions de ce genre qu’on constate sont les coursiers en cyclo, dont la plaque cachée sous le top-case géant, voire derrière l’amortisseur, se fout royalement des flashes de toute façon. Plus bien sûr les flics qui ne se sentent que rarement concernés eux-mêmes par des détails comme les clignotants, les feux, etc.

 

En conclusion, deux exemples de politiques qui se pratiquent dans nombre d’autres pays et qui semblent beaucoup plus intelligentes (c’est pas dur, OK) :

- Presque partout en Amérique du Nord notamment, un feu rouge est, sauf mention contraire, considéré comme un cédez-le-passage pour ceux qui tournent à droite. De plus les feux sont situés en face du carrefour plutôt qu’à son aplomb, donnant une bien meilleure visibilité à tout le monde.

- Les feux sont souvent, par exemple au sud de l’Europe et en Asie, équipés d’un compte à rebours indiquant les secondes restantes avant le prochain rouge ou vert. Ca fait un peu starting-block au démarrage, mais au moins les gens ont eu le temps d’enclencher la première, c’est beaucoup plus efficace qu’un départ en accordéon. Et on est prévenu largement à l’avance du passage exact au rouge, ce qui permet de prendre la décision la plus appropriée.

Certes, ces deux méthodes ont en commun de faire appel un tout petit peu à l’intelligence des conducteurs, apparemment c’est trop demander en France. Mais pensez au slogan, simple et ultime, des campagnes de SR anglaises : THINK!

 

jeudi 11 février 2010

Des divers aspects de LOPPSI

Au menu de ce qui nous attend en matière de lois, et pour rester dans la « droite » ligne de la radicalisation, le projet LOPPSI, dont on se méfie depuis quelques temps déjà, ressurgit opportunément à l’approche des élections. Ce projet fourre-tout et totalement décomplexé essaie de réunir en un seul lot tout un tas de nouvelles restrictions, obligations, peines planchers, etc., que toute personne raisonnable trouverait impensables dans une démocratie normalement constituée. Qu’un tel ramassis de textes soit ne serait-ce qu’examiné est une preuve de plus, s’il en fallait, que nous sommes bien sous une médiacratie complètement dévoyée, sclérosée par une peur soigneusement entretenue, et alimentée par la connerie sans fond des masses silencieuses.

Pour l’aspect concernant directement les motards (ou les automobilistes d’ailleurs), je vous renvoie au communiqué de la FFMC à ce sujet qui résume bien la situation : http://www.ffmc.asso.fr/spip.php?article1793

Parmi les autres sujets couverts, celui concernant l’informatique et Internet m’interpelle particulièrement. Comme si Hadopi n’avait pas suffi, ils remettent une couche pour démontrer tout à la fois leur totale incompétence en la matière, et leur volonté de contrôle et de bâillonnement du Net. En gros, ils veulent bloquer à la source les sites pédophiles. Sur le principe, ça peut sembler justifié et difficilement attaquable. En pratique, deux soucis majeurs :

- Totalement inefficace, on le sait d’avance. Petit article vulgarisé sur le sujet.

- Terriblement dangereux, surtout ! Car si cela passe, c’est une atteinte directe à la sacro-sainte neutralité du réseau, qui est au fondement même d’Internet. Ainsi, le gouvernement ne pourra PAS bloquer efficacement les sites pédophiles. Mais il aura les moyens de perturber ou de neutraliser les sites légitimes qui ne lui plaisent pas : associations, médias indépendants, opposants… Eux n’auront pas les moyens techniques et financiers de contourner les blocages. Tout bénef pour un état comme le nôtre, obsédé par l’image et la com’, et qui ne se prive déjà pas pour faire pression sur la presse, les TV et les principaux sites d’infos. Il n’y a qu’à voir la vitesse à laquelle certaines vidéos ou infos particulièrement embarrassantes disparaissent mystérieusement. Heureusement, aujourd’hui, elles refont surface aussitôt ailleurs, encore amplifiées par le buzz. Mais demain ?

Sans oublier aussi l'officialisation de toutes formes de mouchards et d'écoute électronique, la fin de la notion de confidentialité, etc, etc.

On peut toujours se gausser de la Chine, si on laisse faire les fous furieux qu’on a au pouvoir, ce ne sera pas mieux ici, on s’y dirige déjà à grands pas…

- page 1 de 2