Le Frédéblog

Motomag.com

Pratique et défense du deux-roues par un passionné, mais aussi balades et voyages, anecdotes insolites, quelques réflexions en vrac, bref, un blog motard !

Balades et voyages

En France, en Europe et dans le monde, d'un jour à un mois, quelques évasions à bécane.

Fil des billets - Fil des commentaires

vendredi 3 juillet 2015

Overland Event – une excellente première édition !

overlandevent2015-logo.jpg

Après vous l’avoir annoncé, voici un petit compte-rendu de la première édition de l’Overland Event. Pour rappel, Overland est un magazine anglais de voyage à moto d’excellente qualité - on parle d’ailleurs plutôt de « bookazine », car ses numéros, imprimés sur du très beau papier et sans pub en quatrième de couverture, ne sont pas liés à une actualité et s’apprécient chacun comme un livre. Son slogan : « la publication pour tous ceux qui voyagent ou rêvent de voyager à moto ». En cette fin juin 2015, outre l’organisation de balades par exemple en Afrique du sud ou au Népal et la publication de livres de voyage, Overland a ajouté une nouvelle corde à son arc avec l’organisation d’un festival dans le village de Great Missenden, à une heure à l’ouest de Londres.

overlandevent2015-general.jpg

Installé dans un pré derrière le pub Black Horse, il proposait un espace de camping gratuit et, pour se restaurer, des stands de cuisines du monde : thai, espagnole ou encore sud-africaine.

overlandevent2015-pubcamping.jpg

overlandevent2015-restauration.jpg

Pas de festival sans exposants, et le choix est vaste autant qu'interactif : au stand Continental par exemple on apprend à changer ses pneus sur un bord de route ; les transporteurs de motos, indispensables pour passer d’un continent à l’autre, montrent comment emballer proprement et efficacement sa monture ; des équipementiers et accessoiristes présentent leurs gammes, etc. A noter aussi – élément récurrent dans cet événement – que plusieurs tentes ont été offertes à des actions caritatives : par exemple Motorcycle Outreach collecte des fonds pour financer des motos-ambulances dans le tiers-monde, une vente de gâteaux constitue une cagnotte pour aider des amis népalais qui utilisent leurs bécanes pour porter secours aux régions isolées après le séisme…

overlandevent2015-stands.jpg

Des constructeurs et fabricants plus connus sont aussi présents, permettant d’essayer notamment la gamme Triumph Tiger.

overlandevent2015-constructeurs.jpg

Le film d’aventure, un genre à part entière, est bien sûr de la fête.

overlandevent2015-cinema.jpg

Mais le plus important, ce sont bien sûr les voyageurs eux-mêmes, et l’occasion est belle de rencontrer des auteurs, et de se procurer leur dernier livre (dont plusieurs ont été lancés pendant le festival) pour le faire dédicacer. A moins que, comme de nombreux visiteurs, vous ne soyez venu avec votre propre exemplaire qui a lui-même pas mal bourlingué, pour le faire signer par des légendes du livre de voyage, comme Ted Simon (Jupiter’s Travel).

overlandevent2015-auteurs.jpg

Une autre façon d’approcher de grands voyageurs et d’entendre en direct le récit de leurs aventures ou leurs conseils est de venir écouter les présentations nombreuses et variées.

overlandevent2015-presenters.jpg

Enfin, n’oublions pas l’objet de la passion lui-même, la moto ! Une expo unique réunit le temps d’un week-end de nombreuses machines avec un pédigrée impressionnant. Quelques-unes sont des préparations ou des motos neuves issues de catalogues, mais la plupart ont posé leurs pneus sur tous les continents. Et confirment un enseignement majeur de cet événement par rapport à ses équivalents commerciaux ou les pubs des constructeurs : qu’importent les roues pourvu qu’on ait une poignée de gaz ! S’il y a bien des XT, GS, DR ou autres Africa Twin, on trouve vraiment de tout, de la BM R60 d’Elspeth Beard à l’Aprilla Pegaso de Paddy (oui, il voyage en Aprilla ! Un challenge en plus du challenge du voyage, il le dit lui-même), mais aussi des scooters des années 50 (qui sont allés jusqu’en Europe de l’est), ou encore une Harley Pan ou… la GSX-R 1000 de Bruce, disciple assumé de Sjaak Luccassen (celui qui voyage en R1).

overlandevent2015-motos.jpg

Ci-dessus, cette bitza improbable au réservoir monstrueux est celle de feu Simon Milward, ancien secrétaire général de la FEMA, dont le voyage autour du monde s’est achevé de façon dramatique après cinq ans de route, dans un accident au Mali en 2005. Un concours (encore une fois à but caritatif) demandait d’en deviner le kilométrage. Retrouvez toutes les motos exposées sur cette page.

Le soir (je n'ai pu y assister pour cause de bébé), c'était concerts, papote autour du feu et parait-il l'expo de motos prenant une toute autre dimension avec de savants éclairages.

Un énorme bravo à toute l’équipe du magazine Overland, ainsi que les nombreux potes et bénévoles qui ont permis l’organisation de cette première édition prometteuse. Même la météo anglaise a été relativement de la partie ! Pour avoir fréquenté assez régulièrement des festivals de voyages ou des « Travel Event » comme ceux de Touratech, celui-ci était particulièrement rafraichissant. Pas seulement à cause de la température britannique comparée à celle d’Orange, mais parce qu’il remet le voyage au centre de la passion, et non pas la course a qui aura le plus d’option sur sa GS1200. Il rappelle que pour voyager à moto, il suffit… d’une moto, celle de tous les jours, et de l’envie de se lancer. Dans les billets de blog qui suivront, je tracerai quelques portraits de voyageurs et voyageuses qui, sur un coup de tête ou après une longue préparation, ont pris la route de l’ailleurs et en ont été transformés. A très bientôt donc, et bonne route !

PS : si vous lisez l’anglais, n’hésitez pas à vous abonner à Overland ou à commander les anciens numéros (attention beaucoup sont épuisés) : http://overlandmag.com

dimanche 24 mai 2015

Visites d’un monde changeant

Les voyages forment la jeunesse dit-on. Ils marquent aussi le temps qui passe, quand les sites visités il y a seulement quelques années ne sont déjà plus. Parfois c’est l’évolution « naturelle » qui les transforme, par exemple je ne reconnaîtrais plus le Shanghai d’il y a 23 ans, disparu sous les gratte-ciels. Parfois, c’est une force de la nature, comme tout récemment au Népal. De magnifiques villes, certes en piteux état mais qui ne demandaient qu’à renaître, gisent à présent encore plus en ruines – en partie à cause de l’incurie d’une classe politique particulièrement corrompue.

motonepal.jpg

Mais le plus difficile à accepter sont les destructions causées par l’homme. C’est déjà dur quand elles sont au nom du progrès, d’anciens quartiers ou monuments rasés au profit d’immeubles anonymes et laids (comme ça s’est beaucoup fait même en France jusque dans les années 60). Mais quand en plus les ravages sont purement gratuits, les actes d’ignares endoctrinés au nom d’une foi qu’ils ne comprennent même pas… les mots manquent.

Il y a quelques années au Pakistan, sur les contreforts de l’Himalaya, nous avons vu des temples et des statues inestimables datant des prémisses du bouddhisme, qui avaient déjà été martelées comme les célèbres haut-relief de Bamiyan.

Et dans les symboles plus modernes, n'oublions pas New-York, vu aux premières loges...

Aujourd’hui, c’est au tour de la Syrie. Son riche patrimoine culturel, avec un énorme potentiel touristique, a déjà terriblement souffert en quelques années. Le magnifique souk Al-Sham d’Alep, datant du XIIème siècle, n’est plus que carcasse calcinée, les villes mortes conservées depuis le VIème siècle de notre ère démantelées pour bâtir des abris de fortune pour les réfugiés de la guerre, le Krak des Chevaliers à nouveau laissé à l’abandon…

Palmyre elle-même est maintenant menacée. Sans même parler des centaines de civils déjà exécutés par Daech, ses vestiges extraordinaires font partie de mes plus émouvants souvenirs de voyage. L’ancienne capitale de Zénobie, avec le temple de Bêl, les tombeaux, les peintures étonnement bien préservées… Que tout cela puisse être rayé du patrimoine humain de quelques coups de bulldozers et bâtons de dynamite, comme cela a déjà fait ailleurs, est intolérable. Jusqu’où devront aller ces fous furieux pour qu'une véritable coalition, capable de voir au-delà des intérêts à court terme et de la grande praticité d’un épouvantail comme l’EI pour justifier les mesures les plus répressives en Occident, les arrête enfin ?

En quelques années, sous réserve de ce qui va maintenant arriver à Palmyre, la Syrie aura irrémédiablement perdu tous ses plus beaux trésors, et ce sont toutes les générations à venir qui sont ainsi punies, privées non seulement de la manne touristique mais aussi et surtout des dernières traces de leurs racines, d’une civilisation fondatrice de l’Orient comme de l’Occident. Tout cela au prétexte de se débarrasser de tout ce qui n’est pas l’Islam… alors que c’est précisément son berceau. Bien sûr toutes les cultures ont voulu détruire ce qui les a précédées, il n’y a qu’à voir les destructions matérielles et spirituelles en Amérique du nord et du sud, les nombreuses purges en Asie, les exactions des Chevaliers Teutoniques, les ravages de la Révolution Française… la liste est hélas longue comme l’histoire humaine. Mais au moins, chacune avait en commun de détruire pour reconstruire, pour proposer/imposer une alternative. Ce à quoi on assiste aujourd’hui n’a que peu d’équivalent dans le passé, une telle politique de terre brûlée sans rien proposer en échange qu’une vision totalement corrompue et déformée d’une religion pourtant capable aussi de grandes choses, sans aucun espoir d’amélioration des conditions de vie ni pour les populations locales ni pour les « conquérants » eux-mêmes, sans aucune forme de création que la terreur et l’obscurantisme. S’en plaindre sur un blog n’y changera rien. Rien n’y changera rien sans une volonté politique globale, qui dépasserait de loin les préoccupations ordinaire. Une raison de plus parmi beaucoup d’autres pour que les dirigeants de tous bords lâchent un peu la grappe aux citoyens ordinaires au lieu de leur pourrir la vie pour des broutilles, et s’occupent des vrais enjeux.

jeudi 14 mai 2015

Overland event en approche

Amateurs de voyage à moto, de motos de voyage, de concentr’ à thème ou juste d’un bon moment entre potes, si vous avez l’occasion de faire un saut en Angleterre mi-juin, ne ratez pas le premier « Overland Event », du 19 au 21 juin près de Londres. Organisé par le magazine du même nom dont je vous parle régulièrement, il va rassembler pas mal d’auteurs-voyageurs, et donner l’occasion de voir des présentations variées, d’essayer les nouveaux modèles et de voir d’anciens modèles revenus de leurs aventures, de goûter des plats d’un peu partout… J’y présenterai un petit topo à destination des motards étrangers voulant rouler en France. D’autres vous emmèneront sur les routes d’Amérique du Sud ou d’ailleurs. A noter qu’il est possible de camper gratuitement sur place. On s’y retrouve ? N’attendez pas pour réserver, les places sont limitées.

Infos sur http://overlandevent.com

OverlandEvent1.jpg

OverlandEvent2.jpg

vendredi 30 mai 2014

Islande 3 – L’ouest

La traversée en ferry s’est bien passée et nous avons consciencieusement fait le tour de la péninsule de Snaefellsnses, réputée magnifique. Malheureusement, la météo n’est pas de la partie et nous n’en voyons rien, roulant dans un brouillard épais et le plus souvent sous la pluie. Dommage ! Mais ce sont les aléas du voyage, surtout hors saison. On traverse tout de même de très étonnants paysages volcaniques, où la lave semble s’être figée en pleine action : bulles géantes en train d’éclater, vagues, ondulations, craquelures, mini-éruptions… On continue aussi à voir de nombreux oiseaux marins, à défaut d’apercevoir phoques ou baleines sur la mer noyée de brume.

IS-ouest-lave.jpg

IS-ouest-oiseau.jpg

Ensuite, nous allons au Cercle d’Or, et si le temps reste couvert, au moins il ne pleut (presque) plus. Cette région regroupe quelques sites incontournables : tout d’abord Pingvellir, important pour son histoire comme pour sa géologie. Historiquement, c’est le lieu du plus ancien parlement d’Europe, voilà plus de 1000 ans déjà, les chefs de chaque région d’Islande se retrouvaient ici pour édicter les lois, passer les jugements et faire la teuf. Depuis, chaque événement majeur du pays s’est déroulé ici, depuis l’adoption du christianisme jusqu’à la déclaration d’indépendance par rapport au Danemark en 1944. Géologiquement, il se trouve que nous sommes aussi pile sur la zone de fracture. Sous nos pieds exactement, les plaques tectoniques américaines et eurasiatiques s’éloignent de 5mm à 2 cm par an. Il en résulte une vaste et douce plaine, comblée par la lave à mesure qu’elle s’agrandit, et une faille très explicite au fond de laquelle on déambule, inconscients que sont les humains.

IS-ouest-faille.jpg

Un peu plus loin à l’est se trouve le site de Geysir, celui qui a donné son nom aux geysers du monde entier. En pratique, ce n’est plus le « Geysir » lui-même qui pète en ce moment, il est en sommeil depuis quelques années, mais le « Stokkur », un de ses petits frères à côté. Toute la zone glougloute, bouillonne et fume d’ailleurs allègrement, et on se dit là aussi que les hommes sont bien vaniteux de se balader comme ça sur une cocotte-minute géante !

IS-ouest-fumees.jpg

IS-ouest-bulle.jpg

IS-ouest-geyser.jpg

Encore quelques kilomètres après, l’extraordinaire chute de Gulfoss déchire la plaine. Ce n’est pas la plus haute, mais son débit est énorme (encore bien plus à la fonte des neiges) et elle a l’originalité de couler perpendiculairement à la rivière, du coup ça fait un gouffre étroit où la puissance de l’eau est terrifiante. On a même la chance d’une brève éclaircie pile au bon moment pour un superbe arc-en-ciel très kitsch. A noter, sur le parking une GS1200 immatriculée au… chili ! Pas trouvé le conducteur pour discuter, dommage, il doit se faire une belle balade aussi.

IS-ouest-gulfoss.jpg

La campagne est plus verte et moins déserte par ici, plein de micro-villages, en fait une grosse ferme, deux-trois maisons et bien sûr une église, avec pas mal de moutons et de chevaux en semi-liberté.

IS-ouest-eglise.jpg

IS-ouest-egliseherbe.jpg

IS-ouest-chevaux.jpg

La fin du voyage approche déjà à grand pas, ce fut court mais le boulot attend et le budget est serré, même en restant aussi routard que possible, et aidés par le fait qu’à cette saison beaucoup de musées et de sites sont encore fermés (ça commence à partir de juin, voire juillet, et tout ferme à nouveau à partir de mi-août, au retour de l’hiver). Nous nous offrons tout de même le Blue Lagoon, en fait l’eau des profondeurs alimentant et refroidie dans une centrale géothermique, qui est utilisée ensuite pour un centre thermal naturel. Température idéale, propriétés curatives, décor minéral étonnant, couleur bleu laiteux esthétique… mais aussi prix disproportionné, trop de groupes de touristes, et quand la vapeur se dégage, vue sur l’usine au fond. Mais c’est bien agréable quand même.

IS-ouest-bluelagoon.jpg

Dernière étape à Reykjavik, qui concentre avec sa banlieue 60% de la population du pays, ce qui la place donc au niveau d’une petite ville de province en France. Mais c’est assez sympa, avec quelques vieilles maisons, des rues commerçantes, un étonnant opéra tout neuf, et surtout… des gens ! Ah, et puis quelques motos aussi, enfin. Encore un tour demain matin dans ces rues animées, et back to business.

IS-ouest-reykjavik.jpg

IS-ouest-rues.jpg

IS-ouest-opera.jpg

Vous pourrez retrouver dans… quelques temps, on verra selon dispo, le site détaillé du voyage avec les autres carnets sur www.zarkass.com.

lundi 26 mai 2014

Islande 2 – Le nord-ouest

En route pour le nord de l’Islande, donc. Difficile de se perdre, il n’y a en gros qu’une seule route dans le pays, la n°1, qui fait tout le tour. Cette autoroute à 2x1 voie est presque entièrement bitumée, quel luxe ! Non en fait il y a pas mal de routes secondaires, parfois en dur, le plus souvent en pistes à différents degrés de carrossabilité, dont beaucoup ne sont ouvertes qu’en été – c'est-à-dire juillet et août. Mais nous avons de la chance, la température est douce (environ 5°C) et nous ne sommes pas bloqués. De toute façon, avec notre pocket-car (ci-dessous en jaune à côté d’un véhicule local plus adapté), on ne se risque pas (trop) sur les pistes. Enfin, en théorie.

IS-nord-4x4.jpg

Les routes praticables sont déjà superbes, parfois longeant les côtes, parfois plongeant dans les terres. On voit ça et là des fumerolles, mais bien qu’ici il y ait souvent de la fumée sans feu, ce n’est pas toujours le cas : nous aventurant au pif à la recherche de la source chaude qui envoie de si graphiques volutes dans le ciel presque dégagé, nous arrivons après avoir bien crapahuté… sur un feu de broussailles, c’est malin !

IS-nord-routecote.jpg

IS-nord-routeinterieur.jpg

Pour trouver l’hôtel de ce soir, détour de près de 100 km de l’itinéraire prévu, mais ce n’est pas comme s’il y avait un choix énorme. Sur la péninsule du nord-ouest, il n’y a en tout que 7000 habitants, dont la moitié dans la « capitale » locale. Le reste est éparpillé dans des hameaux minuscules : deux maisons, une église de poupée, une étable ou une mini-pêcherie. C’est tout. Difficile d’imaginer la vie ici, même de nos jours. Réputés amateurs de livres et de technologie, les Islandais ont dû particulièrement bénir l’arrivée d’Internet. C’est qu’il faut s’occuper après le travail, notamment pendant l’hiver où il ne fait pour ainsi dire jamais jour.

IS-nord-raindbow.jpg

IS-nord-cailloux.jpg

D’ailleurs, une fois arrivés dans les fjords eux-mêmes, on ne voit plus grand monde. Hors des quelques villages, beaucoup de fermes sont abandonnées. La route longe les fjords en d’interminables boucles, c’est superbe, mais c’est long !

IS-nord-enclos.jpg

Sympathique petit musée de la sorcellerie à Holmavik, avec des pratiques particulièrement délirantes, on racontera plus en détail sur le site complet du voyage. Un peu plus loin, au bord de la route, des bains chauds sont à disposition. Institution locale, les piscines alimentées directement avec l’eau chaude du sous-sol sont courantes, et souvent gratuites. Bien agréable de se réchauffer un peu en faisant trempette devant le fjord, observant la valse des oiseaux de mer… et la pluie qui ne nous quitte guère.

IS-nord-bainchaud.jpg

IS-nord-PanoFjord.jpg

Ah, au fait, on trouvait qu’il ne faisait pas très froid… et bien on a fini par trouver. Quand la piste de gravier s’enfonce dans les terres entre les bras de mer, elle monte en altitude, et dès que c’est le cas, on se retrouve dans la neige. Lacs gelés, étendues immenses où le relief disparaît, surtout écrasé par les nuages bas, pas très joyeux tout ça, mais ça reste très beau. Parfois la route (très glissante et un peu technique mais bien dégagée en cette saison, heureusement) serpente entre d’impressionnants murs de neige et de glace. L’hiver ici doit être épique… pas étonnant qu’ils soient en train de creuser des tunnels pour passer plutôt sous les montagnes, comme en Norvège.

IS-nord-neige.jpg

IS-nord-murneige.jpg

Arrêt aux magnifiques chutes de Dynjandi, hautes de 100 mètres, avant de gagner l’extrême pointe de la péninsule, le cap le plus à l’ouest d’Islande et donc d’Europe.

IS-nord-chutes.jpg

IS-nord-plage.jpg

Si on vient jusqu’ici, c’est notamment en quête d’oiseaux et autres bestioles à voir, comme des phoques ou des baleines. Malheureusement, la pluie redouble d’intensité, le temps est très couvert et sitôt arrivés, on doit rebrousser chemin, trempés et congelés. Dommage, les falaises ici font jusqu’à 450 mètres de haut ! Mais s’y aventurer par ce temps n’est vraiment pas raisonnable, surtout que le sol est bourré de nids souterrains qui peuvent s’affaisser, et une chute ne serait pas une bonne idée. En lot de consolation, deux macareux compatissants s’offrent à l’objectif, histoire de n’avoir pas fait toute cette piste pour rien, merci les gars, sympa !

IS-nord-macareux.jpg

IS-nord-oiseau.jpg

En tous cas une chose est sûr, et exceptionnelle, on ne regrette pas d'être en voiture ! Non que ce serait infaisable à bécane évidemment, mais entre la pluie glacée, le vent cinglant, l'état des pistes, la température en général et les grosses économies d'être autonomes en nourriture, la voiture étanche est bienvenue. Même pas l'excuse d'avoir du mal à se garer ! Un petit coup de ferry pour regagner le sud (enfin, proportionnellement), et nous poursuivrons notre balade par l’ouest.

samedi 24 mai 2014

Islande 1 – Côte sud

Délaissant une fois de plus nos terrains de voyages asiatico-nord africano-sud américains habituels et surtout beaucoup plus économiques, nous poursuivons au gré d’occasions à saisir notre exploration des pays du nord, ceux où c’qu’il fait froid et où ça douille, mais qui sont quand même, il faut bien dire, sacrément beaux. Cette fois, c’est l’Islande… ou plutôt, un aperçu d’un bout d’Islande. En effet, à cette saison et sans avoir un gros 4x4 et/ou un gros budget, la majeure partie du pays est inaccessible, et nous nous contenterons donc de longer les côtes sud et ouest. Et ça va sans doute vous surprendre, mais nous sommes cette fois en… voiture. Et oui ! Entre la météo, le besoin d’emporter un stock de nourriture de supermarché, le coût de location d’une moto ou le temps nécessaire pour faire venir la nôtre pour un court séjour, nous nous rabattons sur une micro-boitaroues qui fait parfaitement l’affaire.

La voici d’ailleurs, en guise d’intro, avec deux autres ingrédients permettant de se balader ici à budget contenu : hôtels minimalistes (sans draps, chambre minuscules et salle de bain commune – la corde que vous voyez par terre sert à descendre par la fenêtre en cas d’urgence !) et pique-niques sur le pouce. C’est basique mais convivial et surtout, ça nous suffit parfaitement, on n’est pas là pour les 5 étoiles ni la gastronomie.

IS-sud-logistique.jpg

Nous visiterons Reyjavik à la fin, pour le moment, direction le sud. Dès la sortie de la ville, les usines géothermiques et sources chaudes annoncent la couleur : ce pays est un gros tas de volcans !

IS-sud-geothermie.jpg

Nous longeons la côte balayée de vent, tantôt pluvieuse, tantôt resplendissante (d’ailleurs, petit dicton islandais : « Vous n’aimez pas le temps qu’il fait ? Attendez 5 minutes, ça va changer »). Etape à Eyrarbakki avec ses maisons colorées et l’ancienne demeure préservée de marchands danois.

IS-sud-eyrarbakki.jpg

Selon l’humeur du soleil, le paysage passe de désolé, parfois carrément sinistre, à éclatant de couleurs. Les couleurs inversées font une succession de contrastes : montagnes blanches, ciel jaune, murs d’herbe verte, plages noires, cascades à gogo et toujours les glaciers au fond – dont le fameux Eyjafjallajökull.

IS-sud-fleursjaunes.jpg

IS-sud-sejalandsfoss.jpg

IS-sud-hutteherbe.jpg

IS-sud-glacier1.jpg

IS-sud-glacier2.jpg

Nous dormons dans la petite ville de Vik, mignon et propret, mais très très calme. La nuit ne tombe jamais tout à fait, à minuit on peut encore lire dehors. Toutes les maisons et les pièces sont minuscules, habitude architecturale conservée de longue date qui tranche avec l’aisance financière du pays. Il faut dire que faute de bois pour construire, les options sont limitées. A une époque, les nombreux bateaux qui s’échouaient sur les côtes traitresses étaient d’ailleurs des mannes promptement démantelées. La plage est noir intense, c’est superbe avec les vagues argentées.

IS-sud-vik.jpg

IS-sud-plagenoire.jpg

En repartant, on s’arrête à Skogar, avec encore une belle cascade, qu’un chemin permet de surplomber avant de se lancer dans une petite rando entre les glaciers que l’on devine entre les nuages.

IS-sud-skogar1.jpg

IS-sud-skogar2.jpg

IS-sud-skogar3.jpg

Au pied des chutes, un autre musée intéressant retrace la vie vraiment pas tentante des pêcheurs de jadis. Chaussures en peau de poisson (dont il fallait plusieurs paires pour faire un trajet !), ustensiles en vertèbres de baleine, techniques de pêche rustiques, et peu à peu arrivée d’une modernité toute relative avant la moitié du XXème siècle. A l’extérieur, un petit skanzen regroupe des habitats traditionnels : maisons semi-enterrées, école, granges...

IS-sud-skogarmuseebateaux.jpg

IS-sud-maisonsherbe.jpg

IS-sud-cheval.jpg

Il y aurait de nombreux autres sites à voir, mais ils sont hors de portée de notre citadine de poche, qui disparaît à côté des monstrueux 4x4 qui passent parfois. Tant pis ! Pour le moment, il faut déjà remonter vers le nord, à travers une plaine volcanique étrange, le paysage semble moisi et au risque de paraître cliché, on se croirait vraiment sur une autre planète.

IS-sud-routevolcanique.jpg

IS-sud-plainevolcanique.jpg

Le plein d’essence et de provisions fait pour le week-end, nous partons ensuite pour le nord-ouest… à bientôt pour la suite !

mercredi 12 février 2014

Moto Trail Tour de Provence

C'est avec grand regret que je ne pourrai participer à cet événement qu'organisent les copains de l'asso Provence Moto Rando, ça tombe malheureusement pendant les Assises de la FFMC (pas le choix), mais je ne saurai trop encourager les conducteurs de gros trails à regarder ça de près, ça s'annonce super...

annonceMTTP14.jpg

mardi 7 janvier 2014

Carnet de voyage : autour de la Baltique

Bon, ça aura pris six mois, vu le peu de temps disponible et le volume de photos à trier, mais ça y est, le site de la balade moto autour de la Baltique à l'été dernier est enfin officiellement en ligne !

Au menu : France, Allemagne, Danemark, Norvège, Suède, Finlande, Estonie, Lettonie, Lituanie, Pologne, Allemagne, Belgique, France, une dizaine de millier de kilomètres fort sympathiques. A suivre sans plus attendre : http://www.zarkass.com/voyages/baltictour

(et comme c'est tout frais sorti du four, si vous voyez encore des coquilles, n'hésitez pas à signaler ;-) ) Bonne balade et lecture

baltic-no-bergen.jpg

vendredi 20 septembre 2013

Rando Roule et Rame 2013

roulerame13-piste.jpg

L’association Provence Moto Rando proposait une nouvelle formule le week-end dernier, combinant rando moto et kayak sur le Verdon. S’il n’y avait pas des masses d’inscrits (tant pis pour ceux qui ne sont pas venus !), le soleil était lui bien au rendez-vous, en même temps qu’une petite brise rendant la météo absolument parfaite pour l’exercice. La joyeuse bande s’est donc retrouvée au camping près du lac de Sainte Croix pour une première soirée bien sympathique où l’on parle voyages et bécane, bien sûr, mais aussi bonne chère !

roulerame13-camping.jpg

Le matin venu, tandis que d’autres copains nous rejoignent, on compose les groupes. L’un d’eux suivra un itinéraire routier, les deux autres des petits chemins roulants (un pour les débutants, l’autre pour les plus expérimentés). Côté véhicules, c’est évidemment la fête à la GS, dans toutes ses générations et déclinaisons, heureusement que quelques-uns en japonaises ou moi en anglaise sommes là pour briser un peu l’hégémonie teutonne. Nous roulons finalement assez peu, prenant notre temps pour apprécier le décor ou relever parfois ceux qui sont surpris par d’occasionnelles flaques de boue en sous-bois ou leur ABS réactivé par inadvertance (ça va l’épaule ?). Une petite collision dans un des groupes fait malheureusement quelques dégâts mécaniques, mais dans l’ensemble tout se passe bien et c’est un vrai régal.

roulerame13-flaque.jpg

C’est l’occasion de mettre en application les conseils de conduite en TT avec les gros trails, d’autant que le trajet est assez soft et prévu pour qu’il n’y ai pas de franchissement délicat. En fait fondamentalement je n’aime pas rouler en tout-terrain, j’ai horreur de cette sensation de glissement quand la roue avant semble flotter, et de ne jamais savoir si on pourra freiner en cas de besoin. Cela ne m’empêche pas d’en bouffer des centaines de kilomètres quand il le faut en voyage, en plus avec passagère et bagages, mais je ne suis jamais très à l’aise, pour ça aussi que je suis venu pratiquer ici, en solo pour une fois. Et pourtant là, en bonne compagnie, à rythme tranquille et sur des pistes relativement fiables, petit à petit l’appréhension se tasse, l’allure augmente (et facilite donc tout), et je commence même à bien apprécier. Le « secret » est de faire confiance à la moto (avoir vu ma propre bécane emmenée à bon train par Jean-Pierre Goy sur une piste bien plus difficile et avec moi en passager, ça aide !), et de ne pas lésiner sur la poignée droite. Plus y’a du gaz, mieux ça passe ! Le tout est d’oser mettre du rythme, je suis parfois jusqu’en troisième, et la moto est en toute logique plus stable et moins sensible aux gros cailloux. Merci l’effet gyroscopique…

roulerame13-gorges.jpg

Après un pique-nique au bord de l’eau, on abandonne les motos quelques heures et c’est parti pour une petite dizaine de kilomètres à pagayer sur l’eau cristalline, entre les parois abruptes du canyon, en continuant de se rentrer dedans mais cette fois intentionnellement et sans conséquence ! Je dessale de mon kayak à l’extrême fin, en descendant du bateau, c’est malin : la jambe ankylosée qui ne répond pas et plouf ! Mais l’eau est bonne (loin de chaude, mais y’a pire) et ça fait du bien, je me tâtais de toute façon pour y faire un tour, alors…

roulerame13-kayak.jpg

roulerame13-riviere.jpg

La journée se termine évidemment par l’apéro et un bon repas convivial. La pluie de la deuxième nuit n’encourage pas à reprendre les pistes comme on l’avait envisagé, mais elle a déjà cessé le temps d’entamer la route du retour, un peu courbatus, mais super contents du week-end. Rendez-vous est déjà pris pour la prochaine édition. Un grand merci à tout le monde, et notamment à Alain et Didier pour l’encadrement, au plaisir de remettre ça !

Pour en savoir plus sur l’asso Provence Moto Rando et participer à ses prochaines sorties : http://www.provence-moto-rando.org/provence-moto-rando/index.php

Note : ces photos ont été prises par les différents participants, tous droits réservés

jeudi 19 septembre 2013

Voyage en Harley : the big players

Motomag nous parle dans cet article d'un gars voyageant en Harley à travers la Sibérie etc. Chouette balade, en effet. Mais dans le genre et avec le même style de moto, une Electra Glide, il sera difficile de faire mieux que Peter et Kay Forwood. Ce couple d'Australiens à la retraite ont aussi "un peu" bourlingué avec leur enclume. Revenus l'année dernière au terme de 15 ans de route, leur bécane est officiellement le véhicule ayant le plus voyagé (sans parler d'eux-mêmes !). En 540.080 kilomètres avec le moteur d'origine (et 610.000 en tout depuis le changement de moulin), elle a posé ses roues dans 193 pays et 414 territoires divers.

forwood.jpg

Et ça n'a pas été que du beau bitume, oh non ! Des pistes d'Afrique à celles d'Amazonie, des chemins d'Asie aux routes russes qui ne valent guerre mieux, la Harley est passée partout. Le plus gros obstacle ayant surtout été administratif, imaginez un peu la paperasserie pour toutes ces frontières.

Si vous voulez en savoir plus, on parle d'eux sur les forums de voyageurs, notamment l'inévitable Horizons Unlimited (en anglais). Ils ont tiré pas mal d'interviews de leurs aventures, voir les bandes annonces sur Youtube.

vendredi 21 juin 2013

Baltic tour 7 – Pologne sud et fin

Il paraît qu’en France le temps continue d’être pourri, inondations, crues, pluie, grêle ! Ici non seulement le soleil brille, mais il fait même une chaleur humide étouffante. Heureusement, anticipant la fatigue de fin de voyage les étapes sont plus courtes et les visites moins nombreuses, d’autant que les routes continuent d’alterner entre le correct mais trop fréquenté vue la largeur (2x1 voies pour un trafic qui embouteillerait une 2x3, entre tracteurs, gros camions, bus scolaires, cars de touristes, énormes 4x4 aux vitres fumées, et bagnoles ordinaires qui se donnent un mal fou et prennent des risques pour me doubler à tout prix, apparemment perturbées par le fait que je ne colle pas au cul de celui qui me précède… et se retrouvent coincées devant ; il ne me reste alors plus qu’à les laisser sur place d’une infime rotation de poignée dès que la visibilité se dégage) et le très défoncé où l’on roule le fesses décollées de la selle sur de longues distances.

baltic-pl-kazdol1.jpg

Kazimierz Dolny le dimanche, c’est un peu Fontainebleau, le refuge des Varsoviens en quête de verdure, et de dizaines de bandes de motards en vadrouille. Le village est adorable, il faut l’avouer, un vrai décor de Disney (surtout avec un mec en costume de Winnie l’Ourson au milieu de la place). Tout le monde est un peu assommé de chaleur, les vendeurs de glace font fortune, et nous poursuivons vers le sud.

baltic-pl-kazdol2.jpg

Sandomierz est une autre petite ville charmante ramassée autour de son rynek (place du marché), vieilles maisons, rues pavées, un assortiment d’églises, de religieuses et de moines, quelques jeunes gens en costumes d’époque (pour les touristes), c’est tranquille et agréable.

baltic-pl-sandomierz.jpg

Arrêt obligé aux mines de sel de Wieliczka, un site vraiment étonnant. A une époque lointaine, c’était la mer ici. Quand des montagnes en sont nées (les Tatras et le début des Carpates), le sel est resté. Si la saumure jaillissant en sources est utilisée depuis la préhistoire, c’est au Moyen-âge que l’exploitation a vraiment commencé. Quelques puits, un ou deux tunnels, la découverte de sel gemme de qualité exceptionnelle, et c’est parti… Au plus fort de son activité, cette mine produisait à elle seule un tiers des revenus du royaume, quand le sel valait presque littéralement son pesant d’or. Il reste des centaines de kilomètres de galeries sur neuf niveaux, des milliers de salles, que l’on visite en compagnie d’un intéressant (et marrant) guide francophone. Ci-dessous, un plan de la mine du XVIIIème siècle.

baltic-pl-mine1.jpg

Des forêts entières ont été englouties pour étayer les galeries (les troncs les plus anciens se sont fossilisés dans le sel), et des sculptures, des salles de repos, mais aussi évidemment des chapelles ont été creusées dans le sous-sol. Des conditions de travail difficiles pour les hommes et les chevaux cent mètres sous terre, mais tout de même moins que dans les mines de charbon par exemple. Reste que le sel gemme est dur comme du marbre et cette mine était un chantier colossal.

baltic-pl-mine2.jpg

Pour soutenir la voûte des plus grandes salles, ce sont de véritables cathédrales de bois qui ont été érigées, les troncs peints en blancs pour les protéger du feu et améliorer un peu la luminosité. Difficile d’imaginer vraiment les conditions d’alors en visitant avec une abondante lumière électrique et une ventilation ultramoderne, mais le gros avantage, c’est qu’il fait agréablement frais ici ! Il reste des palans et cabestans géants, en état de fonctionnement étonnant, le sel préservant tout, y compris les pigments des peintures naïves d’il y a plusieurs siècles.

baltic-pl-mine3.jpg

Cette église souterraine est un lieu emblématique. Tout est en sel, des dalles du sol aux lustres réalisés à partir des plus gros cristaux, les bas-reliefs, les statues (y compris l’omniprésent Jean-Paul II dont le culte de la personnalité bat le plein partout). Dans les entrailles de la terre, on trouve encore un musée, des boutiques de souvenirs (qui veut son effigie de Justin Bieber en sel ?) un restaurant, et même un sanatorium tout confort. Et entre les groupes de touristes, on croise aussi des mineurs en grande tenue, des vrais, qui entretiennent la mine et évacuent l’eau qui la menace, plusieurs des niveaux les plus bas étant inondés depuis les grandes crues d’il y a quelques années.

baltic-pl-mine4.jpg

Nous voilà ensuite à Cracovie, la fameuse Cracovie dont on entend parler depuis si longtemps… Honnêtement ? La comparaison la plus pertinente qui nous vienne en tête est Marrakech : même impression de parc d’attraction pour touristes, même rabatteurs devant les restos en nombre phénoménal et les boutiques de souvenirs, mêmes bureaux de change arnaqueurs de première, mêmes fausses guérites d’office du tourisme cherchant à vendre des visites au rabais et des balades en calèche ou voiturettes de golf… Il faut avouer qu’on a du mal à être sous le charme dans ces conditions, même si en effet le vieux centre est beau (et d’origine pour une fois, la ville ayant été relativement épargnée par la guerre) mais pas forcément plus qu’ailleurs.

baltic-pl-cracovie-place.jpg

Des lieux intéressants cependant : quelques belles églises Art nouveau (mais pour les visiter, il faut arriver à tomber dans un creux entre les messes à jet continu), un quartier classique d’une vraie unité architecturale, ou encore la visite de l’excellent musée installé dans l’usine d’Oscar Schindler, celui de sa liste, qui sauva 1100 Juifs. Mais nous n’irons pas à Auschwitz et Birkenau, sans doute très intéressants, mais aussi trop douloureux et qu’on n’a franchement pas envie de voir avec des hordes de touristes se prenant en photo devant les chambres à gaz.

baltic-pl-cracovie-eglise.jpg

On regrette d’avoir écourté des visites dans le nord pour passer plus de temps ici, mais c’aura été au moins l’occasion de se reposer un grand coup avant d’attaquer le dernier bout, 1300 bornes d’autoroute jusqu’à Bruxelles, heureusement coupées de petites étapes. L’une d’elles est Wroclaw, dont la place principale n’a pas à rougir de celle de villes plus connues, et dont l’architecture plus allemande change avec ses voisines. Près de quarante au thermomètre sur la route en arrivant !

baltic-pl-wroclaw.jpg

Derniers arrêts pour jeter un œil aux églises de Swidnica et Jawor, qui sont tout de même les plus grands édifices religieux en bois d’Europe. A la fin du XVIIème siècle, le souverain catholique a accordé aux luthériens la possibilité de se construire quand même trois églises, mais hors des murs de la ville et uniquement en bois, s’attendant à ce qu’ils doivent se contenter de baraques basiques. Raté, un architecte audacieux en a fait de véritables monuments de bois, à la décoration baroque très originale.

baltic-pl-swindica.jpg

Et voilà, c’est la fin de cette balade. Plus qu’à retraverser l’Allemagne, que l’on voit par les fenêtres de notre dernière pension de ce soir, posée pile sur la frontière. Le temps de rentrer et on aura fait pratiquement 10.000 kilomètres lors de cette boucle autour de la mer Baltique (avec certes une digression vers le sud de la Pologne), en un gros mois, à travers 11 pays. En moyenne, on a eu beaucoup de chance avec la météo, sans doute parce que nous avons pris sur les trois premiers jours le quota de flotte pour les mois à venir ! A part un petit souci d’injection occasionnel casse-pied mais sans gravité et bientôt résolu, la Triumph Explorer a été impériale, que ce soit sur les belles routes ou les pistes défoncées, les villes ou même un bout de circuit en Suède, mais je ferai un billet détaillé sur elle un peu plus tard.

baltic-pl-motofin.jpg

Comme pour chaque voyage, un site détaillé sera fait, quand on aura eu le temps, avec les photos, récit, bons plans etc., à retrouver sur www.zarkass.com. En attendant, bonnes routes et bon été à tous !

mardi 18 juin 2013

Baltic tour 6 – Pologne nord

On commence notre périple polonais en forme de « S » par le nord-est, la Mazurie, une jolie région vallonnée, parsemée de lacs et saupoudrée de croix et d’églises un peu partout. C’est mini tout plein, bien qu’il faille un peu se battre avec les routes étroites, au trafic souvent dense, et très défoncées. Il faut dire que le coin est rural, mais comme pour toute la suite du voyage, on est très agréablement surpris. D’une première traversée de Pologne en voiture il y a quinze ans nous avions un souvenir très terne, pauvre, aux villages sales et aux véhicules hors d’âge. Le pays a bien et rapidement progressé depuis ! Certes le grand soleil aide, mais quand même, tout est propre partout, plutôt pimpant, plus rien en apparence de l’ancien pays de l’est rétrograde.

baltic-pl-lac.jpg

Les villages sont bien restaurés et fleuris, il y a du Wi-Fi public presque partout, et le budget est raisonnable : on se loge pour 25 à 40 Euros, on mange pour 10 à 15 Euros à deux. Plein de trucs à visiter et à voir, la Pologne se révèle très agréable et bien plus qu’une série d’étapes obligées vers l’ouest. Ci-dessous, dans cette région lacustre, il y a encore quelques ponts pivotants pour laisser passer les bateaux… même si en pratique (et avec l’aide du GPS, qui se sera décidément révélé un allié très précieux sur cette balade !) on a plus vite fait de contourner à la recherche d’un vrai pont en dur pour passer.

baltic-pl-pont.jpg

Caché dans une belle forêt se trouvent les ruines du « Repaire du Loup », base secrète d’Hitler où il passa le plus gros de la guerre. En l’abandonnant à la toute fin, les nazis ont tout fait sauter, et on visite aujourd’hui à l’ombre d’une dense canopée les restes monumentaux des bunkers détruits de l’intérieur. Murs de béton de plusieurs mètres d’épaisseur, armatures de métal, reste de passages, inscriptions en allemand recouvertes de mousse, impression bizarre qui rappelle les temples enfouis des jungles d’Asie ou d’Amérique du sud, mais aussi sentiment de profonde satisfaction de voir cette forteresse du Reich retourner à la nature, vide de sens et de pouvoir, comme celles de tant de tyrans du passé.

baltic-pl-bunker.jpg

Autres ruines, mais sacrément bien restaurées celle-là, au château de Malbork. Ancienne capitale des chevaliers teutoniques (qui n’étaient d’ailleurs pas en reste de massacres malgré leurs vœux hospitaliers), ce couvent fortifié géant est le plus grand ensemble de briques d’Europe. La visite (avec un audio-guide très bien fait) prend des heures, c’est vraiment magnifique. Comme tout le reste, vous aurez des photos plus détaillées sur le site… quand on aura fait le tri !

baltic-pl-malbork.jpg

Regagnant une dernière fois les côtes de la Baltique, étape à Gdansk, plus connue dans vos cours d’histoire sous le nom de Danzig et son célèbre corridor. Un très grand regret : avoir prévu si peu de temps ! Sachant que tout avait été rasé pendant la guerre, nous avions sous-estimé à quel point la reconstruction du centre-ville avait été vaste et minutieuse. Et comme depuis les années 1950, les bâtiments ont eu le temps de se patiner un peu, on se croirait vraiment dans une superbe ville préservée.

baltic-pl-gdansk.jpg

Autre attrait de Gdansk, qu’on attendait même s’il est très symbolique : le chantier naval d’où est parti le mouvement ouvrier Solidarnosc, mené par Lech Valesa, qui de fil en aiguille a entraîné toute la Pologne dans des grèves monstrueuses, paralysant l’économie et grippant la vaste machine soviétique, jusqu’à déclencher l’effondrement de l’URSS. Rien de spécial à voir, mais un lieu significatif !

baltic-pl-solidarnosc.jpg

Sur la route vers le sud (magnifique autoroute flambant neuve… à péage, mais ça repose un peu le dos et les suspensions !), arrêt à Torun, la ville de Copernic, puis nous voici à Varsovie. Grande ville moderne elle aussi lourdement chargée d’histoire, elle nous laisse une curieuse impression. C’est comme si en superposition on voyait la ville actuelle, ses immeubles, ses boutiques de fringues semblables à partout ailleurs, et même une mini gay-pride (un seul char sous forte escorte policière, mais il faut bien commencer par quelque chose) – et d’autre part la ville qu’elle fut.

baltic-pl-varsovie1.jpg

Car si ces buildings en verre et ces HLM plutôt pas mal sont bâtis légèrement en hauteur, c’est qu’ils ont poussé sur les remblais composés des décombres et des corps du Varsovie d’avant, à commencer par le tristement célèbre Ghetto. 300.000 personnes enfermées dans leur propre ville, juste à côté du reste de la population, entassées et déportées jusqu’à ce qu’il ne reste rien ni des gens ni de leur cité. L’immeuble en brique ci-dessous est le seul et unique qui soit resté debout après l’acharnement nazi.

baltic-pl-ghetto.jpg

Une expo de photos couleurs de l’immédiate après-guerre donne une idée de l’étendue des dégâts, mais ne suffit pas à oublier le poids le l’histoire, d’autant que la mémoire semble se faire au compte-gouttes. Le premier musée sur la question est seulement en cours d’ouverture. Mais le devoir de mémoire se fait petit à petit, nous confient des Polonais rencontrés sur les lieux, y compris un survivant de Sobibor ; le traumatisme et la culpabilité sont profonds, il y faut encore du temps.

baltic-pl-ruines.jpg

Plus agréable, la vieille ville, comme à Gdansk pratiquement démolie puis reconstruite à l’identique, draine les touristes et laisse imaginer la splendeur d’avant-guerre. Ce qui détonne, c’est l’impressionnante collection de voitures de sport, de la BMW à la Lamborghini, toutes plus tunées les unes que les autres, qui foncent dans les avenues en faisant un raffut du tonnerre. Après on va encore accuser les motards ;-) Les flics ne disent rien, et pourtant ils ne manquent pas, il y en a tant qu’on se croirait en France, on a perdu l’habitude.

baltic-pl-varsovie2.jpg

C’est sous un soleil intense et des températures caniculaires qui nous font défaillir dans les équipements de moto (presque à donner envie de rouler comme la majorité des nombreux motards polonais en short et T-shirt… presque) que nous poursuivons vers le sud et Cracovie… à suivre dans le prochain et dernier billet. A bientôt !

PS : tient, ceci est le 300eme billet de mon blog. Ah oui, quand même ;-)

jeudi 13 juin 2013

Baltic tour 5 – Pays baltes

Le trio Estonie / Lettonie / Lituanie est souvent pris comme un lot depuis l’Europe de l’ouest, on les confond, on les mélange, alors que ce sont vraiment trois entités bien distinctes, unies par une histoires tumultueuse et une belle collection de massacres et d’exactions par tous leurs puissants voisins, notamment l’URSS dont ils ne sont indépendants que depuis une vingtaine d’années.

baltic-pb-moto.jpg

Premier pays en sortant du bateau, l’Estonie est proche de la Finlande par plus que sa géographie : langue, mais aussi pas mal de coutumes, devise (l’Euro)… Tallinn est une ville magnifique, tout le centre est très bien préservé et mis en valeur, c’est vraiment joli. En plus, plein de commerçants et restaurateurs sont en costumes, des bons restos pas trop chers… revers de la médaille, c’est extrêmement touristique. Pas un seul magasin qui ne soit de bouffe ou de souvenirs, des groupes par centaines bien agglutinés autour de leurs guides… Mais bon, c’est superbe, il fait beau, pas question de se plaindre !

baltic-pb-tallinn1.jpg

baltic-pb-tallinn2.jpg

On longe ensuite un peu la côte avec une étape à Happsalu (non, pas Uppsala, ça c’était en Suède), petite station balnéaire avec les restes du château médiéval… qu’on a la chance de voir, par pur hasard, en plein festival ! Des dizaines de gens en habits traditionnels célèbrent la réconciliation (si on a bien compris) entre l’Estonie et la Suède (qui l’a occupée quelques siècles).

baltic-pb-happsalu.jpg

baltic-pb-baie.jpg

Nous passons ensuite en Lettonie et faisons étape à Sigulda, au nord-est de Riga (nous avons déjà visité cette chouette capitale il y a deux ans), qui propose notamment les restes évocateurs d’un gros château en briques. Les routes sont généralement assez correctes, mais plus on descend, plus ça se dégrade, et les suspensions de la moto plutôt épargnées jusqu’ici commencent à être sérieusement mises à contribution… de même que le dos de la passagère. Dès qu’on quitte les axes principaux, les routes ne sont plus goudronnées, même si les pistes restent bien entretenues. Le GPS est d’une aide précieuse tant les panneaux se font rares. Parfois cependant, il ne sait plus trop où aller, quand la route indiquée n’est plus qu’un sentier de sable serpentant entre des immeubles incongrus. C’est bien une rue, et elle va sans doute au bon endroit, mais il est parfois plus sage de retourner chercher une voie plus praticable, quitte à faire un détour. L'avantage, c'est que ça force à adopter un rythme bien cool, et la conso comme l'autonomie s'en ressentent dans le bon sens : hors des villes, nous tournons autour des 4,5 litres aux 100.

baltic-pb-sigulda.jpg

Encore quelques châteaux, et nous passons en Lituanie. Moins d’arbres, plus de champs, toujours aussi plat et rectiligne, les routes ne sont pas très drôles, mais en un peu meilleur état… à condition une fois encore de rester sur les grands axes. Sinon ils ont une méthode originale : seul le centre de la route, large comme un véhicule, est bitumé nickel. Sur les deux côtés, c’est du gravillon. Du coup quand on est tout seul, c’est impeccable. Et quand il faut doubler ou qu’un autre arrive en face, ben… on fait avec.

baltic-pb-border.jpg

La Colline des Croix est un lieu assez hallucinant et halluciné. Sur un petit tertre sont accumulées des centaines de milliers de croix, de tous âges, styles, matériaux, couleurs et origines. La tradition remonte à bien longtemps, même avant le christianisme qui ne s’est implanté que tardivement par ici, au XVeme siècle. Les croix païennes ont été recyclées par les prêtes chrétiens, pratique ! Ce lieu a été plusieurs fois détruit par les Soviétiques, mais a ressuscité lui aussi depuis l’indépendance jusqu'à prendre une ampleur démesurée. Ah, c'est donc ça un "chemin de croix" !

baltic-pb-croix.jpg

A part ça la Lituanie donne une impression plus terne et pauvre que les autres pays baltes, mais loin de la grisaille post-URSS de son image d’Epinal. Vastes plaines agricoles, villes et infrastructures modernes à défaut d’être très attrayantes. Je prends un PV pour excès de vitesse, 112 km/h sur une voie dont j’étais convaincu qu’elle était limitée à 110… et qui l’était, sauf précisément sur le tronçon contrôlé, pourtant identique au reste, comme par hasard. Si les méthodes rappellent la maison, l’amende à 50 Litas (15 Euros) que l’on ira payer dans une banque en ville passe sans trop de douleur. S’il fallait prendre une prune, mieux valait ici qu’en Scandinavie au centuple du montant !

Vilnius souffre certes de la comparaison avec Riga et Tallinn, mais n’est pas dénuée d’intérêt avec ses belles rues, ses églises innombrables tant de fois remaniées qu’on ne sait plus du tout de quel style elles sont, et une animation de bon aloi. Mais que les conducteurs sont agressifs ! Ils foncent dans les ruelles sans respect pour les piétons, font ronfler les moteurs, de vraies brutes, d’autant plus choquant après tous les pays parfaitement civilisés qu’on a traversé jusqu’ici. Et presque aucune moto, en les cherchant spécifiquement j’ai compté moins d’une demi-douzaine de gros cubes sur toute la traversée du pays.

baltic-pb-vilnius1.jpg

baltic-pb-vilnius2.jpg

Arrêt au parc Gruto, qui rassemble dans une forêt verdoyante des dizaines de statues de l’époque soviétique, portraits géants de Marx et de Lénine sous toutes les coutures, héros et héroïnes musclés et quelques monstres de l’Histoire sauvegardés à leur déboulonnage pour l’expiation des générations passées et l’édification des futures. Depuis Staline aux 20 millions de victimes jusqu’aux inconnus (pour nous) qui ont trahi et massacré pour une place au soleil de Moscou, le contraste avec les jeux pour enfants et le petit zoo voisin est assez saisissant. baltic-pb-gruta.jpg

Ensuite nous pensions soit passer par le nord et l’isthme de Courlande, puis l’enclave russe de Kaliningrad, soit au sud via Minsk en Biélorussie, mais la lourdeur des formalités et le coût des visas (250 euros pour Kaliningrad !), sans même parler de faire transiter la moto, nous ont dissuadés, surtout vu le temps qu’on aurait pu y consacrer. Ce sera donc pour une prochaine fois, nous restons tranquillement dans l’espace Schengen en optant pour la voie centrale en Pologne, dont nous parlerons dans un prochain billet !

samedi 8 juin 2013

Baltic tour 4 – Finlande

Voisine et ex-vassale de la Suède, la Finlande ne lui ressemble pourtant pas. A part les arbres, si, ça il y a des arbres, on ne peut pas dire le contraire. Mais c’est plus plat, encore moins peuplé, et pas scandinave. La langue est totalement différente et il y a vraiment quelque chose de spécial ici. Pourtant rien de si particulier à première vue… les villages sont jolis mais pas à se pâmer, les paysages sont beaux mais toujours un peu les mêmes… et pourtant on se sent super bien ici, et on a déjà la ferme intention de revenir avec plus de temps pour pousser vers le nord et la Laponie. Il faut dire aussi qu’on se balade dans des conditions idéales, à part le temps limité : la météo est à quelques écarts près impeccable (même des records de chaleur, cette semaine il a fait plus de trente degrés en Laponie, en faisant momentanément la région la plus chaude d’Europe, un comble !) et on est accompagnés d’un ami finlandais, motard chevronné, qui connaît tout le monde et nous fait rencontrer à chaque étape des gens super, accueillants et sympas comme tout, alors forcément ça aide à faire une excellente impression.

En débarquant à Turku après la Suède, nous longeons la côte via Rauma, village dont tout le centre est très bien préservé, maisons en bois de toutes les couleurs mais qui ne font pas du tout ville-musée : les habitants y vivent et travaillent, c’est mimi tout plein.

baltic-fi-rauma.jpg

Un pique-nique à Pori commençait bien, jusqu’à ce que d’un coup le ciel éclate et nous tombe dessus ! Nous repartons trempés, mais avons presque séché le temps d’arriver à Petäjävesi, très ancienne église en bois debout ayant miraculeusement survécu aux siècles (la seule originale du pays).

baltic-fi-eglise.jpg

Etape ensuite à Tampere, ancienne ville industrielle installée en équilibre sur un isthme entre deux lacs naturels, qu’on admire depuis sa tour d’observation avant de visiter un intéressant musée dédié aux conditions de vie des ouvriers au fil des décennies, installé dans les immense usines-villes quasi-autonomes qui géraient leur main-d’œuvre de la naissance à la retraite.

baltic-fi-tampere.jpg

Le soir suivant est un petit miracle d’authenticité : nous avons la chance d’être accueillis dans la famille de notre pote en pleine forêt, à une soixantaine de kilomètres de Kuopio. Pas d’électricité ni d’Internet, mais une maison et des cabanes entièrement construites à la main par notre hôte, depuis la sélection des arbres ! C’est beau, confortable, et complètement traditionnel, du fumoir à poissons au merveilleux sauna, d’où une fois bien suant il ne reste qu’à sauter dans le lac au bout du jardin (près de 200.000 lacs en Finlande, il y a de quoi faire). S’il n’y avait ces horribles moustiques omniprésents, ce serait le paradis. A noter que la photo du ponton ci-dessous est prise vers minuit : et oui, c’est l’apogée septentrionale de notre périple… pour cette fois.

baltic-fi-cabane.jpg

baltic-fi-ponton.jpg

Un paradis qu’il nous faut hélas déjà quitter pour faire route vers le sud, la moyenne n’est pas élevée et les distances longues. Et comme dans toute balade entre motards, vient le moment où l’on s’échange les motos. Cool… sauf que je n’avais pas prévu que ce serait juste avant un passage de piste de gravier ! Chose que je n’apprécie guère et où je ne suis décidément pas à l’aise, même si quand il le faut j’en bouffe des dizaines de kilomètres. Et là, c’est avec un custom Harley Softail de près de 400 kilos, avec les pieds à l’aplomb du phare, pratiquement pas de garde au sol et guère plus de freins… hum, autant dire que je ne fais pas le malin. Mais en fait, la bête s’avère plutôt stable à ce petit jeu, avec son centre de gravité hyper bas. Bon, quand même mieux sur le bitume.

baltic-fi-motos.jpg

Helsinki est une ville très chouette, vivante et pleine de contrastes entre les rares bâtiments ayant survécu aux incendies et aux guerres, et les constructions modernes, notamment celles d’Alvar Alto révolutionnaires en leur temps, ou encore des églises très originales. Bien sûr, de l’eau et de la verdure partout, des cafés sympas, des concerts en plein air, ou encore une concentration soudaine de belles voitures américaines.

baltic-fi-helsinki2.jpg

baltic-fi-helsinki1.jpg

Encore un saut à Porvoo, en direction de la frontière russe, adorable village touristique assez clinquant mais joli comme tout, complété par la visite du moto-club local, super bien installé (faut dire, ils ont un long hiver à passer à bichonner leurs bécanes à défaut de pouvoir rouler avec).

baltic-fi-porvoo.jpg

On finit par Suomenlinna, ancienne forteresse à cheval sur quelques îlots dans la baie d’Helsinki, classée Unesco, dont certains endroits ressemblent à un village hobbit. Mais c’était des dépôts de munition, moins drôle.

baltic-fi-suomellinna.jpg

Encore un ferry et nous voici à Tallinn en Estonie, c’est le début de la route du retour via les pays baltes. Bonne surprise, l’essence y est moins chère de 50 centimes par litre, ça commence bien de ce point de vue. La suite dans le prochain billet.

mercredi 5 juin 2013

Baltic tour 3 – Suède

C’est grand la Suède, même le troisième plus grand pays d’Europe, à partager entre 8 millions d’habitants… et beaucoup, beaucoup de forêts. Nous n’en verrons là aussi qu’un petit bout en la traversant d’ouest en est, avec pour lot de consolation que de l’aveu même des Suédois, les paysages ne varient guère en faisant plus de bornes. Des arbres, des arbres, des arbres, d’autres arbres. Mais la route a beau être rectiligne, ce n’est pas désagréable, il fait plutôt beau, et presque toutes les maisons sont en bois et parées du rouge traditionnel, c’est joli.

baltic-se-route.jpg

Ce curieux bâtiment n’est autre qu’un château royal médiéval, chargé d’histoire et fortement symbolique, du temps où la Suède s’est libérée du joug danois, avec l’évasion rocambolesque du roi dénoncé par sa belle famille, un vrai épisode de Game of Thrones… et un des plus anciens musées d’Europe.

baltic-se-chateau.jpg

Après Borlänge, passage par le ravissant village de Sundborn, et si on ne pourra hélas pas visiter la superbe maison de Carl Larsson pour cause de cars de touristes prenant toute la place, on a au moins le plaisir de voir ce patelin idyllique, décoré jusque sur ses boîtes aux lettres.

baltic-se-sundborn.jpg

baltic-se-bal.jpg

Petit arrêt à Uppsala, et voici déjà Stockholm, vaste cité en plein travaux, vraiment sympa, animée, pleine de vie et d’activités.

baltic-se-stockholmpasserelle.jpg

baltic-se-quais.jpg

On y visite notamment le musée Vasa, sur un magnifique navire incroyablement décoré, fleuron de la flotte royale du début du XVIeme siècle… qui coula à pic par une mer étale, quelques instants après avoir été lancé, victime de défauts de conception. Remonté dans les années 60 après 333 ans bien à l’abri dans le fond boueux, il est exposé pratiquement intact avec une foule d’informations et de trouvailles rares, certains squelettes de marins ont été retrouvés avec encore leurs habits et le contenu de leur poches, c’est très impressionnant.

baltic-se-vasa.jpg

Le soir au bord de l’eau, cette ville moderne prend des faux airs de lagune de Venise… où le soleil se coucherait particulièrement tard !

baltic-se-stockholmsoir.jpg

baltic-se-lagune.jpg

Il est une fois de plus déjà temps de partir, c’est assez frustrant mais nous savions que cette balade ne serait qu’un avant-goût, un échantillon de Scandinavie. Au moment d’embarquer pour la Finlande, nous avons la surprise d’être rejoint par des centaines de bikers, qui reviennent d’un grand salon du custom. Au milieu de tous ces choppers et préparations plus ou moins belles ou délirantes, j’ai un peu l’impression de conduire un (gros) scooter électrique. Et quand 150 Harleys en pots pas très conformes démarrent en même temps dans la cale du ferry, je vous dis pas le raffut !

baltic-se-ferry.jpg

La traversée de l’archipel prend une nuit, véritable mini croisière entre les îles innombrables, tout cela est bien joli. Arrivés à Turku, c’est parti pour une balade en compagnie des copains des associations finnoises partenaires de la FFMC que sont SMoto et MP69, mais ça, ce sera pour le prochain billet. Pris un peu de retard dans les posts faute d'avoir accès au Net au fin fond des forêts suomi.

baltic-se-village.jpg

Je vous invite aussi à lire le blog de Tarmokeuf, sur un parcours similaire ! Mais je serai probablement parti d'Helsinki peu avant qu'il arrive, dommage.

mercredi 29 mai 2013

Baltic tour 2 – Norvège, suite

Sur la carte, nous ne sommes pas si au nord que ça. En fait, il reste autant de distance entre nous et le Cap Nord que ce qu’on a déjà parcouru depuis la France. C’est que, c’est long la Norvège, même si au point le plus étroit, elle ne fait que 6 kilomètres de large. Cela n’empêche pas certains paysages de nous projeter au-delà du cercle arctique, quand des curiosités géographiques confèrent à une région du sud un climat typiquement polaire. Ainsi en abordant le Telemark, on traverse des hauts plateaux enneigés aux lacs bien gelés, éblouissants sous le grand soleil fort bienvenu après une nouvelle matinée pluvieuse (mais sans neige, heureusement).

baltic-no-motoglace.jpg

baltic-no-glace.jpg

Les bleus doux se déclinent à l’infini, et d’une vallée à l’autre le décor change radicalement : végétation vert intense aux maisons rouges, morne espace désolé tout en brun et noir, débauche d’eau quand les cascades enjambent la route et se mêlent aux torrents d’argent, miroirs sereins des lacs d’altitude ou des fjords plus à l’ouest… Les vallées norvégiennes, c’est comme une boîte de chocolat, on sait jamais sur quoi on va tomber.

baltic-no-reflet.jpg

baltic-no-cascade.jpg

Il faut dire que de l’une à l’autre, on n’a pas de transitions : elles sont reliées par d’interminables tunnels (le plus long, qu’on ne prendra pas, fait près de 30 kilomètres !) parfois assez flippants : la température est glacée, ils sont souvent à peine, voire pas du tout éclairés, certains tournent en tire-bouchon pour descendre une montagne de l’intérieur, et ruissellent presque de verglas. Mais ils font quand même gagner un temps fou et chaque sortie de tunnel est une récompense en soi. Nous atteignons le village de Dalen, près duquel est une mignonne église en bois debout très ancienne, nous en verrons plusieurs sur le chemin, ainsi que de vieux greniers à grains surélevés et des maisons traditionnelles au toit couvert de végétation.

baltic-no-eglise.jpg

baltic-no-lacvillage.jpg

Nous grimpons ensuite au mont Gausta (merci le trail pour traverser un chantier barrant l’unique route plutôt que faire un détour de 120 bornes !), pensant monter au sommet le lendemain. Nous en sommes dissuadés par le temps de nouveau maussade, mais aussi par le tarif délirant du funiculaire (50 € / personne). Ces histoires de prix deviennent lassantes : même en n’ayant presque aucun hébergement payant, en nous nourrissant de sandwiches, en nous privant de bien des visites, en éco-conduisant au max, et évitant bien des frais avec les avantages de la moto, le budget est quand même élevé ; on a beau être prévenus, vivement les pays plus raisonnables ! On redescend ensuite dans la plaine jusqu’à Moss pour rendre visite aux copains de NMCU, l’homologue norvégien de la FFMC et son partenaire au sein de la FEMA, avant de monter enfin sur Oslo. La ville ne nous emballe guère. Moderne et sans vraiment d’attrait particulier (à moins sans doute d’avoir un budget sans fond !), elle offre toutefois un bel opéra tout neuf (photo ci-dessous) sur une skyline en construction, mais aussi en cherchant bien un petit quartier préservé, de beaux musées de la mer (notamment sur l’histoire du Kon-Tiki), ou encore l’étonnant parc Vigeland.

baltic-no-osloopera.jpg

baltic-no-oslofort.jpg

Peu à peu le charme cosmopolite d’Oslo se dévoile quand même, mais ce n’est pas le lieu qu’on regrettera le plus de Norvège. Et oui, car c’est déjà fini, nous n’avions que le temps d’un bref aperçu du sud du grand nord. Il reste encore quelques milliers de kilomètres de côtes, de fjords de villages perdus et de forêts, mais nous avons au moins eu un échantillon assez représentatif. Maintenant, c’est au tour d’un petit bout du sud de la Suède ! Nous sommes ce soir près de Borlange, après une visite des nouveaux locaux de SMC (la FFMC suédoise, la plus grande et une des plus ancienne asso motarde d’Europe, qui fête ses 50 ans cette année). Demain, Stockholm.

samedi 25 mai 2013

Baltic tour 1 – Norvège

Les copains partis de Lamoura en même temps que moi lundi dernier ont eu la chance de partager une pluie intense et glacée peu digne de la saison. Je peux maintenant témoigner qu’il n’y avait pas qu’en France que le temps était pourri. A part un peu en Allemagne, un déluge impressionnant ne nous a pas lâchés jusqu’à la pointe nord du Danemark, je crois qu’on a battu notre record d’être trempés et transis, et pourtant on avait déjà des références. Mais bon, l’important est d’être enfin arrivés ! Après deux heures de ferry, nous posons les roues en territoire inconnu : la Norvège. Pour rejoindre notre premier hôte isolé dans la forêt, le GPS annonce la couleur : « Attention, cet itinéraire emprunte des chemins ». Les chiffres me reviennent en tête, 60% des routes de Scandinavie sont en fait de simples pistes, mais probablement plus au nord que ce que nous aurons le temps de visiter, là il ne s’agit que de quelques kilomètres pour se mettre en jambes et goûter notre première nuit nordique... pour ce qu’il en reste, le soleil ne daignant disparaître qu’à près de minuit, pour revenir dès quatre heures.

baltic-no-motochemin.jpg

Le lendemain, nous longeons la côte sud, avec un détour vraiment pas indispensable par le phare de Lindesnes, puis en suivant la superbe route 44. Etroit ruban de bitume en bon état, serpentant entre mer et forêt, circulation faible, ce serait un super pied… si la pluie n’avait à son tour traversé pour nous poursuivre ! Au point qu’on zappe plusieurs villages prévus, ne s’arrêtant que pour se réchauffer un peu avec un chocolat. Heureusement qu’au dernier moment avant de partir on a remis la doublure des blousons et pris les tours de cou, mais les gants d’été et les bottes légères sont bien limites pour les 6 malheureux degrés que nous avons, loin sous les moyennes saisonnières.

baltic-no-maisonrouge.jpg

Enfin, hallelujah, le soleil se montre tandis que nous arrivons sur Stavanger, il est chaud et doux, ça fait un bien fou, même si le vent descendu de l’Arctique reste bien frisquet. Ville colorée et sympathique, où le pétrole est la principale activité et les prix atteignent des records, même pour la Norvège. Les plats des restos n’hésitent pas à s’afficher à 50 Euros, et tout est à l’avenant. Heureusement que la merveilleuse entraide des voyageurs nous permet de nous balader en minimisant sérieusement les frais, logés-nourris chez l’habitant très sympa de surcroît, ce qui nous laisse de quoi faire face au reste, par exemple l’essence à plus de deux euros le litre (heureusement qu’on roule cool !).

baltic-no-stavanger.jpg

Le jour d’après se fait sportif : on s’enfonce un peu dans les fjords avant de se lancer à l’assaut du Preikestolen, une grosse demi-journée de marche aller-retour pour aller voir un impressionnant rocher aux arrêtes régulières tombant tout droit à pic dans l’eau glacée, 600 mètres plus bas. La grimpette n’est pas toujours évidente avec quelques escaliers pour tout entraînement, mais les vues sont magnifiques tout au long du chemin.

baltic-no-preisestolen.jpg

baltic-no-apic.jpg

Le retour se fait comme d’hab par une succession de ponts, de tunnels en V plongeant sous les fjords et de ferries, hallucinant à quel point le territoire est découpé et entremêlé d’eau et de rocs. Et encore, la moto a de nombreux avantages : déjà, on est exemptés des nombreux péages, mais en plus on peut très officiellement remonter les parfois interminables files d’attente aux embarquements des ferries, et on est aussi les premiers à débarquer pour prendre la route sans être gênés par les camions et camping cars, sympa…

baltic-no-motoferry.jpg

Nous sommes ce soir dans la très jolie ville de Bergen, ancienne capitale du pays et ville majeure de la ligue hanséatique, avec tout un quartier de maisons en bois et des ruelles grimpant les collines autour du port. Le soleil était caché ce matin mais il a eu la très bonne idée d’éclairer toutes ces couleurs pimpantes, pourvu que ça dure.

baltic-no-bergen.jpg

La suite au prochain numéro…

jeudi 2 mai 2013

Carnet de voyage Autriche-Hongrie-Slovaquie en ligne

Il s’est fait attendre plus de huit mois, entre le peu de temps disponible et le grand nombre de photos à trier dans les villes un peu trop photogéniques, mais ça y est ! Le carnet de voyage de la balade à moto de l’été dernier est officiellement en ligne. Il était temps, le prochain départ se rapproche… Au menu de ce nouveau site : est de la France, sud de l’Allemagne, Liechtenstein, Autriche, Slovénie, Croatie, Hongrie, Slovaquie, retour en Autriche, back to France. A découvrir étape par étape ici : http://www.zarkass.com/voyages/autrichehongrieslovaquie.htm

A noter que vous pouvez également retrouver le passage dans le Tyrol autrichien dans le n° 296 de Moto Magazine et le n°5 d’Overland Magazine

autriche-krimmlerwasserfalle.jpg

autriche-grosseglockner3.jpg

hongrie-budapestparlement.jpg

Et si ça vous tente, les autres voyages sont toujours accessibles sur mon site perso : http://www.zarkass.com/voyages.htm

A noter aussi, quelques nouvelles galeries photos de ma chère passagère (Italie, France) : http://www.zarkass.com/liliane/photosdiverses.htm

Bonnes balades !

mardi 30 avril 2013

Overland 5 : nouveau format, nouvelles destinations

Avis aux passionnés de voyage à moto, ou juste aux amateurs de belles photos et récits captivants, le très beau "bookazine" (livre-magazine) anglais Overland vient de publier son numéro 5. Vous y découvrirez des textes et superbes images de Bolivie, du Mexique et du Canada, mais aussi un article sur comment voyager en Afrique, une exploration des Hébrides, de la Russie, et l'une des plus belles routes d'Autriche (tiens, cet article-là est de votre serviteur ;-) ). Sans oublier une galerie photos du Sultanat d'Oman, un passage mouvementé au Pakistan, la critique littéraire des livres de voyage à moto, etc. En bonus, la couverture se déplie de part et d'autre pour de magnifiques photos panoramiques, du genre qu'on est jaloux de ne pas avoir faites... Bref, à ne pas manquer. A lire en ligne ou à commander ici : www.overlandmag.com

Overland5.jpg

vendredi 19 avril 2013

Parce qu’il n’y a (quand même) pas que la moto pour voyager

On a beau adorer le voyage à moto + camping ou chambres d’hôtes, d’autres modes de transport et hébergement se défendent. Ainsi, certains de nos plus beaux voyages ont été en camping-car, notamment celui-ci. Mais le « camper » de base reste limité aux routes goudronnées et pistes roulantes en poussant un peu, alors que le monde mérite un peu plus de capacité de franchissement, de désensablement ou de motricité. Pour cela, il existe des 4x4 pick-up munis d’une cabine plus ou moins basiques, mais tant qu’à faire de dormir dans son véhicule et d’y vivre plusieurs semaines – voire mois – d’affilée, autant qu’il soit spacieux et confortable.

C’est là que les véhicules spécialisés entrent en jeu… L’un d’eux est l’EarthCruiser, d’un constructeur australien. Basé sur un châssis de Mistubishi Fuso 4x4, il est vraiment conçu pour l’autonomie et le voyage indépendant. Non seulement c’est un vrai tout-terrain surélevé, mais il est conçu pour se « replier » suffisamment (le toit de la partie habitation se rétracte) pour rester compact, stable sur piste… et même pour entrer pile-poil dans un container pour passer d’un continent à l’autre à coût minimal ! Niveau ressources, plein d’astuces : une gestion intelligente de l’énergie (complétée par des panneaux solaires sur le toit), le chauffage et la cuisson qui marchent au bête diesel comme le réservoir pour ne pas tomber en rade de bouteilles au milieu de nulle part, et même une pompe à eau capable de puiser directement dans un lac ou une rivière… et de la rendre potable ! Bien sûr, comme tous ces engins, il est possible de monter un support à l’arrière pour trimballer une moto (style une DR, XT…) pour se balader sur place ou aller en ville. Un vrai rêve de voyageur… mais qui a un prix, à partir de 160.000 Euros, ouch.

Earthcruiser.jpg Pour en savoir plus : www.earthcruiser.com.au

Variante de grand luxe à partir d'un camion-benne.

On peut cependant taper encore la gamme au-dessus. Peut-être un peu moins raffiné technologiquement, un Mercedes Unimog est en revanche encore plus passe-partout, un vrai véhicule de Dakar, capable de traverser tout seul désert ou steppe. Mais là on passe à une taille au-dessus… 9 tonnes, 30 litres aux 100… et je n’ose imaginer le prix.

Site d’un passionné : www.desert-aventure.com

Vous voulez encore plus ? Pas de soucis, tout existe ! Faut juste les moyens. Le plus extrême que je connaisse étant ce monstre, que je soupçonne destiné aux émirs nostalgiques des caravanes du désert, ou peut-être pour les stars en tournage dans le désert. Mais là, objectivement, un peu too much ! Ce n’est plus une moto qu’on peut accrocher derrière, mais un 4x4 ! Admirez l’intérieur sur les galeries du site… oui, c’est techniquement un camping-car, pas une suite du Hilton.

Bon, cela dit, un bon vieux Trafic ou Ducato d’occas’ aménagé, certes pas 4x4, est un bon début… et la différence de prix couvre presque une vie de voyage. Il y a le rêve, et le réalisme. En attendant, on continue sans regret avec la moto et la tente dans le top-case ou le couchsurfing !

- page 1 de 4