Que c’est beau le Tyrol autrichien ! Notre principale surprise : ne pas croiser plus de motos françaises, pour tout dire nous n’en avons pas vu une seule, alors que des bécanes en général, si ! Par centaines, par milliers (de l’Indian au scooter, de la Goldwing à la Monstro, en passant par la dernière hypersport, et des GS en pagaille) parfois presque plus nombreuses que les voitures, et généralement immatriculées en Allemagne, quelques-unes en Italie, et des locales, bien sûr. Faut dire, tout est fait pour les deux-roues : routes superbes, parkings dédiés partout, consignes à casques gratuites, panneaux « Bikers welcome » sur plein de gîtes et de restos… et depuis qu’on a quitté la France, par vu UN SEUL gravillon ou défaut de raccord, les revêtements sont tout simplement parfaits. En prime, des limitations de vitesse cohérentes, pratiquement pas de flics et pas de radar automatique. D’où la question… mais où sont les Français ? On est pourtant à moins d’une journée de route de Mulhouse, et c’est le paradis des motards.
Et que voit-on alors ? Nous, après un passage à la délirante abbaye de Stams, on s’est arrêté à Innsbruck, célèbre pour son tremplin de ski olympique, mais qui offre surtout un très beau centre-ville médiéval et gothique. En prime, pour rester dans le thème « deux-roues », on a assisté par hasard à une parade de centaines de Vespa rutilantes.

C’est ensuite une succession de villages typiques, Hall-im-Tirol, Oetz ou encore Alpbach, resplendissants sous le soleil intense avec leurs maisons en bois aux balcons surchargés de fleurs.


Il est temps d’attaquer les choses sérieuses… les montagnes. Non que ça ait manqué jusqu’ici d’ailleurs, peu de routes étant droites, mais là, on grimpe. Les plus belles routes sont à péage, 6 à 20 € par moto, ça douille, mais c’est un vrai parc d’attraction où les repose-pied servent de feu d’artifice. On surplombe de verdoyantes vallées, saupoudrées de vieux villages, de chutes d’eau, de troupeaux et de pics enneigés.

Mais le clou, ça reste bien sûr la Grosseglockner Hochalpenstrasse. Nous nous sommes levés avec le soleil après avoir dormi à son pied pour éviter le gros de la fréquentation (avec un million de visiteurs annuels, cette route est le deuxième « monument » le plus visité du pays), et nous avons eu bien raison. Ce serait vraiment un crime que grimper ça derrière les hordes de camping-cars hollandais ; là nous l’avons eu presque pour nous seuls, à part quelques voitures vite larguées et des dizaines de cyclistes courageux ou masochistes, au choix. J’en parlerai plus en détail dans le site qui suivra, au retour, mais pour le moment je résumerai en disant simplement que j’en avais littéralement des larmes de plaisir : pente assez douce, longues courbes régulières avec une parfaite visibilité, revêtement irréprochable, même des passages à 3 voies !

Bon il y a aussi des parties optionnelles en pavés, mais qui valent le coup pour les points de vue à couper le souffle sur les montagnes et les glaciers. 40 kilomètres de virages ininterrompus, le panard ultime.

Malgré une moto chargée à bloc avec l’essentiel du poids sur l’arrière, c’est une bonne mise en application des rappels du stage « Montagne » de l’AFDM 54 ;-) Pour un peu, une fois en haut, on aurait bien refait un aller-retour, mais la circulation de mi-journée devenait un peu trop dense pour être fun, tant pis.

Nous avons ensuite poursuivi la route vers le sud, avec une escale à Ljubljana en Slovénie, petite ville sympathique, et nous sommes ce soir dans la très chouette capitale de Croatie, Zagreb. Les prochaines nouvelles viendront de Hongrie, mais en attendant j’insiste, amis amateurs de beaux virages, prévoyez une virée dans le Tyrol ! En traversant la Suisse par l’autoroute c’est à seulement 3 heures de l’est de la France, pas plus cher que chez nous, et à ne pas manquer dans une carrière de motard.