Le Frédéblog

Motomag.com

Pratique et défense du deux-roues par un passionné, mais aussi balades et voyages, anecdotes insolites, quelques réflexions en vrac, bref, un blog motard !

dimanche 24 novembre 2013

ITS en folie

Les aides à la conduite particulièrement évoluées et intrusives continuent de se développer, dans des modèles toujours plus nombreux et abordables. Mais je les trouve souvent complètement contradictoires et sincèrement dangereuses sur le fond. Exemple avec la pub ci-dessous :

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D’un côté, nous avons une magnifique « détection des piétons et cyclistes », avec freinage d’urgence automatique. Pourquoi pas, en effet ? Mais coupler ça avec un « centre multimédia tactile connecté à Internet » au milieu du tableau de bord ? C’est un comme administrer à la fois le virus et son vaccin, sauf que je ne suis pas sûr que l’opération soit neutre. Le système de détection est sans doute très efficace, et incitera d’autant plus à se reposer dessus. Quid du jour où il échouera à repérer un gamin ? Ou au contraire du jour où il faudra pouvoir passer dans des congères de neige, la voiture refusera-t-elle d’avancer ?

Dans le même genre, vu récemment dans un essai d’une nouvelle Peugeot (je crois) que même les essayeurs professionnels avaient du mal à s’y retrouver pour naviguer dans l’interface de la bagnole : un seul écran tactile au tableau de bord pour tout contrôler, du GPS à la clim en passant par la lecture des mails. Et le tout apparemment sans menu clair ni accès simplifié pour les fonctions les plus courantes. Autrement dit, juste pour se mettre un peu de dégivrage qu’on peut normalement faire à tâtons en restant bien concentré sur la route, là il faudra prendre le temps de parcourir différentes rubriques, faire des choix pas forcément simples, cliquer sur diverses icones… Plusieurs fois le temps de se mettre dans le fossé ou, pire, de fiche en l’air un usager vulnérable.

N’est-il pas franchement temps de remettre l’humain au cœur de la route, que ce soit au volant ou derrière les radars ? Je ne dis pas qu’il ne faut pas progresser, par exemple les « feux intelligents anti-éblouissement » dans la même pub semblent plutôt pas mal. Mais tout ce qui déconcentre et déresponsabilise le conducteur devrait être pris plus au sérieux. Quand on voit déjà à quel point la plupart des gens sont complètement incapables de faire deux choses élémentaires en même temps au quotidien... Cela repose la grande question philosophique : est-ce parce qu'on PEUT faire qu'on DOIT faire ?

Et ça ne va pas s’arranger avec la nouvelle génération d’appareils connectés, on a d’ailleurs eu en Californie le premier PV pour usage des Google Glasses au volant. Pire encore que le téléphone actuellement car mobilisant tous les sens en plus de tout le cerveau, ça va être bien difficile à détecter, et seule une vraie sensibilisation et formation pourra limiter les dégâts.

lundi 11 novembre 2013

Les clichés ne manquent pas d’air, eux

J’ai rempli hier soir le premier constat d’accident de ma carrière de conducteur. Fort heureusement, c’était pour un accrochage vraiment mineur, mais ce qui m’agace au plus haut point est que je m'estime plutôt en tort, et c’est une situation tellement cliché, tellement évidente et connue, que j’ai du mal à croire que je m’y sois laissé prendre comme un bleu.

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L’origine, comme souvent, est d’avoir eu l’attention focalisée sur un détail perturbant, en l’occurrence une crevaison lente à l’arrière que je pensais réparée mais qui continue de faire perdre de la pression. Le capteur TPMS s’allumant et le comportement de la moto commençant à s’en ressentir, je cherchais une station où faire un peu d’air, ça semble facile et évident dit comme ça… Sauf que la logique économique et la tentation de facilité ont clairement pris le pas sur la sécurité routière et la notion de service. Neuf stations que j’essayais en vain. Beaucoup n’ont tout simplement pas de gonfleur, dans celles qui en ont encore il faut demander le tuyau à la caisse… sauf qu’il n’y a plus de caisse, c’est le royaume des automates, surtout en soirée au milieu d’un long week-end. Et quand enfin je trouve un garage avec un gonfleur extérieur et le tuyau dessus, je le connecte (perdant encore quelques millibars) et réalise alors qu’il faut un jeton… à demander en caisse, fermée ! Je trouve ça inadmissible, les problèmes de pneumatiques sont de loin les défauts techniques qui ont l’impact le plus direct sur la sécurité. A quoi bon vouloir imposer un contrôle technique, si on a autant de mal à simplement remettre 0,5 bar dans un pneu quand on est conscient de ce manque ? Voilà une action à proposer à la DSCR : imposer à toutes les stations-service de mettre en libre-service 24/7 un gonfleur en bon état.

En attendant, il faut croire que ça me perturbait assez pour que je ne sois pas à 100% à ma conduite, surtout avec passagère de nuit sur une route inconnue et presque déserte… une grosse voiture devant qui n’avance pas, sans pour autant que ses freins soient allumés, visibilité sur des kilomètres, personne en face ni derrière, je clignote, déboîte, continue sur ma lancée sans accélérer… et me fais couper la route par le classique des classiques, un tourne-à-gauche. Une petite voiture, cachée par celle que je doublais, qui clignotait et n’était objectivement pas à blâmer même si sa jeune conductrice aurait toujours pu jeter un œil de plus, se retrouve droit dans ma trajectoire. Plus le temps de freiner, je n’ai même pas essayé, mais grâce soit rendue à mon stage AFDM, je l’ai évitée de justesse. Enfin, presque. Quelques centimètres de plus et je plongeais dans le fossé, j’ai donc redressé un poil plus tôt et accroché le bouclier avant. Je me suis arrêté quelques mètres plus loin, la passagère n’avait rien, la moto non plus à part une trace de peinture sur les protections du moteur. La voiture a fini de rentrer dans son chemin privé (non signalé), tout allait bien à bord, mais le bouclier avant et le pare-chocs étaient arrachés. Visuellement impressionnant, mais en fait rien de méchant.

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Ce n’était pas grave du tout, juste un peu de carrosserie et moto intacte, mais ça fait réfléchir. Je connais parfaitement cette circonstance éculée d’accident, pourtant il a suffi d’un élément perturbateur pour tomber dans le piège, malgré ma sensibilisation que je pense relativement poussée en ce domaine. Heureusement je n’allais pas vite et j’ai eu de la chance : un réflexe approprié, peut-être aussi un peu d’expérience, un gros trail avec d'épais pare-carter (sans ça, c’est ma jambe qui prenait), un gabarit ayant permis de retenir tout l’ensemble alors que sous le choc la bécane ripait sur le côté…

L’écart entre un accrochage mineur et un véritable accident aux conséquences dramatiques est faible. A quelques variables près, je m’encastrais dans la portière, passait sur le capot ou finissait dans le fossé. Mais ça n’a pas été le cas. Pourquoi ? La technique et la prévoyance qui ne m’ont pas permis de totalement éviter la situation à risque ont quand même été la différence entre ça et bien pire. Je pense aussi que sans mon stage de perfectionnement AFDM, je n’aurais peut-être pas réussi cet évitement à près de 80 km/h – ce n’est pas de la pub, mais une conviction sincère. En tous cas ce presque-accident va rejoindre dans ma tête la multitude de détails, de connaissances et d’expériences pour que ça ne reproduise pas… dans toute la mesure du possible. A part en tout-terrain à très basse vitesse, je ne suis jamais allé au tas, et j’ai bien l’intention que ça dure !

Une mini-anecdote en conclusion : quelques kilomètres plus loin, j’ai ENFIN trouvé, à la dixième tentative, une station équipée d’un gonfleur, avec une fente pour les pièces. Ca fait un peu râler de payer pour de l’air, mais bon, trop content, je glisse un euro dans la machine… ce qui déclenche l’aspirateur pour nettoyer les voitures. Le gonfleur, lui, était bien en accès libre et gratuit, comme tous devraient l’être !

PS : Je précise que j'ai généralement avec moi un kit anti-crevaison, mèches+mini bonbonnes d'air comprimé, mais ça vaut pour une urgence, pas un simple appoint qui n'est pas encore critique.

lundi 21 octobre 2013

Le train-train quotidien

La SNCF est en recul, le TGV, sa seule division quasi-rentable, se mettant aussi à la diète. A peine quelques pourcents, mais quand le total se compte en milliards, la nuance est sensible. http://www.europe1.fr/Economie/TGV-vers-la-fin-d-un-mythe-1681455/

En gros, le problème est la désaffection du public pour le train. Quelle surprise… vous vous rappelez du slogan « A nous de vous faire préférer le train » ? Bah c’est pas gagné. Le site SNCF (un des premiers sites marchands d’Europe) est toujours un impressionnant et malpratique nid de bugs, certains présents depuis des années. Mais surtout, les prix sont incompréhensibles. Ils étaient censé les simplifier, au lieu de cela on a toujours des variations de 1 à 10 sur un même trajet, de nouvelles gammes de trains qui compliquent encore les choses, des dizaines de cartes de réduction (qui en plus ne s’appliquent pas quand on en a besoin), des changements d’horaires qui ne vont pas toujours dans le sens de la pratique, et une ponctualité encore loin d’être sans reproches.

Pour remonter la pente, la SNCF annonce vouloir compléter son offre en ne proposant pas seulement du gare-à-gare, mais du domicile-à-destination. Le principe est intéressant mais certaines choses qui devraient être évidentes ne sont toujours pas intégrées. Par exemple il me semblerait logique que le billet de train donne aussi accès aux moyens de transports périphériques : la navette entre le centre-ville et la gare, ou le métro à l’arrivée. On a vite fait d’en avoir pour aussi cher et autant de temps de finir son trajet que d’aller jusqu’à la gare. Récemment encore, sur un trajet pour Bruxelles, j’ai mis aussi longtemps pour aller de la gare du Midi à ma destination en centre ville que de Paris à Bruxelles, au point que si j’avais gardé la moto depuis Paris j’aurais fait des économies et été moins en retard - sans pour autant courser le Thalys !

Car là réside tout le paradoxe, et les beaux discours d’intermodalité, les vœux pieux de report modal massif, les modes doux et verts comme réponse universelle se heurtent à la réalité du quotidien où bien malgré nous le véhicule individuel reste la solution la plus adaptée à la majorité des déplacements. Que ce véhicule n’ait que deux roues et un encombrement réduit en limite beaucoup les nuisances, mais ne les annule pas. Comment résoudre cette délicate équation ? Désemparés et déconnectés, certains pouvoirs publics font le calcul à l’envers : plutôt qu’accélérer et faciliter les transports en commun, ils ralentissent et compliquent le transport individuel. Plutôt que rendre le premier économique, ils renchérissent le second. Plutôt que rendre le premier intelligent ils rendent le second absurde. N’est-ce pas là une solution de facilité assez ridicule, un nivellement par le bas qui ne résout rien ?

Quand on n’a pas d’autre choix que prendre sa voiture ou moto pour aller à la gare, où il faut en plus payer un parking peu sûr, puis repayer et galérer avec bus/tramway/métro à l’arrivée, comment les dirigeants peuvent encore s’étonner que les passagers préfèrent des solutions alternatives, quitte à conduire sur tout le trajet ? A mon sens, les parkings des gares devraient être gratuits et sécurisés, de même que les navettes permettant de les atteindre et d’en partir, et les tarifs ferroviaires doivent être plus lisibles et abordables, sans ces magouilles complexifiant les prix à l’extrême. Allez-y, faites-nous vraiment préférer le train, on ne demande que ça !

Je partage tout à fait la priorité de développer le ferroviaire et les transports publics, mais par pitié, de façon cohérente et concrète, qui ne pénalise pas ceux qui n’ont pas le choix.

mardi 8 octobre 2013

12, 11, 12, 11, 12, 11, 12, 11, 12, 11…

C’est le décompte des points de mon permis de conduire. Qui vient aujourd’hui même de retomber à 11. Bon, c’est pire pour d’autres qui sont condamnés à faire des stages de récupération de points, voire qui perdent leur permis. Mais ce qui m’agace au plus haut point (de permis), ce sont les conditions dans lesquelles se passent systématiquement ces verbalisations depuis que je conduis.

En l’occurrence j’étais convaincu que la vitesse était limitée à 90. C’était logique vu la route (ça ou 110, mais bon, dans le doute autant prendre le choix inférieur), c’est aussi ce que mon GPS indiquait, et si un panneau disait autre chose, il m’a échappé. Je roulais tranquillement et suis donc passé sereinement devant le radar, qui m’a contrôlé à 88 km/h. C’est ma boîte aux lettres qui m’apprend ce matin que ce tronçon de route a en fait été rétrogradé à 70 km/h (ne me demandez pas pourquoi) et que je suis donc sanctionné une nouvelle fois. Belle efficacité pédagogique, bel intérêt pour la sécurité routière. Allez hop, 45€ de plus dans la poche de l’Etat, en plus des impôts et tout ce qui tombe en ce moment, autant que je ne dépenserai pas pour réduire les dettes ou simplement consommer et faire marcher l’économie. Contester ? Le système est trop bien conçu… pour éviter de reperdre un point dont je n’ai que faire, il me faudrait payer bien plus. Et aller jusque devant un juge, rien que le temps passé et la consignation sont dissuasifs, outre que je n’ai aucune chance d’avoir gain de cause. Sur le principe il faudrait oui, sinon on laisse gagner ce système totalement inique. En pratique, franchement pas le temps et les ressources pour ça. Je lutte et lutterai différemment.

Le pire, c’est que c’est le plus grand différentiel de vitesse pour lequel je suis sanctionné, d’habitude je perds mes points pour 1 km/h retenu d’écart. La sanction est la même d’ailleurs, c’est bien la peine. Et quand on pense qu’ils veulent encore plus abaisser la limitation, alors qu’il est démontré de toutes les façons que la vitesse en soit n’est qu’un facteur secondaire. L’alcool est de loin la première cause, tous véhicules confondus. Or faites le test autour de vous : combien de fois dans votre vie avez-vous été contrôlé ? En moyenne, on constate un seul et unique contrôle, même pour des gens qui sont sur la route depuis des décennies. Combien de fois par heure de conduite sommes-nous contrôlés pour la vitesse, de façon absurdement mécanique, avec une objectivité qui n’a pas sa place dans ce contexte ? Dites, sérieusement, c’est quand le changement ?

lundi 30 septembre 2013

La moto n’échappe pas à son contexte

La moto est souvent vue et vécue comme un véritable symbole de liberté dans une société, c’est cyclique, toujours plus avide de contrôle et de rigidité. Mais elle reste profondément ancrée dans cette société, évidement, et cela se ressent à bien des niveaux. Quelques exemples :

Pour standardiser les mesures et des jugements, se mettre à l’abri de toute variation ou subjectivité, les notations et évaluations se déshumanisent, perdant par là même une bonne part de leur raison d’être. Sur le principe, un avis impartial peut sembler le plus juste, en pratique, on arrive à l’effet inverse. Cela rejoint une phrase de Mandela que j’aime beaucoup : « il n’y a rien de plus injuste que traiter de façon identique des choses différentes ». Cela se retrouve dans de nombreux domaines, comme l’Education nationale où les élèves doivent rentrer à tout prix dans les cases strictes de grilles standard d’évaluation, répartis de force en catégories dont on retrouvera la même proportion dans chaque classe, qu’importe sa composition…

Dans les arts martiaux, c’est même élevé au rang de compétition. Ainsi, les katas (succession formelle de mouvements à faire seul, symbolisant un combat contre un ou plusieurs adversaires) étaient au départ un simple outil pédagogique. Permettant de travailler la pureté des mouvements, la précision des gestes et des positions, mais aussi de transmettre les techniques entre écoles, ils n’avaient pas vocation à être une fin en soi. Aujourd’hui cependant, notamment en France mais pas que, on fait des compétitions spécifiquement de katas, des écoles se focalisent dessus, on évalue l’exactitude des enchaînements, le respect d’un rythme, la beauté du geste… Je ne dis pas que ce n’est pas utile, loin s’en faut, mais on est bien loin de l’esprit d’origine : dans un combat c’est l’originalité, l’arythmie, l’efficacité du geste qui compte. L’outil est devenu le but. Exactement comme pour le permis moto, où malgré de relatifs progrès cette année, le parcours d’examen plateau notamment est noté pour lui-même, sur des critères objectifs, qui n’ont pas forcément de lien avec la réalité de la conduite. On peut être très bon en kata et inefficace en combat, comme on peut super bien réussir le plateau sans pour autant savoir s’intégrer dans la circulation - et vice-versa. N’y a-t-il pas là un paradoxe ?

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Autre exemple, très clairement relaté dans le dernier Motomag, la judiciarisation du sport moto, où l’envolée des primes d’assurance, tant pour la fédération sportive que pour les clubs et les individuels, menace tout ce pan du monde moto. A refuser le droit à l’erreur, la prise de risque, l’acceptation consentie du danger, on va pousser les gens à pratiquer dans l’illégalité, sans assurance, hors structures adaptées, totalement l’inverse du but recherché ! Aux USA, grands spécialistes de la course à la plus grosse indemnité pour la plus absurde raison, cela a des conséquences dramatiques. Ainsi, quelques procès retentissants ayant fait exploser leur assurance au-delà de toute mesure, les gynécologues ont purement et simplement disparu de plusieurs Etats. Les femmes doivent maintenant aller consulter jusque dans l’Etat voisin, ce qui peut représenter des centaines de kilomètres. Leur santé et la sécurité des bébés ont-elles réellement fait des progrès ? Le phénomène arrive en France, parlez-en à un chirurgien, même si ses états de service sont exemplaires…

Enfin, la tendance moderniste consistant à prétendre résoudre par la technologie tous les maux de l’humanité ne prend toujours aucun recul sur elle-même. La société Bosch, bien connue dans le monde moto pour ses ABS certes performants, poursuit sur sa lancée avec un tas de nouveaux gadgets et assistances à la conduite surprenants d’efficacité. Des sites et une certaine presse moto s’enthousiasment d’avance pour ces systèmes, qu’à terme les lobbyistes rendront obligatoires (ils ont déjà réussi pour l’ABS). C’est manquer de recul et d’analyse… Là encore je ne critique pas ces systèmes en eux-mêmes, j’en ai maintenant plusieurs sur ma bécane et ne les regrette pas. Mais je garde mes doutes sur l’invasion des motos qui conduisent pour nous, mettent des monstres de puissance et de performance à la portée du premier quidam venu, et permettent de prendre des courbes comme un pilote, d’ouvrir les gaz ou planter les freins comme un bœuf sans conséquence… Un site titrait quelque chose comme « des trajectoires de pro avec les nouvelles technos », c’est absurde ! A moins de passer complètement au pilotage automatique, pas une technologie ne vous donnera une trajectoire adaptée si vous ne savez pas vous placer, pas une non plus ne repoussera les limites des lois physiques, ni ne remplacera le cerveau du conducteur. Or on a un peu trop tendance à le faire croire… Faut-il encore rappeler que les motos ayant proportionnellement le moins d’accidents sont les anciennes et les customs dépourvus de toute technologie (même pas de frein à disque !), et qu’à l’inverse les plus crashées sont les hypersports bardées d’électronique ? Ce n’est pas du passéisme, juste un peu de recul et de considération de la technologie pour ce qu’elle est : une aide de confort, pas une excuse pour repousser les limites qui dispense d’une bonne formation et de bon sens. Alors messieurs les journalistes moto (autres que Motomag), un peu de retenue s’il vous plaît. Comme au début de l’ABS, attendez un peu de voir l’usage qui sera fait de ces supercalculateurs embarqués.

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vendredi 20 septembre 2013

Rando Roule et Rame 2013

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L’association Provence Moto Rando proposait une nouvelle formule le week-end dernier, combinant rando moto et kayak sur le Verdon. S’il n’y avait pas des masses d’inscrits (tant pis pour ceux qui ne sont pas venus !), le soleil était lui bien au rendez-vous, en même temps qu’une petite brise rendant la météo absolument parfaite pour l’exercice. La joyeuse bande s’est donc retrouvée au camping près du lac de Sainte Croix pour une première soirée bien sympathique où l’on parle voyages et bécane, bien sûr, mais aussi bonne chère !

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Le matin venu, tandis que d’autres copains nous rejoignent, on compose les groupes. L’un d’eux suivra un itinéraire routier, les deux autres des petits chemins roulants (un pour les débutants, l’autre pour les plus expérimentés). Côté véhicules, c’est évidemment la fête à la GS, dans toutes ses générations et déclinaisons, heureusement que quelques-uns en japonaises ou moi en anglaise sommes là pour briser un peu l’hégémonie teutonne. Nous roulons finalement assez peu, prenant notre temps pour apprécier le décor ou relever parfois ceux qui sont surpris par d’occasionnelles flaques de boue en sous-bois ou leur ABS réactivé par inadvertance (ça va l’épaule ?). Une petite collision dans un des groupes fait malheureusement quelques dégâts mécaniques, mais dans l’ensemble tout se passe bien et c’est un vrai régal.

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C’est l’occasion de mettre en application les conseils de conduite en TT avec les gros trails, d’autant que le trajet est assez soft et prévu pour qu’il n’y ai pas de franchissement délicat. En fait fondamentalement je n’aime pas rouler en tout-terrain, j’ai horreur de cette sensation de glissement quand la roue avant semble flotter, et de ne jamais savoir si on pourra freiner en cas de besoin. Cela ne m’empêche pas d’en bouffer des centaines de kilomètres quand il le faut en voyage, en plus avec passagère et bagages, mais je ne suis jamais très à l’aise, pour ça aussi que je suis venu pratiquer ici, en solo pour une fois. Et pourtant là, en bonne compagnie, à rythme tranquille et sur des pistes relativement fiables, petit à petit l’appréhension se tasse, l’allure augmente (et facilite donc tout), et je commence même à bien apprécier. Le « secret » est de faire confiance à la moto (avoir vu ma propre bécane emmenée à bon train par Jean-Pierre Goy sur une piste bien plus difficile et avec moi en passager, ça aide !), et de ne pas lésiner sur la poignée droite. Plus y’a du gaz, mieux ça passe ! Le tout est d’oser mettre du rythme, je suis parfois jusqu’en troisième, et la moto est en toute logique plus stable et moins sensible aux gros cailloux. Merci l’effet gyroscopique…

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Après un pique-nique au bord de l’eau, on abandonne les motos quelques heures et c’est parti pour une petite dizaine de kilomètres à pagayer sur l’eau cristalline, entre les parois abruptes du canyon, en continuant de se rentrer dedans mais cette fois intentionnellement et sans conséquence ! Je dessale de mon kayak à l’extrême fin, en descendant du bateau, c’est malin : la jambe ankylosée qui ne répond pas et plouf ! Mais l’eau est bonne (loin de chaude, mais y’a pire) et ça fait du bien, je me tâtais de toute façon pour y faire un tour, alors…

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La journée se termine évidemment par l’apéro et un bon repas convivial. La pluie de la deuxième nuit n’encourage pas à reprendre les pistes comme on l’avait envisagé, mais elle a déjà cessé le temps d’entamer la route du retour, un peu courbatus, mais super contents du week-end. Rendez-vous est déjà pris pour la prochaine édition. Un grand merci à tout le monde, et notamment à Alain et Didier pour l’encadrement, au plaisir de remettre ça !

Pour en savoir plus sur l’asso Provence Moto Rando et participer à ses prochaines sorties : http://www.provence-moto-rando.org/provence-moto-rando/index.php

Note : ces photos ont été prises par les différents participants, tous droits réservés

jeudi 19 septembre 2013

Voyage en Harley : the big players

Motomag nous parle dans cet article d'un gars voyageant en Harley à travers la Sibérie etc. Chouette balade, en effet. Mais dans le genre et avec le même style de moto, une Electra Glide, il sera difficile de faire mieux que Peter et Kay Forwood. Ce couple d'Australiens à la retraite ont aussi "un peu" bourlingué avec leur enclume. Revenus l'année dernière au terme de 15 ans de route, leur bécane est officiellement le véhicule ayant le plus voyagé (sans parler d'eux-mêmes !). En 540.080 kilomètres avec le moteur d'origine (et 610.000 en tout depuis le changement de moulin), elle a posé ses roues dans 193 pays et 414 territoires divers.

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Et ça n'a pas été que du beau bitume, oh non ! Des pistes d'Afrique à celles d'Amazonie, des chemins d'Asie aux routes russes qui ne valent guerre mieux, la Harley est passée partout. Le plus gros obstacle ayant surtout été administratif, imaginez un peu la paperasserie pour toutes ces frontières.

Si vous voulez en savoir plus, on parle d'eux sur les forums de voyageurs, notamment l'inévitable Horizons Unlimited (en anglais). Ils ont tiré pas mal d'interviews de leurs aventures, voir les bandes annonces sur Youtube.

dimanche 15 septembre 2013

Prix de l’essence : suggestion égalitaire

Petite réflexion qui m’est venue devant la relance bordélique du débat sur le prix du diesel : paradoxalement et de façon assez stupide et/ou archaïque, les carburants sont taxés dans l’ordre inverse de leur degré de pollution. Le GPL, nocif et demandant les plus grands volumes pour avancer, est le moins cher. Le diesel, grand émetteur de microparticules et de produits dérivés, est également favorisé. L’E10, hérétique pour l'environnement comme pour la mécanique (surtout des deux-roues) et sur lequel l’Europe pourrait même proposer un moratoire, est artificiellement moins coûteux que le SP95 classique. Le plus cher de tous, le SP98, est aussi celui qui est le plus efficace en combustion.

Rappelons aussi que 70 à 80% du prix des carburants est constitué de taxes cumulées (et de taxes sur les taxes, sympa : on paie la TVA sur la TIPP par exemple…). Cela laisse donc au gouvernement une très grande latitude d’action sur les prix, et fait des carburants une source majeure de revenus pour l’Etat.

Pour autant, il ne serait pas juste d’inverser brutalement la taxation, même si dans l’absolu ce serait écologiquement le plus cohérent. Après des décennies de promotion du diesel à grands coups d’avantages fiscaux, au point de faire de la France un des plus gros utilisateurs proportionnellement de ce carburant (généralement réservé aux poids lourds ailleurs), on commence enfin à admettre que ce n’était peut-être pas une si bonne idée. Mais du coup, un peu dur de sanctionner tous les usagers, souvent modestes, qui roulent au gasoil… même si pour répondre à la demande artificielle de notre marché les BMW, Jaguar et Porsche s’y sont mis.

Dans l’absolu, l’utilisation de la fiscalité pour promouvoir les comportements vertueux n’est pas absurde – encore faut-il que ce qui est privilégié soit effectivement meilleur. Par exemple, la FFMC réclame depuis longtemps une baisse de la TVA sur les équipements de sécurité, et puisqu’il faut bien inciter les conducteurs à choisir une moindre consommation d’essence et que l’Etat a cruellement besoin de pognon, on ne va pas non plus supprimer les taxes sur l’essence, soyons réalistes. Pourquoi ne pas alors envisager ceci : tous les carburants au même prix.

Cela ferait monter un peu le diesel, baisser un peu le sans plomb, le tout étant à calculer pour que le montant global reste identique. Et chacun pourrait choisir selon son véhicule, et donc privilégier en fonction de la logique mécanique et environnementale – et non financière – le carburant le plus efficace et responsable. Je ne suis pas économiste et ce n’est peut-être pas une bonne idée, mais elle a au moins le mérite de faire appel au bon sens des gens et de remettre les choses à plat, à bilan neutre pour les finances publiques, en satisfaisant les partenaires du gouvernement, et en répartissant équitablement la charge entre les usagers. Qu’en dites-vous ?

vendredi 6 septembre 2013

Trop de vélo tue le vélo ?

Un article de Der Spiegel, repris par Courier International, évoque un souci de plus en plus prégnant dans les villes du nord de l’Europe qui ont tout misé sur le développement du vélo : l’overdose de petites reines ! Bah oui, le vélo, c’est comme absolument tout : quand y’en a trop plus que pas assez, y’en a plus que si y’en avait moins. Du coup, les vélos deviennent envahissants à leur tour. On ne sait plus où les garer, ils font des bouchons, et les autorités en sont à chercher des modes de transport alternatif. Par exemple se dire qu’un véhicule individuel permettant d’aller de façon autonome d’un point A à un point B distant désengorgerait un peu les parvis des gares et les pistes cyclables saturées. Au Pays-Bas, ils commencent par endroit à interdire et verbaliser le stationnement des vélos, et songent même à le rendre payant ! Au Danemark, il peut y avoir tellement de vélos au carrefour qu’il faut attendre plusieurs feux avant de pouvoir passer. Sans compter que la cohabitation des modes même « doux » n’est pas sans tensions : entre piétons et cyclistes, ou même entre cyclistes lents et chauffards de la pédale – surtout pour peu qu’ils soient au téléphone !

velosempiles.jpg Parking à vélo près de la gare de Copenhague

Bon, évidemment, même en nombre énorme, le vélo garde des avantages indéniables sur les autres moyens de transport, ça reste une solution intelligente pour la plupart des déplacements urbains. Reste juste à faire admettre que ce n’est pas le seul, et que peut-être que les problèmes ne viennent pas des véhicules, mais des besoins de transports eux-mêmes ? Eclatement des zones résidentielles toujours plus loin des pôles d’activité, hyper-concentration des zones de population, horaires absurdement identiques pour des millions de personne, concentrant les déplacements sur quelques pics ingérables… Il n’y a qu’à voir en Asie où les deux-roues – vélos ou scooters et motos selon le niveau de vie – sont bien plus nombreux que les quatre roues et se retrouvent confrontés exactement aux mêmes problèmes, avec une densité encore plus élevée.

a-bicycle-jam-in-shanghai-china-leaves-traffic-at-a-standstill.jpg Bouchon de vélos à Shangai

On se prend donc à rêver du deux-roues urbain idéal, qui laisserait le choix entre pédales et/ou moteur, comme un vélo à assistance électrique mais avec la puissance et la capacité d’emport d’au moins une 125 histoire de rester crédible sur les grands axes et voies rapides. Voire carrément le vélo volant, qui arrive, mine de rien !

fajb_flying_bike_03_june2013.jpg Prototype de vélo électrique volant

En attendant, j’aimerais bien me retrouver un vélo qui corresponde à mon cahier des charges : pas hors de prix, simple (pas de suspensions, de dérailleur 54 vitesses ou de plus de technologie que dans ma moto !) et surtout assez grand et robuste pour ne pas plier ou péter le pédalier au moindre démarrage en côte. Or pour répondre à ça, on a vite fait d’avoir un budget équivalent à une petite cylindrée, autrement plus versatile (le sport en moins, le besoin d’assurance et d’essence en plus). Dilemme !

lundi 2 septembre 2013

Economies de bouts de neurones

Faites des économies de neurones : téléchargez votre cerveau dans votre smartphone !

Ca me fait complètement flipper : Honda se targue d'une nouvelle techno qui, au lieu d'utiliser de coûteux capteurs de présence, fait communiquer la voiture équipée et les smartphones des piétons et motards pour les prévenir respectivement de leurs présences.

Côté voiture, ça affiche une alerte au tableau de bord, et on peut supposer à terme faire couper les gaz, voire freiner automatiquement. Côté piéton ou assimilé. Un texto ou appel prioritaire. Admirez la logique : pour vous prévenir qu’à force d’être pendu au téléphone en traversant sans regarder, vous allez vous faire renverser par un automobiliste tellement au téléphone qu’il ne vous regarde pas non plus… on vous appelle au téléphone.

Il est déjà bien difficile ne pas avoir de téléphone, là ce sera impossible, avec comme d'hab’ toutes les dérives qu'on peut attendre : quand on n'a plus de batterie, est-on condamné à se faire rouler dessus par des conducteurs décérébrés au dernier degré ? Faudra-t-il mettre un téléphone dans chaque poussette, ballon d'enfant et sanglier ? Le pire c'est que c'est aujourd'hui technologiquement possible avec le RF-id et l'IPV6, mais doit-on vraiment en arriver là pour sécuriser la route ? C’est le même genre de risque que les feux de jour : finir par se reposer sur la technique ou l’assistance pour déterminer la présence d’un tiers. Avec le risque très net de faire oublier que l’absence de signal ne signifie pas pour autant l’absence de tiers ! Ras le bol de ces décérébrations systématiques et encouragées des conducteurs ! Les constructeurs automobiles, paniqués par le déclin de leur marché saturé, rivalisent de ce qu’ils considèrent l’inventivité pour continuer à vendre leurs boîtes à roues. Franchement, ils feraient mieux de se concentrer sur réduire vraiment la consommation et, par exemple, améliorer la visibilité, au lieu de faire tout le contraire : montants de pare-brise énormes, vitres teintées d’origine, lunette arrière réduite deviennent l’absurde norme, tandis que se multiplient ses gadgets distracteurs. Certains vantent dans leurs pubs la possibilité de consulter ses E-mails au volant ! Quand on sait le rôle croissant des textos dans les accidents, c’est de la pure inconscience. Et développer d’astucieuses parades encore plus derresponsabilisantes n’est en rien la solution.

Source : http://www.detroitnews.com/article/20130828/AUTO0104/308280123/Honda-touts-technology-cut-pedestrian-motorcycle-deaths

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A noter aussi que les chiffres de l'article indiquent 4600 tués à moto aux US en 2011, ce qui rapporté à la population et surtout aux parcs circulants fait un score pas terrible. Tentant de faire un lien avec certaines choses qui nous surprennent le plus, comme le casque pas obligatoire dans pas mal d'états, la formation extrêmement symbolique, l'état des routes... Cela dit, leurs causes majeurs d'accidents, la proportion auto/moto, le taux de responsabilité des 2RM etc. sont malgré tout étrangement similaires aux nôtres.

vendredi 26 juillet 2013

Lettre au président d'une automobiliste excédée

Le texte qui suit n'est pas de moi, mais d'une proche qui n'en peut plus et souhaite partager sa colère. La portée sera peut-être symbolique, mais elle est exprimée et s'ajoute au flot montant de ceux qui n'en peuvent plus de l'absurdité totale du monde qui se dessine.



A M. François HOLLANDE
Président de la République
55 rue du Faubourg Saint-Honoré
75000 PARIS

Le 26 juillet 2013


Monsieur le Président,

Je fais partie des millions de Français qui ont espéré une modification profonde concernant la société telle qu’elle devenait sous l’égide de votre prédécesseur (honni). Mais rien ne change. Nous, citoyens ordinaires, honnêtes, anonymes, continuons d’être infantilisés, méprisés, exploités, volés, accusés à tout propos sans aucun moyen de se justifier, sans plus jamais avoir affaire à des humains, mais uniquement à des machines, des robots, des répondeurs automatiques, des systèmes informatiques, sans plus aucune chance de nous faire entendre, d’obtenir justice.
(Ne serait-il pas beaucoup plus logique, et finalement bien plus rentable, d’employer de nouveau des êtres humains à la place de machines ?)
Nous payons nos impôts, nos taxes, nos charges, nos contributions, nous supportons les augmentations continuelles du « coût de la vie » ; beaucoup de ceux de ma génération, les baby-boomers si décriés, s’occupent à la fois de leurs parents âgés, de leurs enfants plus ou moins au chômage, de leurs petits-enfants – et il en faut, des petits-enfants, n’est-ce pas ? Nous faisons des économies sur tout, l’électricité, l’eau, le gaz, l’essence, les loisirs, la nourriture. Nous essayons de ne rien gâcher. Et nous ne nous plaignons pas. Nous nous disons toujours qu’il y a des gens en situation bien pire que la nôtre ; nous avons un toit, une retraite, aussi modeste soit-elle. Nous avons une famille.
Mais parmi les systèmes répressifs qui deviennent de plus en plus insupportables : les radars automatiques.
Trouvez-vous NORMAL (vous qui êtes un Président « normal ») que sous des prétextes de sécurité plus fallacieux les uns que les autres, nous nous retrouvions otages impuissants d’un système devenu fou dès que nous sommes obligés de prendre notre voiture ?
Le 19 juillet à 6.25 heures du matin, je rentrais de Cagnes sur Mer, où j’étais allée la veille voir ma mère âgée de 85 ans qui sortait de l’hôpital. Je m’étais levée à 3 heures, pour être chez moi, à Avignon, à 7 heures afin de garder trois de mes petits-enfants pendant que leurs parents occupaient leur poste en CDD pour l’été.

Trouvez-vous NORMAL, logique, sensé, dans une République démocratique telle que la nôtre, pour un individu ordinaire tel que moi, qui ai bien veillé à ne pas dépasser les 130 km/h sur l’autoroute et à rouler à droite (chose qui se fait de moins en moins), que je sois CONDAMNEE à payer de 45 à 180 euros d’amende pour avoir roulé à 72 km/h retenus au lieu de 70 ? Je n’ai aucun moyen de vérifier ces données extérieures ; je ne conduis pas le nez sur mon compteur de vitesses, je suis plutôt attentive à ce qui m’entoure, je ne bois pas d'alcool, je ne téléphone PAS au volant. On aurait tout aussi bien pu m’accuser de rouler à 100 km/h, 150 pourquoi pas ? Quelle justification pourrais-je apporter ? A qui m’adresser pour me faire entendre ? Personne. Il n’y a plus personne. Que des automates.
C’est cela, votre conception du progrès socialiste ?
Non, ce n’est PAS normal. C’est inique, odieux, stupide, contre-productif, et tellement arbitraire. Or mon histoire est parfaitement anodine, je vous l’accorde. Ce n’est qu’une goutte d’eau - du genre de celles qui font déborder les vases de la patience - dans un océan d’injustices, d’abus, d’inégalités qui ne fait qu’enfler, au lieu de se résorber comme nous l’avions, nous qui avons voté pour vous, tant espéré.
Bien sûr, Monsieur le Président de la République, vous ne lirez pas cette lettre. Sans doute même, personne ne la lira. C’est dommage. J’aurais bien aimé, une fois dans ma vie, obtenir une petite lueur de compréhension, je rentrais d’un aller-retour chez ma mère malade, Monsieur le Président, il était 6 heures du matin, désolée d’avoir dépassé de cinq kilomètres/heure la vitesse autorisée sur une route à quatre voies déserte, pourrais-je obtenir une remise de peine ?
45 euros si je paie dans les quinze jours. C’est si peu dans votre monde, Monsieur le Président. Mais beaucoup dans le monde réel.
Avec mes salutations citoyennes,
Liliane G.


C/C autant que je le pourrai

Update : la revue de presse ! Relayé par la FFMC, ce billet a pas mal circulé sur les forums, réseaux sociaux, et même repris par certains titres de presse, notamment l'Est Républicain, La Provence, ou encore Moto Magazine. Amusant (et parfois affligeant) de voir les différences de ton des commentaires selon les médias.

dimanche 14 juillet 2013

Top-cases à gogo

Si comme moi vous chargez parfois votre bécane à ras-bord, il vous êtes peut-être déjà arrivé de regretter de ne pas avoir une ou deux valises en plus. On n’a pas forcément de sac polochon pour la selle, les valises souples de part et d’autre du réservoir sont une solution mais gênent vite le guidon (j’ai essayé), la remorque est coûteuse et pas forcément homologuée… Ce gars croisé en Finlande a résolu la question sur son Bandit :

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3 top-cases (un petit au milieu, deux de 50 litres sur les côtés) + 2 valises Givi Maxia, ça commence à faire, et sans doute meilleure prise au vent et plus modulable que la version qu’a choisit un pote de monter une cantine militaire de 150 litres sur sa CBX, ou encore ceux qui adaptent des valises de quad. Sans parler bien sûr, mais là on change de catégorie, des chargements hallucinants des motards asiatiques ou africains.

Vous apprécierez aussi son casque et son dispositif de visibilité améliorée sur le petit mat à l’arrière ;-)

vendredi 21 juin 2013

Baltic tour 7 – Pologne sud et fin

Il paraît qu’en France le temps continue d’être pourri, inondations, crues, pluie, grêle ! Ici non seulement le soleil brille, mais il fait même une chaleur humide étouffante. Heureusement, anticipant la fatigue de fin de voyage les étapes sont plus courtes et les visites moins nombreuses, d’autant que les routes continuent d’alterner entre le correct mais trop fréquenté vue la largeur (2x1 voies pour un trafic qui embouteillerait une 2x3, entre tracteurs, gros camions, bus scolaires, cars de touristes, énormes 4x4 aux vitres fumées, et bagnoles ordinaires qui se donnent un mal fou et prennent des risques pour me doubler à tout prix, apparemment perturbées par le fait que je ne colle pas au cul de celui qui me précède… et se retrouvent coincées devant ; il ne me reste alors plus qu’à les laisser sur place d’une infime rotation de poignée dès que la visibilité se dégage) et le très défoncé où l’on roule le fesses décollées de la selle sur de longues distances.

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Kazimierz Dolny le dimanche, c’est un peu Fontainebleau, le refuge des Varsoviens en quête de verdure, et de dizaines de bandes de motards en vadrouille. Le village est adorable, il faut l’avouer, un vrai décor de Disney (surtout avec un mec en costume de Winnie l’Ourson au milieu de la place). Tout le monde est un peu assommé de chaleur, les vendeurs de glace font fortune, et nous poursuivons vers le sud.

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Sandomierz est une autre petite ville charmante ramassée autour de son rynek (place du marché), vieilles maisons, rues pavées, un assortiment d’églises, de religieuses et de moines, quelques jeunes gens en costumes d’époque (pour les touristes), c’est tranquille et agréable.

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Arrêt obligé aux mines de sel de Wieliczka, un site vraiment étonnant. A une époque lointaine, c’était la mer ici. Quand des montagnes en sont nées (les Tatras et le début des Carpates), le sel est resté. Si la saumure jaillissant en sources est utilisée depuis la préhistoire, c’est au Moyen-âge que l’exploitation a vraiment commencé. Quelques puits, un ou deux tunnels, la découverte de sel gemme de qualité exceptionnelle, et c’est parti… Au plus fort de son activité, cette mine produisait à elle seule un tiers des revenus du royaume, quand le sel valait presque littéralement son pesant d’or. Il reste des centaines de kilomètres de galeries sur neuf niveaux, des milliers de salles, que l’on visite en compagnie d’un intéressant (et marrant) guide francophone. Ci-dessous, un plan de la mine du XVIIIème siècle.

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Des forêts entières ont été englouties pour étayer les galeries (les troncs les plus anciens se sont fossilisés dans le sel), et des sculptures, des salles de repos, mais aussi évidemment des chapelles ont été creusées dans le sous-sol. Des conditions de travail difficiles pour les hommes et les chevaux cent mètres sous terre, mais tout de même moins que dans les mines de charbon par exemple. Reste que le sel gemme est dur comme du marbre et cette mine était un chantier colossal.

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Pour soutenir la voûte des plus grandes salles, ce sont de véritables cathédrales de bois qui ont été érigées, les troncs peints en blancs pour les protéger du feu et améliorer un peu la luminosité. Difficile d’imaginer vraiment les conditions d’alors en visitant avec une abondante lumière électrique et une ventilation ultramoderne, mais le gros avantage, c’est qu’il fait agréablement frais ici ! Il reste des palans et cabestans géants, en état de fonctionnement étonnant, le sel préservant tout, y compris les pigments des peintures naïves d’il y a plusieurs siècles.

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Cette église souterraine est un lieu emblématique. Tout est en sel, des dalles du sol aux lustres réalisés à partir des plus gros cristaux, les bas-reliefs, les statues (y compris l’omniprésent Jean-Paul II dont le culte de la personnalité bat le plein partout). Dans les entrailles de la terre, on trouve encore un musée, des boutiques de souvenirs (qui veut son effigie de Justin Bieber en sel ?) un restaurant, et même un sanatorium tout confort. Et entre les groupes de touristes, on croise aussi des mineurs en grande tenue, des vrais, qui entretiennent la mine et évacuent l’eau qui la menace, plusieurs des niveaux les plus bas étant inondés depuis les grandes crues d’il y a quelques années.

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Nous voilà ensuite à Cracovie, la fameuse Cracovie dont on entend parler depuis si longtemps… Honnêtement ? La comparaison la plus pertinente qui nous vienne en tête est Marrakech : même impression de parc d’attraction pour touristes, même rabatteurs devant les restos en nombre phénoménal et les boutiques de souvenirs, mêmes bureaux de change arnaqueurs de première, mêmes fausses guérites d’office du tourisme cherchant à vendre des visites au rabais et des balades en calèche ou voiturettes de golf… Il faut avouer qu’on a du mal à être sous le charme dans ces conditions, même si en effet le vieux centre est beau (et d’origine pour une fois, la ville ayant été relativement épargnée par la guerre) mais pas forcément plus qu’ailleurs.

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Des lieux intéressants cependant : quelques belles églises Art nouveau (mais pour les visiter, il faut arriver à tomber dans un creux entre les messes à jet continu), un quartier classique d’une vraie unité architecturale, ou encore la visite de l’excellent musée installé dans l’usine d’Oscar Schindler, celui de sa liste, qui sauva 1100 Juifs. Mais nous n’irons pas à Auschwitz et Birkenau, sans doute très intéressants, mais aussi trop douloureux et qu’on n’a franchement pas envie de voir avec des hordes de touristes se prenant en photo devant les chambres à gaz.

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On regrette d’avoir écourté des visites dans le nord pour passer plus de temps ici, mais c’aura été au moins l’occasion de se reposer un grand coup avant d’attaquer le dernier bout, 1300 bornes d’autoroute jusqu’à Bruxelles, heureusement coupées de petites étapes. L’une d’elles est Wroclaw, dont la place principale n’a pas à rougir de celle de villes plus connues, et dont l’architecture plus allemande change avec ses voisines. Près de quarante au thermomètre sur la route en arrivant !

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Derniers arrêts pour jeter un œil aux églises de Swidnica et Jawor, qui sont tout de même les plus grands édifices religieux en bois d’Europe. A la fin du XVIIème siècle, le souverain catholique a accordé aux luthériens la possibilité de se construire quand même trois églises, mais hors des murs de la ville et uniquement en bois, s’attendant à ce qu’ils doivent se contenter de baraques basiques. Raté, un architecte audacieux en a fait de véritables monuments de bois, à la décoration baroque très originale.

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Et voilà, c’est la fin de cette balade. Plus qu’à retraverser l’Allemagne, que l’on voit par les fenêtres de notre dernière pension de ce soir, posée pile sur la frontière. Le temps de rentrer et on aura fait pratiquement 10.000 kilomètres lors de cette boucle autour de la mer Baltique (avec certes une digression vers le sud de la Pologne), en un gros mois, à travers 11 pays. En moyenne, on a eu beaucoup de chance avec la météo, sans doute parce que nous avons pris sur les trois premiers jours le quota de flotte pour les mois à venir ! A part un petit souci d’injection occasionnel casse-pied mais sans gravité et bientôt résolu, la Triumph Explorer a été impériale, que ce soit sur les belles routes ou les pistes défoncées, les villes ou même un bout de circuit en Suède, mais je ferai un billet détaillé sur elle un peu plus tard.

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Comme pour chaque voyage, un site détaillé sera fait, quand on aura eu le temps, avec les photos, récit, bons plans etc., à retrouver sur www.zarkass.com. En attendant, bonnes routes et bon été à tous !

mardi 18 juin 2013

Baltic tour 6 – Pologne nord

On commence notre périple polonais en forme de « S » par le nord-est, la Mazurie, une jolie région vallonnée, parsemée de lacs et saupoudrée de croix et d’églises un peu partout. C’est mini tout plein, bien qu’il faille un peu se battre avec les routes étroites, au trafic souvent dense, et très défoncées. Il faut dire que le coin est rural, mais comme pour toute la suite du voyage, on est très agréablement surpris. D’une première traversée de Pologne en voiture il y a quinze ans nous avions un souvenir très terne, pauvre, aux villages sales et aux véhicules hors d’âge. Le pays a bien et rapidement progressé depuis ! Certes le grand soleil aide, mais quand même, tout est propre partout, plutôt pimpant, plus rien en apparence de l’ancien pays de l’est rétrograde.

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Les villages sont bien restaurés et fleuris, il y a du Wi-Fi public presque partout, et le budget est raisonnable : on se loge pour 25 à 40 Euros, on mange pour 10 à 15 Euros à deux. Plein de trucs à visiter et à voir, la Pologne se révèle très agréable et bien plus qu’une série d’étapes obligées vers l’ouest. Ci-dessous, dans cette région lacustre, il y a encore quelques ponts pivotants pour laisser passer les bateaux… même si en pratique (et avec l’aide du GPS, qui se sera décidément révélé un allié très précieux sur cette balade !) on a plus vite fait de contourner à la recherche d’un vrai pont en dur pour passer.

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Caché dans une belle forêt se trouvent les ruines du « Repaire du Loup », base secrète d’Hitler où il passa le plus gros de la guerre. En l’abandonnant à la toute fin, les nazis ont tout fait sauter, et on visite aujourd’hui à l’ombre d’une dense canopée les restes monumentaux des bunkers détruits de l’intérieur. Murs de béton de plusieurs mètres d’épaisseur, armatures de métal, reste de passages, inscriptions en allemand recouvertes de mousse, impression bizarre qui rappelle les temples enfouis des jungles d’Asie ou d’Amérique du sud, mais aussi sentiment de profonde satisfaction de voir cette forteresse du Reich retourner à la nature, vide de sens et de pouvoir, comme celles de tant de tyrans du passé.

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Autres ruines, mais sacrément bien restaurées celle-là, au château de Malbork. Ancienne capitale des chevaliers teutoniques (qui n’étaient d’ailleurs pas en reste de massacres malgré leurs vœux hospitaliers), ce couvent fortifié géant est le plus grand ensemble de briques d’Europe. La visite (avec un audio-guide très bien fait) prend des heures, c’est vraiment magnifique. Comme tout le reste, vous aurez des photos plus détaillées sur le site… quand on aura fait le tri !

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Regagnant une dernière fois les côtes de la Baltique, étape à Gdansk, plus connue dans vos cours d’histoire sous le nom de Danzig et son célèbre corridor. Un très grand regret : avoir prévu si peu de temps ! Sachant que tout avait été rasé pendant la guerre, nous avions sous-estimé à quel point la reconstruction du centre-ville avait été vaste et minutieuse. Et comme depuis les années 1950, les bâtiments ont eu le temps de se patiner un peu, on se croirait vraiment dans une superbe ville préservée.

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Autre attrait de Gdansk, qu’on attendait même s’il est très symbolique : le chantier naval d’où est parti le mouvement ouvrier Solidarnosc, mené par Lech Valesa, qui de fil en aiguille a entraîné toute la Pologne dans des grèves monstrueuses, paralysant l’économie et grippant la vaste machine soviétique, jusqu’à déclencher l’effondrement de l’URSS. Rien de spécial à voir, mais un lieu significatif !

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Sur la route vers le sud (magnifique autoroute flambant neuve… à péage, mais ça repose un peu le dos et les suspensions !), arrêt à Torun, la ville de Copernic, puis nous voici à Varsovie. Grande ville moderne elle aussi lourdement chargée d’histoire, elle nous laisse une curieuse impression. C’est comme si en superposition on voyait la ville actuelle, ses immeubles, ses boutiques de fringues semblables à partout ailleurs, et même une mini gay-pride (un seul char sous forte escorte policière, mais il faut bien commencer par quelque chose) – et d’autre part la ville qu’elle fut.

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Car si ces buildings en verre et ces HLM plutôt pas mal sont bâtis légèrement en hauteur, c’est qu’ils ont poussé sur les remblais composés des décombres et des corps du Varsovie d’avant, à commencer par le tristement célèbre Ghetto. 300.000 personnes enfermées dans leur propre ville, juste à côté du reste de la population, entassées et déportées jusqu’à ce qu’il ne reste rien ni des gens ni de leur cité. L’immeuble en brique ci-dessous est le seul et unique qui soit resté debout après l’acharnement nazi.

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Une expo de photos couleurs de l’immédiate après-guerre donne une idée de l’étendue des dégâts, mais ne suffit pas à oublier le poids le l’histoire, d’autant que la mémoire semble se faire au compte-gouttes. Le premier musée sur la question est seulement en cours d’ouverture. Mais le devoir de mémoire se fait petit à petit, nous confient des Polonais rencontrés sur les lieux, y compris un survivant de Sobibor ; le traumatisme et la culpabilité sont profonds, il y faut encore du temps.

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Plus agréable, la vieille ville, comme à Gdansk pratiquement démolie puis reconstruite à l’identique, draine les touristes et laisse imaginer la splendeur d’avant-guerre. Ce qui détonne, c’est l’impressionnante collection de voitures de sport, de la BMW à la Lamborghini, toutes plus tunées les unes que les autres, qui foncent dans les avenues en faisant un raffut du tonnerre. Après on va encore accuser les motards ;-) Les flics ne disent rien, et pourtant ils ne manquent pas, il y en a tant qu’on se croirait en France, on a perdu l’habitude.

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C’est sous un soleil intense et des températures caniculaires qui nous font défaillir dans les équipements de moto (presque à donner envie de rouler comme la majorité des nombreux motards polonais en short et T-shirt… presque) que nous poursuivons vers le sud et Cracovie… à suivre dans le prochain et dernier billet. A bientôt !

PS : tient, ceci est le 300eme billet de mon blog. Ah oui, quand même ;-)

jeudi 13 juin 2013

Baltic tour 5 – Pays baltes

Le trio Estonie / Lettonie / Lituanie est souvent pris comme un lot depuis l’Europe de l’ouest, on les confond, on les mélange, alors que ce sont vraiment trois entités bien distinctes, unies par une histoires tumultueuse et une belle collection de massacres et d’exactions par tous leurs puissants voisins, notamment l’URSS dont ils ne sont indépendants que depuis une vingtaine d’années.

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Premier pays en sortant du bateau, l’Estonie est proche de la Finlande par plus que sa géographie : langue, mais aussi pas mal de coutumes, devise (l’Euro)… Tallinn est une ville magnifique, tout le centre est très bien préservé et mis en valeur, c’est vraiment joli. En plus, plein de commerçants et restaurateurs sont en costumes, des bons restos pas trop chers… revers de la médaille, c’est extrêmement touristique. Pas un seul magasin qui ne soit de bouffe ou de souvenirs, des groupes par centaines bien agglutinés autour de leurs guides… Mais bon, c’est superbe, il fait beau, pas question de se plaindre !

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On longe ensuite un peu la côte avec une étape à Happsalu (non, pas Uppsala, ça c’était en Suède), petite station balnéaire avec les restes du château médiéval… qu’on a la chance de voir, par pur hasard, en plein festival ! Des dizaines de gens en habits traditionnels célèbrent la réconciliation (si on a bien compris) entre l’Estonie et la Suède (qui l’a occupée quelques siècles).

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Nous passons ensuite en Lettonie et faisons étape à Sigulda, au nord-est de Riga (nous avons déjà visité cette chouette capitale il y a deux ans), qui propose notamment les restes évocateurs d’un gros château en briques. Les routes sont généralement assez correctes, mais plus on descend, plus ça se dégrade, et les suspensions de la moto plutôt épargnées jusqu’ici commencent à être sérieusement mises à contribution… de même que le dos de la passagère. Dès qu’on quitte les axes principaux, les routes ne sont plus goudronnées, même si les pistes restent bien entretenues. Le GPS est d’une aide précieuse tant les panneaux se font rares. Parfois cependant, il ne sait plus trop où aller, quand la route indiquée n’est plus qu’un sentier de sable serpentant entre des immeubles incongrus. C’est bien une rue, et elle va sans doute au bon endroit, mais il est parfois plus sage de retourner chercher une voie plus praticable, quitte à faire un détour. L'avantage, c'est que ça force à adopter un rythme bien cool, et la conso comme l'autonomie s'en ressentent dans le bon sens : hors des villes, nous tournons autour des 4,5 litres aux 100.

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Encore quelques châteaux, et nous passons en Lituanie. Moins d’arbres, plus de champs, toujours aussi plat et rectiligne, les routes ne sont pas très drôles, mais en un peu meilleur état… à condition une fois encore de rester sur les grands axes. Sinon ils ont une méthode originale : seul le centre de la route, large comme un véhicule, est bitumé nickel. Sur les deux côtés, c’est du gravillon. Du coup quand on est tout seul, c’est impeccable. Et quand il faut doubler ou qu’un autre arrive en face, ben… on fait avec.

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La Colline des Croix est un lieu assez hallucinant et halluciné. Sur un petit tertre sont accumulées des centaines de milliers de croix, de tous âges, styles, matériaux, couleurs et origines. La tradition remonte à bien longtemps, même avant le christianisme qui ne s’est implanté que tardivement par ici, au XVeme siècle. Les croix païennes ont été recyclées par les prêtes chrétiens, pratique ! Ce lieu a été plusieurs fois détruit par les Soviétiques, mais a ressuscité lui aussi depuis l’indépendance jusqu'à prendre une ampleur démesurée. Ah, c'est donc ça un "chemin de croix" !

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A part ça la Lituanie donne une impression plus terne et pauvre que les autres pays baltes, mais loin de la grisaille post-URSS de son image d’Epinal. Vastes plaines agricoles, villes et infrastructures modernes à défaut d’être très attrayantes. Je prends un PV pour excès de vitesse, 112 km/h sur une voie dont j’étais convaincu qu’elle était limitée à 110… et qui l’était, sauf précisément sur le tronçon contrôlé, pourtant identique au reste, comme par hasard. Si les méthodes rappellent la maison, l’amende à 50 Litas (15 Euros) que l’on ira payer dans une banque en ville passe sans trop de douleur. S’il fallait prendre une prune, mieux valait ici qu’en Scandinavie au centuple du montant !

Vilnius souffre certes de la comparaison avec Riga et Tallinn, mais n’est pas dénuée d’intérêt avec ses belles rues, ses églises innombrables tant de fois remaniées qu’on ne sait plus du tout de quel style elles sont, et une animation de bon aloi. Mais que les conducteurs sont agressifs ! Ils foncent dans les ruelles sans respect pour les piétons, font ronfler les moteurs, de vraies brutes, d’autant plus choquant après tous les pays parfaitement civilisés qu’on a traversé jusqu’ici. Et presque aucune moto, en les cherchant spécifiquement j’ai compté moins d’une demi-douzaine de gros cubes sur toute la traversée du pays.

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Arrêt au parc Gruto, qui rassemble dans une forêt verdoyante des dizaines de statues de l’époque soviétique, portraits géants de Marx et de Lénine sous toutes les coutures, héros et héroïnes musclés et quelques monstres de l’Histoire sauvegardés à leur déboulonnage pour l’expiation des générations passées et l’édification des futures. Depuis Staline aux 20 millions de victimes jusqu’aux inconnus (pour nous) qui ont trahi et massacré pour une place au soleil de Moscou, le contraste avec les jeux pour enfants et le petit zoo voisin est assez saisissant. baltic-pb-gruta.jpg

Ensuite nous pensions soit passer par le nord et l’isthme de Courlande, puis l’enclave russe de Kaliningrad, soit au sud via Minsk en Biélorussie, mais la lourdeur des formalités et le coût des visas (250 euros pour Kaliningrad !), sans même parler de faire transiter la moto, nous ont dissuadés, surtout vu le temps qu’on aurait pu y consacrer. Ce sera donc pour une prochaine fois, nous restons tranquillement dans l’espace Schengen en optant pour la voie centrale en Pologne, dont nous parlerons dans un prochain billet !

samedi 8 juin 2013

Baltic tour 4 – Finlande

Voisine et ex-vassale de la Suède, la Finlande ne lui ressemble pourtant pas. A part les arbres, si, ça il y a des arbres, on ne peut pas dire le contraire. Mais c’est plus plat, encore moins peuplé, et pas scandinave. La langue est totalement différente et il y a vraiment quelque chose de spécial ici. Pourtant rien de si particulier à première vue… les villages sont jolis mais pas à se pâmer, les paysages sont beaux mais toujours un peu les mêmes… et pourtant on se sent super bien ici, et on a déjà la ferme intention de revenir avec plus de temps pour pousser vers le nord et la Laponie. Il faut dire aussi qu’on se balade dans des conditions idéales, à part le temps limité : la météo est à quelques écarts près impeccable (même des records de chaleur, cette semaine il a fait plus de trente degrés en Laponie, en faisant momentanément la région la plus chaude d’Europe, un comble !) et on est accompagnés d’un ami finlandais, motard chevronné, qui connaît tout le monde et nous fait rencontrer à chaque étape des gens super, accueillants et sympas comme tout, alors forcément ça aide à faire une excellente impression.

En débarquant à Turku après la Suède, nous longeons la côte via Rauma, village dont tout le centre est très bien préservé, maisons en bois de toutes les couleurs mais qui ne font pas du tout ville-musée : les habitants y vivent et travaillent, c’est mimi tout plein.

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Un pique-nique à Pori commençait bien, jusqu’à ce que d’un coup le ciel éclate et nous tombe dessus ! Nous repartons trempés, mais avons presque séché le temps d’arriver à Petäjävesi, très ancienne église en bois debout ayant miraculeusement survécu aux siècles (la seule originale du pays).

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Etape ensuite à Tampere, ancienne ville industrielle installée en équilibre sur un isthme entre deux lacs naturels, qu’on admire depuis sa tour d’observation avant de visiter un intéressant musée dédié aux conditions de vie des ouvriers au fil des décennies, installé dans les immense usines-villes quasi-autonomes qui géraient leur main-d’œuvre de la naissance à la retraite.

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Le soir suivant est un petit miracle d’authenticité : nous avons la chance d’être accueillis dans la famille de notre pote en pleine forêt, à une soixantaine de kilomètres de Kuopio. Pas d’électricité ni d’Internet, mais une maison et des cabanes entièrement construites à la main par notre hôte, depuis la sélection des arbres ! C’est beau, confortable, et complètement traditionnel, du fumoir à poissons au merveilleux sauna, d’où une fois bien suant il ne reste qu’à sauter dans le lac au bout du jardin (près de 200.000 lacs en Finlande, il y a de quoi faire). S’il n’y avait ces horribles moustiques omniprésents, ce serait le paradis. A noter que la photo du ponton ci-dessous est prise vers minuit : et oui, c’est l’apogée septentrionale de notre périple… pour cette fois.

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Un paradis qu’il nous faut hélas déjà quitter pour faire route vers le sud, la moyenne n’est pas élevée et les distances longues. Et comme dans toute balade entre motards, vient le moment où l’on s’échange les motos. Cool… sauf que je n’avais pas prévu que ce serait juste avant un passage de piste de gravier ! Chose que je n’apprécie guère et où je ne suis décidément pas à l’aise, même si quand il le faut j’en bouffe des dizaines de kilomètres. Et là, c’est avec un custom Harley Softail de près de 400 kilos, avec les pieds à l’aplomb du phare, pratiquement pas de garde au sol et guère plus de freins… hum, autant dire que je ne fais pas le malin. Mais en fait, la bête s’avère plutôt stable à ce petit jeu, avec son centre de gravité hyper bas. Bon, quand même mieux sur le bitume.

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Helsinki est une ville très chouette, vivante et pleine de contrastes entre les rares bâtiments ayant survécu aux incendies et aux guerres, et les constructions modernes, notamment celles d’Alvar Alto révolutionnaires en leur temps, ou encore des églises très originales. Bien sûr, de l’eau et de la verdure partout, des cafés sympas, des concerts en plein air, ou encore une concentration soudaine de belles voitures américaines.

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Encore un saut à Porvoo, en direction de la frontière russe, adorable village touristique assez clinquant mais joli comme tout, complété par la visite du moto-club local, super bien installé (faut dire, ils ont un long hiver à passer à bichonner leurs bécanes à défaut de pouvoir rouler avec).

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On finit par Suomenlinna, ancienne forteresse à cheval sur quelques îlots dans la baie d’Helsinki, classée Unesco, dont certains endroits ressemblent à un village hobbit. Mais c’était des dépôts de munition, moins drôle.

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Encore un ferry et nous voici à Tallinn en Estonie, c’est le début de la route du retour via les pays baltes. Bonne surprise, l’essence y est moins chère de 50 centimes par litre, ça commence bien de ce point de vue. La suite dans le prochain billet.

mercredi 5 juin 2013

Baltic tour 3 – Suède

C’est grand la Suède, même le troisième plus grand pays d’Europe, à partager entre 8 millions d’habitants… et beaucoup, beaucoup de forêts. Nous n’en verrons là aussi qu’un petit bout en la traversant d’ouest en est, avec pour lot de consolation que de l’aveu même des Suédois, les paysages ne varient guère en faisant plus de bornes. Des arbres, des arbres, des arbres, d’autres arbres. Mais la route a beau être rectiligne, ce n’est pas désagréable, il fait plutôt beau, et presque toutes les maisons sont en bois et parées du rouge traditionnel, c’est joli.

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Ce curieux bâtiment n’est autre qu’un château royal médiéval, chargé d’histoire et fortement symbolique, du temps où la Suède s’est libérée du joug danois, avec l’évasion rocambolesque du roi dénoncé par sa belle famille, un vrai épisode de Game of Thrones… et un des plus anciens musées d’Europe.

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Après Borlänge, passage par le ravissant village de Sundborn, et si on ne pourra hélas pas visiter la superbe maison de Carl Larsson pour cause de cars de touristes prenant toute la place, on a au moins le plaisir de voir ce patelin idyllique, décoré jusque sur ses boîtes aux lettres.

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Petit arrêt à Uppsala, et voici déjà Stockholm, vaste cité en plein travaux, vraiment sympa, animée, pleine de vie et d’activités.

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On y visite notamment le musée Vasa, sur un magnifique navire incroyablement décoré, fleuron de la flotte royale du début du XVIeme siècle… qui coula à pic par une mer étale, quelques instants après avoir été lancé, victime de défauts de conception. Remonté dans les années 60 après 333 ans bien à l’abri dans le fond boueux, il est exposé pratiquement intact avec une foule d’informations et de trouvailles rares, certains squelettes de marins ont été retrouvés avec encore leurs habits et le contenu de leur poches, c’est très impressionnant.

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Le soir au bord de l’eau, cette ville moderne prend des faux airs de lagune de Venise… où le soleil se coucherait particulièrement tard !

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Il est une fois de plus déjà temps de partir, c’est assez frustrant mais nous savions que cette balade ne serait qu’un avant-goût, un échantillon de Scandinavie. Au moment d’embarquer pour la Finlande, nous avons la surprise d’être rejoint par des centaines de bikers, qui reviennent d’un grand salon du custom. Au milieu de tous ces choppers et préparations plus ou moins belles ou délirantes, j’ai un peu l’impression de conduire un (gros) scooter électrique. Et quand 150 Harleys en pots pas très conformes démarrent en même temps dans la cale du ferry, je vous dis pas le raffut !

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La traversée de l’archipel prend une nuit, véritable mini croisière entre les îles innombrables, tout cela est bien joli. Arrivés à Turku, c’est parti pour une balade en compagnie des copains des associations finnoises partenaires de la FFMC que sont SMoto et MP69, mais ça, ce sera pour le prochain billet. Pris un peu de retard dans les posts faute d'avoir accès au Net au fin fond des forêts suomi.

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Je vous invite aussi à lire le blog de Tarmokeuf, sur un parcours similaire ! Mais je serai probablement parti d'Helsinki peu avant qu'il arrive, dommage.

mercredi 29 mai 2013

Baltic tour 2 – Norvège, suite

Sur la carte, nous ne sommes pas si au nord que ça. En fait, il reste autant de distance entre nous et le Cap Nord que ce qu’on a déjà parcouru depuis la France. C’est que, c’est long la Norvège, même si au point le plus étroit, elle ne fait que 6 kilomètres de large. Cela n’empêche pas certains paysages de nous projeter au-delà du cercle arctique, quand des curiosités géographiques confèrent à une région du sud un climat typiquement polaire. Ainsi en abordant le Telemark, on traverse des hauts plateaux enneigés aux lacs bien gelés, éblouissants sous le grand soleil fort bienvenu après une nouvelle matinée pluvieuse (mais sans neige, heureusement).

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Les bleus doux se déclinent à l’infini, et d’une vallée à l’autre le décor change radicalement : végétation vert intense aux maisons rouges, morne espace désolé tout en brun et noir, débauche d’eau quand les cascades enjambent la route et se mêlent aux torrents d’argent, miroirs sereins des lacs d’altitude ou des fjords plus à l’ouest… Les vallées norvégiennes, c’est comme une boîte de chocolat, on sait jamais sur quoi on va tomber.

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Il faut dire que de l’une à l’autre, on n’a pas de transitions : elles sont reliées par d’interminables tunnels (le plus long, qu’on ne prendra pas, fait près de 30 kilomètres !) parfois assez flippants : la température est glacée, ils sont souvent à peine, voire pas du tout éclairés, certains tournent en tire-bouchon pour descendre une montagne de l’intérieur, et ruissellent presque de verglas. Mais ils font quand même gagner un temps fou et chaque sortie de tunnel est une récompense en soi. Nous atteignons le village de Dalen, près duquel est une mignonne église en bois debout très ancienne, nous en verrons plusieurs sur le chemin, ainsi que de vieux greniers à grains surélevés et des maisons traditionnelles au toit couvert de végétation.

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Nous grimpons ensuite au mont Gausta (merci le trail pour traverser un chantier barrant l’unique route plutôt que faire un détour de 120 bornes !), pensant monter au sommet le lendemain. Nous en sommes dissuadés par le temps de nouveau maussade, mais aussi par le tarif délirant du funiculaire (50 € / personne). Ces histoires de prix deviennent lassantes : même en n’ayant presque aucun hébergement payant, en nous nourrissant de sandwiches, en nous privant de bien des visites, en éco-conduisant au max, et évitant bien des frais avec les avantages de la moto, le budget est quand même élevé ; on a beau être prévenus, vivement les pays plus raisonnables ! On redescend ensuite dans la plaine jusqu’à Moss pour rendre visite aux copains de NMCU, l’homologue norvégien de la FFMC et son partenaire au sein de la FEMA, avant de monter enfin sur Oslo. La ville ne nous emballe guère. Moderne et sans vraiment d’attrait particulier (à moins sans doute d’avoir un budget sans fond !), elle offre toutefois un bel opéra tout neuf (photo ci-dessous) sur une skyline en construction, mais aussi en cherchant bien un petit quartier préservé, de beaux musées de la mer (notamment sur l’histoire du Kon-Tiki), ou encore l’étonnant parc Vigeland.

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Peu à peu le charme cosmopolite d’Oslo se dévoile quand même, mais ce n’est pas le lieu qu’on regrettera le plus de Norvège. Et oui, car c’est déjà fini, nous n’avions que le temps d’un bref aperçu du sud du grand nord. Il reste encore quelques milliers de kilomètres de côtes, de fjords de villages perdus et de forêts, mais nous avons au moins eu un échantillon assez représentatif. Maintenant, c’est au tour d’un petit bout du sud de la Suède ! Nous sommes ce soir près de Borlange, après une visite des nouveaux locaux de SMC (la FFMC suédoise, la plus grande et une des plus ancienne asso motarde d’Europe, qui fête ses 50 ans cette année). Demain, Stockholm.

samedi 25 mai 2013

Baltic tour 1 – Norvège

Les copains partis de Lamoura en même temps que moi lundi dernier ont eu la chance de partager une pluie intense et glacée peu digne de la saison. Je peux maintenant témoigner qu’il n’y avait pas qu’en France que le temps était pourri. A part un peu en Allemagne, un déluge impressionnant ne nous a pas lâchés jusqu’à la pointe nord du Danemark, je crois qu’on a battu notre record d’être trempés et transis, et pourtant on avait déjà des références. Mais bon, l’important est d’être enfin arrivés ! Après deux heures de ferry, nous posons les roues en territoire inconnu : la Norvège. Pour rejoindre notre premier hôte isolé dans la forêt, le GPS annonce la couleur : « Attention, cet itinéraire emprunte des chemins ». Les chiffres me reviennent en tête, 60% des routes de Scandinavie sont en fait de simples pistes, mais probablement plus au nord que ce que nous aurons le temps de visiter, là il ne s’agit que de quelques kilomètres pour se mettre en jambes et goûter notre première nuit nordique... pour ce qu’il en reste, le soleil ne daignant disparaître qu’à près de minuit, pour revenir dès quatre heures.

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Le lendemain, nous longeons la côte sud, avec un détour vraiment pas indispensable par le phare de Lindesnes, puis en suivant la superbe route 44. Etroit ruban de bitume en bon état, serpentant entre mer et forêt, circulation faible, ce serait un super pied… si la pluie n’avait à son tour traversé pour nous poursuivre ! Au point qu’on zappe plusieurs villages prévus, ne s’arrêtant que pour se réchauffer un peu avec un chocolat. Heureusement qu’au dernier moment avant de partir on a remis la doublure des blousons et pris les tours de cou, mais les gants d’été et les bottes légères sont bien limites pour les 6 malheureux degrés que nous avons, loin sous les moyennes saisonnières.

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Enfin, hallelujah, le soleil se montre tandis que nous arrivons sur Stavanger, il est chaud et doux, ça fait un bien fou, même si le vent descendu de l’Arctique reste bien frisquet. Ville colorée et sympathique, où le pétrole est la principale activité et les prix atteignent des records, même pour la Norvège. Les plats des restos n’hésitent pas à s’afficher à 50 Euros, et tout est à l’avenant. Heureusement que la merveilleuse entraide des voyageurs nous permet de nous balader en minimisant sérieusement les frais, logés-nourris chez l’habitant très sympa de surcroît, ce qui nous laisse de quoi faire face au reste, par exemple l’essence à plus de deux euros le litre (heureusement qu’on roule cool !).

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Le jour d’après se fait sportif : on s’enfonce un peu dans les fjords avant de se lancer à l’assaut du Preikestolen, une grosse demi-journée de marche aller-retour pour aller voir un impressionnant rocher aux arrêtes régulières tombant tout droit à pic dans l’eau glacée, 600 mètres plus bas. La grimpette n’est pas toujours évidente avec quelques escaliers pour tout entraînement, mais les vues sont magnifiques tout au long du chemin.

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Le retour se fait comme d’hab par une succession de ponts, de tunnels en V plongeant sous les fjords et de ferries, hallucinant à quel point le territoire est découpé et entremêlé d’eau et de rocs. Et encore, la moto a de nombreux avantages : déjà, on est exemptés des nombreux péages, mais en plus on peut très officiellement remonter les parfois interminables files d’attente aux embarquements des ferries, et on est aussi les premiers à débarquer pour prendre la route sans être gênés par les camions et camping cars, sympa…

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Nous sommes ce soir dans la très jolie ville de Bergen, ancienne capitale du pays et ville majeure de la ligue hanséatique, avec tout un quartier de maisons en bois et des ruelles grimpant les collines autour du port. Le soleil était caché ce matin mais il a eu la très bonne idée d’éclairer toutes ces couleurs pimpantes, pourvu que ça dure.

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La suite au prochain numéro…

jeudi 16 mai 2013

Vitesse cohérente

Au moment où nos gouvernants obsédés de contrôle et restriction de la vitesse ressortent les plans pour toujours plus la réduire (120 sur autoroute, 30 en ville...), sans se soucier le moins du monde des réelles causes d'accidents (notamment sur les voies rapides, justement), prenons un petit moment pour regarder ce qui se fait ailleurs. L'Allemagne est bien connue pour sa vitesse libre sur une bonne partie des autoroutes, mais de nombreux autres cas existent dans d'autres pays. Limite à 140 ou 150 km/h sur autoroute, vitesse calée sur le reste du trafic (si tout le monde roule à la même vitesse, même plus élevée que la limitation, c'est toléré), ou encore limite unique quelle que soit la route. Ce dernier cas est certes un peu étrange, mais au moins, il fait appel à la responsabilité individuelle... Intéressant de regarder l'accidentalité de ces pays que les apôtres de la basse vitesse peuvent considérer comme laxistes. Leurs résultats sont meilleurs, ou moins bons, que les nôtres. Mais il y a tellement de conditions et de causes menant à l'accident que, justement, la vitesse n'est pas un indicateur suffisant. Une nette variable d'ajustement, oui. Le facteur unique sur lequel agir pour résoudre tous les problèmes ? Certainement pas.

A titre d'exemple, je vous laisse savourer ces panneaux sur des pistes de Nouvelle-Zélande. Pour ne serait-ce qu'atteindre la limite, sans même parler de la dépasser, il faut déjà bien savoir ce qu'on fait avec un guidon ou un volant (surtout en camping-car) !

Parc national d'Urewera, centre de l'Ile du Nord. A 20 km/h près, c'est ce qu'on voudrait nous imposer sur une 2x3 fois parfaitement rectiligne et goudronnée... cherchez l'erreur.

Northland, péninsule au nord de l'île du nord (oui oui, c'est bien pas plus de 100 km/h sur la plage)

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