Le Frédéblog

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mardi 31 janvier 2012

Réflexion sur la cryptonique de masse

Quelque chose de « cryptique » (à part les contes de la crypte) est fait pour réserver un certain savoir à un cercle restreint d’initiés, qui peuvent ainsi contrôler – voire asservir – le reste de la plèbe. Au cours des siècles, cela a été largement utilisé dans de nombreux domaines, de la religion à l’alchimie. Aujourd’hui, le terme a surtout survécu pour la protection des données informatiques, mais on retrouve le principe un peu partout : finance, lois… même billets de trains comme je l’ai encore constaté récemment.

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Cas très bête, je réserve en ligne un ticket pour Bruxelles en m’assurant qu’il soit modifiable, c’est bien marqué dessus, « échangeable une fois sans frais ». Mon planning change, je modifie donc le billet… et me vois retenir 50% du prix ! Contactée la SNCF me répond comme si j’étais débile que, voyons, il fallait le faire en gare pour bénéficier de l’échange gratuit ! Si si, c’était bien marqué en tout petit dans les conditions de vente. Suffisait de le savoir. Mais comment ? Des fois c’est le contraire, un billet acheté en agence ne peut être modifié qu’en ligne, des fois tout en ligne, des fois que en gare… et je ne parle pas de l’absurde complexité des tarifs eux-mêmes. C’est un exemple banal et mesquin, mais flagrant : l’information est soigneusement cachée, techniquement présente on ne peut pas accuser du contraire, mais dévoilée de telle façon que seuls les initiés puissent vraiment s’en servir. Les autres pauvres couillons n’ont qu’à payer et se taire, après tout c’est leur faute s’ils n’ont pas su lire au bon moment, au bon endroit.

A plus grande échelle, comment ne pas faire le rapport avec les impôts, les lois, toute l’administration et la société actuelle. Certes, l’équilibre est fort délicat à trouver : une loi qui serait trop simple, trop identique pour tous, en deviendrait injuste ; où placer la limite entre le traitement différent de ce qui est fondamentalement semblable, et le traitement semblable de ce qui est fondamentalement différent ? Mais aujourd’hui, le degré de complexité semble avoir pris vie, il évolue de lui-même, déconnecté du monde et des besoins réels. Et ce, dans tous les domaines il semble… Dont ceux qui nous concernent, défenseurs des deux-roues motorisés : avez-vous vu par exemple les projets de réforme des catégories de permis ? Ubuesque. 50 sous-catégories, des exceptions, des retours en arrière, des incohérences énormes.

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Je le dis souvent, on a l’impression qu’on pourrait (qu’on devrait !) arrêter pendant 10 ans de faire de nouvelles lois et réglementations. Il serait tellement plus simple et efficace souvent de simplement laisser les gens tranquilles, au lieu de chercher constamment de nouveaux problèmes à résoudre là où un peu de bon sens et d’humain suffit largement à fonctionner. Les technocrates et juristes ne seraient pas au chômage pour autant : trier, simplifier, moderniser, simplifier, ajuster, simplifier, l’écrasant mille-feuilles législatif hérité parfois de décennies, voire de siècles, et qui plus est avec l’Europe à unifier entre divers pays. Et ce n'est pas gagné avec la manie actuelle de pondre une nouvelle loi dans l'urgence au moindre fait divers, sans aucun regard pour ce qui existe déjà, surtout sans jamais évaluer les résultats de ce qu'on fait, tout dans la com', dans le paraître. Sauf que les shows médiatiques s'envolent, les textes de lois restent, et pourrissent la vie des citoyens pendant des décennies...

Remarquez, ils le font des fois. Comme quand pour mieux expulser des familles entières Guéant rétablit des lois que Charles de Gaule s’était empressé de supprimer à la libération, mais c’est un autre sujet.

mercredi 18 janvier 2012

Carnet de voyage : Ouzbékistan

Ca aura mis bien longtemps, désolé, la même activité assez chargée qui rend mon blog moins actif ces derniers temps a retardé la mise en ligne des carnets de voyage de ma balade de septembre. Vous aviez eu un mot de la rencontre avec Mélusine, un petit aperçu en cours de route, un billet spécial moto, voici maintenant si ça vous intéresse les notes et photos plus détaillées pour l’escale à Riga, le Kirghizstan, et tout frais d’hier l’Ouzbékistan. Pour rappel, ce n’était PAS un voyage à moto, juste à pied, mais n’hésitez pas à en discuter via les commentaires du blog si ça vous inspire !

Riga

Kirghizstan

Ouzbékistan

mercredi 4 janvier 2012

A bouffer de préférence avant le…

Premier billet de 2012 sur le mode informatif… Petit tuyau qui circule, et après vérification qui semble vrai et pas un énième hoax. Je transmets, ça peut toujours servir. Les pneus de nos motos (et voitures d’ailleurs) ont une durée de vie limitée. Je ne parle pas de leur usure sur la route, qui va de soit, mais bien de leur longévité dans le temps. On se doute qu’un pneu qui a passé quelques années sur une machine en stockage sans rouler n’est pas au pic de ses performances : séché, déformé, crevassé, il sera loin de ses qualités optimales. Mais il y a plus vicieux : les pneus qui sortent du magasin ont parfois attendu des années avant de passer la caisse. Pas toujours bien emballés, parfois stockés dehors avec d’importantes différences de températures, ils peuvent arriver sur vos jantes bien diminués par rapport à ce que vous êtes en droit d’attendre. Selon les conditions d’entreposage, les effets de l’âge seront plus ou moins marqués, mais ce n’est quand même pas idéal. Bien entendu, le risque est plus important pour une dimension rare, oubliée au fond d’un petit garage peu actif, que pour la dimension la plus répandue dans un gros débit. Mais il existe une façon très simple de vérifier qu’on ne vous a pas refilé un boudin périmé : c’est marqué sur le flanc !

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Bon certes, pas de la façon la plus explicite qui soit, mais il suffit de connaître le code. Sur l’exemple ci-dessus, « 5107 » signifie la 51ème semaine de 2007. 348 indique la 34ème semaine de 1998 (hum, ça commence à sentir le renfermé). Un pneu fabriqué aujourd’hui aura donc le code 0112. En théorie, un pneu ne devrait pas être conservé plus de six ans, mais je suppose que comme les casques, ce n’est pas une limite absolue au jour près. Et j’ai déjà voyagé dans une Chevrolet des 60’s avec encore les pneus à flancs blancs d’origine (mais pas question de performance, et en l’occurrence guère de soucis de sécurité routière non plus - c’était en Syrie il y a quelques années).

Voilà, ça peut toujours être bon à vérifier en récupérant la moto après un changement de train de pneumatiques, en même temps que le bon réglage de la chaine le cas échéant et serrage de tout. Bonne année et à bientôt !

jeudi 22 décembre 2011

Eugène et la moto normale

En ces temps de fêtes et d’enfance, mais aussi de lois diverses et de recherches pour imposer aux motos tout un tas de gadgets et d’assistance électronique, je vous propose une petite adaptation mignonette d’une chanson d’Anne Sylvestre, dont les Fabulettes ont bercé mon enfance – en les faisant écouter à mes nièces aujourd’hui, je réalise qu’elles sont gravées mot à mot dans ma mémoire ! Conte de Noël motard :

Eugène et la moto normale

C’est une petite histoire de rien du tout. Eugène, jeune homme, avait une sœur, un frère et une moto. Sa sœur avait une passion pour tout ce qui était communication. Elle ne lisait que des magazines de technologie, possédait un tas de gadgets tous plus communicants les uns que les autres, et accomplissait des tours véritablement stupéfiants. Quand c’était l’heure d’aller quelque part, elle mettait son GPS et hop ! les routes, les rues, les radars s’affichaient devant ses yeux ; quand elle rentrait de quelque part, l’état du trafic et la météo se montraient tous seuls, bref, elle était parfaitement connectée !

Son frère, lui, n’aimait qu’une chose : la technologie. Tout ce qu’il possédait était savant : son téléphone surfait sur Internet, son véhicule était bardé d’électronique, son freinage était assisté, jusqu’à ses amis qui étaient virtuel via les réseaux sociaux, bref, il était tout à fait tendance.

Eugène, lui, n’avait que sa moto, mais attention, une belle moto, et soignée, toujours bien gonflée, confortable et tout. Sa sœur, la communicante, lui disait parfois : « Mais tu n’as qu’à l’équiper, et ta moto sera branchée ! tu t’assiéras sur la selle, et elle t’emmènera partout, tu auras plein d’infos, même ! tu iras en Amérique, en Chine, à… à Tonnerre, partout ! » Et son frère, le technophile, lui répétait : « Mais équipe-la, ta moto, mets lui un freinage ABS, un anti-patinage, un capteur de distance de sécurité, et tout le monde t’admirera, on t’enviera au feu rouge ! ».

Mais Eugène répondait : « Quoi, ma moto ? Est-ce que j’ai besoin d’une moto communicante, moi ? Est-ce que j’ai besoin d’une moto assistée ? Une moto cabocharde qui va m’emmener ou je ne veux pas aller, une fanfaronne, qui va refuser de freiner quand que je serai sur du gravier, et qui me fera tomber ? Pas question, ma moto est une moto normale, quand je l’enfourche elle attend sagement que je décide, quand je tourne la poignée elle avance, quand je pousse le guidon, elle m’obéit, elle est parfaite, ma moto normale ! » Et Eugène, sagement, obstinément, garda longtemps sa moto normale. Ce qui prouve qu’on peut avoir une technologie comme ci, une assistance comme ça et que… ce qui ne prouve absolument rien après tout, c’est… c’est normal, quoi, comme la moto d’Eugène !

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L’original : Eugène et le vélo normal (Anne Sylvestre)

C’est une petite histoire de rien du tout. Eugène, petit garçon, avait une sœur, un frère et un vélo. Sa sœur avait une passion pour tout ce qui était magique. Elle ne lisait que des contes de fées, possédait un tas de baguettes toutes plus magiques les unes que les autres, et accomplissait des tours véritablement stupéfiants. Quand c’était l’heure de mettre le couvert, elle levait le petit doigt et hop ! les assiettes, les couteaux, les fourchettes se mettaient en place, quand elle rapportait de l’école son livret, les bonnes notes s’y rangeaient toutes seules, bref, elle était parfaitement décourageante ! Son frère, lui, n’aimait qu’une chose : le cirque. Tout ce qu’il possédait était savant : son chat marchait sur les pattes de devant, sa moto sur la roue arrière, son lit était dressé pour se faire tout seul, jusqu’à ses professeurs qui savaient ne pas l’interroger quand il n’avait pas appris ses leçons, bref, il était tout à fait démoralisant. Eugène, lui, n’avait que son vélo, mais attention, un beau vélo, et soigné, toujours bien gonflé, rapide et tout. Sa sœur, la magicienne, lui disait parfois : « Mais tu n’as qu’à le vouloir, et ton vélo sera magique ! tu t’assiéras sur la selle, et il t’emmènera partout, il volera, même ! tu iras en Amérique, en Chine, à … à Tonnerre, partout ! »Et son frère, le dompteur, lui répétait : « Mais dresse-le, ton vélo, apprends lui des tours, fais le sauter sur son guidon, danser sur une roue, et tout le monde t’admirera, on te jettera des sous ! ». Mais Eugène répondait : « Quoi, mon vélo ? Est-ce que j’ai besoin d’un vélo magique, moi ? Est-ce que j’ai besoin d’un vélo savant ? Un vélo cabochard qui va m’emmener ou je ne veux pas aller, un fanfaron, qui va se dresser pendant que je lèverai la main pour me gratter la tête, et qui me fera tomber ? Pas question, mon vélo est un vélo normal, quand je l’enfourche il attend sagement que je décide, quand j’appuie sur les pédales il avance, quand je tourne le guidon, il m’obéit, il est parfait, mon vélo normal ! » Et Eugène, sagement, obstinément, garda longtemps son vélo normal. Ce qui prouve qu’on peut avoir un frère comme ci, une sœur comme ça et que… ce qui ne prouve absolument rien après tout, c’est… c’est normal, quoi, comme le vélo d’Eugène !

lundi 5 décembre 2011

Panique sur le périph

Que les représentants de l’Etat aient besoin de se déplacer, c’est une évidence. Que ce soit parfois prioritaire, on peut le comprendre. Que ça coûte plus cher que pour le pékin moyen, difficilement évitable. Mais il y a des limites. Déjà dans les dépenses : Sarkozy passe toutes les bornes en la matière, prenant l’avion pour aller inaugurer une gare TGV à une heure de Paris, mobilisant un arsenal de sécurité délirant, etc. Une étude précise d’ailleurs que ses déplacements pourraient coûter en moyenne 70.000 Euros, au lieu des 320.000 qu’il fait dépenser. Sachant qu’il bouge 12 fois plus que Chirac, ça commencerait à se sentir…

Les membres de son cabinet ne montrent pas franchement l’exemple non plus, et cela se retrouve jusqu’en bas de la hiérarchie des pouvoirs publics, avec une utilisation vraiment pas assez rare des voitures de fonction et du gyrophare pour des déplacements privés sans urgence avérée. Hier soir en quittant le salon de moto, j’ai assisté à une scène dépassant tout ce que j’avais vu en la matière : un car en interfiles ! Oui oui, un gros car de tourisme civil, sans marquage spécifique, escorté en tout par deux motards de police, forçant le passage à travers la circulation dense du périphérique.

Qui était-ce ? Ou allait-il, dans quel contexte ? Je ne sais pas et je m’en fiche. Aucun véhicule civil dans ces conditions ne pouvait justifier le comportement qu’ils avaient, une telle urgence, d’autant qu’il semblait bien que c’était des enfants ou des jeunes à bord. Ils ont semé la terreur sur plusieurs portes, faisant pousser les voitures, déviant les deux-roues…

Faut dire, comme souvent dans ces cas-là quand un 4-roues remonte entre les files embouteillées (même avec une raison légitime comme une ambulance en intervention), il y a toujours des motards ou des scootéristes inconscients pour s’impatienter et tenter de remonter entre les files de droite… juste quand la file du milieu se resserre sur eux pour laisser passer l’ambulance. Là, même topo mais avec un gros car, d’autant plus dangereux que rien ne le signalait comme un véhicule prioritaire, à part les deux fous furieux sur leurs moto blanches qui lui ouvraient la route.

Restant derrière car ne risquant pas un dépassement hasardeux, j’ai eu le loisir de l’observer un moment, avec une colère se muant en rage devant le comportement de ce cortège incongru. Le pire a été quand il a enfin quitté le périph (il me semble pour aller vers Orly. Un avion à prendre ?) : à la faveur d’une voie momentanément vide à droite, le flot des deux-roues (moi compris) s’engouffre pour dépasser le mastodonte, puisqu’il est enfin possible de le faire en sécurité. Sauf que le car tournait, sans même clignoter ! Il a coupé le périph de la file de gauche à la sortie, les deux policiers hystériques sur leurs motos faisant des manœuvres super risquées pour disperser les deux-roues surpris se retrouvant dans cette trajectoire inattendue. Notamment vu un gars sur une vieille BM rouge qui semblait paniquer et ne s’est pas dégagé assez rapidement au goût d’une des escortes qui lui a foncé dessus et l’a poussé physiquement ! On a vu le motard déstabilisé manquer de perdre le contrôle. Quel exemple ! Quelle sécurité ! Aucune urgence même légitime n’aurait cautionné de tels agissements. Alors pour un véhicule civil avec des gosses de VIP à bord ? Dire que ça vient nous faire la morale et nous imposer des mesures à la con… Il est très rare que je m’énerve au guidon, mais là les flics en ont pris pour leur grade. Pas pu relever leurs plaques dans le chaos qu’ils généraient, mais si quelqu’un d’autre les a vu, témoignez ici, j’essaierai de faire suivre aux autorités. D’accord, ils avaient des ordres, et je ne les envie pas de devoir guider un car civil en interfiles à 20H à deux seulement, mais ça n’excuse pas.

En manif, il y en a qui ont essayé de nous faire le coup… arracher la main d’une copine de son guidon en roulant, essayer de me filer des coups de valise pour me dévier… Ils ont du bol qu’on a un minimum de maîtrise de nos machines (merci les stages AFDM !), et nous aussi car en cas de problème, ce ne sera jamais eux qui seront inquiétés.

vendredi 18 novembre 2011

Planquez-vous, Sarko est en ville !

Pour une fois que je passe quelques jours à Avignon, j’y suis rejoint par un sinistre personnage, se nourrissant de médias et travaillant avec une systématicité dont on ne peut nier la constance au démantèlement de la société française. Ce monsieur, donc, président pendant son temps libre, est ici pour la culture. Ah, la culture… vous savez, ce truc tellement important qu’on va jusqu’à nommer un présentateur de télé comme ministre, c’est dire. Remarquez, c’est bien qu’on en parle, de la pauvre culture, qui a tant de soucis à ce faire, sacrifiée comme elle est sur le dos de la crise et du commerce. C’est d’ailleurs le souci des débats d’aujourd’hui, sous l’égide de la très sarkophile maire d’Avignon : comment concilier culture et industrie ? La question est d’importance. Mais là où je me gausse, c’est de voir qui en parle. Oh il y a bien quelques artistes, mais aussi honorable que puisse être cette initiative, elle perd toute crédibilité en servant de caution à un président en campagne ré-electorale sur les fonds publics, et quand on voit ce que ledit président et la pantomime qui lui sert de gouvernement ont fait et font pour la culture.

Quant à la maire Mme Roig, on peut sincèrement la croire intéressée par la Culture avec un grand C, sa ville étant tout de même assez emblématique. Mais comment la croire politiquement sincère quand, sur un sujet comme l’Hadopi, par exemple, elle m’a dit en personne peu avant le vote de la loi : « Je sais que c’est inapplicable, je sais que c’est inutile, mais M. Sarkozy a dit qu’on la votait, donc on la vote. » ? Quelle belle démocratie… Cela me fait penser aux Verts qui s’étonnent qu’Areva s’invite dans le débat politique sur le nucléaire, mais à l’inverse : que vient faire le gouvernement à s’immiscer dans un débat qui concerne les artistes, les distributeurs et le public ? Est-ce que légiférer à tout va sur un sujet déjà obsolète va inciter les majors à proposer enfin des services plus complets et attractifs que l’offre gratuite ? Je commence à me lasser d’acheter pour le principe des DVD que je ne sors même pas de l’emballage, car leur contenu est plus pratique et plus riche en version dématérialisée. En attendant, en ces temps de crise, le budget annuel de l’Hadopi est déjà supérieur à celui de la CNIL, pourtant de 30 ans son aînée, nécessitant bien plus de personnel et autrement plus utile. Mais il faut dire, quand on dépense plusieurs millions d’Euros rien qu’en propagande, ça chiffre vite.

Pour en revenir à Avignon, la visite monarchique nécessitait bien entendu de balayer devant l’empereur. Miraculeusement, nettoyages et chantiers ont progressé, les forces de l’ordre ont évacué manu-militari les SDF et autres « inactifs » de la rue de la République (mais surtout sans toucher aux visiteurs de la fête du vin, qui en sont à leur trentième petit verre en plein après-midi), et depuis quelques jours les patrouilles de police… patrouillent, tels des cowboys du bitume. Sur leurs FJR rutilantes, ils déboulent à fond de train dans les petites rues, klaxonnant les petites dames qui osent traverser à ce moment, et se montrent instantanément hargneux et agressifs quand un citoyen lambda (moi en l’occurrence) fait remarquer que c’est elle qui a priorité, surtout qu’ils ne sont pas en intervention, ou alors ils actionnent leur gyrophare et sirène. Il s’en faut de tellement, tellement moins pour que nous, simples civils, soyons sanctionnés et verbalisés ! (Je viens de perdre un point, moi le dangereux criminel de la route, ayant été flashé à 131 km/h pour 130, au bas d’une descente sur une autoroute déserte, droite et sèche…)

Quelle image déplorable de la République, de la police… Ont-ils entendu parler de la notion d’exemplarité, qu’ils sont censés défendre ? Ils justifient par exemple les coupes toujours plus importantes dans le personnel de l’Education Nationale, déjà en cruel manque, pendant que le petit Nicolas se paie une chambre à 37.000 Euros la nuit pour le sommet à Cannes, qu’il se déplace en avion privé sur des trajets où le TGV serait encore plus rapide et incomparablement moins cher (quitte à réquisitionner tout un wagon, ou tout le train !), et que la simple baisse marginale des salaires des plus hauts fonctionnaires et élus suffirait à combler une bonne partie du trou du budget… Quant aux retraites, renseignez-vous sur le régime en vigueur pour les élus et fonctionnaires européens.

Voilà, un petit coup de gueule fourre-tout qui n’apporte pas grand-chose, certes, mais ça défoule. A très bientôt pour des posts plus drôles ou constructifs !

vendredi 11 novembre 2011

Scoop !

Ca y est, le détail de la transposition de la troisième directive européenne du permis de conduire en droit français a été publié au Journal Officiel. Certaines mesures seront introduites progressivement :

Le gouvernement vient de décider qu'au 1er janvier prochain, sur tout le territoire, les automobiles devront rouler à gauche, non plus à droite.

Si l'expérience est concluante, à partir du 1er février la mesure sera adoptée pour les camions.


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mercredi 9 novembre 2011

Les étapes du changement

Un changement trop brusque, une interdiction trop directe, ça fait des remous. On proteste, on s’indigne, enfin, pas tout le monde, mais assez pour que ça fasse désordre. Du coup deux méthodes sont bien rodées :

  • L’une consiste à proposer des trucs énormes, sachant qu’ils ne seront pas acceptés, mais qui peuvent être magnanimement rejetés pour quelque chose de plus convenable – proportionnellement. En fait, ça reste bien pire que ce qu’on aurait accepté d’emblée, mais ouf, on a échappé à encore bien pire alors bon, ça ne semble plus si grave. Naïfs…
  • L’autre méthode, elle aussi régulièrement mise en œuvre, consiste à avancer par petites touches sous des prétextes difficile contestables individuellement, mais qui s’assemblent petit à petit comme les pièces d’un puzzle menant, à terme, à une autre vision de la société.

Parfois, cela va dans le bon sens dans certains pays : accès à l’information, pressions vers plus de liberté, ouverture d’Internet. Mais souvent, on le constate en ce moment-même en occident en général et en France en particulier, c’est tout le contraire. Restriction de libertés, contrôle toujours plus étroit des populations et des informations… Deux exemples parmi tant d’autres qui se bousculent plus dans les textes de loi que dans les médias qui, comme le public, se laissent prendre aux mauvaises excuses et justifications de surface :



Parmi le fatras de la loi Loppsi2, une disposition permet de bloquer l’accès à certains sites Internet. Bien entendu, aucun rapport avec la liberté de la presse ou le contrôle des associations, c’est uniquement pour couper les sites pédophiles. Big-Brother-Loppsi.jpg Qui va contester ça, au risque de sembler défendre les pédophiles ? Et pourtant, creusons un peu la question. L’une des fondations d’Internet est la neutralité du réseau. Tout filtrage la remet en cause. La solution pour un site illégal (pédopornographie, terrorisme, révisionnisme…) est de s’en prendre à la source, mais je conviens très bien qu’il est utopique d’agir sur un hébergeur pirate en Russie ou en Chine. Mais que signifie bloquer un site sans cela ? C’est que l’état demande aux fournisseurs d’accès (Free, Orange…) d’empêcher leurs clients d’atteindre une adresse spécifique. Efficacité ? Modérée pour le grand public ou le surf au hasard, Zéro pour les réels délinquants. Il existe tellement de façon de contourner cette disposition qu’un blog ne suffit pas à tout décrire. Alors pourquoi faire voter ça ? Pour le comprendre, il faut observer de plus près la loi proposée : la liste de sites interdits est secrète, elle ne dépend pas d’un juge, ne sera soumise à aucun audit. En d’autres termes, inutile d’être particulièrement paranoïaque pour comprendre que c’est la porte grande ouverte à toutes les dérives. En l’absence de toute transparence et du moindre contrôle, l’infrastructure ainsi mise en place permet donc au gouvernement de couper l’accès à un site Internet, quel qu’il soit, d’un claquement de doigts. Et le filtrage peut être subtil : un article précis, une vidéo en particulier… à la seule discrétion du pouvoir. Alors, faut-il renoncer à lutter contre la pédophilie ? Non bien sûr, mais pas en en faisant un prétexte aussi dangereux, pas à ce prix, d’autant que ce sera sans effet pour l’objectif affiché.



Autre exemple, qui concerne plus spécifiquement les usagers de la route, les projets de ZAPA, avec restrictions d’accès à certains centres urbains pour diverses catégories de véhicules. L’objectif prétexte ici est l’environnement et la qualité de l’air. Pareil, comment contester ça, comment protester sans passer pour un affreux pollueur égoïste ?

Mais comme toujours, il faut voir au-delà des apparences, creuser sous la surface. L’impact sur la pollution ? Voyons voir, la pollution directe est surtout liée aux particules fines, qui ne sont pas émises par les deux-roues, pourtant concernés au premier plan, alors qu'ils pèsent très favorablement dans le bilan en fluidifiant et réduisant les déplacements. La pollution indirecte, c’est surtout l’ozone ; issue d’un processus de transformation chimique, elle n’est pas créée sur place, et ne dépend donc en rien d’une restriction locale. Les gens qui conçoivent ces lois le savent pourtant, alors… pourquoi ? La réponse est à chercher dans le dispositif nécessaire à l’application de ces lois. En effet, il serait peu coûteux à mettre en place mais peu rentable d’en confier la vérification à du personnel de police ou municipal : on les retire déjà de toutes les missions prioritaires ! Non, après investissement, la seule solution crédible est le contrôle informatisé. Caméras, analyse des plaques, suivi et archivage des déplacements… En gros, toute l’infrastructure nécessaire à l’instauration d’un péage urbain et au tracking du moindre trajet motorisé. Sans compter le tri social que ça représente : déjà chassées des villes par le prix des loyers, les classes modestes et moyenne s’y verront même refuser l’accès au prétexte qu’elles n’ont pas non plus les moyens d’acheter un véhicule neuf. L’alternative transports en commun ? On voit que ceux qui prétendent tout faire reposer dessus ne s’en servent guère. Entre la saturation des réseaux, les difficultés de fonctionnement, le manque d’adaptation aux transports d’enfants, de personnes âgées ou handicapées, aux charges à transporter personnellement ou professionnellement (qui va rentrer d’Ikea en bus ?), c’est un bon début mais pas une réponse universelle ! Il faudrait commencer par aménager de vastes parkings gratuits près des interconnexions de transports en communs, et baisser significativement le prix de ces derniers (souvent plus chers que le transport individuel, un comble !).



Ces exemples peuvent hélas se multiplier. Seules alternatives : la vigilance, la réflexion, la mobilisation. Ne vous contentez pas des infos des médias traditionnels, sensationnalistes et soumis. Creusez un peu les choses. N’acceptez pas l’inacceptable sous prétexte que c’est emballé dans de bons sentiments – le pire a toujours commencé ainsi. Pour éviter de devoir prochainement agir par petites touches pour revenir à plus de libertés et de respect de l’humain, il faut surtout lutter contre les petites touches qui nous en éloignent insinueusement au quotidien. Agir contre les dérives et la pollution, oui, mais pas à n’importe quel prix, et pas en détournant le véritable but de l’action. L’enjeu, ce n’est pas la coupure d’un site ou l’accès libre à un centre ville, c’est un projet de société dans son ensemble, une vision de la vie en commun, rien moins.

dimanche 6 novembre 2011

Quelques manifestants - Sempé

harley.jpg Une nouvelle pas très neuve puisqu’il date de 1983, mais on vient de m’offrir le bouquin « Quelques manifestants » du brillant Sempé. J’adore ce dessinateur, en quelques traits de traviole qui semblent basiques, il plante tout un décor, une ambiance, la personnalité des personnages, toute une société. Parmi sa série d’albums thématiques, celui des manifestants nous concerne de près. Pas de moto dans cet album-ci (la Fédé naissait à peine à l'époque), mais on s’y reconnaît à chaque page. Avec tendresse et ironie, un dessin fouillé ou une phrase assassine, il croque à la fois la futilité et le courage des engagements, le décalage qu’il peut y avoir entre le contexte et les combats citoyens… ou égoïstes. Une excellente idée cadeau pour vos potes engagés, quel que soit le domaine !

http://www.amazon.fr/Quelques-manifestants-Semp%C3%A9/dp/220725125X/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1320617220&sr=8-1

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A noter en ce moment à Paris une expo sur ce grand artiste, qui a aussi collaboré avec le New York Times dans un style différent de ce qu'on connaît habituellement de lui.

mercredi 2 novembre 2011

Aires de repos au repos

Bonjour à tous ! Cela fait bien longtemps que je n’ai pas posté sur mon blog, plus d’un mois, un record depuis sa création même quand j’étais au bout du monde, vous m’en voyez désolé. Très peu de temps dispo en ce moment pour écrire, pourtant j’ai plein de trucs en stock à partager avec vous, je vais essayer de reprendre le rythme dès que possible.

Ces dernières semaines, j’ai pas mal roulé et bougé, en Europe proche ou en France. Rien que cette semaine, Nice, Monaco, Perpignan, Bordeaux, Cognac, La Rochelle, Paris, et d’ici ce week-end il y aura encore Lille, Evreux, Orléans… Ceci explique en partie mon silence online, mais m’a aussi amené à confirmer une constatation latente concernant les aires de repos autoroutières. Car avec tous ces kilomètres en peu de temps et dans des conditions météos par forcément idéales, il y a surtout eu de la 4-voies payantes, pas de gaité de cœur.

Avez-vous remarqué comme moi que les aires de repos non commerciales, c’est-à-dire sans station service ni restaurant, sont de plus en plus souvent fermées ? Sur mes parcours en ce moment, cela concernait la majorité d’entre elles. Bien sûr, on avance l’excuse de travaux d’entretien, mais… toutes en même temps, sur des réseaux différents, d’un bout à l’autre du pays ?

Avec un peu de paranoïa et une absence radicale de confiance dans les sociétés d’autoroutes qui ont prouvé leur manque total d'intérêt pour quoi que ce soit d’autre que leurs profits, je me demande si ce n’est pas une occasion de plus de faire à la fois des économies et du commerce supplémentaire. En effet, en s’arrêtant sur une aire avec juste des toilettes et un carré de verdure, on dépense moins qu’en étant tenté par un Bounty, un sandwich ou un DVD en pseudo-promo. Cela signifie qu’au lieu d’une aire tous les 20 kilomètres, il faut maintenant attendre 60 kilomètres pour faire une pause, ce n’est pas négligeable. Pour nous autres motards condamnés à passer toutes les deux heures en station-service pour faire le plein de toute façon, ça ne change pas grand-chose, mais pour les automobilistes, dont la principale cause d’accident sur l’autoroute est la somnolence, et qui peuvent rouler jusqu’à 1000 bornes sur un plein de mazout, c’est une nuance qui compte.

Mais bon, tant qu’ils restent bien sagement scotchés au milieu à 115, en train de pioncer ou de téléphoner, on s’en fiche, ils ne sont pas – quelle horreur ! – en grand excès de vitesse (à 133 km/h comme je me suis fait flashé plusieurs fois, heureusement la plupart par l’avant), donc le reste on s’en fiche. La sécurité routière dans tout ça ? Mais rien à battre ma bonne dame, ce sont les affreux rouleurs qu’il faut sanctionner, surtout s’ils n’ont que deux roues.

vendredi 23 septembre 2011

Au pays des villes sans moto

Les grandes villes d’Ouzbékistan, comme la capitale Tashkent ou l’ancienne Samarkand, sont vastes et modernes, avec d’interminables avenues larges comme des fleuves, dignes héritages de l’époque soviétique. Bordées de superbes monuments restaurés, de maisons russes ou d’immeubles modernes, elles permettent une circulation aisée et fluide aux véhicules qui les parcourent, dont les marques sont réparties selon l’âge : pour tout ce qui date d’avant 1991 - donc avant la chute de l’URSS (et il en reste pas mal), c’est Lada, Trabant, Izhmash et anciens véhicules militaires ; de 1992 au début des années 2000, ce sont les grosses berlines allemandes en trois-ou quatrièmes mains venues d’Europe, idem pour les bus et les poids-lourds, hérités d’Occident avec encore leurs peintures publicitaires d’origine. Enfin, les véhicules modernes sont japonais et surtout Chevrolet, la marque américaine semble aujourd’hui posséder un quasi-monopole, des micro-citadines aux belles berlines et 4x4. Il manque cependant quelque chose, un silence bruyant, une absence qui se remarque, du moins pour mon œil restant toujours plus ou moins à leur affut… mais où sont les deux-roues motorisés ? Pas UN SEUL en vue ! Quelques triporteurs utilitaires en cherchant bien, mais pas une moto, pas un scooter. Certes, la circulation est fluide, il fait très chaud l’été, très froid l’hiver, mais tout de même… En fait, ils sont carrément interdits, à part ceux des très rares touristes. Peur du terrorisme dit-on, je ne sais pas si c’est vrai. Toujours est-il qu’alors que la conduite est plutôt saine, les chaussées certes assez défoncées mais tout à fait circulables en deux-roues, et que ce serait une solution simple et économique, y’a pas. Et ça fait bizarre, surtout un militant de leur défense comme moi !

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Du coup à la campagne aussi on en voit très peu, il n’y a aucun gros cube, juste quelques flat-twin Oural, et surtout des mono Izhmash où l’on roule à trois ou quatre en tout-terrain.

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Le plus souvent, elles sont attelées, non à un panier de side-car, mais à un simple plateau de bois avec une roue très suspendue à droite. Bien pratique et modulable pour trimballer au choix un énorme fagot de bois, quelques moutons, un déménagement, la petite famille…

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Pratique, mais utilitaire. Malgré tous les progrès déjà faits en Asie Centrale, la moto passion reste un concept inconnu. Avant que naisse la Fédération Ouzbèke des Motards en Colère, il va falloir développer un peu le parc. Et après, il y aura du boulot, pas de soucis ;-)

Ah si, j’allais oublier, ils ont un autre type de trois-roues, mais je doute qu’il entre dans notre cadre habituel. Je les appelle les « trike-teurs » : peut-être par économie, la plupart des tracteurs n’ont en effet qu’une seule roue à l’avant, et d’après les photos anciennes ils semblent être en service depuis les années 30…

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mardi 20 septembre 2011

Sur la route de la soie… et du coton.

Voici enfin quelques nouvelles, alors que nous sommes presque revenus à la maison, mais Internet s’est fait rare ces derniers temps. De retour en Ouzbékistan, nous avons fait un vol intérieur puis de très longues heures de voiture pour aller tout à l’ouest du pays, au bord de la mer d’Aral. Ou plutôt, à son ancien bord, à Moynaq. Port florissant jusqu’aux années 80, avec toute une industrie de pêche et un environnement agréable, c’est aujourd’hui une ville fantôme disparaissant dans le sable, ce qui reste de la côte se trouvant désormais à 180 kilomètres de là. Ici comme au Kazakhstan voisin, les fleuves alimentant cette mer intérieure ont été détournés dans le désert pour produire du coton au détriment de tout le reste. Un lieu déprimant, avec ses bateaux rouillant sur le fond asséché, une région à l’agonie. Mais en même temps intéressant à voir et étrangement poétique, comme un symbole ultime de la capacité de destruction de l’homme, capable faire disparaître toute une mer en moins de trente ans ! En contrepartie, le pays est couvert de champs de coton, que les étudiants réquisitionnés sont chargés de récolter en ce moment-même.

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En revenant vers l’est, après un passage par Nukus et son étonnant musée où Igor Savitsky avait courageusement réuni des œuvres dissidentes en pleine époque soviétique, on visite les restes évocateurs d’anciennes forteresses dans le désert près d’Urgench, et on dort en yourte à leur pied.

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Enfin, on visite successivement les trois grandes villes de la route de la soie : Khiva, Boukhara et la mythique Samarkand. Les restaurations et reconstructions des années 70 ont été peu subtiles, mais cette débauche de sublimes mosquées, médersas, minarets, tombeaux, dômes et bazars a de quoi émerveiller. Façades aux motifs complexes, dimensions harmonieuses, carreaux couleur de jade et de turquoise, tours aux dimensions impressionnantes, ces bâtiments sont parmi les plus anciens (certains datent du IXème siècle) et les plus beaux du monde musulman.

minaretkhiva.jpg Minaret inachevé à Khiva

facadedome.jpg Façade et dôme de médersa à Boukhara

Registan.jpg La place du Registan à Samarkand

interieur.jpg A l’intérieur du Registan à Samarkand

Pour autant, l’Islam se fait ici très souple. Une expression dit que les nomades n’en ont conservé que ce qu’ils pouvaient emporter dans les sacoches des chevaux, et après les pillages de Gengis Khan, la domination de l’URSS, et la modernisation mondialisée, il en reste un mélange tranquille. L’imam s’envoie son petit verre de vodka après le prêche, pas une seule femme n’est voilée, le pays est l’un des plus propres qu’on ait vu, et si la cuisine n’est certes pas gastronomique car basée sur le gras de mouton et l’huile de coton, ce n’est pas non plus catastrophique. Impression de totale sécurité, population gentille et accueillante, et s’il faut compter une bonne journée de transport entre deux villes tant les infrastructures sont parfois limitées et les routes ensablées, les travaux omniprésents augurent un futur très intéressant à ce pays méconnu.

sallepriere.jpg Prière dans le mausolée de Pahlavon Mahmud, un philosophe, poète… et champion de lutte toutes catégories, vers le 13ème siècle, à Khiva

Tout s’est parfaitement passé, de façon très fluide, et les gens sont particulièrement accueillants. On regrette de n’avoir pas eu le temps, essentiellement pour des raisons administratives, de faire un tour au nord de l’Afghanistan tout proche. Mazar-e-Sharif est à seulement dix kilomètres de la frontière sud et recèle aussi des trésors oubliés tout en étant à présent relativement sûr, mais ce sera pour une prochaine fois. Vous retrouverez les carnets détaillés de ce voyage sur mon site, je vous préviendrai de leur mise en ligne. A très bientôt pour la reprise des billets concernant la moto…

jeudi 8 septembre 2011

Rencontre à la croisée des blogs de Motomag

Les vents portant les voyageurs nous ont été favorables, et c’est avec grand plaisir que nous avons pu rejoindre comme nous l’espérions Mélusine à Bichkek, capitale du Kirghizstan.

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Et comme nos itinéraires convergeaient, l’une passant à moto par le nord du lac Issyk-Köl, et nous longeant sa rive sud en bus, nous nous sommes à retrouvés à Karakol, tout à l’est. Nous avons visité ensemble cette petite ville, notamment connue pour son « Mal bazari », le plus grand marché aux bestiaux d‘Asie Centrale.

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Après une fort sympathique soirée où l’on a entre autre parlé, quelle surprise, voyages et moto, j’ai même eu l’honneur d’essayer « Shirine », la Crossrunner 800 de Mélusine. Une bécane compacte et bien souple avec son V4 qui change beaucoup des gros trails dont j’ai l’habitude, mais qui jusqu’à présent se sort avec les honneurs de tous les affronts que lui font subir les « routes » du bout du monde. Cet essai a juste permis de révéler une petite fuite d’huile, vite réparée, espérons que ça tienne.

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Nous aurions très volontiers continué un bout de chemin ensemble, mais Mélusine a atteint l’apogée de son périple et doit commencer à penser au retour, tandis que nous grimpons dans le massif du Tien Shan, d’abord en jeep, puis à cheval. Ces montagnes forment la frontière occidentale de la Chine, alors que nous ne sommes qu’à la longitude de Delhi… c’est quand même super grand la Chine ! (et la Russie…) Cette chaîne commence aussi les contreforts nord de l’Himalaya, et les pics à 6-7000 mètres ne manquent pas. Mais nous ne dépassons guère les 4500 mètres, déjà bien suffisants car nous devons avouer un petit coup de fatigue, rien de grave. Pour consoler un peu nos pauvres derrières endoloris par les selles des chevaux, rien de tel qu’une petite trempette dans une source chaude… suivie pour les plus courageux d’un tour dans la rivière juste à côté qui n’est… comment dire ? pas très chaude, elle. Nous avons beaucoup de chance avec la météo en journée, mais hier encore il a neigé sur les cols. Heureusement que nous sommes en été, l’hiver la moyenne est à -25°C. Mais c’est très beau, avec un net côté alpin. Les bergers montés guident leurs troupeaux dans une sorte de steppe inclinée, c’est un peu la Mongolie avec plus de pentes !

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Nous sommes ensuite redescendus sur les rives du lac pour entamer le trajet retour, notre temps au Kirghizstan étant compté. Détour tout de même par la vallée de Chang Ak-Suu, petite randonnée pédestre et nuit sous la yourte chez des fauconniers avec leurs touristiques mais superbes aigles de chasse.

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Une pause à Cholpon-Ata, ancienne station balnéaire des cadres du Parti, aujourd’hui fréquentée en été par les riches Kazakhs et Russes, et nous voici de retour à Bishkek.

Ce fut bien bref mais très intéressant, et il nous reste l’ouest de l’Ouzbékistan à explorer… à bientôt ! Et n’oubliez pas les manifs pour tous les conducteurs citoyens en France le week-end prochain.

jeudi 1 septembre 2011

Carte postale d’ex-URSS

Aujourd’hui, cela fait pile 20 ans que le bloc soviétique a volé en éclat. A l’ouest et au sud de la Russie, une multitude d’Etats se sont créés, aux langues et aux cultures très variées, distants de milliers de kilomètres, seulement unis par un passé forcé commun. Sans avoir hélas le temps de parcourir tous ces territoires en détail à moto comme ils mériteraient, étant bassement à pied et en transports en commun, je vous envoie tout de même cette petite carte virtuelle en cours de route…

Tout d’abord, escale à Riga, capitale de la Lettonie (en haut à droite, au bord de la Baltique). Une ville très jolie et agréable, avec une histoire mouvementée comme il se doit quand on est née fortin sur un point stratégique, puis membre de la ligue hanséatique, capitale culturelle de l’Europe… avant un long sommeil sous la chape de plomb soviétique, avec son cortège d’acculturation, de massacres etc. Vivant et très bien restauré, son centre historique rivalise aujourd’hui avec les plus belles villes du Benelux, tandis qu’autour, des quartiers entiers de maisons Art Nouveau des années 1900 alignent leurs impressionnantes façades décorées. Un peu à l’extérieur de la ville, le musée ethnographique regroupe comme un village des habitats traditionnels, donnant l’impression de se balader à fois à la campagne et dans le passé. Près de la gare, les anciens hangars à zeppelins de la seconde guerre mondiale sont devenus des marchés très sympas. Mais ce n’était qu’un stop-over de quelques jours, il est déjà temps de reprendre l’avion, direction le sud-est.

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L’arrivée à Tashkent, capitale de l’Ouzbékistan, est assez déroutante. Rarement avons-nous débarqué dans un pays en sachant aussi peu à quoi nous attendre. Personne ne le situe précisément sur une carte (entre le Kazakhstan et l’Afghanistan), on n’en entend jamais parler… De fait, la première approche est plutôt bonne ! La ville n’offre certes pas d’attrait particulier comme Samarkand et Boukhara qu’on verra un peu plus tard, mais elle est moderne, d’une propreté à faire pâlir les cités occidentales même dans les quartiers simples, et joyeusement animée – surtout en cette célébration des 20 ans de l’indépendance. En même temps, c’est un télescopage permanent d’ex-soviétisme (Lada hors d’âge, le change d’argent au marché noir qui donne, contre deux billets en dollars, une liasse de « sum » si grosse qu’il faut la tenir à deux mains, 1$=2200 Sum, pratique à trimballer !), de Moyen-Orient (superbes mosquées et médersas aux dômes étincellants), d’Asie (tas de piments et d’épices sur le marché, type physique de bien des gens) et de modernité (tout le monde jusqu’aux petites vendeuses de rue est pendu au téléphone portable, cinémas 3D, mosquée qui se révèle en fait un supermarché vendant de la charcuterie…). Bref, je sens qu’on n’est pas au bout de nos surprises.

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Cependant, avant d’explorer un peu plus l’Ouzbékistan, on part faire un tour à partir de demain dans les steppes du Kirghizstan (entre ici et la Chine). A bientôt, et bien sûr vous retrouverez plus de photos et un journal de voyage détaillé à notre retour.

jeudi 25 août 2011

La protection qui fait peur

Ces jours-ci j’ai eu l’occasion de faire faire un tour de moto à une amie. En l’équipant malgré la chaleur, j’ai constaté un élément récurrent qui m’intrigue beaucoup, bien qu’il soit connu des chercheurs en sécurité routière notamment : plus je la faisais se changer pour mettre au moins un jean, lui mettais des gants, un blouson, regrettais qu’elle n’ait pas de chaussures un peu montantes, et plus elle s’inquiétait ! Si en plus je lui avais prêté une dorsale, je crois qu’elle aurait carrément renoncé.

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Tout de même bizarre. En roulant avec un autre de ses potes récemment, qui l’a laissée monter en jupe et petit haut, sans rien d’autre qu’un casque – d’autant qu’apparemment il se la jouait un peu kéké, elle n’avait pas peur. Et en montant avec moi, qui la protège au mieux, là elle s’inquiète. C’est donc une preuve de plus qu’un motard qui s’équipe correctement, même quand il fait très chaud, est plus conscient de sa propre vulnérabilité, et donc plus à même de faire attention sur la route. A l’inverse, les inconscients qui roulent en short et T-shirt font-ils moins gaffe ? Car c’est un peu contredit par le phénomène de surcompensation du risque, qui fait qu’en se sentant plus protégé, on prend plus de risque. Au point que certains motards canadiens par exemple refusent le port du casque obligatoire, parce que sans casque on serait tellement en danger permanent qu’on ferait d’autant plus attention. Moui, pas convaincu perso. Parce que s’il suffisait de faire attention soi-même pour ne pas avoir d’accidents, ça se saurait, parlez-en à l’écrasante majorité des motards qui se font mettre en l’air par un tiers inattentif.

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Dans la même veine, j’ai lu récemment un article disant que les automobilistes s’éloignent plus des cyclistes qui ne portent PAS de casque que de ceux qui en portent un, car inconsciemment, ils les voient plus vulnérables. Hum, beau sac de nœuds tout ça. En tous cas deux choses sont sûres : je préfère rouler un minimum équipé, même si j’avoue ne pas toujours mettre les grosses bottes pour un petit parcours, et je ne prends pas de passagère sans lui mettre un minimum d’équipement sur le dos, et tant pis si ça lui fait plus peur que le contraire. Cela montre aussi que rendre les motards officiellement plus « visibles » avec des brassards réfléchissant, c’est dédouaner d’autant plus les inconscients qui ne font pas gaffe sans rien changer au problème.

Pour lutter contre cette nouvelle contrainte absurde, et le reste de la politique de « sécurité rentière » contreproductive, tous mobilisés une fois encore le week-end du 10 septembre prochain (liste des rassemblements par exemple sur www.uniondesusagersdelaroute.com. Pour ma part je n’y serai exceptionnellement pas, avec une bonne excuse, je serai au milieu du désert d’Asie centrale, et sans même une moto entre les jambes. J’essaierai de donner des nouvelles, sans garantie, sinon rendez-vous fin septembre, vous me raconterez !

vendredi 19 août 2011

Le saviez-vous ?

  • En Floride, on ne peut pas se trouver dans une voiture en état d'ebriété. Normal, me direz-vous, sauf quand on se retrouve en prison pour avoir voulu décuver couché dans sa voiture (à l'arrêt donc), pour éviter de conduire sous l'effet de l'alcool.
  • A Chypre, il est interdit de boire au volant, même de l’eau.
  • En Roumanie et en Russie, conduire un véhicule sale est interdit par la loi alors qu’au Danemark, il est recommandé de vérifier que personne ne se trouve sous votre voiture avant de démarrer.

(Sources : 20 Minutes)

A part ça, on veut inciter les gens dans les grandes villes à délaisser leur véhicule individuel au profit des transports en commun, mais avouez qu'ils font rarement des efforts pour se faire préférer... Là, de passage quelques jours à Paris, j'ai renoué avec le Métro/RER... en mettant à chaque fois le double du temps théorique. Par exemple la ligne A est interrompue pour travaux à Joinville. Bon OK, ça arrive, on change de quai pour prendre un autre train, ça fait du retard, mais c'est compréhensible, après tout il faut bien faire de la maintenance. Là où je ne suis plus du tout d'accord, c'est quand on attend plus d'une heure à la Gare de Lyon, en laissant passer plein de trains... parce que RIEN n'indique qu'il est inutile d'attendre un train direct pour après ! Pas une affiche, pas un message sur écran, pas une annonce vocale, personne à qui demander en soirée, RIEN. Du coup, avec pas mal d'autres passagers, on attend comme des glands un train qui n'arrivera pas. Ajoutant à ça des billets hors de prix (deux aller-retour en grande banlieue = quasi un plein d'essence de moto), et les retards et inconvénients habituels. Bon, la prochaine fois, je reprends un véhicule à essence, c'est clair. Pourtant c'est dommage, car comme beaucoup de choses, ça DEVRAIT bien aller, et ces désagréments ponctuels seraient bien acceptés avec un minimum d'humain et de cohérence dans leur gestion.

Et pendant que suis parti à râler, un mot de conclusion sur les agents qui ont verbalisé hier les motos des copains, certes garées sur un trottoir, mais entre du mobilier urbain, avec 7 mètres de trottoirs vierge de tout obstacle pour les piétons, le long d’un parc de stationnement bondé, sans la moindre gêne. Déjà, c’est très con. Mais en plus, pendant que ces agents accomplissaient cette indispensable mission, des mecs ivres et agressifs, quelques mètres plus loin, faisaient peur aux touristes et aux passants… en totale impunité. Elle est où, la mission de prévention et de service public ?

mercredi 10 août 2011

De la compétence commerciale de certains concessionnaires…

J’avoue avoir un a priori assez négatif sur les motos italiennes. C’est forcément très personnel et subjectif, mais lors de toutes mes balades avec des potes, c’est pratiquement toujours elles qui ont des problèmes mécaniques et des défauts de conception dans les détails que je trouve absolument rédhibitoires. Cela dit, à chacun ses goûts, c’est comme en informatique, qu’importe le système pourvu qu’il vous convienne et vous permette de faire ce que vous voulez. Et comme il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis, je suis toujours prêt à essayer les motos transalpines, récemment encore quelques tours de roue sur une Diavel, puis la Streetfighter d’un pote. J’admets que leur moteur est enthousiasmant (surtout en full ;-) ), et que le même dans une machine plus pratique et adaptée à mon usage est assez tentant. Ca tombe bien, ça existe : la nouvelle Multistrada 1200. Comme je commence à envisager de renouveler mon parc de véhicules (enfin, de changer de bécane, quoi), j’appelle le concessionnaire Ducati du coin :

- Allo bonjour, je voudrais essayer la Multistrada s’il vous plaît.

- On n’en a plus.

Silence.

- Euh, vous allez en recevoir quand ?

- Je sais pas, c’est pas nous qui décidons.

Silence.

- Peut-être chez un autre concessionnaire Ducati dans le coin ?

- Sont tous loin, et en plus c’est un peu la guerre entre concessions, alors…

Silence.

- Bon, merci, je vais retourner voir la concurrence. Au revoir !

Qu’ils n’aient pas de machine de démo sous la main, ça peut se comprendre, encore que ce soit un peu dommage pour LE concess’ de la marque dans tout le département. Mais qu’il ne me propose RIEN, par exemple de prendre mes coordonnées pour m’appeler dès qu’il en reçoit une, d’essayer une autre bécane avec le même moulin, de m’envoyer une doc… quelque chose, quoi ! la base du minimum d’une démarche commerçante… S’ils sont si peu motivés pour vendre une machine qui atteint ridiculement presque 19.000 €, qu’ils ne viennent pas se plaindre que c’est la crise.

D’ailleurs, c’est un peu une attitude que j’ai pu constater chez la plupart des concessionnaires, auto comme moto : un mépris général du client souvent assortie d’une grande méconnaissance des produits. Du coup, quand j’en trouve un bien, motivé, compétent et à peu près honnête, j’y suis fidèle, qu’importe la marque !

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lundi 8 août 2011

J’ai enfin un Scottoiler !

La V-Strom 1000 est une excellente machine, dont le principal si ce n’est seul défaut (à mes yeux) est la chaîne (non Fred, je ne prends pas l’esthétique en compte, trop subjectif ;-P). Ce n’est pas le cas pour tout le monde apparemment, mais avec ce que je lui fais subir (charge en voyage de 250 Kg, tout-chemin à deux, quelques sauts… et utilisation du potentiel moteur) elle ne tient pas assez le coup. D’après mes sources, le problème viendrait de ce que, dans un souci de réduction des coûts, la 1000 a exactement le même type de chaîne que la 650, c’est aussi celle qu’on trouve sur la Transalp par exemple. Hors le moteur de la DL1000, issu comme celui de la SV1000 de la défunte sportive TL1000, est nettement plus puissant et coupleux, et il mériterait bien plus costaud. Sauf qu’on ne peut pas mettre plus gros, et que même un entretien et graissage très régulier ne compense pas.

Il faut dire aussi que je n’ai pas eu de bol, ayant flingué deux kits suite aux mauvais réglages de garages peu consciencieux, qui se sont soldés l’un par un déraillement (avec blocage net de la roue sur une grande courbe, rattrapé de justesse), l’autre par une casse de la chaîne (qui a bien amoché le bas du moteur). Là je viens encore d’en changer, pour simple usure… mais c’est tout de même mon quatrième kit chaîne, c’est simple je change autant de chaînes que de pneus avant ! Pour tout dire, j’ai même cassé deux carters de protection de chaîne, le premier en plastique s’est déchiqueté sous les coups de la chaîne, et le second en métal a arraché la patte de fixation au bras oscillant, pas cool. A l’époque où j’ai acheté la Strom, un atelier allemand proposait un kit courroie adaptable, j’aurais peut-être dû le prendre. A défaut, je regrette de ne pas avoir fait plus tôt le petit investissement dans un Scottoiler.

Maintenant que c’est enfin fait, finies les séances de graissage au bord de la route ou en arrivant bien crevé le soir à l’étape, et d’après de multiples témoignages, ça devrait au moins doubler la durée de vie de la chaîne, on verra… La principale question que je me pose, en voyant le faible encombrement et la praticité du résultat, c’est POURQUOI, au nom de Saint Piston, les fabricants de moto à chaîne n’incluent-ils pas un Scottoiler d’origine ? Monté en série, ça ne ferait qu’un surcoût de quelques dizaines d’Euros, bien moins coûteux qu’une transmission par arbre et cardan, et quasi sans entretien aussi. A moins que ce soit le lobby des réparateurs qui insistent pour conserver cette part de leur activité ? Dans les deux cas, maintenant je n’hésite plus à le conseiller dès l’achat d’une moto : soit cardan, soit Scottoiler dès le kit d’origine.

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1 : la réserve d'huile de graissage, qu’on peut monter à plein d’endroits, en l’occurrence à droite, le long des radiateurs. La bague de réglage sur le dessus permet d’adapter le débit, par exemple pour l’augmenter lors d’un long trajet sous la pluie, mais au quotidien pas à toucher. Le tout est pris sur la dépression du moteur pour que, contrairement à des systèmes plus basiques, la graisse ne coule QUE quand le moteur est en route, sans qu’on ait à s’en occuper.

2 : Le tuyau est passé dans le cadre jusqu’au bras oscillant.

3 : l’embout dépose l’huile en goutte à goutte sur la couronne, au ras des maillons. Des embouts de rechange sont fournis si on finit par l’user.

Le tout coûte une centaine d’Euros hors pose, et peut se déplacer de moto en moto.

lundi 1 août 2011

Quelques réflexions d’informatique…

Oui c’est un blog moto, mais je voudrais quand même partager avec vous quelques réflexions sur des dérives de l’informatique qui se font de façon très vicieuses, au sens où elles sont au su et vu de tout le monde mais bien emballées et présentées de façon à ce que l’opinion les accepte et même les réclame. Un peu comme les radars automatiques dont une communication habile a défaut d’être honnête a persuadé les braves gens que c’était la panacée pour les sauver des dangereux délinquants routiers.

Commençons par Facebook, qui me sort décidemment de plus en plus par les yeux : ils viennent d’ajouter une option permettant d’avoir en contact… les enfants à naître. Alors que certains parents n’osent même pas choisir définitivement le prénom avant la naissance (notamment pour limiter les dégâts affectifs en cas de problème qu’on ne peut jamais exclure), les bambins seront déjà exposés, référencés en ligne, enregistrés à vie de façon totalement opaque et incontrôlée par Facebook. Vous serez « ami » avec un fœtus, c’est pas beau la technologie ? Déjà qu’on trouve sur la toile les échographies de cette génération qui grandira sans le concept d’intimité ou de respect des informations confidentielles… Autre exemple, l’autre jour en réservant un billet de train, le site SNCF me propose de le publier directement sur Facebook. A part signaler à des cambrioleurs que je ne serai pas chez moi à telles dates, à quoi bon ? Si je veux faire le voyage avec un pote, ou être attendu à l’arrivée, je peux envoyer les infos à LA personne concernée, pourquoi le partager avec la terre entière ? Ca me dépasse. D’ici vingt ans, notre volonté de garder pour nous ce qui ne concerne pas les autres apparaîtra-t-elle comme terriblement archaïque et rétrograde, ou au contraire précurseur de la chute d’une brève ère de folie communicante dont Facebook sera l’emblème ?

Autre chose, petite note à l’attention des fans d’Apple, des chantres de l’iPhone et l’iPad, que d’aucun prétendent tellement plus ouverts et sympathiques que l’affreux Microsoft… Avez-vous jeté un œil aux conditions de diffusion des fameuses « apps » ? Il se trouve que j’ai dû creuser un peu la question, car quasi-monopole aidant, quiconque souhaite proposer des services mobiles n’a plus guère d’autre choix que d’être compatible avec l’iPhone. Et ça fait mal… Pour simplifier, si quelqu’un veut faire un programme pour PC ou toute plateforme sous Windows ou logiciel libre, il le fait en toute liberté, inclut les fonctions qu’il veut, le vend au prix qu’il souhaite (ou gratuit), partage le code source ou pas… bref, il est maître de son travail et de ses fruits, limité par sa seule créativité et ses compétences. Chez Apple, et ça tend à déteindre sur d’autres plateformes mobiles, c’est une autre histoire : les programmes doivent impérativement passer par l’appStore, après une validation (payante), ils peuvent en être supprimés après coup sans préavis ni raison (par exemple, prenant les devants sur de potentielles réglementations à venir, Apple a viré les apps signalant la position des radars), les fonctionnalités sont limitées, et si on souhaite faire du commerce au sein de l’app, pas de solution de contournement que verser 30% des recettes à Apple. Des moyens détournés existent, mais en limitant fortement les possibilités techniques. Pour faire une boîte à meuh virtuelle, pas de soucis, mais si on veut un peu plus de puissance, de vrais services pros, on est soumis au bon vouloir du roi Pomme. Et malgré ça, tout le monde achète les iTrucs, parce que c’est joli et bien emballé, et que les gens ne se posent pas la question sur le fonctionnement. Légitimement d’ailleurs, c’est complexe, ça n’empêche pas de téléphoner ou d’installer des petits jeux à la con... Mais n’a-t-on pas une certaine responsabilité ? Sans oublier que les iPhones enregistrent tous vos déplacements (sauvegardés à votre insu même en changeant de téléphone), etc. Et avec ça, on vient de l’apprendre, avec une capitalisation boursière de 362 milliards et une trésorerie de 75,8 milliards de dollars, Apple a plus de liquidités que les Etats-Unis… Il est loin le temps de la petite société sympathique et rebelle. Aujourd’hui, c’est elle qui bride et limite les possibilités de l’Internet mobile, un comble après l’avoir autant popularisé !

jeudi 28 juillet 2011

Les autres deux-roues de l'extrême

FreerideMountainBike.jpg Parce qu'il n'y a pas (tout à fait) que la moto dans la vie, voici deux vidéos de cyclistes qui... comment dire... savent ce qu'ils font avec un guidon. Ames sensibles s'abstenir... Bon, je les trouve quand même remarquablement peu équipés malgré leur casque intégral, vu qu'ils vont au moins aussi vite qu'une motocross et avec bien plus de risques, mais pour faire ça, il faut être un peu plus que timbré. Et pourtant, quel extraordinaire sentiment de liberté et d'apesanteur se dégage de ces exploits de "moutain bike" mené à son expression la plus littérale, ou cet aventurier urbain dont les cirques ne voudraient pas, de peur de faire de l'ombre à leurs autres numéros. Et si ça vous plaît, il y a des centaines d'autres vidéos comme ça à explorer sur YouTube. (Si les vidéos ne s'affichent pas, cliquez sur les liens pour les lancer directement dans YouTube, le blog a toujours du mal à les afficher) http://youtu.be/1JrttG2cNIQ?t=50s

http://www.youtube.com/embed/Z19zFlPah-o

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