Le Frédéblog

Motomag.com

vendredi 12 mars 2010

Dernier rappel avant manif

Amis motards et scootards,

Dernier petit message pour vous rappeler que demain, Samedi 13 mars 2010, est une journée de mobilisation nationale du monde motard, pour demander une vraie reconnaissance des spécificités des deux-roues motorisés.

Si vous en avez marre
- des politiques uniquement axées sur la répression ;
- que les motos soient constamment pointées du doigt comme étant les moutons noirs de la sécurité routière alors qu’elles en sont les principales victimes et que, ramenés à l’augmentation énorme de leur nombre, leurs chiffres sont au contraire plutôt bons, même si on pourra toujours faire mieux ;
- des doubles discours où on essaie de nous amadouer d’un côté pour mieux nous escroquer de l’autre ;
- de prendre des PV pour circuler à l’abri entre les files ou en se garant sur un trottoir sans gêner personne ;
- Etc. etc.
C’est le moment de le dire ! En trente ans d’existence, la FFMC a suffisamment prouvé qu’on pouvait être efficace et se défendre contre tout ça, mais à condition d’être nombreux et solidaires.

Plus de 60 manifs sont organisées dans toute la France : par exemple en région parisienne, RV à 14H devant le Château de Vincennes. Je serai pour ma part dans le Vaucluse, RV 14H à l’Arc de Triomphe d’Orange. Pour le détail ailleurs, consultez www.motomag.com ou www.ffmc.fr. Et il n'est pas trop tard pour faire passer le mot aux copains.

A demain, on compte sur vous…

Frédéric

 

PS : N’oubliez pas non plus d’aller voter dimanche, ça aussi c’est essentiel, même si je suis bien d’accord que faire un choix n’a jamais aussi flou. Au pire, puisqu’on en est réduit à ça, votez contre ce qui ne vous plaît pas, mais votez !

 

Blague du jour : le contrôle de police

Un gendarme en moto arrête un gars pour excès de vitesse manifeste :

- Monsieur, pourrais-je voir votre permis de conduire, s'il-vous-plaît ?

- Je n'en ai plus. On me l'a retiré il y a des mois après 5 infractions graves.

- Puis-je voir les papiers du véhicule?

- Je ne sais pas. Ce n'est pas ma voiture, je l'ai volée.

- Ce véhicule est volé ??

- C'est exact. Mais maintenant que j'y pense, j'ai cru voir des papiers dans la boîte à gants, quand j'y ai rangé mon revolver.

- Il y a un revolver dans la boîte à gants ???

- Oui, Monsieur. C'est là que je l'ai mis quand j'ai tué cette femme et pris sa voiture.

- Vous... vous avez tué la propriétaire de cette voiture ??

- Oui, Monsieur. Le cadavre est d'ailleurs encore dans le coffre.

- Le... le cadavre est dans... le coffre ??!?

- Oui, Monsieur.

Le gendarme recule de deux pas, empoigne sa radio et appelle des secours, qui arrivent vite fait, encerclant la voiture. Un officier s'approche du conducteur :

- Puis-je voir vos papiers, Monsieur ?

- Voici.

Les papiers sont en ordre.

- Puis-je voir les papiers du véhicule ?

Le conducteur ouvre la boîte à gants, les 10 tireurs d'élite entourant la voiture, épaulent. Le conducteur sort les papiers. Il est bien le propriétaire de la voiture. L'officier, jetant un oeil dans la boîte :

- Vous n'avez pas d'arme ?

- Non, Monsieur.

- Voulez-vous sortir de votre voiture, sans mouvement brusque, et ouvrir votre coffre ?

Le conducteur sort. Ouvre le coffre. Qui est vide, évidemment.

L'officier : - Je ne comprends pas, Monsieur, il m'a été rapporté que vous conduisiez, sans papiers, cette voiture volée après avoir tué sa passagère au moyen d'une arme cachée dans la boîte à gants, et dont le corps se trouvait dans le coffre...

- Et je suppose que le type qui vous a raconté cela vous a dit aussi que je roulais trop vite...




Source (entre autre) : http://blague.dumatin.fr/blague-70.htm

mercredi 10 mars 2010

Pourquoi les radars de feux rouges sont aussi cons que les autres.

Au début, quand j’ai entendu parler des radars de feu rouge, ça m’a agacé bien entendu comme tout ce qui touche à la politique répressive actuelle, mais sans me choquer plus que ça. Honnêtement, je ne me sentais pas trop concerné, et au contraire je me disais même qu’à la limite, ce ne serait pas plus mal de calmer un peu les pressés qui deviennent opportunément daltoniens. Cela dit, en prenant un peu de recul et le temps de m’entretenir avec d’autres personnes, à commencer par des professionnels de la conduite, plusieurs problèmes majeurs apparaissent, qui me rendent aujourd’hui tout aussi opposé à ces nouvelles pompes à fric qu’à celles du bord des routes :

 

- De nombreuses personnes, traumatisées par les flashes à répétition sur les routes, risquent fort de piler net dès le passage à l’orange, de la même façon qu’elles mettent un gros coup de patin à l’approche d’un radar de vitesse alors qu’elles roulent déjà à 20 km/h sous la limite. Certes, elles ne seront pas flashées. Mais bonjour la sécurité pour ceux qui suivent et ne s’attendent pas à une telle réaction ! L’étape orange est justement prévue pour servir de tampon, là on va amplifier le problème du « tout ou rien », et ces radars vont, comme leurs cousins des routes, poser plus de tracas financiers et administratifs et de risques d’accidents qu’ils ne vont arranger la situation.

 

- Il y a le problème des véhicules longs : cars, bus, semi-remorques, remorques longues… A 30 km/heure, une vitesse raisonnable pour ces engins en ville, on parcourt si je ne m’abuse 8 mètres par seconde. Sur un feu restant orange deux secondes, ça fait 16 mètres, soit justement la longueur d’un véhicule long (jusqu’à 18,75 m., hors cas particulier – Code de la route, article R. 312-11). Ce qui signifie qu’un chauffeur qui passe légitimement en fin de vert ou en début d’orange (il ne va pas piler avec son chargement ou ses passagers !) se fait flasher le cul. Pan, 4 points en moins sur un permis pro, sans infraction. Moralité ? Des chauffeurs de véhicules longs s’arrêtent systématiquement aux feux même verts, laissent passer le rouge, et ne redémarrent qu’au vert suivant, pour être sûrs de ne pas être flashés. Super optimisé niveau temps, et vous imaginez là aussi les risques de collision par l’arrière.

 

- Ensuite, la position des boucles de détection. Pour rappel, il y a deux capteurs, chacun avec son flash, et c’est le franchissement successif des deux qui déclenche le PV. Sauf que – comme l’angle des radars de vitesse – il faut que ce soit fait avec un minimum d’honnêteté. Or on constate parfois, comme à Avignon, que pour mettre ces boucles de détection, la ligne d’effet du feu a été reculée de quelques mètres, sans que ce soit justifié par la configuration des lieux, la deuxième boucle étant placée au niveau de l’ancienne ligne. Moralité ? Sans prêter attention spéciale à un tracé au sol qui ne correspond à rien, vous vous arrêtez là où vous l’avez toujours fait. Ou alors à moto, vous vous placez naturellement devant les voitures, prêt à démarrer sans risque, à votre rythme. Dans les deux cas, flash + flash = PV !

 

- Il y a bien des franchissements involontaires ou imposés. Ca a été le cas, relevé notamment par Motomag, d’une belle plaque de verglas faisant glisser les voitures au-delà de la limite. Quand un véhicule d’urgence essaie de se frayer un chemin, un conducteur respectueux va se pousser, quitte à franchir le feu. Enfin, ne vous est-il jamais arrivé de mettre au moins un petit coup de gaz pour passer le feu où vous alliez vous arrêter plutôt que vous faire enfoncer l’arrière par le véhicule suivant qui n’a pas réagi à temps ou avec assez d’efficacité ? Ca m’a conduit au tribunal il y a quelques années, mais j’ai eu gain de cause à l’époque. Presque arrêté à l’orange, j’avais redémarré de justesse pour éviter un beau carambolage avec la caisse incapable de s’arrêter derrière moi. Les flics au carrefour n’en ont rien eu à faire, mais au moins j’ai pu plaider…

 

- Reste le cas des cortèges encadrés, par exemple lors des manifs, pour lesquels je doute qu’ils s’amusent à couper les flashs le temps qu’on passe. Jackpot, 300 motos en un feu !

 

Dans tous les cas, CE NE SONT PAS DES INFRACTIONS, pas plus à mon sens qu’un dépassement de vitesse de quelques km/h sur l’autoroute. Mais de la même façon, la justice automatisée et mécanique va sanctionner, avec un système soigneusement fait pour étouffer toute contestation, et on va encore payer, perdre des points, stresser, prendre des risques supplémentaires…

Les véritables cas de franchissement de feu rouge sont dangereux et à sanctionner, je ne dis pas le contraire. Mais humainement, avec discernement et bon sens. Pas encore une fois en robotisant la chose. La plupart des infractions de ce genre qu’on constate sont les coursiers en cyclo, dont la plaque cachée sous le top-case géant, voire derrière l’amortisseur, se fout royalement des flashes de toute façon. Plus bien sûr les flics qui ne se sentent que rarement concernés eux-mêmes par des détails comme les clignotants, les feux, etc.

 

En conclusion, deux exemples de politiques qui se pratiquent dans nombre d’autres pays et qui semblent beaucoup plus intelligentes (c’est pas dur, OK) :

- Presque partout en Amérique du Nord notamment, un feu rouge est, sauf mention contraire, considéré comme un cédez-le-passage pour ceux qui tournent à droite. De plus les feux sont situés en face du carrefour plutôt qu’à son aplomb, donnant une bien meilleure visibilité à tout le monde.

- Les feux sont souvent, par exemple au sud de l’Europe et en Asie, équipés d’un compte à rebours indiquant les secondes restantes avant le prochain rouge ou vert. Ca fait un peu starting-block au démarrage, mais au moins les gens ont eu le temps d’enclencher la première, c’est beaucoup plus efficace qu’un départ en accordéon. Et on est prévenu largement à l’avance du passage exact au rouge, ce qui permet de prendre la décision la plus appropriée.

Certes, ces deux méthodes ont en commun de faire appel un tout petit peu à l’intelligence des conducteurs, apparemment c’est trop demander en France. Mais pensez au slogan, simple et ultime, des campagnes de SR anglaises : THINK!

 

vendredi 5 mars 2010

Une GROSSE moto

La Rocket III ? Un vélo. Les Boss Hoss ? Des mobs, tout au plus. Non, si vous voulez vraiment une *grosse moto*, adressez-vous à Ray Baumann, un Australien de Perth, qui a construit en trois ans cette « Monster Motorbike » de 14 tonnes. Les roues viennent d’une pelleteuse Caterpillar, chacune avec une chaîne mue par un moteur de camion à six vitesses. Avec neuf mètres de long et pesant dix fois le poids d’une voiture ordinaire, c’est la plus grosse moto du monde.

En guise de démo, l’inventeur et ex-cascadeur, s’amuse à écraser des voitures et des caravanes. Ca peut être marrant pour remonter les files aussi… vous pensez qu’avec ça, les glands pendus au téléphone s’écarteraient un peu plus ?

On trouve en ligne d’autres exemples de ces monstres, mais celle-ci me semble bien être la plus monumentale. Reste une question… ça se comporte comment en courbe sur les petites routes de montagne ? :-P

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Photos www.solentnews.biz, droits réservés

Source : Journal anglais "The Sun"

lundi 1 mars 2010

Quelques évidences bonnes à rappeler

- Vu sur l’autoroute parmi les messages de prévention : « La somnolence est la première cause d’accidents ». Certes. Mais forcer les gens à rouler des centaines de bornes sur l’autoroute à des vitesses absurdement basses même lorsque les conditions sont bonnes, avec en prime les yeux rivés sur un compteur hypnotique, y’a pas mieux pour pousser à la somnolence…

- Le contrôle technique auto vérifie périodiquement l’état du véhicule en fonction de son âge. Sauf qu’en attaquant un peu, on peut bouffer un train de pneus en 3000 bornes de montagne. L’état des ceintures est un point de contrôle crucial, or la voiture neuve de ma mère a été livrée avec un point d’ancrage arrière cassé. Un conducteur faisant 100.000 km / an usera mécaniquement sa bagnole un peu plus vite que celui qui ne la sort que pour aller chercher les croissants le dimanche. L’état du véhicule est donc indépendant de son âge, on peut attendre plusieurs années pour le faire réparer avant la prochaine échéance officielle, ou au contraire l’entretenir et le bichonner tous les jours…

- Testé il y a quelques années : au sein d’un groupe de moto, tout le monde s’est mis à pile 140 km/h compteur sur l’autoroute. Il n’a fallu qu’un kilomètre pour que le peloton soit complètement délité tellement les vitesses réelles étaient différentes (avec la vieille Transalp que j’avais à l’époque looooiiiinnn en tête !). Mesurer au radar une vitesse absolue, indépendamment du matériel, du comportement et des conditions de circulation, ça n’a vraiment aucun sens.

- Les glissières « de sécurité » évitent aux voitures des sorties de route qui aggraveraient les accidents, très bien. Mais comment justifier qu’après trente ans de dénonciation, elles continuent sur des milliers de kilomètres à trancher en morceaux les motards qui se plantent, quelle qu’en soit la raison ?

On peut multiplier ces exemples à l’infini…

Toutes ces évidences sont forcément connues de tous, à commencer du gouvernement. Cela dit, il faut être honnête et reconnaître qu’administrer des millions de conducteurs impose forcément un minimum de standardisation chiffrée. Une vitesse, une date, une norme… C’est indéniable, indispensable. Mais c’est ce que j’appelle « l’Esprit de la loi ». Le problème actuel ne vient pas forcément de cet esprit, mais de l’application complètement dévoyée et automatisée qui en est faite.

Vouloir imposer la même loi pour tous, c’est en théorie la base de la démocratie. De la façon pratique robotisée qu’on constate, c’est un déni de justice pour tous, et une discrimination inacceptable par l’argent. Ça aussi, c’est une évidence… alors comment se fait-il que la majorité silencieuse l’accepte sans rien dire ?

jeudi 25 février 2010

Motos animales

Le tuning extrême ne donne pas toujours des résultats très esthétiques, mais au moins ça fait des machines originales, c’est le moins qu’on puisse dire. Après la « Gatorbike » présentée par Motomag il y a quelques jours , voici une petite thématique de motos « animalisées »

Celle-ci est un crossover entre la « Squeletonbike » dont je vous parlais en mai dernier, et une pauvre vache qui n'avait rien demandé : cowskeletton.jpg

Celle-ci est en forme du Rat Fink, une sorte d'anti-Mickey de la culture punk, elle a été présentée au Motorcycle Rally, du Dakota du Sud : greenrat.jpg

C'est moi ou cette moto-tigre a tout d'un accessoire de manège plutôt qu'une sportive impessionnante ? tiger.jpg

Un peu plus esthétique, cette création unique du designer Lee J. Rowland et du concepteur Barend Hemmes est bâtie autour d'un moteur 1200cc Buell 97 S3 Thunderbolt, avec un carénage en acier et fibre de verre laqué de noir, elle pèse 360 Kg pour 2,3 m. de long. Disponible en promo à 567.000 dollars… jaguar.jpg jaguar2.jpg jaguar3.jpg

dimanche 21 février 2010

Casque et voile, même combat ?

Maintenant que le gros de la vague médiatique sur le sujet est passé, je souhaite glisser à mon tour quelques mots sur la polémique autour de la candidate voilée du NPA aux régionales. Il en a pas mal été question dans la presse et sur le web, y compris dans le très intéressant blog de Marco. Il se trouve que j’ai eu l’occasion de rencontrer Ilham Moussaïd il y a quelques jours, avant que la liste soit rendue publique, et sans savoir encore qu’elle se présentait. Précisons déjà que j’ai à peine remarqué qu’elle était voilée, tant son foulard est classique. Nous avons un peu parlé, de tolérance, de politique, et rien de ce que j’ai entendu ne m’a choqué, loin s’en faut. Mais quand j’ai lu peu après le déferlement de déclarations à son sujet, là j’ai été carrément choqué, tant les commentaires étaient éloignés de la réalité. Des politiciens ne l’ayant pas rencontrée et n’en sachant certainement pas plus sur elle que le seul fait qu’elle porte un « voile » – y compris des gens de gauche ou de son propre parti – ont porté des jugements à l’emporte-pièce, génériques, racistes, épidermiques. Permettez-moi d’apporter quelques éléments de pensées personnelles à ce sujet après y avoir réfléchi à froid et en avoir discuté avec des copines féministes et/ou musulmanes (non voilées).

- Sur l’engagement de la représentante d’une minorité « visible »en politique : il est temps ! Dans les milieux associatifs que je fréquente, on se plaint souvent que les principaux concernés ne se bougent pas suffisamment. C’est valable pour les motards (dont seule une minorité s’engage pour défendre les libertés et la sécurité de tous les autres), comme par exemple pour les associations de défense des sans-papiers ou luttant contre le racisme (la grande majorité des membres est en effet « bien blanche et ben d’chez nous »). Alors moi je trouve ça très bien quand quelqu’un en a assez d’être stigmatisé et montré du doigt, et prend le risque de s’exposer en s’engageant politiquement, surtout dans ce cas avec le contexte ambiant. On demande à ce que les minorités s'intègrent, et quel meilleur exemple que les voir participer à la vie citoyenne ?

- Sur le port du voile lui-même : il ne faut pas tout mélanger. Il y a le symbole, il y a la tradition, il y a ce qui est choisi et ce qui n’est pas. Prenez du recul sur le sujet ! Pour toutes celles qui font le choix conscient et volontaire de porter le voile, on ne peut pas parler de domination de la femme, surtout si elles sont assez libres physiquement et mentalement pour militer dans un parti et se présenter à des élections. Les motards en colère ne cessent de réclamer du discernement aux autorités, de ne pas mélanger les kékés en scoot’ trafiqués ou les abrutis qui foncent à 200 entre les files avec un échappement libre en pleine nuit, et les motards citoyens, responsables et respectueux des autres. Le minimum est d’accorder le même discernement aux autres.

Imaginez-vous à leur place, avec tout un bagage culturel auquel vous ne voulez pas renoncer et n’avez aucune raison de le faire. D’un côté, les motards d’un pays extrémiste où personne n’a le droit de monter sur sa machine sans une combinaison cuir intégrale, bottes de piste, gilet airbag et tout le toutim. De l’autre, un pays tellement libertaire qu’on veut non seulement INTERDIRE la combinaison intégrale (même si vous avez ENVIE de la porter) parce qu’elle rappelle ce pays, mais va jusqu’à vous empêcher de rouler avec un simple casque, auquel pourtant vous tenez pour sa protection et son symbole, sous prétexte que ça « rappelle » les contraintes extrêmes que subissent certains ailleurs. La limite est impossible à trouver, la frontière utopique à tracer, entre ce qui est imposé, ce qui devrait l’être, ce qui ne doit pas. Pourquoi ne pas laisser simplement chacun libre et responsable de choisir ? La seule contrainte doit être de ne pas accepter que quelque chose soit imposé à quelqu’un. Certes, la comparaison entre le voile et le casque trouve ses limites dans le rôle physiquement protecteur du casque, tandis que le voile n’offre qu’une protection morale, mais après tout, n’est-ce pas tout aussi important ?

Variante de ce parallèle, si vous allez vivre en Afrique ou en Amazonie dans une société où les femmes sont torse nu, où les hommes ne portent qu’un étui pénien, n’auriez-vous pas un peu de mal, au moins au début, voire pendant toute une génération, à vous balader vous aussi les seins ou la quéquette à l’air, quand – indépendamment de toute religion – toute une éducation et une civilisation vous auront habitués à les couvrir ? Certains franchiront le cap sans hésiter, d’autres garderont cette pudeur même après toute une vie - et n'apprécieraient vraiment pas de se voir INTERDIRE les vêtements. Qui peut dire si c’est bien ou mal ? Je l’ai constaté moi-même dans les bains publics au Japon ou en Corée, où j’ai toujours gardé un maillot de bain, ne pouvant me résoudre à être nu au milieu d’inconnus, même si eux l’étaient et s’en fichaient royalement.

Enfin, n’oubliez pas trop vite que le fait d’avoir les cheveux couverts n’est pas une exclusivité de certaines Musulmanes. Les autres religions monothéistes aussi le demandent en théorie. Même en France où l’on affiche aujourd’hui des filles complètement à poil (fort jolies au demeurant) à la vue de tous (même des enfants) sur les couvertures magazines de santé, il y a ne serait-ce que 50 ans, une femme bien éduquée ne sortait pas sans chapeau. Tous les costumes régionaux incluent une forme ou l’autre de coiffe, sans parler des religieuses.

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Nous sommes bien d’accord, la religion est une affaire strictement privée et n’a pas à se mêler à la politique. Mais justement ! C’est précisément parce que ça ne doit pas se mélanger qu’on ne peut reprocher à une candidate de respecter une coutume de sa communauté, de même qu’on ne peut interdire à un candidat de porter une kippa, d’être black, homo, femelle, moche, gros, de mauvais goût vestimentaire… Sinon à ce rythme, plus personne ne peut se présenter. C’est le programme et surtout les actions qui comptent. Le reste, rien à battre. Alors qu’on arrête de se prendre la tête et de dénigrer les autres sur ce genre de points, et que, pour une fois, la politique se base sur du concret plutôt que des personnes. Tous ceux qui se prétendent d’opposition mais se dressent contre cet état de fait ne font que se laisser avoir par la politique habituelle de ce gouvernement, basée sur la division, la peur de l’autre et la volonté de TOUT réglementer et contrôler.

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jeudi 18 février 2010

Bricolage hasardeux

Je ne suis pas un grand bricoleur, loin s’en faut. Tout au plus je m’occupe après avoir laissé traîner et en jurant pas mal du minimum syndical ou des installations indispensables, correctement d’ailleurs, mais sans enthousiasme. Cela explique pourquoi je ne m’occupe pas moi-même de mes motos, à part l’entretien courant. Je préfère les confier à des pros – quitte à être déçu ou avoir des problèmes, mais au moins c’est pas ma faute – en me disant régulièrement qu’il faudrait que je m’y mette. Ah, s’il suffisait de remplacer le driver de l’injection ou d’installer la nouvelle version du logiciel de suspension… hérésie diront certains, à raison, mais quand même, ce serait plus simple pour la génération Internet ;-P

Certains n’ont pas mes scrupules, et font du tuning pas forcément inefficace, mais dont la sécurité et / ou l’efficacité et / ou l’esthétique me laissent un peu dubitatif. Quelques exemples :

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vendredi 12 février 2010

Impunité des élus et comparaison assumée

 « Tolérance zéro », ah la belle expression qui revient sans cesse. Fermeté, conséquence, sanctions ! Ils n’ont que ça à la bouche et au carnet de PV depuis quelques années. Je viens encore de recevoir un avis d’huissiers pour un flash dont je n’avais rien reçu jusqu’à présent. Je n’ai donc pas de recours ni moyen de contester quoi que ce soit, passez directement par la case racket, ne passez pas par la case départ, perdez encore 250 Euros. Le pire c’est que d’après la date, c’était lors de mon déménagement, vous imaginez donc la vitesse faramineuse que je devais atteindre sur ma moto… en suivant le camion chargé de mes meubles ! J’ai dû dépasser la limite d’au moins 3 ou 4 km/h sur l’autoroute, quelle horreur. Avec l’imparable tolérance zéro automatisée, je vais encore me faire piller mon compte en banque qui se maintient déjà de justesse en positif… ça fait plaisir, y’a pas à dire.

J’ai envie d’opposer à cette expression cette autre bien connue : « Charité bien ordonnée commence par soi-même. » Vous imaginez si on appliquait aux élus, même et surtout aux plus hauts placés, la même rigueur ? Si leurs démonstrations publiques d’incompétence crasse (oui je pense à Albanel, Morano, Besson, Dati, Lefebvre, entre beaucoup d’autres), leurs dérapages verbaux (les vrais, pas juste les locutions mal choisies), leurs erreurs grossières, les énormes dépenses inutiles qu’ils engendrent par des décisions foireuses, etc., étaient suivis d’un minimum de conséquence ?

Leurs actions affectent des dizaines de millions d’administrés, vont parfois jusqu’à mettre en péril les fondements même de notre société, et ils peuvent faire les pires conneries, dire les pires âneries, prendre les pires décisions… sans devoir répondre de rien. Tout au plus ils sont remisés dans un poste un peu moins en vue, pour mettre un copain pas mieux à la place. Proportionnellement à mes revenus, je suis lourdement sanctionné pour… rien. Eux continuent leurs carrières et accumulent des retraites et des avantages faramineux sans remise en cause, sans conséquence, sans responsabilité. Comment espérer que les choses s’arrangent ? Comment respecter un milieu politique aussi déconnecté ? Comment se sentir concerné par leurs règles, et surtout comment y voir autre chose que toujours plus de taxes ?

  

J’ai assisté hier à une projection-débat du documentaire « Un Spécialiste », montage d’images d’archives filmées pendant le procès Eichmann en Israël en 1961. Cet homme a été le coordinateur logistique de l’Holocauste, c’est notamment lui qui a organisé avec une telle efficacité méthodique les déportations vers les camps. Sans avoir agi seul bien entendu, il est directement impliqué dans plusieurs millions de morts. Sa principale ligne de défense était qu’il ne faisait qu’obéir aux ordres. Il avait des quotas, des horaires à respecter, il n’était qu’un exécutant d’ordres venus de plus haut, sans pouvoir décisionnaire et il le répète à l’envie, sous toutes les formes, comme un M. Jourdain morbide, au grand agacement des juges d’ailleurs.

On a tendance à comparer ces temps-ci des membres de notre gouvernement à ceux du régime hitlérien. On entend parfois appeler le président « Sarkonazy », Besson comparé à ses traîtres, Hortefeux n’en parlons même pas, on voit la tête de Pétain hissée à leurs côtés… et encore tout récemment les jeunes UMP comparés à la jeunesse allemande d’alors. Tout cela est exagéré, personne ici ne parle de solution finale ou d’extermination, ni même de guerre ouverte, bien heureusement. Cependant je trouve de nombreux détails très troublants, et c’est aussi ce qu’il est ressorti du débat ayant suivi la projection. Car bien que le contexte global et l’objectif final soient différents, les méthodes et l’orientation générale en sont de moins en moins éloignées. Par exemple :


- Stigmatisation d’une communauté désignée comme fauteuse de tous les troubles (étrangers et surtout musulmans à la place des juifs, pour varier)

- Asservissement total de la police, toute réflexion ou initiative étant sacrifiées aux quotas, à la rentabilité, etc.

- Déresponsabilisation de toute la chaîne décisionnaire, le gros leitmotiv d’Eichmann. Aujourd’hui cela va même encore plus loin puisqu’on confie à des machines et des sociétés privées anonymes une bonne part du sale boulot, étouffant d’autant plus toute velléité de contestation.

- Légalisation progressive et officialisation décomplexée de méthodes et de moyens contraires à la constitution et aux droits de l’homme, ce qui permet de justifier les pires exactions sous prétexte que maintenant, c’est la loi.

- Abrutissement servile des masses par un chantage permanent exercé sur leurs ressources (emploi précaire), leur vie privée (surveillance généralisée), leur légitimité (gare aux étrangers !), leur liberté de se déplacer (lutte acharnée et complètement disproportionnée concernant la « sécurité routière », biométrie et scanners intrusifs), etc. etc.

- Presse aux ordres, diffusant dans sa majorité la propagande officielle sans vérification ni recul, relayant complaisamment les orientations et opinions du pouvoir jusque chez les opposants qui ne parlent plus que de ces sujets eux aussi.

- Contrôle accru des associations, avec fichages (Edvige entre autre), guerre juridique (procès abusifs), sanctions dissuasives (« aidants » de sans-papiers, passagers protestataires dans les vols de reconduite), relevé d’empreintes pour des broutilles (génétiques de nos jours)…

- Formatage de la jeunesse préparant une génération suivante encore plus docile, en augmentant sa précarité et sa dépendance, réduisant son instruction, favorisant sa radicalisation dans un sens ou dans l’autre, sachant que ce n’est bon dans aucun cas.

 

On pourrait continuer longtemps comme ça, plus qu’un billet de blog c’est un bouquin entier qu’il faudrait, un de plus, mais je n’ai ni le temps ni surtout les connaissances historiques suffisantes pour m’y atteler. Pour résumer l’essentiel de ce que je veux dire, on parlait hier de l’incompréhensible passivité des peuples tandis que tous les éléments du génocide se mettaient en place, y compris celle des premiers concernés. Certains participants ont apporté de très intéressants points de vue sur la difficulté à résister, le risque de perdre travail, famille, vie… Mais plus on résiste tôt, moins les oppresseurs ont de pouvoir, plus la résistance est possible.

Simple exemple : les pays où la déportation massive a été la plus efficace étaient ceux où l’état civil était le mieux maintenu, le plus complet. Quelle meilleure raison de lutter systématiquement et sans concession contre Edvige, Loppsi, Hadopi, le CSA, la vidéosurveillance généralisée, etc. ? Les gendarmes qui en 1942 ont raflé et livré à la mort des milliers de civils, de femmes et d’enfants, sont-ils si différents de ceux ayant ce matin encore vidé un squat de Bagnolet, sans laisser aux occupants le temps de prendre leurs affaires (ne serait-ce que parce que beaucoup étaient au boulot !), leur ont ensuite confisqué leurs tentes d’urgence et leurs braséros, alors qu’ils vivaient là depuis quinze ans – quelle urgence soudaine ! – et que la région est frappée par une rare vague de froid ? Ceux qui expulsent des jeunes gens vers des pays en guerre, ou tout comme, se comportent-ils mieux qu’Eichmann au début, qui voulait que le train parte à 8H04, qu’il soit chargé de patates, de colis ou de Juifs ? Lui aussi ne faisait qu’obéir aux ordres.

Si ce n'avait été lui, ç'aurait été un autre. Si les CRS évacuant les squats refusaient de le faire, d'autres prendraient leur place. Même à un niveau basique et mesquin, si une société refusait d'installer les radars, une autre prendrait le marché. Certes. Est-ce une raison pour continuer ? A partir de quand la désobéissance civile s’impose-t-elle ? Que faut-il aux gens pour qu’enfin ils se réveillent et refusent ? Qu’un billet de blog qui commence comme un coup de gueule contre un minable racket gouvernemental de plus se finisse sur une comparaison avec l’origine du troisième Reich, une fois de plus et toutes proportions gardées, n’est pas pour me rassurer.

Merci à ceux qui m’ont lu jusqu’ici, et bonne journée quand même…

jeudi 11 février 2010

Des divers aspects de LOPPSI

Au menu de ce qui nous attend en matière de lois, et pour rester dans la « droite » ligne de la radicalisation, le projet LOPPSI, dont on se méfie depuis quelques temps déjà, ressurgit opportunément à l’approche des élections. Ce projet fourre-tout et totalement décomplexé essaie de réunir en un seul lot tout un tas de nouvelles restrictions, obligations, peines planchers, etc., que toute personne raisonnable trouverait impensables dans une démocratie normalement constituée. Qu’un tel ramassis de textes soit ne serait-ce qu’examiné est une preuve de plus, s’il en fallait, que nous sommes bien sous une médiacratie complètement dévoyée, sclérosée par une peur soigneusement entretenue, et alimentée par la connerie sans fond des masses silencieuses.

Pour l’aspect concernant directement les motards (ou les automobilistes d’ailleurs), je vous renvoie au communiqué de la FFMC à ce sujet qui résume bien la situation : http://www.ffmc.asso.fr/spip.php?article1793

Parmi les autres sujets couverts, celui concernant l’informatique et Internet m’interpelle particulièrement. Comme si Hadopi n’avait pas suffi, ils remettent une couche pour démontrer tout à la fois leur totale incompétence en la matière, et leur volonté de contrôle et de bâillonnement du Net. En gros, ils veulent bloquer à la source les sites pédophiles. Sur le principe, ça peut sembler justifié et difficilement attaquable. En pratique, deux soucis majeurs :

- Totalement inefficace, on le sait d’avance. Petit article vulgarisé sur le sujet.

- Terriblement dangereux, surtout ! Car si cela passe, c’est une atteinte directe à la sacro-sainte neutralité du réseau, qui est au fondement même d’Internet. Ainsi, le gouvernement ne pourra PAS bloquer efficacement les sites pédophiles. Mais il aura les moyens de perturber ou de neutraliser les sites légitimes qui ne lui plaisent pas : associations, médias indépendants, opposants… Eux n’auront pas les moyens techniques et financiers de contourner les blocages. Tout bénef pour un état comme le nôtre, obsédé par l’image et la com’, et qui ne se prive déjà pas pour faire pression sur la presse, les TV et les principaux sites d’infos. Il n’y a qu’à voir la vitesse à laquelle certaines vidéos ou infos particulièrement embarrassantes disparaissent mystérieusement. Heureusement, aujourd’hui, elles refont surface aussitôt ailleurs, encore amplifiées par le buzz. Mais demain ?

Sans oublier aussi l'officialisation de toutes formes de mouchards et d'écoute électronique, la fin de la notion de confidentialité, etc, etc.

On peut toujours se gausser de la Chine, si on laisse faire les fous furieux qu’on a au pouvoir, ce ne sera pas mieux ici, on s’y dirige déjà à grands pas…

lundi 8 février 2010

Appel à mobilisation nationale le 13/03/10

Appel à mobilisation nationale le 13/03/10

Comme vous le savez peut-être (j’espère en tous cas !) une vaste concertation a lieu depuis quelques mois entre les pouvoirs publics et les représentants du monde motard, à commencer par les différentes structures de la Fédération Française des Motards en Colère. Au programme : formation, équipement, infrastructures… A force de patience et de pédagogie, on a réussi à éviter certaines mesures parmi les plus absurdes (plaques d’immatriculation à l’avant des motos ou port obligatoire du gilet fluo par exemple). Cependant, il reste de nombreux points de blocages cruciaux : par exemple, ils refusent encore et toujours de tolérer la circulation interfile. D’un côté ils parlent vaguement « d’expérimentation » de la chose (super, ça fait des décennies qu’elle est quotidiennement pratiquée par une majorité de motards), et de l’autre, on subit une avalanche de verbalisation à la volée

- Quand on parle de formation, on nous répond répression.
- Quand on suggère de baisser la TVA sur les équipements de sécurité, on nous ressort un contrôle technique.
- Quand on demande l’amélioration des infrastructures et le doublement des glissières de sécurité, on installe toujours plus de radars-pompe à fric sur les zones les moins accidentogènes.
- Quand on apporte trente ans d’expérience et de réflexion sur le sujet, on nous réplique par des chiffres truqués et de la propagande électorale.
- Quand on rappelle que dans la grande majorité des accidents le motard est la victime et non le responsable, on nous répond qu’il « n’y a qu’à respecter le code de la route ou prendre le métro » (dixit Michelle Merli, entre autres) !

Ca suffit ! On veut bien négocier, proposer, participer, mais il ne faut pas non plus nous prendre pour des veaux. Ras le bol de la répression à outrance, du racket permanent, des promesses non tenues. On sait ce qu’on dit, et on doit être écoutés, il en va de notre sécurité et de nos libertés, deux concepts sur lesquels on ne transige pas.

C’est pourquoi la FFMC appelle tous les motards et scootards à se réunir et à manifester, le samedi 13 mars. Contactez l’antenne proche de chez vous pour connaître les points de rassemblements et les actions locales à cette occasion.

On compte sur vous pour montrer que les deux-roues sont solidaires et ne se laissent pas plumer et tuer sans rien dire.

Frédéric – FFMC84

 

Plus d’informations :

- Site national de la FFMC : http://www.ffmc.asso.fr/
- Listes des antennes départementales pour trouver la vôtre : http://www.ffmc.asso.fr/spip.php?rubrique7
- Blog de la concertation « Grenelle du Deux-Roues » : http://blogs.motomag.com/concertation2RM/
- Motomag : http://www.motomag.com/

mardi 2 février 2010

Coup de gueule : le manque de respect dans le petit business en particulier et dans le monde en général

J’ai encore été confronté cette semaine à un symptôme récurrent de la vie professionnelle : le manque TOTAL de respect pour les autres, leur temps, leurs ressources. Qu’on signe ou pas un contrat, qu’on conclue ou pas une vente, c’est une chose, c’est le jeu. Mais qu’on se foute du monde, qu’on méprise les commerciaux, les candidats ou les concurrents, ça je n’accepte pas.

Quelques exemples : j’ai fait 300 kilomètres sur la glace il y a quelques jours pour aller finaliser une affaire, dont tout était censé être réglé. Et j’arrive pour voir le client moins de trois minutes et lui remettre un simple papier, car il veut étudier plus la question. Ce n’est pas le fait que l’affaire soit reportée, voire peut-être annulée, qui me gêne. C’est qu’il savait pertinemment quand on a pris rendez-vous qu’il n’avait aucune intention de donner suite dans l’immédiat, et savait qu’il me faisait venir de loin pour strictement rien. Pourquoi ne pas l’avoir dit ? Pourquoi n’avoir pas repoussé le rendez-vous par exemple ? Ca ne lui coûtait rien… Je ne compte pas non plus le nombre de fois où on se présente à un rendez-vous pour trouver porte close, la personne ayant oublié, ou n’ayant jamais eu l’intention d’être présente.

Autre exemple, il y a quelques années je bossais dans une agence photo. Un jeune photographe de province envoie son book en demandant un entretien. Un des responsables lui dit OK, qu’il peut venir. Et dès qu’il raccroche, son collègue lui demande « Mais pourquoi tu le fais venir ? On n’a pas du tout besoin de lui ! ». L’autre s’est marré, ça l’amusait carrément de faire se déplacer à grands frais un jeune en recherche d’emploi, sachant qu’il ne donnerait pas suite et ne serait pas là au rendez-vous. J’ai démissionné de cette agence, mais ce comportement est récurrent, je l’ai constaté dans pleins de secteurs d’activité et des contextes divers.

Oui le business c’est dur, tout n’est pas facile, on se casse les dents, on galère, et on trouve ça normal, c’est comme ça. Mais il n’y a AUCUNE raison pour que des abrutis finis s’amusent ainsi au dépend des autres, sans raison, sans gain, par pure connerie. Je pense que c’est la même absence d’empathie la plus élémentaire qu’on retrouve à l’origine de tous les racismes et préjugés. Si on n’est pas fichu de se mettre à la place d’un commercial, d’un débutant, d’un collègue, pourquoi en effet essaierait-on de comprendre le monde du point de vue d’un étranger, d’un motard, d’une autre religion, d’un pauvre…

Et tant que ça, ce ne sera pas réglé, tant que les masses comme les dirigeants ne seront pas capables d’un peu de projection dans le point de vue et les problèmes d’autrui, rien n’avancera sur cette fichue planète.

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mardi 26 janvier 2010

Eh velo, velosolex, qui va comme un avion, à condition, à condition…

Certains en ont peut-être eu assez de pédaler comme un couillon sur leur velosolex pour aller « comme un avion ». Ils se sont dit que des moteurs existent, autant les faire pédaler à notre place. Et voilà l’origine de ces drôles d’engins motorisés par des 7-cylindres radiaux issus de l’aéronautique. Les informations qu’on trouve à leur sujet sont fragmentaires et chaque véhicule est unique, mais apparemment, ça ne sort pas tant de chevaux que ça, en tous cas pas plus qu’un bon moteur de moto « normale ». Cela dit, ça ne manque pas de style… Mais la question qu’on se pose, ont-ils montés aussi des durits aviation ?

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vendredi 22 janvier 2010

Bébé et moto ? Compatible !

De nombreux jeunes parents arrêtent la moto lorsque les enfants agrandissent le cercle de famille à grands cris. Ils reprennent éventuellement plus tard, mais bien dommage de faire une telle pause quand des solutions simples existent pour trimballer vos gamins. Je ne parle pas des selles réhaussées pour enfants, des repose-pied réglables en hauteur, des casques adaptés (encore que pour ça, des versions économiques existent), non, il y a beaucoup plus simple, pourquoi s'embêter, vous avez forcément déjà tout ce qu'il faut :

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jeudi 14 janvier 2010

Coup de froid sur les relations

Il y a en ce moment une vague de froid et il neige. Bon. D’accord. Ca arrive, c’est normal, il faut en profiter tant que ça dure. Mais est-ce une raison pour fiche une pagaille pareille ? Forcément, ayant un peu vécu au Québec en hiver, les quelques centimètres de neige et les -3°C qu’il y a eu à Avignon me font doucement rire, mais apparemment ça suffit pour paralyser la région. Des commerces et entreprises au ralenti, les écoles fermées pendant une semaine, une administration complètement dépassée… La maire Mme Roig est toute fière d’annoncer qu’elle a déployé 60 employés pour déneiger. La ville d’Avignon compterait plus de 3000 personnes aptes à intervenir en extérieur, des jardiniers aux techniciens de voirie ! Et ce serait peut-être l'occasion pour une fois de donner un rôle utile aux flics municipaux ? En attendant, la neige non déblayée stagne et gèle sur les chaussées et les trottoirs, les transports sont très perturbés, toute l’économie vacille. La demande d’électricité sature, du coup des baisses de tension font rebooter les ordinateurs à l’arrache. Les marchés sont moins approvisionnés. Plus grave, les rampes d’accès et de sortie des parkings ne sont pas plus dégagées, du coup si on peut à peu près se débrouiller avec une voiture (quitte à glisser mais les habitudes canadiennes reviennent vite), à moto il est impossible de sortir quand il faut d’abord passer par 100 mètres de pente en courbe soigneusement verglacée. Rouler sur la neige on peut en faisant attention, pas tellement pire qu’une grosse pluie ; franchir des infrastructures complètements gelées par manque d’entretien, c’est autre chose.

Voiture enneigée (Non, c'est quand même pas par ici, faut pas abuser ^^)

Petits inconvénients personnel mis à part, ça ne rassure pas sur la viabilité de notre économie et de notre société. Si une simple chute de neige peut causer autant de bordel, comment réagira-t-on face aux vraies catastrophes ? Parce que là encore, on peut dire qu’une ville du sud n’a pas une flotte de chasse-neige et de saleuses prêts à intervenir, et je ne leur demande pas d’entretenir tout ça pour LA neige qu’il y a une fois tous les deux ans (encore que le Mont Ventoux n’est pas loin et a eu beaucoup moins de problème, il y avait sans doute moyen de s’arranger), mais justement. Personne en France n’a l’habitude des séismes ou tsunamis, les grandes tempêtes et inondations restent rares… Vu la superbe réactivité des autorités, heureusement. Certes, c’est un peu plus difficile et immédiat que trouver des façons toujours plus inventives de taxer et contrôler la population tout en préparant sa propre réélection.

Pour se consoler, au peut au moins se dire que d’autres sont bien plus mal logés. Je suis allé au sud de l’Inde peu après le tsunami de 2005, je connaissais la Nouvelle-Orléans avant Katrina, on voit les nouvelles du Bangladesh, d’Italie, en ce moment d’Haïti… Bon, finalement ma rampe de parking mal déneigée une semaine par an, y’a pas de quoi se plaindre en fait.

Et puis, il reste toujours la solution de prendre les transports en commun, même avec la moto :

Moto dans le bus

lundi 11 janvier 2010

L'heure des responsabilités

La FFMC a trente ans cette année. Trente ans de revendications et d’actions pour défendre les deux et trois-roues motorisés, avec de beaux succès, de l’exonération de la vignette au recul sur les feux de jour en passant par les réductions sur l’autoroute ou tout récemment l’annulation pure et simple de la procédure VE pour les motos. Mais outre les manifestations spectaculaires, la FFMC c’est aussi des actions quotidiennes sur le terrain pour informer les élus des risques de certaines infrastructures, ou encore sensibiliser les jeunes conducteurs de demain à la vulnérabilité des deux-roues et au partage harmonieux de la route. Ce sont d’innombrables réunions avec les administrations locales, nationales (comme le « Grenelle du Deux-roues » en ce moment) ou Européennes (avec la FEMA), pour faire entendre notre voix jusqu’au plus haut niveau, et exiger qu’on nous prenne en compte, qu’on favorise la formation plutôt que la répression, et qu’on défende nos libertés de citoyens et de motards.

Mais tout cela est long et difficile. Les motards sont encore bien trop souvent désignés à tort comme les moutons noirs de la sécurité routière, les couches de règlements liberticides s’accumulent, la répression ne cesse de s’intensifier… Nos victoires sont parfois remises en question (on craint notamment en 2010 le retour du contrôle technique), et d’autres sujets s’ajoutent à notre longue liste de combats (comme la généralisation du carburant E10 absurde d’un point de vue environnemental et nocif pour les motos, les projets de péages urbains, les infrastructures interdites aux deux-roues…).

Pour continuer à vous défendre, la Fédération Française des Motards en Colère a besoin de vous ! Non seulement en participant aux manifestations si vous avez le temps, mais aussi et surtout en adhérant. Votre cotisation annuelle de 38 Euros sert à financer les actions de l’antenne locale et le fonctionnement de la structure nationale, qui compte plusieurs salariés et de nombreux bénévoles.

La fédé existe par et pour les motards. C’est à chacun de nous de lui donner les moyens d’exister et de nous défendre contre la motophobie, la répression aveugle et les rackets en tous genres. Adhérez, faites adhérer vos copains, quelle que soit la machine ou la cylindrée. Le prix d’un gros plein d’essence contre la survie d’une association qui vous représente et protège vos droits… et fera tout pour qu’on puisse continuer à rouler à moto en sécurité, en sérénité et en amitié.

On compte sur vous…

Bonne année motarde !

Adhérez à la FFMC

http://www.ffmc.asso.fr/spip.php?rubrique99

mercredi 6 janvier 2010

Si ma moto était un disque dur…

Vous connaissez l’axiome classique que l’on retrouve en forme de vanne sur le net depuis quelques années ? Si les voitures (ou les motos) avaient autant évolué que les ordinateurs, elles seraient aujourd’hui capable de voler, coûteraient à peine quelques centaines d’euros, parcourraient des milliers de kilomètres avec un plein, se conduiraient toutes seules, et exploseraient une fois par an en tuant tout le monde à l’intérieur.

J’y repensais en rajoutant encore un disque à mon système saturé de documents pros, de milliers de photos et de vidéos, etc. Graver des DVD est bien limité et figé, et le coût de stockage magnétique ne cesse de chuter. Je l’ai acheté à peu près au même prix que mon premier disque dur, il y a quelques années, pour compléter le lecteur de disquette. Il était énorme, du haut de ses… 40 Mo. Aujourd’hui, pour 100 Euros, j’ai eu 1,5 To, soit en gros 1,5 million de Mo. Pas mal en 16 ans.

Ce n’est pas directement comparable, évidemment, mais pourquoi ma bécane récente consomme-t-elle autant d’essence que celles d’il y a 16 ans, freine à peine mieux, n’est « que » deux fois plus puissante ? Si la volonté et le marché sont là, la technologie peut progresser dans des proportions étonnantes. Il existait il y a plus de dix ans des voitures électriques abouties, cohérentes, quotidiennement utilisées par des utilisateurs ravis, prématurément retirées du marché et détruites (voir le très intéressant documentaire « Who killed the electric car »). Encore plus loin, il y a un siècle, il paraît qu’on trouvait plus de voitures électriques qu’à essence, jusqu’aux années 20 ! Lobbies du pétrole, intérêts à court terme, attrait pour la performance sans souci des conséquences… voilà comment au lieu de progresser, l’industrie automobile, dont la moto fait partie, stagne ou progresse dans une direction condamnée.

On peut cependant espérer un sursaut, le « vert » devient à la mode, souvent dévoyé, parfois prometteur. Les premiers véhicules électriques ou alternatifs (re)deviennent crédibles, il ne s’en faut que de quelques années que la diffusion de masse soit envisageable. Espérons simplement que toutes ces années perdues ne soient pas celles qui manqueront pour rattraper les dégâts environnementaux de décennies de contradictions et de profits faciles. D’autant qu’en parallèle il faudrait commencer à se pencher sérieusement sur les méthodes de production de cette électricité, et sur les matériaux utilisés pour les routes, les pneus, les huiles, les plastiques, tout cela venant encore et toujours du pétrole.

En tout cas, ce ne sera sans doute pas ça, le véhicule du futur (j’espère) :

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mercredi 30 décembre 2009

Débat sur l’identité… motarde + tronçomoto + Bonne année

Le débat nauséabond dans son approche qu’on a essayé de nous imposer avant les fêtes (pendant lesquelles il a été relégué en second plan par des infos beaucoup plus importantes, comme le pape faisant une messe à 22H ou des spéléologues bloqués sans risque), me rappelle un autre thème qui revient parfois dans le monde motard, celui de « l’identité motarde ». Qui défend-t-on dans la FFMC ? Les statuts couvrent TOUS les deux et trois roues motorisés, sans distinction de cylindrée, de type etc. Un peu comme la république en fait, qui se conforme théoriquement aux droits de l’homme acceptant tout le monde comme égal. En pratique, on entend souvent dire que les 125 ceci, les Harley cela, les scooters, les sportives … Quel que soit l’origine du débat, la conclusion revient toujours la mienne : on se fiche du moteur, de la marque, du type d’engin, ce qui compte, c’est l’esprit et l’adhésion à des valeurs communes de solidarité, de respect etc. Et si c’était pareil au niveau de la société ? Si on se fichait totalement de l’origine, de la couleur, de la religion, des préférences sexuelles, de la nationalité des gens, pour se concentrer sur ce qui importe vraiment, le respect mutuel et le civisme ? Il me semble que ce serait beaucoup plus constructif. Mais moins racoleur certes.

Il est toujours plus facile de se regrouper autour d’une « identité » (une marque de moto, une nationalité clairement inscrite sur des papiers) que d’ « idées » ou même d’idéaux. Mais est-ce plus représentatif, plus important ? Pour continuer l’analogie avec les deux-roues, un bon conducteur sur une vieille bécane bizarre roulera bien plus efficacement qu’un mauvais sur une hypersport. Tant qu’on ne les connaît pas, qu’on a pas roulé avec eux, on ne peux PAS les juger. Il en va de même pour tout et tous, d’où la totale absurdité de toute forme de préjugés… encore qu’ils soient humains et parfois bien difficiles à éviter ! Bref, on pourrait pseudo-philosopher longtemps sur le sujet, ou pas, en considérant justement qu’il est inutile par définition.

Pour vous laisser sur une note plus sympa en cette fin d’année, je vous propose cette bécane insolite qui traîne aussi sur le net depuis quelques années. Ce n’est pas un moteur de vingt-quatre soupapes, mais vint-quatre moteurs d’une soupape ! Des moteurs de tronçonneuse plus précisément, assemblés pour faire ce truc improbable. Photomontage publicitaire ou prototype roulant, je n’ose imaginer le bruit et le temps pour démarrer en tirant les 24 cordes à la suite. Quant à l’efficacité, aucune idée… Y’a vraiment des bricoleurs qui ne savent pas quoi faire de leurs week-end. A moins qu’il y ai vraiment une idée là-dessus. Les véhicules électriques ne reposent-ils pas sur une multiplication de petits moteurs, un par roue, plutôt que sur un gros ?

moto-tronconneuse.jpg Sur toutes ces réflexions, je vous souhaite à tous une excellente année 2010 !

PS : Petite note de consomotard, j’ai lavé par erreur mon T-shirt Motomag noir avec du linge clair, à chaud et avec une lessive standard… et il n’a pas bronché, rien n’a déteint. Excellente qualité, heureusement ! Comme quoi c’est encore possible de nos jours…

mardi 22 décembre 2009

Quand on disait que ça allait venir…

Décidément, l’UMP ne lâche pas l’affaire. Pour racoler toujours plus dans l’électorat d’extrême-droite, ils nous préparent une loi qui concernera au plus quelques dizaines de personnes (et qui ne conduira qu'à leur exclusion encore plus grande, puisqu'elles ne pourront plus DU TOUT sortir de chez elles... beau progrès !), mais qui fait beaucoup jaser et détourne à point nommé l’attention de sujets bien plus importants. Cependant, ils ne veulent pas avoir l’air trop ouvertement discriminatoire, quand même. Du coup, le texte se veut très générique… et voici ce que ça donne, extrait d’un article de 20minutes.fr :

le texte de loi devrait porter sur le maintien de l'ordre public en stipulant qu'aucune personne, hors circonstances exceptionnelles (climat, carnaval...), ne peut évoluer dans l'espace public -une formule plus large que les «lieux publics»- le visage entièrement recouvert. Pour des raisons juridiques et pour ne pas apparaître discriminatoire, la proposition de loi ne porte donc pas exclusivement sur l'interdiction du port du voile intégral dans l'espace public mais elle l'inclut de fait.

Et là, je me repose une question personnelle : je ne sors pas voilé, mais j’ai souvent un casque intégral sur la tête, avec des lunettes de soleil en dessous, qui fait que mon visage n’est hélas pas franchement visible. Sans parler bien sûr de l’option visière fumée… Avec cette loi inutile (une de plus…) je serai donc hors la loi dès que je mettrai le pied à terre. Est-ce à dire que l’on demandera systématiquement d’ôter mon casque pour payer mon plein d’essence ? Que je ne pourrais plus l’enfiler dès l’entrée du parking ? Discuter en le portant pendant que le moteur chauffe ? Manifester avec mon casque sur la tête, comme à chaque fois vu que je suis à l'encadrement ? Oui, je pinaille, je pinaille, mais à force d’empiler des strates et des strates de réglementations et de contraintes, de plus en plus privées et généralistes, et qui finissent forcément par se recouper et se contredire, on arrive à des situations absurdes et intenables.

Le mot de la fin ? Cet autre article, qui s’interroge sur la façon dont cette loi serait applicable, suggère :

Sur la voie publique, les policiers pourraient arrêter les femmes portant le voile intégral pour leur dresser une contravention.

Ben allez donc ! Une occasion de PV de plus… C’est vrai que ça manquait. Pour nous, on aura le choix, PV pour non-port du casque, ou PV pour port du casque ?


Souvenez-vous du poème de Martin Niemöller :

Quand ils sont venus chercher les communistes, je n'ai rien dit, je n'étais pas communiste.

Quand ils sont venus chercher les syndicalistes, je n'ai rien dit, je n'étais pas syndicaliste.

Quand ils sont venus chercher les juifs, je n'ai pas protesté, je n'étais pas juif.

Quand ils sont venus chercher les catholiques, je n'ai pas protesté, je n'étais pas catholique.

Puis ils sont venus me chercher, et il ne restait personne pour protester

samedi 19 décembre 2009

La dignité de la personne humaine en question

Identité nationale, niqab, minarets… autant de questions sur le tapis en ce moment, où il fait bon garder l’attention de l’électorat le plus à droite. Dernière incongruité entendue ces jours-ci, messieurs Darcos et Besson, cherchant désespérément à trouver une base juridique pour interdire le port d’un vêtement aussi connoté soit-il, ont trouvé LE précédent imparable. Le lancer de nain. Et oui, il fallait y penser. Le lancer de nain est interdit depuis 1995, au motif que même volontairement, on ne peut attenter à sa dignité humaine. Alors là moi je dis bravo, dans le genre « faites ce que je dis mais pas ce que je fais » dont le gouvernement actuel se fait une spécialité, c’est particulièrement osé.

Si on commence à interdire aux gens de se couvrir de ridicule, alors il ne suffira pas de refuser aux nains de se faire jeter et aux femmes invisibles de rester couvertes. Il faudra aussi virer l’ensemble de la classe politique, avec en priorité tous ceux en place, qui nous couvrent de honte à chaque déclaration et preuve quotidienne d’incompétence crasse. Et puis interdire la télévision aussi, ou du moins restreindre drastiquement ce qu’elle montre, dont une écrasante proportion est un monument à toutes les bêtises humaines et à l’abrutissement des masses. Ah, et tous les gens dans la rue dont la coiffure et/ou la tenue excentrique porte atteinte à leur dignité. Et un bon paquet d'artistes, qui ont bien de la chance que le ridicule ne tue pas (Amy Winehouse et Lady Gaga pour ne citer qu'elles). Et ceux qui racontent des blagues pas drôles qui font un bide. Et ceux qui… et ceux qui…

Je ne suis pas un fan du niqab, et je dis sans détour que je n’aime pas voir ici comme ailleurs des femmes à ce point niées. Mais de quel droit vais-je leur imposer mon point de vue ? Est-ce tellement pire que les anorexiques accros à la chirurgie esthétique qui se baladent en bikini ? Pour elles aussi on peut se poser la question de la dignité humaine, de la pression de leur civilisation, et je ne vois pas nos ministres d’extrême droite aller chercher des jurisprudences improbables pour les empêcher d’être.

Alors messieurs Darcos, Besson, Hortefeux et compères, quand vous commencerez à vous conformer aux obligations de la Convention de Genève (expulsions de migrants vers un pays en guerre qui lui-même n’en veut pas), à respecter les droits des enfants (enfermement et fichage de mineurs, ministre pédophile), la liberté de la presse, l’accès à la justice, et même bon sang les droits d’auteur dont vous vous posez en si ardents et technophobes défenseurs, vous pourrez parler de dignité de la personne humaine. Pas en vous ridiculisant dans un lip-dub foireux. Parce que là, franchement, la dignité humaine en prend un coup.


PS : j’attire aussi votre attention sur la dernière proposition hautement cohérente et technologiquement super réaliste d’un député UMP qui souhaite… nationaliser l’Internet. Ben oui, ils essaient bien en Chine, pourquoi pas ici, hein… il doit bien s’entendre avec Seguéla, qui dit « Le Net est la plus grande saloperie qu’aient inventé les hommes ». Bon courage les gars, vous n’avez pas fini d’en entendre parler, pourtant.

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