L’avis de la FFMC sur les réponses de Monsieur Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de Gauche, au questionnaire commun FFMC-FFM-Codever envoyé le 22 février.

C’est la commission « Front de Gauche-Transports » qui a répondu à notre questionnaire par un courrier de cinq pages daté du 30 mars. Le collectif en charge de l’exercice ne s’est pas plié à la forme « question-réponses, oui/non » éventuellement assortie d’un commentaire pour chacune des questions.

Mobilité individuelle et sécurité routière Dès les premières lignes, Le Front de Gauche attaque par une déclaration liminaire et moralisatrice sur le « vivre ensemble » et sur la « dégradation de la planète » où 85% des richesses sont pompées par 20% de la population mondiale… c’est vrai, mais ça ne répond pas vraiment à la question posée. Et la moto ? Ca arrive tout de suite après par la dénonciation de la puissance et des performances, citant carrément une ZZR 1400 de 200 ch ! Super, on croirait entendre la Ligue Contre la Violence Routière. Heureusement, la question de la Sécurité routière revient un peu plus vers nos préoccupations : la politique actuelle est jugée inadaptée et le Front de Gauche prône l’éducation, la dissuasion… et la sanction ! Sanctions envisagées notamment pour ceux qui rouleront en «sandales, tongs, short, etc… » Plus intéressant, la sécurité routière est mise en perspective avec les questions d’accès à l’emploi et au logement et en concertation avec les usagers. Sur la question du brassard obligatoire, il est dit « qu’imposer une tenue spécifique n’est pas la meilleure façon d’obtenir le résultat recherché ». Le Front de Gauche se dit opposé au contrôle technique, privilégiant l’action des professionnels pour « sécuriser le marché de l’occasion ». Pour les questions de mobilité urbaine, le Front de Gauche reconnaît qu’un « deux-roues léger est préférable à une grosse berline » et dénonce la stigmatisation des minorités (parmi lesquels « les motocyclistes ») pour justifier une politique répressive. Là encore, le qualificatif de « léger » pour désigner les 2RM socialement acceptables a comme des relents de procès d’intention envers les grosses motos.

Sport moto Le Front de Gauche refuse catégoriquement l’idée même des sports mécaniques. La formation représentée par Monsieur Mélenchon renvoie sans cesse au « sport commercial » considéré comme inaccessible aux plus modestes, les plus aisés étant de fait considérés comme des pigeons de la société consumériste. Les rédacteurs de la réponse du Front de Gauche ne semblent pas avoir pris la mesure des bienfaits universels des pratiques sportives par le biais des petites structures associatives et de l’éducation aux valeurs de la République… dommage !

Loisirs verts (accès aux chemins ouverts à la circulation) Même son de cloche pour les «loisirs verts » où le Front de Gauche évoque des « hordes d’enduristes déboulant pleins gaz de 2T au milieu d’une famille de marcheurs ».

L’avis de la FFMC Décevant ! Les camarades de Monsieur Mélenchon ne répondent pas vraiment à nos questions… par contre, ils argumentent sur des aspects anxiogènes sur lesquels nous ne les avions pas précisément interpellé et c’est surtout par un cours de politique sociale que nous répond le Front de Gauche. Nous regrettons particulièrement les ressorts caricaturaux et Père Fouettard de leur argumentaire. C’est d’autant plus désolant que les rédacteurs de cette réponse complètement à côté de la plaque sont censés avoir reçu le Manifeste de la FFMC pour la Sécurité routière des 2RM… c’est à se demander si ils l’ont lu ! On se console en sachant que le Front de Gauche se dit, dans son programme général, opposé aux lois liberticides, qu’il promet de mettre un terme au fichage des citoyens et qu’il se situe, comme le Mouvement FFMC tout entier, dans l’Économie sociale et solidaire. Mais en tant que motards militants, à la lecture effarée de leurs réponses, nous avons tout de même un peu de mal à nous situer dans la Révolution citoyenne promise par le mouvement de Jean-Luc Mélenchon. Voilà ce qui arrive quand on sort les fusils à tirer dans les coins : on finit toujours pas se mettre une balle dans le pied.. Alors revoyez votre copie, monsieur le député européen… et vite !

Les réponses de Jean-Luc Mélenchon