A la veille du premier tour des élections législatives, 19 antennes (sur 83) ont transmis au SN le résultat de leur travail de terrain. Premier constat : le taux de retour est faible. Entre 15 et 20 % des candidats sollicités ont renvoyé le questionnaire transmis par l’antenne ou librement exprimé leurs positions dans un courrier. Trois profils se distinguent : D’abord, les candidats qui ne connaissent rien du tout à la moto et sont, par principe, prêts à voter n’importe quelle mesure, du moment qu’elle leur est présentée comme pouvant réduire l’insécurité routière. Ceux-là sont pour tout : le contrôle technique, les brassards rétro-réfléchissants et les plaques d’immatriculation plus grandes. Il y a ensuite, les candidats qui sont eux-mêmes motards ou proches de motards (conjoints, enfants). Ils connaissent bien ce monde-là et savent que les mesures telles que le contrôle technique, le brassard fluo ou les plaques d’immatriculation plus grandes ne sont pas de nature à améliorer le sort des usagers de 2RM. Enfin, il y a les « entre deux », qui ne pratiquent pas le deux-roues mais semblent connaitre nos actions. Ils sont sensibles aux arguments (de bon sens !) que nous développons à propos du brassard ou des plaques. En revanche, ils restent persuadés que le contrôle technique peut amener de bonnes choses. Ce sujet fait d’ailleurs l’objet d’un large consensus chez les candidats, qui y voient non seulement un gage de sécurité mais aussi et surtout une égalité de traitement par rapport aux automobilistes. Dans ces sphères, l’enjeu n’est alors plus de savoir si la mesure sera efficace mais quel message elle fera passer aux électeurs. Politiquement, il leur est plus facile et plus favorable d’annoncer que les motards, souvent perçus comme des usagers « impunis », seront eux aussi soumis à un contrôle technique, que de légitimer, avec les meilleurs arguments du monde, la persistance d’une différence de traitement … En revanche, ils ont conscience que la mesure sera difficile à mettre en œuvre. Ils se sont alors laissés convaincre que la pilule passerait mieux si le contrôle était assuré par les professionnels du secteur (réparateurs et concessionnaires), qui ont dû mener un lobbying efficace pour en arriver là. La bonne surprise vient d’un autre consensus, plus favorable aux usagers cette fois, à propos du tarif des autoroutes. Il semblerait qu’il y ait un ras le bol général contre les hausses de tarifs qui détournent les usagers de ces axes pourtant plus favorables à leur sécurité.

Sur les 66 réponses reçues, le très bon côtoie le service minimum. Les promesses de « large concertation » permettent de bien répondre aux questions sans trop se mouiller. Seul un candidat, député sortant, a mentionné l’existence depuis 2009 d’une concertation nationale sur le deux-roues motorisé. Un autre a reconnu que les sujets sur lesquels nous lui demandions de se positionner relevaient du pouvoir réglementaire (le gouvernement) et non de la compétence législative. Même si, dans leur nombre, ces résultats sont décevants, les réponses que nous avons reçues nous ont permis de collecter de précieux renseignements non seulement sur ceux qui seront peut-être à la manœuvre dans quelques semaines, mais aussi sur ceux qui occupent d’autres responsabilités. Les aspirants-députés sont, bien souvent, impliqués dans le fonctionnement d’autres institutions : conseil municipal, conseil général, etc. Ils peuvent alors, à ce titre, être des contacts intéressants pour faire évoluer les infrastructures routières locales ou promouvoir des formations ERJ. Sachons donc tirer profit de ces périodes favorables à la prise de contacts, pour poser de nouveaux jalons.

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