Dans le programme de Jean-Luc Mélenchon, porte-drapeau du Front de Gauche, il n’y a rien d’explicite sur la sécurité routière, l’auto, les radars ou les deux-roues motorisés. Dans le projet baptisé « l’Humain d’abord », on ne trouve aucune occurrence en tapant les mots-clés « routière », « sécurité routière », « mobilité ».

Dans le domaine des transports, les intentions portées par Jean-Luc Mélenchon mettent l’accent, comme les autres candidats, sur les transports en commun. Cette question est mise en perspective avec la défense des services publics qui constitue un axe fort du programme politique du Front de Gauche. Il est notamment écrit « nous reconstruirons et développerons nos services publics. La RGPP (révision générale des politiques publiques) qui les démantèle sera abrogée. » Et sur la question des infrastructures routières qui nous intéressent à la FFMC ? Des éléments sur cette question pourraient être contenus dans le chapitre « Organisation du territoire » qui prévoit l’abrogation de la réforme 2010 des collectivités territoriales, domaine où le programme du Front de Gauche proclame que « l’État est le garant de l’égalité des citoyens sur l’ensemble du territoire ». Voilà une piste intéressante pour dénoncer l’interdiction de l’accès du tunnel duplex de l’A 86 aux deux-roues motorisés, un ouvrage exploité par Vinci, donc privé, mais sur le domaine de l’État… Justement, le Front de Gauche se positionne pour la renationalisation des autoroutes qui ont été concédées au privé.

Dans le projet du Front de Gauche, nous n’avons relevé aucune attaque particulière à l’encontre des deux-roues motorisés. Ni « contre » ni « pour » puisque notre mode de déplacement favori n’est pas mentionné. La FFMC se souvient néanmoins qu’en matière de traitement des infractions routières, c’est Jean-Claude Gayssot, ministre communiste des Transports (1997-2002) dans le gouvernement de Lionel Jospin, qui a mis en place le système du « propriétaire-payeur » qui permettra par la suite la mise en place du système « contrôle-sanction-automatisé », pierre angulaire du système « radar » développé ensuite par Nicolas Sarkozy. Sur la question des libertés publiques, le programme porté par Jean-Luc Mélenchon se positionne contre LOPPSI-2, contre le fichage des citoyens, pour « l’abrogation des lois sécuritaires et liberticides ». Ça, c’est une revendication majeure de la FFMC qui aimerait savoir si ces intentions comprennent également une remise en cause de l’hystérie sécuritaire qui plombe désormais les questions de sécurité routière.

Le Front de Gauche veut rétablir la police de proximité et favoriser l’aide de l’État pour les actions de prévention et d’aide sociale aux collectivités territoriales. Il est également envisagé de doubler l’aide au mouvement associatif. Le Front de Gauche s’engage en faveur des assemblées citoyennes et très fortement pour l’Économie sociale et solidaire. Dans le domaine de la jeunesse, de l’éducation et de l’emploi, on ne trouve rien sur l’éducation routière et sur l’accès au permis de conduire… dommage pour un ancien ministre de l’Enseignement professionnel (2000-2002).

Par tradition politique, les élus de la sensibilité revendiquée par le Front de Gauche sont généralement plus préoccupés par les questions sociales passées au prisme de « l’intérêt général » que par nos problèmes d’usagers de la route. Nous en saurons peut-être plus si Jean-Luc Mélenchon souhaite se saisir de ces questions, mais à l’heure où nous publions ces lignes, nous n’avons pas reçu les réponses à notre questionnaire commun FFMC-FFM-Codever adressé aux candidats fin février.

Le programme du Front de Gauche est compatible avec les statuts de la FFMC.

http://www.lepartidegauche.fr/images/stories/docs-pg/humain_dabord.pdf