Pour ce qui concerne la sécurité routière et les usagers de la route, on connaît déjà le programme de Nicolas Sarkozy, c’est celui de son bilan et il est au bord des routes : toujours plus de radars, démontage des panneaux de signalisation remplacés à grands frais par des panneaux-radars soi-disant « pédagogiques », automatisation et renforcement des contraventions, pénalisation de la modification et la personnalisation des véhicules, rétro-réfléchissants obligatoire pour les motards, interdiction des appareils détecteurs de radars, enfumage des associations dans des pseudo-concertations… c’est non seulement le résultat du Président Nicolas Sarkozy depuis 2007, c’est aussi celui du ministre de l’intérieur qu’il a été de 2002 à 2004 et de 2005 à 2007.

Dans le programme de l’UMP, une recherche par les mots-clés : « routière, sécurité-routière, deux-roues, mobilité, autoroutes, mortalité routière, radar, permis de conduire, vitesse » ne donne aucun résultat. C’est tout de même curieux de la part de politiciens qui ont beaucoup communiqué sur ces questions depuis les cinq dernières années. Bref, bien que le président sortant se targue de ses « progrès » en sécurité routière (trop facile, la courbe de mortalité routière est en baisse quasi continue depuis quarante ans), les motards n’ont jamais autant « dégusté » depuis l’époque de Christian Gérondeau qui voulait carrément interdire les motos, au début des années 1980. D’un autre côté, c’est durant le mandat de Nicolas Sarkozy que la concertation sur la sécurité routière des deux-roues motorisés (2RM) a été mise en place. Hélas, en ce qui nous concerne, cette concertation a surtout débouché sur beaucoup d’effets d’annonce sur des mesures spectacles et stigmatisantes comme le rétro-réfléchissant obligatoire et des plaques d’immatriculation plus grandes.

Récemment interrogé sur la question de la sécurité routière, le président Sarkozy a répondu qu’il ne fallait « pas écouter les usagers ». Il estime que son bilan est bon et qu’il a l’intention de poursuivre sur ses mesures répressives. Pour quels résultats ? Au début de son quinquennat, monsieur Sarkozy avait fixé le cap à atteindre en matière de sécurité routière : passer sous la « barre » des 3 000 morts par an… Pour l’année 2011, le bilan « provisoire » (données non consolidées) est de 3 972 morts… Alors qu’il y a aujourd’hui environ 2580 radars en service (950 millions d’€ de recettes), que plus de dix million de points sont retirés par an, dont presque la moitié pour des infractions mineures (93,2% excès de vitesse relevés automatiquement sont inférieurs à 20 km/h), le nombre de tués sur les routes est en stagnation, particulièrement pour les usagers en 2RM qui ne sont pas responsables, dans 2/3 des cas, des collisions avec les automobilistes dont ils sont toujours les principales et les plus graves victimes. Bref, plus il y a de radars, moins le nombre de tués est en baisse…

Pendant ce temps, les routes se dégradent faute d’entretien, l’État éteint la lumière sur les voies rapides urbaines d’Île-de-France (les plus denses et les plus fréquentées par les 2RM) et Claude Guéant, ministre de l’Intérieur chargé de la sécurité routière, faisant fi de toutes les études scientifiques sur la question, déclare sans rire que téléphoner en conduisant n’est pas plus dangereux que d’avoir une conversation avec un passager… Par contre, à deux mois de sa fin de mandat, le président Sarkozy tente le passage en force pour imposer le LAVIA (Limiteur s’Adaptant à la Vitesse Autorisée) aux conducteurs. Toujours cette manie de traiter les gens comme des enfants pour mieux punir toute la classe, toujours le recours au marteau pilon pour écraser une mouche… comme si la méthode (forte) était plus importante que le résultat.

La politique de Nicolas Sarkozy est également celle de la décentralisation qui fait supporter le coût des infrastructures routières aux collectivités territoriales, lesquelles sont affaiblies par la suppression de la taxe professionnelle, encore une « réforme » venue du palais de l’Élysée… Sans oublier le fichage des citoyens (Edwige, LOPPSI-2) et le projet de contrôle-technique des cyclomoteurs.

En tant que parti politique se réclamant du Gaullisme, l’UMP est compatible avec les statuts de la FFMC. En revanche, les déclarations de certains barons de l’UMP à propos de la délinquance, des origines des gens ou du soutien de la Nation à l’égard des populations en grandes difficultés sont en contradiction avec les valeurs de la FFMC.

http://statique.lemouvementpopulaire.fr/DIVERS/Supp.Mag%2055-Projet_2012_bdf.pdf