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Présidentielles 2012 : le blog de la FFMC

Ce blog vise à informer les motards de l'analyse par la FFMC, des programmes politiques des principaux candidats à l'élection présidentielle ainsi que des réponses qu'ils apporteront à une série de questions sur la moto élaborées en partenariat avec la FFM et le Codever Par ffmc2012

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jeudi 5 avril 2012

Les réponses de Nicolas Sarkozy

L’avis de la FFMC sur les réponses de Monsieur Nicolas Sarkozy, président de la République et candidat de l’Union pour la Majorité Présidentielle, au questionnaire commun FFMC-FFM-Codever envoyé le 22 février.

In extremis, le 3 avril, Monsieur Sarkozy a répondu à toutes les question du questionnaire, sans jamais dire oui ou non, mais en argumentant chacune de ses réponses au fil d’un courrier d’un peu plus de trois pages.

Mobilité individuelle et sécurité routière Monsieur Sarkozy se félicite de sa politique de sécurité routière, domaine qu’il entend maintenir sous la tutelle du Ministère de l’Intérieur. Il justifie toutes ses mesures, notamment la question de l’obligation de dispositifs rétro-réfléchissants pour lesquels il prône « une politique pédagogique ». Il maintient également son projet de contrôle-technique des cyclomoteurs au motif de lutte contre le débridage, évoquant le nombre de victimes décédées dans cette catégorie.

Sport moto A la question des circuits, Monsieur Sarkozy s’engage à faire le bilan des structures existantes et à étudier la possibilité d’en aménager d’autres. Il reconnaît le sport moto, « dans le respect des exigences environnementales ». Quant à la jurisprudence dans les questions de responsabilités engageant les fédérations sportives, il propose une concertation entre les professionnels et les assureurs pour s’adapter sans pénaliser la pratique sportive.

Loisirs verts (accès aux chemins ouverts à la circulation) Ni pour ni contre, Monsieur Sarkozy cite la biodiversité, cet équilibre où « chacun puisse trouver sa place », prenant en compte les pratiquants qui participent à l’entretien de ces espaces… Pour la question des dispositifs illégaux et dangereux barrant des chemins ouverts à la circulation, monsieur Sarkozy souhaite qu’une loi soit inscrite à l’ordre du jour de la prochaine législature.

L’avis de la FFMC Sans surprise, Monsieur Sarkozy est content de lui et rien, ni dans ses réponses ni dans son programme ou ses multiples déclarations en tant que président ou en tant que candidat, ne nous permet de penser qu’il écoutera davantage les conducteurs de 2RM qui ont pourtant largement manifesté contre sa politique routière. Il a l’avantage de tenir, en tant que président actuel et ancien ministre de l’Intérieur, tous les pouvoirs dans ces domaines pour continuer dans cette voie et aussi de faire des promesses pour l’avenir, cette fois en tant que candidat. Ces promesses qui sont aussi ses projets sont d’ores et déjà annoncées : brassard obligatoire dès 2013 (ou deux points en moins !), LAVIA, (limiteur s’adaptant à la vitesse autorisée implanté dès la fabrication dans les véhicules), contrôles techniques des 2RM, fichiers administratifs des conducteurs contestant leurs PV… bref, on ne va pas vers la rigolade ! En tant que candidat, il a en revanche l’inconvénient d’un programme qui ressemble à son bilan… Et ce bilan, nous le connaissons, il est au bord des routes, dans des boîtes grises qui prennent des photos. Quant à son bilan de « sécurité routière » stricto-sensu, il n’est pas si fameux que ça : le nombre annuel de tués est en quasi-stagnation alors que les outils de coercition connaissent un développement exponentiel d’une ampleur encore jamais vue sous la 5eme République.

Les réponses de Nicolas Sarkozy

mercredi 21 mars 2012

Le programme de Nicolas Sarkozy, Président de la République et candidat de l'UMP

Pour ce qui concerne la sécurité routière et les usagers de la route, on connaît déjà le programme de Nicolas Sarkozy, c’est celui de son bilan et il est au bord des routes : toujours plus de radars, démontage des panneaux de signalisation remplacés à grands frais par des panneaux-radars soi-disant « pédagogiques », automatisation et renforcement des contraventions, pénalisation de la modification et la personnalisation des véhicules, rétro-réfléchissants obligatoire pour les motards, interdiction des appareils détecteurs de radars, enfumage des associations dans des pseudo-concertations… c’est non seulement le résultat du Président Nicolas Sarkozy depuis 2007, c’est aussi celui du ministre de l’intérieur qu’il a été de 2002 à 2004 et de 2005 à 2007.

Dans le programme de l’UMP, une recherche par les mots-clés : « routière, sécurité-routière, deux-roues, mobilité, autoroutes, mortalité routière, radar, permis de conduire, vitesse » ne donne aucun résultat. C’est tout de même curieux de la part de politiciens qui ont beaucoup communiqué sur ces questions depuis les cinq dernières années. Bref, bien que le président sortant se targue de ses « progrès » en sécurité routière (trop facile, la courbe de mortalité routière est en baisse quasi continue depuis quarante ans), les motards n’ont jamais autant « dégusté » depuis l’époque de Christian Gérondeau qui voulait carrément interdire les motos, au début des années 1980. D’un autre côté, c’est durant le mandat de Nicolas Sarkozy que la concertation sur la sécurité routière des deux-roues motorisés (2RM) a été mise en place. Hélas, en ce qui nous concerne, cette concertation a surtout débouché sur beaucoup d’effets d’annonce sur des mesures spectacles et stigmatisantes comme le rétro-réfléchissant obligatoire et des plaques d’immatriculation plus grandes.

Récemment interrogé sur la question de la sécurité routière, le président Sarkozy a répondu qu’il ne fallait « pas écouter les usagers ». Il estime que son bilan est bon et qu’il a l’intention de poursuivre sur ses mesures répressives. Pour quels résultats ? Au début de son quinquennat, monsieur Sarkozy avait fixé le cap à atteindre en matière de sécurité routière : passer sous la « barre » des 3 000 morts par an… Pour l’année 2011, le bilan « provisoire » (données non consolidées) est de 3 972 morts… Alors qu’il y a aujourd’hui environ 2580 radars en service (950 millions d’€ de recettes), que plus de dix million de points sont retirés par an, dont presque la moitié pour des infractions mineures (93,2% excès de vitesse relevés automatiquement sont inférieurs à 20 km/h), le nombre de tués sur les routes est en stagnation, particulièrement pour les usagers en 2RM qui ne sont pas responsables, dans 2/3 des cas, des collisions avec les automobilistes dont ils sont toujours les principales et les plus graves victimes. Bref, plus il y a de radars, moins le nombre de tués est en baisse…

Pendant ce temps, les routes se dégradent faute d’entretien, l’État éteint la lumière sur les voies rapides urbaines d’Île-de-France (les plus denses et les plus fréquentées par les 2RM) et Claude Guéant, ministre de l’Intérieur chargé de la sécurité routière, faisant fi de toutes les études scientifiques sur la question, déclare sans rire que téléphoner en conduisant n’est pas plus dangereux que d’avoir une conversation avec un passager… Par contre, à deux mois de sa fin de mandat, le président Sarkozy tente le passage en force pour imposer le LAVIA (Limiteur s’Adaptant à la Vitesse Autorisée) aux conducteurs. Toujours cette manie de traiter les gens comme des enfants pour mieux punir toute la classe, toujours le recours au marteau pilon pour écraser une mouche… comme si la méthode (forte) était plus importante que le résultat.

La politique de Nicolas Sarkozy est également celle de la décentralisation qui fait supporter le coût des infrastructures routières aux collectivités territoriales, lesquelles sont affaiblies par la suppression de la taxe professionnelle, encore une « réforme » venue du palais de l’Élysée… Sans oublier le fichage des citoyens (Edwige, LOPPSI-2) et le projet de contrôle-technique des cyclomoteurs.

En tant que parti politique se réclamant du Gaullisme, l’UMP est compatible avec les statuts de la FFMC. En revanche, les déclarations de certains barons de l’UMP à propos de la délinquance, des origines des gens ou du soutien de la Nation à l’égard des populations en grandes difficultés sont en contradiction avec les valeurs de la FFMC.

http://statique.lemouvementpopulaire.fr/DIVERS/Supp.Mag%2055-Projet_2012_bdf.pdf