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lundi 24 mai 2010

Live bloging depuis les assises de la FFMC - 5 - Le vote des motions

Le lundi matin, c'est, après un réveil difficile pour beaucoup, la synthèse des commissions de travail qui se sont réunies le dimanche matin.

Les commissions présentent à tout le monde la synthèse de leurs travaux, et les éventuelles motions ou orientations qu'ils proposent au vote des représentants des antennes FFMC et des structures du mouvement.

Ce week-end, les commissions de travail étaient les suivantes :

  • Relais Motard-Calmos : la commission insiste sur le fait que les relais doivent être des lieux de prévention et autour desquels aucune répression ne doit être faite par les forces de l'ordre.
  • Concertation deux-roues motorisés : les participants à la concertation deux-roues motorisés avec les pouvoirs publics ont eu l’occasion de présenter un résultat d'étape. Nous prenons acte qu'il est hors de question de baisser la garde, y compris en utilisant l'action et la manifestation si nécessaire.
  • ERJ2RM (Education Routière de la Jeunesse au 2-Roues Motorisé) : il s'agit d'une commission permanente de la FFMC. Si celle-ci attend son agrément Education Nationale. Ne pas avoir encore son agrément ne l'empêche pas d'être déjà reconnue sur le terrain pour les interventions de prévention qu’elle mène, à l’aide de militants formés dans les antennes.
  • Projet associatif 2 (PA2) : En 2008, la FFMC a mis en chantier un projet associatif la concernant, l’idée étant de « dépoussiérer » son fonctionnement et de tenir compte au mieux des changements sociétaux et de l’évolution dans cette société de ses militants. Des nouveaux territoires de parole, des nouvelles prérogatives aux conseils de région, un nouveau système d’adhésion informatisé, etc… 2 ans après la mise en place de la plupart des résolutions de ce PA1, un PA2 voit le jour qui réfléchit et propose des modifications du fonctionnement de l’instance dirigeante de la FFMC, par une évolution de son BN (composé de militants très voire trop sollicités) vers autre chose, ce sera aux militants d’y réfléchir ; la formation du militant est également au cœur de ce nouveau projet associatif, ainsi que l’accueil des « nouveaux » usagers de 2 et 3 RM qui pour le moment, ne se retrouve pas dans le travail de la FFMC alors qu’ils sont évidemment concernés comme les motards.

Les 3 résolutions proposées au vote par le BN ont été adoptées avec une grosse majorité de voix, preuve s’il en fallait que les militants sont tout à fait conscients des besoins d’évolution de leur Fédération.

samedi 14 juin 2008

Rencontre avec Jacques BOUTAULT

Militant FFMC et habitant du second arrondissement, j'ai été amené à rencontrer Jacques BOUTAULT, maire (ou khmer ?) vert du second arrondissement de Paris.

Il n'a pas cherché à y aller par 4 chemins lorsqu'il nous a expliqué sa vision du deux-roues motorisé en ville et j'ai - sincèrement - apprécié sa franchise. Au moins nous savons clairement à quoi s'en tenir. Il souhaite donc :

  • Un stationnement payant pour les deux-roues motorisés
  • L'absence de tolérance du stationnement non gênant sur les trottoirs car il considère que ceux-ci doivent être sanctuarisés par une verbalisation systématique ou quasi-systématique
  • Plus de répression encore pour les deux-roues motorisés circulant dans les couloirs de bus
  • L'interdiction à terme des voitures puis des deux-roues motorisés dans le centre de Paris.

Ca, c'est pour la partie positive du rendez-vous. En effet, je trouve plutôt sain un élu sans langue de bois, capable de nous donner sa vision de la ville. Il est cependant dommage (ce maire ayant été fraîchement réélu) que tous ces points n'aient pas été exprimés aussi clairement dans son programme électoral ; il y aurait pu avoir un débat public sur ses positions. Je ne suis pas d'accord avec ses idées, mais celles-ci ont le droit d'être défendues et il aurait pu y avoir un débat public.

En revanche, je peux désormais dire pourquoi je n'aime pas Jacques BOUTAULT.

Ses motivations :

A plusieurs reprises il a justifié ses positions sur le deux-roues motorisé par son comportement et ses peurs personnelles. Il nous a en effet parlé de ses déplacements et de ceux de ses enfants et nous a indiqué qu'il avait parfois peur ou était parfois gêné par les deux-roues motorisés. Cependant, quand on l'écoute précisément, on se rend compte que ses peurs sont basées sur des images d'Epinal, ou sur des impressions, mais en aucun cas sur des faits ou des dangers avérés. Et justement, le rôle d'un élu n'est pas d'influer la politique publique en fonction de ses envies/besoins/fantasmes/peurs particuliers mais en fonction de l'intérêt général. J'attends d'un élu non pas qu'il s'écoute lui-même, mais plutôt qu'il soit à l'écoute des autres et des solutions permettant à tous de mieux vivre ensemble (et dans le cas précis de partager harmonieusement l'espace public).

Pour vous donner un exemple précis : au lieu de dire "je ne veux pas de deux-roues motorisés parce que je ne suis pas rassuré quand JE circule en vélo", je préfèrerai un élu qui écoute certes la peur des vélos mais aussi le besoin de sécurité des deux-roues motorisés, qui s'informe sur la baisse des accidents (tous usagers confondus) lorsque les deux-roues motorisés circulent dans les couloirs de bus et qui mette en place des règles pour rassurer les uns tout en permettant aux autres de rouler en sécurité.

J'ai eu tout au long de ce rendez-vous l'impression d'un déséquilibre : d'une part toutes les excuses étaient trouvées aux vélos (qu'il utilise à titre personnel) quels que soient leurs comportements, alors que l'ensemble des motards et scootards étaient considérés par défaut comme de dangereux délinquants.

La mauvaise foi:

Pour reprendre l'exemple de l'accès des couloirs de bus, je peux très bien comprendre que l'on puisse ne pas y être favorable : on peut choisir de refuser un peu de sécurité aux deux-roues motorisés aux deux-roues motorisés afin de ne pas inciter l'utilisation d'un moyen de transport qui émet du CO² (là encore, ce n'est pas mon point de vue). Mais cela me met hors de moi quand je vois un élu mentir et faire preuve d'une énorme mauvaise foi en justifiant faussement ses positions idéologiques avec de faux arguments sécuritaires.

Jacques BOUTAULT sait très bien, et nous lui avons rappelé, que laisser les deux-roues motorisés circuler dans les couloirs de bus n'augmente pas l'accidentologie des vélos y circulant (cf. les exemples de nombreuses villes européennes comme Londres et San Sebastien). Cette mauvaise fois devient même risible lorsque le maire et son adjoint en viennent à des arguments du type: "mais vous savez, les parisiens sont très différents des londoniens ou des espagnols".

Décidément, BOUTAULT et BAUPIN font bien partie du même parti.