Elections

Il y a maintenant quasiment 5 ans, j'avais la chance de prendre la parole lors de la manifestation FFMC à Paris qui avait lieu entre les deux tours.

Je me souviens parfaitement du discours que j'avais écris et prononcé. Il n'était alors pas question de donner une consigne de vote. Néanmoins, j'avais indiqué dans une partie un peu plus personnelle du discours pour qui je ne voterai pas, sans citer Nicolas Sarkozy. Et, un peu hypocritement je dois l'avouer, j'avais décris le palmarès de Nicolas Sarkozy, principalement en tant que Ministre de L'Intérieur, contre les libertés, contre les motards, et contre, in fine, l'amélioration de la sécurité de tous sur la route.

Ce n'était pas un discours politique militant, loin de là. Trop respectueux des règles et valeurs de la FFMC, je ne me le serai jamais permis. J'avais des griefs précis et nombreux dont voici un bref aperçu :

  • le Contrôle Sanction Automatisé, qui coûte énormément d'argent, s'était déjà montré inefficace à l'étranger, qui est anti-constitutionnel et surtout qui est injuste car il épargne les nantis et peut frapper les plus faibles, fussent-ils innocents ;
  • l'augmentation systématique des sanctions comme seule et unique politique de sécurité routière ;
  • la vente en solde de nos autoroutes, qui sont pourtant les voies de circulations les moins accidentogènes et dont les tarifs ont depuis flambé ;
  • la loi sur la Sécurité Intérieure votée en 2003, permettant notamment le fichage ADN de militants associatifs, même jamais condamnés à la moindre peine ;
  • la tentative d'allumage des feux de jours, proposée par son gouvernement et défendu par Sarkozy et Robien - mesure à laquelle nous avons échappé grâce à une mobilisation des motards sans précédent.

5 ans plus tard, le bilan est là :

  • la Sécurité Routière a été transférée au Ministère de l'Intérieur pour définitivement ancrer la politique de sécurité routière dans le tout répressif ;
  • la procédure VE (véhicule endommagé) qui aurait permis de retirer un véhicule de la circulation sur la base de simples soupçons et à laquelle nous avons également échappé grâce à notre mobilisation ;
  • l'inutile contrôle technique pour les deux-roues motorisés qui nous pend toujours au nez ;
  • l'ouverture du tunnel de l'A86 interdit à toute une catégorie d'usager, sans qu'aucune raison technique un minimum sérieuse ne puisse nous être donnée ;
  • les panneaux annonçant les radars ont été supprimés, contrairement aux engagements pris par Sarkozy durant la campagne présidentielle ;
  • une politique spectacle aussi chère que désastreuse avec des mesures spectacles : grandes plaques, gilet jaune obligatoire puis brassard fluo obligatoire, éthylotest à avoir sur soi, retrait des panneaux de signalement des radars puis non-retrait puis mise en place de "radars pédagogiques" hors de prix… ;
  • la politique du chiffre conduisant à une répression aveugle et inadaptée ;
  • le fichage généralisé des gens honnêtes ;
  • un bilan chiffré très mitigé car la baisse enregistrée du nombre de morts suit la baisse régulière constatée au cours des 30 dernières années. Nous sommes donc loin des 3.000 morts par an annoncés en 2007 malgré la bidouille désormais quasi-systématique des chiffres ;

Mais le bilan de ce qu'il a fait de mal ou de dangereux pour nos libertés n'est pas le pire. Le pire est ce qu'il n'a pas fait et qu'il aurait pu faire. Alors que la FFMC a fait des propositions clés en mains, issues de 30 ans de travail, notamment de l'Association pour la Formation des Motards, de la FFMC Loisirs tournée vers les plus jeunes, de la Mutuelle des Motards grâce à connaissance de l'accidentalité des deux-roues, absolument rien de positif n'a été fait en 5 ans.

5 ans après, je pourrai tenir exactement le même discours. 5 ans après j'irai plus que jamais manifester. A Paris, ce sera ce dimanche 25 mars à 14h00 sur l'esplanade du château de Vincennes

5 ans après, j'assumerai le même vote. Je sais pour qui je ne voterai pas.

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