J'ai écouté le débat entre Chantal Perrichon, de la Ligue Contre la Violence Routière et notre Marco national.

http://www.france-info.com/chroniques-qu-en-pensez-vous-2009-11-13-la-place-des-deux-roues-dans-la-circulation-368731-81-339.html

L'introduction faite par le journaliste a mal engagé le débat : il a indiqué que les deux-roues motorisés représentaient 24% des accidents pour 1% du trafic. C'est faux, les deux-roues motorisés on moins d'accidents que les autres usagers et ces accidents sont moins responsables. En revanche, de part leur absence de carrosserie, les accidents subis avec un deux-roues sont systématiquement corporels.

C'est ensuite Chantal Perrichon qui entame la discussion. mes première impressions : elle m'énerve.

Tout d'abord, elle a toujours son mot à dire sur la sécurité des deux-roues motorisés mais sans aucune légitimité et sans aucune connaissance de leurs problématiques. Elle devrait mieux d'écouter la FFMC, qui met à profit ses 30 ans d'expérience et dont les membres, dont certains conduisent quotidiennement un deux-roues motorisé et qui souhaitent le faire en toute sécurité, travaillent, dur, sur le sujet.

Pour elle, la principale cause des accidents de deux-roues motorisé est l'insuffisance des contrôles. Je voudrais lui rappeler que les deux-roues motorisés sont aussi contrôlés que les autres deux-roues. A Paris par exemple, l'ensemble des radars automatiques on été retournés et flashent désormais par l'arrière. Il y a de plus de plus en plus de contrôles spécifiques ne visant que les deux-roues motorisés.

Ce discours est une vraie ineptie. On sait aujourd'hui que les facteurs d'accidents sont extrêmement complexes. Ramener les accidents des deux-roues motorisés et les propositions pour diminuer leur nombre au simple contrôle de la vitesse est une vision totalement étriquée. Je ne pense pas une seconde que Chantal Perrichon, depuis le temps qu'elle sévit dans la mouvance de la sécurité routière, puisse penser de bonne foi que la sécurité des deux-roues ne peut résider que dans le contrôle de la vitesse. C'est donc que ce discours ne sert qu'à camoufler son incompétence,sa méconnaissance du dossier et son absence de proposition pour améliorer durablement la sécurité des usagers.

Plus loin dans le débat, Chantal Perrichon indique : "il faut arrêter de parler d"éducation (...) ce n'est pas ce qui permettra de sauver des vies". Certes, commencer à faire enfin de l'éducation ne sauvera pas des vies demain matin. Mais sur le long terme, je suis intimement persuadé que c'est (pas tout seul bien entendu) le meilleur moyen.

Penser que l'éducation peut avoir de très bon résultats, c'est pas une utopie ou une croyance. C'est quelque chose qui a été testé et éprouvé. Par exemple, lorsque la Mutuelle des Motards assure les enfants de ces sociétaires en cyclomoteurs et en y ajoutant de la prévention, on constate (et les chiffres ne mentent pas, comme vous l'avez dit Madame Perrichon), que l'accidentalité d'autres jeunes du même âge avec la même formation technique et les mêmes véhicules.

Quoi qu'il en soit, elle a au fond bien raison de défendre des mesures dont tout le monde connaît l'inefficacité : c'est le seul moyen de continuer à faire vivre son fonds de commerce, qui ne fonctionne que sur le nombre de morts sur les routes tous les ans.