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FFMC - défense du 2RM

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mardi 3 février 2009

La procédure véhicule endommagé (VE) : un contrôle technique déguisé ?

Les motards se sont, à juste titre, mobilisés contre le contrôle technique moto et ont contribué à une nouvelle victoire de la FFMC (et de tous les motards) : la proposition de loi censée le mettre en place n'est pas à l'ordre du jour de l'Assemblée Nationale.

Bien entendu j'étais contre le contrôle technique moto, surtout car il était peu pas efficace par rapport à son coût. C'était une mesure, certes inutile et coûteuse, mais a priori sur laquelle je n'avais rien à redire sur le plan des libertés publiques et qui n'était pas contraire aux principes et valeurs que je défends (elle devait d'ailleurs s'appliquer stupidemment à tous les motards).

Ce n'est pas du tout le cas de la procédure VE. Celle-ci permet au moindre flic, sur un simple soupçon, d'immobiliser un véhicule. Il n'existe aucune voie de recours pour le propriétaire du véhicule et aucun dédommagement n'est prévu en cas d'immobilisation qui s'avèrerait avoir été infondée (le motard ou le propriétaire du véhicule gardera pour sa pomme le temps passé sans véhicule et les 350 euros estimés des visites pour le remettre en circulation). Cette procédure est donc arbitraire (basée sur des soupçons, des impressions et non sur des faits) et injuste (sans contrôle de la justice, sans moyen pour se défendre). C'est pour quoi elle n'a pour moi rien à voir avec un contrôle technique déguisé, quoi qu'en dise la FFMC. Elle est bien pire.

Comme la FFMC, l'Assurance Mutuelle des Motards, Motomagazine, la FFM, le Conseil National des Professionnels de L'automobile (branche deux-roues), je m'oppose à cette mesure. C'est pourquoi je manifesterai le dimanche 22 mars à Paris.

samedi 26 juillet 2008

Ffmc ou "Victimes et Citoyens" ?

Une dépêche AFP, reprise par Motomag et par Yahoo il y a quelques jours a ensuite été diffusée par un militant sur la revue de presse de la FFMC Paris.

"Hier jeudi, un automobiliste de 32 ans, multirécidiviste du délit routier, a été condamné à 4 ans de prison ferme par le tribunal correctionnel de Marseille. Il avait causé la mort d’un motard en janvier.

L’homme avait déjà été condamné à six reprises, dont cinq pour des infractions routières. La dernière a été fatale à un motard de 47 ans, qui n’a pu l’éviter : le 3 janvier, à La Penne-sur-Huveaune (Bouches-du-Rhône), l’automobiliste a effectué un demi-tour imprudent, sans visibilité. Il a ensuite pris la fuite, mais s’est rendu au commissariat une heure plus tard pour se constituer prisonnier.

L’automobiliste s’était déjà vu annuler son permis à deux reprises. Pour cette dernière « faute », le procureur avait requis une peine de sept ans de prison ferme.

(source AP)"

C'est le commentaire du militant qui a envoyé cette dépêche qui m'a surtout interpellé :

"C'est juste pas assez pour ce genre d'assassin !!"

Ce militant exprime ici, de manière très basique sa rancœur à l'encontre cet homme, certainement car la victime de l'imprudence est un motard. Considérer qu'un fait est plus grave parce que sa propre catégorie (ou sa propre famille) est touchée démontre une vision très étriquée, communautariste, voire égoïste, de la justice.

Notre justice laisse malheureusement de plus en plus de place à la victimisation. Si je peux comprendre les familles des victimes qui souhaitent des peines lourdes, il faut toujours garder à l'esprit que leur vision est déformée par leur douleur (si légitime soit-elle). La justice se doit au contraire d'aller au-delà et d'infliger une peine juste prenant en compte les faits, les circonstances dans lesquelles ils ont été commis et la personnalité de celui qui les a commis (et non la personnalité de celui qui les a subis).

C'est entre autres parce que je défends ces valeurs que j'adhère à la FFMC et non à Victimes et Citoyens. Et mes valeurs ne changent pas lorsque c'est un motard comme moi qui est touché.

Enfin, il faut arrêter d'écrire n'importe quoi : l'automobiliste condamné est un délinquant, alors qu'un assassin est un criminel et est jugé devant une Cour d'assise.

samedi 14 juin 2008

Rencontre avec Jacques BOUTAULT

Militant FFMC et habitant du second arrondissement, j'ai été amené à rencontrer Jacques BOUTAULT, maire (ou khmer ?) vert du second arrondissement de Paris.

Il n'a pas cherché à y aller par 4 chemins lorsqu'il nous a expliqué sa vision du deux-roues motorisé en ville et j'ai - sincèrement - apprécié sa franchise. Au moins nous savons clairement à quoi s'en tenir. Il souhaite donc :

  • Un stationnement payant pour les deux-roues motorisés
  • L'absence de tolérance du stationnement non gênant sur les trottoirs car il considère que ceux-ci doivent être sanctuarisés par une verbalisation systématique ou quasi-systématique
  • Plus de répression encore pour les deux-roues motorisés circulant dans les couloirs de bus
  • L'interdiction à terme des voitures puis des deux-roues motorisés dans le centre de Paris.

Ca, c'est pour la partie positive du rendez-vous. En effet, je trouve plutôt sain un élu sans langue de bois, capable de nous donner sa vision de la ville. Il est cependant dommage (ce maire ayant été fraîchement réélu) que tous ces points n'aient pas été exprimés aussi clairement dans son programme électoral ; il y aurait pu avoir un débat public sur ses positions. Je ne suis pas d'accord avec ses idées, mais celles-ci ont le droit d'être défendues et il aurait pu y avoir un débat public.

En revanche, je peux désormais dire pourquoi je n'aime pas Jacques BOUTAULT.

Ses motivations :

A plusieurs reprises il a justifié ses positions sur le deux-roues motorisé par son comportement et ses peurs personnelles. Il nous a en effet parlé de ses déplacements et de ceux de ses enfants et nous a indiqué qu'il avait parfois peur ou était parfois gêné par les deux-roues motorisés. Cependant, quand on l'écoute précisément, on se rend compte que ses peurs sont basées sur des images d'Epinal, ou sur des impressions, mais en aucun cas sur des faits ou des dangers avérés. Et justement, le rôle d'un élu n'est pas d'influer la politique publique en fonction de ses envies/besoins/fantasmes/peurs particuliers mais en fonction de l'intérêt général. J'attends d'un élu non pas qu'il s'écoute lui-même, mais plutôt qu'il soit à l'écoute des autres et des solutions permettant à tous de mieux vivre ensemble (et dans le cas précis de partager harmonieusement l'espace public).

Pour vous donner un exemple précis : au lieu de dire "je ne veux pas de deux-roues motorisés parce que je ne suis pas rassuré quand JE circule en vélo", je préfèrerai un élu qui écoute certes la peur des vélos mais aussi le besoin de sécurité des deux-roues motorisés, qui s'informe sur la baisse des accidents (tous usagers confondus) lorsque les deux-roues motorisés circulent dans les couloirs de bus et qui mette en place des règles pour rassurer les uns tout en permettant aux autres de rouler en sécurité.

J'ai eu tout au long de ce rendez-vous l'impression d'un déséquilibre : d'une part toutes les excuses étaient trouvées aux vélos (qu'il utilise à titre personnel) quels que soient leurs comportements, alors que l'ensemble des motards et scootards étaient considérés par défaut comme de dangereux délinquants.

La mauvaise foi:

Pour reprendre l'exemple de l'accès des couloirs de bus, je peux très bien comprendre que l'on puisse ne pas y être favorable : on peut choisir de refuser un peu de sécurité aux deux-roues motorisés aux deux-roues motorisés afin de ne pas inciter l'utilisation d'un moyen de transport qui émet du CO² (là encore, ce n'est pas mon point de vue). Mais cela me met hors de moi quand je vois un élu mentir et faire preuve d'une énorme mauvaise foi en justifiant faussement ses positions idéologiques avec de faux arguments sécuritaires.

Jacques BOUTAULT sait très bien, et nous lui avons rappelé, que laisser les deux-roues motorisés circuler dans les couloirs de bus n'augmente pas l'accidentologie des vélos y circulant (cf. les exemples de nombreuses villes européennes comme Londres et San Sebastien). Cette mauvaise fois devient même risible lorsque le maire et son adjoint en viennent à des arguments du type: "mais vous savez, les parisiens sont très différents des londoniens ou des espagnols".

Décidément, BOUTAULT et BAUPIN font bien partie du même parti.

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