Le blog de la Fédération des Motards en Colère

Motomag.com

La Fédération Française des Motards en Colère est une association loi 1901 à but non lucratif, la FFMC représente et défend depuis 35 ans tous les utilisateurs de deux et trois-roues motorisés. Ses 10000 adhérents, répartis en 85 antennes départementales, revendiquent leur liberté, leur citoyenneté et agissent concrètement pour favoriser la sensibilisation et l'éducation au vivre ensemble en lieu et place de politiques répressives de sécurité routière. Ses valeurs sont celles de l'économie sociale et solidaire. L'individu est au centre de ses préoccupations.

Keyword - Mutuelle des Motards

Fil des billets - Fil des commentaires

lundi 14 décembre 2009

Cinquième réunion du Groupe de Travail "Formation et noviciat" : la tête plus que les bras !

Compte-rendu de la cinquième réunion du Groupe de Travail 2RM à la Direction de la sécurité et de la circulation routière (DSCR) consacré au thème Formation et noviciat qui s’est tenue le 1er décembre 2009 avec une trentaine de participants.

Le groupe est piloté par Jean-Pierre Fougère (adjoint au sous-directeur de l’Education routière à la DSCR).

0abs-rp1-2b33e.jpgC’est près de Vernon, dans l’Eure, que le groupe de travail s’est retrouvé, à l’initiative de l’Automobile-Club-Prévention qui nous accueillait sur le pôle technique du Centre National de Protection et de Prévention (CNPP) pour discuter des stages de post-formation. En situation, la première partie de la rencontre consistait en une démonstration des situations de risques à petite allure et lors de freinages « réflexe » sur piste sèche et mouillée. Au guidon d’une moto équipée de bras latéraux munies de roulettes (dispositif de retenue en cas de chute), Bruno Livier, formateur à l’Automobile-Club-Prévention, met en avant la situation d’échec inévitable en cas de freinage d’urgence pour mieux faire passer le message d’une conduite préventive. La recherche d’une meilleure maîtrise technique du véhicule est ainsi démontrée comme contre-productive en cas de surprise et le stagiaire témoin de la (fausse) chute (inévitable) du moniteur comprend qu’il vaut mieux adopter une conduite par laquelle on évitera de se faire surprendre et d’aller « au tas ». Les autres démonstrations d’exercices (en scooter 50 cm3 et en moto, une Honda CB 500) mettent en valeur la différence des distances d’arrêts, de 15 à 20 km/h et de 50 à 60 km/h, lorsque le 2RM s’arrête avant des cônes ou qu’il percutent ceux-ci.

De retour en salle, Jean-Philippe Monatte, responsable de l’Automobile-club Prévention, explique qu’à l’issue d’un stage de formation post-permis, la réduction de la sinistralité est évidente en milieu professionnel, mais comme de nombreux participants à cette réunion, il reconnaît que les conducteurs volontaires sont déjà des personnes sensibilisées à la Sécurité routière. Cette remarque recoupe le témoignage de la représentante de la FFSA qui estime que le gain en Sécurité routière n’est pas facilement quantifiable. 0SC200909-113.jpgEric Marot, de la Mutuelle des Motards analyse que les stages post-permis peuvent s’avérer contre-productifs en matière de sécurité routière si leur contenu, trop axés sur la maîtrise d’une moto en situation extrême ne débouche finalement que sur une sur-confiance du conducteur. Ce fut le cas avec les premiers stages de l’AFDM, c’est pourquoi les exercices ont depuis été modifiés afin d’inciter d’avantage le stagiaire à adopter une conduite préventive après avoir fait l’expérience de ses limites en cas de surprise. Pascal Wolf, moniteur d’auto/moto école représentant de l’AFDM (le département formation de la FFMC) nous présente un exposé sur les formations de perfectionnement à la conduite et Jean-Pierre Fougère se déclare très enthousiasmé par les stages post-permis « qui doivent modifier les comportements des conducteurs ». Il souligne que l’Allemagne, l’Autriche et bientôt la Finlande ont adopté ces formations. Le représentant de la FFMC observe que les réflexions des groupes de travail de la concertation sont prometteuses et pleines de bon sens, mais qu’hélas les usagers n’en voient pas beaucoup les effets à travers les mesures prises par les pouvoirs publics qui campent sur la culpabilisation des conducteurs et toujours plus de répression à leur encontre. En réponse à cette remarque mainte fois répétée, M. Fougère tempère : « la Sécurité routière est un long chemin, on travaille pour l’avenir, ça prend du temps et ce temps n’est pas forcément celui des politiques ». (Ça, les usagers que nous sommes ont bien remarqué que la politique du bâton et de ponction au porte-monnaie est toujours plus rapide et facile à mettre en œuvre). Bref, revenons au sujet…

Simulateur : c’est au tour de Michel Millet, moniteur d’auto-école et représentant le réseau ECF de présenter un topo sur l’apprentissage à l’aide d’un simulateur de conduite (il en existe principalement de deux types sur le marché). Il est rappelé que cet outil ne sert pas à apprendre à conduire (à maîtriser) un 2RM, mais plutôt à mettre l’élève en prise avec les situations à risques. Akim Benhamel (AFDM) émet des réserves sur l’usage des simulateurs dans les programmes de formation et insiste sur l’attention qu’il faudrait porter sur l’étude du psychisme chez les conducteurs (phénomènes réflexes, peur, fonctionnement du cerveau, vision cognitive). 0edito_MM_sept_2009170.jpgLa présentation suivante revient sur les scénarios d’accidents impliquant des 2RM les plus fréquents. Elle est exposée par Emmanuel Renard de la Prévention routière qui les présente sur des CD-rom destinés aux jeunes. Réalisés en images de synthèse, sept scénarii d’accidents (basés sur des faits réels) peuvent être visionnés selon les angles spécifiques de tous les conducteurs et témoins impliqués. Ces supports visuels doivent être accompagnés d’une analyse et d’une discussion avec les vidéo-spectateurs à l’issue de la projection. Mais comme souvent avec les gens de la Prévention Routière, le conducteur de cyclo est encore qualifié de « responsable » de l’accident dont il est victime, y compris quand dans un des cas montré en exemple, le conducteur de l’auto impliquée grille un stop devant un bus, masquant le cyclo dont l’erreur est de doubler le bus. Au terme de cette présentation, Eric Marot dénonce ce jugement hâtif et récurrent en rappelant que dans « 72 % des sinistres traités par l’AMDM, le conducteur du 2RM n’est pas le responsable de l’accident ».

Des débats reviennent aussi sur la question de l’ABS (pour ou contre)… A nouveau, Eric Marot précise avoir observé, en tant qu’assureur (responsable de la classification des véhicules à l’AMDM), que cela tend a augmenter la sinistralité. Là, on est en plein dans la théorie de « l’homéostasie du risque », un phénomène étudié par les chercheurs de l’Inrets (non représentés ce jour) selon lesquels plus on augmente la sécurité passive, plus les conducteurs, quels qu’ils soient, relâchent leur vigilance et se mettent, souvent inconsciemment en situation de risque. 0-1.jpg Ce concept ayant directement trait au comportement des conducteurs a été souvent évoqué dans plusieurs groupes de travail de la concertation, infrastructures, équipement, véhicule, causes et connaissance des accidents et formation… mais il est encore peu pris en compte par les responsables de la DSCR davantage enclins à présenter des mesures simples (et parfois simplistes) en direction de l’opinion publique, via les annonces des politiques chargés de travailler sur la Sécurité routière. Au cours de cette dernière réunion marquant la fin de la première étape engagée depuis juin 2009, Jean-Pierre Fougère a annoncé que le maintien de l’âge d’accès à la conduite d’un cyclo resterait bien à 14 ans (c’est une victoire du groupe de travail) et que l’équivalence permis B/125 cm3 se ferait à l’avenir au terme d’une formation obligatoire passant de 3 h actuellement à 7 h, conformément aux attentes des participants à ce GT, FFMC comprise. Quant à l’équivalence permis B-trike, il semble qu’elle devrait être maintenue après 2013 (en cas de remise en cause de cette équivalence, il faudrait envisager une formation spécifique).

Les travaux du groupe allant désormais devenir plus techniques (il s’agit d’élaborer les futurs contenu de formation au permis A), il a été convenu que les prochaines réunions se dérouleront entre les formateurs professionnels représentant les différents réseaux de la profession. L’AFDM y prendra évidemment toute sa part en y apportant ses idées et son expertise… Pascal Wolf ayant été désigné d’office par Jean-Pierre Fougère pour y participer. En reconnaissant ainsi l’AFDM, c’est la FFMC toute entière qui gagne du terrain.

Étaient présents : FFMC, AFDM, La Prévention Routière, Automobile-Club-Prévention, AMDM, MAAF, MACIF, MATMUT, GEMA, FFSA, UNIC et UNIDEC (Syndicat d’enseignants à la conduite), ECF, réseau CER, CSNM, CNPA, Certu (Centre d’études réseaux transports urbanisme), DSCR, Police Nationale (chargé du BSR + escadron motocycliste).

mercredi 25 novembre 2009

4è réunion du groupe de travail "Formation, noviciat" du 5 novembre 2009

Compte-rendu de la quatrième réunion de Groupe de Travail 2RM à la Direction de la sécurité et de la circulation routière (DSCR) consacré au thème Formation et noviciat qui s’est tenue le 5 novembre 2009 avec une trentaine de participants.

Le groupe est piloté par Jean-Pierre Fougère (adjoint au sous-directeur de l’Education routière à la DSCR).

0nobug-05-02.jpgAprès approbation du compte-rendu officiel de la précédente réunion, Jean-Pierre Fougère a indiquée que Michèle Merli, déléguée interministérielle à la Sécurité routière a reposé la question de l’âge d’accès à 14 ans pour la conduite d’un cyclomoteur (50 cm3, 45 km/h maxi). Rappelons nous que la 21è proposition énoncée parmi « les mesures prioritaires » dans le Rapport Guyot (base des discussions de la concertation) envisage « d’évaluer l’intérêt de rejoindre le standard européen sur l’âge d’accès à la conduite d’un 2RM à 16 ans ». Sur ce point, les réflexions du groupe de travail ont conclu au maintien de cet accès dès 14 ans (cf : http://blogs.motomag.com/concertation2RM/index.php?post/2eme-reunion-du-Groupe-de-travail-formation-noviciat). La question n’est donc pas tranchée et à ce sujet, Monsieur Fougère a demandé aux représentants du GEMA d’approfondir les données sur l’accidentologie de la tranche d’âge concernée.

La suite de la réunion a été consacrée à la présentation des propositions portant sur l’étude de nouveaux parcours d’examen présentée par l’AFDM, la FFM et l’ECF. A quelques variantes près, l’idée est de simplifier les épreuves de plateau, de supprimer les slaloms chronométrés et de mettre davantage l’accent sur les situations à risques et la circulation. Il s’agit d’élaborer les contenus d’examens qui seront en vigueur en 2012, dans le cadre de la 3ème directive européenne sur le permis de conduire. Pour la FFMC, ce qui est intéressant, c’est que ces travaux se déroulent avec la participation active de l’AFDM (Association pour la formation des motards, composante du mouvement FFMC). La 3è directive européenne prévoit de réintégrer les scooters à trois roues (les MP3) dans la catégorie des 2RM, tout en laissant aux états membres libres de leurs choix sur ce point. Voilà qui nous amène à la dernière partie de la rencontre : une présentation par Eric Marot de l’Assurance Mutuelle des Motards (AMDM), des différentes catégories d’engins à deux et trois roues, de leurs spécificités et de la législation actuellement en vigueur pour tous les genres homologués. Cette démonstration a mis en exergue la complexité des textes réglementaires, selon les véhicules, leurs puissances, leurs poids (à vide, en charge), leurs qualifications (tricycle, tricycle motorisé, trike…), leur accès aux différentes catégories du réseau routier, etc… action-droit-2-0ad9f.jpg A l’issue de quoi les échanges ont repris autour de la problématique des Piaggio MP3  : c’est en effet une questions récurrente dans tous débats portant sur la sécurité routière et les 2RM en général, preuve que l’ampleur du phénomène a pris tout le monde de cours. Les représentants de la Chambre syndicale nationale du motocycle (CSNM) ont d’ailleurs indiqué que le marché du MP3 avait redonné un peu d’oxygène a une profession impactée par la crise économique.

La prochaine rencontre prévue le 1er décembre se tiendra sur le site école de l’Automobile Club, à Vernon, dans l’Eure. Les participants travailleront sur la question des stages de post-formation pour les conducteurs.

Etaient présents : FFMC, AFDM, FFM, Club 14, Automobile Club, AMDM, MAAF, MACIF, MATMUT, GEMA, FFSA, UNIC et UNIDEC (Syndicat d’enseignants à la conduite), ECF, réseau CER, CSNM, FNCRM (Fédération nationale du commerce et de la réparation du cycle et motocycle, Certu (Centre d’études réseaux transports urbanisme), DSCR, Police Nationale (chargé du BSR + escadron motocycliste), Education nationale, Institut national de recherche sur les transports et leur sécurité (INRETS).

vendredi 30 octobre 2009

Compte-rendu de la 4eme réunion du Groupe "Causes et connaissances de l'accident

Compte-rendu de la quatrième réunion de Groupe de Travail 2RM à la Direction de la sécurité et de la circulation routière (DSCR) consacré au thème « Mieux connaître les causes et connaissances des accidents » qui s’est tenue le jeudi 22 octobre 2009, rassemblant 18 personnes.

Le groupe est piloté par Louis Fernique (secrétaire général de l'Observatoire national interministériel de la sécurité routière, ONISR).

Celebrity-Image-Albert-Einstein--Pop-Art--331465.jpgLa rencontre commence par un exposé de David Doucet (CETE Normandie-Centre) sur l’état du comptage des motos dans la circulation. Précision importante : les dispositifs de comptage sont conçus pour détecter les véhicules, mais pas spécifiquement les 2RM. Présentée sous forme de diaporama commenté par monsieur Doucet, l’étude du CETE Normandie-Centre démontre l’inadaptation des systèmes de comptage existant pour détecter les 2RM. Le système le plus utilisé s’appelle la « boucle SIREDO » : c’est un capteur électro-magnétique installé dans le revêtement des chaussées. Ca fonctionne parfaitement pour les véhicules à quatre-roues et les camions, mais pas pour nous. Pourquoi ? Parce qu’en agglomération, là où se concentrent le plus grand nombre de 2RM, ceux-ci circulent principalement en décalé par rapport aux files de circulation. Ils ne génèrent donc pas de signal en passant sur les « boucles SIREDO ». D’autres systèmes sont utilisés, comme la vidéo infra-rouge : cette fois, les caméras « pointent » les 2RM, mais l’inconvénient, c’est qu’elles pointent aussi leurs ombres, ce qui fausse à nouveau les données recueillies. Caramba, encore raté ! Reste le comptage manuel, mais le technicien du CETE confirme que là aussi, les infos sont trop aléatoires pour être traitées. Bref, en France, le comptage des 2RM en circulation dans le trafic, ça ne fonctionne pas. Existe t-il des appareils adaptés au comptage des 2RM ? C’est techniquement faisable, confirme David Doucet, mais cette technologie est actuellement inexistante car l’absence de marché constitue un frein économique à leur développement. Des recherches sont en cours pour y pallier, mais… c’est pour demain.

« Cela confirme que les données actuelles, en matière de comptage des 2RM en circulation sont vides de sens », observe Denis Berger, doctorant en sociologie, adhérent de la FFMC et auteur de nombreux articles critiques sur les statistiques officielles de la DSCR. Denis a d’ailleurs démontré dans ses travaux (http://sociomotards.net/) que les chiffres officiels étaient sujets à caution.

Chers lecteurs de ce blog, vous pensez que cette affaire de statistiques n’est pas très importante par rapport au sujet « Mieux connaître les causes et les conséquences des accidents » ? Détrompez vous, c’est une question fondamentale car c’est sur la base de ces chiffres que les Pouvoirs publics argumentent et « communiquent » leur politique de Sécurité routière, laquelle consiste principalement (vous l’aurez remarqué) à culpabiliser les conducteurs pour justifier toujours davantage de réglementation, essentiellement sur le mode coercitif.

Selon le rapport Guyot (pages 24-25) qui reprend des chiffres connus en 2006, basés sur les immatriculations des motos (125 cm3 et + de 125 cm3) fournis par la Chambre Syndicale Nationale du Motocycle (CSNM), la France compte 1,248 millions de motos immatriculées auxquels s’ajoutent 1,262 millions de cyclos (dont l’immatriculation n’est obligatoire que depuis 2004), soit un total théorique de 2,510 millions de 2RM… immatriculés, ce qui n’est pas la même chose que « en circulation », et ce d’autant plus que le décompte du Rapport Guyot ne concerne que la période 1996-2006.

Pourquoi insister là-dessus ? Parce que la DSCR répète en préambule de toute sa communication sur la sinistralité des 2RM que ceux-ci correspondent à 20% des tués de la circulation alors qu’ils ne représentent que 1 à 2 % (chiffres variables selon les communiqués officiels !) du trafic. Quel trafic ? Personne n’est actuellement en mesure d’en fournir les chiffres exacts ! Rien que les données du Groupement des entreprises mutuelles d’assurance (GEMA) qui regroupe 60% des contrats d’assurance des 2RM en circulation correspondent déjà à 1,3 millions d’unités, soit plus de la totalité des immatriculations des seules motos (125 cm3 et plus) des chiffres « officiels ».

Quant aux distances parcourues, là… mystère et boule de gomme ! Jusqu’en 2001, l’institut de sondage SOFRES effectuait tous les deux ans une enquête sur le kilométrage annuel des motocyclistes par cylindrée, mais ces enquêtes n’ont pas été renouvelées.

C’est ce qu’argumente le représentant de la FFMC, vraiment pas câlin avec le secrétaire général de l’ONISR. Mais bon, Louis Fernique vient tout juste d’être nommé à ce poste, alors encourageons-le plutôt pour faire progresser la connaissance de l’univers 2RM que les Pouvoirs publics connaissent si peu… et si mal.

Heureusement, ce besoin de connaissance (un des points principaux relevé à l’unanimité des participants à cette concertation sur les 2RM) progresse tout de même un peu. A ce titre, un ingénieur du CERTU est venu présenter, lors de la rencontre du groupe de travail, un premier résultat d’enquête (voir lien si dispo) mené par un des responsables du groupe 2RM du CERTU. Toujours en cours à ce jour, cette étude réalisée selon le modèle « enquête-ménage-déplacements » démontre scientifiquement (analyse des données recueillies) quelques évidences que les motards connaissent bien, à savoir :
· Les 2RM sont de plus en plus présents en ville
· Ils entraînent des dysfonctionnements dans le partage de l’espace
· Ils représentent un enjeu fort de sécurité routière
· Ils sont mal pris en compte

En outre, l’étude reconnaît ne pas connaître le nombre de km parcourus, le profil et la répartition des usagers, ni les usages ni leurs évolutions, autant de données nécessaires pour pouvoir :
· Etudier l’exposition aux risques
· Cibler les messages de prévention
· Mieux prendre en compte les 2RM en milieu urbain
· Adapter les politiques de transports0papy.jpg Cette enquête démontre aussi que les usagers 2RM sont les plus « mobiles » (5,8 déplacements/jour contre 3,9 dans l’ensemble de la population), que ce sont les usagers les plus « multimodaux », que l’âge moyen du motard augmente, que c’est souvent un cadre et que les utilisateurs de cyclos sont essentiellement des élèves (42 %) et qu’ils représentent la catégorie la moins sensibilisée à la sécurité routière.

En fin de réunion (il n’y en aura pas d’autre d’ici la prochaine réunion plénière), le groupe de travail est revenu sur l’étude des propositions à présenter, lesquelles restent à finaliser et à valider par les membres du groupe qui restent en contact par courrier électronique.

Étaient présents : FFMC, AMDM, SMA, Club14, Prévention Routière, Assurances Crédit Mutuel, GEMA, FFSA (Fédération française des sociétés d’assurances), FNCRM (Fédération nationale du commerce et de la réparation du cycle et motocycle), ACEM (Association des constructeurs européens de motocycles), Certu (Centre d’études réseaux transports urbanisme) CETE (Centre d’études techniques de l'équipement), INRETS, DSCR, Préfecture de Police de Paris.

mardi 13 octobre 2009

3eme réunion du groupe de travail "Formation" : quatre permis pour la moto !

Compte-rendu de la troisième réunion de Groupe de Travail 2RM à la Direction de la sécurité et de la circulation routière (DSCR) consacré au thème Formation et noviciat qui s’est tenue le vendredi 2 octobre 2009. Le groupe est piloté par Jean-Pierre Fougère (adjoint au sous-directeur de l’Education routière à la DSCR).

Un ordre du jour très dense attendait la trentaine de participants à cette séance du groupe de travail. Suite aux propos échangés lors de la dernière réunion plénière qui s'est tenue le 23 septembre dernier, Jean-Pierre Fougère est revenu sur l'âge de l'accès à la conduite d'un cylomoteur (actuellement 14 ans), cette question étant toujours en débat car une des propositions du rapport Guyot envisage de relever cet âge à 16 ans, « en conformité avec d'autres pays européens... ». Et il se trouve justement que l'intervention d'une psycho-sociologue lors de la précédente réunion du groupe de travail « formation-noviciat » démontrait que cela n'était pas forcément une bonne idée. M. Fougère a donc demandé aux représentants des compagnies et mutuelles d'assurances présents de fournir des données sur cette tranche d'âge.le-bo-tier-anti-jeunes-debarque-en-france_684_w160-1.jpg ++ (On sent qu'il y a là un enjeu important dans l'éventualité d'annonces rapides -pour ne pas dire précipitées- de la part de Michèle Merli, patronne de la DSCR.)++ La MATMUT objecte en argumentant que ces données sont mal connues car les contrats sont pris au nom des parents, ce à quoi l'AMDM (la Mutuelle des motards) répond non seulement connaître l'âge de ses jeunes sociétaires, mais a de plus constaté que la sinistralité des « cyclomotards » était moins élevée dans les familles où un des parents était lui-même motard pratiquant. Un représentant du Conseil général de l'Hérault souligne que l'accès au cyclo dès 14 ans est un facteur d'insertion sociale par un accès plus facile aux activités scolaires, extra-scolaires et vers les filières semi-professionnelles. Jean-Pierre Fougère assure que cet accès à la mobilité est un objectif majeur.

Le deuxième volet de la réunion a été consacré à un exposé des recherches menées par l'Inrets pour étudier le comportement et le contenu du parcours des élèves en auto-école passant les épreuves du permis A (moto). Cette expérience qui s'est déroulée dans le Loiret est présentée par Stéphane Espié et Samuel Aupetit, chercheurs à l'Inrets. Le résultat de leur travaux tend à démontrer que la formation initiale du motard est plutôt « décontextualisée » des exigences de la conduite réelle. Quant aux méthodes d'enseignement, elles seraient à revoir dans la mesure où elles consistent actuellement en une valorisation (validée par l'examen) du maniement d'une moto sur piste essentiellement acquise par la répétition de figures techniques travaillées pour une grande part dans des entraînements aux épreuves dites de « plateau ». Or, selon nos deux chercheurs, non seulement il apparaît qu'une fois passé l'examen, le motard débutant perd rapidement les acquis dits « d'habileté motrice » faute d'entraînement, mais il s'avère de toute façon insuffisamment formé pour gérer la complexité des interactions avec les autres usagers dans la circulation réelle. Favorable au développement des simulateurs de conduite et aux études portant sur les situations de « presqu'accident » (les cas où un accident a failli se produire), Stéphane Espié regrette que l'on n'enseigne pas assez aux conducteurs à ne pas se mettre en situation d'urgence plutôt que de rabâcher des postures visant à gérer des cas d'urgence qui s'avèrent quasiment ingérables quand ils surviennent, ce que l'AFDM démontre également dans ses formation « post-permis », notamment sur l'atelier consacré au freinage. Précisons au passage que Stéphane Espié est un motocycliste expérimenté.

_0abs-rp1-2b33e.jpg Au terme de cet exposé, les représentants des auto-écoles et de l'AFDM se déclarent en phase avec les analyses de l'INRETS avant de présenter à leur tour un exposé sur le contenu actuel de la formation au permis B, présenté comme « un cadre idéal à-priori, mais dans la pratique, ce n'est plus tout-à-fait ça ». Spécialiste des permis de conduire depuis les années 1980, JP Fougère reconnaît que nous avons en France les parcours au permis A les plus compliqués d'Europe et promet que dans l'avenir, « on va tordre le cou au chrono », en réponse aux critiques formulées quand au chronométrage de l'épreuve du plateau dite de circulation « à vitesse normale ».

En troisième et dernière partie de la réunion, Jean-Pierre Fougère présente ce que seront les permis 2RM prévus dans le cadre de la directive européenne 2006/126/CE du 20 décembre 2006 applicable au 19 janvier 2013. Il y aura quatre permis : le AM pour les cyclomoteurs (âge d'accès toujours en suspens en France, sauf si c'est déjà plié et que la DSCR nous prend pour des billes en nous associant dans ce processus de concertation).

Le permis A1, accessible à 16 ans permettra de rouler avec une 125 cm3 de 11 kw (15 ch). Le permis A2 donnera accès aux plus de 125 cm3 limitées à 35 kw (47,6 ch et un rapport puissance/poids de 0,2 kw/kg) dès l'âge de 18 ans. Enfin, le permis A (toutes cylindrées) sera accessible à 20 ans si deux ans d'expérience préalable en permis A2, sinon, l'accès ne pourra se faire qu'à partir de 24 ans. Soit cette continuité se fera par examens successifs (permis à repasser à chaque fois), soit par un contrôle continu confirmé par la validation des formations précédentes... mais rien n'est encore fixé pour l'instant, d'où l'intérêt de notre participation, avec le précieux concours de l'AFDM, dans cette concertation. En réponse à plusieurs questions des assureurs, le cas des maxi-scooters et des tricycles motorisés (type MP3) sera pris en compte par la directive européenne portant sur le réforme des permis.

halte-o-racket.jpg Au cours des débats, le représentant de la FFMC, se déclarant inquiet de la tournure que prenait cette concertation depuis les récentes déclarations de Dominique Bussereau (secrétaire d'état aux transports), a plaidé pour que la richesse des expertises présentées et des discussions en cours soient prises en compte par les décisionnaires des pouvoirs publics... ...la FFMC étant toujours capable de se mobiliser massivement pour leur rappeler pourquoi on nous appelle « les motards en colère ».

Etaient présents : FFMC, AFDM, AMDM, FFM, MAAF, MACIF, MATMUT, GEMA, UNIC et UNIDEC (Syndicat d’enseignants à la conduite), ECF, réseau CER, FFSA, FNCRM (Fédération nationale du commerce et de la réparation du cycle et motocycle, Certu (Centre d’études réseaux transports urbanisme), DSCR, Police Nationale (chargé du BSR + escadron motocycliste), Education nationale, Institut national de recherche sur les transports et leur sécurité (INRETS).

lundi 12 octobre 2009

3eme réunion du Groupe "causes et conséquences de l'accident"

Compte-rendu de la troisième réunion de Groupe de Travail 2RM à la Direction de la sécurité et de la circulation routière (DSCR) consacrée au thème « Mieux connaître les causes et connaissances des accidents » qui s’est tenue le jeudi 1er octobre 2009, rassemblant une quinzaine de personnes.

hugot_motard-biodegradable.jpgLe groupe est piloté par Louis Fernique (secrétaire général de l'Observatoire national interministériel de la sécurité routière, ONISR).

En préambule de la concertation, Louis Fernique se présente : il remplace Jean Chapelon à la tête de l'ONISR et il est motard. Il annonce également une accélération du processus de concertation, conformément aux voeux de Dominique Bussereau, secrétaire d'Etat aux transports, tout en admettant que le groupe de travail « Causes et connaissance de accidents » a plutôt vocation de réfléchir à des problématiques « à long terme ». Hervé Gicquel (Club 14) pose la question des « ressources », ce à quoi monsieur Fernique répond qu'elles sont en hausse, avec plus de moyens humains et financiers.

L'essentiel de la rencontre a ensuite consisté en la présentation illustrée des travaux de Bernard Laumon, médecin épidémiologiste et traumatologue à l'Unité Mixte de Recherche Epidémiologique et de Surveillance Transports Travail Environnement (Umerestte), une unité de recherche de l'Institut National de Recherches sur les Transports et leur Sécurité (Inrets). Il est également un des rédacteurs du Rapport Guyot.

La présentation concerne « le Registre du Rhône », une étude sur les victimes de la route dans le département du Rhône. Ce registre est réalisé avec les services de secours concernés, et avec l’Association pour le Registre des Victimes d’Accidents de la Circulation dans le département du Rhône (l’ARVAC) qui anime un réseau médical de 96 services de soins de première ligne, 160 services de suite et 11 centres de convalescence.

Cette base de données, permanente depuis 1995, permet :
· de recenser les accidents et les victimes,
· d'étudier la fréquence, la nature et le mécanisme des lésions
· de connaître le devenir clinique des blessés.
· d'étudier les mécanismes lésionnels dans les accidents impliquant un véhicule léger.
· de contribuer à une meilleure définition et à une meilleure connaissance du blessé grave, par la mise en place d'études complémentaires.

artoff2347-3dc1b.jpgUn des points de cette étude présentée sous forme de graphiques met en lumière l'importance des accidents survenus sous l'emprise alcoolique, ce qui permet au Pr Laumon d'affirmer que c'est une des principales causes d'accidents chez les conducteurs de 2RM. La FFMC objecte en faisant remarquer que la conduite sous l'emprise de l'alcool est , selon les rapports existants par ailleurs, moins fréquente chez les motards que chez les automobilistes et si le registre du Rhône en arrive à cette constatation, c'est simplement que alcool ou pas, on relève plus de blessés nécessitant une hospitalisation chez les conducteurs de 2RM que chez les automobilistes. Autrement dit, ce n'est pas parce que parmi les blessés enregistrés, l'étude relève des victimes qui circulent en 2RM en ayant consommé de l'alcool au-delà des normes réglementaires que cette catégorie de conducteur est plus alcoolisée que les automobilistes, ces derniers étant tout simplement moins exposés à des blessures entraînant une hospitalisation et donc, ne rentreront pas en ligne de compte dans les constatations du Registre du Rhône.

Autre moment cocasse, Bernard Laumon observe, graphiques à l'appui, que les conducteurs de 2RM sont davantage blessés dans les accidents de circulation... « Mais c'est évident », s'exclament les représentants de la FFMC... « par rapport à un automobiliste, le conducteur d'un 2RM n'a que très peu de protection ! « Merci, se renfrogne le professeur... Des années de recherches pour en arriver là ! ».

C'est tout de même bizarre un telle dissociation entre le chercheur chargé d'instruire une étude et le bon sens du conducteur de 2RM qu'il nous apprend être par ailleurs (M. Laumon se déplace en scooter). Notons tout de même que si la présentation du Registre du Rhône (laquelle est d'abord une étude scientifique) revêt un aspect « froid et dépassionné » pour les non-initiés, Bernard Laumon ne la présente pas comme un réquisitoire à charge, mais avant tout comme une base de connaissances dont tout le monde s'accorde à en reconnaître l'intérêt pour mieux envisager, demain, une meilleure prévention des risques routiers. N'empêche, au risque d'être considéré comme d'éternels « mauvais esprits », on ne peut s'empêcher de frémir à l'idée de l'interprétation des statistiques dont les pouvoirs publics ont le secret pour instrumentaliser leur vision de la Sécurité routière qu'ils prétendent organiser.

1494.jpg La rencontre s'est terminée, à nouveau, sur le constat partagé du manque de connaissances des causes d'accidents de 2RM et sur le besoin d'affiner encore le relevé des données à la source, c'est-à-dire par les forces de l'ordre qui établissent les PV d'accidents, base dont découle une partie des informations nécessaires à approfondir la compréhension des accidents, sans oublier les travaux de l'Inrets dont un des chercheurs a justement souligné lors de la dernière séance plénière que nous n'en étions qu'aux débuts et que par conséquent, « la réglementation en vigueur censée y remédier ne s'appuie, faute de mieux, que sur du vide ».

Un tableau récapitulant les mesures à étudier a été ensuite transmis par courrier électronique aux participants afin qu'ils puissent l'annoter de leurs observations et commentaires en vue de préparer les débats de la prochaine réunion.

Étaient présents : FFMC, AMDM, SMA, Association Marilou, Prévention Routière, Assurances Crédit Mutuel, Club14, FNCRM (Fédération nationale du commerce et de la réparation du cycle et motocycle, Certu (Centre d’études réseaux transports urbanisme) CETE (Centre d’études techniques de l'équipement), INRETS, DSCR, Préfecture de Police de Paris, Mairie de Paris.