Le blog de la Fédération des Motards en Colère

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La Fédération Française des Motards en Colère est une association loi 1901 à but non lucratif, la FFMC représente et défend depuis 35 ans tous les utilisateurs de deux et trois-roues motorisés. Ses 10000 adhérents, répartis en 85 antennes départementales, revendiquent leur liberté, leur citoyenneté et agissent concrètement pour favoriser la sensibilisation et l'éducation au vivre ensemble en lieu et place de politiques répressives de sécurité routière. Ses valeurs sont celles de l'économie sociale et solidaire. L'individu est au centre de ses préoccupations.

mardi 15 septembre 2009

2ème réunion du Groupe de travail "formation-noviciat".

Compte-rendu de la deuxième réunion de Groupe de Travail 2RM à la Direction de la sécurité et de la circulation routière (DSCR) consacré au thème Formation et noviciat__ qui s’est tenue le mercredi 9 septembre 2009 en rassemblant une trentaine de personnes. __

Le groupe est piloté par Jean-Pierre Fougère (adjoint au sous-directeur de l’Education routière à la DSCR).

En ouverture de la rencontre, Jean-Pierre Fougère est revenu sur les débats de la dernière réunion plénière du 8 juillet 2009 pour rappeler le message de l’Education nationale précisant que cette institution n’avait pas vocation à s’engager directement dans l’éducation routière, mais qu’elle en laissait la délégation aux associations et aux écoles de conduite. L’ordre du jour de la réunion étant consacré au « milieu scolaire », Mme Danielle Rapoport, psycho-sociologue est venue présenter une étude portant sur l’adolescent, la conduite et le cyclomoteur. Elle a été invitée à nous faire part de ses travaux par le biais de la FFSA qui l’a déjà sollicité par le passé, mais sa venue dans cette concertation sur le 2RM est une proposition de la FFMC. En effet, une des mesures du Rapport Guyot (N° 21) propose « d’évaluer l’intérêt de rejoindre le standard européen sur l’âge d’accès à la conduite d’un 2 RM », c’est-à-dire de relever la limite d’âge pour conduite un cyclo de 14 à 16 ans.

leperiljeunehaut612.jpg A contre-pied des raccourcis hâtifs qui émaillent le Rapport Guyot, l'étude de Mme Rapoport a démontré qu'un adolescent de 14 ans est plus facile à encadrer par ses parents qu'un jeune de seize ans. Selon les travaux de la psycho-sociologue, laquelle recoupe ses observations par des expertises, à 14 ans, un jeune a encore « peur » et il est donc plus perméable à des conseils de prudence que trois ans plus tard. De plus, à 17 ans, le jeune est plus autonome, avec un rayon de déplacements plus étendus et il est aussi plus sensible aux phénomènes d'émulations entre jeunes de son âge. La psycho-sociologue a rappelé que la prise de risques fait naturellement partie du processus normal de l'évolution d'un ado, mais que ces risques sont forcément plus dangereux à 17 ans qu'à 14 ans... Bref, son exposé a également démontré (ce que confirme le Rapport Guyot), que plus la durée de l'acquisition de l'expérience nécessaire à la conduite d'un véhicule (un cyclomoteur en l'occurrence) était étendue dans le temps, meilleur serait l'apprentissage. Fait rare au sein de ces réunions de concertation rassemblant des spécialistes de la Sécurité routière issus de plusieurs secteurs professionnels, la fin de l'exposé de Danielle Rapoport a été salué par des applaudissements, ce qui témoigne de l'adhésion de la majorité des participants aux thèses exposées. Alors, l'âge d'accès à la conduite d'un cyclo peut-elle rester fixée à 14 ans ou va t-elle être relevée à 17 ans au seul motif d'une harmonisation européenne ? La raison l'emportera t-elle sur la technocratie, ce réflexe pavlovien si souvent observé chez nos décideurs politiques ? En réponse à cette question (posée de façon plus... nuancée par la FFMC), Jean-Pierre Fougère s'est montré rassurant en rappelant que les états de l'UE restaient souverains en matière de réglementation et que la France avait jusqu'à présent maintenu l'âge d'accès à la conduite d'un cyclo dès 14 ans.

La suite des débats a porté sur le contenu de la formation des jeunes : deux professionnels de l'éducation routière ont exposé la situation actuelle, pointé les carences et formulé des propositions. La majorité de l'assemblée a reconnu l'inadéquation de l'épreuve du Brevet de Sécurité Routière (BSR) obligatoire pour conduire un cyclo, mais peu efficient en matière de formation à la conduite. En gros, tout jeune circulant sur un cyclo est tenu de justifier l'obtention de ce sésame, mais dans les faits, beaucoup se moquent de quelle façon il a été obtenu, à commencer par de nombreux parents qu'il faudrait donc davantage impliquer dans le suivi et le contrôle de leurs enfants, et ce d’autant plus que jeunes et parents confondent l’Attestation Scolaire de Sécurité Routière (ASSR) obligatoire dans le cursus scolaire et le BSR.

conduite accompagnéeEn vertu de la future troisième directive européenne concernant l'éducation routière des jeunes, Jean-Pierre Fougère a confirmé que le BSR allait disparaître pour être remplacé par un véritable permis de conduire, dit AM... et qu'il s'agirait d'un permis à points inscrit aux fichiers des permis de conduire ! La FFMC a exprimé son désaccord sur le principe du permis à points au motif que le système débouche sur de nombreux retraits de permis, pas forcément chez les conducteurs les plus dangereux mais sur ceux qui commettent plusieurs petites infractions en série... en revanche, les conducteurs réellement dangereux qui se retrouvent sans permis continuent à conduire hors du champs légal... et social sans qu'une réponse à ce problème n'ait vraiment été trouvée jusqu'à présent. Au terme de quatre heures riches en échanges, la rencontre a été clôturée par une dernière intervention de Georges Ascione, détaché de l'Education nationale auprès de la DSCR. Il a confirmé que les alternatives à l'éducation routière resteraient à l'initiative des associations œuvrant dans ce domaine, en les invitant à déposer une demande d'agrément auprès du ministère de l'Education nationale pour pouvoir intervenir en milieu scolaire... c'est précisément ce qu'à fait la FFMC pour faire reconnaître son programme Education routière de la jeunesse et 2-roues motorisés (ERJ2RM). Nous attendons d'ici la fin de l'année la notification de décision, mais cela confirme que la FFMC ne fait pas que discuter : elle agit, et les copains bénévoles des fédés locales qui interviennent depuis déjà un bon moment dans les collèges peuvent en témoigner.

Le groupe de travail « Formation et noviciat » se retrouvera le 2 octobre.

Etaient présents : FFMC, AFDM, AMDM, FFM, Association Marilou, MAAF, MACIF, MATMUT, GEMA, UNIC et UNIDEC (Syndicat d’enseignants à la conduite), ECF, réseau CER, FFSA, FNCRM (Fédération nationale du commerce et de la réparation du cycle et motocycle, CNPA, Certu (Centre d’études réseaux transports urbanisme) CETE (Centre d’études techniques de l’Equipement), DSCR, Police Nationale (chargé du BSR + escadron motocycliste), Education nationale.

mercredi 22 juillet 2009

Réunion plénière du 7 juillet 2009

C’est à nouveau dans une salle regroupant près d’une cinquantaine de personnes concernées par la sécurité routière des deux-roues motorisés (2RM) que s’est tenue la deuxième réunion plénière des Etats généraux du 2RM organisée par la Direction de la sécurité et de la circulation routière (DSCR).

Associations des usagers du 2RM (FFMC et structures du mouvement –AFDM, SMA, fédé-loisirs, Moto-club « Les casques d’argent » des Pompiers de Paris, Club 14), représentants d‘associations d’usagers de la route (automobilistes), Fédération française de motocyclisme (FFM), assureurs (Mutuelle des Motards, GEMA, FFSA, entre autres), représentants des collectivités territoriales, préfecture de police de Paris, associations de victimes d’accidents, techniciens territoriaux, fonctionnaires du Certu et de la DSCR, divers chargés de mission en Sécurité routière, Monsieur Moto de Paris, des policiers… voilà ce qui composait l’assemblée présidée par Michèle Merli, déléguée interministérielle à la Sécurité routière. Elle était entourée des cadres de ses services (dont les pilotes désignés des cinq groupes de travail de la concertation).

Michèle Merli a commencé par une bonne nouvelle : la préfecture de police de Paris serait désormais favorable à une expérimentation de la tolérance de la circulation inter-files… tout en précisant qu’en tant qu’ancienne préfète, elle ne peut discuter d’une quelconque tolérance en tant que telle, mais de règles ! Le RE-PECT-DES-RE-GLES ! police_francaise_01.jpg Elle y tient aux règles, elle nous le rappelle en préambule et en conclusion de chaque rencontre, un peu comme si elle voulait bien nous faire comprendre que si les motards respectaient les règles, entendez donc par là qu’elle considère d’entrée de jeu que nous ne les respectons pas, il n’y aurait pas tous ces morts sur la route, tous ces drames et le cortège de misère qui va avec. Voilà, le décor est planté, on peut continuer…

L’ordre du jour de cette deuxième séance plénière était consacré aux premières réunions des cinq groupes de travail qui se sont tenues pour examiner les propositions censées améliorer la sécurité routière des 2RM. Rappelons que les « propositions » présentées par les pouvoirs publics sont les 74 mesures du rapport Guyot qui constitue la base de la concertation organisée par la DSCR. Lors de la tenue des cinq premières réunions des groupes de travail, la FFMC, l’AFDM et la FFM ont expliqué leurs mesures qu’ils ont souhaité faire ajouter aux listes préétablies. Il y a aussi quelques propositions présentées par l’association Club 14 qui se revendique forte de… 500 000 adhérents ! En fait, ces « adhérents » sont avant tout les titulaires d’un contrat d’assurance moto à AXA. Les participants savent bien (ou commencent à comprendre), que la formation des motards, l’assurance des motards, les interventions de motards dans les collèges, la préconisation d’un équipement adapté, le dialogue avec les pouvoirs publics, les remarques et les recommandations sur les dangers des infrastructures, c’est essentiellement la FFMC et ses adhérents qui en sont les principaux acteurs… mais madame Merli semble donner beaucoup d’importance au Club 14. Au point de demander lors de cette réunion plénière pourquoi la proposition de Club 14 portant sur le rapport âge d’accès au permis B / puissance des motos a été écarté des discussions. Encore une fois, il faut re-expliquer que cette proposition n’a pas lieu d’être puisqu’elle se réfère à une législation effective depuis 1996.

Bref, la réunion reprend son cours, chaque responsable d’un des cinq groupes de travail revient dans les grandes lignes sur ce qui s’est dit… Vous qui suivez ce blog et qui avez lu les comptes-rendus des réunions en question, vous aurez compris qu’il ne s’est pour l’instant pas dit grand-chose puisqu’il s’agissait avant tout de faire connaissance et de valider ou de rejeter les fameuses propositions, non quant à leur contenu, mais plutôt sur leur justification au sein des débats. Le contenu viendra plus tard… du moins on l’espère à la FFMC.

En attendant, la question de la sensibilisation des jeunes à la sécurité routière au sein des programmes scolaires a été un peu discutée, tout comme la question du travail en réseau avec les collectivité territoriales pour adapter les infrastructures routières aux spécificités des usagers des 2RM, ou encore le besoin de recherche scientifique quant aux causes des accidents… et ce tant les carences en ce domaine semblent enfin évidentes aux principaux acteurs de la sécurité routière. IMG_2297_copy.JPGReprenant la conduite des débats, Michèle Merli s’est déclarée intéressée par ces programmes de recherche, demandant même à en être davantage informée. Nous lui avons gentiment dit que nous nous tenions à sa disposition quant à nos analyses d’une part, et d’autre part, nous avons rappelé qu’outre le rapport Guyot qui a le mérité de s’être penché sur la question, il y avait aussi les rapports Maids, Rider et les travaux de l’Inrets… études d’autant plus intéressantes que toutes convergent à établir que le problème numéro un de l’accidentalité des motards, c’est moins le manque de respect des règles que celui de la coexistence des 2RM avec les autres usagers dans un trafic pensé par et pour l’automobile depuis des années.

C’est toujours intéressant à discuter dans la mesure où ces questions sont au cœur de nos revendications depuis longtemps, mais ça donne un peu l’impression d’enfoncer, encore et toujours, des portes ouvertes sans que cela ne débouche finalement sur des solutions durables et pérennes. Enfin, on verra ça à la rentrée. D’ici là, passez de bonne vacances et restez prudent sur la route : plus que le radar qui vous surveille, le danger vient aussi de nos propres excès de confiance au guidon vis-à-vis des usagers non-motards qui diront après vous avoir coupé la route qu’ils ne vous ont pas vu arriver.

vendredi 3 juillet 2009

Première réunion du groupe "Cause & Conséquences de l'accident"

Compte-rendu de la première réunion de Groupe de Travail consacré au thème « Mieux connaître les causes et les conséquences de l’accident » dans le cadre de la "concertation sur la sécurité des deux roues motorisés (2RM)" qui s’est tenue le lundi 29 juin 2009 à la Direction de la sécurité et de la circulation routière (DSCR)

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vendredi 26 juin 2009

Première Réunion plénière de la concertation sur la sécurité des deux roues motorisés

La défense 05/06/2009

La voici lancée , cette fameuse « concertation sur le deux roues motorisé » promise à la FFMC après le fiasco gouvernemental de la « procédure VE » (voir cet article). C’est avec circonspection que nous l’abordons. La liste des invités ou la représentation des associations de motards se trouvent diluée dans un aréopage de représentants de l’Etat, des Ministères (intérieur, finances, éducation nationale, Santé, justice, écologie) , des collectivités locales (communes, départements), des professionnels du 2RM des organismes publics ayant trait à la sécurité routière, des associations de victimes de la route.

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