Le blog de la Fédération des Motards en Colère

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La Fédération Française des Motards en Colère est une association loi 1901 à but non lucratif, la FFMC représente et défend depuis 35 ans tous les utilisateurs de deux et trois-roues motorisés. Ses 10000 adhérents, répartis en 85 antennes départementales, revendiquent leur liberté, leur citoyenneté et agissent concrètement pour favoriser la sensibilisation et l'éducation au vivre ensemble en lieu et place de politiques répressives de sécurité routière. Ses valeurs sont celles de l'économie sociale et solidaire. L'individu est au centre de ses préoccupations.

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jeudi 14 octobre 2010

8è réunion du Groupe de travail sur les infrastructures : l'état éteint la lumière !

Circulation inter-files, inspection des routes et guide pour la prise en compte des 2RM

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Compte-rendu de la huitième réunion du groupe de Travail 2RM à la Direction de la sécurité et de la circulation routière (DSCR) consacré au thème « Infrastructures et partage de l’espace public » qui s’est tenue le 1er octobre 2010.

Le groupe est piloté par Odile Seguin (chef du bureau sécurité de la route et de la circulation à la DSCR).

En ouverture de la réunion, Odile Seguin a détaillé les protocoles d’étude de quatre cas de circulation inter-files dans les embouteillages. Ces quatre cas ont été élaborés par la DSCR et la FFMC a été invité à en discuter et à proposer des modifications à la suite d’une 7è réunion du groupe qui s’est tenue en comité restreint en avril 2010 à la DSCR. Y participaient la DCR et ses services juridiques, le CERTU, la préfecture de police de Paris, la Mairie de Paris, la FFM et la FFMC.

Cas1

Cas2

Cas3

cas4

Ces 4 cas sont sensés « cadrer » une circulation inter-files autorisée…Les cas n°1 et 2 prévoient que le 2RM « remonte » des files de voitures fortement ralenties. Dans les cas N°3 et 4, il n’est plus question de remontée de file, mais de « circulation entre les files » (cas n°3) et de circulation « en décalé » quand le trafic reprend une allure normale (cas N°4).

Ceci n’est toutefois qu’une « étude » puisqu’à ce jour, la circulation inter-files est toujours considérée comme interdite par les pouvoirs publics. Trois expérimentations « scientifiques » sont en cours : deux sont menées par les chercheurs de l’Institut National de Recherche sur les Transports et leur Sécurité (INRETS) et sont financées par la DSCR. Pour mener cette étude INRETS, douze conducteurs évoluant en Île-de-France en 2RM ont été sélectionnés et instrumentés (caméra sur le casque et appareils de mesure sur le véhicule). L’autre étude est menée par les ingénieurs du Centre d’étude des Réseaux et de l’Urbanisme (CERTU) par l’intermédiaire des Centres d’Étude de l’Équipement (CETE) Normandie-Centre, Lyon, Île-de-France et Méditerranée. Cette étude se déroule sous la forme d’observations des remontées de files dans le trafic courant, sans recourir à des cobayes instrumentés.

Les sites d’expérimentation et d’observation sont tenus secrets par les officiants afin de ne pas fausser la validité des données recueillies.

Les motards expérimentés qui pratiquent la circulation inter-files depuis une vingtaine d’années apprécieront l’aspect « expérimental » de l’opération… ce que les représentants de la FFMC n’hésitent pas (à nouveau !) à souligner.

Inspection de Sécurité Routière des Itinéraires

Le deuxième sujet de cette réunion « Infrastructure » était consacré à une présentation du programme ISRI… C’est l’anagramme de Inspection de Sécurité Routière des Itinéraires. Il s’agit, pour 127 inspecteurs formés à ce programme, d’inspecter le réseau routier national pour détecter des « événements d’infrastructure ». Événement ? C’est le mot qui désigne une anomalie, un défaut, une particularité. Ça peut être un panneau masqué par du végétal, un nid de poule, une plaque d’égout saillante ou glissante, une surabondance de panneaux routiers, un épandage boueux ou un défaut d’écoulement… bref, tout ce qui peut constituer une gène ou un danger pour un conducteur, son véhicule et les autres usagers.

Les réseaux à inspecter sont des sections de 90 km de distance parcourus quatre fois (deux aller-retour, un de jour et un de nuit) tous les trois ans par deux inspecteurs à bord d’une auto de l’administration. Leur véhicule est équipé d’un GPS, d’une web-cam qui enregistre ce que voient les occupants de la voiture, d’un enregistreur vocal et d’un ordinateur portable. Un inspecteur conduit et l’autre observe. A chaque « événement » constaté (environ 1,5 à 2 par km parcouru), l’observateur clique sur la barre d’espace de son clavier et il décrit vocalement ce qu’il a observé. Son ordinateur commande simultanément l’enregistrement vocal et la caméra. Ces données sont localisées via le GPS couplé au dispositif. Elles sont ensuite transmises aux administrations chargées de l’exploitation des réseaux routiers pour analyse et intervention si nécessaire.

Et la prise en compte des usagers en 2RM ? Elle est en principe prévue par les inspecteurs ISRI qui y sont sensibilisés lors de leur formation. Ceux-ci peuvent être des conducteurs « lambdas », des chauffeurs professionnels, des motocyclistes, des inspecteurs de permis de conduire et des fonctionnaires de voirie. Les représentants des usagers 2RM demandent si des inspections ISRI pourraient être faites à moto, pour plus de réalisme quant à nos spécificités d’évolution. Bonne idée à première vue, mais…

…s’il est vrai que rien ne remplace un roulage à moto pour « sentir » (ou ressentir) tous les « pièges » auxquels nous sommes exposés, le relevé d’information (appareils de mesures embarqués) se prête peu à la conduite d’un 2RM… sans parler de la sécurité du conducteur (fatigue, attention portée à la conduite et au travail à mener…). Néanmoins, un ingénieur du CERTU (ex-Monsieur Moto) s’est livré à cette expérience avec sa moto personnelle durant un après-midi de congé. Ses observations (photos) et explications présentées lors de la réunion ne font que complexifier le débat : d’abord parce que son regard est celui d’un spécialiste très pointu en infrastructures doublé d’un excellent analyste de ce qu’est la conduite d’une moto et ensuite parce son essai s’est déroulé une fois sur un petit tronçon de routes connues et dans des conditions de circulation agréables. L’assistance présente s’anime et les idées fusent : pourquoi ne pas comparer une inspection ISRI réalisée en auto et en moto ? Comment équiper une moto ? Dans quel cadre réglementaire poursuivre l’expérience (une jurisprudence s’applique sur la prise de risque d’un fonctionnaire dans l’exercice de sa mission), etc…

Le représentant de la FFMC fait alors remarquer que tout ça est bien intéressant, la prise en compte des conducteurs en 2RM est bien à l’étude conformément à nos demandes, mais pendant ce temps-là, alors que nous entrons dans la période hivernale et les jours plus courts, la Direction des routes d’Île-de-France vient de décider de supprimer l’éclairage public sur les voies rapides péri-urbaines ! Alors qu’on a identifié au cours de cette concertation engagée par l’État qu’une des causes principales des accidents de 2RM repose sur un manque de visibilité et de lisibilité des 2RM, l’État éteint la lumière ! Allez zou, tout le monde dans le noir, les gens rouleront moins vite et y’aura moins d’accidents (car tel est le prétexte « officiel » à cette mesure débile !) Et après, on va inspecter les routes pour voir si tout va bien ? Mais où est la cohérence dans tout cela ? Odile Seguin objecte que cette question n’est pas à l’ordre du jour. « Et bien j’espère que nous en reparlerons », répond le représentant des motards en colère.

Guide sur la prise en compte des 2RM

La dernière partie de la réunion était consacrée à la présentation dui guide sur la prise en compte des 2RM dans les infrastructures. Ce guide réalisé par le Service d’étude sur les transports, la route et les aménagements (SETRA) et le Centre d’étude des réseaux, des transports et de l’urbanisme (CERTU) est une réactualisation de celui qui fut édité en 2000. Il est destiné aux fonctionnaires chargés de la conception et la gestion des voiries. Cette refonte est une demande de la FFMC, appuyée par Michèle Merli qui a expressément demandé sa mise à disposition avant fin 2010. Contrairement à l’ancienne version, celle-ci sera téléchargeable gratuitement sur le site du CERTU. La FFMC a participé à sa réalisation : le chargé de mission sécurité routière de la FFMC est membre du groupe de travail du CERTU sur les 2RM. Des fonctionnaires territoriaux des Communauté urbaine de Lille, Metz, Marseille, Bordeaux et Montpellier et de la Mairie de Paris, les ingénieurs du CERTU et des CETE Normandie-Centre, Lyon, Provence-Méditerranée se sont régulièrement réunis à Paris ou à Lyon pour élaborer ce guide. A noter que la prise en compte des 2RM de ce guide se traduit sous la forme de recommandations… ce qui veut dire que les « bonnes pratiques » mises en exergue n’ont rien d’obligatoire. Cela peut se comprendre dans la mesure où l’aménagement urbain et routier consiste essentiellement à gérer au mieux des contradictions entre les usages… et les usagers. La meilleure solution n’est souvent qu’un compromis qu’il convient d’analyser au cas par cas.

A nouveau, le représentant de la FFMC prend bonne note de ces intentions d’une meilleure prise en compte de nos attentes, tout en regrettant que sur le terrain, des aberrations dangereuses fleurissent encore et toujours sur nos itinéraires… pour appuyer ses arguments, le représentant de la FFMC fait circuler des exemples de « casque d’âne » publiés mensuellement dans Moto-Magazine… ce qui entraine immanquablement des commentaires navrés des participants de la concertation qui ne peuvent que constater nos motifs d’être toujours en colère.

Étaient présents : FFMC, FFM, AMDM, GMF, Club 14, FNCRM (Fédération nationale du commerce et de la réparation du cycle et motocycle, CERTU, SETRA, SER (syndicat des équipements de la route), Préfecture de police (Paris), CG 92, GART (Groupement des autorités responsables des transports), Mairie de Paris, DSCR.

mercredi 28 octobre 2009

5è réunion du GT "infrastructures"

Compte-rendu de la cinquième réunion de Groupe de Travail 2RM à la Direction de la sécurité et de la circulation routière (DSCR) consacré au thème Infrastructures et partage de l’espace public qui s’est tenue le mercredi 21 octobre 2009 en rassemblant 20 personnes.

Le groupe est piloté par Odile Seguin (chef du bureau sécurité de la route et de la circulation à la DSCR).

motos.jpg Après quatre réunions consacrées aux infrastructures routières, cette cinquième rencontre débute par l’exposé d’un fonctionnaire qui témoigne de la prise en compte des 2RM sur le réseau national « non concédé » (les routes nationales dont la gestion n’a pas été transférée aux conseils généraux), dans le cadre des audits réalisés au titre du Contrôle Sécurité des Projets Routiers (CSPR). Ces audits sont réalisés par deux auditeurs travaillant en binôme, indépendamment des aménageurs. Ils interviennent en une journée et analysent l’infrastructure selon une grille d’évaluation. En substance, il nous est expliqué que ces fameuses grilles sont en cours de « remise à jour » pour intégrer les 2RM, « mais la matière n’est pas disponible » argumente le technicien. « Et les études et recommandations du CERTU, alors, elles servent à quoi ? » demande le représentant de la FFMC. De son côté, Eric Krajka, ex-Monsieur Moto 93, ex-agent de la DDE et actuellement en charge des questions d’équipement routier au CG 93 fait finement remarquer que des audits réalisés en une seule journée par deux fonctionnaires circulant en voiture, c’est un peu léger pour juger de la dangerosité d’une route pour les 2RM, surtout si l’expertise est réalisée un jour de beau temps sur chaussée sèche. Elisabeth Barincou (Association des départements de France) regrette que ces expertises n’existent pas sur le réseau départemental, celui-ci s’étant d’ailleurs considérablement accru depuis la concession aux CG du réseau national, lequel avec 15 000 km ne représente plus qu’un « pouillème » du problème. Elle témoigne également de l’absence de culture 2RM chez les fonctionnaires chargés des voiries dans les collectivité territoriales. « Pour faire la différence, souligne t-elle, il faut qu’un élu soit lui-même motard et convaincu de l’importance de ces questions. D’une manière générale, l’usager vulnérable, pour un élu non sensibilisé aux 2RM, c’est les enfants, les piétons, les gens âgés, les personnes à mobilité réduite… mais jamais les motards ». Elle ajoute que si la prise en compte des 2RM est une donnée dont on commence à parler dans les programmes de formation, la décentralisation (concession du domaine de l’Etat vers les CG) a déjà accru la charge des problèmes à traiter et la suppression annoncée de la taxe professionnelle (qui bénéficie aux collectivités locales) ne va pas arranger les choses.

Aménageurs de voirie et élus locaux peu informés

Évoquant la rubrique « Casque d’âne » de Moto-Magazine et les signalements « points noirs » des adhérents de la FFMC, le représentant des « Motards en colère » est d’accord avec ce constat, ayant déjà eu le loisir de se rendre compte à quel point les municipalités peuvent se montrer ignorantes du problème. Pourtant, le SETRA a produit à leur attention un guide édité en 2000, guide baptisé « prise en compte des motocyclistes dans l’aménagement et la gestion des infrastructures ». Mis au point par les services de l’Etat, les Messieurs Moto, l’Association des Ingénieurs des Villes de France, des Services Techniques départementaux et les Sociétés françaises d’autoroute, ce précieux ouvrage n’a été vendu aux collectivités locales qu’à… 307 exemplaires depuis 2004 ! (chiffre délivré durant la réunion par un ingénieur du Certu). Et dire que la France compte 36 000 communes. Autrement dit, des fonctionnaires tout-à-fait compétents travaillent sur la question, l’Etat y consacre quand même un peu de moyens, mais au final, l’information n’arrive qu’à grand peine aux intéressés faute d’une diffusion bien menée… Navrant, d’autant plus que ces précieuses infos circulent moins vite que les annonces des drames routiers qui servent systématiquement aux pouvoirs publics à dénoncer les usagers du 2RM comme les moutons noirs de la sécurité routière. Serait-il possible de diffuser les recommandations des ingénieurs du CERTU et du SETRA, notamment en permettant leur libre téléchargement sur Internet ? La question est posée à Odile Seguin, pilote du groupe de travail, qui reconnaît le manque de connaissance des études techniques.images.jpg

De son côté, un représentant du CERTU a souligné l’ignorance des 2RM dans les Plans Départementaux d’Urbanisme (PDU), affirmation tempérée par la responsable des questions de Sécurité routière à la Mairie de Paris qui précise que le PDU d’IdF 2020 prévoit la mise en place d’un groupe de travail 2RM. Le représentant de La Prévention Routière déplore à son tour que les architectes urbains ne se posent pas toujours la question de l’intégration des 2RM dans leurs projets, mais madame Barincou précise que les élus ne se rendent pas toujours compte des détails sur les maquettes qui leur sont présentées. C’est pourquoi elle propose, pour changer le regard des édiles, de recenser les élus motards, de renforcer la formation de tous les intervenants locaux et de multiplier les forums départementaux de Sécurité routière. Manuel Marsetti, représentant la Mutuelle des Motards plaide pour une prise en compte obligatoire des 2RM dans les projets d’infrastructure, ce que demande également la FFMC depuis longtemps… A ce titre, il a exposé, conformément à l’ordre du jour, une présentation sur les distinctions des différentes catégories d’usagers, présentation qui renforce encore le sujet traité quant à la méconnaissance de l’univers 2RM en général chez les instances officielles. Mais c’est sûr que tout cela est un travail à long terme, beaucoup moins visible et spectaculaire que les mesures à court terme réclamées, et notamment de renforcement des verbalisations, par Madame Merli, patronne de la DSCR, au nom de son incontournable « respect des règles ».

Un argument toujours martelé à l’encontre des motards, mais qui semble tout à fait secondaire quand ce sont les élus qui font n’importe quoi dans leurs communes en dépit des normes que la réglementation leur impose.

Le groupe est d’accord pour se revoir une sixième fois le 4 novembre avant la prochaine réunion plénière de cette concertation organisée par la DSCR afin de lister des propositions à transmettre à Madame Merli. Se montrant agacé par le déroulement de ces réunions à répétition, le représentant de la FFM s’est exprimé pour que les membres du groupe se déplacent sur le terrain pour constater de visu l’état déplorable et accidentogène de certains tronçons routiers, citant en exemple la RN 6 au sud-est de Paris. Sa demande n’a pas reçu de réponse concrète.

NB : en début de réunion, le représentant de la FFMC a fait circuler une note écrite en faveur de l’ouverture des voies de bus aux 2RM. La diffusion de ce document est une réponse à la lettre adressée à Michèle Merli par le Groupement des autorités responsables des transports (Gart) opposés à cette ouverture au motif que cela entraverait la régularité horaire des bus, sans oublier les éternels prétextes anxiogènes tels que la vitesse excessive des motos, le bruit et la pollution.

Etaient présents : FFMC, FFM, AMDM, GEMA, Club 14, FNCRM (Fédération nationale du commerce et de la réparation du cycle et motocycle, Certu (Centre d’études réseaux transports urbanisme) CETE (Centre d’études techniques de l’Equipement) de Lyon, SETRA (Service d’études technique des routes et autoroutes), Préfecture de police (Paris), La Prévention Routière, UTP (transports publics), GART (Groupement des autorités responsables des transports), ADF (Association des départements de France), CG 93, DSCR.

jeudi 1 octobre 2009

Le retour du bâton à la sécurité routière

Compte-rendu des débats de la 3è réunion plénière de la concertation sur les 2RM organisée par la DSCR '' carotte_baton.jpg

Alors qu’elle affirmait lors de la première réunion vouloir prendre le temps d’une concertation, et de se « comprendre », Michele Merli veut maintenant des résultats, et vite ! Elle demande des propositions ! A se demander si elle a lu celles de la FFMC et si elle se rend compte du boulot effectué dans les différents groupes de travail qui étudient la centaine de propositions émanent du « rapport Guyot » et des participants à ce processus de concertation.''

Explication : La rencontre s’est ouverte par l’exposé des chiffres des tués en moto… et ils ne sont pas « bons », selon Louis Fernique, tout nouveau secrétaire général de l’Observatoire interministériel de la Sécurité routière (ONISR) qui vient d’être nommé en remplacement de Jean Chapelon. Il affirme que la situation « continue de se dégrader ». Pour le premier semestre 2009, 435 personnes circulant en 2RM ont perdu la vie dans un accident de circulation, soit 22% du total des tués sur la route, contre 19% en 2008. Monsieur Fernique (qui nous précise être motard lui aussi) prend tout de même en compte la part croissante des 2RM en circulation et reconnaît qu’un gros travail reste à mener pour affiner les données en fonction des différentes catégories de véhicule. Reste que la présentation des chiffres est biaisée puisqu‘en réalité, le nombre de tués à moto est globalement en baisse depuis 2002. S’il n’est pas question de s’en contenter, il faudrait déjà s’accorder sur ce constat, sinon on ne risque pas de se comprendre…

Michele Merli entonne à nouveau son leitmotiv du « Res-pect-des-règles », le slogan préféré de la patronne de la DSCR, et ce que l’assemblée rassemblant une cinquantaine de personnes aura le plus entendu lors de la troisième réunion plénière qui s’est tenue le 23 septembre 2009.

dialogue-de-sourd.pngRevenant sur les tous derniers spots de sécurité routière diffusés proclament à la télévision « qu’un accident n’arrive jamais par accident, Mme Merli insiste : Y’a toujours un manquement à la règle ! Notre objectif, c’est de passer en dessous de la barre des 3 000 morts par an ! » Voilà, c’est reparti : alors que nous sommes tous rassemblés pour y réfléchir, Madame la délégué nous rappelle que la sécurité routière à la sauce gouvernementale est avant tout une affaire de chiffres en direction de l’opinion publique. Elle veut des « propositions concrètes, et ce dans les deux mois à venir ». La FFMC, représentée par Philippe Leduncq du Bureau national, répond que « des propositions concrètes», non seulement les Motards en colère en formulent depuis trente ans, mais qu’en plus ils agissent en les mettant en œuvre (formation des conducteurs, assurance, incitation à un équipement de sécurité, prévention en direction des jeunes, etc…), soulignant au passage que nous attendons toujours des pouvoirs publics qu’ils actionnent enfin les leviers dont ils disposent, par exemple en ce qui concerne la fiscalité sur les équipements corporels. Forcément, un tel échange fait monter la température, surtout que jusqu’à présent, cette concertation se déroulait sur un mode plutôt consensuel, d’autant plus que madame Merli nous avait assuré, eu égard à l’importance des enjeux, que « ça prendra le temps que ça prendra, que ce temps serait celui du dialogue où chacun s’exprimerait sans tabou ». __Mais chassez le naturel, il revient au galop ! __ Tiens, la question des équipements du conducteur, par exemple : c’est un sujet bien discuté dans le groupe de travail consacré, ce qui donne lieu à un petit rapport d’étape lors de la réunion, et ce, comme pour les autres thèmes qui composent l’ensemble des réflexions (Infrastructure, véhicule, formation, etc…)… De fait, tous les participants (associations d’usagers, FFM, assureurs, pompiers, fabricants) sont d’accord pour souligner l’importance du port d’un équipement adapté pour circuler en 2RM et la nécessité d’inciter les usagers à s’en convaincre. Et que propose Michèle Merli ? De rendre obligatoire un équipement « minimum », c’est-à-dire imaginer une nouvelle réglementation, produire du décret et faire peut-être voter de nouvelles lois pour rendre « obligatoire » ce qui n’est qu’une question de bon sens relative à la formation des conducteurs et à l’information des usagers en général. Cela n’a d’ailleurs fait à ce jour l’objet d’aucune campagne d’information, ce qui serait quand même un préalable indispensable. 0a_Mad_Max_2.jpg Et si on lui parle de coût, si on oppose à Madame Merli le fait que notre demande d’incitation, notamment fiscale, au port d’un équipement adapté est resté lettre morte, Madame la Préfète s’emporte et dit « quand on voit ce que les motards dépensent pour leurs engins, je ne vois pas pourquoi ils n’en dépenseraient pas pour leur sécurité »… Autrement dit, nous sommes bien les victimes consentantes de la sinistralité dont nous sommes évidemment les premiers responsables ! Et dire qu’il y a encore des gens pour nous demander pourquoi nous nous appelons « les Motards en colère »… La Prévention routière, la Fédération française des société des assurances (FFSA) et la MATMUT se déclarent favorables à l’obligation d’une tenue « à minima » pour circuler en 2RM… Mais il est vrai que ces organismes n’ont pas pour première vocation de représenter les usagers des 2RM. La FFMC bataille en demandant de ne pas en rajouter dans le « mille-feuilles » de réglementation tandis que la FFM souligne que des normes existent déjà. Avec plus de recul, un représentant du CERTU observe qu’il « faudrait d’abord engager une étude sur la question avant de vouloir apporter des solutions ».

Nous avons aussi parlé de la formation des conducteurs et surtout de l’accès à la conduite des plus jeunes. Là encore, madame Merli semble contrariée que l'ensemble du groupe de travail « formation-noviciat » se soit prononcé en faveur du maintien de l’accès à la conduite dès l’âge de 14 ans (voir compte rendu), contrairement à la suggestion du rapport Guyot de relever cet âge à 16 ans. Le Brevet de Sécurité routière (BSR) deviendrait un permis à part entière (dit permis AM), dans le cadre de la troisième directive européenne d’ici 2013. Un vrai permis ? A points, donc ! Oui, c’est notamment ce que demande la FFSA. Et pan sur les jeunes ! La conduite sans permis risque d’exploser… Est-ce vraiment la solution ? La FFMC n’est toujours pas convaincue de la pertinence du système de permis à points, surtout en ces temps d’automatisation des sanctions. __ Du coté des infrastructures, le représentant du CERTU est revenu sur la dernière réunion du groupe de travail, notamment à propos des glissières et des supports fragilisés__ (voir le compte rendu). La FFMC a alors contré Michèle Merli en observant qu'alors qu'elle parlait d’obligation à propos de l'équipement des conducteurs, elle se contentait de recommandations concernant les infrastructures. Et l'ambiance est remontée de quelques degrés… Alors en guise d'apaisement, la déléguée interministérielle à la Sécurité routière a évoqué l'idée de rajouter des panneaux au bord des routes pour signaler les endroits dangereux. Louable intention, mais justement, les ingénieurs de ses services travaillent précisément (en lien avec la FFMC, rappelons-le) à limiter les obstacles qui pullulent le long de nos routes. Décidément, nous ne sommes pas sur la même longueur d'onde.

La dernière intervention aura été celle d'un chercheur de l'Institut National de Recherche sur les Transports et leur Sécurité (INRETS) travaillant justement sur la problématique de la connaissance des accidents. Qu'a t-il dit ? Que la recherche n'en était qu'à ses débuts, que le comportement du conducteur d'un 2RM était encore très méconnu (scientifiquement parlant) alors qu'on étudiait celui des automobilistes depuis déjà plus de quinze ans et par conséquent, toutes les réglementations censées apporter des réponses à la sécurité des motocyclistes et des cyclomotoristes ne s'appuyait que sur du vide !

968793542_small.jpg Bref, un peu d’amertume pour les représentants des usagers 2RM qui estiment au contraire de Mme la déléguée interministérielle à la Sécurité routière, que les groupes de travail ont bien bossé, qu’ils avaient même trouvé un certain consensus dans plusieurs domaines, notamment celui des protections individuelles, de l'âge d’accès à la conduite d'un cyclo, et des modalités de la directive européenne sur le permis de conduire... Quant à la réglementation existante (sur les plaques d'immatriculation par exemple), l'ensemble des participants semble admettre qu’il suffit de l’appliquer. Mais était-ce trop consensuel au goût de Mme Merli ?

A quoi va bien pouvoir servir notre expérience d'usagers dans cette concertation si au final il n'en est pas tenu compte ?

A l'issue de cette rencontre « plénière », une chose est sûre : du côté du « Pouvoir », on a ressorti la gomme à effacer le sourire.

lundi 14 septembre 2009

Deuxième réunion du groupe "infrastructures"

Compte-rendu de la deuxième réunion de Groupe de Travail 2RM à la Direction de la sécurité et de la circulation routière (DSCR) consacré au thème Infrastructures et partage de l’espace public qui s’est tenue le mardi 1er septembre 2009 en rassemblant 28 personnes.

Le thème de cette réunion était consacré aux équipements placés au bord des routes. D’entrée, Eric Krajka, ex Monsieur Moto du 93 (actuellement en fonction au Conseil-général de la Seine-Saint-Denis) s’est exprimé au titre de son mandat à la FFM : il a attaqué bille en tête pour dénoncer, photos à l’appui, des piquets implantés sur un passage piéton d’une commune du 93, piquets métalliques biseautés au profil particulièrement agressifs. ffmc13_04-c513c.jpg Pour la FFMC, nous en avons profité pour enfoncer le clou, arguant que les réunions et les réflexions sur la protection des usagers vulnérables, c’est bien, mais pendant qu’on en cause avec les techniciens du Ministère des transports, preuve en est que des municipalités aux agents mal formés ou mal informés continuent à faire un peu n’importe quoi sur le terrain… Et toc !

Des fonctionnaires de la Seine-Maritime et de l’Allier, spécialistes en voiries et aménagements routiers ont ensuite exposés un nouveau dispositif « fusible », également nommés « support fragilisés ». Il s’agit d’un système permettant à un poteau de se coucher à la suite d’un choc avec un véhicule (VL ou PL) sans générer de sur-accident (longues explications sur les angles d’impact). Le système est déjà utilisé dans les pays scandinaves, mais pas encore chez nous en raison de l’absence légale d’homologation. Néanmoins, les techniciens du 76 et du 03 sont déjà en train de les concevoir, de les faire tester, voire même d’en installer. Et la sécurité des motards, dans tout ça ? Et bien les spécialistes des infrastructures routières nous ont répondu que l’utilisation de ces « dispositifs fusibles » permettent de se passer des glissières de sécurité, sachant que la première fonction de ces glissières que nous dénonçons depuis des décennies consiste justement à éviter que des véhicules (toujours non moto) n’aillent s’enrouler autour de ces poteaux… Mouais…

ffmc_barriere.jpg Nous avons repris la main pour dénoncer l’insuffisance des écrans de protection (doublement des rails) sur l’ensemble du réseau routier. Un représentant du syndicat des équipements de la route à précisé que sur 12 000 km de routes nationales « non concédés » (c’est-à-dire non passées sous la responsabilité des conseil généraux), le doublement des rails ne concerne que 475 km du réseau. Nous avons aussi déploré la prolifération des poteaux en tous genres au bord des routes. Là-dessus, les fonctionnaires chargés des aménagements routiers dénoncent « le sandwich réglementaire » qui permet aux différents services administratifs de « marquer leur territoire en implantant leurs propres équipements ». Puis, nous avons discuté des notions de « partage de la route » en revenant sur le problème de la circulation inter-files, insistant sur les nuances entre « circuler à vitesse raisonnable entre les files » des voiries type « rapides » inter-urbaines quand elles sont congestionnées et « remonter des files » en ville dans le cas d’une circulation arrêtée. La question de « la tolérance » sur cette pratique est donc revenue à l’ordre du jour, ce qui a permis à la FFMC de préciser qu’il ne s’agissait plus de discuter d’une tolérance, mais bien de réfléchir à l’aménagement et à l’évolution du Code de la route.

La prochaine réunion du groupe « infrastructures et partage de la route » se réunira le 1er octobre et portera sur les règles de circulation (notamment circulation interfiles).




Etaient présents : FFMC, FFM, AMDM, GEMA, Axa-Club 14, FNCRM (Fédération nationale du commerce et de la réparation du cycle et motocycle, La Prévention routière, Setra, Certu (Centre d’études réseaux transports urbanisme) CETE (Centre d’études techniques de l’Equipement) de Lyon et de l’Allier et de la Seine-Maritime, le Syndicat des équipement de la route, Préfecture de police (Paris), La Prévention Routière, CG 92, CG 03, la Ville de Paris, Société française des autoroute, ministère de l’Ecologie et de l’aménagement du territoire, DSCR.

lundi 6 juillet 2009

Première réunion du groupe "Infrastructure et partage de l'espace public"

Compte-rendu de la première réunion de Groupe de Travail 2RM à la Direction de la sécurité et de la circulation routière (DSCR) consacré au thème Infrastructures et partage de l’espace public qui s’est tenue le mercredi 30 juin 2009 en rassemblant 22 personnes.

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mardi 30 juin 2009

Première réunion du groupe "l'usager, les règles et l'équipement

detectabilite-ptit.jpg Voici un compte-rendu de la première réunion de Groupe de Travail consacré au thème "usagers, règles, équipements" qui s’est tenue le vendredi 26 juin 2009.

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vendredi 26 juin 2009

Première Réunion plénière de la concertation sur la sécurité des deux roues motorisés

La défense 05/06/2009

La voici lancée , cette fameuse « concertation sur le deux roues motorisé » promise à la FFMC après le fiasco gouvernemental de la « procédure VE » (voir cet article). C’est avec circonspection que nous l’abordons. La liste des invités ou la représentation des associations de motards se trouvent diluée dans un aréopage de représentants de l’Etat, des Ministères (intérieur, finances, éducation nationale, Santé, justice, écologie) , des collectivités locales (communes, départements), des professionnels du 2RM des organismes publics ayant trait à la sécurité routière, des associations de victimes de la route.

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