« Alors les motards, encore en colère ? » « Vous êtes très en colère ? Je ne sais pas si je peux vous laisser entrer alors… » « Bah, faut pas être en colère comme ça ! »… Voilà quelques-unes des phrases qu’on entend systématiquement au début de chaque rendez-vous pour la FFMC. Maire d’arrondissement ou de commune, préfet, président de région, député, adjoints et techniciens divers, tous ont cette réaction initiale la première fois.

Puis l’entretien commence, et la première question est presque invariablement la même : « Pourquoi C comme Colère ? C’est agressif, ça fait peur… pourquoi pas plutôt C comme Citoyen ? » Alors on leur explique que la question revient régulièrement, que la plupart des petits nouveaux la posent, et qu’elle est soulevée de façon récurrente en Assises. Et qu’avant d’en parler, il faudrait déjà leur dire un peu ce qu’est la FFMC.

en_colere-02-g.jpg Alors on fait un petit topo désormais bien rodé, trente ans, des antennes jusqu’en outre-mer, des structures couvrant tous les aspects de la pratique de la moto : presse, assurance, formation, juridique, stop-vol, loisir, ERJ2RM, FEMA… On leur donne un Motomag, une poignée de plaquettes et de dépliants. Et là déjà, le ton change. On n’est plus juste un motoclub qui fait des manifs, mais une vraie force de proposition, sérieuse, établie et représentative. Et maintenant qu’ils nous respectent, on peut engager un dialogue.

Selon l’interlocuteur et le contexte, on aborde le cœur des problèmes : formation, infrastructures, réglementations inadaptées, répression aveugle, sensibilisation, fiscalité, accidentologie, bridage. Sur chaque point, nous apportons des cas concrets, des propositions, et hélas de nombreux exemples de ce que gouvernement fait régulièrement à l’encontre du bon sens et du respect des usagers vulnérables.

Et vous savez ce qu’on nous répond généralement ? « Dites-donc, vous en avez des raisons d’être en colère ! ».

Ben oui. Toujours autant, de plus en plus, et si nos victoires sur certains points alimentent la motivation et la conviction qu’on peut faire changer les choses, elles ne compensent pas la frustration et l’exaspération qu’on ressent à chaque nouvelle déclaration ministérielle, chaque plaquette de « sécurité routière » de préfecture, chaque projet de loi débile.

Un jour, on ne gardera plus le C de Colère que comme un hommage historique à ces quelques militants qui ont sauvé la moto, à l’époque où on roulait encore sur des machines avec des moteurs à pétrole. Tout ira bien et nous serons la Fédération Française des Motards Contents. Mais en attendant cette utopie, tant que les motards ne seront pas plus écoutés et réellement pris en compte, tant que la motophobie restera un projet d’état et le racket systématisé un mode de gouvernement, nous serons en colère, et nous le ferons savoir, dans la rue comme dans les salles feutrées des réunions officielles.

Frédéric J. - FFMC

PS : Si vous aussi vous êtes en colère, même sans avoir le temps de militer en personne, soutenir votre antenne locale et la FFMC dans son ensemble sera déjà un bon début… Adhérez !

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