Compte-rendu de la quatrième réunion de Groupe de Travail 2RM à la Direction de la sécurité et de la circulation routière (DSCR) consacré au thème Formation et noviciat qui s’est tenue le 5 novembre 2009 avec une trentaine de participants.
Le groupe est piloté par Jean-Pierre Fougère (adjoint au sous-directeur de l’Education routière à la DSCR).
Après approbation du compte-rendu officiel de la précédente réunion, Jean-Pierre Fougère a indiquée que Michèle Merli, déléguée interministérielle à la Sécurité routière a reposé la question de l’âge d’accès à 14 ans pour la conduite d’un cyclomoteur (50 cm3, 45 km/h maxi). Rappelons nous que la 21è proposition énoncée parmi « les mesures prioritaires » dans le Rapport Guyot (base des discussions de la concertation) envisage « d’évaluer l’intérêt de rejoindre le standard européen sur l’âge d’accès à la conduite d’un 2RM à 16 ans ». Sur ce point, les réflexions du groupe de travail ont conclu au maintien de cet accès dès 14 ans (cf : http://blogs.motomag.com/concertation2RM/index.php?post/2eme-reunion-du-Groupe-de-travail-formation-noviciat). La question n’est donc pas tranchée et à ce sujet, Monsieur Fougère a demandé aux représentants du GEMA d’approfondir les données sur l’accidentologie de la tranche d’âge concernée.
La suite de la réunion a été consacrée à la présentation des propositions portant sur l’étude de nouveaux parcours d’examen présentée par l’AFDM, la FFM et l’ECF. A quelques variantes près, l’idée est de simplifier les épreuves de plateau, de supprimer les slaloms chronométrés et de mettre davantage l’accent sur les situations à risques et la circulation. Il s’agit d’élaborer les contenus d’examens qui seront en vigueur en 2012, dans le cadre de la 3ème directive européenne sur le permis de conduire. Pour la FFMC, ce qui est intéressant, c’est que ces travaux se déroulent avec la participation active de l’AFDM (Association pour la formation des motards, composante du mouvement FFMC). La 3è directive européenne prévoit de réintégrer les scooters à trois roues (les MP3) dans la catégorie des 2RM, tout en laissant aux états membres libres de leurs choix sur ce point.
Voilà qui nous amène à la dernière partie de la rencontre : une présentation par Eric Marot de l’Assurance Mutuelle des Motards (AMDM), des différentes catégories d’engins à deux et trois roues, de leurs spécificités et de la législation actuellement en vigueur pour tous les genres homologués.
Cette démonstration a mis en exergue la complexité des textes réglementaires, selon les véhicules, leurs puissances, leurs poids (à vide, en charge), leurs qualifications (tricycle, tricycle motorisé, trike…), leur accès aux différentes catégories du réseau routier, etc…
A l’issue de quoi les échanges ont repris autour de la problématique des Piaggio MP3 : c’est en effet une questions récurrente dans tous débats portant sur la sécurité routière et les 2RM en général, preuve que l’ampleur du phénomène a pris tout le monde de cours.
Les représentants de la Chambre syndicale nationale du motocycle (CSNM) ont d’ailleurs indiqué que le marché du MP3 avait redonné un peu d’oxygène a une profession impactée par la crise économique.
La prochaine rencontre prévue le 1er décembre se tiendra sur le site école de l’Automobile Club, à Vernon, dans l’Eure. Les participants travailleront sur la question des stages de post-formation pour les conducteurs.
Etaient présents : FFMC, AFDM, FFM, Club 14, Automobile Club, AMDM, MAAF, MACIF, MATMUT, GEMA, FFSA, UNIC et UNIDEC (Syndicat d’enseignants à la conduite), ECF, réseau CER, CSNM, FNCRM (Fédération nationale du commerce et de la réparation du cycle et motocycle, Certu (Centre d’études réseaux transports urbanisme), DSCR, Police Nationale (chargé du BSR + escadron motocycliste), Education nationale, Institut national de recherche sur les transports et leur sécurité (INRETS).

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(On sent qu'il y a là un enjeu important dans l'éventualité d'annonces rapides -pour ne pas dire précipitées- de la part de Michèle Merli, patronne de la DSCR.)++ La MATMUT objecte en argumentant que ces données sont mal connues car les contrats sont pris au nom des parents, ce à quoi l'AMDM (la Mutuelle des motards) répond non seulement connaître l'âge de ses jeunes sociétaires, mais a de plus constaté que la sinistralité des « cyclomotards » était moins élevée dans les familles où un des parents était lui-même motard pratiquant. Un représentant du Conseil général de l'Hérault souligne que l'accès au cyclo dès 14 ans est un facteur d'insertion sociale par un accès plus facile aux activités scolaires, extra-scolaires et vers les filières semi-professionnelles. Jean-Pierre Fougère assure que cet accès à la mobilité est un objectif majeur.
Au terme de cet exposé, les représentants des auto-écoles et de l'AFDM se déclarent en phase avec les analyses de l'INRETS avant de présenter à leur tour un exposé sur le contenu actuel de la formation au permis B, présenté comme « un cadre idéal à-priori, mais dans la pratique, ce n'est plus tout-à-fait ça ». Spécialiste des permis de conduire depuis les années 1980, JP Fougère reconnaît que nous avons en France les parcours au permis A les plus compliqués d'Europe et promet que dans l'avenir, « on va tordre le cou au chrono », en réponse aux critiques formulées quand au chronométrage de l'épreuve du plateau dite de circulation « à vitesse normale ».
Au cours des débats, le représentant de la FFMC, se déclarant inquiet de la tournure que prenait cette concertation depuis les récentes déclarations de Dominique Bussereau (secrétaire d'état aux transports), a plaidé pour que la richesse des expertises présentées et des discussions en cours soient prises en compte par les décisionnaires des pouvoirs publics...
...la FFMC étant toujours capable de se mobiliser massivement pour leur rappeler pourquoi on nous appelle « les motards en colère ».