Violence routière
Par FFMC nationale le jeudi 26 juillet 2012, 14:38 - Billet d'humeur - Lien permanent

dessin BERTRAND, droits réservés
La fin de la troisième semaine de juillet a été dramatique pour cinq personnes fauchées par des chauffards multirécidivistes qui n’auraient pas du se trouver aux commandes de leurs voitures. Cinq piétons violemment percutés, trois décès, deux blessés graves et des dizaines de vies massacrées en comptant les proches des victimes et celles des trois conducteurs mis en cause. Parmi les tués, une fille et sa mère percutées sous les yeux du mari et papa, dans le 20 ème arrondissement parisien… Le même jour, à Boulogne (92), une jeune femme de 22 ans est tuée alors qu’elle traversait aussi sur un passage piéton (on n’ose plus écrire « passage protégé »). Quant aux deux blessés graves la veille à Oléron (17), c’est un père qu’il a fallu amputer d’une jambe et son fils, toujours entre la vie et la mort, percuté par un mec qui roulait bourré.
Ces cinq victimes se sont trouvées sur la route de trois types dangereux qu’elles ne connaissaient pas, trois jeunes hommes de 22 et 24 ans, alcoolisés, et roulant sans permis.
A eux seuls, ces accidents vont-ils à nouveau justifier plus de répression pourtant inopérante dans ces cas précis, leurs auteurs étant déjà hors du champ réglementaire ?
Les pères et mères fouettards de la « tolérance zéro » vont-il encore resserrer les mailles d’un filet qui ne retient même pas les gros poissons ?
La réglementation, aussi stricte soit-elle, peut-elle empêcher les drames de la semaine dernière ? Non, puisque ces accidents sont survenus. Ces récidivistes mis en cause récemment étaient pourtant connus de leurs proches, de la police et de la Justice.
Pendant ce temps-là, au nom de la sécurité routière, des milliers de cabines-radars flashent quelques kilomètre-heure de dépassement sur des routes à quatre-voies sans intersection, sans piéton ni cyclistes, là où la visibilité porte à des centaines de mètres… ou bien dans des zones industrielles périurbaines limitées à 50 km/h. Là, c’est le conducteur d’un deux-roues arrêté pour un simple contrôle qui se voit reprocher un pot d’échappement non conforme ou une plaque d’immatriculation branlante… plus loin, c’est une voiture correctement garée mais dont le propriétaire n’a pas payé l’horodateur qui est verbalisée, parfois à quelques mètres de sans-gêne arrêtés en double-file que les agents de la circulation n’osent pas réprimander par crainte de déclencher une esclandre…
Demain, ce sera le tour de celui qui ne boit pas d’alcool avant de conduire qui devra répondre de la non-possession d’un éthylotest à bord de son véhicule… Dans six mois, le motard dépourvu de bidules rétro-réfléchissants sur sa tenue sera passible à son tour d’une amende assortie d’un retrait de deux points sur son permis … Etc, etc.
T’as mis une roue sur un zébra pour t’insérer dans un embouteillage de bagnoles à l’arrêt, paf, une prune ! On t’a vu, la caméra t’a vu, le relevé de la plaque d’immat’ permettra de t’envoyer la contredanse à domicile, comme une pizza commandée par téléphone. T’es en retard d’un mois de ton contrôle-technique (là encore, vignette vue au radar, filmé à distance) ? Paf, encore une prune !
Le paradoxe, c’est qu’en même temps, ça devient de plus en plus difficile de changer soi-même une ampoule sur son véhicule ou de trouver un tuyau d’air comprimé pour ajuster sa pression des pneus. C’est presqu’aussi difficile que de vouloir contester une amende qu’on estime injuste à force de tout vouloir faire « comme il faut » et d’être quand même rattrapé par cette avalanche de règlements, de décrets, de lois supplémentaires, marqueurs incontournables du « courage politique » des ministres qui se succèdent à vouloir faire le « bien des autres » en traitant leurs concitoyens comme des petits enfants.
Les « responsables » et autres « experts » de la Sécurité routière nous répètent que seule la répression donne des résultats, qu’il n’y a que la peur du gendarme qui fonctionne. Allez dire ça aux proches des victimes de la semaine dernière, tiens !
Ils étaient où les gendarmes, pour garder un œil sur ces trois connards connus et repérés (en principe !) par toute la chaine judiciaire, alors que le fichage de la population pour tout et n’importe quoi ne cesse de gagner du terrain au mépris des principes fondamentaux de libertés publiques et individuelles ? Évidemment, on ne peut pas mettre un flic derrière chaque personne et à la FFMC, nous ne le souhaitons pas… mais alors pourquoi met-on quand même les individus dans des fichiers ? Nous voilà dans l’ère du flic invisible qui voit tout, omnipotent sur le papier et qui ne peut rien dans la réalité, sauf à ramasser les morceaux.
Comment endiguer la violence routière ? En affublant les piétons de chasubles fluo ? En imposant le port du casque aux enfants dès qu’ils sortent de chez eux ? En décrétant que les conducteurs devront se munir d’un deuxième éthylotest, puis un troisième en attendant le quatrième… ?
Violence routière ? Violence tout court… violence d’une société qui multiplie les interdictions et les vigiles à l’entrée des centres commerciaux, les portiques, les badges d’accès et autres caméras de surveillance et qui diminue le nombre de ses fonctionnaires, policiers de proximité, éducateurs, enseignants, médecins, travailleurs sociaux… Une société où les centres de traitement administratif gérés par des opérateurs privés tournent à plein régime pour traquer implacablement la plus petite infraction des citoyens solvables tandis que ferment les dispensaires, les maisons de jeunes, les usines et les services publics sacrifiés à l’autel de la rentabilité.
Et si on remettait un peu les choses à l’endroit ?

Commentaires
Et oui.. La prévention coûte de l'argent, la police de proximité, les éducateurs et autres maisons de jeunes coûtent également de l'argent tandis que la répression, elle, rapporte de l'argent pour combler le trou béant de notre économie apparut on ne sait comment...
Dans cette nouvelle France qui souhaite se mondialiser, tout est rapport à l'argent, peut-être serait-il bon de rappeler à nos chers élus que la vie, elle, n'a pas de prix et qu'il faut donc la préserver... à n'importe quel prix !
Bravo à l'auteur.
Comment faire pour diffuser ce texte le plus largement possible ?
Très bien dit.
Et l' on peut ajouter aussi un exemple intéressant quand on privatise la sécurité des JO comme en Angleterre on arrive à l'absurde, la Sté déclare forfait au dernier moment, c'est donc à la force publique que l'on a fait appel en dernier recours.
La répression ne bouche pas seulement les trous du budget, elle crée un marché sur lequel certains comptent bien s'engraisser.
"Et si on remettait un peu les choses à l’endroit ?"
Je croyais que le changement c'est maintenant.
Je croyais que le diable c'était sarkozy.
Je croyais que c'était "perrichon" qui parlait de "violence" routière.
Je croyais que rendre sa plaque d'immatriculation illisible c'était pour échapper aux contrôles.
Je croyais que la limitation de vitesse avait un sens.
Je croyais que n'importe qui en une demi-seconde pouvait comettre l'irréparable, même moi.
Je croyais que les possesseurs de téléphone portables et de gps étaient locasisables à tout moment. liberté.
Je croyais que le stationnement payant devait permettre à tous de pouvoir stationner en alternance.
Je croyais que c'était mal d'analyser des faits à chaud sans avoir des éléments tangibles sur les faits en question.
Je croyais que penser différemment était un signe de dialogue et d'ouverture entre les humains.
Je croyais que partager la route était un acte social.
Je vous demande pardon pour mon ignorance et ma cupidité.
Heureusement que vous êtes là pour m'éclairer, merci la ffmc !
Pompidou disait à ses ministres :"arrêtez d'emmerder les français!"
Vive Pompidou!
Excellent article , que dire de plus qu'à cause de connards alcoolisés on va encore augmenter la répression automatique , récemment pour ma part lors d'une grande ballade je ne compte pas le nombre de refus de priorité dans les giratoires fait le plus souvent par des conducteurs plus occupés par leurs smartphones que par les motos les entourant ...
ça sent les manifs pour l'automne
Très bon texte, j'aime.
Et en même temps, que penser de nos élus qui en pleine assemblée sifflent une ministre parce qu’elle est en robe ? Comment penser et croire après une événement pareil qu'ils feront quelque-chose de cohérent pour la sécurité routière.
Et comment dire à un couple d'amis ou à son propre père ayant bu et donc au dessus de la limite légale de ne pas prendre le volant. De toute manière ils prendront le volant (oui j'ai déjà essayé de leur faire comprendre les choses). Tant qu'ils ne se feront pas choper, ils ne comprendront pas. Sans parler des multirécidivistes de l'article, c'est aussi une réalité du quotidien, où malgré la répression et les messages préventifs beaucoup n'ont toujours rien compris. Car c'est les autres.
J'avoue être désabusé.
Bien dit !
Je trouve le texte bien réaliste sauf la dernière partie qui critique selon moi un peu trop la "gendarmerie". Si les lois seraient plus durement appliquées (ou tout simplement appliquées tout court.) pour les récidivistes de la conduite sans permis ainsi que le stupéfiant/alcool, il n'y aurait peut être pas tout ces accidents.
Je tiens à souligner que effectivement c 'est pas avec leurs radars à la con qu'il vont choper ces mecs mais en rajoutant des policier/gendarme sur le terrain au lieu de fermer commissariat et brigade.
réponse :
Bonjour, ce ne sont pas les gendarmes (en tant qu'hommes et femmes) qui sont en cause dans ce billet, c'est le système de punition collective de l'ensemble des conducteurs qui fait du gendarme un surveillant de délinquants potentiels sur la base de fichiers et de règlements supplémentaires, alors que le gendarme (et le policier) ont de moins en moins les moyens d'assurer une vraie mission de sécurité routière basée sur une présence humaine au service des citoyens... ce que vous soulignez vous-même en définitive et ce que regrettent également les gendarmes et policiers avec qui nous avons parfois l'occasion d'en discuter.
Merci pour votre contribution à ce débat. Bonne route.
Je croyais que sapiens signifiait pensant ; affublé du préfixe moto, rien n'est moins clair :(
Actualités dramatiques malgré un éthylotest obligatoire imposé par la loi , comme quoi un alcoolo ne soufflera jamais dans le bidule , par contre , on n'hésitera pas à vous pruner en cas d'absence du bidule dans votre boite à gants ........ du n'importe quoi comme d'ab' !!!
Pensées pour les familles .
Pourquoi les photomatons ne sont pas implantés devant les écoles ?
Je suis ok pour lacher 3,4 , 6, 10 points si je roule plein balle devant une crèche, un centre aéré ou un jardin d'enfant !
Mais par contre il hors de question que je me ballade avec un ethylo, une chasuble .... je fais de la moto je ne suis pas,la pour me déguiser en village people.....
V d2
En effet, bon article, mais du haut de mes 58 ans dont plus de 44 de conduite d'engins motorisés, j'ajouterai simplement que si il y a de plus en plus de violence et de de réglementations stupides et inefficaces, c'est sans doute que depuis 1968, on a supprimé l'éducation et la morale... surtout pour les enfants qui ont tous les droits et qui seront alors considéré dès leur majorité comme des enfants par un état qui se mêle de tout...
Concernant l'alcool, je suis désolé de vous dire que je connais d'honnêtes citoyens qui avaient un peu dépassé une limite encore arbitraire qui rentrent chez eux en faisant très gaffe après un simple diner au restaurant ou chez des amis... Et qui n'ont jamais fauché aucun piéton ni écorné leur véhicule ! Et que donc retirer le permis à ceux-là est tout aussi inefficace que de l'enlever à celui qui roule à 200 sur une belle autoroute par beau temps (ce qui en Allemagne cause moins d'accidents et n'est pas sanctionné!!!). Quant à celui qui n'a pas son casque ou sa ceinture, en quoi met-il en danger les autres???? et doit-on lui aussi le sanctionner fort sévèrement!!!
Laisser les jeunes se faire éduquer par les conneries de la télé et non plus par l'apprentissage de règles morales : tu ne tuera pas, tu ne volera pas etc... est le fond de commerce d''un état de plus en plus totalitaire : tu ne fumera pas, ne boira pas, ne mangera pas de pâté, roulera comme un escargot avec un gilet machin, une ceinture et je garanti que tu survivra en t'emmerdant longtemps ...
Et pour répondre à d2mer2, sans doute des radars devant les écoles mais pas à 2 heures du matin en aout.... ce serait cela ces contrôles de bon sens... Notion totalement absentes des manipulateurs de statistiques..
Pompidou en avait lui du bon sens et de Gaulle aussi qui roulait à 140 sur la nationale pour rejoindre Colombey...Mais c'était la France libre!!! Et la vitesse était un progrès...
Quant au problème financier de l'état, il faut constater que depuis 40 ans, celui-ci (etat-nounou oblige..) distribue de plus en plus d'allocations et crée de plus en plus de commissions et autres hautes autorités forts couteuses, qu'il emprunte chaque année un peu plus, qu'il augmente toujours et encore les impôts sur les 'riches' et qu'il y a de plus en plus de pauvres... Encore un système qui ne marche pas!!!
Bonne nuit les petits!
@ papy78, concernant l'alcool, c'est sur qu'on ne peut pas régler de la même façon le problème de l'alcool chez quelqu'un qui sort d'un repas exceptionnellement trop arrosé, celui qui sort de boite bourré tous les week-ends, et celui qui est bourré du matin au soir. Pour ce qui est de l’évolution depuis 1968, je ne suis pas convaincu que ce soit lié à une quelconque révolution culturelle. Faut pas oublier qu'il y a 4 fois moins de morts maintenant que dans les années 70. Je suis né (largement) après 68, et ce n'est pas pour autant qu'on ne m'a pas appris à ne pas voler...
c'est tout le problème de la privatisation de la sécurité qui devrait être mis à plat. Qui estime qu'un contrôle technique pour les deux roues, une chasuble, un éthylotest, voire un brassard sont nécessaires à notre survie? les mêmes qui réclament pour notre bien des contrôles techniques tous les ans pour les voitures : tous les lobbies, constructeurs, centres, ... juge et partie.
Je passe volontairement sur les pseudos associations de sécurité routière et de victimes de la route qui l'ouvrent tant sur les ondes, surtout quand on leur a rien demandé, et qui viennent curieusement dans le sens de ces mêmes lobbies.
l'heure est au forçage de main, forcer le citoyen a devenir un consommateur, de voitures, de motos, de services, de radars sans qu'il lui soit possible de choisir sa propre voie : où est la citoyenneté tant réclamée par les décideurs alors? Sommes nous des asociaux parce que nous roulons en voiture d'occasion? des voleurs en moto qu'il faut marquer? des criminels sous curatelle qui s'ignorent ? Être pauvre, c'est ne pas être un bon français qui fait tourner l'économie du pays, enfin, celle des entreprises des copains ?
j'ajouterai ceci pour terminer : un radar -ou un MIB- qui remplit son rôle voit à terme son rendement diminuer, c'est la preuve de son efficacité. Or, en vertu de la LOF, il est mal noté ! donc il faut trouver un moyen de gré ou de force pour qu'il soit rentable.
Pauvre navire qui fait eau de toute part et n'a trouvé d'autre solution que de trafiquer les cadrans.