La FFMC propose des chiffres de sécurité routière prédictifs

Les chiffres de l’accidentalité routière d’avril 2013 ne vont pas tarder à tomber et nous faisons le pari qu’ils ne seront pas bons… particulièrement pour les deux roues. Pire, ils traduisent un relâchement ! Et la petite voix des enfonceurs de portes ouvertes de crier : « Vite, vite, des radars ! »

Effectivement, chaque année, à chaque printemps, le nombre de véhicules en circulation repart à la hausse et mécaniquement le nombre d’accidents connaît aussi une légère croissance qui va en s’amplifiant pour atteindre son pic au plus fort de l’été.

En 2013, ce phénomène s’est accentué avec un hiver particulièrement long et rigoureux au cours duquel les deux roues sont peu sortis des garages, et pour cause ! Aussi, avec l’arrivée des beaux jours, les motos ont logiquement refait leur apparition sur les routes et l’accidentalité a mécaniquement suivi. CQFD.

Pourtant, au milieu de l'habituel concert d’interprétations douteuses, il n’est pas inutile de rappeler que la mortalité routière est passée de 16 000 morts au début des années 1970 à 3 963 décès en 2011.

Les tenants du tout répressif proclament aussitôt que c’est « grâce aux radars », les mêmes qui disent aussi que lorsque la mortalité routière ne baisse pas assez vite, voire même remonte de quelques dizaines, « c’est parce qu’il n’y a pas assez de radars ! ». Ils arrivent même à prétendre, quand les chiffres ont baissé avant même que des nouvelles restrictions ne soient mises en place, « que c’est grâce à l’annonce des mesures que les gens ont levé le pied ».

Bref, vive la punition collective et les radars, ces formidables machines à tuer les morts plus vite et plus fort que la crise économique, les facteurs météo et les progrès de nos véhicules modernes en matière de sécurité active et passive…

Quant à imaginer que les conducteurs puissent d’eux-mêmes s’approprier les enjeux de sécurité routière aujourd’hui plus qu’hier et moins que demain, c’est une chose que les technocrates de la sécurité routière et les ministres en charge de ces questions ne peuvent concevoir… Car cela voudrait dire qu’ils devraient commencer à considérer leurs concitoyens comme des adultes responsables et non plus comme des petits enfants pas sages.
Moralité : continuons de communiquer, de combattre les idées reçues et de défendre des causes justes !