Réunion du 1er octobre du groupe de travail « infrastructures » de la concertation 2RM
Par FFMC nationale le jeudi 8 octobre 2009, 19:13 - Infrastructure - Lien permanent
La liste des organismes représentés est disponible en fin de ce compte rendu.
Etaient invités à cette réunion du groupe de travail spéciale « règles de circulation » deux experts ‘es-qualité’ : Jean Francois Durand de la Direction Régionale de l’Equipement d’Ile de France pour parler des remontées de files, et François Rambaud du CERTU au sujet des voies de bus.
Circulation inter files : Jean Francois Durand DREIF/PST
Lien vers le PDF de la présentation Point de situation : la définition de remontées de files se heurte à une grande diversité de pratiques, de la circulation entre les files sur les voies rapides urbaines embouteillées à la remontées de files à l’arrêt à un feu en ville. Une étude des vitesses pratiquées est présentée. Elle pointe l’importance de conserver un différentiel de vitesse suffisamment faible pour permettre une détectabilité suffisante par les autres usagers. Des relevés étant intervenus sur le périphérique et les autoroutes franciliennes. (voir graphique) montre que les 2RM remontent les files avec, en moyenne, un différentiel de 30km/h mais avec une forte dispersion : en effet on relève aussi des différentiels de vitesse à 65 km. Au delà de la vitesse, un problème constaté est celui des distances de sécurité non respectées.
L’exposé se poursuit sur une étude de l’accidentalité. ¼ des accidents graves se produisent avec des véhicules qui coupent la trajectoire du 2RM. 1/3 des accidents graves interviennent après ralentissement ou obstacle.
Facteurs accident les plus souvent relevés :
- Détectabilité insuffisante des 2RM.
- Route large et rectiligne (encourage une plus grande prise de risque ?).
- Absence de voie dédiée au tourne à gauche.
- Caractère inattendu de la remontées de file (masque à la visibilité, piéton ne s’attendant pas a voir arriver un 2RM à cet endroit).
- Inexpérience du 2RM.
- Excès de confiance (itinéraire connu).
- Visibilité réduite (météo, nuit).
- 2RM à contresens (en ville).
- Indiscipline relative du piéton.
47% des accidents ont lieu en intersection !
La FFMC a quant à elle rappelé que la circulation inter file était autorisée dans le code de la route en Autriche, et aux Pays Bas, et officiellement reconnue en Belgique, et faisait l’objet d’une large tolérance dans la plupart des pays européens. Elle conteste le recours abusif à la procédure de PV à la volée, où des motards sont verbalisés ‘en masse’ pour circulation entre les files, sans prendre en compte les circonstances. A contrario, la Préfecture de Police de Paris indique faire preuve de discernement dans l'application de la verbalisation.
Le groupe propose de définir plus précisément les règles de bon sens pour la pratique de la circulation entre les files. La FFMC a communiqué sa position sur le sujet et soumis un document intitulé « conseils pratiques pour la circulation entre les files » qui semble avoir recueilli l’assentiment général et
Les conditions de l'expérimentation doivent encore être précisées dans la mesure où la pratique de la circulation est déjà généralisée en Ile de France.
Le représentant de la Préfecture de Police de Paris propose de matérialiser des cheminements 2RM en interfiles (par exemple sous forme de pointillés , mais pas sous forme d'un marquage de voie).
2RM dans les voies de bus : François Rambaud (CERTU) (Lien vers le pdf de la présentation)
Francois Rambaud rappelle que l’objectif de la politique des transports est de favoriser les transports en commun, notamment par la création de site propre pour leur circulation.
Ces sites propres, ou voies de bus, restent néanmoins ouverts à d’autres usagers, Taxi, Cyclistes, Véhicules d'intervention, … mais actuellement uniquement dans l’objectif d’aider les modes « doux » (les vélos, quoi…)
Pour Francois Rambaud, ouvrir aux 2RM les voies de bus en ville poserait de sérieux problèmes de sécurité, et de qualité de service (notamment régularité, mais aussi confort – plus de coups de frein).
De plus les Transport en Commun ont des phases de feux spécifiques, des itinéraires contraints, ce qui n'est pas le cas des autres usagers (trajectoires multiples en sortie).
En revanche, il souligne qu’en interurbain (voies rapides urbaines), l’ouverture de voies de bus aux covoiturage et aux 2RM peut s’étudier comme par exemple en Espagne (Madrid).
A ce sujet, la FFMC, forte des informations transmises par la FEMA (Federation of European Motorcyclists Associations) rappelle que la circulation des 2RM dans toutes les voies de bus est autorisée en Norvège et en Grèce, est autorisée sous forme partielle dans plusieurs autres pays (Suède, Autriche, Espagne, Italie) et fait l’objet d’expérimentation en Grande Bretagne et en Suisse. En Grande Bretagne, l’ouverture des voies de bus aux 2RM s’est réalisée dans le cadre d’une politique volontariste en faveur de la sécurité des 2RM, et a donné d’excellents résultats (baisse de l’accidentalité malgré une hausse du trafic).
Thierry Lemaitre, de la RATP, témoigne en tant que conducteur de bus mais aussi motard. Il indique que la tolérance vis à vis des 2RM dans les voies de bus en vigueur il y a plus de 10 ans n’est plus possible dans la situation actuelle d’explosion du nombre de pratiquants de 2RM. La multiplicité des usagers à prendre en compte pour le conducteur d’un bus complique sa tâche de conduite, le problème des angles morts étant par ailleurs méconnu des autres usagers, ainsi que l’ont montré plusieurs accidents de « vélib » à Paris.
Vent debout contre l’ouverture des voies de bus aux motards, des organismes dont le GART ou l’UTP multiplient alors les arguments contre cette éventualité, dont le risque accru pour les 2RM eux mêmes, s’appuyant sur les vitesses excessives pratiquées par certains 2RM , incompatibles avec les vitesses commerciales des TC (20kmh en moyenne), le risque pénal, l’excès de confiance et le sentiment de véhicule prioritaire que cela confèrerait aux conducteurs de 2RM, et signale le risque posé par les 2RM qui remontent à contresens les files de bus comme par exemple sur le boulevard Saint Michel. Enfin, les associations de cyclistes sont fortement opposées à l'ouverture des Voies de bus aux 2RM.
Paradoxalement, l'élargissement des VB a contraint la circulation dans les autres voies.
L’étude de l’accidentologie dénombre peu d'accidents 2RM avec TC, mais plutôt des problèmes de cisaillement de voies avec d’autres usagers lorsque par exemple lors d’un tourne à droite, la circulation « normale » croise la voie de bus. Les autres usagers ne s’attendent pas à trouver un deux roues à cet endroit là.
A noter que selon la Mairie Paris les 2RM constituent désormais 16% du trafic Paris intra muros.
Face à ce raz de marée, la FFMC reconnaît que la possibilité d'ouverture des VB aux 2RM doit sans doute s'accompagner de règles particulières, mais rappelle que l'exemple de Londres montre que c’est possible. Un représentant des assureurs rappelle aussi que la question centrale ici devrait être le bonus de « sécurité » pour les 2RM. De ce point de vue justement, la préfecture de Police signale de gros problèmes lors de ce qu’il appelle avec humour « l'expérimentation illégale permanente » pratiquées quotidiennement par de nombreux 2RM parisiens boulevard de Sébastopol au niveau du carrefour République.
Pour le représentant de la Mutuelle des Motards, en colère, si on se contente de juger sur des comportements transgressifs pour conclure à l'impossibilité de faire évoluer les comportements et attitudes, c'est désespérant…
En conclusion, sur les remontées de file, on peut construire le cadre d'une expérimentation qui pourrait devenir réglementation, mais du côté des voies de bus, c’est pas gagné, on en est à peine à étudier la faisabilité d'une expérimentation…
La prochaine réunion programmée le 6 octobre prochain abordera le « partage de la voirie » du point de vue des aménagements, infrastructures,
Etaient présents des représentants des organismes suivantes RATP (Régie Autonome des Transports Parisiens), GART (Groupement des autorités responsables de transport ) , GEMA (Groupement des Entreprises Mutualistes d’Assurance), PR (Prévention Routière), SER (Syndicat des Equipementiers de la Route), CERTU (Centre d'études sur les réseaux de transport et l'urbanisme), DSCR (Direction de la Sécurité Routière), Marilou, PP (Préfecture de Police de Paris), UTP (Union des Transports Publics et Ferroviaires), FNCRM (Fédération Nationale du Commerce et de la Réparation du Cycle et du Motocycle), FFMC (Fédération Française des Motards en Colère ), FFM (Fédération Française de Motocyclisme)

Circulation inter files : Jean Francois Durand DREIF/PST
Commentaires
bizarrement, les arguments avancés contre l'arrivée des motos dans les voies de bus sont aussi applicables aux cyclistes. 2 poids 2 mesures?
On ne peut que se réjouir que l'idée d'autoriser (et d'encadrer) la remontée de files fasse son chemin. Là-dessus, il ne faut rien lâcher.
Par contre, la circulation dans les voies de bus me paraît plus discutable et je suis pour les réserver aux transports en commun et aux modes de déplacement doux. Il est compréhensible que les associations de cyclistes y soient opposées : à vélo, en ville, il est aussi désagréable d'être frôlé par une caisse que par un 2RM. Le partage de la route vaut aussi les vélos, on pourrait leur laisser cet espace de tranquillité.
Finalement, pourquoi demander à utiliser les voies dédiées dès lors qu'on nous autorise à remonter les files ?
Salut FFMC, Je pense qu’il est urgent de monter le dossier suivant : Circonstance des accidents engageant un Motard. Je pense que beaucoup d’accident engage surtout la responsabilité de conducteur à 4RM qui n’ont pas « vu » le Motard… Il faut faire apparaitre les circonstances et le manque de vigilance des 4RM car il faut bien le dire, ils ne risquent pas grand-chose eux dans leurs cercueils à 4roues face à nous Motard. Maintenant, c’est aussi la vigilance de chacun (à revoir). Beaucoup des 2RM pensent rouler sur des routes sans signalisation et que les lignes aux sols font partis du décor urbain. Donc Motard, Vigilance Solidaire ! Mais il faudra certainement aussi noter le non respect des distances de sécurité entre chaque véhicule. Le conducteur « Parisien » comme certainement ailleurs, n’accepte aucune distance entre chaque véhicule. Il semble que pour eux, c’est de la place à prendre ! Donc moins de visibilité faut-il le rappeler ? … A+
Qui a dit que la FFMC ne faisait que gueuler et ne proposait rien ?
Bellel illustration des actions hors manif à faire connaître aux motards critiquant la FFMC mais restant derrière leur claviers sans se bouger le c...
Zébulon
Sauf a être de mauvaise fois parce que télécommandé par sa direction, le motard machiniste ne dit pas tout.
A commencer par les conditions de plus en plus déplorable du métier de machiniste.
Pas de personnel suffisant et difficulté dans les embauches, formation externalisée et course au profit prônée par sa grande entreprise. Priorité au commercial avant la conduite, le stress démarre là.
Sans parler de la "concurrence" incompatible avec un vrai service public du transport en Ile de France.
Maintenant, je pense qu'il doit y avoir un vrai travail avec le service voirie de la Mairie de Paris(voir Austerlitz-> Gare de Lyon).
Les motards machinistes adhérents de la FFMC et syndicalistes(nul n'est parfait), ont une autre vision de ce partage des voies dédiées.
Postscriptum. Si c'est le même motard qui fait de la sensibilisation dans son dépôt de Bus, avec l'ACO et la MATMUT, je me marre ... même si la démarche volontaire et bénévole a le mérite d'exister. Faire des cônes en teeshirt, c'est mal barré, mais n'est pas AFDM qui veut ....
le lien vers le document intitulé « conseils pratiques pour la circulation entre les files » ne fonctionne pas... c'est dommage
Du modérateur : bien vu, merci, c'est corrigé (et complété)
Cycliste à Paris, motard ailleurs.
Comment voulez vous faire cohabitez dans les mêmes voies des deux roues à moteur qui roulent déjà n'importe comment et illégalement dans les voies de bus souvent à 60 à l'heure en slalomant entre les cyclistes, et des cyclistes qui roulent entre 5 et 30 à l'heure, selon l'état de la route et la pente. En étant souvent obligé de faire des écarts imprévus pour éviter les trous dans le bitume et de faire !
Prenez un vélib pendant une semaine pour vraiment circuler dans Paris, et vous reviendrez en parler.
Je suis au contraire pour interdiction absolue des deux roues motorisés dans les voies de bus et sur toute piste cyclable, avec retrait immédiat du permis et confiscation du véhicule.
Dans les voies de bus à Paris , moto comme scooter, les deux roues motorisés sont de vrais dangers publics pour les cyclistes comme pour les piétons qui descendent du trottoir dans les rues commerçantes.
Et avec ça agressif quand on vous fait remarquer que vous n'avez rien à y faire. Je circule en vélo tous les jours à Paris et rares sont les journées ou il n'y a pas un conducteur de deux roues motorisé qui veut me casser la gueule parce que je lui fait remarquer vertement qu'il n'a rien a foutre là, qu'il n'a pas à me doubler a droite entre moi et le trottoir ou me dépasser à 5 cm avec un differentiel de 40 à l'heure.
Les vélos les bus et les taxis s'arrangent très bien entre eux et roulent à peu près aux mêmes vitesses dans ces voies là.
Mais NON aux deux roues motorisés dans les voies de bus.
Et j'ai mon permis moto toutes catégories depuis 1980, même si je n'ai plus de moto depuis quelques temps.
Bonjour,
merci pour ce commentaire un peu "énervé".
Contrairement à vous, nous pensons que la cohabitation vélos/motos est possible dans des espaces réservés. Certes, il y a des conducteurs de 2RM qui ne voient pas plus loin que le bout de leur guidon et comme ce sont souvent les plus transgressifs, c'est eux que vous retrouvez dans les couloirs où les motards plus respectueux des autres ne vont pas dans la mesure où c'est interdit. Si j'utilisais les mêmes recettes argumentaires que vous, je pourrais vous répondre qu'il y aussi des cyclistes qui font peu de cas de leur propre sécurité et de celle des autres. Mais à s'opposer ainsi, une chose est certaine : on n' arrivera pas à cohabiter.
En revanche, estimant que nos préoccupations peuvent se rejoindre, notamment quant à la vulnérabilité d'être en deux roues, à moteur ou pas, nous avons tout à gagner à discuter, à se rencontrer et à se comprendre pour finalement mieux cohabiter dans le respect des uns et des autres. C'est possible, l'humanité s'y emploie depuis bien avant que la roue ne fut inventée et nous avons d'ailleurs fait quelques progrès en terme de sociabilité depuis l'époque des cavernes.
Bien cordialement, bonne route...
Marc BERTRAND, chargé de mission sécurité routière à la FFMC