La Défense, 06/01/2011

Introduction

Après les vœux de bonne année, le groupe fait un petit récapitulatif des sujets précédemment abordés et les principaux points d’accord, notamment la volonté de traiter rapidement les nuisances sonores. La DSCR souhaite que les intervenants partagent des données sur le recensement des circuits accueillant des 2RM. Aujourd’hui, il s’agit de trouver un modèle économique viable avec de nouvelles sources de financements, et de définir le contenu du programme pédagogique.

FFMC-moto-stage_circuit_7311.jpg Ça tombe bien, sur ce sujet aussi la FFMC a beaucoup de chose à dire, et elle n’a pas attendu le Grenelle pour proposer des sessions de roulage sur circuit (avec la Mutuelle des Motards), faire des stages de formation (avec l’Association pour la Formation des Motards), créer et se battre pour sauver la fonction sociale du circuit Carole en Ile-de-France…

Le problème de ce groupe, c’est que personne ne semble savoir exactement ce qu’il faut y faire. Il est question de fournir des lieux aux stunters et aux runners, de permettre aux motards de tourner librement sur circuit pour exploiter en sécurité les performances de leur machine, de faire de la formation à la conduite… Or tout cela est très différent !

Le stunt et le run

Le groupe évoque longuement les différences et les points communs entre le stunt (figures acrobatiques, certains parlent de « moto artistique ») et le run (plus ou moins assimilable à des courses de dragster). Le chargé de mission du circuit du Mans évoque son travail d’écoute et les quelques accidents mortels ayant eu lieu en marge des 24H. Stunt et Run sont deux disciplines différentes, mais qui ont en commun de se pratiquer hélas trop souvent sur la voie publique, ouverte à la circulation, dans des conditions très dangereuses.

Des associations commencent à se créer, mais ça reste marginal, et on constate des frictions entre les élus locaux et les regroupements de runners et stunters. Le circuit d’Albi est proactif et collabore bien avec les stunters, en cherchant des solutions : échappements avec silencieux exigés, pas de burn détériorant les revêtements fragiles… Mais souvent, quand le stunt ou les runs s’organisent trop, les pratiquants vont ailleurs, pour garder leur impression de liberté totale et de transgression.

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Une figure de stunt, au côté des wheelings, stoppies, burns, barefoot… rien de ce qu’on fait en pilotage ni en conduite, c’est une discipline à part.

Cela dit, pour toutes les disciplines, le lieu de pratique consiste en une grande zone de bitume propre, qui peut être compatible à la fois avec le stunt, le run, et même pourquoi pas les stages de perfectionnement et la formation initiale… à condition de ne pas être abimées par le stunt (certaines figures comme les burns déforment les surfaces, et les nombreuses chutes peuvent laisser des liquides ou des éclats à terre). L’AFDM rappelle que parler d’ouverture des circuits et de création de lieux dédiés est une très bonne chose, mais il ne faut pas oublier que trop souvent encore la formation initiale se fait sur des plateaux improbables et peu adaptés : des parkings, des surfaces détériorées... Equiper correctement les moto-écoles serait un bon début.

Sessions de roulage et formation à la conduite

Quand on parle de roulage sur circuit, il faut faire d’emblée une distinction entre conduite et pilotage. Le circuit peut être un défouloir, il a un attrait certain, mais ce n’est en rien de la conduite sur route ! Position, freinage, trajectoire, rien à voir entre les deux, et toutes les structures du Mouvement FFMC insistent fortement sur ce point, qui n’a pas encore l’air clair pour tout le monde à la DSCR. Elles mettent également en garde contre le phénomène bien connu de surcompensation du risque : un motard qui se croit pilote après un stage peut être tenté de reproduire sur la route sa technique toute neuve de posé de genou et de freinage tardif… avec les énormes risques que cela comporte sur route ouverte. Caser le mot "homéostasie du risque", le petit nom de ce phénomène, fait toujours son effet, il est juste un peu regrettable que ce concept essentiel ne soit pas plus connu dans ce milieu d'experts.

Les sessions sur circuit ont tout de même un avantage net au niveau de l’équipement : beaucoup de stagiaires portent un cuir sérieux pour la première fois à l’occasion d’un circuit, et ont tendance à en garder l’habitude, ce qui est positif.

L’AFDM demande qu’au minimum on distribue lors de roulages un document faisant clairement la différence entre conduire et piloter, l’idéal étant que ce soit abordé en salle. Cette idée est notée et a déjà été retenue par Mme Merli lors d'une plénière.



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Pilotage : recherche de performance, champ de vision limité, environnement maîtrisé… Rien à voir avec la conduite

Faire venir les gens sur les circuits pour tourner librement est une chose, mais quand une organisation est labellisée purement « sécurité routière », ils ne se déplacent pas, il faut d’autres incitations, qui dépendent des projets personnels. Par ailleurs, la proposition d’utilisation des circuits pour des formations en entreprise n’est pas pertinente, le travail se faisant principalement sur des comportements (reproduire une intersection sur un circuit c’est techniquement possible, mais qu’en fait-on ?). Nous nous élevons clairement contre la proposition de proposer des stages à la place d’une amende ou d’un retrait d’un permis. La FFMC ne veut pas de contraintes sur ce sujet, qui doit rester sur le terrain de la pédagogie, du volontariat, de la prévention et de la formation.



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Stage de perfectionnement à la conduite : pas de notion de performance, regard lointain, méfiance de l’environnement… Rien à voir avec le pilotage.



Etablir un programme pédagogique est facile et rapide à faire, nous avons déjà des experts qui organisent des stages depuis des années. Il faut surtout se mettre d’accord sur l’objectif et les moyens, en consultant tous les circuits pour avoir des engagements et des tarifs d’ouverture hors compétition, à l’image de ce qui se fait au circuit Carole.

En bref, nous demandons d’une part que les motards puissent tourner sur les circuits, hors compétition, pour le côté ludique et le dépassement de soi en toute sécurité. Et d’autre part, de pouvoir organiser la formation initiale à la conduite et les stages de perfectionnement dans de bonnes conditions. Mais ce sont, une fois encore, deux choses très différentes. Reste à en convaincre tous les participants à la concertation. La FFMC fera son possible pour que les motards puissent accéder aux circuits et que ces circuits les accueillent à la manière de Carole, mais faire le travail à la place des Institutions n’entre pas dans nos projets. Guider, proposer, et être vigilants, oui.



Prochaine réunion prévue le 2 mars 2010

Participants : FFMC, AFDM, AMDM, DSCR, Circuits du Mans, Ferté Gaucher et Albi, Bruit Voisinage, Direction de la voirie Mairie Paris, Coordination Sécurité Routière Paris, ACO, Préfecture Police Paris, Ministère intérieur. Excusés : Club14 et FFM

Frédéric J.