La Sécurité Routière lance une nouvelle campagne.

Premier paradoxe, cette nouvelle campagne est livrée en pâture aux médias de tout poil alors même que le Délégué Interministériel à la Sécurité Routière n’est plus en poste. D’ailleurs, il n’est apparu à notre connaissance dans aucun médias alors que depuis 48 heures la campagne bat son plein. Certes il n’y a pas de génération spontanée et cette action à forcément été commanditée par l’ex DISR et son patron, cependant on peut se demander quelle urgence nécessitait de la mettre en œuvre juste après que le gouvernement qui l’a décidée ne soit plus aux commandes ? Second paradoxe, bien que le DISR sortant se soit toujours présenté comme un homme de dialogue, cette campagne n’a fait l’objet d’aucune concertation avec aucun des acteurs impliqués dans le monde des motards et de leur sécurité sur la route.

Le motard est la seule cible de cette campagne. J’écris LE motard car manifestement pour l’émetteur c’est une entité, un groupe social dont chaque membre est parfaitement identique. Comment le DISR et son staff dont le crédo est de tout mettre en œuvre pour réduire autant que faire se peut le nombre d’accidents sur nos routes et la mortalité des usagers, comment ces personnes peuvent-elles imaginer et organiser des campagnes médiatiques aussi stigmatisantes, aussi infantilisantes, aussi réductrices et pour tout dire aussi discriminatoires. Il est vrai que ces mêmes personnes ont déjà sévi dans le discriminant en imposant des mesures ciblés aux deux-roues motorisé de + de 125cm3 (décret du 2 janvier 2012).

Comment le Mr Moto National, seul maitre à bord maintenant, par définition spécifiquement dédié à la sécurité des 2RM peut-il sans bafouiller déclarer sur Europe 1 le 23 mai « …nous n’avons pas pu imposer le blouson car les forces de l’ordre n’en sont pas équipées… pas avant deux ou trois ans…mais il était important d’inciter les motards à s’équiper pour être visibles… » alors que le journaliste le questionnait sur le paradoxe d’imposer une bande réfléchissante bien que la majorité des accidents se produisent de jour, par beau temps et en rase campagne… L’absence de chef ne doit pas justifier de prononcer de idioties !

Comment peut-on ne pas avoir conscience que le scénario et le montage du film support de la campagne induit les messages suivants : … les automobilistes vous pouvez continuer à ne pas faire attention aux motards, ce n’est pas de votre faute s’ils se tuent car leur instinct primaire les pousse à se suicider sur des routes pittoresques que vous n’empruntez pas !...Quand à vous les motards, pratiquez dans la jungle urbaine où votre dextérité et votre concentration font merveille mais si vous voulez rester en vie oubliez les routes de campagne…

Elle est injuste cette campagne, elle est intolérable et la manière dont elle est traitée dans les médias télévisés est insultante pour le citoyen motard aussi divers et pluriel qu’est la société…


Monsieur le Président nouvellement élu
Monsieur le Président de tous les Français
Monsieur le Président de la normalité
Monsieur le Président de l’égalité
Monsieur le Président de la justice
Monsieur le Président de l’équité
Vous devez intervenir pour dénoncer ces pratiques indignes et non conformes à vos promesses. Il y a autant de motards que de citoyens, tous différents… nous ne pouvons pas tolérer une vision aussi réductrice des citoyens de ce pays.


Patrick