On peut bien vous le dire, maintenant : à la fédé, entre nous, on vous appelait « Pépé », monsieur le Délégué... rapport à votre blaze, Péchenard, Pé-pé, Pépé quoi ! On aurait pu aussi dire « Pépé la Moto », par paronymie avec la bande à Pépé le Moko, avec Jean Gabin… Pour l'ancien patron du Quai des Orfèvres, ça le fait, non ? Bref, nous les Motards en colère, on a fait simple car nous sommes simples : on est resté sur « Pépé »… D'accord, ça peut paraître un peu familier pour un personnage de votre envergure et ça n'implique pas que nous fûmes devenus copains avec un représentant du « pouvoir »  : nous sommes toujours les Motards en colère de la FFMC et nous savons d'où nous venons et dans quel camp nous sommes.

Mais faut bien reconnaître qu'avec vous, y'a pas trop eu d'embrouille, pas de donnant-donnant, pas de marchandage à sens unique : vous n’avez pas tenté de nous rouler, vous avez logiquement et justement fait en sorte que les inepties sécuritaires de vos prédécesseurs disparaissent des projets de réglementation et pour nous, c'était déjà pas mal, c'était le préalable à des discussions constructives.

Si vous croisez votre successeur, si vous pouviez lui suggérer de poursuivre dans cette voie : de regarder loin, comme tout bon motard et usager de la route doit le faire, de lever le nez, de ne pas se laisser bercer par les sirènes des technocrates toujours prompt à ficeler des statistiques indémaillables à des fins de communication pour mieux ravaler des façades à coups d'enduit pseudo-scientifique pour épater les médias qui ne prennent même plus la peine de tenter la moindre analyse dès qu'on parle de sécurité routière…. Et surtout, surtout... si vous croisez celui ou celle qui vous succédera, montrez-lui la commande de la soupape de surpression du tout répressif, car ici comme ailleurs, le seuil de tolérance est atteint et la rue gronde….

Allez, bonne route, M'sieur le préfet.

Pat