Il est parfois amusant, souvent agaçant de constater comment le traitement médiatique de certaines informations souffre du miroir déformant de nos perceptions des questions abordées.

Ainsi la publication du baromètre Axa Prévention sur « les comportements des français en deux roues motorisés » a suscité des réactions révélatrices des à-priori des rédacteurs de certains articles.

Ainsi pour le Figaro, les conducteurs de 2RM « multiplient les imprudences sur les routes », le repaire des motards, qui pourtant ne pourrait être taxé de motophobie titre « insécurité croissante pour les deux-roues » Plus mesurée France Bleue Ile de France, en tant qu’officieuse « radio Trafic », spécialisée des transports, délivre une information moins orientée, et plus factuelle des résultats de l’enquête d’Axa Prévention.

Les raccourcis sont également nombreux. Pour le Figaro : « 57 % des conducteurs de deux-roues motorisées reconnaissent rouler à 65 km/h en ville ». Une majorité de cinglés ? En réalité, ils sont 57% à reconnaître qu’il leur arrive de rouler à 65km/h. La nuance est de taille !

Face à ces raccourcis, que dit en réalité l’enquête : les conducteurs de deux roues motorisés sont des usagers de la route prudents (davantage que les automobilistes sur les questions du téléphone ou des feux oranges grillés par exemple, et très sensibilisés aux questions de sécurité routière et à leur vulnérabilité (notamment les motards), et enfin que la situation s’améliore.

Une lecture attentive de l’étude Axa suffit à s’en convaincre... Est-ce ce que l’on retient des titres évoqués ci-dessus ? Pas vraiment…

Alors, bien sûr, il reste des progrès à faire notamment sur la question de l’équipement, et surtout du téléphone au volant/guidon qui malheureusement se banalise, y compris en 2RM (même si, là encore c’est dans des proportions infiniment moindre qu’en auto) ce qui est préoccupant. Mais les motards et les scooters sont très attachés à leur sécurité. J’en veux pour "preuve par l’exemple" qu’ils sont une majorité à s’équiper de gants alors qu’aucune réglementation ne les y contraint. Bien entendu, le conducteur de deux roues motorisé a une conscience aigüe de sa vulnérabilité !

Quant aux différences scooters / moto (plutôt à l’avantage des motards), elles s’expliquent simplement par le fait qu’on a affaire à des populations différentes, dans leurs usages, dans leurs motivations, par l'age moyen des utilisateurs, et surtout par la formation qu’ils ont suivie… ou pas.

La réaction de votre humble serviteur qui tente de remettre l’église au milieu du village face à ces questions dans une interview à 20 minutes sera-t-elle audible ? Il est à craindre que non : les clichés ont la vie dure. Raison de plus pour leur faire la peau, notamment par un comportement exemplaire sur la route.

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