Vendredi 3 octobre 2014, les représentants de la FFMC ont été reçus au Ministère de l’Intérieur, à l’hôtel de Beauvau.
Eric Thiollier (délégué général), Marc Bertrand (chargé de mission sécurité routière) et Nathanaël Gagnaire (chargé de mission fédéral) ont rencontré le général de gendarmerie Christian Rodriguez, conseiller sécurité du ministre de l’Intérieur et Jean-Robert Lopez, délégué interministériel à la sécurité routière.

Conseil national de la sécurité routière (CNSR)

Après des présentations sommaires (le général Rodriguez savait à qui il avait affaire et monsieur Lopez nous connaît déjà), les représentants des « Motards en colère » sont entrés dans le vif du sujet, à savoir la critique du rapport n°2 des experts du CNSR consacrés aux « Groupes à risques ». Qualifiant ce rapport de « provocation à l’encontre des usagers du deux-roues motorisé », les représentants de la FFMC ont rappelé à leurs interlocuteurs que les questions qui fâchent sont toujours les mêmes depuis 2008 et ce malgré les concertations, les commissions parlementaires, les manifestations et les groupes de travail qui se sont succédés sur ce sujet. Bref, nous en avons conclu en disant à ces messieurs : « ne faisons pas de langue de bois, ce n’est pas notre genre : ce rapport, Monsieur le Conseiller, il est bâclé ! Nous ne sommes pas opposés à travailler à des mesures de sécurité routière qui permettraient de réduire l’accidentalité des 2RM, notre participation au CNSR en témoigne, mais les demandes des experts sont inadaptées aux enjeux et elles ne permettront pas de faire adhérer les conducteurs que nous représentons à ces enjeux ». Sur ce sujet, le général Rodriguez temporise et rappelle que ce ne sont « que des recommandations ».

Permis A2 et catégories de motos accessibles

Eric expose ensuite la problématique des motos disponibles pour les conducteurs novices en permis A2. Il demande où en est cette question en témoignant du désarroi des conducteurs concernés. « Depuis début 2013, les conducteurs novices de 2RM sont inutilement restreints dans le choix de motos adaptées à leurs débuts en conduite, du fait d’une formulation maladroite de la directive européenne. Ils sont contraints à l’achat d’une moto neuve, ce qui pour des conducteurs le plus souvent jeunes, et en situation de crise économique se révèle particulièrement difficile et sans aucun apport pour la sécurité. Un projet de décret suite à un avis d’un groupe d’experts de la Commission Européenne rendu public en février 2014 a été annoncé. Qu’est ce qu’on attend ? » MM. Lopez et Rodriguez sont informés du problème, la France ayant même été à l’initiative de la saisine du groupe d’experts de la Commission Européenne. Le décret modifiant le code de la route devrait être publié d’ici la fin de l’année. Il est actuellement examiné par le conseil d’état en correction.

Loi des 100 ch

Eric rappelle que « depuis juillet 2014, la réglementation européenne permet l’homologation, dans toute l’Europe, de motos développant une puissance de plus de 100 ch, mettant ainsi fin au régime dérogatoire accordé à la France par la directive 95-1. Cette spécificité franco-française étant vouée à disparaître au plus tard dès janvier 2016, des modifications devront être apportées au code de la route afin de permettre à la France de se mettre en conformité avec la réglementation européenne qui s’impose à elle. Nous avons commencé à travailler avec les constructeurs, et les distributeurs afin de permettre cette transition dans de bonnes conditions. Nous souhaitons notamment permettre aux motards français de remettre en conformité avec le droit européen leurs véhicules injustement bridées par une loi qui n’a jamais fait la preuve de son efficacité, en témoignent l’évolution de l’accidentalité des 2RM en France par rapport aux autres pays européens. Nous voulons sortir les motards français de cette incertitude juridique et administrative sans aucun sens pour la sécurité routière. » Là encore, le général Rodriguez prend bonne note de nos remarques. Tout en indiquant que ce dossier est suivi par le ministère des transports, il estime que la mise en conformité de la France avec le droit européen ne devrait pas attendre l’échéance du 1er janvier 2016 et que cette question pourrait être réglée courant 2015.

Relais Calmos

Le troisième point que nous souhaitions aborder a concerné le retour à un partenariat FFMC/DSCR pour re-activer la charte sur les Relais Motards Calmos (relais initiés par la FFMC sur les aires d’autoroutes lors des grands déplacements vers les compétitions moto comme le Bol d’or, les 24 H du mans ou l’Enduropale). Cette charte avait été dénoncée par la FFMC début 2011, suite à une pression policière ciblée sur les motards avec des souricières réalisées à l’occasion de ces déplacements. Monsieur Lopez, délégué interministériel à la sécurité routière et « patron » de la DSCR a manifesté son intérêt pour la proposition de relancer le partenariat Calmos et se déclare favorable à y donner suite.

Circulation interfiles et voies réservées

L’entrevue s’est terminée sur le chapitre de la « mobilité » des usagers en 2RM. Où en sommes nous de l’expérimentation de la circulation interfiles sur les voies rapides urbaines en cas d’embouteillage ? Le général Rodriguez nous confirme que c’est en cours, des appels d’offre pour procéder aux observations préliminaires sont examinés en ce moment. Enfin, nous abordons la question relatives aux récentes annonces des prochaines mise en place de voies réservées taxi / bus / covoiturage sur les voies rapides « pénétrantes » des grandes agglomérations (notamment A1 Roissy/Paris et A6) qui semblent exclure les 2RM de ces dispositifs. Nous argumentons « qu’en terme de sécurité routière, ce serait une erreur de ne pas laisser circuler les 2RM dans ces voies : ils ne risquent pas de provoquer des bouchons et cela leur évitera de pratiquer l’interfile dans les autres files de véhicules d’autant plus restreintes. » Nous rappelons à ces messieurs que « ailleurs en Europe ou dans le monde, là ou de tels dispositifs existent pour fluidifier les trafics, les 2RM sont autorisés à les emprunter. » La sécurité routière étant un domaine interministériel, nous demandons à l’Intérieur d’étudier au plus vite cette question avec le ministère de l’Environnement et le secrétariat d’Etat aux transports. Et mieux vaut le faire avant la publication des décrets d’application. Il est plus facile de reprendre un « oubli » avant qu’après, ce qui serait également préjudiciable à la sérénité des débats sur ces questions. Sur ce point qui semble les avoir un peu pris au dépourvu, MM. Rodriguez et Lopez nous proposent de revoir cette question avec les responsables de la Direction des routes… à suivre, donc.