L'équipement du motard
Par FFMC nationale le jeudi 29 mars 2012, 16:10 - interfile-equipement - Lien permanent
Depuis janvier 2012, un groupe de travail piloté par le préfet Régis Guyot est chargé par le ministère de l'Intérieur, en lien avec la Direction de la Sécurité et de la Circulation Routière (DSCR), de réfléchir à la question de la circulation interfiles des 2RM dans les embouteillages.
Les travaux sont découpés en six thématiques : les risques, quelles types de voiries, quels type de 2RM sont concernés, quelles manœuvres et quelle réglementation, quel équipement le conducteur de 2RM doit-il adopter, comment communiquer sur l'interfile.
Ces travaux sont débattus en réunion plénière par le groupe au complet. Il est composé des principaux représentants des usagers, des fonctionnaires de la DCR, de chercheurs et de fonctionnaire de l’Équipement et de policiers du Ministère de l'Intérieur. Les travaux de chaque groupe thématique font l'objet de réunions en sous-groupes qui auditionnent des spécialistes des problématiques considérés.
Compte-rendu de la réunion du sous-groupe de travail sur les Équipements de Protection Individuels (EPI) du 6 mars 2012 dans les locaux de la DSCR
L’ordre du jour était consacré aux équipements individuels de protection (EPI). En préambule, Pascal Dunikowski (chargé de mission 2RM « national » à la DSCR) a dit que le « Groupe de travail Guyot » était une volonté du ministre de l’intérieur pour réfléchir à la question des remontées de files, que cette question était dans l’air depuis longtemps mais que cela n’avait pu aboutir parce que c’était « mal ficelé ». Le représentant de la FFMC a rectifié en revenant sur les trois années de concertation nationale sur la SR des 2RM, qu’il y avait déjà eu quatre groupes de travail dans le passé sur les remontées de files, qu’un décret était prêt en 1999 et qu’il n’avait pas été signé par le ministre de l‘Intérieur de l’époque parce que les forces de l’ordre ne savait pas comment mettre en place une méthode de contrôle des comportements inadaptés. Depuis, il y a eu la Concertation, des discussion poussées sur les remontées de files, quatre cas types définis et une étude scientifique de l’IFSTTAR qui validait ce que les usagers savaient déjà et ce que la FFMC avait aussi démontré, à savoir que la remontée de files, effectuée dans les conditions que nous préconisons, n’entrainait pas de sur-risque supplémentaire. Comme quoi on ne partait pas de rien et qu’il était inexact de laisser penser dès le début de cette réunion que nous allions défricher un terrain inconnu.
L’assemblée a ensuite débattu de la question des EPI.
Il s’avère que personne n’est en mesure de définir quelles seraient les normes à imposer et ce qu’est un EPI, à usage professionnel ou pas. Le représentant de la FFMC est revenu sur les différences entre équipement a-minima indispensable qui fait encore défaut chez les cyclomotoristes et les « motomobilistes » en scooter et sur le fait que ce n’était pas nécessaire de mettre la pression d’un suréquipement pour les motards déjà majoritairement bien équipés. Pour soutenir ses propos, il a fait référence aux propositions du manifeste de la FFMC dont un exemplaire a été distribué aux membres du groupe qu’il l’ont favorablement accueilli. La représentante de la Sté Soubirac a d’ailleurs observé que rien de sérieux n’était envisagé pour les utilisateurs de petites cylindrées pas du tout sensibilisés au moindre équipement. Les équipementiers ont fait part de leurs inquiétudes sur ce qu’ils devraient proposer à leurs clients dans la mesure où ils ne savent pas aujourd’hui où nous allons, si il y aura obligation ou pas. Nous avons discuté du cas de la Belgique qui a imposé, depuis l’été 2011 le port de « tenues couvrantes » aux usagers 2RM sans pour autant définir de niveau de protection. Tout le monde interprète cette mesure comme positive dans la mesure où elle interdit de monter sur un 2RM en short et ticheurte ou chemisette et que c’est déjà un mieux en matière de prise de conscience des risques et de la nécessité de se protéger. Le représentant de la FFMC, de l’AMDM, ainsi que Serge Célerin (ancien pompier de Paris) ont rappelé que l’équipement atténue les blessures dans une moindre mesure, mais que cela n’empêchait pas l’accident. Par conséquent, l’effort est à porter majoritairement vers l’enseignement d’une conduite préventive. Il a également été rappelé qu’on ne pouvait pas se tenir au seul indicateur de mortalité pour considérer les accidents alors que seul le casque est obligatoire et que la majorité des blessures invalidantes concernent les membres inférieurs. Nous avons également soulevé un point épineux : obliger l’usager à porter des protection, c’est une chose, mais comment s’assurer que son blouson comporte bien des renforts alors que les forces de l’ordre ne sont pas autorisés à « palper » et à faire dévêtir un conducteur lors d’un contrôle routier ? Le représentant de la Sté Furygan a alors exprimé ses doutes sur l’objet de la réunion… Nous avons ensuite discuté des assureurs et certains participants ont évoqué le « cas allemand » où les équipements seraient imposé par les assureurs. Faux a répondu le représentant de la Mutuelle des Motards qui a précisé qu’à la Mutuelle, la couverture corporelle et équipement sont incluses d’office dans le contrat". Et nous sommes revenus à la question des EPI.
Le représentant de la FFMC a relevé le désir à peine masqué de la DSCR de vouloir rendre obligatoire des équipements, citant l’exemple du brassard rétro-réfléchissant comme étant une mauvaise réponse à une bonne question pour illustrer le caractère mal à propos de cette obligation assortie d’une retrait de points de permis de conduire, menace comprise avec d’autres obligations à venir quant au port d’équipements. Le représentant de la FFMC a rappelé que lors d’une rencontre avec Jean-Luc Névache (Délégué Interministériel à la Sécurité Routière) en septembre 2011, nous avions proposé de travailler avec les équipementiers pour homogénéiser les formes et emplacements à définir pour doter de dispositifs rétro-réfléchissants les vêtements proposés à la vente dans l’avenir… équipements d’ailleurs déjà prévus d’origine sur les survêtements de pluie et les blousons « techniques » en synthétique renforcé… Ainsi, au gré du renouvellement de la « garde-robe » des usagers, la majorité des usagers se retrouveraient de mieux en mieux équipées à moyen terme….
Hélas, cette option raisonnable n’a pas été retenue par la DSCR qui a préféré passer en force en décrétant le port obligatoire d’un brassard dès l’année prochaine… décision d’autant plus inadaptée qu’elle ne s’applique qu’aux motards en 125 cm3 et plus, qui sont déjà les usagers en 2RM les mieux équipés. Autrement dit nous en sommes encore à discuter de la température de l’eau du jacuzzi alors que certains ne sont même pas équipés d’une salle de bains !
A la fin de cette rencontre, les participants sont tombés d’accord pour des incitations au port d’équipements, mais contre une obligation… tout juste le représentant de la Csiam a t-il proposé de rendre au minimum les gants obligatoires, sans doute par souci de proposer une porte de sortie honorable à la DCSR. Reste que la moindre obligation pourrait bien servir de porte d’entrée à d’autres obligations dans l’avenir.
PARTICIPANTS
Les membres permanents du Groupe Guyot représentaient la Fédération française des motards en colère (FFMC), les forces de l’ordre (Uclir), la société City-Bird (motos-taxis), l’agence Vigi-deux-roues (prévention du risque en entreprises). Les personnes auditionnées représentaient Moto-magazine (rubrique Consomotard), la Chambre syndicale des importateurs de motos (Csiam), les sociétés Soubirac-Motomod, Cardy, Furygan, Shark-Béring, Elite–Protairbag et la Sté Française d’électronique appliquée (produits RVR-Safety) qui était accompagnée de Serge Célerin (ex BSPP, casques d’Argent, consultant sécurité accompagnements moto) et les représentants des assureurs avec la Mutuelle des Motards et la Fédération française des sociétés d’assurances (FFSA).

Commentaires
Combien de fois faudra-t-il répéter, combien de manifs faudra-t-il faire pour faire comprendre aux pouvoirs publics que nous vivons dans un pays libéral et démocratique et qu'il est inadmissible d'imposer des équipements obligatoires dans la vie privée des individus, dans la mesure où le seul risque qu'ils prennent, c'est pour leur pomme !
On imagine bien que les pouvoirs publics ont envie de se gargariser d'une nouvelle obligation pour pouvoir s'endormir avec la satisfaction de la répres... pardon du travail bien fait, mais ça suffit.
Est-ce qu'on me demande de mettre un casque quand je monte sur une échelle (accidents domestiques : 20000 morts par an) ?
Est-ce qu'on m'interdit de fumer (90 % des cancers du poumon dus au tabac) ?
Est-ce qu'on m'interdit de manger des sucres raffinés, des matières grasses saturées (diabète type 2, maladies cardiovasculaires, cancers etc : dizaines de milliers de morts...) ?
Si les pouvoirs publics veulent se rendre utiles, qu'ils fassent réaliser des spots medias pour sensibiliser les conducteurs (notamment les plus jeunes, si j'ai bien compris), ou qu'ils participent à l'élaboration de normes sur les équipements techniques, ce sera bien plus utile que de nous imposer des obligations totalement stupides, comme le fait de porter un brassard rétroréfléchissant en plein jour !
Je veux pouvoir conserver la liberté d'apprécier comment je dois m'habiller en fonction de la méteo, en fonction du trajet que je fais et du temps que je passe sur la route. Je ne me vois absolument pas porter un cuir épais et un casque intégral, l'été, dans un embouteillage, par 40 °C à l'ombre pour aller chercher le pain à 9,5 km/h de moyenne. Je ne me vois pas porter cela, parce que je sais de source sûre, que c'est bien plus dangereux qu'une tenue plus légère (qui m'évite évanouissement ou énervement dus aux fortes chaleurs) et qu'un casque jet (qui améliore ma visiblité sur les côtés)...
L'habillement est sujet à débat. Je suis pour le port minimal d'une dorsale et de vêtement couvrant. Un type qui se vautre tout seul, coûte très cher à la collectivité. Je veux bien participer financièrement à toutes les mesures destinées à améliorer les routes, les formations, le bien-être des motards .. mais certainement pas à participer à payer des greffes de peau à ceux qui ont décidé de rouler en short et tongues.
@ Kyoku
Pas d'accord pour mettre le doigt dans cet engrenage hygiéniste, sous prétexte de gros sous. Pourquoi accorder une attention excessive et répressive à la santé individuelle des motards, alors qu'on n'a rien de tel pour bon nombre d'autres comportements à risque dans la population française ?
Il faut aussi éviter de créer un précédent, car dès qu'on met le doigt là-dedans, on n'en finit plus. Vous, c'est la dorsale et le vêtement couvrant. Tel autre, ce sera les bottes montantes et le jean renforcé (cf le constat du pompier : membres inférieurs). Un troisième arrivera ensuite pour déplorer quelques machoires fracturées : allez hop, casque intégral pour tout le monde ! Etc...
D'une manière plus générale la question de la dépense en matière de santé n'est pas un bon argument. Car outre le fait qu'on peut justifier n'importe quelle mesure liberticide par ce biais, les méthodes de calculs ont de fortes chances d'être infiniment biaisées pour justifier le résultat qu'on cherche. D'un point de vue purement financier, les accidents de la route ont par ailleurs un intérêt économique, en faisant vivre de nombreux secteurs (réparateurs, concessionnaires, experts, assurances, hôpitaux...et j'en oublie) et participent aussi à la recherche médicale (reéducation, greffe de peau, de visages etc...) avec des retombées dans tous les domaines.
On voit bien par là que s'arrêter à la seule colonne "dépense médicale pour le contribuable ou l'assuré" ne tient pas la route deux secondes.
Portez une dorsale si ça vous fait plaisir, mais ne venez pas l'imposer à autrui !
C'est ton commentaire qui ne tient pas la route, je dirais même qu'il est affligeant de bétise. A t'écouter, il faut aussi supprimer la vaccination obligatoire contre certaines maladies car elle empêche elle aussi l'avancée de la recherche médicale. Tu emploies des argument aussi éculés que les adversaires de la ceinture de sécurité. Dans le domaine de l'entreprise, le non port d'équipement de sécurité tel que préconisé par l'employeur est un motif de licenciement, alors obliger le pauv'motard à porter un équipement ad'hoc n'a vraiment rien de scandaleux. Et aurait du être effectif depuis des années.
Faudrait pas non plus que les vendeurs d'EPI se réjouissent trop vite d'une obligation, car on risque de détourner de la pratique bon nombre de conducteurs, qui n'auront pas les moyens de suivre. Alors qu'un bon cuir, ou un jean épais, ou des chaussures de randonnées rendent les mêmes services... Et que rien ne remplacera jamais une bonne dose de prudence. Ça, ça s'achète nulle part. Ça s'apprend !
Je le vois tous les jours, la quasi totalité des pratiquants de 2roues sont correctement couverts. C'est plutôt chez les jeunes sur des petits engins que je vois des imprudents en tenue légère et sans casque.
Ce qui prouve 2 choses :
- l'obligation ne sert pas à grand chose, 30 ans après sa mise en place, on trouve encore des gens qui roulent sans casque ; il y a un manque de prévention mais je pense qu'avec la formation (bsr, 7 H...) ces comportements vont disparaitre
- on ne gagnera donc rien sur les accidents a légiférer ; en plus quand on sait que les casques sont testés pour des chocs a 27 km/h et que le meilleur équipement n'évitera pas le coup de la guillotine sur une barrière pas doublée, le plus utile, c'est vraiment de former les gens à éviter les accidents.
@ Fazeriste
Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit. Les questions que vous abordez ne sont pas du même ordre.
L'absence de vaccination pour vous risque de vous transformer en vecteur d'une maladie, préjudiciable pour les autres (ce qui ne doit pas empêcher de poser quelques questions génantes, comme la présence d'aluminium ou de mercure dans les vaccins, ou celles relatives à la grippe A, l'an passé, mais c'est un autre débat).
Le port d'équipements au sein des entreprises fait en réalité partie d'un ensemble de mesures sur l'hygiène et la sécurité qui a pour but d'éviter que le chef d'entreprise ne sacrifie la santé de ses employés pour des motifs financiers. On protège le salarié comme d'éventuelles dérives de son patron.
Le port d'EPI (I comme individuel) s'apparente plutôt à la crème solaire qu'on met sur les plages. Si on suit votre raisonnement, il faudrait obliger les gens à mettre de la crême solaire ou à rester habillé ou à l'ombre d'un parasol sur les plages. Il y a 100000 nouveaux cas de cancers de la peau chaque année, et 1500 décès annuels, soit deux fois la mortalité des 2RM.
Dans le domaine du cancer (j'ai cité celui-là, mais on pourrait évoquer aussi les dizaines de milliers de morts liés à l'alcool et au tabac), on se limite, heureusement à des campagnes de sensibilisation, en en appelant à la responsabilité des gens. Pourquoi ne fait-on pas de même pour les EPI ? Pourquoi prévenir ici et obliger là ?... Pourquoi prévenir pour des causes importantes de décès et obliger pour des causes secondaires ?...
Parce qu'on estime que les motards sont de grands enfants qu'il faut protéger d'eux-mêmes ? Parce qu'on suppose que le suppositoire va passer tout seul ? Parce que la DSCR a désespérément besoin d'une loi phare pour donner l'illusion qu'elle a trouvé le remède miracle contre la mortalité sur les routes ? Parce que nos gouvernants sont de grands motophobes devant l’Éternel ?...
Tu as entièrement raison.Je me demande si ceux de la DSCR qui légifèrent sont ou ont été des motards pour nous imposer n'importe quoi. Ils doivent en priorité sensibiliser les jeunes qui conduisent un scooter ou une mobylette sur le danger du non port des équipement de sécurité. Lorsqu'on achète un engin (50,125 ou +) dans une concession,ça devrait être obligatoire d'acheter les équipements de sécurité avec l'engin. L'autre jour à Lyon j'ai vu deux mecs en scoot +de 125cm² qui se tiraient la bourre en ville sans casque et en chemisette ! Cherchez l'erreur. Bon je m'arrête là car on pourrait en écrire toute une vie.
Amitié motard.
Merci pour cet excellent compte-rendu, très détaillé !
Amitiés motardes, Sylvain http://www.moto-de-collection.fr
Moi je veux bien mettre un casque,
des cuirs épais même en été et même si je déteste,
des gants de protection même si en été je porte des mitaines en cuir,
mais je ne veux pas de cet horrible bout de chiffon jaune phospho qui me cacherais mes tètes de mort et autres croix de Malte.
Je ne veux pas non plus de cet imbécile contrôle technique, alors que je dépense des sommes importantes pour mettre aux normes et en sécurité ma moto.
Manifestement on se trompe de cible une fois de plus, ils veulent des tunes, de la répression sécuritaire alors qu'ils mettent des moyens pour certains en ville mais surtout dans les quartiers ou rouler en scoot sans casque et en tongue et le sport natio heu zonard...............ah oui mais c'est vrai faut pas faire de vague dans ces quartiers.
Suite à une soirée en mode "passage" dans cette très belle cité d'ORANGE, j'ai été désespéré du nombre important de Kékés qui se ballade en shirt/T-Shirt sans aucun mode de protection vestimentaire.
Il en est de même sur AVIGNON ou VALENCE, malheureusement ...
Qu'imaginer du reste du sud de la France, celui ou le taux de soleil est supérieur à la moyenne nationale ....
Nous aurons beau faire, et nous époumoner, il y a de fortes chances qu'à cause de ces énergumènes, ce soit toute la communauté Motard qui risque d'en pâtir ...