Deuxième réunion du groupe "infrastructures"
Par FFMC nationale le lundi 14 septembre 2009, 20:55 - Infrastructure - Lien permanent
Compte-rendu de la deuxième réunion de Groupe de Travail 2RM à la Direction de la sécurité et de la circulation routière (DSCR) consacré au thème Infrastructures et partage de l’espace public qui s’est tenue le mardi 1er septembre 2009 en rassemblant 28 personnes.
Le thème de cette réunion était consacré aux équipements placés au bord des routes. D’entrée, Eric Krajka, ex Monsieur Moto du 93 (actuellement en fonction au Conseil-général de la Seine-Saint-Denis) s’est exprimé au titre de son mandat à la FFM : il a attaqué bille en tête pour dénoncer, photos à l’appui, des piquets implantés sur un passage piéton d’une commune du 93, piquets métalliques biseautés au profil particulièrement agressifs.
Pour la FFMC, nous en avons profité pour enfoncer le clou, arguant que les réunions et les réflexions sur la protection des usagers vulnérables, c’est bien, mais pendant qu’on en cause avec les techniciens du Ministère des transports, preuve en est que des municipalités aux agents mal formés ou mal informés continuent à faire un peu n’importe quoi sur le terrain… Et toc !
Des fonctionnaires de la Seine-Maritime et de l’Allier, spécialistes en voiries et aménagements routiers ont ensuite exposés un nouveau dispositif « fusible », également nommés « support fragilisés ». Il s’agit d’un système permettant à un poteau de se coucher à la suite d’un choc avec un véhicule (VL ou PL) sans générer de sur-accident (longues explications sur les angles d’impact). Le système est déjà utilisé dans les pays scandinaves, mais pas encore chez nous en raison de l’absence légale d’homologation. Néanmoins, les techniciens du 76 et du 03 sont déjà en train de les concevoir, de les faire tester, voire même d’en installer. Et la sécurité des motards, dans tout ça ? Et bien les spécialistes des infrastructures routières nous ont répondu que l’utilisation de ces « dispositifs fusibles » permettent de se passer des glissières de sécurité, sachant que la première fonction de ces glissières que nous dénonçons depuis des décennies consiste justement à éviter que des véhicules (toujours non moto) n’aillent s’enrouler autour de ces poteaux… Mouais…
Nous avons repris la main pour dénoncer l’insuffisance des écrans de protection (doublement des rails) sur l’ensemble du réseau routier. Un représentant du syndicat des équipements de la route à précisé que sur 12 000 km de routes nationales « non concédés » (c’est-à-dire non passées sous la responsabilité des conseil généraux), le doublement des rails ne concerne que 475 km du réseau. Nous avons aussi déploré la prolifération des poteaux en tous genres au bord des routes. Là-dessus, les fonctionnaires chargés des aménagements routiers dénoncent « le sandwich réglementaire » qui permet aux différents services administratifs de « marquer leur territoire en implantant leurs propres équipements ».
Puis, nous avons discuté des notions de « partage de la route » en revenant sur le problème de la circulation inter-files, insistant sur les nuances entre « circuler à vitesse raisonnable entre les files » des voiries type « rapides » inter-urbaines quand elles sont congestionnées et « remonter des files » en ville dans le cas d’une circulation arrêtée. La question de « la tolérance » sur cette pratique est donc revenue à l’ordre du jour, ce qui a permis à la FFMC de préciser qu’il ne s’agissait plus de discuter d’une tolérance, mais bien de réfléchir à l’aménagement et à l’évolution du Code de la route.
La prochaine réunion du groupe « infrastructures et partage de la route » se réunira le 1er octobre et portera sur les règles de circulation (notamment circulation interfiles).
Etaient présents : FFMC, FFM, AMDM, GEMA, Axa-Club 14, FNCRM (Fédération nationale du commerce et de la réparation du cycle et motocycle, La Prévention routière, Setra, Certu (Centre d’études réseaux transports urbanisme) CETE (Centre d’études techniques de l’Equipement) de Lyon et de l’Allier et de la Seine-Maritime, le Syndicat des équipement de la route, Préfecture de police (Paris), La Prévention Routière, CG 92, CG 03, la Ville de Paris, Société française des autoroute, ministère de l’Ecologie et de l’aménagement du territoire, DSCR.

Commentaires
La FFMC et les motards ne sont plus seuls à défendre l'idée de l'inter-file. Pour une journée SR, alternative à la sanction du 18/09, un atelier a été monté pour appréhender cette pratique. C'est accompagné d'un petit recueil de conseils, qui se finit par "Dans tous les cas: adaptez votre vitesse". Les lignes bougent, à nous d'être citoyen et responsables, pour avoir cet aménagement nécessaire au code de la route.
Cela peut aussi donner l'occasion de parler 2RM, aux apprentis caisseux.CQFD
Je souhaiterais tout d'abord vous féliciter de votre argumentaire et de votre patience lors de ces "concertations". Et bravo pour ces comptes-rendus complets et lisibles.
Je voudrais vous signaler, pour rebondir sur le délabrement des infrastructures routières, une pratique courante (au moins dans ma région, le Gard et départements limitrophes). En effet, nombres de routes au revêtement "correct" sont maintenant des pièges à motos. Car pour passer câbles et autres canalisations la chaussée est défoncée au milieu de la voie de circulation, puis rebouchée de façon sommaire ne laissant au utilisateur de 2 roues qu’un choix cornélien, soit utiliser deux bandes d’environs 50 cms ou de subir des « rails » générateurs de louvoyages et autres guidonnages dangereux. Et en plus ces rebouchages sommaires se dégradent très très rapidement...
Si cette pratique perdure, j’envisage sérieusement de changer ma sportive pour un trail…Plus sérieusement, il est clair que cette pratique, doit revenir moins chère que de creuser sur le bas coté ou de re-surfacer entièrement la chaussée après travaux. Encore un exemple du peu de poids de la sécurité de l’usager au regard des économies réalisées.