Compte-rendu du 16 février : groupe de travail sur la circulation interfiles
Par FFMC nationale le mardi 27 mars 2012, 17:51 - interfile-equipement - Lien permanent
Depuis Février 2012, la FFMC participe au groupe de travail dirigé par le préfet Régis Guyot mandaté par le ministre de l’intérieur pour évaluer la question de la légalisation de la circulation entre les files pour les deux-roues motorisés dans les embouteillages. La question de l’équipement individuel de protection des usagers en 2RM est également étudiée par ce groupe de travail.
Cette réunion, qualifiée de « technique » par le préfet Guyot (entendez : nous ne sommes pas là pour négocier) consistait à définir les thèmes à aborder et procédé à la répartition des sous-groupes amenés à se partager le travail d’analyse et mener les auditions des « experts » envisagés pour être consultés.

C’est reparti pour un tour !
Nous voilà repartis à discuter de questions déjà débattues lors de la Concertation ouverte depuis juin 2009, avec de nouveaux participants... mais c'est comme ça qu'on avance, pas à pas. Donc, qu’est-ce que la remontée de file, pour quels type de véhicules (2, 3 et 4 roues étroits, quels véhicules dans l’avenir ?), uniquement sur voies rapides ou aussi en ville ? Quid des couloirs de bus ? Comment réglementer ? Quels équipements pour les motards… ?
Ces thèmes seront discutés par des sous-groupes composés de membres du groupe permanent, lesquels procéderont à des auditions de personnes qualifiées dans leurs propres domaines (équipementiers, fabricants, aménageurs, journalistes spécialisés, formateurs en éducation routière…)
Point de départ de la discussion, la Belgique qui a reconnu la circulation inter-files en s’inspirant des débats de la Concertation DSCR / 2RM sans plus de formalisme. Les représentants du Certu souhaitent que les thématiques débattues ne soient pas trop « parisiennes » : ça tombe bien la FFMC a compétence nationale sur ces problématiques et ses antennes départementales sont consultées et associées en permanence. La FFMC a témoigné que les questions de sécurité routière sont des thèmes bien analysés, compris et portés par les adhérents FFMC, reste à convaincre les usagers qui ne sont pas à la FFMC. Le préfet Guyot a alors dit avec malice : « donc, il faudrait que tous les usagers adhèrent à la FFMC ? ». Ce à quoi nous avons répondu : « rassurez-vous, chaque fois que les pouvoirs publics sortent un décret concernant les motards, le nombre d’adhérents à la FFMC augmente. ».
Nous avons distribués nos dépliants sur la circulation inter-files et sur l’équipement du motard, ils ont été favorablement considérées, du moins pour ceux qui ne les connaissaient pas encore. Nous avons rappelé que nous avons beaucoup de matière documentaire sur l’objet des présents débats dont nous avons déjà rendu compte dans le blog FFMC de la Concertation.
Bref, le Ministre de l’Intérieur a communiqué pour dire que la remontée de files allait faire l’objet d’une réflexion… donc, on y réfléchit. Attention toutefois au marché qui se dessine, du genre : « on vous laisse les remontées de ville en échange d’un équipement obligatoire ». Ça n’a pas été dit comme ça, mais ça pourrait y ressembler et d’autres membres du groupe l’ont d’ailleurs relevé.
Participants :
Le groupe est composé de fonctionnaires de la délégation interministérielle à la Sécurité routière (DSCR) et de l’Observatoire de la Sécurité routière (ONISR), ceux du Centre d’étude des réseaux en Transports et urbanisme (Certu), des Centre d’études techniques de l’Équipement (Cete), des policiers de l’Unité de coordination de lutte contre l’insécurité routière (Uclir), des chercheurs de l’Institut français des sciences et technologies des transports, de l’aménagement et des réseaux (Ifsttar) et de représentants d’associations d’usagers parmi lesquels la Fédération française des motards en colère (FFMC), l’Association des scootéristes de France (ASF), 40 millions d’automobilistes, la société City-Bird (motos-taxis), l’agence Vigi-deux-roues (prévention du risque en entreprises) et les représentants des assureurs avec la Mutuelle des Motards, le Groupement des entreprises mutualistes d’assurance (Gema, via un représentant de la Macif) et la Fédération française des sociétés d’assurances (FFSA).
A noter que la Fédération française de motocyclisme (FFM) n’a pas été admise parmi les participants… ce qu’elle a dénoncé. En solidarité avec la fédération sportive qui est sa partenaire dans la défense de la moto en France, la FFMC a décidé de ne pas assister à la première réunion du Groupe Guyot qu’elle a accepté de ne rejoindre qu’à partir du 16 février, date de la deuxième réunion plénière du groupe.

Commentaires
Attention au boycott des réunions ... c'est assez mal perçu et ça provoque toujours un retour de bâton. Le plus intelligent serait de faire un rapport à la FFM de la première réunion pour voir si elle peut partager ses avis avec les membres représentatifs de la FFMC. Ça ferait avancer le débat, plutôt que de passer encore pour des gens "qui ne participent même pas aux réunions de travail" ... les fonctionnaires vont vous le reprocher encore ;) Comptez sur eux pour ce genre de petits détails débiles.
Bon courage pour la suite en tout cas ! Vous faites du bon boulot ;)
Ce que je lis à travers ces propos, c'est que la DSCR se sent comme un animal traqué à qui il faudrait laisser une porte de sortie pour éviter qu'il ne devienne dangereux. Le chantage qu'elle propose (file contre équipement) est inacceptable. Elle veut tout simplement ne pas perdre la face. Il faut espérer qu'elle aura suffisamment de grain à moudre avec la grande enquête qui a été lancée récemment.
En ce qui me concerne, je refuse clairement l'équipement obligatoire. Si on met le doigt là-dedans, on se fait broyer complètement. Nous sommes dans un pays libéral, démocratique dans lequel ce type de coercition n'est pas acceptable ! Que diraient les fonctionnaires de la DSCR si on les obligeait, sous contrôle de la police, à manger leurs 5 fruits et légumes par jour pour éviter cancers, maladies cardiovasculaires et diabètes ? On leur fout la paix là-dessus, qu'il nous foutent la paix sur la manière de nous habiller... On est suffisamment responsable pour savoir ce qu'on risque, dès l'instant ou l'information et la prévention sont suffisantes (bravo à Motomag et à la FFMC pour cela)...
Et s'il apparaît que l'expérience belge ne montre aucune suraccidentalité, ou mieux, la diminue, ce chantage devient carrément indécent !
Il me semble important et essentiel d'indiquer que la remontée de file ne doit pas se faire n'importe comment....
Je veux dire par là que des "motards" ne le sont justement que pour pouvoir gagner du temps sur leur planning, et certains ont tendances à être des dangers pour eux et pour les autres en faisant n'importe quoi...En plus, ils n'ont aucune notion de la conduite d'un 2RM car sans formation ou permis...
Et ceux là sont préjudiciables pour le comportement motards
Réponse du modérateur : pour ceux qui auront lu la plaquette de la FFMC, on ne dit pas autre chose ;)
Le marché sous-entendu (et visiblement soigneusement anticipé puisque la même commission a été chargée de s'occuper des deux points) est inacceptable.
Les deux sujets n'ont rien à voir l'un avec l'autre.
Et en plus c'est un marché de dupes. A l'avenir, les restrictions budgétaires de l’État feront que celui-ci aura de moins en moins les moyens de mettre en place des contrôles répressifs de grande ampleur pour pruner l'interfile (qui à mon avis reste quand même un phénomène parisien, voire périphérique). Par contre rien de plus facile que de pruner un type qui ira chercher son pain sans chausser ses bottes de sept lieues et qui aura le malheur de croiser une fourgonnette bleue.
En matière d'habillement, le choix doit rester au conducteur. Je ne conçois pas qu'on puisse obliger le motard à s'équiper de bottes montantes, d'un blouson coqué, d'un casque intégral (ça nous pend au nez, si on rentre là-dedans), d'un jean renforcé, pour faire quelques kilomètres en ville, par l'exemple, l'été, quand il fait 40 degrés à l'ombre. On voudrait dissuader la pratique de la moto qu'on ne s'y prendrait pas autrement. Et si ce n'est pas la météo qui s'en charge, ce sera le portefeuille...
Pour les couloir de bus... Pensez à Londres qui l'a légalisé il y a peu avec de très bons résultats en matière de sécurité et de baisse de l'accidentalité des deux roues.
Il n'y avait pas de représentant cycliste dans ce RdV ?
Dommage, car la circulation inter-file est aussi un sujet important pour les vélos.
A+
TOM.
Réponse :
la question en débat concerne essentiellement la circulation des 2RM en interfile en cas d'embouteillages sur les voies express urbaines et les autoroutes... là où les cyclistes n'ont pas accès. Mais si ça peut vous rassurer, sachez que plusieurs participants de ce groupe de travail sont aussi des cyclistes pratiquants et convaincus.
Je viens de lire ça :
""selon deux études américaines, une menée par le chercheur californien Steve Guderian, intitulée « Lane sharing : a global solution for motorcycle safety » et l’autre conduite par Myra Sperley et Amanda Joy Pietz du ministère des transports de l’Oregon, intitulée « Motorcycle Lane-Sharing », il ressort que la pratique de la remontée interfiles serait sécuritaire et permettrait de sauver des vies. En effet, il semblerait que dans les pays (Europe) et État (Californie) où la remontée interfiles est autorisée, le nombre d’accidents et de décès résultant d’une collision arrière serait moindre. Les motocyclistes remontant les files sont, par définition, moins susceptibles de se faire frapper par derrière, à l’arrêt et d’entrer en collision avec une auto arrêtée, devant eux. Guderian s’appuie sur les rapports d’accidents en Californie et sur l’analyse comparative des statistiques des sociétés d’assurance américaines pour étayer sa thèse."
Ici : http://www.motoplus.ca/dossiers/dos...
En Angleterre, dans certaines des grandes villes du service d'ambulance, utilisez motos pour y paramédicaux sur de sorte qu'ils puissent se rendre à la scène d'urgence le plus rapidement possible. Ces ambulanciers paramédicaux utiliser toute la route et même le trottoir si cela signifie qu'ils peuvent arriver à l'urgence quelques secondes plus vite.
Pouvez-vous imaginer si ils ne pouvaient pas dépasser les véhicules bloqués dans les embouteillages combien de personnes pourraient mourir sans même un choix, ces motorcyclistes causer des accidents non plus qui aurait lieu dans le cours normal d'une journée
Moto en France sont utilisés pour privés et professionnels, parfois ils porter des choses qui sont nécessaires dans une situation d'urgence, nous allons ajouter plus de douleur et de souffrance en s'arrêtant à un barrage routier de 10 km pour une heure ou les laisser passer sensiblement en 10 minutes .
Si le motard utilise son passage à tort alors il doit en subir les conséquences, mais si son passage est faite dans le respect des autres usagers de la route quel mal peut être fait