Le contexte : en 2009 un projet de charte pour lutter contre les nuisances sonores a été lancé, incluant la FFMC (pour les usagers), la FFM (pour les aspects sportifs), la CSIAM (chambre syndicale des constructeurs), le CNPA 2RM (conseil national des professionnels) et la FNCRM (fédération des réparateurs de cycles), sous la houlette du ministère des transports, de l’écologie et du développement durable. Le texte devait être signé lors du Mondial du Deux-Roues 2009, mais celui-ci ayant été annulé, le projet a été mis de côté. Relancé récemment, il devait aboutir à une signature au prochain Salon de la Moto et du Scooter de Paris, fin 2011. Mais entre temps, si les réunions ont repris et sont cordiales avec les autres représentants du monde du deux-roues, le ministère des transports à perdu le contrôle de la Sécurité Routière, la répression augmente drastiquement, et le contexte se détériore un peu plus chaque jour. Les déclarations du ministre de l’intérieur, puis celle de la ministre de l’écologie sur les ZAPA, et la façon dont les motards ont été traités lorsqu’ils ont voulu en parler, n’ont pas arrangé les choses, jusqu’à pousser une fois de plus au clash. Lettre ouverte…

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Montreuil, le 13/04/2011

Objet : Réunion de préparation de la charte sur les nuisances sonores

Mesdames, messieurs,

Nous sommes au regret de vous informer que nous ne participerons pas à la prochaine réunion de ce groupe qui travaille à la charte sur les nuisances sonores, et ce n’est pas pour une question de calendrier.

Exactement comme pour la Concertation sur le deux-roues motorisé, nous restons très attachés au dialogue et au principe de ces travaux, la lutte contre le bruit excessif rejoint celle qui est la nôtre pour une meilleure sécurité routière, dans un contexte citoyen. Et justement, c’est pour cela que nous ne pouvons rester associés à ces échanges qui sont désormais perçus par les motards comme un jeu de dupes. Pas à cause de notre travail en commun, bien sûr, mais parce que le double langage systématique de ce gouvernement rend toute avancée impossible. Un dialogue doit se faire dans les deux sens, or tandis que nous échangeons constructivement avec nos partenaires du monde de la moto et les techniciens du gouvernement, les ministres multiplient les déclarations inadmissibles.

Celle de Mme Kosciusko-Morizet sur les ZAPA relève d’une telle méconnaissance des deux-roues et d’un tel mépris pour l’ensemble des usagers de la route, en particulier les plus modestes, que nous ne nous associerons plus à ces travaux pour le moment. Alors que les deux-roues n’ont toujours bénéficié d’aucune forme d’incitation (prime à la casse, etc.) et que leurs avantages sur la fluidification du trafic et la pollution globale sont évidents - ce que nombre d’autres pays ont bien compris -, ces dernières propositions, ainsi que celles répétées du ministre de l’Intérieur Claude Guéant qui orchestre une répression ciblée envers les usagers fragiles que sont les deux roues motorisés, ont achevé de nous convaincre que nous n’avons rien à attendre de ce gouvernement en matière de réelle sécurité routière, de citoyenneté et de respect.

Nous vous souhaitons donc une bonne continuation, et espérons vivement vous retrouver pour poursuivre ces travaux utiles et intéressants dans un climat de meilleure écoute. D’ici là, merci de retirer du projet de charte la mention de la participation des structures du Mouvement FFMC. Les usagers, premiers concernés, refusent de s'engager dans ces conditions, tant que le deux-roues motorisé sera traité comme un problème, alors qu’il est une solution.

Veuillez agréer, Mesdames, Messieurs, l’assurance de notre considération.

France Wolf

Coordinatrice du Bureau National

Fédération Française des Motards en Colère