Sur le blog de l'Expressétait publié un billet intitulé "Amis motards, vous vous trompez de combat" du 10 janvier 2014, en réaction à deux communiqués de la FFMC publiés sur son site ici et

Voici la réponse que souhaitait apporter le bureau national de la FFMC

Cher Eric, ami motard,

La lecture de votre billet nous a beaucoup amusée, mais seulement après que nous ayons réalisé qu’il n’était pas nécessaire d’en être peiné mais plutôt de vous répondre afin de combler les méconnaissances qui sont les vôtres quant à ce qu’est la Fédération Française des Motards en Colère. Il n’est pas nécessaire de se focaliser sur le périphérique parisien et sur cette histoire de 70km/h qui vous fait réagir. A l’instar de vos lecteurs, nombre de nos adhérents ne sont pas franciliens. En revanche, la Mairie de Paris est l’une des nombreuses Mairies de France avec laquelle nous ferraillons au quotidien pour faire reconnaître les spécificités qui sont les nôtres, sauf que, Paris étant le centre du monde (c’est bien connu), nous sommes particulièrement attentifs aux décisions qui en émanent. Car elles font souvent des émules ailleurs.

La FFMC a plus de 30 ans d’existence et de combats à son actif et comme vous le faîte très justement remarquer, elle se contre-fiche de la couleur politique des décisions motophobes prises : si elles sont iniques, elle les dénonce. Les Manifestations que nous organisons et qui nous rendent « visibles », en particulier des médias, ne sont que la partie émergée de l’iceberg et ne représentent qu’une infime part de nos actions. Elles sont mêmes, pour tout vous dire, le signe que tout le travail que nous avons fait en amont a échoué. Oui, vous avez raison de vous en souvenir en lisant ces lignes : nous n’avons pas manifesté depuis de nombreux mois. Pourquoi ? Parce que la politique de Sécurité routière évolue (et nous voulons croire que nous avons contribué à cette évolution), parce l’écoute est de mise, parce que nos arguments semblent convaincre (vous devriez les lire, pour voir, sait-on jamais…), parce que nous sommes les spécialistes de la question du deux-roues motorisé avec nos structures que sont les Editions de la FFMC, la Mutuelle des Motards, l’association pour la formation des motards et la FFMC Loisirs et qu’à ce titre nous sommes écoutés et même parfois, entendus. Vous citez, à titre d’exemple « anti-tout », les radars, le bruit des échappements, la limitation de puissance, les plaques d’immatriculation (vous oubliez opportunément le gilet, puis le brassard fluo…), comme si par principe et sans autre raison nous montions au créneau pour un oui ou pour un non. Mais c’est faux : tous ces exemples ne sont que les symboles de la méconnaissance des Pouvoirs publics de ce qui est avant tout un moyen de transport et c’est à ce titre que nous les combattons et pas en tant que tels.

Mais là où vous vous trompez lourdement, là où vous avez été abusé comme bien d’autres, c’est en ce qui concerne le Contrôle technique. Bien que nous ayons convaincu un grand nombre de députés européens, bien que nous ayons obtenu à la fois le soutien des commissions compétentes à l’Assemblée nationale et au Sénat sur ce sujet, bien qu’à la fin nous ayons gagné, vous, journaliste et motard, continuez d’ignorer le lobbying mercantile répugnant exercé par une société de Contrôle technique produisant ses propres études sur le sujet afin de récupérer, enfin, un marché juteux qui lui échappe depuis de nombreuses années du fait justement de l’acharnement des motards à ne pas se laisser enfumer comme l’ont été les automobilistes. La Sécurité routière a très peu à voir avec la mécanique et tout à voir avec le comportement. Agissons sur les comportements et lorsque ceci sera résolu, il sera toujours temps de se préoccuper de la mécanique. Quant à la question de l’environnement, le 2RM est bien plus vertueux que nombre de véhicules diesels à quatre roues sur bien des aspects et les qualifier de « pièges polluants » relève d’une certaine malhonnêteté intellectuelle.

Et enfin, pour parfaire votre éducation (et celle de vos lecteurs) sur les motards en colère, il faut citer (et ça aussi vous l’ignorez alors que nombre de vos confrères ont suivi, eux…) la mise en place d’une période d’observation de la circulation Interfiles en vue de sa légalisation (demande des motards en colère), la Charte récemment signée avec les Pouvoirs publics pour favoriser (en en réduisant les coûts) l’équipement des usagers de 2RM et ce, sans obligation donc sans sanction (demande des motards en colère, soutenus par la filière 2RM…), les weekend de roulage gratuits sur le Circuit Carole (encadrement entièrement assuré par nos bénévoles 26 we/an), nos campagnes récurrentes d’information aux usagers sur le partage de la route, nos interventions dans les collèges (agréées par l’Education nationale…), etc, etc… Alors, bas du front les motards en colère ? Inutilement perdus dans des combats d’arrière garde ? Préoccupés à brasser du vent afin de s’opposer de manière systématique à la politique de Sécurité routière menée pour le bien de tous (et pas pour continuer à rentabiliser un système en bout de course dont l’utilité est remise en cause par 40 ans de baisse constante de la mortalité routière…) ? Non cher Eric. Ça n’est pas nous qui nous sommes trompés de combat mais bien vous qui vous êtes trompés de motards. N’espérant pas vous avoir convaincu, malgré tout nous vous saluons à la manière des motards (en colère ou pas) et affirmons (comme vous en parlant de la Mairie de Paris) : la moto n’est pas un problème, c’est une solution. Et les motards en colère n’ont pas le cerveau comprimé par leur casque, au contraire, ils réfléchissent un peu plus que la moyenne, même ceux qui sont journalistes, semble t’il…

France Wolf __ Coordinatrice du Bureau National de la FFMC