5è réunion du GT "infrastructures"
Par FFMC nationale le mercredi 28 octobre 2009, 13:02 - Infrastructure - Lien permanent
Compte-rendu de la cinquième réunion de Groupe de Travail 2RM à la Direction de la sécurité et de la circulation routière (DSCR) consacré au thème Infrastructures et partage de l’espace public qui s’est tenue le mercredi 21 octobre 2009 en rassemblant 20 personnes.
Le groupe est piloté par Odile Seguin (chef du bureau sécurité de la route et de la circulation à la DSCR).
Après quatre réunions consacrées aux infrastructures routières, cette cinquième rencontre débute par l’exposé d’un fonctionnaire qui témoigne de la prise en compte des 2RM sur le réseau national « non concédé » (les routes nationales dont la gestion n’a pas été transférée aux conseils généraux), dans le cadre des audits réalisés au titre du Contrôle Sécurité des Projets Routiers (CSPR). Ces audits sont réalisés par deux auditeurs travaillant en binôme, indépendamment des aménageurs. Ils interviennent en une journée et analysent l’infrastructure selon une grille d’évaluation. En substance, il nous est expliqué que ces fameuses grilles sont en cours de « remise à jour » pour intégrer les 2RM, « mais la matière n’est pas disponible » argumente le technicien. « Et les études et recommandations du CERTU, alors, elles servent à quoi ? » demande le représentant de la FFMC. De son côté, Eric Krajka, ex-Monsieur Moto 93, ex-agent de la DDE et actuellement en charge des questions d’équipement routier au CG 93 fait finement remarquer que des audits réalisés en une seule journée par deux fonctionnaires circulant en voiture, c’est un peu léger pour juger de la dangerosité d’une route pour les 2RM, surtout si l’expertise est réalisée un jour de beau temps sur chaussée sèche. Elisabeth Barincou (Association des départements de France) regrette que ces expertises n’existent pas sur le réseau départemental, celui-ci s’étant d’ailleurs considérablement accru depuis la concession aux CG du réseau national, lequel avec 15 000 km ne représente plus qu’un « pouillème » du problème. Elle témoigne également de l’absence de culture 2RM chez les fonctionnaires chargés des voiries dans les collectivité territoriales. « Pour faire la différence, souligne t-elle, il faut qu’un élu soit lui-même motard et convaincu de l’importance de ces questions. D’une manière générale, l’usager vulnérable, pour un élu non sensibilisé aux 2RM, c’est les enfants, les piétons, les gens âgés, les personnes à mobilité réduite… mais jamais les motards ». Elle ajoute que si la prise en compte des 2RM est une donnée dont on commence à parler dans les programmes de formation, la décentralisation (concession du domaine de l’Etat vers les CG) a déjà accru la charge des problèmes à traiter et la suppression annoncée de la taxe professionnelle (qui bénéficie aux collectivités locales) ne va pas arranger les choses.
Aménageurs de voirie et élus locaux peu informés
Évoquant la rubrique « Casque d’âne » de Moto-Magazine et les signalements « points noirs » des adhérents de la FFMC, le représentant des « Motards en colère » est d’accord avec ce constat, ayant déjà eu le loisir de se rendre compte à quel point les municipalités peuvent se montrer ignorantes du problème. Pourtant, le SETRA a produit à leur attention un guide édité en 2000, guide baptisé « prise en compte des motocyclistes dans l’aménagement et la gestion des infrastructures ». Mis au point par les services de l’Etat, les Messieurs Moto, l’Association des Ingénieurs des Villes de France, des Services Techniques départementaux et les Sociétés françaises d’autoroute, ce précieux ouvrage n’a été vendu aux collectivités locales qu’à… 307 exemplaires depuis 2004 ! (chiffre délivré durant la réunion par un ingénieur du Certu). Et dire que la France compte 36 000 communes. Autrement dit, des fonctionnaires tout-à-fait compétents travaillent sur la question, l’Etat y consacre quand même un peu de moyens, mais au final, l’information n’arrive qu’à grand peine aux intéressés faute d’une diffusion bien menée… Navrant, d’autant plus que ces précieuses infos circulent moins vite que les annonces des drames routiers qui servent systématiquement aux pouvoirs publics à dénoncer les usagers du 2RM comme les moutons noirs de la sécurité routière.
Serait-il possible de diffuser les recommandations des ingénieurs du CERTU et du SETRA, notamment en permettant leur libre téléchargement sur Internet ? La question est posée à Odile Seguin, pilote du groupe de travail, qui reconnaît le manque de connaissance des études techniques.
De son côté, un représentant du CERTU a souligné l’ignorance des 2RM dans les Plans Départementaux d’Urbanisme (PDU), affirmation tempérée par la responsable des questions de Sécurité routière à la Mairie de Paris qui précise que le PDU d’IdF 2020 prévoit la mise en place d’un groupe de travail 2RM. Le représentant de La Prévention Routière déplore à son tour que les architectes urbains ne se posent pas toujours la question de l’intégration des 2RM dans leurs projets, mais madame Barincou précise que les élus ne se rendent pas toujours compte des détails sur les maquettes qui leur sont présentées. C’est pourquoi elle propose, pour changer le regard des édiles, de recenser les élus motards, de renforcer la formation de tous les intervenants locaux et de multiplier les forums départementaux de Sécurité routière. Manuel Marsetti, représentant la Mutuelle des Motards plaide pour une prise en compte obligatoire des 2RM dans les projets d’infrastructure, ce que demande également la FFMC depuis longtemps… A ce titre, il a exposé, conformément à l’ordre du jour, une présentation sur les distinctions des différentes catégories d’usagers, présentation qui renforce encore le sujet traité quant à la méconnaissance de l’univers 2RM en général chez les instances officielles. Mais c’est sûr que tout cela est un travail à long terme, beaucoup moins visible et spectaculaire que les mesures à court terme réclamées, et notamment de renforcement des verbalisations, par Madame Merli, patronne de la DSCR, au nom de son incontournable « respect des règles ».
Un argument toujours martelé à l’encontre des motards, mais qui semble tout à fait secondaire quand ce sont les élus qui font n’importe quoi dans leurs communes en dépit des normes que la réglementation leur impose.
Le groupe est d’accord pour se revoir une sixième fois le 4 novembre avant la prochaine réunion plénière de cette concertation organisée par la DSCR afin de lister des propositions à transmettre à Madame Merli. Se montrant agacé par le déroulement de ces réunions à répétition, le représentant de la FFM s’est exprimé pour que les membres du groupe se déplacent sur le terrain pour constater de visu l’état déplorable et accidentogène de certains tronçons routiers, citant en exemple la RN 6 au sud-est de Paris. Sa demande n’a pas reçu de réponse concrète.
NB : en début de réunion, le représentant de la FFMC a fait circuler une note écrite en faveur de l’ouverture des voies de bus aux 2RM. La diffusion de ce document est une réponse à la lettre adressée à Michèle Merli par le Groupement des autorités responsables des transports (Gart) opposés à cette ouverture au motif que cela entraverait la régularité horaire des bus, sans oublier les éternels prétextes anxiogènes tels que la vitesse excessive des motos, le bruit et la pollution.
Etaient présents : FFMC, FFM, AMDM, GEMA, Club 14, FNCRM (Fédération nationale du commerce et de la réparation du cycle et motocycle, Certu (Centre d’études réseaux transports urbanisme) CETE (Centre d’études techniques de l’Equipement) de Lyon, SETRA (Service d’études technique des routes et autoroutes), Préfecture de police (Paris), La Prévention Routière, UTP (transports publics), GART (Groupement des autorités responsables des transports), ADF (Association des départements de France), CG 93, DSCR.

Commentaires
Slt à tous.
Navrant de se rendre compte de l'incompétence notoire par manque d'information sur la problématique des infrastructures.
Honteux aussi la diffusion de 307 manuels pour 36 000 communes, mais l'état en est le premier et seul responsable.
A ce jour n'existe toujours pas un statut de l'élu par exemple, mais notre président veux les supprimer car ils coutent trop chers(0,5% des budgets ...) je ne leur jette pas la pierre(aux élus), la charge est TRÈS lourde. Il est urgent que la question de la RGPP dépasse les milieux d’experts, d’initiés et qu’elle se popularise.
Dans cette réunion, Élisabeth Barincou met les balises ou il faut, et nous avertis que cela ne va pas s'arranger. C'est un message essentiel à mes yeux dans cette réunion pour notre avenir d'utilisateur de bitume dégradé.
Hé puis, tant que le gouvernement à Le Parisien pour nous stigmatiser, nos cranes d'ouefs peuvent penser dormir tranquilles. Il est donc urgent de se retrouver encore plus nombreux dans la FFMC, pour jouer les grains de sable partout ou les portes sont à ouvrir. Ces réunions auront permis de comprendre qu'il faut multiplier nos forces, pour multiplier nos interventions citoyennes (CQFD).
@pel2far
Postscriptum. je viens de recevoir le Plan Local de Déplacement de la communauté Haut de Bièvres(autour d'Antony/ Châtenay Malabry 92). Sur 71 pages, pas une seule ligne sur le 2RM, par contre on y parle horaires atypiques, semaines comprimées, télétravail. Aux prolos de s'adapter pour fluidifier la circulation dans cette communauté. Vive la sociale ....
Les communautés d'Aix en Provence et Salon (entre autres) ont déjà intégré un groupe de travail 2RM dans leurs PDU...avec des résultats mitigés, certes...C'est bien que Paris y pense pour 2020. Vu le nombre de pratiquants, il était temps!
"Un argument toujours martelé à l’encontre des motards, mais qui semble tout à fait secondaire quand ce sont les élus qui font n’importe quoi dans leurs communes en dépit des normes que la réglementation leur impose." : enfin quelqu'un pour leur mettre dans les pattes! L'argument était aussi valable pour l'Etat qui ne doublait pas les glissieres. Mais bon, vu que maintenant, niveau routes, il n'a gardé que les recettes et décentralisé les dépenses, le probleme est réglé...
Je "re-découvre" les travaux, réflexions et engagements de la FFMC auprès des pouvoirs publics. Je me suis senti effectivement un peu démuni lors de la dernière réunion "IDSR" des Côtes d'Armor face à la dénonciation des comportements des motards et cerise sur le gâteau à un véritable plaidoyer pour le contrôle technique moto !. IDSR en 2002 je n'avais pas contribué aux actions locales (ni à des enquêtes d'accident encore un peu du rôle des IDSR en 2002). Je vais donc tenter de prendre plus de temps pour réellement représenter mon moto club local (le MOTO-TOURING-CLUB de PLERIN) et pourquoi pas la FFMC ? Existe-t-il une instance spécifique au sein de la FFMC pour des représentations locales telles que les IDSR . Je découvre vos fiches sur internet et elles sont effectivement très pratiques. Je ne serai pas pris au dépourvu la prochaine fois (enfin j'espère !). Avez-vous réuni toutes vos fiches dans un seul ouvrage ou téléchargement en ligne ? Idem pour les fiches-sécurité ? A la prochaine AG de notre moto club, je voudrais sensibiliser les colègues sur l'importance de la FFMC (et pourquoi pas lancer la création d'une antenne 22) : avez-vous des montages power-point par exemple ? Merci. Je me présente succinctement : je n'ai repris la moto qu'en 1996, je parcours depuis cette date 35 à 38000 kms par an au guidon d'une BMW K1200LTFL que je prends tous les jours de l'année. Professionnellement je dirige un établissement pour adultes lourdement handicapés, principalement des personnes atteintes d'Infirmité Motrice Cérébrale (donc handicap de naissance) mais nous avons aussi une personne résidante "trauma crânien" suite à un accident de scooter et qui participe aux journées de sensibilisation "prévention routière".
Pierre HERISSARD
herissard@kerspi.com
Nota du modérateur : merci pour ta contribution, répondu par mail.
Pour ce qui est des infrastructures, l'Etat fuit vraiment ses responsabilités en reportant sur les collectivités locales les efforts d'aménagement sans les compenser financièrement.
Surtout, il reste énormément à faire en terme de formation des agents territoriaux et, là non plus, il n'y a pas de directives obligeant à intégrer ne serait-ce qu'un module "2RM et infrastructures" dans la formation des ingénieurs et techniciens.
Mais bon, quand on sait que la formation des cadres A est passée, depuis 2007, d'une 60aine de jours à 5 jours, on se demande quand pourrait avoir lieu cette formation.
Raph - Nancy
PS : évitons d'être aussi bête que la DSCR en manipulant les chiffres de façon aussi bling-bling que stupide. Certes, il y a 36 000 communes en France (enfin, un peu moins) mais seulement un petit millier de plus de 10 000 habitants - dont beaucoup dépendent de communautés de communes ou de communautés urbaines. C'est à ce chiffre qu'il faudrait rapporter le nombre d'exemplaires vendus du livre du SETRA. Parce que le maire d'un village de 50 âmes n'en a pas vraiment besoin.
Salut Pierre,
les bonnes volontés et compétences certaines sont toujours les bienvenues à la FFMC. Merci pour ta proposition.
Pour te répondre, la FFMC s'est positionnée (en assises par le vote de ses adhérents) sur le sujet IDSR: Lorsque leur statut a été modifié vers une seule représentation des autorités en charge de la sécurité routière et que ce qui restait des enquêtes accidents est devenu domaine exclusif des "experts", la FFMC s'est prononcée contre ce nouveau statuts en choisissant de ne plus y participer. Localement, les conditions sont parfois différentes et positives et certains IDSR adhérents FFMC le sont restés.
En outre, le domaine d'activité de la FFMC ne se limite pas à la seule sécurité routière. Même si celle du motard entre dans nos prérogatives et nous occupe beaucoup, notre discours s'oriente surtout vers des propositions concrètes, à la différence de certaines associations dites "de victimes".
Donc, dans la perspective bienvenue de vouloir créer une nouvelle antenne, il est conseillé de prendre le temps de faire un point sur la situation et les choix de la Fédération et de ses structures.
Clin de phare, Bernard
pas du tout d'accord avec Raph quand il dit que le maire d'une petite commune n'a pas besoin du guide du Setra,c'est meme tout le contraire. Les maires de grandes villes ont des services techniques (à peu près) compétents, alors que le maire du bled de 500 habitants, c'est souvent l'agriculteur du coin, qui n'y connait absolument rien en aménagements routiers. Et c'est comme ça qu'on se retrouve avec des ralentisseurs non conformes à tous les coins du département