3eme réunion du Groupe "causes et conséquences de l'accident"
Par FFMC nationale le lundi 12 octobre 2009, 17:58 - Causes et conséquences de l'accident - Lien permanent
Compte-rendu de la troisième réunion de Groupe de Travail 2RM à la Direction de la sécurité et de la circulation routière (DSCR) consacrée au thème « Mieux connaître les causes et connaissances des accidents » qui s’est tenue le jeudi 1er octobre 2009, rassemblant une quinzaine de personnes.
Le groupe est piloté par Louis Fernique (secrétaire général de l'Observatoire national interministériel de la sécurité routière, ONISR).
En préambule de la concertation, Louis Fernique se présente : il remplace Jean Chapelon à la tête de l'ONISR et il est motard. Il annonce également une accélération du processus de concertation, conformément aux voeux de Dominique Bussereau, secrétaire d'Etat aux transports, tout en admettant que le groupe de travail « Causes et connaissance de accidents » a plutôt vocation de réfléchir à des problématiques « à long terme ». Hervé Gicquel (Club 14) pose la question des « ressources », ce à quoi monsieur Fernique répond qu'elles sont en hausse, avec plus de moyens humains et financiers.
L'essentiel de la rencontre a ensuite consisté en la présentation illustrée des travaux de Bernard Laumon, médecin épidémiologiste et traumatologue à l'Unité Mixte de Recherche Epidémiologique et de Surveillance Transports Travail Environnement (Umerestte), une unité de recherche de l'Institut National de Recherches sur les Transports et leur Sécurité (Inrets). Il est également un des rédacteurs du Rapport Guyot.
La présentation concerne « le Registre du Rhône », une étude sur les victimes de la route dans le département du Rhône. Ce registre est réalisé avec les services de secours concernés, et avec l’Association pour le Registre des Victimes d’Accidents de la Circulation dans le département du Rhône (l’ARVAC) qui anime un réseau médical de 96 services de soins de première ligne, 160 services de suite et 11 centres de convalescence.
Cette base de données, permanente depuis 1995, permet :
· de recenser les accidents et les victimes,
· d'étudier la fréquence, la nature et le mécanisme des lésions
· de connaître le devenir clinique des blessés.
· d'étudier les mécanismes lésionnels dans les accidents impliquant un véhicule léger.
· de contribuer à une meilleure définition et à une meilleure connaissance du blessé grave, par la mise en place d'études complémentaires.
Un des points de cette étude présentée sous forme de graphiques met en lumière l'importance des accidents survenus sous l'emprise alcoolique, ce qui permet au Pr Laumon d'affirmer que c'est une des principales causes d'accidents chez les conducteurs de 2RM. La FFMC objecte en faisant remarquer que la conduite sous l'emprise de l'alcool est , selon les rapports existants par ailleurs, moins fréquente chez les motards que chez les automobilistes et si le registre du Rhône en arrive à cette constatation, c'est simplement que alcool ou pas, on relève plus de blessés nécessitant une hospitalisation chez les conducteurs de 2RM que chez les automobilistes. Autrement dit, ce n'est pas parce que parmi les blessés enregistrés, l'étude relève des victimes qui circulent en 2RM en ayant consommé de l'alcool au-delà des normes réglementaires que cette catégorie de conducteur est plus alcoolisée que les automobilistes, ces derniers étant tout simplement moins exposés à des blessures entraînant une hospitalisation et donc, ne rentreront pas en ligne de compte dans les constatations du Registre du Rhône.
Autre moment cocasse, Bernard Laumon observe, graphiques à l'appui, que les conducteurs de 2RM sont davantage blessés dans les accidents de circulation... « Mais c'est évident », s'exclament les représentants de la FFMC... « par rapport à un automobiliste, le conducteur d'un 2RM n'a que très peu de protection ! « Merci, se renfrogne le professeur... Des années de recherches pour en arriver là ! ».
C'est tout de même bizarre un telle dissociation entre le chercheur chargé d'instruire une étude et le bon sens du conducteur de 2RM qu'il nous apprend être par ailleurs (M. Laumon se déplace en scooter). Notons tout de même que si la présentation du Registre du Rhône (laquelle est d'abord une étude scientifique) revêt un aspect « froid et dépassionné » pour les non-initiés, Bernard Laumon ne la présente pas comme un réquisitoire à charge, mais avant tout comme une base de connaissances dont tout le monde s'accorde à en reconnaître l'intérêt pour mieux envisager, demain, une meilleure prévention des risques routiers. N'empêche, au risque d'être considéré comme d'éternels « mauvais esprits », on ne peut s'empêcher de frémir à l'idée de l'interprétation des statistiques dont les pouvoirs publics ont le secret pour instrumentaliser leur vision de la Sécurité routière qu'ils prétendent organiser.
La rencontre s'est terminée, à nouveau, sur le constat partagé du manque de connaissances des causes d'accidents de 2RM et sur le besoin d'affiner encore le relevé des données à la source, c'est-à-dire par les forces de l'ordre qui établissent les PV d'accidents, base dont découle une partie des informations nécessaires à approfondir la compréhension des accidents, sans oublier les travaux de l'Inrets dont un des chercheurs a justement souligné lors de la dernière séance plénière que nous n'en étions qu'aux débuts et que par conséquent, « la réglementation en vigueur censée y remédier ne s'appuie, faute de mieux, que sur du vide ».
Un tableau récapitulant les mesures à étudier a été ensuite transmis par courrier électronique aux participants afin qu'ils puissent l'annoter de leurs observations et commentaires en vue de préparer les débats de la prochaine réunion.
Étaient présents : FFMC, AMDM, SMA, Association Marilou, Prévention Routière, Assurances Crédit Mutuel, Club14, FNCRM (Fédération nationale du commerce et de la réparation du cycle et motocycle, Certu (Centre d’études réseaux transports urbanisme) CETE (Centre d’études techniques de l'équipement), INRETS, DSCR, Préfecture de Police de Paris, Mairie de Paris.

Commentaires
Salut à tous !
Au risque de me répéter : et le rapport M.A.I.D.S. ? Pourquoi personne n'en parle, pourquoi ne pas se servir de cet outil ? Je ne comprends pas ...
NB du modérateur : bien entendu MAIDS fait partie des études de référence , et est fréquemment citée dans le rapport Guyot. Mais il faut aussi noter que les pouvoirs publics français avaient à l'époque "Heitz" émis des réserves sur cette étude car pilotée par les constructeurs.
Je pensais que j'allais apprendre et découvrir de nouvelles informations en lisant l'article, tout comme les participants à la réunion devaient avoir les mêmes attentes, et puis comme d'hab. . . . . rien. Je crains que d'un côte comme de l'autre du guidon, motards ou autres usagers ( tous) il serait bon de définir exactement de quoi l'on parle. L'amalgame , entre 2 RM , scoters , motos , vélos,trotinettes , roller, tondeuses autoportées, et comme dirait B.VIAN sans oublier le raton laveur.
Tant pis si je choque des libertaires ou des rebelles , mais il faudrait déjà que l'on définisse un peu mieux notre monde , et qu'ensuite catégorie par catégorie l'on définisse une liste exhaustive des problèmes. une fois le problème défini , on analyse et on tente de trouver la solution la moins pire. Après , on verra ce que ça donne.
Si effectivement Mme MERLI veut des solutions rapides y'a qu'à fair une loi qui concerne tous les deux roues motorisés , mais ça veut dire que ça ira du Ludix de la"Peuge" à la Rocket de chez Triumph? et là forcément y'aura du déchet d'un côté ou de l'autre.
2013 doit voir une harmonisation européenne des classes de véhicules et des permis qu'il faudra pour les conduire, d'après ce que j'en sais. Le CIECA travaille la dessus, alors avant de se lancer dans des projets et des théories fumeuses ne serait il pas plus pertinent de voir ce qu'il en sortira et de se cadrer là dessus , sinon ce qui se fait maintenant va être battu en brêche dans 3 ans.
Maintenant, " c'est vous qui voyez ; y'en a qu'on essayé". Des motards qui ont commencé à rouler dans les années 70 , il y en a encore, je sais j'y étais , demander leur ce qu'ils ont vu et entendu depuis cette époque là . Juste un exemple la vignette moto et ce qui en a suivi. La seule solution pour s'en sortir , c'est la SOLIDARITE, mais je crains que ce ne soit plus d'actualité au jour d'aujourd'hui, à moins que je ne me trompe ? ?
PS : Les statistiques d'ou qu'elles viennent , ne sont que des chiffres auquels on fait dire ce que l'on envie de faire entendre , dans un sens ou dans l'autre.
Sur ce; bonne route à toutes et tous, et je reste votre serviteur.
Juanito, tu dis qu'il faut distinguer les catégories d'usagers (voir à ce titre l'excellente étude du GEMA dans le dernier motomag) et qu'en même temps il faut être solidaire. Y'a pas contradiction ?
Pour commencer, je dois dire que je ne partage pas ton point de vue sur Bernard Laumon. Médecin et docteur-ingénieur diplômé de Centrale Lyon, c'est un gros calibre pourvu d'une double compétence plutôt rare, et d'un sens de l'humour certain. Aussi, sa remarque sur "ses années d'études" me semblait largement humoristique, mais pas seulement. Et cette "dissociation entre le chercheur chargé d'instruire une étude et le bon sens du conducteur de 2RM" n'a rien de bizarre, puisque c'est le fondement même du travail scientifique qui doit avant tout réfuter les explications de sens commun, puis démontrer, et valider par sa méthode, ses hypothèses, quand bien même elles sembleraient triviales et évidentes pour tout un chacun. Après tout, si l'on s'en tient au bon sens, la terre est plate.
Par ailleurs, le registre du Rhône est un outil déjà assez ancien, utile et intéressant mais limité, notamment à cause de sa faible ampleur géographique ; là où Bernard Laumon exagère, c'est en extrapolant, même à titre d'hypothèse, ses résultats au pays entier. Je remarque par ailleurs que son exposé devait être mis en ligne sur l'extranet de la concertation ; on attend toujours.
Un dernier mot sur MAIDS, étude qui a plusieurs vertus fondamentales, entre autres celle d'exister, mais qui pose plusieurs problèmes. Pas celui de la méthodologie, puisque l'étude a été menée par plusieurs équipes universitaires appliquant une méthodologie de l'OCDE, pas non plus celui du commanditaire, puisqu'elle a été co-financée par l'Union Européenne et que la seule réponse à apporter aux critiques de l'État, c'est de lui demander de nous expliquer pourquoi, quand il s'agit de motards, il faut qu'un organisme privé fasse à sa place un travail d'intérêt public.
Mais MAIDS, faute de moyens financiers, est peu représentative à cause de ses effectifs assez faibles. En plus, les Allemands on fait bande à part. Enfin, l'étude confond tous les deux-roues, cyclomoteurs compris : le fait que la vitesse moyenne estimée lors des accidents soit inférieure à 50 km/h n'est pas un argument, puisqu'une partie des véhicules impliqués est supposée ne pas dépasser 45 km/h. Pour les motocycles, si ma mémoire est bonne, cette vitesse est de l'ordre de 65 km/h. En effet, cette confusion entre les diverses catégories de deux-roues et leurs différents conducteurs reste un problème qu'il faut résoudre en priorité : voir mon billet sur les statistiques de la Préfecture de Police, qui confond les catégories mais distingue les causes, et ce que l'on peut en tirer en matière d'alcoolisme : http://dirtydenys.net/index.php?pos...
J'adore la photo de l'oeuvre d'art (du moins j'espère que c'en est bien une!) composé d'une moto et de deux bottes "encastrées" dans une butte!