Le blog de la Fédération des Motards en Colère

Motomag.com

La Fédération Française des Motards en Colère est une association loi 1901 à but non lucratif, la FFMC représente et défend depuis 35 ans tous les utilisateurs de deux et trois-roues motorisés. Ses 10000 adhérents, répartis en 85 antennes départementales, revendiquent leur liberté, leur citoyenneté et agissent concrètement pour favoriser la sensibilisation et l'éducation au vivre ensemble en lieu et place de politiques répressives de sécurité routière. Ses valeurs sont celles de l'économie sociale et solidaire. L'individu est au centre de ses préoccupations.

mardi 21 février 2012

Les Carburants Sociaux


On constate tous les jours, que les carburants coûtent trop cher, mettant à mal notre liberté de circulation.
Ce billet a vocation à vous en présenter 2 autres, non palpables certes, mais bien présents dans nos vies et dans notre société.

La peur, tout d’abord. Un carburant connaissant peu de pénurie, surtout aux abords d’une élection ayant comme enjeu, le pouvoir suprême. Il n’est pas taxé, est distribué gratuitement, en masse et quotidiennement. Il est incolore, indolore, sans odeur et sans saveur.

FFMC-peur-carburant-moto-238.jpegMais sa capacité de nuisance est terrifiante. Il se répand telle une marée noire et touche la moindre parcelle, le moindre organisme. Il pollue les nappes démocratiques, pollue l’atmosphère républicain, pollue l’air social, pollue les citoyen(ne)s qui y touche.

Un exemple de marée noire récente ?

Une cité un peu bruyante ? : Quelques immigrés de trop !

Une crise aux causes gênante ? : Une dette publique trop importante !

Une dette publique trop importante ? : Un assistanat trop présent !

Un assistanat trop présent ? : trop de jeunes désœuvrés dans les cités !

Trop de jeunes désœuvrés dans les cités ? : Une immigration trop présente…

Facile, non ? On pourrait même détailler un peu plus. Et puis, qui irait vérifier ? Qui en a envie ? Qui ira tremper ses pieds dans ce produit visqueux, cancérigène, gangrénant et collant qu’est cette pollution ? Autant faire confiance au petit écran d’une télé, assis sur un canapé. C’est bien plus confortable, au chaud, au sec. Et tant qu’on n’est pas concerné…

Mais j’y pense, l’enjeu de campagne en 2002, c’était quoi déjà ? Ah oui, la sécurité routière. Les morts sur la route, etc… ! Pour la sécurité de tous, la « peur du gendarme » est devenue un dogme, utilisé en tant que tel et pas pour résoudre les problèmes, quels qu’ils soient. Ou comment utiliser une fonction régalienne à des fins électoralistes, surtout quand ces gendarmes prennent la forme de cubes, sur le bord des routes, flashant sans discernement des usagers pris par la peur de perdre leurs points. Des citoyens avec la peur de se faire attraper à 6 km/h de trop par rapport à la vitesse autorisée. Alors, comme pour l’exemple ci-dessus, il faut trouver des coupables méritant ces coups de bâton. Et comme l’exemple ci-dessus, la minorité fera bien l’affaire. Voyons, une minorité, sur la route, avec une image subversive… qui pourrait bien jouer ce rôle ?

Mais ce carburant qu’est la peur, coûte de plus en plus cher à notre société. Détériore notre vie, notre environnement, et nous devons impérativement prendre conscience de la manière dont il est fabriqué, à qui les bénéfices (ou les crimes) profitent et quelle en est la finalité.

Le Mouvement FFMC dans son ensemble substitue à ce carburant de mauvaise facture, une énergie alternative avec laquelle il fonctionne depuis plus de 30 ans. Non pas un carburant issu d’une quelconque source végétale, ni d’une huile tout aussi noire que les idées passées.

Notre carburant est renouvelable, efficient, durable, économique, inépuisable… C’est tout simplement celui du vivre ensemble, de la formation, de l’utopie réelle et réaliste d’une autre société, basée sur la solidarité et la lutte des discriminations. Il ne coûte que 38 euros/ an et si vous voulez faire le plein pour cette année et pour les autres, c’est ici.

Nathanaël

jeudi 9 février 2012

L’aboutissement.

J’ai un scoop !

Les techniciens de la Sécurité Routière, ceux qui sont dans l’environnement proche du ‘Ministère Englobant les Routes qui se Dégradent, l’Intérieur et la Communication’ (M.E.R.D.I.C), ont travaillés en secret sur la définition et la mise au point d’un nouvel équipement destiné aux motards. Le nec plus ultra de ce qui se fait de mieux en matière de protection. C’est l’aboutissement logique de tout ce qui s’est dit au cours de l’année écoulée, la synthèse des dizaines d’heures d’auditions à l’assemblée nationale étoffée par les multiples travaux des spécialistes et éclairée par l’observation attentive de ce qui se fait de bien chez nos voisins (ceux qui trouvent, pas ceux qui cherchent).

Un constat : le motard est fragile.

Un motif : il n’est pas confiné dans un habitacle.

Une mission : Il faut le protéger.

En réalité ça fait quelques temps que cet équipement est finalisé. Mais le chef du Ministère, grand stratège parmi les grands, il a donné des instructions pour l’amener en douceur la merveille. Graduellement ça a débuté et graduellement ça va continuer.

D’abord on a bétonné la communication sur l’hécatombe. Avec des moulinets de bras et effets de manche à la télé, ça l’a fait !

Puis vint le temps de l’annonce des premières mesures CONCRETES ciblant la protection, (si vous ne rajoutez pas concrètes vous n’êtes pas crédibles lui ont susurré les communicants) : contrôle technique, brassard rétro-réfléchissant, éthylotests en quantité suffisante (le motard est réputé gros buveur). Demain, toujours par soucis de protection, on rajoute un triangle de signalisation (obligatoire dans les autres véhicules à 4 roues depuis belle lurette), des provisions pour éviter l’hypothermie en cas de panne par temps frais (la liste des courses sera jointe au prochain décret rendant cette mesure obligatoire),de la boisson énergisante en cas de grosses chaleurs, la tenue de pluie normalisée, la sangle de remorquage si des fois vous avez glissé sur du gasoil, la bombe anti crevaison pour les malchanceux, une couverture de survie, du sparadrap pour les petits bobos, une visière de rechange pour les gravillons. Voilà ! Les premières obligations sont connues, les autres sont dans les tuyaux.

Bien entendu chaque manquement est passible d’une amende et perte de points.

Ça en fait des trucs à emporter pour conserver son permis, son argent et être en sécurité. Eh bien justement, l’ultime étape de ce travail est programmée au printemps prochain, au moment où le moral revient avec la hausse des températures.

Au menu : conférence de presse, passages répétés sur les ondes, plateaux télé avec les peoples, pleines pages dans les journaux, tous les essayeurs motos de la presse spécialisées sur le pont… pour annoncer d’une même voix forte et triomphante la naissance du sac-à-dos sécurité routière, normalisé, estampillé, étudié pour. Il sera obligatoire pour tous les motards qui pourront en plus y glisser un porte-monnaie pour alimenter les bornes de péage des stationnements urbains et entrées de zones Zapa.

Bien entendu il faut un slogan pour cristalliser autour du produit et assurer le lancement dans les conditions optimum. Le Ministre voulait quelque chose de simple, objectif et proche du terrain. Le message finalement retenu est : « Motard pars rassuré, grâce au M.E.R.D.I.C la Sécurité Routière, tu l’as dans le dos».

Franchement je suis impatient.

Patrick

lundi 30 janvier 2012

J’ai fait un rêve…

Je me suis endormi en plein milieu d’une émission télévisée qui pourtant aurait dû capter toute mon attention et me tenir éveillé bien au-delà de son terme.

Je me suis endormi au beau milieu du premier grand combat pour l’élection présidentielle. Je me suis endormi, bercé par les milliards, les milliers de milliards que nos édiles manipulent comme nous manipulons les quelques pièces de monnaie au fond de notre poche avant d’en sélectionner quelques une pour régler la taxe sur le stationnement en zone urbaine ou la baguette quotidienne (on peut s’en offrir 1.052.631.578 avec un milliard d’euros). Je me suis endormi parce que franchement ces coqs lâchés dans l’arène, débattant à fleuret moucheté, se jetant à la face avec un sourire entendu les derniers chiffres qui règleront définitivement le sort de cette putain de crise que personne au demeurant n’a vu venir… mais que cependant tout prétendant à la magistrature suprême se fait fort d’éradiquer… avec quelques centaines de millions ponctionnés par-ci, quelques dizaines de milliards économisés par là… enfin quoi c’est pas compliqué ! Y’aura même pas assez de chômeurs pour occuper tous les nouveaux emplois qui nous sont promis, faudra en importer !

Stop ! Comprend pas ! Neurones en folie ! Je décroche… je dors.

Et quand je dors, je rêve…

… Le candidat a employé des mots que je comprenais, il a parlé de société, de qualité de la vie, de liberté de circuler, de choix de société. Il a dit que bien entendu la crise, le chômage, l’économie, la finance il allait s’en occuper parce qu’il avait fait les études pour ça et que le pays regorgeait de spécialistes tout à fait capable de lui indiquer la bonne méthode et qu’il n’était pas utile de faire le malin avec les chiffres… il a dit que c’était pas la peine d’emmerder les citoyens avec des lois stupides, inutiles, liberticides, accumulées les unes sur les autres jusqu’à saturation, jusqu’à l’absurde… il a dit qu’il était primordial de remettre l’Homme dans la société, qu’il fallait mettre fin au tout répressif, arrêter l’escalade des sanctions automatisées…arrêter de créer de nouvelles infractions… il a dit qu’il fallait un Homme pour sanctionner, un Homme pour expliquer, un Homme pour former, des Homme en face des Hommes… il a dit que les mots ‘répression’ ‘chasse aux chauffards’ seraient bannis du vocabulaire parce qu’indignes du pays des droits de l’Homme…il a dit que les panneaux ‘trous en formation’ seraient supprimés car il était plus pertinent de boucher les trous…il a dit que les rails de sécurité seraient doublés parce qu’il était scandaleux de faire comme si personne n’en était victime… il a dit que pour voir mieux les autres usagers de la route fallait pas éteindre les lumières…il a dit que pour lutter contre l’hypovigilance les radars n’étaient pas adaptés…il a dit que la Sécurité Routière était symptomatique des dérives sécuritaires et de l’immobilisme de nos dirigeants et symbole de la pensée unique et qu’une autre politique de Sécurité Routière devenait nécessaire… Il a dit…vous êtes suffisant Monsieur…le compte n’y est pas !

Merde je venais de me réveiller.

C’était pourtant un beau rêve…pas très difficile à transformer en réalité, il suffirait peut être de lâcher prise et de cesser de se faire aspirer par le système…

« Brimez tous mes droits, et il me restera toujours celui de rêver ». (Martin Roy)

J’y retourne !

Patrick

jeudi 19 janvier 2012

La bêtise insiste toujours

Cet aphorisme d’Albert Camus (La Peste) trouve une nouvelle fois sa légitimité dans l’actualité liée à ce qui nous préoccupe ces jours ci, nous usagers de la route circulant en deux-roues motorisé.

Il se trouve que l’augmentation de la taille des plaques d’immatriculations de nos chers véhicules et la volonté de rendre plus visibles leurs conducteurs en les affublant de ‘sur vêtements’ colorés et fluorescents faisait partie des leitmotivs de nos meilleurs ennemis il y a déjà quelques années. Si, si, les sentencieux de la LCVR préconisaient même à l’époque que notre immatriculation soit inscrite sur la casaque qu’ils voulaient nous voir endosser.

Il se trouve que depuis des années les mêmes arguments chiffrés sont utilisés à l’envie dans toute communication des politiques ou techniciens en charge de la Sécurité Routière…vous les connaissez par cœur les fameux « 1% de vitesse en moins = 4% de tués en moins » ou bien « les motards représentent 2% de la circulation mais 25% des tués », mais aussi « que sont 600 millions d’euros de recettes du CSA en regard des 23 milliards que coûte l’insécurité routière! » Si, si, la dogmatique présidente de la LCVR mais également l’inflexible ministre des tués sur la route en ont encore largement abusé en ce début d’année. Le premier flic de France dans son discours du 2 janvier, la ‘Pythie’ reprenant bêtement l’argumentaire, manifestement mal maitrisé, dans un débat télévisé deux jours après.

Je ne reviendrai pas sur l’évidence qu’il suffirait de ne plus rouler pour qu’il n’y ait plus d’accident et donc plus aucun mort sur les routes. Je ferai juste un petit commentaire sur le fait aujourd’hui évident (sauf pour le ministre) que la population des deux-roues motorisé représente largement plus de 2% du trafic et que donc il faudrait cesser de martyriser les motards avec ce qui est devenu aujourd’hui un scandaleux mensonge. Je m’arrêterai cependant un instant sur ce colossal chiffre de 23 milliards d’euros, tellement impressionnant que personne ne pense à regarder de quoi il est composé.

23 milliards d’euros, c’est le Smic annuel de 1 369 000 personnes, c’est 342 années de revenus (sur la base du Smic) des 4 000 tués sur la route. Ce chiffre outre les vrais coûts directs liés aux accidents intègre une pléthore de coûts théoriques tels que la perte de production future des tués, la perte de production potentielle de la descendance, l’évaluation de divers préjudices ainsi qu’une évaluation des coûts purement matériels. Bien évidemment ces diverses sommes ne sont nullement à charge de la Nation. Il est donc parfaitement choquant de présenter le résultat de cet amalgame comme une dépense à charge de la collectivité. Il est scandaleux d’insinuer que tout cet argent qui nous est soutiré en permanence, dans la majorité des cas pour des ‘infractions’ excessivement minimes n’est finalement qu’une très maigre contribution comparé l’énorme charge qu’engendre notre comportement de délinquant de la route. Nous sommes indignés par ces manipulations comme nous sommes indignés par la politique du chiffre autour de la vitesse et des radars, par la stigmatisation de la catégorie d’usagers que nous représentons, comme nous serons indignés demain par les différentes nouvelles obligations que l’on tentera de nous imposer et qui sont annoncées par la mise en place du nouveau groupe de travail sous l’égide du Préfet Guyot intitulé : « la circulation inter-files et le port d'équipements de protection individuelle ».

<< Il est dans la nature de l’homme d’opprimer ceux qui cèdent et de respecter ceux qui résistent. >>
Résistons alors !

Patrick

mardi 10 janvier 2012

Gi-laid : Pas glop !

combatUne semaine après la sortie du décret imposant le port d’éléments retro réfléchissants aux motards à partir du 1er janvier 2013, la protestation légitime exprimée par de nombreux motards rejoint la colère de la FFMC : il n'est pas question de se laisser imposer des mesures bidons, inutiles et financièrement insupportables !

Nous sommes en train de préparer un programme des actions à mener, et croyez-nous, l'affaire n'est pas perdue : en 1980 la vignette a été votée et appliquée (et surtout beaucoup boycottée) pendant un an avant d’être finalement retirée.

On entend ici et là « que fait la FFMC » ? Ceux qui nous suivent depuis un moment le savent. Les autres qui découvrent notre existence suite à « l’affaire du gilet » doivent savoir que si l’on n’a pas déjà un contrôle technique depuis 10 ans sur nos motos, des plaques à l'avant, et un gilet jaune sur le dos, c'est parce que l’action de la FFMC a été déterminante. Alors faites nous confiance !

Le seul fait que le gouvernement ait repoussé l'application du décret à 2013 montre bien que cette mesure est prise dans l'urgence et la précipitation et n'a pas de fondement. Alors on va leur expliquer poliment l’endroit le plus adéquat selon nous pour leur « dispositif rétro réfléchissant »… On ne va pas en rester là, d’autant que les périodes d’élections sont peut être un des rares moments ou l’on arrive à se faire entendre.

Sauf qu’attention, une manif ça se prépare, ça s’organise, si possible avec les autres associations de motards (une rencontre est prévue très bientôt avec la FFM et le Codever afin ,si possible, d’accorder nos violons), voire tous les autres usagers de la route qui, comme nous, estiment que la répression routière, ça suffit comme ça.

Mais on n’a pas le droit de se planter : nous sommes conscients du devoir de réussir et de ne pas décevoir les milliers de motards qui comptent sur nous. Alors soutenez-vous, rejoignez-nous, et vous en saurez plus très bientôt sur notre plan d’action 2012.

lundi 2 janvier 2012

Les étrennes de Guéant

Décembre 2011 dans une circulaire aux préfets Claude Guéant écrit : « Il est primordial que les limitations de vitesse restent constamment lisibles et compréhensibles… »

Ce ne serait donc pas le cas actuellement ? Pourquoi ce rappel, cette mise au point ? Quelle est la contrepartie de cette soudaine attention ? Pourquoi est-ce primordial ?

Ce qui est primordial ce n’est pas que les limitations restent constamment lisibles et compréhensibles comme il est précédemment écrit, ce qui est primordial c’est qu’elles doivent "être acceptées et respectées"… Ah bon ! Il y aurait de la grogne chez les usagers ? On n’accepte plus l’inflation de panneaux indicateurs nous intimant une réduction soudaine de notre vitesse alors même que l’environnement routier ne présente manifestement pas de modification particulière. On ne respecte plus la consigne de modifier notre allure, souvent pour quelques centaines de mètres mais des dizaines de fois sur un parcours de quelques kilomètres… on n’arrive plus à suivre ? Ou serait-ce que finalement, pas si idiots que ça, les usagers sont capables d’eux-mêmes d’adapter leur vitesse à leur environnement, analysant d’instinct que l’info donnée par le panneau n’est pas la bonne ? C’est pas une raison ! Faut rester concentrés les gars, c’est pour notre sécurité !

Bon, comme c’est le moment des étrennes et que cette année il y a des élections (et en prime il est candidat à la députation notre ministre des routes et des points perdus) il va nous faire un cadeau. Un vrai bon gros cadeau, avec une vraie bonne grosse ficelle pour l’emballer. C’est écrit plus loin dans la circulaire. Les préfets sont invités à « réunir dans les meilleurs délais la commission consultative des usagers pour la signalisation routière »… cette noble assistance permettra fort opportunément «… de réviser les incohérences qui pourraient être, le cas échéant, relevées par nos concitoyens… ». C’est plus une ficelle, c’est une corde à nœuds. Même une corde à neuneus ! Vous dites, on fait… mais après vous vous tenez à carreau hein ! Et comment ne pas accepter ce que NOUS aurons décidé… faut être cohérents les gars, c’est pour notre sécurité !

Acceptées et respectées, est-il écrit, c’est primordial. Cependant il restera toujours quelques étourdis, quelques pressés, quelques en retard, quelques amoureux, quelques emplois du temps trop serrés, quelques occupés à bien d’autres choses que la lecture des panneaux même parfaitement harmonisés. Je vous fiche mon billet qu’avant le milieu de l’année nous aurons une statistique nous indiquant une hausse significative des « petites infractions à la vitesse » avec inflation de points perdus et augmentation vertigineuse des recettes qui l’accompagne. On oubliera probablement de faire le lien avec l’accroissement hallucinant des moyens et des dispositifs de contrôles mis en œuvre. On orchestrera un grand et beau battage médiatique qui nous amènera en douceur et logiquement à trouver dans la hotte du père Noel 2012… l’indispensable LAVIA*… tellement plus facile à mettre en œuvre maintenant que les vitesses sont harmonisées… le condamné qui affute la hache du bourreau après avoir creusé sa tombe… quel scénario ! Finalement nous l’avons bien mérité, c’est pour notre sécurité !

Ne vous marrez pas les motards ! Vous pensez que le LAVIA ce n’est que pour les autos… D’abord ce n’est pas certain et quand bien même ce le serait, imaginez tous ces moyens en hommes et en matériels devenus inutiles. Faute de gibier la chasse à la délinquance automobile est fermée… oui mais restent les deux roues motorisés, et là c’est plus de la chasse, c’est dur tir aux pigeons. Carton garanti sur le carton rose. Alors dès 2013, votre moto vous l’installerez dans votre garage, sur un tapis roulant à la manière Brenda et Brendon, ces icones des jeux à gratter. N’oubliez pas le ventilateur… faut toujours un peu d’air sur la peau pour mieux gouter la liberté !

Patrick

 * Limiteur s'Adaptant à la VItesse Autorisée

mardi 6 décembre 2011

Info ou intox ?

Comme disait l’autre, on tombe de Charybde en Scylla avec cette histoire de gilet fluo. Tout d’abord très précisément nommé ainsi dans le communiqué du CISR du 11 mai dernier. On peut le prouver. Puis après une figure très acrobatique, limite tour de passe-passe, les zélés représentants du ministre, à grands renforts de médias nous expliquent que finalement on n’a pas compris. Le gilet fluo se transforme en système rétro réfléchissant destiné à nous sauver d’un sur accident (une fois à terre est-il ajouté, ça fait pleurer dans les chaumières ce genre d’argument). Et là apparait, le truc le plus nul qui fait marrer bien au-delà du peuple deux roues, le brassard à deux balles en vente dans toutes les bonne boutiques de gadgets pas pratiques, pas solides et qui servent à rien.

Erreur mes amis, faut par rire…Car en matière de sécurité routière y lâchent rien ! ‘Il est essentiel d’améliorer la visibilité des motocyclistes’ lit-on dans le dossier de presse à entête de la Présidence de la République, remis à l’occasion de la cérémonie des écharpes d’or de la Prévention Routière au palais de l’Elysée le 30 novembre dernier. Faut pas rire parce qu’il est écrit juste après : ‘ D’où l’obligation du port d’un équipement (blouson, simple gilet ou brassard) doté de dispositifs rétro réfléchissants pour tous les usagers de motocyclettes de plus de 125cm3, à compter du 1er janvier 2012…..’

2011-05-21-Photo0012.JPGAlors pour Noel vous oubliez les accessoires super craquant que vous alliez vous la péter avec et vous commandez fissa du blouson, du gilet du brassard mais surtout fluo parce que par surprise le boss il a décrété que c’était le mieux pour nous…et comme c’est mieux c’est obligatoire ! Et comme c’est obligatoire, c’est verbalisable, alors demandez y des sous au père Noël… et des points aussi sans doute…

Au fait, deux petites questions me taraudent l’esprit :

Qu’est ce qui rend les moins de 125 et les scoots plus visibles que les motos de plus de 125cm3 pour qu’ils soient exclus du champ d’application de cette mesure ?

Le rétro réfléchissant ça marche que la nuit et seulement si un faisceau lumineux est dirigé sur le sujet ? On connait la statistique de deux roues victimes de nuit d’un autre véhicule qui ne les auraient pas vus ? (malgré leurs feux, les réfléchissants sur le casque, les catadioptres et l’éclairage de plaque).

Le dossier de presse en question mentionne enfin :’il s’agit de la première mesure équipement depuis l’obligation du port du casque’… J’attends avec angoisse la deuxième !

Dernière nouvelle, une des vertus d’un salon c’est de pouvoir y croiser des gens qui comptent et des gens bien informés. Cette mesure est annoncée prématurément nous a-t ‘on confié du côté du stand de la Sécurité Routière. C’est une boulette a-t-on ajouté ! Mais là non plus faut pas rire ni même soupirer de satisfaction, car la boulette ne porte que sur la date d’entrée en vigueur. Le brassard à deux balles, c’est prévu pour les étrennes de 2013. N’est t’on pas en droit de se demander s’il ne s’agit pas typiquement du genre de boulette faite exprès, car elle permet d’accoutumer le citoyen, de lui permettre de se faire à l’idée ? Et que ça permet aussi de sortir la norme et de fabriquer... Et qui dit norme dit …tarif et sanctions (68 € et 2 points de permis suivant le dossier de presse du CISR).

Nous sommes prévenus, il nous reste un an pour dire qu’on n’en veut pas. Et ça commence tout de suite.

Patrick

vendredi 18 novembre 2011

Du bon usage du non-gouvernement

C’est un pays de rien du tout. Un petit pays coincé entre des voisins puissants. Un pays qui, si l’on en croit radio bistrot, est peuplé de gens pas vraiment intelligents. Vous voyez de qui je veux parler ? De la Belgique bien évidemment ! C’est bien connu : ils sont cons les belges. Très cons même. Car, honnêtement, il faut être con pour chercher à diviser en deux un aussi petit pays. Et je ne parle pas de leur incapacité à se doter d’un gouvernement : il leur a fallu près de 500 jours pour se retrouver un exécutif ! Qui dit mieux ? C’est pas en France que ça arriverait. Non, aucune chance. Hélas !

Car, chers amis motards, ces cons de belges sans gouvernement ont trouvé le moyen de légaliser la circulation interfiles, d’autoriser le stationnement non-gênant des 2 roues motorisé sur les trottoirs et de rendre obligatoire le port d’un équipement minimum (casque, gants, veste à manches longues, pantalon et chaussures protégeant les chevilles). Cerise sur le gâteau : une grande campagne d’affichage dans le royaume sur la fragilité des motards et le partage de la route. Tout un ensemble de mesures motophiles entrées en vigueur au 1er septembre 2011. On rêve…

Et pendant ce temps-là, dans notre beau et fier pays, dans ce pays que le monde entier nous envie, dans ce pays aux 600.000 élus (véridique !), dans ce pays gouverné comme il se doit… on décide d’imposer aux motards un « dispositif réfléchissant » (surtout, ne dites pas « gilet jaune ») afin d’éviter le sur-accident lorsqu’un motard chute à terre. Car oui, bande de motards graisseux et idiots, vous n’avez pas pensé à cela : le sur-accident dû à l’écrasement par un véhicule tiers ! Heureusement que notre gouvernement s’en soucie, lui et qu’il apporte ipso facto une réponse à ce très délicat problème qui doit toucher, à la louche, dans les 4 à 5 personnes par an. Pour le reste, peintures glissantes, glissières non doublées, formation, prévention… on peut attendre un peu puisque, désormais, grâce à notre dispositif réfléchissant anti-sur-accident notre sécurité est assurée.

Si, comme le dit le dicton, on a le gouvernement qu’on mérite, je ne sais pas ce que nous avons fait mais, force est de constater que les motards français paient leur mauvais karma. A moins qu’ils ne paient la suffisance de leurs énarques là où les belges bénéficient du bon sens d’un ministre des transports et d’un roi tous deux motards.

Que cela ne vous gâche pas les fêtes de fin d’année. En ce qui me concerne, j’irai sûrement les passer chez nos voisins si cons, autour d’une bière de trappiste et d’une gaufre au sirop de Liège. Parce que, franchement, je préfère être un motard con et vivant plutôt qu’un motard « réfléchissant » mais mort !

Raphaël, Coordinateur de la FFMC 54

mercredi 2 novembre 2011

Voir loin….

Ne dit-on pas que c’est la clé, dans la vie comme en matière de sécurité routière. Voir loin c’est prendre connaissance d’un danger bien avant sa survenance, c’est se mettre en condition pour l’appréhender correctement, c’est préparer l’évitement, c’est savoir s’il faut freiner, accélérer, virer à gauche ou à droite…au pire choisir le moindre mal ou l’atterrissage le plus doux. Voir loin c’est mettre toutes les chances de son côté, c’est durer …C’est valable dans la vie comme en matière de sécurité routière. Ce n’est pas valable en politique !

Pour voir loin une bonne vue ne suffit pas, il faut aussi lever la tête. Lever la tête en politique ce serait sortir des clichés, faire abstraction de son clan et des stéréotypes qui lui sont attachés, s’affranchir de la pensée unique ou des éléments de langage rabâchés à l’envie par chaque clan lors de la survenance d’un évènement inattendu (forcément inattendu vu qu’on ne regarde pas loin devant). D’ailleurs les crises financières, bancaires, économiques qui secouent notre monde ces dernières années qui les a vues venir, qui a levé le nez, qui a regardé plus loin que sa réélection prochaine? La crise de la dette qui nous fait découvrir aujourd’hui que les états aussi peuvent êtres en faillite, il a fallu avoir un pied dans le vide pour s’agiter et commencer à grands renforts de superlatifs à rechercher dans l’urgence et la frénésie les mesures capables de nous éviter une terrible catastrophe. Catastrophe qui ne manquera pas d’arriver puisque ce serait miraculeux que des mesures prises dans une telle agitation et aussi peu préparées soient les bonnes…

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Voir loin en matière de sécurité routière ce serait donc la moindre des choses, la sécurité routière, la vraie, celle qui s’intéresse à la vie des usagers, celle qui engage à faire le maximum pour que l’usager de la route ne perde pas la vie en se déplaçant, est incompatible avec la « loi » politique moderne. Le spectaculaire, le très porteur médiatiquement, l’effet d’annonce qui va propulser son auteur à la cime de l’audimat ne peuvent pas produire de bonnes mesures justement parce qu’elles ne s’appuient pas sur des analyses à long terme et qu’elles ne s’inscrivent pas dans la durée.

Quel « Politique » normalement formaté prendrait le risque de mettre en place des mesures qui ne porteraient leurs fruits que dans plusieurs années (alors que peut être un adversaire d’aujourd’hui pourrait en tirer bénéfices ou gloire !). Quel « Politique » pourrait aujourd’hui le supporter alors que des évènements majeurs se bousculent, chacun d’une telle importance que la Sécurité Routière en apparaît dérisoire pour ne pas dire ridicule si le sujet n’est pas rehaussé par quelques déclarations intempestives ou spectaculaires. Un instant nous avons rêvés. Un instant nous avons espéré même que la commission parlementaire mise en place après les mesures provocatrices et unanimement rejetées du CISR de mai, pourrait par son côté transversal et œcuménique prendre un peu de hauteur et déboucher sur des propositions adaptées et efficaces.

Finalement la montagne a accouchée d’une souris… le stéréotype l’a emporté, la répression est toujours d’actualité, la stigmatisation toujours au premier plan. Les vilains petits moutons noirs que nous sommes sont priés de suivre le troupeau, de se conformer à la règle du Contrôle Sanction Automatisé et d’adopter avec empressement ce que nos élus ont décidés qui serait le mieux pour nous. Parce que eux, qui ont le nez dans leurs dossiers, eux qui ne sont jamais montés sur une moto, eux qui ne regardent pas plus loin que le bout de leurs chaussures, eux qui ont poliment écoutés pendant des dizaines d’heures quelques 170 spécialistes triés sur le volet, ils sont restés sur leurs idées reçues, ils n’ont pas relevé la tête pour voir plus loin…mais ils ont la certitude que ce sont les bonnes mesures.

vendredi 7 octobre 2011

Le vol du bourdon

Vous avez déjà remarqué avec quel entêtement le bourdon qui butte contre la vitre insiste et insiste encore pour la traverser. Pour avoir suivi avec assiduité les auditions de la mission parlementaire, je dois avouer que le comportement du rapporteur me fait penser au vol du bourdon ; Cette opiniâtreté, cette assiduité inutile, cette récurrence dans la question orientée, ces affirmations grossières faisant passer tous les motards pour des délinquants débiles… qui me doublent tous les matins au moins à 200 à l’heure entre les files…

En revanche le bourdon il est prompt au démarrage, il marche au super sans méthanol ! Il a pris tout le monde de court par ses déclarations on ne peut plus prématurées dans un grand média national le jeudi 6 octobre. S’il voulait mettre le bazar il s’y serait pas pris autrement : dévoiler les conclusions et les préconisations de la mission avant qu’elle ne soit terminée et avant l’audition du ministre qui l’a commandité c’est fort ! Grosse prise de risque ! Sur un stade un faux départ c’est vestiaires immédiat, fin de la course avant d’avoir commencé… C’est peut-être l’objectif finalement, la vitre est trop épaisse, il sait qu’il ne la franchira pas.

Nous on reste calme, on a participé, on a fait valoir, comme d’autres participants à cette commission, notre expertise et notre connaissance du sujet, on attend sereinement les conclusions et les mesure qui s’en suivront et qui ne peuvent pas déboucher sur les trois ou quatre stéréotypes repris par le député. C’est impossible, ce serait grossier, et surtout ça fera rater et de loin la cible des moins de 3000 tués sur les routes l’année prochaine.

Patrick

lundi 26 septembre 2011

Radars pédagogique : la pédagogie shadock

Des radars affichant la vitesse des véhicules, ça n'a rien de nouveau, dans les années 90 de telles machines ont été installées en agglomération afin d'afficher la vitesse des véhicules et d'amener les gens à ralentir si besoin. Dans notre département, il y en avait un à l'entrée nord de Montrond-les-Bains.

Bien sûr, ces dispositifs étaient des "radars ordinaires" et non des "radars pédagogiques", ils avaient un rôle pédagogique sans pour autant que celui-ci soit mis en avant. Bref, bien avant les radars pédagogiques chers à notre ministre de l'Intérieur, ces radars faisaient déjà de la pédagogie sans le dire, un peu comme ce bon Monsieur Jourdain faisait de la prose sans le savoir. Le remplacement des panneaux avertisseurs de radars par des radars pédagogiques n'est pas sans poser plusieurs interrogations. Un panneau de métal, c'est simple, économique, écologique car ne consomme pas d'électricité, c'est plutôt efficace et c'est fait pour durer longtemps. Un radar pédagogique c'est plus complexe, coûteux, ça tombe en panne, ça demande de l'entretien, des vérifications et d'éventuelles réparations.

Bref, nos autorités en la matière ont mis en œuvre le principe suivant: "pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué". Curieux principe me direz-vous, Socrate, Platon, Sénèque ou encore le désormais célèbre duo Zadig et Voltaire ((c) Frédéric Lefevre) auraient-ils inventé un tel principe ? Aussi curieux que cela puisse paraître, ce "pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué" est un principe shadok. Oui les Shadoks ! ces drôles de petites bêtes apparues autrefois sur nos écrans de télévision, ces drôles d'oiseaux sans ailes et au cerveau très, très limité ne comportant que quatre cases. Ces mêmes Shadoks qui en maintes occasions poussaient des cris et s'agitaient beaucoup.

La où ça devient inquiétant, c'est quand on apprend qu'en Moselle, sur l' A31, sitôt montés deux de ces radars pédagogiques doivent être déjà démontés : il n'aura pas fallu longtemps pour constater que ça ne marchait pas. L'explication est simple, ces machines sont conçues pour être installées sur des chaussées à une seule voie, dans un sens, et là on les avait installés sur une autoroute à 3 voies. De plus, il ne faut pas que ça roule trop vite et qu'il y ait trop de véhicules, sinon le processeur qui calcule et affiche la vitesse n'arrive pas à suivre et ne sait plus où donner de la tête.

Là où ça devient vraiment inquiétant, c'est d'apprendre sur le site Internet d'un quotidien national qu'on savait par avance que c'était inadapté à la situation, mais qu'on les avait quand même installés pour que "la parole gouvernementale soit respectée et surtout que l' automobiliste ne se sente pas piégé". En clair : on savait que ça marcherait pas mais on l'a fait. Vraiment trop fort ! S'agirait-il cette fois d'un principe loufoque ?

Eh bien non, c'est bel et bien encore un principe shadok : "Ce n'est qu'en essayant continuellement que l'on finit par réussir", autrement dit : plus ça rate, plus on a de chance que ça marche. Principe appliqué quand les Shadoks décidèrent de construire une fusée pour aller dans l'espace et s'activèrent à faire rater 999 lancements de celle-ci afin d'arriver au plus vite au 1000 ème qui statistiquement devait cette fois réussir. Faudra-t-il installer 999 radars pédagogiques qui ne marchent pas pour que le 1000 ème marche ?

Mais peut être les Shadoks avaient-ils déjà eux mêmes trouvé la solution à ces radars pédagogiques qui ne marchaient pas car il existe un autre principe shadok intéressant: "Pour guérir quelque chose qui ne marche pas ou fait trop de bruit, il faut et il suffit de taper dessus avec quelque chose qui marche mieux ou qui fait plus de bruit. " Curieux que personne n'ait essayé avant de les démonter !

La liste des principe et proverbes shadok est en effet intéressante. Leur consultation s'impose pour comprendre beaucoup de choses.

Les dernières mesures décidées par le CISR dans un contexte semble-t-il de panique générale et de précipitation n'ont-elles pas été inspirées d' un autre principe shadok: "Quand on ne sait pas où on va, il faut y aller... et le plus vite possible !" De plus le fait de décider à la va-vite de mesures inadaptées n'est-il pas la parfaite illustration d'une autre devise shadok: " la plus grande maladie du cerveau c'est de réfléchir ! " Pour préserver les cerveaux de la maladie, c'est donc aux gilets fluo qu'on confie la tâche de réfléchir ?

Ou de cet autre: "Il vaut mieux pomper même s'il ne se passe rien que risquer qu'il se passe quelque chose de pire en ne pompant pas."

Il est fabuleux de constater que les Shadoks ont pris pour modèle le CISR ! Qui l'eut cru ? Qui aurait osé nous le cacher ? Personne hélas , car les Shadoks , nés de l' imagination du regretté Jacques Rouxel, sont apparu sur nos écrans en 1968 ; les dernières mesures du CISR ont été prises en 2011. Au vu des dates respectives, ne serait-ce pas plutôt l'inverse ?

Bernard (FFMC42)

mercredi 10 août 2011

Moins de 3000 morts… c’est mathématique !! (Modèle de calcul pour ceux qui n’ont pas fait l’ENA)



Moins de 3000 morts… c’est mathématique !! (Modèle de calcul pour ceux qui n’ont pas fait l’ENA)

Le très sérieux Observatoire National Interministériel de la Sécurité Routière – ONISR - vient de publier les chiffres définitifs pour 2010. Ces statistiques (vous savez, la plus belle invention de l’Homme, avec la roue !) ont très peu fait l’objet de commentaires par les institutions et les politiques en charge de ce dossier – les mauvaises langues diront que c’est parce qu’ils prennent à contre pieds les effets de manches des prédicateurs d’hécatombe, des sinistres lutteuses et autres spécialistes médiatiques de ce qui est bien pour nous. La joyeuse cacophonie des deux dernier mois, nous la devons à une analyse pour le moins précipitée et très très très orientée de comparatifs mensuels. Je note en passant que ça remet ça sur la base des chiffres tout aussi partiels du mois de juillet. On a introduit cette fois une nouvelle donnée qui me permet de vous prodiguer un utile conseil : si vous voulez mettre toutes les chances de votre côté sortez quand la météo est pourrie…. C’est écrit dans le journal et ils l’ont dit à la télé… avec le mauvais temps y’a eu moins de tués en moto. Eh oui le soleil tue !! C’est quand même pas rien on est passé de 6,5 tués par jour en juillet les dernières années à seulement 3 cette année, donc on a deux fois moins de chance de mourir sous la pluie froide que sous un chaud soleil !!!!

Revenons à notre devoir de calcul élémentaire.

Objectif fixé par le Président de notre République : "passez sous la barre des 3000 tués par ans…vous avez 5 ans !" Bonne nouvelle…On y est…c’est juste l’affaire d’un transfert budgétaire et d’un petit effort de présentation des chiffres (ça tombe bien on a fait les études exprès pour ça !). Le bilan pour 2010 est de 3992 tués. Pour l’effort de présentation : il n’est absolument pas normal que des ‘usagers’ non concernés par la mesure phare de la politique de sécurité routière, la vitesse et son cortège de sanction automatisées, ceux donc qui ne contribuent pas à l’effort financier soient comptabilisés dans les statistiques. Alors on vire les piétons (z’ont même pas le permis et sont même pas sur la route !!), les vélos (bo-bo décroissants ou sportifs drogués !!) et les cyclos (jeunes désargentés !! ça vote pas !). Gain immédiat : 880 morts en moins dans le bilan. C’est pas rien mais c’est on ne peut plus normal, aucune mesure sérieuse n’est prise pour leur sauvegarde, à part quelques mesurettes dans les tuyaux concernant les cyclos (juste pour faire un peu de sous mais pas pour la sécurité), on n’en parle jamais, rien n’est fait en leur faveur, sont même pas représentés… d’ailleurs n’avez-vous jamais entendu parler d’une éventuelle Ligue de Lutte contre la Violence faite aux Piétons, ou d’une Association des Vélos Victimes de la Route…Dégâts collatéraux on peut gommer : 3992-880 =3112 Reste plus qu’à trouver 113 victimes de moins. C’est là que l’arbitrage budgétaire intervient.

Monsieur le Ministre de l’Intérieur a récemment indiqué que le coût d’un radar pédagogique serait en moyenne de 10.000€ auxquels il faut rajouter 4000€ pour le démontage-recyclage des panneaux indicateurs de contrôle qu’ils vont remplacer soit un coût moyen total de l’opération pour 4000 installations prévues de 56 millions d’Euros. Avec cette somme, on peut installer 1400 kms de lisse basse (sous les rails dits ‘de sécurité’). A raison de 100 mètres dans chaque sens de circulation par virage dangereux ça nous fait 7000 virages sécurisés !!! Vu que les rails non doublés continuent à transformer les motards qui ont le malheur de se mettre dedans en viande hachée, les 113 victimes de moins on les a p’têtre... même qu’y aura du rab !!!

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C’est rassurant les chiffres mais attention, ils sont à la sécurité routière ce que les lampadaires sont aux ivrognes : ils fournissent bien plus un appui qu’un éclairage.

Patrick

mardi 28 juin 2011

FFMC et Ligue des Droits de l'Homme

La FFMC a signé le Pacte Citoyen de la Ligue des Droits de l’Homme en 2010, soutenue par l’ensemble du Mouvement FFMC, dénonçant aux côtés de cette association emblématique les dérives sécuritaires en vogue dans notre pays et affirmant ainsi la déclinaison du « C » de colère en « C » de citoyen.

La LDH avait invitée la FFMC a participer à son congrès annuel des 11 et 12 juin derniers, hélas, en même temps que nos Assises. Nous avons dû décliner l’invitation, mais la LDH nous a alors proposé de lire en notre nom un texte rédigé par le Bureau National. Le voici.

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mercredi 6 avril 2011

La Sécurité Routière en France : un conflit d’intérêt

La France est parfois louée pour sa politique de sécurité routière. Le problème est qu’elle n’en a plus vraiment. Faire appliquer la loi est le rôle du Ministère de l'Intérieur, tandis que celui des Transports était en charge de la Sécurité Routière. Cela a changé récemment : à part la maintenance des routes, tout a été transféré sous l’autorité de l’Intérieur, qui a déjà fort à faire. Cela signifie concrètement que la police est en charge de tout. Or, de son propre aveu, son travail ne comprend pas la prévention, la formation, la discussion, la collaboration constructive. C’est vrai, ce n’est pas son travail, c’est bien pour ça que différents corps d’états ont différentes attributions.

Cela provoque une sérieuse crise pour les usagers de la route, notamment – mais pas seulement – pour les motards. Le nombre d’accidents baisse régulièrement, y compris les accidents mortels, personne ne s’en plaint. Mais cette baisse est régulière depuis trente ans, grâce à de très nombreux facteurs, et elle a plutôt tendance à s’infléchir ces dernières années. Sauf que le président a beaucoup misé sur l’objectif inaccessible de passer à 3000 morts d’ici la fin de son mandat (contre un peu plus de 4000 aujourd’hui, ce qui est déjà un bon progrès). Ajouté à la tendance générale de répression à outrance et l’idée saugrenue que donner suffisamment de PV résoudra tous les maux, les conducteurs d’autos comme de motos font face à une campagne de harcèlement sans précédent. Cela ne mène à rien d’autre qu’à instaurer une peur du gendarme contre-productive, au racket cumulé d’énormes sommes, et à l’invalidation injustifiée d’un grand nombre de permis de conduire.

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Quelques exemples parmi beaucoup d’autres pour exprimer le sentiment d’écœurement que les motards français ont aujourd’hui :

  • La circulation entre les files dans les bouchons n’est pas seulement une façon très efficace de se déplacer en milieu urbain, c’est aussi et surtout beaucoup plus sûr que rester en sandwich entre les voitures roulant au pas. C’était jusqu’à présent toléré et ne posait aucun soucis particulier. La FFMC milite d’ailleurs depuis longtemps pour que ce soit officialisé et intégré dans les cursus de formation (auto et moto), pour être pratiqué raisonnablement et en sécurité. Discussions et expérimentations sont en cours, mais pendant ce temps, les forces de l’ordre arrêtent sans discernement ceux qui roulent entre les files, sans se soucier de savoir s’ils le font raisonnablement et surtout sans prendre en compte que ce n’est PAS interdit par le code de la route !
  • Certaines autorités locales donnent aux officiers de police des quotas de verbalisation absurdement précis à respecter : ils doivent constater tant de défaut de ceinture, tant d’excès de vitesse… mais puisque les conducteurs sont censé améliorer leur comportement, comment cela peut-il être appliqué autrement qu’avec une chasse sans merci aux plus infimes manquements ? Par endroit, certains ont même la consigne d’inclure 40% de deux-roues dans leurs verbalisation. Sachant que nous ne représentons, selon eux, que 2% du trafic et que la plupart d’entre nous sont des conducteurs consciencieux, les policiers doivent donc trouver quelque chose à reprocher à chaque moto ou scooter qui passe. Cela mène à des cas de motards ayant perdu 135 Euros et 3 points de permis simplement parce qu’il manquait… un des quatre autocollants réfléchissant sur leur casque ! Comment justifier cela ?
  • Pour ce gouvernement, tout est une question de vitesse, et leur seule et unique action est de répandre des milliers de radars sur les routes, verbalisant aveuglément le moindre dépassement de quelques km/h sur un axe sûr, sans rien prendre en compte les conditions de circulation. Leur argument est que si les accidents baissent, c’est grâce aux radars, et s’ils remontent, c’est qu’il n’y a pas assez de radars… Pendant ce temps, rien n’est fait pour améliorer la formation, les infrastructures, la sensibilisation, ni surtout le comportement des conducteurs qui est LA cause première des accidents.

Depuis trente ans la FFMC fait des propositions et agit elle-même pour promouvoir des améliorations efficaces et citoyennes de la sécurité des usagers en deux et trois-roues motorisés. Depuis 2009, en partenariat avec ses différentes structures (assurance, presse, formation, lobbying, juridique…) elle est impliquée avec le gouvernement et de nombreuses autres organisations dans la Concertation Nationale sur le Deux-Roues Motorisé. Mais cette semaine, elle a quitté la salle. Il n’est plus possible de cautionner cette situation. Ses interlocuteurs, qui devraient et voudraient travailler pour la sécurité routière, n’ont plus de pouvoir. Et pendant les travaux plutôt constructifs avec le ministère des transports, Claude Guéant, nouveau ministre de l’intérieur, fait des discours pour annoncer toujours plus de radars, de répression ciblée, de verbalisation, et une superbe nouvelle idée qui va tout arranger : des plaques d’immatriculation plus grandes pour les motos ! Il ne semble même pas informé des travaux de la Concertation, ni des conclusions des experts – à commencer par ceux du gouvernement lui-même – qui confirment ce que la FFMC soutient depuis des décennies : la plupart des accidents de moto sont causés par les automobilistes inattentifs et les défauts d’infrastructures.

Baser toute une politique sur la désignation d’une catégorie de moutons noirs, appliquer la loi au pied de la lettre au lieu de son esprit et proposer des solutions basiques, démagogiques et inefficaces se fait aujourd’hui dans tous les aspects de la société française. Mais les gens n’en peuvent plus. C’est opposé à tout ce en quoi nous croyons et ne mène nulle part. La France se targue d’être une référence en matière de droits de l’homme et de respect du citoyen, mais ce temps est révolu. Elle est toujours un exemple, mais de ce qu’il ne faut surtout pas faire. Par exemple mélanger les genres et donner à une seule entité comme le Ministère de l’Intérieur les tâches de fixer les objectifs, appliquer la règle, collecter les informations, les analyser et restituer les résultats. Comment prendre au sérieux un tel manque d’objectivité ?

Le résultat est que le gouvernement a perdu toute confiance de la part des conducteurs et des motards, les policiers ne sont plus vus que comme des collecteurs d’impôts déguisés et beaucoup haïssent ce que leur travail est devenu. La sécurité ne progresse pas, mais la colère, oui. Combien de temps cela va-t-il durer ?

FJ

mardi 30 novembre 2010

Pendulaire ou non pendulaire, telle est la question

Les élus et décideurs ne peuvent pas être compétents sur tous les domaines pour lesquels ils doivent légiférer, c’est un fait et c’est normal. Mais c’est bien pour ça qu’ils doivent s’entourer de conseillers spécialisés, et surtout consulter les usagers et les experts ; c’est LA condition pour prendre des décisions éclairées et adaptées aux besoins. Encore un exemple où un sujet relativement technique n’a pas été suffisamment analysé et débouche sur une réglementation inadaptée, alors même qu’elle part d’une très bonne intention : l’obligation de formation pour la conduite de tricycles de catégorie L5e.

trike2.jpg (FJ)

Jusqu’à présent, cette catégorie de véhicule à trois roues, qu’on appelle communément des « trikes », pouvait être conduite indifféremment avec un permis A (moto) ou B (voiture). Mais la marque Piaggio a profité d’une petite faille dans cette réglementation en sortant une version spéciale de son scooter MP3 : en écartant les deux roues avant de quatre centimètres par rapport au modèle de base, le LT400 passe en catégorie L5e, permettant à des automobilistes de conduire sans aucune formation un engin de 400 centimètres cube, autrement dit une moto de moyenne cylindrée. Indépendamment du possible gain de stabilité et de confiance apporté par les deux roues à l’avant, ce véhicule reste au niveau conduite un deux-roues, par le simple fait qu’il est « pendulaire » : il penche dans les virages, avec tout ce que cela implique. Et c’est bien là que se situe la principale différence.

Piaggio-125-MP3-06-06-64464.jpg Un scooter 125 classique et un MP3, exemple de trike pendulaire (il penche en courbe).

Cette modification du code de la route prévoit que pour conduire un MP3 LT, le conducteur devra suivre la même formation de sept heures que pour un scooter ou une moto 125 cc. Jusque là, très bien, c’est normal, demandé, attendu (encore que l’accidentalité de ces véhicules chers et urbains reste assez marginale). Ce qui l’est moins, c’est d’appliquer AUSSI cela aux trikes traditionnels ! Eux, ils ne penchent pas dans les virages, ils virent à plat et sont donc « non pendulaires ». Qu’ils aient deux roues devant (comme le Spyder de Can-Am) ou deux derrière comme un trike classique, ces engins font la largeur d’une voiture, en ont au moins la cylindrée et la puissance si ce n’est beaucoup plus, sont incapables de circuler entre les files ni aucune des choses qui caractérisent une moto. Ce sont des engins funs à conduire, pour lesquels on porte un casque et qui disposent d’un guidon au lieu d’un volant. Mais à part ça, au niveau conduite, ce sont des voitures à trois roues ! D’où la question : à quoi bon former un conducteur au maniement d’une moto 125 cc – un deux-roues de 110 kilos, 13 chevaux et qui penche – pour conduire un trike – un trois-roues d’une demi tonne, au moins 100 chevaux, et qui ne penche pas ?

trike1.jpg (FJ)

On ne peut jamais être trop formé, mieux vaut une formation relativement inutile pour certains usagers qu’aucune formation pour tous, et nous nous réjouissons de voir enfin avancer nos demandes d’une réelle prise en compte des besoins d’apprentissage, même si ça ne reste qu’un début. Mais on aurait quand même préféré, une fois de plus et au risque de passer pour des râleurs impénitents, être écoutés comme les experts que nous sommes, afin de prendre des mesures utiles et optimisées… Est-ce vraiment trop demander ?

Faire apprendre ça : motard-en-formation-avec-moniteur-sur-plateau_large.jpg (AFDM)

Pour rouler avec ça ?

trike3.jpg

Ou ça ?

1-can-am-spyder.jpg

Frédéric J.

mardi 16 novembre 2010

L'histoire n'est elle qu'un éternel recommencement ?

Voici un fort intéressant article de Denis Berger analysant les premières négociations de la FFMC avec les pouvoirs publics: http://sociomotards.net/2010/11/14/la-concertation/

Il met en évidence l'apport indéniable de la FFMC et de son Mouvement naissant, sous le regard bienveillant d'un Délégué Interministériel à la Sécurité Routière, Pierre Mayet, désireux de faire bouger les choses. Mais il pointe également l'inertie de l'Administration, rendue, pour le coup, juge et partie, et dont on mesure, près de 30 années après, les conséquences (ou plutôt les inconséquences). FLIC-FFMC-moto-1981-102025.jpg Il en ressort une illustration à la fois décevante et motivante de cette expression qui veut que "l'histoire est un éternel recommencement". Décevante car remettre sur le tapis, en 2010, les mêmes thèmes est moins le constat d'une grande évolution des problèmes que celui du peu d'enthousiasme à mettre en œuvre les solutions déjà préconisées au début des années 1980. Motivant car l'expertise de la FFMC et de son Mouvement s'est encore renforcée et que le déficit d'enthousiasme pour intégrer les problématiques DRM aux politiques publiques annonce de belles années de militantisme aux générations montantes.

C'est ici : http://sociomotards.net/2010/11/14/la-concertation/

lundi 8 novembre 2010

Mais que vont-ils faire dans ces galères ?

A lire les commentaires que certaines personnes ont laissé, sur des sites d'information motarde ou sur des forums, à la suite de la publication de notre communiqué de presse, daté du 22 octobre, annonçant le maintien des manifestations du lendemain, celles-ci n'avaient pas lieu d'être. Pire : elles traduiraient de façon éclatante, bien sûr, la dérive politicarde et gauchiste d'une FFMC à la ramasse qui ne saurait plus quelle est sa place, qui oublierait son combat tout à la dévotion de la moto, qui voudrait se faire mousser en mélangeant les genres et en jurant allégeance aux partis de gauche et aux syndicats. Rien que ça !

Il faut dire que le communiqué en question, tout en rappelant les motifs très explicites de ces manifestations, se terminait sur ce rappel, en forme de clin d’œil, d'une réalité pourtant indiscutable : « Les usagers de 2-RM sont aussi des citoyens, des salariés, des étudiants... et même de futurs retraités ». Ils sont bien d'autres choses encore, en plus d'être des motards, scootards ou cyclomotoristes, etc. On n'y peut rien, c'est comme ça.

Il n'en fallait pas plus pour hérisser le poil de nos commentateurs et les pousser à faire quelques raccourcis acrobatiques pour prétendre que la FFMC et les motards n'ont rien à faire dans cette bagarre contre le projet de réforme des retraites (devenu loi depuis). Je vais vous faire une révélation incroyable : c'est tout à fait exact. C'est d'ailleurs ce que disait tout le reste du communiqué mais que nos zélés contempteurs n'avaient pas dû lire. Il est vrai qu'une page de lecture, pour certains – et sans image, en plus – c'est un peu comme un marathon : faut bien posséder les techniques d'oxygénation du cerveau sinon les neurones capitulent avant le troisième mot !

Ce qu'ignorent sans doute nos chers commentateurs, c'est que la décision de maintenir les manifestations a été le résultat d'un élan d'une exceptionnelle unanimité de la part des militants et adhérents de la FFMC. Eux avaient compris qu'il n'y avait là aucune ambiguïté possible et que le ras-le-bol des motards avait depuis longtemps dépassé la cote d'alerte. Il se trouve simplement que cette colère-là rencontrait à ce moment précis celle de nombreux autres citoyens qui se battent pour des motifs d'une autre gravité que nos propres problématiques. Nous n'avons, nous, jamais prétendu que nos revendications, pour légitimes qu'elles soient à nos yeux, étaient comparables à celles de nos concitoyens. Il n'y a dans les faits qu'une simple coïncidence de temps et d'espace. Rien de plus.

A y regarder de plus près, on pourrait pourtant trouver quelques similitudes, au moins dans les procédures, dans la façon d'opérer de nos interlocuteurs. Comme pour les retraites avec les syndicats, le gouvernement nous a convié à une concertation. Certes, elle n'a pas été totalement inutile puisqu'elle a permis à notre Mouvement de mieux faire connaître la réalité des usagers de 2-RM à des gens qui en parlent beaucoup sans vraiment connaître le sujet. Mais, au bout du compte, le gouvernement prend des décisions sans rapport avec les discussions et impose des choix qui avaient pourtant été écartés. Comme pour les retraites, non ?

Et pendant qu'on nous occupe à disserter doctement de la motardie, la répression s'abat sur nos copains alors qu'ils ne font que pratiquer au quotidien ce que nous mettons en avant dans cette concertation et qu'on nous promet d'expérimenter... un jour, peut-être, s'il fait beau... mais bon, pas trop ou alors peut-être ! Bien mieux : alors que nous démontrons que les statistiques concernant l'accidentalité et la mortalité des usagers de 2-RM sont biaisées et ne tiennent pas compte de manière objective de l'ensemble des paramètres attachés à la conduite de ces véhicules, le ministre de l'Intérieur, devenu entre-temps le patron de sécurité routière gouvernementale, s'en prend violemment aux usagers de 2-RM en ressortant de vieilles antiennes aux accents démagogiques et populistes : les motards sont des délinquants responsables des mauvais chiffres de la sécurité routière. On va donc les faire rentrer dans le rang de gré ou de force. Cassons du motard, ce mauvais esprit qui nuit à tous. Nous ne sommes donc toujours que des boucs émissaires servant à justifier la course en avant de la répression sur la route. A quoi sert de discuter, dans ces conditions, puisque ce ministre tout en finesse veut nous clouer au pilori ?

On note d'ailleurs, là aussi, quelques similitudes avec le discours qu'il tient à l'égard d'autres catégories : les Roms et les immigrés. Bien sûr, le sort réservé aux motards n'a rien de comparable. La société dans son ensemble ne pose pas sur nous le même regard, même s'il arrive encore fréquemment d'entendre autour de nous cette sentence définitive, lourde de sous-entendus : « Oh, vous les motards !... » Mais le procédé est le même : la stigmatisation. Dénigrez, calomniez, il en restera toujours quelque chose.

Là aussi, notre colère a rencontré celle d'autres citoyens qui se battent contre des méthodes indignes de notre pays. Et là, en toute conscience, la FFMC s'est associée à eux. Parce qu'il n'y a pas d'atteinte anodine à la dignité, à la liberté et à la justice. Et parce que cela fait parti des valeurs fondamentales de la FFMC. Nous ne prétendons pas désigner les bons et les méchants. Nous disons que chacun a le droit d'être traité dignement et équitablement. Nous comme d'autres. Nous disons que le discours qui est tenu à l'égard de certaines minorités, la nôtre comme d'autres, s'il n'a pas pour origine les mêmes causes, a les mêmes intentions : chercher le rejet par nos concitoyens de ce que nous sommes ou de ce que nous avons choisi d'être. Que l'on m'explique la différence qu'il y a entre être arrêté au sortir d'une autoroute, au retour du Bol d'Or, parce qu'on conduit une moto (et seulement à cause de ça) et l'être dans un campement ou dans la rue parce qu'on est gitan ou africain ? Pour moi aucune, même si un contrôle d'alcoolémie ou de plaque n'est en rien comparable avec les contrôles de papier à répétition subis par certains étrangers. Mais c'est la même méthode, à la base.

Bien sûr, là aussi, nous avons eu droit à notre content de commentaires éclairés et de sentences définitives : dérive gauchiste. Comme si ceux qui composent la FFMC ne reflétaient pas la société dans laquelle nous vivons. Comme s'ils ne pouvaient pas être Républicains avant d'être de gauche ou de droite ou même abstentionnistes. Comme si l'on pouvait s'émouvoir du sort que l'on nous fait et en appeler aux valeurs de la République tout en fermant les yeux lorsque celles-ci sont foulées au pied pour s'attaquer à d'autres que nous.

Je comprends que l'atmosphère ambiante puisse agacer ceux qui supportent les partis au pouvoir contre vents et marées ou qui, ayant voté pour eux, cherchent encore, malgré tout, à justifier leur choix. Mais les attaques dont la FFMC a été l'objet ces derniers temps sont infondées. La FFMC ne fait pas campagne contre le gouvernement. Elle s'insurge contre certaines méthodes et certains discours qui frappent aussi les motards. Dans le même temps, elle a apporté son appui à des députés de la majorité qui se proposaient de relayer nos revendications. Faut-il donc, pour complaire au plus grand nombre, mettre nos valeurs au fond de nos poches avec un mouchoir par dessus et faire comme si ce qui se passe autour de nous ne nous concernait pas, alors que chaque jour apporte la preuve du contraire ? Et demain, si d'autres arrivent au pouvoir, devrons-nous encore nous taire pour ne pas être accusés de « dérive droitière » ? Mais alors, quand pourrons-nous parler ? Et de quoi ? D'ABS, de rails-guillotines, de nids-de-poules, de watts et de gilets fluos et seulement de ça ?

La FFMC n'est pas un moto-club. Elle ne se contente pas d'organiser des balades. On y réfléchit aussi et si nous ne sommes pas toujours d'accord sur tout, du moins nous avons tous le même objectif (du moins, je l'espère) : notre place sur la route et dans la société comme motards et citoyens et comme acteurs économiques. Et c'est pour cela que les structures du Mouvement FFMC existent et agissent dans la forme qui est la leur, à chacune, et selon des principes bien définis : le mutualisme pour la Mutuelle des Motards, l'Education populaire pour la FFMC-Loisirs (qui a reçu l'agrément Jeunesse et Sport), l'Association pour la Formation des Motards (AFDM) et le programme « Education Routière de la Jeunesse et 2-Roues Motorisé » (ERJ2RM, qui a reçu l'agrément de l'Education Nationale), l'indépendance et la rigueur pour les Editions de la FFMC. La solidarité, la laïcité, la tolérance et le partage pour toutes. Parce que nous avons foi en l'être humain et pensons qu'il doit être l'acteur de sa destinée. Parce que le motard (et l'usager de 2-RM au sens large) est cet être humain pour les droits et la dignité duquel nous nous battons en premier lieu, en toute indépendance mais aussi en toute conscience.

Alors, quand je lis les commentaires de certaines personnes plus ou moins bien intentionnées mais s'appliquant surtout à dénigrer la moindre de nos décisions sous prétexte que nous sortirions de notre territoire de parole, j'ai comme l'impression que ce qu'elles nous reprochent surtout, en fait, est de ne pas servir la soupe à leurs favoris. D'être, en réalité, ce qu'elles ne sont pas : apolitiques et indépendants, fidèles à nos valeurs qui ne sont rien d'autre que celles de la République. Et j'avoue alors comprendre que ça en emmerde plus d'un... à droite comme à gauche voire même ailleurs.

Marc Leblanc Membre du Bureau National

mardi 2 novembre 2010

Les motards, quand y en n’a qu’un, ça va, mais quand y en a 25.000…°

Lettre ouverte au ministre de l'intérieur

Monsieur le Ministre de l’Intérieur,

Le temps vous a manqué pour nous recevoir, alors que les contre-vérités que vous avez émises cet été nous contraignaient, en ce samedi d’octobre, à appeler de nouveau à manifester, pour la troisième fois cette année°°. Ajoutez à cela la fatigue de notre participation à la Concertation du Deux Roues Motorisé (2RM) et la pression qu’exercent nos militants, nos sympathisants, et ces milliers d’utilisateurs de 2 et 3 roues motorisés las de la stigmatisation, de la répression et des décisions prises à l’emporte-pièce et sans discussion.

Malgré un contexte social très agité et peu propice à mettre en avant des revendications qui peuvent paraître de moindre importance (alors qu'il s'agit de notre sécurité), malgré l’hiver qui pointe déjà dans de nombreuses régions, malgré la pénurie d’essence qui a obligé certains à renoncer, 25000 motos, cyclos et 3 roues de toutes sortes ont répondu à l’appel de la FFMC.

Et vous, Monsieur le Ministre, nous avez-vous entendus cette fois ?

Nos revendications sont justes, fondées, et tout à fait raisonnables. Elles s’appuient sur une expertise et un recul de trente années alors que, nous le constatons à chaque réunion, vous et vos services découvrez tout juste ce « phénomène » qu’est la moto. Et c’est pourquoi nous avons décidé une fois encore de descendre dans la rue. Parce que ce que nous faisons n’est pas futile, et parce que vous refusez de nous entendre.

Mettre en place un contrôle technique pour les cyclos, cela n’a pas de sens ! C’est faire croire à des parents (qui comme vous n’y connaissent rien pour la plupart) qu’ils ne doivent plus s’inquiéter : une fois le cyclo contrôlé, tout risque sera écarté ! Faux. Dangereux. Irresponsable. Ce sont les comportements de l'ensemble des usagers de la route qui génèrent des accidents en 2-roues . Pas la mécanique. Et une fois contrôlé, un 2-roues reste exempt de carrosserie et son conducteur de protection.

Légaliser la circulation interfiles, c’est juste s’assurer qu’à l’avenir, ce qui se pratique au quotidien depuis plusieurs décennies sera enseigné, encadré par des règles de bon sens visant à protéger au mieux les usagers fragiles que nous nous sommes. Et réclamer cette légalisation, c’est attirer votre attention sur ces manquements.

Acceptez donc de dire que vous n’avez ni vu ni prévu l’augmentation du parc de 2RM, et reconnaissez que vous ne savez qu'en faire. Et entendez-nous : nous ne voulons que le bien de ces usagers vulnérables que nous représentons.

Appliquer aux motos ce qui a fonctionné avec les voitures ou les camions est illusoire. Croyez-nous, Monsieur le Ministre. C’est comme tenter de faire un pot au feu, en suivant à la lettre la recette de grand-mère et de mettre des fraises à la place des carottes. Ça ne marche pas. C’est pas bon du tout. Et ça n’est pas la faute des fraises…

France



° L'union faisant la force, nous vous invitons à nous rejoindre en adhérant à la FFMC

°° 13 mars et appel du 18 juin

jeudi 28 octobre 2010

L’ABS ne fait pas le freineur


Dans sa réunion du 21/10/2010, la commission Européenne a notamment présenté une demande de rendre l’ABS obligatoire sur tous les deux-roues motorisés de 125 cm3 et plus. Ceci est un cas d’école de la façon dont les gouvernements, même européen, imaginent faire le bien de leurs administrés sans tenir aucunement compte de leurs avis.

En juin encore, la responsable de la sécurité routière européenne assistait à la Conférence Internationale de moto, organisée par la FEMA (Fédération Européenne des Associations Motocyclistes). Elle a écouté, discuté, analysé divers sujets, dont la pertinence de rendre l’ABS obligatoire sur les motos (ce dont elle était initialement convaincue). Elle a entendu les motards eux-mêmes, l’assureur Mutuelle des Motards, les chercheurs, les spécialistes reconnus expliquer par A+B (+S) que si l’ABS peut être un complément intéressant, il ne représente pas une panacée, et rien ne justifie de le rendre obligatoire. Nous n’avons rien contre l’ABS, et nous reconnaissons volontiers son intérêt dans certaines situations, mais nous sommes persuadés que le rendre obligatoire n’apportera pas de gain de sécurité, et fera peser une charge supplémentaire sur les utilisateurs. Petit résumé de ces arguments :

- L’ABS, c’est mieux quand on ne s’en sert pas. Si on active l’ABS, c’est que le freinage n’a pas été suffisamment anticipé et est mal dosé. Nous sommes absolument convaincus qu’une meilleure formation, apprenant à freiner efficacement et à prévoir les obstacles avec une bonne distance de sécurité, est plus utile.

- L’ABS n’est pas forcément le plus efficace. Aucun système actuel ne raccourcit la distance de freinage par rapport à un bon conducteur sans ABS. L’électronique aide mais ne fait pas tout : on évite certes le blocage de la roue, ce qui garde la moto dans l’axe, mais on ne freine pas nécessairement mieux. Il existe aussi divers systèmes de freinages couplés, de répartiteurs…

Une moto équipée d’origine de l’ABS

- L’ABS peut mettre trop en confiance. C’est ce que les spécialistes appellent « l’homéostasie du risque », qui fait que les assureurs ne constatent PAS d’amélioration de l’accidentalité des sociétaires équipés de l’ABS, et que certains d’entre eux ne font plus aujourd'hui la promotion des avantages tarifaires qu’ils accordaient aux débuts de l’ABS. Sachant qu’ils disposent de cette béquille électronique de nombreux conducteurs vont, consciemment ou pas, rouler plus vite ou freiner plus tard, notamment sur terrain humide.

- L’ABS n’est pas adapté à tout le monde. L’Europe, c’est vaste, les conditions de roulage y sont très différentes d’un pays à l’autre. Par exemple sur les pistes non revêtues qui composent plus de la moitié des routes de certains pays, l’ABS n’est pas souhaitable. Obliger tous les véhicules à en être équipé, c’est donc refuser de prendre en compte les besoins d’une partie des utilisateurs. Les voyageurs au long cours le savent bien, eux qui suppriment souvent l’ABS de leur moto avant de partir.

Sur les chemins non revêtus, l’ABS n’est pas toujours bienvenu

- L’ABS coûte cher. L’option ABS rajoute plusieurs centaines d’Euros sur la facture, alors même qu’il est déjà bien généralisé. Le rendre systématique ne fera pas vraiment baisser ce surcoût, qui impactera fortement les deux-roues de petite et moyenne cylindrée, moyens de transport économiques et populaires.

- L’ABS s’entretient. Outre le poids, détail important à moto, tout organe supplémentaire sur un deux-roues ajoute un entretien spécifique, avec les coûts associés. De plus les accessoires dépendant de l’électronique sont inaccessibles aux nombreux motards consciencieux qui s’occupent eux-mêmes de leur machine. Sans oublier que les expériences actuelles montrent que ces équipements ne sont pas toujours durables, et que par exemple la combinaison ABS + amortisseurs fatigués rallonge la distance de freinage.

Câblage d’un système ABS sur une moto BMW

- L’ABS est un choix parmi d’autres. Depuis les premiers véhicules, l’innovation a toujours été le moteur des évolutions. Or, on l’a vu dans bien d’autres domaines comme les carburants, les contraintes légales ou administratives sont un frein aux développements. Si demain un constructeur souhaite proposer une solution de freinage plus efficace, au lieu de laisser le marché et les consommateurs juger, il ne pourra même pas la commercialiser.

- L’ABS doit au moins être déconnectable. La FEMA avait demandé qu’au minimum, tout système ABS dispose d’un bouton permettant de le couper pour retrouver un freinage classique, plus adapté à certaines situations ou pour pallier d’éventuelles déficiences (comme le proposent déjà de nombreuses motos équipées d’un ABS d’origine, notamment les gros trails – ce qu’elles ne pourront plus faire avec cette mesure). Cela aussi a été rejeté par la Commission Européenne, qui craint que les utilisateurs le désactivent systématiquement par « manque de confiance injustifié dans la technologie ». C’est plutôt dans les législateurs qu’on manque de confiance !

L’ABS doit être déconnectable pour adapter la conduite à diverses situations

Tous ces points de bon sens ont été présentés aux représentants de la Commission Européenne, mais en vain. Nous ne pesons visiblement pas lourd face aux lobbies des fabricants, à la boulimie de réglementations, aux idées reçues et démagogiques.

Mais bon sang, qui conduit, qui est sur la route au quotidien, qui finance l’achat et l’entretien de sa monture ? C’est nous ! De quel droit, par quelle ingérence inadmissible va-t-on imposer un gadget technologique dans TOUS les deux-roues ? Redisons-le, nous n’avons rien contre l’ABS en lui-même, mais c’est au « consomotard » de choisir. La plupart des constructeurs proposent aujourd’hui cette option, ou bien c’est installé de série sur les modèles haut-de-gamme, mais nous avons toujours le choix ! Le choix d’acheter une petite moto urbaine pour le prix de l’autoradio d’une berline, le choix d’avoir une machine tout-terrain adaptée aux chemins ou pour voyager loin, le choix de rouler à l’ancienne sur un véhicule dépourvu d’électronique et pas moins sûr pour autant, et aussi le choix d’investir un peu plus pour avoir une moto équipée de l’ABS si cela nous rassure.

D’ici à 2015, date d’effet de cette mesure, 75% des motos auront déjà l’ABS. Pourquoi l’imposer aux autres qui n’en veulent pas, et l’empêcher de fonctionner de façon appropriée à l’usage du véhicule en le rendant non-déconnectable ? Précisons aussi que pour le coût d’un ABS pour un seul véhicule, un conducteur peut se payer plusieurs jeux de plaquettes neuves et financer un stage de perfectionnement, qui se révèle à la lumière de l'expérience beaucoup plus complet (freinage, mais aussi trajectoire, équilibre, anticipation, etc...) et lui servira toute sa vie.

Un stage de perfectionnement AFDM

Une fois encore on veut nous forcer la main, on veut nous imposer des règles et des lois, des coûts et des problèmes, alors qu’on ne demande rien ! Nous sommes assez grands et responsables pour savoir ce que nous faisons, nous n’avons PAS BESOIN que des technocrates qui ne connaissent rien au sujet et n’ont visiblement jamais de leur vie conduit un deux-roues motorisé nous expliquent ce qui est bon pour nous.

Et s’ils nous écoutaient, eux, pour une fois ? S’ils entendaient nos appels répétés depuis trois décennies pour des infrastructures adaptées, une prise en compte de nos spécificités, des incitations fiscales sur les équipements de sécurité, et une meilleure formation de tous les usagers ? A défaut de nous laisser simplement tranquilles, qu’ils se penchent sur les vrais problèmes !
Frédéric J. – FFMC

Pour en savoir plus, le point de vue de la Mutuelle des Motards

vendredi 1 octobre 2010

Les nouveaux pièges à motards

Ca devient une habitude… En rentrant du Bol d’Or, à l’arrivée au péage de Fleury en Bière, la voie réservée moto se termine en souricière à motards*.

Comité d'accueil

Plusieurs dizaines de pandores attendent les motards qui rentrent du bol d’or, en ce dimanche après midi. Les mâchoires du piège sont bien huilées et chacun subira un contrôle en règle.

Quel contraste avec les gens qui sont nombreux au dessus des ponts à saluer avec enthousiasme les motards ! Outre la désagréable impression d’être des moutons noirs, comment ne pas s’insurger contre ce traquenard qui sous un prétexte de prévention fait porter l’essentiel des contrôles et des verbalisations sur les pots d’échappement et la taille des plaques d’immatriculation. Quel progrès pour la sécurité routière !!

D’autant que pour le petit malin qui n’aurait pas le cul propre, il suffit d’aller payer le péage comme une voiture ou de sortir de l’autoroute à la sortie précédente et hop on évite la nasse. Ou pire, et comble de l’ironie, on peut tout simplement ne pas prendre l’autoroute alors que la gratuité mise en œuvre exceptionnellement ce jour là vise justement à encourager les motards à l’emprunter car beaucoup plus sûre ! ! La FFMC dénonce ces opération de « verbalisation spectacle » et le fait que la gratuité des autoroutes se transforme en opportunité pour les forces de l’ordre de cibler les deux roues motorisés.

Pour la FFMC, qui est par ailleurs partenaire de la DSCR sur les « Relais motard Calmos », ces opérations sont déloyales, et rompent le pacte de neutralité instauré le temps d’un weekend. C’est aussi une occasion manquée pour les motards des forces de l’ordre de faire de la véritable prévention en associant les impératifs de leur mission avec la passion qui les anime.

  • même chose cet été à l’arrivée à Courpière pour les participants aux Free Wheels

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