Le blog de la Fédération des Motards en Colère

Motomag.com

La Fédération Française des Motards en Colère est une association loi 1901 à but non lucratif, la FFMC représente et défend depuis 35 ans tous les utilisateurs de deux et trois-roues motorisés. Ses 10000 adhérents, répartis en 85 antennes départementales, revendiquent leur liberté, leur citoyenneté et agissent concrètement pour favoriser la sensibilisation et l'éducation au vivre ensemble en lieu et place de politiques répressives de sécurité routière. Ses valeurs sont celles de l'économie sociale et solidaire. L'individu est au centre de ses préoccupations.

mardi 6 juin 2017

La saison des prunes est en marche !

A chaque réunion au ministère de l’intérieur avec les instances représentatives de la moto, lorsqu’est abordée la question des contrôles des usagers de deux-roues motorisés (2RM), les représentants de l’Etat nous assurent (mais rien n’est écrit donc il faut nous croire sur parole !) que les forces de l’ordre n’ont pas pour instructions de piéger spécifiquement les motards, en particulier lors de grands évènements en réunissant quelques dizaines de milliers. Ah bon ? C’est donc sans doute par pur hasard que lors du Grand Prix de France moto au Mans le WE des 19 et 20 mai derniers, qui a rassemblé pour une des grandes fêtes de la moto française plus de 100 000 spectateurs passionnés, on puisse recenser quelques 3500 contrôles de vitesse ? C’est aussi par une étrange coïncidence qu’à l’occasion des Coupes Moto Légende à Dijon, les forces de l’ordre (de qui vient cet ordre, on se demande ?) ont contrôlé spécifiquement les gants portés par les motards qui s’y rendaient, déclenchant des verbalisations injustifiées pour des gants dûment homologués CE, démontrant ainsi la très mauvaise formation des pandores déployés pour l’occasion ! Non seulement ils étaient là pour piéger des motards majoritairement bien équipés (on ne se rend pas aux Coupes en short et tongs !), mais ils ne connaissent pas le règlement, qui stipule bien que des gants homologués CE sont parfaitement et totalement légaux, même si fabriqués avant que ne soit apposée la fameuse étiquette comportant le symbole moto ! Quel est le but de ces souricières ? Notre sécurité ? Alors que plusieurs motards verbalisés, qui portaient des gants homologués CE, sont les premiers à prôner et porter un équipement complet, casque intégral et gants homologués, mais aussi blouson, pantalon et bottes ? De qui se moque-t-on ? N’aurait-il pas été plus intelligent de faire en sorte de protéger le retour de nos amis sur deux roues en fin de week-end ? On voit bien que la préoccupation reste la politique du chiffre, de pouvoir communiquer sur la « fragilité des usagers de 2RM », et non de faire de la sécurité routière la grande cause nationale qui vise à protéger du mieux possible tous les usagers de la route. En attendant, l’accidentalité des deux-roues motorisés est celle qui baisse régulièrement, quand celle des autres usagers augmente. Mais dans les ministères, ils ne comprennent toujours pas pourquoi, vu que leur logiciel de comprenette est calé sur le théorème moto = mort en sursis ! Depuis sa création il y a bientôt 40 ans, la FFMC défend l’idée que la sécurité se fait en incitant, et non en réprimant. A trop vouloir stigmatiser la vitesse, on a oublié de former au respect d’autrui, que ce soit sur la route ou dans la vie. Le résultat ? Le nombre d’accidents repart à la hausse : logique vu ce ciblage complètement décalé ! A quand une sécurité routière pensée, concertée, enseignée ? Une chose est sûre, nous en sommes bien loin ! En attendant, la saison des prunes bat son plein…

La FFMC

jeudi 29 janvier 2015

Terrorisme et liberté de la presse

Ces dernières semaines, l’actualité a été marquée par d’ignobles attentats, et par les réactions qui s’en sont suivies. Par le premier attentat, des fanatiques, qui comme dans la chanson de Renaud en 2002 « n’ont jamais lu le Coran », ont tenté de faire plier un organe de presse symbole de la liberté d’expression, et de semer la peur. Or, malgré la souffrance infligée aux victimes et à leurs proches, cet attentat se caractérise par un double échec.

Un échec à engendrer la peur, puisque nos concitoyens ont largement manifesté leur soutien à la liberté d’expression, que ce soit en relayant des messages sur les réseaux sociaux ou en descendant en famille dans les rues, des grandes villes aux plus petits villages. Comment des terroristes vivant en France et donc connaissant notre façon de réagir, ont-ils pu croire un instant que notre peuple réputé contestataire allait courber l’échine? Dans le pays qui fut à l’origine de la déclaration des droits de l’Homme, la moindre attaque de nos dirigeants politiques contre nos libertés – et les motards sont particulièrement vigilants sur ce point- suffit à nous rassembler au-delà de nos divisions et de nos différences. Comment aurait-il pu en être autrement quand la liberté d’expression est attaquée de façon si violente par quelques illuminés ? Echec aussi car en assassinant une partie de la rédaction, ces intégristes prétendant venger Mahomet ont, selon leurs propos, « tué Charlie Hebdo ». Or, c’est tout le contraire qu’ils ont fait. Car en France, la presse dans son ensemble est en grande difficulté avec la disparition des points de vente (-3000 en 2014). Et la presse indépendante, qu’elle soit généraliste comme Charlie Hebdo ou spécialisée comme Moto Magazine, est particulièrement touchée car ne disposant pas de grand groupe derrière pour faire pression sur les distributeurs ou recapitaliser si nécessaire. Charlie Hebdo était au bord du gouffre, ne tirant plus qu’à 50000 exemplaires et contraint à lancer un appel aux dons pour sauver sa peau. Avec cet attentat, en quelques jours les dons ont dépassé le million d’euros et les abonnements augmenté de 25%. La semaine suivante, pour une édition particulièrement suivie, le tirage était multiplié par 100. Pour des gens qui voulaient faire taire un journal dont les positions ne leur convenaient pas, c’est quelque peu raté…

Alors oui, on peut l’affirmer, l’extrémisme, ou plutôt LES extrémismes, malgré leurs percées ponctuelles, resteront toujours les recours des imbéciles et seront toujours voués à l’échec. Car, plus fortes que la haine et l’intolérance, les valeurs de notre République resteront toujours plus fédératrices : Liberté, Egalité et Fraternité. Et la FFMC sera toujours là pour les défendre.

mercredi 17 septembre 2014

Le poids des mots, le choc des clichés

Il est parfois amusant, souvent agaçant de constater comment le traitement médiatique de certaines informations souffre du miroir déformant de nos perceptions des questions abordées.

Ainsi la publication du baromètre Axa Prévention sur « les comportements des français en deux roues motorisés » a suscité des réactions révélatrices des à-priori des rédacteurs de certains articles.

Ainsi pour le Figaro, les conducteurs de 2RM « multiplient les imprudences sur les routes », le repaire des motards, qui pourtant ne pourrait être taxé de motophobie titre « insécurité croissante pour les deux-roues » Plus mesurée France Bleue Ile de France, en tant qu’officieuse « radio Trafic », spécialisée des transports, délivre une information moins orientée, et plus factuelle des résultats de l’enquête d’Axa Prévention.

Les raccourcis sont également nombreux. Pour le Figaro : « 57 % des conducteurs de deux-roues motorisées reconnaissent rouler à 65 km/h en ville ». Une majorité de cinglés ? En réalité, ils sont 57% à reconnaître qu’il leur arrive de rouler à 65km/h. La nuance est de taille !

Face à ces raccourcis, que dit en réalité l’enquête : les conducteurs de deux roues motorisés sont des usagers de la route prudents (davantage que les automobilistes sur les questions du téléphone ou des feux oranges grillés par exemple, et très sensibilisés aux questions de sécurité routière et à leur vulnérabilité (notamment les motards), et enfin que la situation s’améliore.

Une lecture attentive de l’étude Axa suffit à s’en convaincre... Est-ce ce que l’on retient des titres évoqués ci-dessus ? Pas vraiment…

Alors, bien sûr, il reste des progrès à faire notamment sur la question de l’équipement, et surtout du téléphone au volant/guidon qui malheureusement se banalise, y compris en 2RM (même si, là encore c’est dans des proportions infiniment moindre qu’en auto) ce qui est préoccupant. Mais les motards et les scooters sont très attachés à leur sécurité. J’en veux pour "preuve par l’exemple" qu’ils sont une majorité à s’équiper de gants alors qu’aucune réglementation ne les y contraint. Bien entendu, le conducteur de deux roues motorisé a une conscience aigüe de sa vulnérabilité !

Quant aux différences scooters / moto (plutôt à l’avantage des motards), elles s’expliquent simplement par le fait qu’on a affaire à des populations différentes, dans leurs usages, dans leurs motivations, par l'age moyen des utilisateurs, et surtout par la formation qu’ils ont suivie… ou pas.

La réaction de votre humble serviteur qui tente de remettre l’église au milieu du village face à ces questions dans une interview à 20 minutes sera-t-elle audible ? Il est à craindre que non : les clichés ont la vie dure. Raison de plus pour leur faire la peau, notamment par un comportement exemplaire sur la route.

ET

vendredi 17 janvier 2014

« Ami journaliste, vous vous trompez de motards »

Sur le blog de l'Expressétait publié un billet intitulé "Amis motards, vous vous trompez de combat" du 10 janvier 2014, en réaction à deux communiqués de la FFMC publiés sur son site ici et

Voici la réponse que souhaitait apporter le bureau national de la FFMC

Cher Eric, ami motard,

La lecture de votre billet nous a beaucoup amusée, mais seulement après que nous ayons réalisé qu’il n’était pas nécessaire d’en être peiné mais plutôt de vous répondre afin de combler les méconnaissances qui sont les vôtres quant à ce qu’est la Fédération Française des Motards en Colère. Il n’est pas nécessaire de se focaliser sur le périphérique parisien et sur cette histoire de 70km/h qui vous fait réagir. A l’instar de vos lecteurs, nombre de nos adhérents ne sont pas franciliens. En revanche, la Mairie de Paris est l’une des nombreuses Mairies de France avec laquelle nous ferraillons au quotidien pour faire reconnaître les spécificités qui sont les nôtres, sauf que, Paris étant le centre du monde (c’est bien connu), nous sommes particulièrement attentifs aux décisions qui en émanent. Car elles font souvent des émules ailleurs.

La FFMC a plus de 30 ans d’existence et de combats à son actif et comme vous le faîte très justement remarquer, elle se contre-fiche de la couleur politique des décisions motophobes prises : si elles sont iniques, elle les dénonce. Les Manifestations que nous organisons et qui nous rendent « visibles », en particulier des médias, ne sont que la partie émergée de l’iceberg et ne représentent qu’une infime part de nos actions. Elles sont mêmes, pour tout vous dire, le signe que tout le travail que nous avons fait en amont a échoué. Oui, vous avez raison de vous en souvenir en lisant ces lignes : nous n’avons pas manifesté depuis de nombreux mois. Pourquoi ? Parce que la politique de Sécurité routière évolue (et nous voulons croire que nous avons contribué à cette évolution), parce l’écoute est de mise, parce que nos arguments semblent convaincre (vous devriez les lire, pour voir, sait-on jamais…), parce que nous sommes les spécialistes de la question du deux-roues motorisé avec nos structures que sont les Editions de la FFMC, la Mutuelle des Motards, l’association pour la formation des motards et la FFMC Loisirs et qu’à ce titre nous sommes écoutés et même parfois, entendus. Vous citez, à titre d’exemple « anti-tout », les radars, le bruit des échappements, la limitation de puissance, les plaques d’immatriculation (vous oubliez opportunément le gilet, puis le brassard fluo…), comme si par principe et sans autre raison nous montions au créneau pour un oui ou pour un non. Mais c’est faux : tous ces exemples ne sont que les symboles de la méconnaissance des Pouvoirs publics de ce qui est avant tout un moyen de transport et c’est à ce titre que nous les combattons et pas en tant que tels.

Mais là où vous vous trompez lourdement, là où vous avez été abusé comme bien d’autres, c’est en ce qui concerne le Contrôle technique. Bien que nous ayons convaincu un grand nombre de députés européens, bien que nous ayons obtenu à la fois le soutien des commissions compétentes à l’Assemblée nationale et au Sénat sur ce sujet, bien qu’à la fin nous ayons gagné, vous, journaliste et motard, continuez d’ignorer le lobbying mercantile répugnant exercé par une société de Contrôle technique produisant ses propres études sur le sujet afin de récupérer, enfin, un marché juteux qui lui échappe depuis de nombreuses années du fait justement de l’acharnement des motards à ne pas se laisser enfumer comme l’ont été les automobilistes. La Sécurité routière a très peu à voir avec la mécanique et tout à voir avec le comportement. Agissons sur les comportements et lorsque ceci sera résolu, il sera toujours temps de se préoccuper de la mécanique. Quant à la question de l’environnement, le 2RM est bien plus vertueux que nombre de véhicules diesels à quatre roues sur bien des aspects et les qualifier de « pièges polluants » relève d’une certaine malhonnêteté intellectuelle.

Et enfin, pour parfaire votre éducation (et celle de vos lecteurs) sur les motards en colère, il faut citer (et ça aussi vous l’ignorez alors que nombre de vos confrères ont suivi, eux…) la mise en place d’une période d’observation de la circulation Interfiles en vue de sa légalisation (demande des motards en colère), la Charte récemment signée avec les Pouvoirs publics pour favoriser (en en réduisant les coûts) l’équipement des usagers de 2RM et ce, sans obligation donc sans sanction (demande des motards en colère, soutenus par la filière 2RM…), les weekend de roulage gratuits sur le Circuit Carole (encadrement entièrement assuré par nos bénévoles 26 we/an), nos campagnes récurrentes d’information aux usagers sur le partage de la route, nos interventions dans les collèges (agréées par l’Education nationale…), etc, etc… Alors, bas du front les motards en colère ? Inutilement perdus dans des combats d’arrière garde ? Préoccupés à brasser du vent afin de s’opposer de manière systématique à la politique de Sécurité routière menée pour le bien de tous (et pas pour continuer à rentabiliser un système en bout de course dont l’utilité est remise en cause par 40 ans de baisse constante de la mortalité routière…) ? Non cher Eric. Ça n’est pas nous qui nous sommes trompés de combat mais bien vous qui vous êtes trompés de motards. N’espérant pas vous avoir convaincu, malgré tout nous vous saluons à la manière des motards (en colère ou pas) et affirmons (comme vous en parlant de la Mairie de Paris) : la moto n’est pas un problème, c’est une solution. Et les motards en colère n’ont pas le cerveau comprimé par leur casque, au contraire, ils réfléchissent un peu plus que la moyenne, même ceux qui sont journalistes, semble t’il…

France Wolf __ Coordinatrice du Bureau National de la FFMC

lundi 18 novembre 2013

Bonnet rouge, beau nez rouge, bonne et rouge !!!

rbonnet Comme un train peut en cacher un autre, le rouge semble aujourd'hui un parfait paravent, un cache misère, un cache poussière… Tous ceux qui sont contre, tous ceux qui contestent, tous ceux qui en voudraient plus, tous ceux qui en voudraient moins se parent de rouge pour manifester, siffler, hurler, casser, brûler…Et les médias d’en rajouter, de souligner, d’en faire des caisses.

Pourquoi essayer d’amalgamer, de rassembler sous un même bonnet tous ces mouvements sans aucun lien entre eux et sous tendus par des motivations et des objectifs tellement variés et si différents ?

Les temps sont durs, partout, pour tous (enfin presque tous…). Les délocalisations à outrance, la sous activité, la mondialisation, la cupidité des actionnaires, la financiarisation des économies, les paradis fiscaux….plusieurs décennies d’un tel régime et la crise est là, bien installée, dure et impitoyable… Et comme chacun devrait le savoir, il faut toujours payer un jour, mais ce ne sont pas forcément ceux qui en ont profité qui règlent la note… et ce n’est pas forcément celui qui tient la barre qui est responsable de la position du navire….

Pour en revenir à ce qui nous occupe, nous, la Fédération Française des Motards en Colère, même si nos revendications concernent et s’expriment sur le même terrain, la route et la rue, même si cette politique de sanction à outrance nous horripile, même si l’attaque incessante de notre porte monnaie sous couvert de Sécurité Routière nous afflige, même si la déshumanisation et l’automatisation des contrôles nous révulse, nous n’allons pas hurler avec les loups. Nous n’allons pas brûler les radars, ni dégommer les portiques dressés à grand frais avec nos sous, parce que ça n’amène rien en matière de Sécurité Routière. Tout au plus pourrions nous y aller d’un « on vous l’avait bien dit ! », parce que effectivement, on vous l’avait bien dit. Que la privatisation des autoroutes, c’était une honte et du vol manifeste. Que le Contrôle Sanction automatique, c’était la mise en œuvre d’une politique de mise sous surveillance des citoyens sous couvert de Sécurité Routière.

Mais sans doute est-ce un tort d’avoir raison trop tôt ? Pour autant, il n’est pas forcément trop tard et nous avons toujours bon espoir d’être entendus et compris. Et pas uniquement par les Pouvoirs Publics…

Formation, tolérance, partage de la route, respect mutuel… notre combat continu. Et il s’exprime aussi bien dans les salons feutrés des Ministères que dans la rue parce qu'il est légitime.

La moto est une solution pas un problème. 33 ans que nous le disons. Ça serait bien que ça ne dure pas à nouveau aussi longtemps pour le reconnaître, mais s’il le faut, nous serons là, à résister.

Pat

vendredi 18 octobre 2013

Joyeux anniversaire !......radar…. joyeux anniversaire !

Puréeee…. 10 ans !

Ça fait 10 ans que le petit malentendu, le roi de l’esbroufe, le prince du clinquant a inauguré le premier appareil automatisé. Ça fait 10 ans que la première pancarte ‘pour votre sécurité, contrôles automatiques’ a envahi notre quotidien. Ça fait 10 ans que l’escroquerie intellectuelle, qui consiste à nous faire croire que la vitesse est mère de tous les malheurs, justifie de faire les poches des usagers de la route, 10 ans qu'on attribue aux radars la baisse des tués, alors que celle-ci est quasi-constante depuis 40 ans. Depuis 10 ans, chaque Français de 20 à 64 ans, a contribué en moyenne à hauteur de 128€ au chiffre d’affaire de ce que l’on peut considérer comme la plus belle ‘start-up’ de la fin du siècle dernier. Une jeune pousse, comme on dit, alignant 40 millions de clients et tout prêt de faire pêter le milliard d’euros de chiffre d’affaire c’est du très, très haut de gamme. Le pur fantasme de tout commerçant. 10 ans de mariage, c’est les noces d’étain…là on peut parler de noces d’argent !

Non finalement il avait raison Nicolas, il n’était pas question de piéger les conducteurs…. Pas plus que les nouveaux radars équipant les véhicules banalisés intégrés au trafic et capables de verbaliser dans les deux sens de circulation ne sont destinés à piéger qui que ce-soit !

Allez bon anniversaire… et comme c’est pour notre bien, longue vie aux CSA…la croissance attendra !

Patrick

lundi 7 octobre 2013

Moins de 2000 morts en 2020….ou les paris stupides !

Le buzz est parti... le rapport confidentiel du comité des experts du CNSR ne sera resté que quelques heures confidentiel…l’encre du document à peine sèche, tous les médias en font leur choux gras à grands renforts de titres accrocheurs et d’interviews des incontournables spécialistes autoproclamés toujours prompts à servir une soupe de plus en plus froide et de plus en plus indigeste….

Ce rapport, que j’ai lu, contient au moins deux énormités dont personne n’a parlé, l’hypothèse de réduction de la vitesse sur le réseau secondaire ayant accaparé toute l’attention. La première tient dans le cynisme des rédacteurs qui avouent avoir délibérément écarté la préconisation de mesures pertinentes pour réduire la mortalité au motif d’une mise en œuvre à trop long terme, dépassant donc la date butoir de 2020… La seconde tient dans la récurrente non prise en compte des usagers autre que les automobiles. Le rapport zappe consciencieusement les usagers vulnérables, les sages experts préconisant même de réduite la mortalité contre obstacles fixes en les protégeant par des glissières…Amis motard je vous laisse apprécier la profondeur de l’expertise… A partir de l’année prochaine, vous ne vous écraserez plus sur un poteau, une pile de pont ou un platane…vous serez décapité par une glissière ! Ça me fait penser à un titre ravageur d’un journal bête et méchant qui disait quelque chose comme : le vaccin contre le cancer sera découvert en l’an 2000… Ceux qui meurent avant sont des cons !

Patrick

mercredi 21 août 2013

Devoirs de vacances : quelle politique de sécurité routière pour 2025 ?

Les jours raccourcissent, les écoliers achètent leur matériel de rentrée, c’est la fin des vacances… et les ministres rendent leurs devoirs d’été. Thème de la dissertation : la France de 2025.

Curieuse initiative de l’exécutif. À moins que celui-ci ne souhaite faire sourire les français qui, après avoir dépensé la moitié de leurs cinq semaines de congés annuels, sont soumis à la dure réalité des embouteillages urbains.

La lecture des copies ministérielles dévoile pléthores d’incantations avec, entres autres, une France sans surpopulation carcérale, avec zéro déficit et dont pôle emploi aurait fermé pour cause de chômage technique. Le tout grâce à la boite à outils du Patron. Pour un peu, les Restos du Cœur deviendraient une maison de retraite pour stars vieillissantes.

Plus sérieusement cet exercice pose quelques questions… L’an 2025 tout d’abord : comment arriver à cette projection alors que le chef actuel (« Pépère » pour les intimes) est certain de ne plus être au pouvoir, au mieux pour lui, 3 ans avant cette échéance. Si tant est que l’alternative politique n’ait pas frappé d’ici là.

Il est ensuite difficile d’accorder un crédit complet à cette étude sur douze ans. Alors que les mêmes technocrates, qui ont évidemment fait office de nègres, n’avaient rien vu venir des évènements qui nous frappent actuellement.

Et sans aller jusqu’à 2025, il n’est nul besoin d’être un grand analyste politique pour savoir que les élections municipales seront l’occasion d’un remaniement ministériel rebattant les cartes d’un quinquennat toujours trop court.

Cette manœuvre reste bien évidemment une opération de communication de plus, afin d’occuper le terrain médiatique.

Cependant, à la Fédération Française des Motards en Colère, nous avons voulu savoir si notre populaire ministre de l’Intérieur avait planché sur le sujet de la sécurité routière (S.R.), thème cher à ses yeux dès sa prise de fonction. Et pour le coup, point besoin de clairvoyance, ni de boule de cristal pour tracer les grandes lignes d’une politique de SR responsable et digne de ce nom.

Malheureusement rien dans les médias ni dans la contribution in extenso du ministre ! Et il n’y a pas que la sécurité routière qui est absente de ses ambitions, mais également la mobilité en général. Incompatibilité curieuse, quand Moscovici nous parle de plein emploi et que ce plein emploi comprend une part évidente de mobilité.

Il y a pourtant des problématiques bien réelles (liste non exhaustive) :

  • Une répression routière inique et injuste se faisant contre les usagers et non avec eux, créant des situations de conflit.
  • Une vision technocratique et cloisonnée des causes de l’accidentalité routière, à laquelle sont apportées des solutions éculées et stériles.
  • Un autisme prégnant sur la question de la prise en compte des deux roues motorisés.

Auxquels la FFMC propose depuis plus de 30 ans un grand nombre de solutions :

  • La formation, non pas quantitative mais qualitative, et ce dès le plus jeune âge, à l’image du programme Éducation Routière de la Jeunesse de la FFMC, parce que la meilleure des obligations, c’est celle qu’on s’impose à soi-même parce que l’on a appris et compris sa nécessité.
  • Un partage de la route effectif et concret, permettant une connaissance mutuelle des usagers dans l’espace routier, impliquant une nouvelle réforme du permis de conduire.
  • Une réelle volonté politique sur les questions d’infrastructures routières, ne se limitant pas aux poteaux sur les bords de routes, mais bien sur la question d’un service public de la route avec des moyens conséquents, dont notamment un changement du statut juridique des d’autoroutes françaises, réseau routier le moins accidentogène.

Il est évident que les attributions du ministre Valls sont nombreuses, et que les thèmes de l’immigration, de l’insécurité, ou de l’aménagement du territoire prennent une part importante dans sa communication. Mais il aurait été de bon ton d’aborder, ne serait-ce que d’une ligne, ces enjeux importants. Enjeux qui tiennent une place très importante dans la vie quotidienne de tous les Français.

Gageons donc que l’opération de communication à laquelle se sont livrés les ministres pour leur rentrée, leur permette de développer cette vision à long terme qui fait souvent cruellement défaut à nos responsables politiques.

Nathanaël Gagnaire

vendredi 12 juillet 2013

Sécurité routière : l’enfumage continue !

Traditionnellement, au moment des pics de trafic routier sur les routes estivales, l’éternel marronnier des annonces de sécurité routière reverdit de plus belle… L’air grave et déterminé, le ministre de la chose routière nous fait son discours émaillé d’annonces chocs et de promesses de répression pour les vilains conducteurs qui ne seraient pas sages. Attention, le gouvernement va sévir, saperlipopette ! Attention les p’tits z’enfants… voilà le gendaaaarme !

Dernières annonces en date ? Bientôt 70 km/h sur le périph’ et pourquoi pas 120 km/h sur les autoroutes … c’te blague ! Voilà une annonce totalement dénuée de sens : les millions d’automobilistes franciliens qui empruntent l’anneau parisien onze mois sur douze aimeraient bien atteindre un peu le 70 km/h, juste un peu, une fois de temps en temps… Quel rêve ! Parce qu’en réalité, le périph’, c’est bite à cul, première-deuxième sans espérer dépasser le 30 km/h tellement c’est toujours bouché… le périph’ limité à 70 km/h, ça c’est de la mesure ! Ah oui, ça va faire baisser le nombre de morts sur les routes de France, c’est sûr… rappelons toutefois que le nombre de morts annuel sur le périphérique varie de 0 à 5 par an.

Et 120 km/h sur les autoroutes ? Allons-y gaiement, tous en p’tit train à la queue-leu-leu sur la file du milieu, t’inquiètes pas Simone, le régulateur s’occupe de tout.

Au fait, la majorité des tués sur la route, elle est où ? Pas sur les autoroutes, réseaux les plus sûrs où les premières causes d’accidents identifiées (selon les sociétés d’autoroutes) sont le manque de vigilance (la monotonie, la conduite en « pilote automatique) et les conduites « dangereuses » (distances de sécurité insuffisantes, mauvaise utilisation des files, changement de file non signalés…)

Et les routes nationales et départementales, reconnues comme étant les routes les plus dangereuses ? Parlons-en, car il est aussi question d’y baisser la vitesse générale à 80 km/h... le problème c'est que les poids-lourds sont déjà limités à 80 km/h sur ces réseaux. Et mettre les voitures et les motos à la même vitesse que des 38 T, ça va poser un sacré problème de sécurité, avec des files de véhicules qui vont s’allonger, des distances de sécurité (déjà insuffisantes) qui vont encore se réduire, sans parler des tentatives de dépassements à l’arrache (entre deux radars ?) que cela risque d’engendrer.

Bin oui, sur une 2X2 voies, par exemple, comment doubler un camion qui roule à 80 km/h sans dépasser 80 km/h ? Comment, on ne dépasse plus ? Et la visibilité qui permet de voir au loin et d’anticiper alors ? Et les masques qui empêchent la perception des usagers vulnérables, deux-roues, piétons ? Ha oui, c’est vrai, on leur colle un gilet jaune qui les protège ! Notez, Monsieur le ministre, que vous pourriez régler ce nouveau problème en abaissant la vitesse des camions à 70… mais alors bon courage avec les sociétés de transports et leurs représentants !

Reste l’annonces des radars… Ça, ça fonctionne à tous les coups, ça leur fout une de ces trouille, aux conducteurs ! Des radars tous neufs à la place des vieux, des discriminants, des qui te tronçonnent les points de permis à la demi-douzaine, par devant, par derrière, des mobiles-mobiles pour attraper les contrevenants-contrevenants… Et ça marche, les gens roulent moins vite, donc leurs accidents sont moins mortels et les chiffres sont meilleurs pour le ministre… sauf que les conducteurs ne respectent les vitesses que par peur d’être punis… pas par désir de conduire mieux, en meilleure interaction avec leur environnement routier.

Pour convaincre les conducteurs qu’ils auraient tout à gagner à rouler plus cool, il faudrait s’adresser à leur intelligence, à la conscience des individus… autrement dit associer, faire confiance, former, prévenir… mais allez demander ça à des technocrates ! Quant aux hommes politiques, si il leur fallait s’adresser à l’intelligence des gens, ils ne seraient pas sûrs d’êtres élus. Ce recours permanent à l’infantilisation des conducteurs est tout de même paradoxal dans une société qui se veut moderne et éclairée. Cette culture de la répression ne mène pas vers un apaisement des conduites, mais juste vers une stricte application des règles sans la compréhension qu'elles supposent. Or on ne peut pas convaincre en ne proposant que la punition. Mais comme la baisse de la mortalité routière est constante depuis quarante ans, il est facile et ô combien tentant de « démontrer » après-coup que c’est grâce à la sévérité et l’inflexibilité des mesures prises que des résultats ont pu être obtenus de manière si remarquable.

En reprenant les vieilles rengaines des pères fouettard proclamateurs du risque zéro, en répétant les anathèmes habituels des prédicateurs d’apocalypse routier, Valls est en train de perdre l’occasion d’associer vraiment les usagers de la route aux réels enjeux de sécurité routière… Il ne sera ni le premier ni le dernier, mais c’est dommage, on s’attendait à mieux de sa part.

vendredi 21 juin 2013

Conseil national de la sécurité routière : Petite vitesse et grand doucement

Voilà six mois que Manuel Valls, ministre de l’Intérieur (et donc de la sécurité routière) a réinstallé le Conseil national de la sécurité routière (CNSR), placé sous la présidence du député socialiste du Bas-Rhin, Armand Jung. Objectif : montrer que la sécurité routière est un axe fort de la politique gouvernementale, en continuité des déclarations des présidents Chirac et Sarkozy. En tant que principale association de défense du deux-roues motorisé (2RM), la FFMC a été invitée à siéger au CNSR… Rien d’étonnant à cela puisque depuis la concertation sur les 2RM qui s’est étendue de 2009 à 2011, la FFMC s’est imposée comme un interlocuteur incontournable, forte de son expertise et de son action depuis trois décennies.

Prévu pour durer trois ans, le CNSR 2013 s’articule sur quatre commissions :

  • les deux roues (2R, motorisés et vélos)
  • Alcool-stupéfiants-vitesse (ASV)
  • Outils technologiques et infrastructures (OTI)
  • Jeunesse et éducation routière (JER)

Le tout est supervisé par un « collège des experts » composé de chercheurs, de professeurs et d’épidémiologistes connus pour leurs études en lien avec la sécurité routière.

Donc, depuis six mois et à raison d’une réunion par semaine d’une commission à l’autre, le CNSR réfléchit selon une « feuille de route » dont l’objectif affiché par M. Valls est de réduire la mortalité routière de moitié sur nos routes d’ici 2020… sur « nos routes », mais il s’agit en fait d’un objectif décrété dans toute l’Union européenne. Et c’est aussi un objectif politique, au même titre que les questions de croissance économique, d’emploi, de logement, d’environnement… Pour un responsable politique, le gros avantage de la sécurité routière, c’est que la courbe des tués ne cesse de baisser depuis quarante ans, ce qui facilite l’explication du pourquoi du comment dans l’opinion publique, cette explication fut-elle simpliste et construite sur des évidences que Monsieur de La Palisse ne renierait pas.

Bon gré mal gré, force est de constater que les enjeux de sécurité routière sont toujours plus et mieux partagés dans la population qu’autrefois, sauf chez quelques imbéciles qui se comportent aussi mal sur la route que dans la vie en général. A cela s’ajoutent les progrès technologiques des véhicules carrossés qui protègent toujours mieux leurs occupants, l’amélioration des routes et la baisse généralisée des vitesses moyennes. Amplifiés depuis peu par les effets de la crise économique qui pousse les gens à limiter leurs déplacements, ces progrès techniques sont toutefois ralentis par la stagnation (voire le recul) des progrès sociaux tels que la question des libertés individuelles (mais il faut bien admettre que la route est un espace collectif, les motards le savent bien) et la surenchère réglementaire qui conduit quelques infractionnistes récurrents hors du champ légal et finalement social, où ils échappent alors à tout contrôle jusqu’à l’accident grave. Et aussi à force de multiplier les menaces de « punition » dans le but affiché d’améliorer la sécurité routière, la majorité des conducteurs finit par nourrir une certaine méfiance quant aux moyens pour y parvenir, ce qui peut conduire à l’inverse de l’effet recherché au départ.

Bref, après six mois de discussions, où en sommes-nous ?

La commission "Deux-roues" a discuté de

  • la taille des plaques d’immatriculation des motos
  • la circulation des 2RM entre les files dans les embouteillages
  • la visibilité du motard (fluo ou pas fluo ?)
  • des vélos, ce qui a permis d’aborder la notion des « usagers vulnérables », conjointement à nos problématiques communes avec les cyclistes
  • des équipements de protection individuels, en butte à des questions de normalisation desdits équipements

Le « problème des plaques » (problème pour les pouvoirs publics), c’est la forte proportion de rebut aux photos des radars automatiques…trop de plaques ne sont pas lisibles et la prune part au panier. Les promoteurs du système demandent donc que les plaques des motos soient plus grandes… Finalement, il est proposé d’harmoniser les 4 tailles de plaques (actuellement une taille pour les cyclomoteurs, deux pour les motos, une pour les MP3 et consorts) à une seule, au format 210 X 130 mm, ce qui est l’un des formats actuels en vigueur le plus répandu pour les motos.

Sur la question de la « visibilité » que les pouvoirs publics cherchent à solutionner de manière simpliste par le port d’un gilet fluo (ou un brassard il n’y a pas si longtemps), il est proposé que les motards aient « à bord » un gilet fluo de type « haute visibilité » en cas de panne… comme pour les automobilistes. Cette recommandation est en fait tout ce qui reste de l’obligation de port en toutes circonstances (assorti d’un retrait de deux points en cas d’infraction) prévu à l’issue du calamiteux Conseil Interministériel de sécurité routière de mai 2011. On se souvient de ce que la FFMC avait fait de ce gilet devenu symbole de l’arbitraire absurde et inadapté aux enjeux réels : brûlé en place publique dans nos manifs du printemps 2011 ou hissé comme un pitoyable oripeau sur les statues des monuments de France. Toujours aussi calamiteuse avait suivi l’idée de substituer ce gilet par un brassard rétro-réfléchissant de 150 cm2 qui devait devenir obligatoire par décret en janvier 2013, toujours assorti d’un retrait de deux points… La FFMC a tellement bataillé pour dézinguer cette ineptie que Manuel Valls a sagement décidé d’abroger ce décret avant de nous inviter à participer à son CNSR… Ouf !

Au final, il ne reste que cette recommandation de pouvoir disposer d’un gilet en cas d’incident, officiellement dans un objectif « d’équité devant la loi avec les usagers de la route » y étant déjà contraints. La FFMC reste opposée à l’obligation, et par conséquent à la sanction, de cet accessoire qui peut toutefois s’avérer utile en cas de pépin, ne serait-ce que pour se signaler comme étant « en détresse » au bord de la route. La question de l’interfile des 2RM dans les embouteillages est maintenant renvoyée aux experts qui envisagent de l’étudier au terme d’une « expérimentation »… ça fait juste vingt ans que nous la pratiquons, mais nous, nous roulons à moto… pas eux ! Toutefois (et tant mieux), ces mêmes experts s’en remettent aux recommandations du groupe d’étude mené en 2012 par le préfet Guyot, donc si rien n’est encore acquis, rien n’est perdu.

La commission "Outils Technologiques et Infrastructures" a traité trois sujets :

  • le téléphone au volant
  • le LAVIA (Limiteur s’Adaptant à la Vitesse Autorisée)
  • les EDR (« boîtes noires, Event Data Recorder ou Enregistreur de Données Routières)

Ces trois sujets ont laissé une part à un élargissement des réflexions quant aux distracteurs (GPS notamment), aux aides à la conduite et aux avertisseurs de radars, hypocritement rebaptisés « avertisseurs de zones de vigilance accrue -ZVA ou zones de danger).

Bref, ces thématiques sont « à tiroirs » (sous-dossiers imbriqués les uns dans les autres), générant chacune des groupes d’études et relevant de problématiques à la fois locales, nationales et européennes. Dénoncé comme un facteur de risque (notamment pour les usagers en 2RM confrontés à l’inattention des automobilistes qui téléphonent), l’usage du portable est plus que jamais dans le collimateur… mais comment empêcher l’invasion de la communication mobile qui s’est imposée dans les activités de tous ? Tenir un téléphone en main ou « textoter » frénétiquement est déjà interdit par la Loi (amende 4eme classe ; 135 € et 3 points retirés)… Et le kit « main-libres » ? Faut-il l’interdire ? Si oui, comment faire, comment le contrôler ? Qu’est-ce qu’un kit-mains libres ? Une oreillette (kit « piéton), une téléphonie « embarquée » (option intégrée à l’auto) à commande vocale ?

Bref, la commission recommande de renforcer la lutte contre le téléphone « tenu en main » (ça ne mange pas de pain, yaka faukon et les forces de l’ordre se débrouilleront…). Une idée pour cela consiste aussi à interdire les vitres teintées « noires » aux glaces latérales avant des autos qui masquent le conducteur… mais la règlementation pour le moment inexistante sur ce point reste à élaborer. Pour le LAVIA et les « boîtes noires », il n’y a encore rien de décidé, ça dépend surtout de la réglementation européenne en cours d’harmonisation entre les pays de l’Union dans les années à venir. Dans toutes les études déjà réalisées, les 2RM n’ont pas été pris en compte.

La commission "Jeunesse Éducation Routière" a beaucoup discuté de :

  • l’apprentissage anticipé de la conduite et ses vertus (la conduite accompagnée, à partir de 16 ans)... voilà un truc qui fonctionne et qui ne coûte pas grand-chose à mettre en œuvre, autant continuer dans ce sens.
  • les contenus de formation initiale en auto-école
  • la prévention en direction des jeunes

La commission "Alcool Stupéfiants Vitesse" a planché sur :

  • l’idée d’abaisser le taux d’alcool légal chez les jeunes permis/jeunes conducteurs… pour finalement conclure de laisser la réglementation en l’état pour le moment et de transmettre cette recommandation à l’avis des experts.
  • abaisser les vitesses maximum sur l’ensemble des réseaux… déjà annoncé il y a deux mois, suite à une sorte de « fuite » ou à des déclarations « anticipées », cette idée fait son chemin, tout en restant délicate à aborder pour un gouvernement déjà soucieux de ne point fâcher davantage les gens, dans un contexte assez difficile pour l’équipe politique au pouvoir.

Faute d’avoir mené à bien ses travaux, la Commission n’a pas présenté de recommandation lors de la réunion plénière du 21 juin.




En ce qui nous concerne, à part pour la commission 2R, la prise en compte des spécificités des 2RM reste quasiment absente des préoccupations générales… sauf quand il s’agit d’imaginer des moyens pour en limiter l’usage, la moto étant toujours considérée comme un « problème » en sécurité routière… Mais la FFMC veille et sa présence au sein de ce Conseil en est d’autant plus utile et nécessaire.

Bref, après environ six mois de travail, rien de très significatif ne se dégage, sinon que la sécurité routière reste bien une grande cause nationale à laquelle le gouvernement se montre attentif… et ça tombe bien, « les chiffres » sont bons.

Allez, bonnes vacances et prudence sur la route !

jeudi 28 février 2013

Ceteris paribus sic stantibus

Pour prouver la nécessité de son action et l'efficacité des mesures qu'elle prend, la sécurité routière utilise une statistique essentielle, la courbe du nombre de tués sur la route. Et si la courbe générale baisse depuis 1972, celle des motocyclistes, qui a fortement augmenté durant les années 1970 et reste ensuite à peu près stable jusqu'en 2008, suit un chemin inverse. Cette situation s'explique de la façon la plus simple, par l'explosion des immatriculations de motocycles, qui ont été multipliées par 100 entre 1965 et 1999. Sans doute trop simple, cette explication n'est jamais mise en avant par la politique publique de sécurité routière : à la place, le Délégué interministériel en poste dans les années 1970, années de forte hausse de la mortalité des motocyclistes, revenu "terrifié" après avoir passé son permis moto et convaincu qu'il avait affaire là à un "engin diabolique" a inventé une politique fondée sur des bases non plus rationnelles, mais émotionnelles, en cherchant à tout prix à décourager l'usage, sinon de la moto en général, du moins celui des grosses cylindrées.

Avec lui est née l'idée selon laquelle le risque à moto était d'autant plus élevé que les machines étaient puissantes, d’où découle une réglementation comme l'interdiction de commercialisation des motos de plus de 73,6 kw, toujours en vigueur en France et plus que jamais unique en Europe. Et cette approche émotionnelle n'a jamais été démentie par la sécurité routière, par manque d'études appropriées, faute aussi de données valides puisque les calculs de coin de table utilisés jusque voici peu pour calculer le parc des motos sous-estimaient celui-ci d'un facteur deux, voire trois, et conduisaient l'ONISR à développer des explications essentialistes telles le "problème motard français" selon lequel les motards français se tuent trois fois plus que les allemands, alors même que l'on peut banalement démontrer qu'il n'existe en l'espèce aucune différence significative. Enfin, la sécurité routière s'obstine dans une analyse par définition vide de sens en comparant automobilistes et motocyclistes, alors qu'elle devrait s'en tenir à ce qui est comparable, la situation des usagers vulnérables de la route, cyclistes, cyclomotoristes, utilisateurs de motocyclettes légères, et motards.

C'est pourquoi il n'est pas inutile de se livrer à un petit exercice appuyé sur les données statistiques disponibles les plus fiables, venant des sociétés d'assurance, pour effectuer cette comparaison. On verrait alors que les usagers de deux-roues motorisés qui connaissent le plus fort risque d'être tués sont les plus lents, les cyclomotoristes, et que les faibles différences entre motocyclettes légères et lourdes ne s'expliquent pas par des questions de puissance, mais par l'usage essentiellement urbain des premières, puisque leurs conducteurs ont bien plus d'accidents, mais qu'ils sont généralement moins graves. Enfin, en s'intéressant au seul cas de Paris intra-muros, on peut constater que l'écart entre l'accidentalité des usagers de deux-roues motorisés en général et celle des cyclistes reste faible, et que leur accidentalité globale est, de toute façon, bien supérieure à celle des automobilistes.

Denis Berger

http://sociomotards.net/

mercredi 17 octobre 2012

F….comme parasites !

parazit Le parasite vit et se développe aux dépens de son hôte. Il est superflu et gênant. Il en va de même pour l’association parasite.

La FFMC aussi a le privilège de porter, bien malgré elle, des associations parasites. Le parasite FFMC est généralement le fruit d’un aigri, présentant des troubles affectifs importants, souffrant d’un égo démesuré et poursuivant une quête existentielle infinie.

L’association parasite est conduite par un autoproclamé président qui a fréquenté l’association d’origine, il en est sorti trouvant que ça n’allait pas assez vite, que lui ne ferait pas comme ça, que probablement tous des ânes et qu’il va leur faire voire comment faut faire!....

L’association parasite a le même objet social, le même projet associatif et déclare viser exactement les mêmes objectifs. Pour être efficace et gagner du temps ses statuts sont largement inspirés de ceux déposés par la FFMC et pour faire bonne mesure l’organisation de sa structure est également calquée sur celle de la FFMC. Etrangement son nom commence généralement par la lettre F !? parasite Une fois l’administratif calé y a plus qu’à pomper, pomper, pomper…les idées, les actions, les visuels, la communication… Euh oui mais en mieux, genre plus direct, plus couillu quoi !... qu’ils disent les autoproclamés. Audiard avait raison, ’les cons ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît’. On a vu récemment un autoproclamé, prétendant défendre les motards, interpeller le président de la république, par écrit, avec une syntaxe tellement minable et avec tellement de fautes que même au CM2 il passerait pour un retardé. Et le don Quichotte fier de son billet exhiber sa prose sur les réseaux sociaux…

C’est bien pourtant qu’un maximum de volontés se mobilise pour défendre le deux-roues motorisé. Ce serait parfait que la force de chaque mouvement vienne s’ajouter aux mouvements existants pour les renforcer. Pour que toujours plus nombreux nous soyons plus puissants et tellement plus efficaces. Le drame de l’association parasite c’est que deux corps pour un seul cerveau ça marche pas et que dans ce cas 1+1 ça fait pas deux.

Alors amis motards, militants, défenseurs de vos droits et de votre liberté de vous déplacer, méfiez-vous des contrefaçons car comme en matière économique la contrefaçon est un vrai fléau. Et finalement a-t-on déjà vu une tique, un pou ou un morpion devenir plus gros que le l’animal qui le porte ?*

Patrick

MAJ 22-10-2012 - En raison du caractère polémique et insultant de certains commentaires, les commentaires ont été fermés.

jeudi 11 octobre 2012

Lettre à Marianne

Madame Marianne,

dans un article consacré au bruit signé par Benoît Duteurtre dans votre édition du 29 septembre 2012, vous vous moquez des « motards en colère » coupables de se complaire dans « le bruit narcissique », se sentant « persécutés » et qui « manifestent au nom de leurs droits, dès qu’une réglementation prévoit de réfréner leur ardeur », ceci écrit avec de sarcastiques guillemets qui ne sont pas là par hasard sous la plume de votre auteur. Passons sur « l’ardeur » des motards supposée par M. Duteurtre (à chacun ses fantasmes), ce ne serait qu’une question de forme qui ne vous engagerait pas si cela n’était pas également une question de fond.

Car vous faîtes erreur, madame l’incarnation de la République. Les « motards en colère » (donc nous parlons bien de ceux de la FFMC) ne manifestent pas pour leurs droits en tant que « motards », mais au nom de leurs droits en tant que citoyens : le droit de refuser d’être constamment considérés comme des petits enfants à punir « pour leur bien », le droit de s’opposer à des lobbies marchands qui, sous prétexte larmoyant de sécurité routière, se font voter des lois et des règlements européens pour arrondir leur business, et ce à grands coups de pseudos études tronquées… Le droit à une mobilité choisie pour tous, le droit à la formation et à la prévention, le droit à se prendre en main, proposer et agir pour combler les carences de ceux qui prétendent gouverner au nom des peuples tout en leur imposant une surenchère réglementaire, faisant fi de toutes les concertations engagées. Réduire nos actions à quelques manifestation certes bruyantes (quelles manifestations ne le sont pas ?) constitue un déni de nos engagements en faveur desquels la notion universelle de ce qu’on appelle « le vivre ensemble » est le socle, au-delà des corporatismes dont nous sommes les premiers à nous méfier.

En quelques mots malheureux, votre article piétine le travail d’une association engagée dans la sensibilisation des adolescents aux enjeux de sécurité routière, vous rayez d’un trait de plume la création de notre Mutuelle d’assurance qui fait progresser la sécurité des usagers en deux-roues motorisés, vous vous désolidarisez d’un confrère, le mensuel Moto-Magazine (Editions de la FFMC) qui informe ses lecteurs en totale indépendance, vous ignorez nos positions en faveur de l’Economie sociale et, puisque c’est le sujet, vous diffamez l’action de la FFMC qui œuvre, pour sa part, à la lutte contre les comportements bruyants d’une minorité de motocyclistes que nous peinons à convaincre, faute de les compter parmi nos 9 500 adhérents.

Chère Marianne, si vous voulez parler des motards de la FFMC à laquelle l’article fait explicitement référence, renseignez-vous sur les objectifs et les statuts, on ne peut plus républicains, de cette association née en 1980 et que M. Duteurtre moque d’une façon si condescendante.

Si cette regrettable stigmatisation ne devait être que le fruit de son ignorance de ce que nous sommes, sachez que pour notre part, ce n’est pas faute d’avoir essayé de vous informer, à plusieurs reprises (votre publication est inscrite dans notre mailing liste des contacts presse), de vous avoir envoyé des courriers pour expliquer pourquoi nous manifestons parfois et comment nous prenons part en permanence aux débats de sécurité routière et d’environnement liés aux questions de la mobilité des citoyens de notre pays. Pour nous, ces questions sont bien des questions de citoyenneté, ne vous en déplaise.

Hélas, jusqu’à maintenant, nos multiples tentatives d’engager le débat avec vous et vos lecteurs, sont restées lettre morte : nous n’avons eu en retour aucun appel téléphonique, aucun courriel. Mais si ce n’était que ça… En affichant son mépris pour ce que nous sommes et ce que nous faisons, Benoît Duteurtre se prend les pieds dans les plis de votre robe, madame Marianne… A moins que cet habit de Marianne si porteur de valeurs à nos yeux ne soit juste qu’un costume de circonstance ? Comme il serait décevant d’en rester sur un tel sentiment !

Restant à votre disposition, nous vous prions d’accepter, chère Marianne, nos hommages les plus républicains. Quant à l’intérêt que nous porte Benoît Duteurtre que vous voudrez bien saluer de notre part, faîtes lui savoir combien nous sommes prêts à l’instruire davantage.

La FFMC

La FFMC contre les bruits excessifs : ça date pas d'hier Cette campagne de la FFMC date de la fin des années 80

mardi 25 septembre 2012

Un gilet qui rétrécit

En janvier prochain, si rien en change, tous les motocyclistes conduisant des véhicules à deux et trois roues dont la cylindrée dépasse 125 cm³ seront contraints d'arborer sur leurs vêtements une surface de tissu rétro-réfléchissant au moins égale à 150 cm³ qui, en cas de besoin, pourra être portée en brassard. Cette étrange obligation a suivi la voie règlementaire habituelle, un décret pris en conseil des ministres complété d'un arrêté du ministère des Transports ; et elle figure, parmi bien d'autres, dans les décision annoncées lors d'un Comité interministériel de sécurité routière, ces réunions annuelles qui servent à faire dire par la presse combien le gouvernement se soucie de la sécurité des citoyens, et à le montrer en promulguant chaque fois une liste interminable de mesures forcément neuves et absolument vitales. Autant dire que ses promoteurs la jugeront totalement anodine, et que les réactions qu'elle suscite dans le monde motard ne pourront que confirmer le pouvoir dans sa conviction que ces gens sont décidément incompréhensibles et, pour employer les termes d'une ancienne Déléguée à la sécurité routière, définitivement ingérables. Malgré les difficultés de la tâche, on peut pourtant démontrer que cette mesure, comme tant d'autres, le contrôle technique des véhicules par exemple, vise un objectif qui n'a aucun rapport avec celui qui lui fournit sa justification, ne se soucie nullement de la sécurité des motocyclistes, et relève, in fine, d'un refus farouche du pouvoir comme de l'administration à la fois de reconnaître leurs erreurs, et de céder quelque terrain que ce soit à l'opposition, représentée, en l'occurrence et comme de coutume, par la FFMC. Mais la démonstration sera longue, impliquant à la fois de retracer toute la généalogie de la mesure, et de recourir à un certain nombre de comparaisons.

Une vieille obsession FFMC-giletjaune-sml2.jpg Car cette idée d'habiller les motards en jaune ne date pas d'hier. Le document de travail du CISR tenu voilà bientôt cinq ans, en novembre 2007, précisait ainsi que : "Les usagers de deux-roues motorisés sont particulièrement vulnérables. Ils souffrent notamment d'un déficit de visibilité. Le Gouvernement souhaite apprécier l'intérêt d'équipements de sécurité, en confrontant les expériences européennes sur le sujet. Il convient en particulier d'apprécier l'opportunité d'étendre aux usagers de deux-roues motorisés l'obligation de port d'un gilet rétro-réfléchissant de nuit, décidée par ailleurs pour les cyclistes, qui leur permettra d'être mieux vus par les autres usagers de la route." Mission est donc confiée à Charles Krajka "personnalité unanimement reconnue pour son engagement pour la sécurité des deux-roues motorisés" de "piloter une réflexion" sur la question. Les archives de l'Observatoire interministériel de sécurité routière, d'où sont extraites ces lignes, ne gardent malheureusement pas de traces des résultats de cette mission. Mais on imagine sans peine les objections qu'elle suscite, telles que les exprime, par exemple, une fédération opposée à cette contrainte, celle des usagers de la bicyclette, laquelle propose d'équiper la machine, et pas de marquer l'individu. Car, il faut le rappeler, vendre un vélo totalement dépourvu d'éclairage reste aujourd'hui encore parfaitement légal, puisqu'il peut fort bien n'être muni que de catadioptres. On conçoit qu'une telle situation rende périlleuses les sorties nocturnes : l'État, bon chien de garde, impose donc aux cyclistes le port d'un gilet réfléchissant, tout en prenant bien soin de limiter son usage à des circonstances précises, et sans doute assez peu courantes, où son utilité semble avérée, la nuit, et en dehors des agglomérations, donc lorsque le cycliste ne profite ni du jour, ni de l'éclairage public. On voit à quel point la situation du motard comme du scootériste n'a rien à voir avec celle des cyclistes : non seulement leurs véhicules sont équipés de tout le nécessaire en matière d'éclairage, mais, depuis quarante ans, la loi oblige ce nécessaire à rester allumé en permanence. Par ailleurs, leurs machines sont souvent munies à l'avant d'un carénage, et à l'arrière d'un top-case. À la différence du cycliste dont tout le corps reste visible, bien souvent, la seule partie du motard qui dépasse, c'est la tête : s'il fallait lui imposer quelque chose, ce serait donc le magnifique casque orange fluo de la police belge, malheureusement si difficile à trouver dans le commerce. Et l'on peut soulever bien d'autres objections, en s'interrogeant par exemple sur la résistance de gilets conçus pour des piétons, une fois qu'il seront endossés par des gens qui ont la fâcheuse habitude d'affronter des vents de 130 km/h. De tels arguments ne sont mineurs qu'en apparence. Car ils montrent comment les chargés de mission et conseillers techniques qui élaborent ces mesure raisonnent, par analogie, en partant d'un univers connu, celui des cyclistes, pour aborder l'inconnu, les motocyclistes, et en établissant des analogies entre les deux sans nullement se soucier de leur validité. Mais ce mode de raisonnement méprise totalement un certain nombre de points pourtant fondamentaux, l'effectivité de la mesure, son utilité pratique, l'importance des atteintes à la liberté des citoyens qu'elle implique. Il se contente d'un moindre effort, aussi bien intellectuel, faisant l'économie d'une connaissance pertinente du monde des motards, que politique, puisque le couple décret-arrêté permet de garder l'ensemble du processus sous le seul contrôle de l'exécutif, sans intervention externe, du parlement en particulier. Il y aurait pourtant, peut-être, une mesure à prendre. Évoquée depuis des années, elle consiste à élargir la silhouette de motocycles dont on prétend que leur étroitesse perturbent les habitudes et l'attention des innocents automobilistes en les équipant de LED d'une couleur spécifique, à l'image d'un dispositif existant aujourd'hui. Équiper le véhicule et pas le conducteur, installer des diodes aux extrémités des carénages, dans les rétroviseurs, voire au bout du guidon ne présente pas de difficulté technique, coûte bien moins cher qu'un ABS bientôt obligatoire et ne nécessite qu'une de ces normes que l'Europe produit en quantité industrielle. Mais alors, c'en serait fini de ce confort intellectuel qui alimente les experts depuis si longtemps, et qui fait de la faible visibilité des motards une cause majeure d'accidents.

l'État en action Plutôt que d'améliorer les machines l'État, donc, préfère s'en prendre aux conducteurs : le dossier de presse du Comité interministériel de sécurité routière tenu le 11 mai 2011 sous la présidence du Premier ministre, François Fillon, décrit donc, dans sa section trois, celle qui concerne les deux-roues motorisés, la mesure n°11 : celle-ci oblige les usagers de motocycles et de tricycles d'une cylindrée supérieure à 125 cm³ à porter "un équipement rétro-réfléchissant : gilet de haute visibilité ou blouson portant des bandes rétro-réfléchissantes". La mesure est justifiée à la fois par la volonté de doter les usagers d'une "plus grande visibilité qui doit être facilitée, en cas de panne mais aussi en circulation" mais aussi par le fait que "de très nombreux utilisateurs négligent le port des équipements de protection individuelle. Le premier équipement de protection est l'habillement de l'usager". Destinée aux journalistes, l'information reste succincte ; elle permet toutefois de nourrir la réflexion. Car elle fonctionne à rebours de la logique. Sa cible se limite en effet aux motards au sens strict, les titulaires du permis A conduisant des véhicules de plus de 125 cm³ même si, par pure méchanceté, les automobilistes et leurs tricycles pendulaires les rejoignent. La mesure épargne donc les ordinaires usagers de scooters, ceux-là même dont une petite observation sociologique suffit à démontrer à quel point cette culture de l'équipement de sécurité, caractéristique du motard, leur échappe complètement. Elle oblige donc à s'équiper ceux qui, très majoritairement, le sont déjà, et épargne ceux qui adoptent la pratique inverse, et se déplacent en été sur les voies rapides habillés de T-shirts, de bermudas et de sandales, à l'image sans doute du même François Fillon lors de son escapade à Capri. Mais, en dénonçant l'absurdité de cette obligation, on se trompe : car, très probablement, cette absurdité est volontaire. Sauf rare exception, les motards roulent tous avec des vestes ou des blousons, des bottes et parfois des gants équipés de protections et d'éléments réfléchissants : comme autrefois avec le casque, les obliger, et eux seulement, à faire ce qu'ils font déjà revient donc à prendre une mesure de pure façade, simplement destinée à occuper quelques lignes dans un communiqué de presse et voulue comme telle, mesure qui, bien sûr, n'aura aucun effet mais, de la même manière, ne gênera personne.

Mais l'occasion était trop belle pour que la FFMC la laisse passer. Obliger des citoyens que rien ne distingue particulièrement des autres, si ce n'est leur façon de se déplacer, et qui ne sont ni policiers, ni militaires, ni moines, ni bagnards, à s'habiller d'une façon spécifique, et uniforme, porte déjà une grave atteinte aux libertés publiques. Quand elle concerne un groupe social particulier, revendicatif, organisé, et habitué, dans bien des domaines et pas seulement celui de son apparence, à définir ses propres normes souvent volontairement distinctes de celles qu'accepte le commun des mortels, elle court un grand risque de susciter une vive opposition. Que l'on y ajoute son caractère discriminatoire qui va, comme précisé plus haut, à l'inverse de la logique, et l'on dispose de tous les éléments nécessaires pour déclencher des mobilisations comme on n'en avait pas connues depuis des années et, accessoirement, doubler l'effectif des adhérents à la FFMC. Le plus étonnant dans l'affaire, et sans doute aussi le plus inquiétant, tient au fait que cette réaction, et son ampleur, semble avoir pris les autorités totalement au dépourvu. Car les autorités ne sont pas stupides, et la police, dont les agents appartenant à ce qui fut les Renseignements généraux sont honorablement connus des organisateurs de manifestations motardes, fait fort bien, et depuis toujours, son travail. Le fait que ces événements surviennent peu de temps après une réforme qui a conduit à une très forte dévalorisation et de ces agents et, sans doute aussi, de l'intérêt que leurs supérieurs accordent à leur travail, ne doit sans doute rien au hasard, et donne l'impression que le pouvoir sarkosyste finissant préférait écouter un publicitaire bien en cour ou un sondage biaisé plutôt que ses agents de terrain. Et cette surdité l'a conduit dans une impasse, confirmée par cet arrêté pris au début 2012, qui définit la surface minimale de tissu réfléchissant à montrer à la maréchaussée, sous peine d'une amende de 68 euros et d'un retrait de deux points, surface qui peut éventuellement être amovible, et portée en brassard.

FFMC-brassardsmal.jpg Combattre la discrimination La décision n°11 du CISR de mai 2011 s'est révélée être une bombe, que ses créateurs avaient eu la sagesse de munir d'une procédure de désamorçage. En se contentant d'imposer l'utilisation de vêtements munis d'éléments réfléchissants, sans plus de précision, aux seuls usagers de deux-roues motorisés qui en portaient déjà, le pouvoir disposait d'une échappatoire, et n'aurait suscité guère plus de réactions qu'un haussement d'épaules. Il a choisi le chemin inverse : après avoir affirmé, contredisant ainsi les documents qu'il avait lui-même publié, qu'il n'avait jamais été question d'imposer le port d'un gilet fluo, il a imaginé une mesure torturée, pensant sans doute, avec cette histoire de brassard qu'il juge bien anodine, à la fois éviter une capitulation publique, et faire taire les mécontents. Naturellement, il a obtenu l'effet inverse. Car il avoue, avec cet objet ridicule, à quel point il n'est plus question sécurité, mais, brutalement, d'un pur rapport de force. Le pouvoir ne peut supporter de voir son autorité contestée par les motards, ces gens bruyants et incompréhensibles dont il n'a, sauf à de rares occasions, durant les majorités de gauche, jamais accepté ni la manière d'être, ni les comportements, quand bien même ceux-ci resteraient dans un strict cadre légal. Et s'il avait, dès le départ, voulu stigmatiser cette population, et marquer la manière dont elle se distingue des autres, y compris des autres usagers de deux-roues motorisés, il n'aurait plus trouver meilleur symbole qu'un brassard. Alors, ce stigmate, loin de le cacher, il faut l'exhiber : si la mesure entre effectivement en vigueur en janvier prochain, portons donc ce brassard en permanence, à la ville et à la campagne, au travail et durant les loisirs, sur un manteau, sur une veste, un blouson, un tailleur ou une chemise. Nous verrons alors si un gouvernement socialiste choisit d'entrer dans une histoire qui ne restera pas forcément petite comme celui qui a imposé à une partie de la population qui possède des caractéristiques qui lui sont propres et la définissent le port d'un signe distinctif qui lui sera réservé.

Denis Berger

lundi 17 septembre 2012

Les deux litres d’Ayrault

La conférence environnementale s’est close sur un discours du premier ministre Jean-Marc Ayrault, qu’il souhaite sans doute historique. Et qui l’est peut-être ? Soyons optimiste et ambitieux, l’enjeu le mérite. Mais sur certains points, qui nous concernent particulièrement du point de vue d’usagers de la route, des progrès et une véritable prise de conscience restent attendus.

Je cite un des comptes-rendus : « Pour les nouveautés, on retiendra d'abord cette mesure phare, longtemps mise en avant par les ONG et notamment par Nicolas Hulot : le véhicule qui consomme 2 litres d'essence pour 100 kms. L'objectif est fixé pour dans "dix ans", et sera réalisable grâce à une collaboration entre constructeurs automobiles et pétroliers. »

ent Messieurs les élus et responsables, ce véhicule existe, je l’ai rencontré ! Je roule même avec presque tous les jours. Soyons honnête, c’est plutôt proche de 2,2 ou 2,3 litres aux 100, mais ne chipotons pas, d’autant que ce n’est pas un diesel mais de la bonne vieille essence sans émission de microparticules, ça compense. Ah ça, évidemment, ce n’est pas une voiture, il n’a que deux-roues, et je suis généralement seul dessus. Cela dit, dans la majorité des voitures en circulation, il n’y a aussi qu’une seule personne. Et n’oublions pas les arguments habituels de moindre occupation des sols, importante réduction des embouteillages et donc de consommation et pollution des autres véhicules, facilité à se garer, etc etc. Je suis bien conscient qu’une moto ne répond pas à tous les besoins de déplacements… mais tout de même à une bonne part d’entre eux !

Donc, le véhicule qui consomme deux litres aux 100 existe. Et ce n’est pas nouveau, celui dont je parle, une GN125, date de 1997. Ben voilà ! Ne cherchez plus M. Ayrault, s’il faut évidemment continuer les progrès de façon générale et notamment pour les boitaroues et les gros cubes, il existe déjà une solution efficace, fiable et économique pour se déplacer avec un minimum de carburant. Ah, mais il y a un problème. Plusieurs même.

J’ai du mal à trouver de l’essence compatible. Bah oui, dans un truc comme ça, on évite cette cochonnerie d’E10 (dénoncé par de nombreuses associations et sur lequel l’Europe commence à rétropédaler sérieusement). Le 98 fonctionne mais ne lui plaît pas des masses… or trouver du bon vieux 95 de nos jours en région parisienne s’apparente à trouver un radar placé dans une zone vraiment accidentogène, c’est possible, mais faut se lever tôt.

On veut m’interdire l’accès à la ville, précisément le lieu pour lequel ce véhicule est optimal. Si le projet des ZAPA passe, et il n’est toujours pas enterré pour de bon, cette 125 sera concernée, ouste dehors ! Je pourrais toujours rouler avec mon gros cube plus récent cependant, même s’il consomme autant qu’une voiture. Bah, je n’aurais qu’à la remplacer par un gros 4x4 diesel climatisé, pas grave, lui aussi aura accès.

deb • Et maintenant l’Europe m’annonce que je devrais passer cet engin en contrôle technique tous les ans, pour le même prix que me coûte sa révision (en plus de mon autre moto). Une mécanique très simple, fiable, un véhicule anémique mais sûr et cantonné à des petits déplacements, que je contrôle régulièrement d’autant plus facilement que tout est accessible sous les yeux - et qui passe chez un pro tous les 18 mois de toute façon. A quoi bon maintenir en état un véhicule largement amorti et peu polluant, si je suis empêché de rouler avec et sanctionné financièrement pour mes économies ?

Alors M. Ayrault, pour aider à atteindre les objectifs que vous fixez vous-même, commencez par lâcher la grappe aux motards, et demandez à l’Europe d’en faire autant ! Que les technocrates cessent d’essayer de résoudre des maux qui n’en sont pas, et qu’ils reconnaissent enfin ce que motos et scooters peuvent apporter !

Le deux-roues n’est pas un problème, c’est une solution.

Frédéric

jeudi 26 juillet 2012

Violence routière


dessin BERTRAND, droits réservés

La fin de la troisième semaine de juillet a été dramatique pour cinq personnes fauchées par des chauffards multirécidivistes qui n’auraient pas du se trouver aux commandes de leurs voitures. Cinq piétons violemment percutés, trois décès, deux blessés graves et des dizaines de vies massacrées en comptant les proches des victimes et celles des trois conducteurs mis en cause. Parmi les tués, une fille et sa mère percutées sous les yeux du mari et papa, dans le 20 ème arrondissement parisien… Le même jour, à Boulogne (92), une jeune femme de 22 ans est tuée alors qu’elle traversait aussi sur un passage piéton (on n’ose plus écrire « passage protégé »). Quant aux deux blessés graves la veille à Oléron (17), c’est un père qu’il a fallu amputer d’une jambe et son fils, toujours entre la vie et la mort, percuté par un mec qui roulait bourré.
Ces cinq victimes se sont trouvées sur la route de trois types dangereux qu’elles ne connaissaient pas, trois jeunes hommes de 22 et 24 ans, alcoolisés, et roulant sans permis.
A eux seuls, ces accidents vont-ils à nouveau justifier plus de répression pourtant inopérante dans ces cas précis, leurs auteurs étant déjà hors du champ réglementaire ?
Les pères et mères fouettards de la « tolérance zéro » vont-il encore resserrer les mailles d’un filet qui ne retient même pas les gros poissons ?

La réglementation, aussi stricte soit-elle, peut-elle empêcher les drames de la semaine dernière ? Non, puisque ces accidents sont survenus. Ces récidivistes mis en cause récemment étaient pourtant connus de leurs proches, de la police et de la Justice.
Pendant ce temps-là, au nom de la sécurité routière, des milliers de cabines-radars flashent quelques kilomètre-heure de dépassement sur des routes à quatre-voies sans intersection, sans piéton ni cyclistes, là où la visibilité porte à des centaines de mètres… ou bien dans des zones industrielles périurbaines limitées à 50 km/h. Là, c’est le conducteur d’un deux-roues arrêté pour un simple contrôle qui se voit reprocher un pot d’échappement non conforme ou une plaque d’immatriculation branlante… plus loin, c’est une voiture correctement garée mais dont le propriétaire n’a pas payé l’horodateur qui est verbalisée, parfois à quelques mètres de sans-gêne arrêtés en double-file que les agents de la circulation n’osent pas réprimander par crainte de déclencher une esclandre…
Demain, ce sera le tour de celui qui ne boit pas d’alcool avant de conduire qui devra répondre de la non-possession d’un éthylotest à bord de son véhicule… Dans six mois, le motard dépourvu de bidules rétro-réfléchissants sur sa tenue sera passible à son tour d’une amende assortie d’un retrait de deux points sur son permis … Etc, etc.
T’as mis une roue sur un zébra pour t’insérer dans un embouteillage de bagnoles à l’arrêt, paf, une prune ! On t’a vu, la caméra t’a vu, le relevé de la plaque d’immat’ permettra de t’envoyer la contredanse à domicile, comme une pizza commandée par téléphone. T’es en retard d’un mois de ton contrôle-technique (là encore, vignette vue au radar, filmé à distance) ? Paf, encore une prune !
Le paradoxe, c’est qu’en même temps, ça devient de plus en plus difficile de changer soi-même une ampoule sur son véhicule ou de trouver un tuyau d’air comprimé pour ajuster sa pression des pneus. C’est presqu’aussi difficile que de vouloir contester une amende qu’on estime injuste à force de tout vouloir faire « comme il faut » et d’être quand même rattrapé par cette avalanche de règlements, de décrets, de lois supplémentaires, marqueurs incontournables du « courage politique » des ministres qui se succèdent à vouloir faire le « bien des autres » en traitant leurs concitoyens comme des petits enfants.

Les « responsables » et autres « experts » de la Sécurité routière nous répètent que seule la répression donne des résultats, qu’il n’y a que la peur du gendarme qui fonctionne. Allez dire ça aux proches des victimes de la semaine dernière, tiens !

Ils étaient où les gendarmes, pour garder un œil sur ces trois connards connus et repérés (en principe !) par toute la chaine judiciaire, alors que le fichage de la population pour tout et n’importe quoi ne cesse de gagner du terrain au mépris des principes fondamentaux de libertés publiques et individuelles ? Évidemment, on ne peut pas mettre un flic derrière chaque personne et à la FFMC, nous ne le souhaitons pas… mais alors pourquoi met-on quand même les individus dans des fichiers ? Nous voilà dans l’ère du flic invisible qui voit tout, omnipotent sur le papier et qui ne peut rien dans la réalité, sauf à ramasser les morceaux.

Comment endiguer la violence routière ? En affublant les piétons de chasubles fluo ? En imposant le port du casque aux enfants dès qu’ils sortent de chez eux ? En décrétant que les conducteurs devront se munir d’un deuxième éthylotest, puis un troisième en attendant le quatrième… ?

Violence routière ? Violence tout court… violence d’une société qui multiplie les interdictions et les vigiles à l’entrée des centres commerciaux, les portiques, les badges d’accès et autres caméras de surveillance et qui diminue le nombre de ses fonctionnaires, policiers de proximité, éducateurs, enseignants, médecins, travailleurs sociaux… Une société où les centres de traitement administratif gérés par des opérateurs privés tournent à plein régime pour traquer implacablement la plus petite infraction des citoyens solvables tandis que ferment les dispensaires, les maisons de jeunes, les usines et les services publics sacrifiés à l’autel de la rentabilité.

Et si on remettait un peu les choses à l’endroit ?

jeudi 24 mai 2012

Quand le chat n’est pas là, les motards trinquent !

La Sécurité Routière lance une nouvelle campagne.

Premier paradoxe, cette nouvelle campagne est livrée en pâture aux médias de tout poil alors même que le Délégué Interministériel à la Sécurité Routière n’est plus en poste. D’ailleurs, il n’est apparu à notre connaissance dans aucun médias alors que depuis 48 heures la campagne bat son plein. Certes il n’y a pas de génération spontanée et cette action à forcément été commanditée par l’ex DISR et son patron, cependant on peut se demander quelle urgence nécessitait de la mettre en œuvre juste après que le gouvernement qui l’a décidée ne soit plus aux commandes ? Second paradoxe, bien que le DISR sortant se soit toujours présenté comme un homme de dialogue, cette campagne n’a fait l’objet d’aucune concertation avec aucun des acteurs impliqués dans le monde des motards et de leur sécurité sur la route.

Le motard est la seule cible de cette campagne. J’écris LE motard car manifestement pour l’émetteur c’est une entité, un groupe social dont chaque membre est parfaitement identique. Comment le DISR et son staff dont le crédo est de tout mettre en œuvre pour réduire autant que faire se peut le nombre d’accidents sur nos routes et la mortalité des usagers, comment ces personnes peuvent-elles imaginer et organiser des campagnes médiatiques aussi stigmatisantes, aussi infantilisantes, aussi réductrices et pour tout dire aussi discriminatoires. Il est vrai que ces mêmes personnes ont déjà sévi dans le discriminant en imposant des mesures ciblés aux deux-roues motorisé de + de 125cm3 (décret du 2 janvier 2012).

Comment le Mr Moto National, seul maitre à bord maintenant, par définition spécifiquement dédié à la sécurité des 2RM peut-il sans bafouiller déclarer sur Europe 1 le 23 mai « …nous n’avons pas pu imposer le blouson car les forces de l’ordre n’en sont pas équipées… pas avant deux ou trois ans…mais il était important d’inciter les motards à s’équiper pour être visibles… » alors que le journaliste le questionnait sur le paradoxe d’imposer une bande réfléchissante bien que la majorité des accidents se produisent de jour, par beau temps et en rase campagne… L’absence de chef ne doit pas justifier de prononcer de idioties !

Comment peut-on ne pas avoir conscience que le scénario et le montage du film support de la campagne induit les messages suivants : … les automobilistes vous pouvez continuer à ne pas faire attention aux motards, ce n’est pas de votre faute s’ils se tuent car leur instinct primaire les pousse à se suicider sur des routes pittoresques que vous n’empruntez pas !...Quand à vous les motards, pratiquez dans la jungle urbaine où votre dextérité et votre concentration font merveille mais si vous voulez rester en vie oubliez les routes de campagne…

Elle est injuste cette campagne, elle est intolérable et la manière dont elle est traitée dans les médias télévisés est insultante pour le citoyen motard aussi divers et pluriel qu’est la société…


Monsieur le Président nouvellement élu
Monsieur le Président de tous les Français
Monsieur le Président de la normalité
Monsieur le Président de l’égalité
Monsieur le Président de la justice
Monsieur le Président de l’équité
Vous devez intervenir pour dénoncer ces pratiques indignes et non conformes à vos promesses. Il y a autant de motards que de citoyens, tous différents… nous ne pouvons pas tolérer une vision aussi réductrice des citoyens de ce pays.


Patrick

mercredi 9 mai 2012

-22% de tués en avril 2012 : historique… ou pas ?

Dans son communiqué paru le 4 mai, la Sécurité Routière annonce une baisse des tués de 22.2% par rapport au même mois de l’année précédente. Si on ne peut que se réjouir d’une telle baisse, on peut la trouver étonnante, il est donc toujours utile d’en trouver les causes. Tout d’abord, examinons les statistiques elles-mêmes : -22.2% de tués en 2012 par rapport à 2011, ok, mais le mois d’avril 2011, comment était-il ? Particulièrement mauvais, puisqu’il y avait eu une hausse 21.6% en 2011. Souvenez-vous c’est suite à tout cela que le CISR avait annoncé tout un tas de projets débiles, comme le port de gilet fluo pour les motards ou la suppression des panneaux informant de la présence d’un radar fixe. Evidemment Chantal Perrichon , présidente de la Ligue Contre la Violence Routière, mettait cette hausse sur le compte de l’assouplissement du permis à points. Sauf que cette hausse ne s‘est pas confirmé par la suite. Dommage pour elle et son dogme répressif. Donc 296 morts en 2010, 360 en 2011, 280 (chiffres provisoires) en 2012. Mais alors, nous sommes revenus quasiment au point de départ ? C’est un peu comme le magasin qui multiplie par 2 ses tarifs avant de tout solder à -50%. Deux ans, pour constater une baisse de seulement 5%, ce n’est pas ce qu’on peut qualifier d’historique…C’est même moins que la moyenne depuis la baisse initiée depuis les années 70.

Ainsi, la Sécurité Routière, à tout seigneur, tout honneur, nous donne elle-même 2 éléments pour expliquer cette baisse: les conditions climatiques extrêmement « favorables » en 2012, et le prix des carburants. Concernant la météo, derrière le mot « favorables », comprenez « météo pourrie », qui incite les conducteurs, notamment les usagers vulnérables, à limiter leur déplacement. Et quel meilleur moyen d’éviter les accidents que de rester chez soi ! Ainsi, quand il pleut, ou mieux, quand il y a de la neige, les usagers limitent leurs déplacements pour leurs loisirs, et pour les autres, lorsque c’est possible, optent pour les transports en commun, ou limitent leur vitesse, et donc la gravité des accidents. A l’inverse, le mois d’avril 2011 était très ensoleillé, avec des températures nettement au dessus de la normale, et les statistiques de la Sécurité Routière s’en étaient ressenties. Il en va de même pour le prix du carburant, qui ont atteint des records : avec un litre de SP 95 à 1.65€ en moyenne, et un litre de gasoil à 1.43€, on y réfléchit à 2 fois avant d’emprunter son véhicule.

Un autre facteur influe sur le risque d’accidents : l’activité économique. D’une part, parce que le trafic poids lourds, même si les routiers ont peu d’accidents responsables, provoque des accidents très graves. Et que ce trafic est fortement corrélé à l’activité économique. Or, ces derniers temps, elle est, comment dire…faiblarde. D’autre part, parce que l’activité économique nécessite aussi le déplacement des salariés (vu que nous ne dormons pas sur notre lieu de travail comme en Chine). Or, les 193000 chômeurs supplémentaire en France métropolitaine (c’est une habitude de ne pas compter les DOM !) entre mars 2011 et mars 2012 (chiffres d’avril pas encore disponibles…) ne risquent plus de se tuer sur leur trajet domicile-travail. Ce qui nous amène à une remarque : comment cela se fait-il que les chiffres du nombre de chômeurs d’avril ne sont pas encore disponibles, alors que ceux de la Sécurité Routière le sont ? Pourquoi une telle précipitation pour annoncer ces derniers, seulement le 4 du mois suivant, sachant que le 1er était férié. Y aurait-il un dernier espoir…électoral qui justifie une telle précipitation, de ne pas pouvoir attendre le lundi 7 mai, sachant que les chiffres définitifs, les décès à 30 jours, ne peuvent mathématiquement pas être connus avant la fin mai ? Le président sortant avait-il besoin de statistiques favorables à présenter afin d’espérer une victoire ?

Alors au final, on constate que la météo est capable de faire varier le nombre de tués sur les route de plus ou moins 20%, ce qui pose quand même sérieusement la question de l’intérêt des statistiques mensuelles, où on se félicite d’une baisse de 5% et où on pointe du doigt les conducteurs quand la hausse atteint 10%. On peut aussi se demander à quoi cela sert de ponctionner 630 millions d’euros aux conducteurs via les radars automatiques (sauf si c’est pour qu’ils n’aient plus d’argent pour faire le plein et donc ne plus rouler). Et enfin, à quoi cela a-t-il servi que l’Etat réduise de centaines de milliers d’euros les Plans Départementaux d’Actions de Sécurité Routière afin de financer l’achat des radars démagogiques pédagogiques. D’ailleurs, ce serait bien que la Cour des Comptes mette son nez là dedans pour en faire le bilan…

Fred

mercredi 14 mars 2012

Les motardes sont des motards comme les autres

431598_1925263947826_1728976553_936110_1172210642_n.jpgSuis-je vraiment une femme ?

Ou une aberration de la nature ? Une contrefaçon ?

Pourquoi ces questions existentielles me direz-vous ? C’est vrai qu’à mon âge (nan, on ne demande pas son âge aux femmes, c’est très mal poli, très pas politiquement correct, les femmes ne vieillissant pas, c’est bien connu…) je suis supposée avoir la réponse à cette question. D’autant que j’ai 2 enfants, que je les ai eus de manière traditionnelle, ce qui semble vouloir dire que je suis pourvue d’un utérus et que donc je suis une femme. Pardon, ça ne sous entend pas que les femmes qui n’en sont plus, ou pas pourvues ne sont pas des femmes mais juste qu’en avoir un fait que forcément j’en suis une. Vous suivez ? Bon.

Alors pourquoi la journée de la femme me donne t-elle de l’urticaire ? Pourquoi la grosse majorité des « manifestations » qu’on y accole m’insupporte et me met les nerfs en pelotes ? Et pourquoi le Manifeste des femmes pour la Sécurité Routière m’a-t-il carrément mise dans une rage noire ?

C’est vrai. Pourquoi ? Parce qu’au fond, je suis féministe. Plus d’un homme sur deux, sur Terre, est une femme, ça me paraît donc une évidence : les Hommes naissent libres et égaux en droits. Donc les femmes aussi. Y a pas besoin d’en faire toute une littérature, ça devrait être un fait. Donc défendre ce fait est une évidence aussi.

Ben nan.

J’accroche pas à tous ces machins : les quotas, la discrimination positive, l’égalité institutionnelle… c’est rien que des faux nez, et des vilains qui plus est. Des trucs mal bricolés mais avec une belle vitrine et qui permettent de dire : « Attention ! On est dans le pays des droits de l’Homme ici ! On fait ce qu’il faut pour les femmes. Tenez d’ailleurs, elles ont leur journée à elles. Toute une journée entière pour dire tout ce qu’elles veulent ». Ce qui ne sous-entend pas du tout, bien sur, que le reste de l’année elles doivent la boucler. Non. Personne n’a jamais dit ça.

Et pourtant, à travail égal, elles sont moins bien payées. Alors comme on est en France (les droit de l’Homme et tout ça…) ben ça veut dire qu’elles travaillent moins bien sans doute et pis c’est tout. Les femmes sont majoritaires dans les emplois précaires. Pas parce que ce sont elles qui s’occupent des enfants et qu’il est difficile, surtout quand on est seule, de gérer le planning de dingue qu’engendre les gardes d’enfants, les horaires scolaires, les transports, et un boulot à temps complet. Je rappelle aux distrait(e)s qu’on est en France (les droits de l’Homme…) c’est donc sûrement qu’elles sont mal organisées. Ne parlons même pas de ces jeunes filles des cités, en butte à d’innombrables et d’innommables préjugés… Quoi ? Elles vivent au pays des droit de l’Homme ! Si elles n’arrivent pas à passer outre, c’est qu’elles le veulent bien. Et moult autres exemples de l’incapacité des femmes à être les égales des hommes alors que leur pays leur fournit bonnassement toute une panoplie d’outils dont elles n’ont qu’à se servir. Pffff ! Sottes qu’elles sont…

Quant au Manifeste des femmes pour la Sécurité Routière, c’est carrément une aberration intellectuelle pour moi. Je comprends pas. Que la DSCR ait eu l’idée, ça non, ça ne m’étonne pas outre mesure. Opposer les usagers de la route, c’est un jeu qu’ils connaissent bien et pratiquent abondamment : les autos contre les motos, les cyclos contre les motos, les vélos et les piétons seuls contre tous, les bons conducteurs contre les mauvais, et là les femmes contre les hommes… sûrement qu’ils ont trouvé une logique à ça, mais leur raisonnement est trop éloigné du mien pour que je vous l’explique… Non, ce que je ne comprends pas, c’est qu’une femme ait participé à ça. Que d’autres le signent. Qu’elles y croient. Alors qu’à moi, le message qu’il y a derrière me donne la nausée : la femme qui constate la conduite à risque de son mec et qui se tait (par tendresse ? par lassitude ? c’est une femme qui a écrit ça ??), est-ce que c’est la même que celle qui la boucle quand elle prend une baffe ? Ou est-ce qu’au fond c’est dans la nature de toutes les femmes de se taire ? Et de tous les hommes de faire les cons ?

Oui le sujet m’agace. Profondément. Jusqu’aux ovaires j’ose le dire. Et sûrement que la chose vue de la coordination du Bureau National de la FFMC n’arrange pas mon état. La focale est précise et ciblée. Je suis bien placée pour savoir et pour dire que les motards ne sont pas des gros bourrins machos, et surtout pas à la FFMC, eux qui élisent une femme pour les « représenter » (la représentation est collective, la coordinatrice n’a pas de place prépondérante mais au moins, vu de l’extérieur, y a une femme à la tête de la FFMC). Dire que les motards sont machos, c’est aussi con que de dire que les femmes sont féministes. Et me dire que je suis une femme qui fait de la moto, c’est très con aussi. Et me demander de me revendiquer comme telle, ça me défrise (ou ça me frise, plutôt…). Est-ce qu’on dit à un homme qu’il est un homme qui fait de la moto ? Non. C’est un motard. Eh ben moi aussi je suis un motard. Point. C’est ça l’égalité. Elle ne se cache pas dans la féminisation des mots ou dans des décrets ni dans des lois. Elle est une évidence. Elle doit l’être en tout cas. Et toutes les béquilles juridiques, légales, politiques, médiatiques, artistiques, etc… (tiques) qu’on pourra inventer n’y changeront rien.

C’est une question d’éducation. De culture même (dans le sens que ça se cultive…). Pas d’atavisme là-dedans : le dernier homme des cavernes a bouffé son gourdin par la racine depuis longtemps. Et c’est surtout une question de libre arbitre, qu’il soit féminin ou masculin, et pour en avoir et le conserver, évitons ensemble de tomber dans les panneaux du politiquement correct. La journée de la femme est un leurre. Elle a le mérite d’exister mais elle ne doit pas occulter le reste de l’année et la misère égalitaire qui règne au pays des Droits de l’homme. J’y mets un petit « h » exprès parce que c’est ça la vérité… 364 jours pour les droits de l’homme, 1 jour pour les droits de l’autre moitié de l’humanité : les femmes.




France




PS : mes sœurs et mes frères, j’en profite pour vous appeler à la vigilance. Les droits des femmes, les acquis féministes, les vrais, sont la cible de nombreux vilains pas beaux qui se cachent derrière d’innombrables masques…

Quelques liens vers des infos qui ont circulé à l’occasion du 8 mars et qui m’ont marquée :

Celui-ci d’abord, car j’ai écouté ces femmes sur France Inter et pour elles (qui ne vivent pas au pays des Droits de l’Homme), cette journée a une réelle signification :

http://www.mesopinions.com/L-appel-du-8-mars-pour-la-dignite-et-l-egalite-petition-petitions-a89238a98fc0692c7924831a31f907b8.html

Cette info délirante lue sur le site de Ni Putes Ni Soumises : http://www.elle.fr/Societe/News/Des-collegiennes-en-jupes-sont-priees-de-changer-de-tenue-1958988

Celui-ci qui colle les foies : http://www.humanite.fr/societe/les-pro-ivg-%C2%ABenlevez-vos-revers-de-nos-ovaires-%C2%BB-491937?x

Et pour bien finir, ceci qui prouve si besoin est que nous n’avons aucun besoin qu’on nous donne la parole, juste, nous devons la prendre :

http://www.motomag.com/Femme-noire-motocycliste-aux-USA-l-histoire-de-Bessie-Stringfield.html#forum61183

samedi 10 mars 2012

Tic Tac

Tic-tac, tic-tac… vous connaissez ce petit bruit entêtant du temps qui s’écoule inéluctablement et qui nous rappelle qu’il nous est compté à tous? Qu’on le nomme minutes, heures, jours, mois ou années, il se résume toujours par ces 2 petits bruits qui inlassablement égrainent le temps qui passe. Ce petit bruit qui semble innocent, a des pouvoirs qu’on ne soupçonne pas : il découvre doucement un bilan que l’on voudrait cacher. Il met à jour les personnalités, les mensonges, les incompétences et dévoile les pronostics, les critiques, les prévisions, bonnes ou mauvaises. Il rend nerveux les présomptueux qui croyaient mettre au pas des millions de personnes. Cette nervosité qui prend la forme de tics et de tocs… tiens donc…

Quel que soit l’endroit d’où il vient, d’une montre swatch, ou d’une rolex, le tic-tac est le même, qu’il soit d’or ou de chiffon. Et son jugement n’en est que plus tranchant. Mais les concernés nous disent qu’ils ont une tactique en réserve. Tac-tic… Tiens, vous voulez nous la faire à l’envers ? Et vous pensez que cela marchera ?

Près de 3 800 000 secondes environ nous séparent de cette échéance primordiale concernant 60 000 000 de Françaises et de Français dont près de 3 800 000 d’usagers de 2 et 3 roues motorisées. Quelle coïncidence ! Oui, on a bien dit, 3 800 000 de secondes et non 1 300 000 secondes. Cela laisse évidemment plus de temps, mais si l’on traduit en mécontents… Ces petites secondes qui semblent inoffensives, auxquelles personne ne prête attention, qui ne figurent même plus sur nos smart-phones derniers cris, ces petites secondes qui s’égrènent font, par leur action répétitive, discrète mais réelle, bouger les grandes aiguilles. Avez-vous d’ailleurs remarqué qu’on ne règle pas la trotteuse d’une montre ? Pourtant c’est elle en effet qui, implacablement, influe et fait varier le temps.

Les 3 800 000 usagers de 2 et 3 roues motorisées vous le disent dans le creux de l’oreille, Mesdames et Messieurs les candidats. Oui, nous bougeons toujours et encore ! Non, vous ne nous arrêterez pas ! Et oui, nous allons vous faire bouger, que vous le vouliez ou non, parce qu’aussi insignifiant que nous puissions paraître, vous ne nous règlerez pas d’un coup de molette, tout simplement parce que nous détenons une force qui vous est étrangère, celle de l’indépendance et de la liberté.

Tic-tac, tic-tac, le temps s’égrène inexorablement Mesdames et Messieurs les candidats et il est temps de nous écouter !

Nathanaël

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