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La FFMC a participé à la concertation sur le deux roues motorisé (parfois appelé Grenelle de la moto) lancée à l’initiative de la DSCR le 5 juin 2009. Dans un souci de transparence, et afin de rendre compte auprès de ses adhérents et plus largement auprès du monde motard des discussions qui interviennent dans les différentes thématiques (formation, infrastructures, réglementations, etc...), la FFMC a mis en place ce blog qui a été alimenté au fur et à mesure des réunions. Le 31 mars 2011, la FFMC n'a pas souhaité poursuivre les débats de plus en plus fermés. Les mesures répressives annoncées par le gouvernement le 11 mai 2011 lui ont donné raison. Pour autant, la FFMC continue d'alimenter le blog pour faire partager ses travaux et ses analyses sur la sécurité routière.

jeudi 28 février 2013

Ceteris paribus sic stantibus

Pour prouver la nécessité de son action et l'efficacité des mesures qu'elle prend, la sécurité routière utilise une statistique essentielle, la courbe du nombre de tués sur la route. Et si la courbe générale baisse depuis 1972, celle des motocyclistes, qui a fortement augmenté durant les années 1970 et reste ensuite à peu près stable jusqu'en 2008, suit un chemin inverse. Cette situation s'explique de la façon la plus simple, par l'explosion des immatriculations de motocycles, qui ont été multipliées par 100 entre 1965 et 1999. Sans doute trop simple, cette explication n'est jamais mise en avant par la politique publique de sécurité routière : à la place, le Délégué interministériel en poste dans les années 1970, années de forte hausse de la mortalité des motocyclistes, revenu "terrifié" après avoir passé son permis moto et convaincu qu'il avait affaire là à un "engin diabolique" a inventé une politique fondée sur des bases non plus rationnelles, mais émotionnelles, en cherchant à tout prix à décourager l'usage, sinon de la moto en général, du moins celui des grosses cylindrées.

Avec lui est née l'idée selon laquelle le risque à moto était d'autant plus élevé que les machines étaient puissantes, d’où découle une réglementation comme l'interdiction de commercialisation des motos de plus de 73,6 kw, toujours en vigueur en France et plus que jamais unique en Europe. Et cette approche émotionnelle n'a jamais été démentie par la sécurité routière, par manque d'études appropriées, faute aussi de données valides puisque les calculs de coin de table utilisés jusque voici peu pour calculer le parc des motos sous-estimaient celui-ci d'un facteur deux, voire trois, et conduisaient l'ONISR à développer des explications essentialistes telles le "problème motard français" selon lequel les motards français se tuent trois fois plus que les allemands, alors même que l'on peut banalement démontrer qu'il n'existe en l'espèce aucune différence significative. Enfin, la sécurité routière s'obstine dans une analyse par définition vide de sens en comparant automobilistes et motocyclistes, alors qu'elle devrait s'en tenir à ce qui est comparable, la situation des usagers vulnérables de la route, cyclistes, cyclomotoristes, utilisateurs de motocyclettes légères, et motards.

C'est pourquoi il n'est pas inutile de se livrer à un petit exercice appuyé sur les données statistiques disponibles les plus fiables, venant des sociétés d'assurance, pour effectuer cette comparaison. On verrait alors que les usagers de deux-roues motorisés qui connaissent le plus fort risque d'être tués sont les plus lents, les cyclomotoristes, et que les faibles différences entre motocyclettes légères et lourdes ne s'expliquent pas par des questions de puissance, mais par l'usage essentiellement urbain des premières, puisque leurs conducteurs ont bien plus d'accidents, mais qu'ils sont généralement moins graves. Enfin, en s'intéressant au seul cas de Paris intra-muros, on peut constater que l'écart entre l'accidentalité des usagers de deux-roues motorisés en général et celle des cyclistes reste faible, et que leur accidentalité globale est, de toute façon, bien supérieure à celle des automobilistes.

Denis Berger

http://sociomotards.net/

mercredi 17 octobre 2012

F….comme parasites !

parazit Le parasite vit et se développe aux dépens de son hôte. Il est superflu et gênant. Il en va de même pour l’association parasite.

La FFMC aussi a le privilège de porter, bien malgré elle, des associations parasites. Le parasite FFMC est généralement le fruit d’un aigri, présentant des troubles affectifs importants, souffrant d’un égo démesuré et poursuivant une quête existentielle infinie.

L’association parasite est conduite par un autoproclamé président qui a fréquenté l’association d’origine, il en est sorti trouvant que ça n’allait pas assez vite, que lui ne ferait pas comme ça, que probablement tous des ânes et qu’il va leur faire voire comment faut faire!....

L’association parasite a le même objet social, le même projet associatif et déclare viser exactement les mêmes objectifs. Pour être efficace et gagner du temps ses statuts sont largement inspirés de ceux déposés par la FFMC et pour faire bonne mesure l’organisation de sa structure est également calquée sur celle de la FFMC. Etrangement son nom commence généralement par la lettre F !? parasite Une fois l’administratif calé y a plus qu’à pomper, pomper, pomper…les idées, les actions, les visuels, la communication… Euh oui mais en mieux, genre plus direct, plus couillu quoi !... qu’ils disent les autoproclamés. Audiard avait raison, ’les cons ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît’. On a vu récemment un autoproclamé, prétendant défendre les motards, interpeller le président de la république, par écrit, avec une syntaxe tellement minable et avec tellement de fautes que même au CM2 il passerait pour un retardé. Et le don Quichotte fier de son billet exhiber sa prose sur les réseaux sociaux…

C’est bien pourtant qu’un maximum de volontés se mobilise pour défendre le deux-roues motorisé. Ce serait parfait que la force de chaque mouvement vienne s’ajouter aux mouvements existants pour les renforcer. Pour que toujours plus nombreux nous soyons plus puissants et tellement plus efficaces. Le drame de l’association parasite c’est que deux corps pour un seul cerveau ça marche pas et que dans ce cas 1+1 ça fait pas deux.

Alors amis motards, militants, défenseurs de vos droits et de votre liberté de vous déplacer, méfiez-vous des contrefaçons car comme en matière économique la contrefaçon est un vrai fléau. Et finalement a-t-on déjà vu une tique, un pou ou un morpion devenir plus gros que le l’animal qui le porte ?*

Patrick

MAJ 22-10-2012 - En raison du caractère polémique et insultant de certains commentaires, les commentaires ont été fermés.

jeudi 11 octobre 2012

Lettre à Marianne

Madame Marianne,

dans un article consacré au bruit signé par Benoît Duteurtre dans votre édition du 29 septembre 2012, vous vous moquez des « motards en colère » coupables de se complaire dans « le bruit narcissique », se sentant « persécutés » et qui « manifestent au nom de leurs droits, dès qu’une réglementation prévoit de réfréner leur ardeur », ceci écrit avec de sarcastiques guillemets qui ne sont pas là par hasard sous la plume de votre auteur. Passons sur « l’ardeur » des motards supposée par M. Duteurtre (à chacun ses fantasmes), ce ne serait qu’une question de forme qui ne vous engagerait pas si cela n’était pas également une question de fond.

Car vous faîtes erreur, madame l’incarnation de la République. Les « motards en colère » (donc nous parlons bien de ceux de la FFMC) ne manifestent pas pour leurs droits en tant que « motards », mais au nom de leurs droits en tant que citoyens : le droit de refuser d’être constamment considérés comme des petits enfants à punir « pour leur bien », le droit de s’opposer à des lobbies marchands qui, sous prétexte larmoyant de sécurité routière, se font voter des lois et des règlements européens pour arrondir leur business, et ce à grands coups de pseudos études tronquées… Le droit à une mobilité choisie pour tous, le droit à la formation et à la prévention, le droit à se prendre en main, proposer et agir pour combler les carences de ceux qui prétendent gouverner au nom des peuples tout en leur imposant une surenchère réglementaire, faisant fi de toutes les concertations engagées. Réduire nos actions à quelques manifestation certes bruyantes (quelles manifestations ne le sont pas ?) constitue un déni de nos engagements en faveur desquels la notion universelle de ce qu’on appelle « le vivre ensemble » est le socle, au-delà des corporatismes dont nous sommes les premiers à nous méfier.

En quelques mots malheureux, votre article piétine le travail d’une association engagée dans la sensibilisation des adolescents aux enjeux de sécurité routière, vous rayez d’un trait de plume la création de notre Mutuelle d’assurance qui fait progresser la sécurité des usagers en deux-roues motorisés, vous vous désolidarisez d’un confrère, le mensuel Moto-Magazine (Editions de la FFMC) qui informe ses lecteurs en totale indépendance, vous ignorez nos positions en faveur de l’Economie sociale et, puisque c’est le sujet, vous diffamez l’action de la FFMC qui œuvre, pour sa part, à la lutte contre les comportements bruyants d’une minorité de motocyclistes que nous peinons à convaincre, faute de les compter parmi nos 9 500 adhérents.

Chère Marianne, si vous voulez parler des motards de la FFMC à laquelle l’article fait explicitement référence, renseignez-vous sur les objectifs et les statuts, on ne peut plus républicains, de cette association née en 1980 et que M. Duteurtre moque d’une façon si condescendante.

Si cette regrettable stigmatisation ne devait être que le fruit de son ignorance de ce que nous sommes, sachez que pour notre part, ce n’est pas faute d’avoir essayé de vous informer, à plusieurs reprises (votre publication est inscrite dans notre mailing liste des contacts presse), de vous avoir envoyé des courriers pour expliquer pourquoi nous manifestons parfois et comment nous prenons part en permanence aux débats de sécurité routière et d’environnement liés aux questions de la mobilité des citoyens de notre pays. Pour nous, ces questions sont bien des questions de citoyenneté, ne vous en déplaise.

Hélas, jusqu’à maintenant, nos multiples tentatives d’engager le débat avec vous et vos lecteurs, sont restées lettre morte : nous n’avons eu en retour aucun appel téléphonique, aucun courriel. Mais si ce n’était que ça… En affichant son mépris pour ce que nous sommes et ce que nous faisons, Benoît Duteurtre se prend les pieds dans les plis de votre robe, madame Marianne… A moins que cet habit de Marianne si porteur de valeurs à nos yeux ne soit juste qu’un costume de circonstance ? Comme il serait décevant d’en rester sur un tel sentiment !

Restant à votre disposition, nous vous prions d’accepter, chère Marianne, nos hommages les plus républicains. Quant à l’intérêt que nous porte Benoît Duteurtre que vous voudrez bien saluer de notre part, faîtes lui savoir combien nous sommes prêts à l’instruire davantage.

La FFMC

La FFMC contre les bruits excessifs : ça date pas d'hier Cette campagne de la FFMC date de la fin des années 80

mardi 25 septembre 2012

Un gilet qui rétrécit

En janvier prochain, si rien en change, tous les motocyclistes conduisant des véhicules à deux et trois roues dont la cylindrée dépasse 125 cm³ seront contraints d'arborer sur leurs vêtements une surface de tissu rétro-réfléchissant au moins égale à 150 cm³ qui, en cas de besoin, pourra être portée en brassard. Cette étrange obligation a suivi la voie règlementaire habituelle, un décret pris en conseil des ministres complété d'un arrêté du ministère des Transports ; et elle figure, parmi bien d'autres, dans les décision annoncées lors d'un Comité interministériel de sécurité routière, ces réunions annuelles qui servent à faire dire par la presse combien le gouvernement se soucie de la sécurité des citoyens, et à le montrer en promulguant chaque fois une liste interminable de mesures forcément neuves et absolument vitales. Autant dire que ses promoteurs la jugeront totalement anodine, et que les réactions qu'elle suscite dans le monde motard ne pourront que confirmer le pouvoir dans sa conviction que ces gens sont décidément incompréhensibles et, pour employer les termes d'une ancienne Déléguée à la sécurité routière, définitivement ingérables. Malgré les difficultés de la tâche, on peut pourtant démontrer que cette mesure, comme tant d'autres, le contrôle technique des véhicules par exemple, vise un objectif qui n'a aucun rapport avec celui qui lui fournit sa justification, ne se soucie nullement de la sécurité des motocyclistes, et relève, in fine, d'un refus farouche du pouvoir comme de l'administration à la fois de reconnaître leurs erreurs, et de céder quelque terrain que ce soit à l'opposition, représentée, en l'occurrence et comme de coutume, par la FFMC. Mais la démonstration sera longue, impliquant à la fois de retracer toute la généalogie de la mesure, et de recourir à un certain nombre de comparaisons.

Une vieille obsession FFMC-giletjaune-sml2.jpg Car cette idée d'habiller les motards en jaune ne date pas d'hier. Le document de travail du CISR tenu voilà bientôt cinq ans, en novembre 2007, précisait ainsi que : "Les usagers de deux-roues motorisés sont particulièrement vulnérables. Ils souffrent notamment d'un déficit de visibilité. Le Gouvernement souhaite apprécier l'intérêt d'équipements de sécurité, en confrontant les expériences européennes sur le sujet. Il convient en particulier d'apprécier l'opportunité d'étendre aux usagers de deux-roues motorisés l'obligation de port d'un gilet rétro-réfléchissant de nuit, décidée par ailleurs pour les cyclistes, qui leur permettra d'être mieux vus par les autres usagers de la route." Mission est donc confiée à Charles Krajka "personnalité unanimement reconnue pour son engagement pour la sécurité des deux-roues motorisés" de "piloter une réflexion" sur la question. Les archives de l'Observatoire interministériel de sécurité routière, d'où sont extraites ces lignes, ne gardent malheureusement pas de traces des résultats de cette mission. Mais on imagine sans peine les objections qu'elle suscite, telles que les exprime, par exemple, une fédération opposée à cette contrainte, celle des usagers de la bicyclette, laquelle propose d'équiper la machine, et pas de marquer l'individu. Car, il faut le rappeler, vendre un vélo totalement dépourvu d'éclairage reste aujourd'hui encore parfaitement légal, puisqu'il peut fort bien n'être muni que de catadioptres. On conçoit qu'une telle situation rende périlleuses les sorties nocturnes : l'État, bon chien de garde, impose donc aux cyclistes le port d'un gilet réfléchissant, tout en prenant bien soin de limiter son usage à des circonstances précises, et sans doute assez peu courantes, où son utilité semble avérée, la nuit, et en dehors des agglomérations, donc lorsque le cycliste ne profite ni du jour, ni de l'éclairage public. On voit à quel point la situation du motard comme du scootériste n'a rien à voir avec celle des cyclistes : non seulement leurs véhicules sont équipés de tout le nécessaire en matière d'éclairage, mais, depuis quarante ans, la loi oblige ce nécessaire à rester allumé en permanence. Par ailleurs, leurs machines sont souvent munies à l'avant d'un carénage, et à l'arrière d'un top-case. À la différence du cycliste dont tout le corps reste visible, bien souvent, la seule partie du motard qui dépasse, c'est la tête : s'il fallait lui imposer quelque chose, ce serait donc le magnifique casque orange fluo de la police belge, malheureusement si difficile à trouver dans le commerce. Et l'on peut soulever bien d'autres objections, en s'interrogeant par exemple sur la résistance de gilets conçus pour des piétons, une fois qu'il seront endossés par des gens qui ont la fâcheuse habitude d'affronter des vents de 130 km/h. De tels arguments ne sont mineurs qu'en apparence. Car ils montrent comment les chargés de mission et conseillers techniques qui élaborent ces mesure raisonnent, par analogie, en partant d'un univers connu, celui des cyclistes, pour aborder l'inconnu, les motocyclistes, et en établissant des analogies entre les deux sans nullement se soucier de leur validité. Mais ce mode de raisonnement méprise totalement un certain nombre de points pourtant fondamentaux, l'effectivité de la mesure, son utilité pratique, l'importance des atteintes à la liberté des citoyens qu'elle implique. Il se contente d'un moindre effort, aussi bien intellectuel, faisant l'économie d'une connaissance pertinente du monde des motards, que politique, puisque le couple décret-arrêté permet de garder l'ensemble du processus sous le seul contrôle de l'exécutif, sans intervention externe, du parlement en particulier. Il y aurait pourtant, peut-être, une mesure à prendre. Évoquée depuis des années, elle consiste à élargir la silhouette de motocycles dont on prétend que leur étroitesse perturbent les habitudes et l'attention des innocents automobilistes en les équipant de LED d'une couleur spécifique, à l'image d'un dispositif existant aujourd'hui. Équiper le véhicule et pas le conducteur, installer des diodes aux extrémités des carénages, dans les rétroviseurs, voire au bout du guidon ne présente pas de difficulté technique, coûte bien moins cher qu'un ABS bientôt obligatoire et ne nécessite qu'une de ces normes que l'Europe produit en quantité industrielle. Mais alors, c'en serait fini de ce confort intellectuel qui alimente les experts depuis si longtemps, et qui fait de la faible visibilité des motards une cause majeure d'accidents.

l'État en action Plutôt que d'améliorer les machines l'État, donc, préfère s'en prendre aux conducteurs : le dossier de presse du Comité interministériel de sécurité routière tenu le 11 mai 2011 sous la présidence du Premier ministre, François Fillon, décrit donc, dans sa section trois, celle qui concerne les deux-roues motorisés, la mesure n°11 : celle-ci oblige les usagers de motocycles et de tricycles d'une cylindrée supérieure à 125 cm³ à porter "un équipement rétro-réfléchissant : gilet de haute visibilité ou blouson portant des bandes rétro-réfléchissantes". La mesure est justifiée à la fois par la volonté de doter les usagers d'une "plus grande visibilité qui doit être facilitée, en cas de panne mais aussi en circulation" mais aussi par le fait que "de très nombreux utilisateurs négligent le port des équipements de protection individuelle. Le premier équipement de protection est l'habillement de l'usager". Destinée aux journalistes, l'information reste succincte ; elle permet toutefois de nourrir la réflexion. Car elle fonctionne à rebours de la logique. Sa cible se limite en effet aux motards au sens strict, les titulaires du permis A conduisant des véhicules de plus de 125 cm³ même si, par pure méchanceté, les automobilistes et leurs tricycles pendulaires les rejoignent. La mesure épargne donc les ordinaires usagers de scooters, ceux-là même dont une petite observation sociologique suffit à démontrer à quel point cette culture de l'équipement de sécurité, caractéristique du motard, leur échappe complètement. Elle oblige donc à s'équiper ceux qui, très majoritairement, le sont déjà, et épargne ceux qui adoptent la pratique inverse, et se déplacent en été sur les voies rapides habillés de T-shirts, de bermudas et de sandales, à l'image sans doute du même François Fillon lors de son escapade à Capri. Mais, en dénonçant l'absurdité de cette obligation, on se trompe : car, très probablement, cette absurdité est volontaire. Sauf rare exception, les motards roulent tous avec des vestes ou des blousons, des bottes et parfois des gants équipés de protections et d'éléments réfléchissants : comme autrefois avec le casque, les obliger, et eux seulement, à faire ce qu'ils font déjà revient donc à prendre une mesure de pure façade, simplement destinée à occuper quelques lignes dans un communiqué de presse et voulue comme telle, mesure qui, bien sûr, n'aura aucun effet mais, de la même manière, ne gênera personne.

Mais l'occasion était trop belle pour que la FFMC la laisse passer. Obliger des citoyens que rien ne distingue particulièrement des autres, si ce n'est leur façon de se déplacer, et qui ne sont ni policiers, ni militaires, ni moines, ni bagnards, à s'habiller d'une façon spécifique, et uniforme, porte déjà une grave atteinte aux libertés publiques. Quand elle concerne un groupe social particulier, revendicatif, organisé, et habitué, dans bien des domaines et pas seulement celui de son apparence, à définir ses propres normes souvent volontairement distinctes de celles qu'accepte le commun des mortels, elle court un grand risque de susciter une vive opposition. Que l'on y ajoute son caractère discriminatoire qui va, comme précisé plus haut, à l'inverse de la logique, et l'on dispose de tous les éléments nécessaires pour déclencher des mobilisations comme on n'en avait pas connues depuis des années et, accessoirement, doubler l'effectif des adhérents à la FFMC. Le plus étonnant dans l'affaire, et sans doute aussi le plus inquiétant, tient au fait que cette réaction, et son ampleur, semble avoir pris les autorités totalement au dépourvu. Car les autorités ne sont pas stupides, et la police, dont les agents appartenant à ce qui fut les Renseignements généraux sont honorablement connus des organisateurs de manifestations motardes, fait fort bien, et depuis toujours, son travail. Le fait que ces événements surviennent peu de temps après une réforme qui a conduit à une très forte dévalorisation et de ces agents et, sans doute aussi, de l'intérêt que leurs supérieurs accordent à leur travail, ne doit sans doute rien au hasard, et donne l'impression que le pouvoir sarkosyste finissant préférait écouter un publicitaire bien en cour ou un sondage biaisé plutôt que ses agents de terrain. Et cette surdité l'a conduit dans une impasse, confirmée par cet arrêté pris au début 2012, qui définit la surface minimale de tissu réfléchissant à montrer à la maréchaussée, sous peine d'une amende de 68 euros et d'un retrait de deux points, surface qui peut éventuellement être amovible, et portée en brassard.

FFMC-brassardsmal.jpg Combattre la discrimination La décision n°11 du CISR de mai 2011 s'est révélée être une bombe, que ses créateurs avaient eu la sagesse de munir d'une procédure de désamorçage. En se contentant d'imposer l'utilisation de vêtements munis d'éléments réfléchissants, sans plus de précision, aux seuls usagers de deux-roues motorisés qui en portaient déjà, le pouvoir disposait d'une échappatoire, et n'aurait suscité guère plus de réactions qu'un haussement d'épaules. Il a choisi le chemin inverse : après avoir affirmé, contredisant ainsi les documents qu'il avait lui-même publié, qu'il n'avait jamais été question d'imposer le port d'un gilet fluo, il a imaginé une mesure torturée, pensant sans doute, avec cette histoire de brassard qu'il juge bien anodine, à la fois éviter une capitulation publique, et faire taire les mécontents. Naturellement, il a obtenu l'effet inverse. Car il avoue, avec cet objet ridicule, à quel point il n'est plus question sécurité, mais, brutalement, d'un pur rapport de force. Le pouvoir ne peut supporter de voir son autorité contestée par les motards, ces gens bruyants et incompréhensibles dont il n'a, sauf à de rares occasions, durant les majorités de gauche, jamais accepté ni la manière d'être, ni les comportements, quand bien même ceux-ci resteraient dans un strict cadre légal. Et s'il avait, dès le départ, voulu stigmatiser cette population, et marquer la manière dont elle se distingue des autres, y compris des autres usagers de deux-roues motorisés, il n'aurait plus trouver meilleur symbole qu'un brassard. Alors, ce stigmate, loin de le cacher, il faut l'exhiber : si la mesure entre effectivement en vigueur en janvier prochain, portons donc ce brassard en permanence, à la ville et à la campagne, au travail et durant les loisirs, sur un manteau, sur une veste, un blouson, un tailleur ou une chemise. Nous verrons alors si un gouvernement socialiste choisit d'entrer dans une histoire qui ne restera pas forcément petite comme celui qui a imposé à une partie de la population qui possède des caractéristiques qui lui sont propres et la définissent le port d'un signe distinctif qui lui sera réservé.

Denis Berger

lundi 17 septembre 2012

Les deux litres d’Ayrault

La conférence environnementale s’est close sur un discours du premier ministre Jean-Marc Ayrault, qu’il souhaite sans doute historique. Et qui l’est peut-être ? Soyons optimiste et ambitieux, l’enjeu le mérite. Mais sur certains points, qui nous concernent particulièrement du point de vue d’usagers de la route, des progrès et une véritable prise de conscience restent attendus.

Je cite un des comptes-rendus : « Pour les nouveautés, on retiendra d'abord cette mesure phare, longtemps mise en avant par les ONG et notamment par Nicolas Hulot : le véhicule qui consomme 2 litres d'essence pour 100 kms. L'objectif est fixé pour dans "dix ans", et sera réalisable grâce à une collaboration entre constructeurs automobiles et pétroliers. »

ent Messieurs les élus et responsables, ce véhicule existe, je l’ai rencontré ! Je roule même avec presque tous les jours. Soyons honnête, c’est plutôt proche de 2,2 ou 2,3 litres aux 100, mais ne chipotons pas, d’autant que ce n’est pas un diesel mais de la bonne vieille essence sans émission de microparticules, ça compense. Ah ça, évidemment, ce n’est pas une voiture, il n’a que deux-roues, et je suis généralement seul dessus. Cela dit, dans la majorité des voitures en circulation, il n’y a aussi qu’une seule personne. Et n’oublions pas les arguments habituels de moindre occupation des sols, importante réduction des embouteillages et donc de consommation et pollution des autres véhicules, facilité à se garer, etc etc. Je suis bien conscient qu’une moto ne répond pas à tous les besoins de déplacements… mais tout de même à une bonne part d’entre eux !

Donc, le véhicule qui consomme deux litres aux 100 existe. Et ce n’est pas nouveau, celui dont je parle, une GN125, date de 1997. Ben voilà ! Ne cherchez plus M. Ayrault, s’il faut évidemment continuer les progrès de façon générale et notamment pour les boitaroues et les gros cubes, il existe déjà une solution efficace, fiable et économique pour se déplacer avec un minimum de carburant. Ah, mais il y a un problème. Plusieurs même.

J’ai du mal à trouver de l’essence compatible. Bah oui, dans un truc comme ça, on évite cette cochonnerie d’E10 (dénoncé par de nombreuses associations et sur lequel l’Europe commence à rétropédaler sérieusement). Le 98 fonctionne mais ne lui plaît pas des masses… or trouver du bon vieux 95 de nos jours en région parisienne s’apparente à trouver un radar placé dans une zone vraiment accidentogène, c’est possible, mais faut se lever tôt.

On veut m’interdire l’accès à la ville, précisément le lieu pour lequel ce véhicule est optimal. Si le projet des ZAPA passe, et il n’est toujours pas enterré pour de bon, cette 125 sera concernée, ouste dehors ! Je pourrais toujours rouler avec mon gros cube plus récent cependant, même s’il consomme autant qu’une voiture. Bah, je n’aurais qu’à la remplacer par un gros 4x4 diesel climatisé, pas grave, lui aussi aura accès.

deb • Et maintenant l’Europe m’annonce que je devrais passer cet engin en contrôle technique tous les ans, pour le même prix que me coûte sa révision (en plus de mon autre moto). Une mécanique très simple, fiable, un véhicule anémique mais sûr et cantonné à des petits déplacements, que je contrôle régulièrement d’autant plus facilement que tout est accessible sous les yeux - et qui passe chez un pro tous les 18 mois de toute façon. A quoi bon maintenir en état un véhicule largement amorti et peu polluant, si je suis empêché de rouler avec et sanctionné financièrement pour mes économies ?

Alors M. Ayrault, pour aider à atteindre les objectifs que vous fixez vous-même, commencez par lâcher la grappe aux motards, et demandez à l’Europe d’en faire autant ! Que les technocrates cessent d’essayer de résoudre des maux qui n’en sont pas, et qu’ils reconnaissent enfin ce que motos et scooters peuvent apporter !

Le deux-roues n’est pas un problème, c’est une solution.

Frédéric

jeudi 26 juillet 2012

Violence routière


dessin BERTRAND, droits réservés

La fin de la troisième semaine de juillet a été dramatique pour cinq personnes fauchées par des chauffards multirécidivistes qui n’auraient pas du se trouver aux commandes de leurs voitures. Cinq piétons violemment percutés, trois décès, deux blessés graves et des dizaines de vies massacrées en comptant les proches des victimes et celles des trois conducteurs mis en cause. Parmi les tués, une fille et sa mère percutées sous les yeux du mari et papa, dans le 20 ème arrondissement parisien… Le même jour, à Boulogne (92), une jeune femme de 22 ans est tuée alors qu’elle traversait aussi sur un passage piéton (on n’ose plus écrire « passage protégé »). Quant aux deux blessés graves la veille à Oléron (17), c’est un père qu’il a fallu amputer d’une jambe et son fils, toujours entre la vie et la mort, percuté par un mec qui roulait bourré.
Ces cinq victimes se sont trouvées sur la route de trois types dangereux qu’elles ne connaissaient pas, trois jeunes hommes de 22 et 24 ans, alcoolisés, et roulant sans permis.
A eux seuls, ces accidents vont-ils à nouveau justifier plus de répression pourtant inopérante dans ces cas précis, leurs auteurs étant déjà hors du champ réglementaire ?
Les pères et mères fouettards de la « tolérance zéro » vont-il encore resserrer les mailles d’un filet qui ne retient même pas les gros poissons ?

La réglementation, aussi stricte soit-elle, peut-elle empêcher les drames de la semaine dernière ? Non, puisque ces accidents sont survenus. Ces récidivistes mis en cause récemment étaient pourtant connus de leurs proches, de la police et de la Justice.
Pendant ce temps-là, au nom de la sécurité routière, des milliers de cabines-radars flashent quelques kilomètre-heure de dépassement sur des routes à quatre-voies sans intersection, sans piéton ni cyclistes, là où la visibilité porte à des centaines de mètres… ou bien dans des zones industrielles périurbaines limitées à 50 km/h. Là, c’est le conducteur d’un deux-roues arrêté pour un simple contrôle qui se voit reprocher un pot d’échappement non conforme ou une plaque d’immatriculation branlante… plus loin, c’est une voiture correctement garée mais dont le propriétaire n’a pas payé l’horodateur qui est verbalisée, parfois à quelques mètres de sans-gêne arrêtés en double-file que les agents de la circulation n’osent pas réprimander par crainte de déclencher une esclandre…
Demain, ce sera le tour de celui qui ne boit pas d’alcool avant de conduire qui devra répondre de la non-possession d’un éthylotest à bord de son véhicule… Dans six mois, le motard dépourvu de bidules rétro-réfléchissants sur sa tenue sera passible à son tour d’une amende assortie d’un retrait de deux points sur son permis … Etc, etc.
T’as mis une roue sur un zébra pour t’insérer dans un embouteillage de bagnoles à l’arrêt, paf, une prune ! On t’a vu, la caméra t’a vu, le relevé de la plaque d’immat’ permettra de t’envoyer la contredanse à domicile, comme une pizza commandée par téléphone. T’es en retard d’un mois de ton contrôle-technique (là encore, vignette vue au radar, filmé à distance) ? Paf, encore une prune !
Le paradoxe, c’est qu’en même temps, ça devient de plus en plus difficile de changer soi-même une ampoule sur son véhicule ou de trouver un tuyau d’air comprimé pour ajuster sa pression des pneus. C’est presqu’aussi difficile que de vouloir contester une amende qu’on estime injuste à force de tout vouloir faire « comme il faut » et d’être quand même rattrapé par cette avalanche de règlements, de décrets, de lois supplémentaires, marqueurs incontournables du « courage politique » des ministres qui se succèdent à vouloir faire le « bien des autres » en traitant leurs concitoyens comme des petits enfants.

Les « responsables » et autres « experts » de la Sécurité routière nous répètent que seule la répression donne des résultats, qu’il n’y a que la peur du gendarme qui fonctionne. Allez dire ça aux proches des victimes de la semaine dernière, tiens !

Ils étaient où les gendarmes, pour garder un œil sur ces trois connards connus et repérés (en principe !) par toute la chaine judiciaire, alors que le fichage de la population pour tout et n’importe quoi ne cesse de gagner du terrain au mépris des principes fondamentaux de libertés publiques et individuelles ? Évidemment, on ne peut pas mettre un flic derrière chaque personne et à la FFMC, nous ne le souhaitons pas… mais alors pourquoi met-on quand même les individus dans des fichiers ? Nous voilà dans l’ère du flic invisible qui voit tout, omnipotent sur le papier et qui ne peut rien dans la réalité, sauf à ramasser les morceaux.

Comment endiguer la violence routière ? En affublant les piétons de chasubles fluo ? En imposant le port du casque aux enfants dès qu’ils sortent de chez eux ? En décrétant que les conducteurs devront se munir d’un deuxième éthylotest, puis un troisième en attendant le quatrième… ?

Violence routière ? Violence tout court… violence d’une société qui multiplie les interdictions et les vigiles à l’entrée des centres commerciaux, les portiques, les badges d’accès et autres caméras de surveillance et qui diminue le nombre de ses fonctionnaires, policiers de proximité, éducateurs, enseignants, médecins, travailleurs sociaux… Une société où les centres de traitement administratif gérés par des opérateurs privés tournent à plein régime pour traquer implacablement la plus petite infraction des citoyens solvables tandis que ferment les dispensaires, les maisons de jeunes, les usines et les services publics sacrifiés à l’autel de la rentabilité.

Et si on remettait un peu les choses à l’endroit ?

jeudi 24 mai 2012

Quand le chat n’est pas là, les motards trinquent !

La Sécurité Routière lance une nouvelle campagne.

Premier paradoxe, cette nouvelle campagne est livrée en pâture aux médias de tout poil alors même que le Délégué Interministériel à la Sécurité Routière n’est plus en poste. D’ailleurs, il n’est apparu à notre connaissance dans aucun médias alors que depuis 48 heures la campagne bat son plein. Certes il n’y a pas de génération spontanée et cette action à forcément été commanditée par l’ex DISR et son patron, cependant on peut se demander quelle urgence nécessitait de la mettre en œuvre juste après que le gouvernement qui l’a décidée ne soit plus aux commandes ? Second paradoxe, bien que le DISR sortant se soit toujours présenté comme un homme de dialogue, cette campagne n’a fait l’objet d’aucune concertation avec aucun des acteurs impliqués dans le monde des motards et de leur sécurité sur la route.

Le motard est la seule cible de cette campagne. J’écris LE motard car manifestement pour l’émetteur c’est une entité, un groupe social dont chaque membre est parfaitement identique. Comment le DISR et son staff dont le crédo est de tout mettre en œuvre pour réduire autant que faire se peut le nombre d’accidents sur nos routes et la mortalité des usagers, comment ces personnes peuvent-elles imaginer et organiser des campagnes médiatiques aussi stigmatisantes, aussi infantilisantes, aussi réductrices et pour tout dire aussi discriminatoires. Il est vrai que ces mêmes personnes ont déjà sévi dans le discriminant en imposant des mesures ciblés aux deux-roues motorisé de + de 125cm3 (décret du 2 janvier 2012).

Comment le Mr Moto National, seul maitre à bord maintenant, par définition spécifiquement dédié à la sécurité des 2RM peut-il sans bafouiller déclarer sur Europe 1 le 23 mai « …nous n’avons pas pu imposer le blouson car les forces de l’ordre n’en sont pas équipées… pas avant deux ou trois ans…mais il était important d’inciter les motards à s’équiper pour être visibles… » alors que le journaliste le questionnait sur le paradoxe d’imposer une bande réfléchissante bien que la majorité des accidents se produisent de jour, par beau temps et en rase campagne… L’absence de chef ne doit pas justifier de prononcer de idioties !

Comment peut-on ne pas avoir conscience que le scénario et le montage du film support de la campagne induit les messages suivants : … les automobilistes vous pouvez continuer à ne pas faire attention aux motards, ce n’est pas de votre faute s’ils se tuent car leur instinct primaire les pousse à se suicider sur des routes pittoresques que vous n’empruntez pas !...Quand à vous les motards, pratiquez dans la jungle urbaine où votre dextérité et votre concentration font merveille mais si vous voulez rester en vie oubliez les routes de campagne…

Elle est injuste cette campagne, elle est intolérable et la manière dont elle est traitée dans les médias télévisés est insultante pour le citoyen motard aussi divers et pluriel qu’est la société…


Monsieur le Président nouvellement élu
Monsieur le Président de tous les Français
Monsieur le Président de la normalité
Monsieur le Président de l’égalité
Monsieur le Président de la justice
Monsieur le Président de l’équité
Vous devez intervenir pour dénoncer ces pratiques indignes et non conformes à vos promesses. Il y a autant de motards que de citoyens, tous différents… nous ne pouvons pas tolérer une vision aussi réductrice des citoyens de ce pays.


Patrick

mercredi 9 mai 2012

-22% de tués en avril 2012 : historique… ou pas ?

Dans son communiqué paru le 4 mai, la Sécurité Routière annonce une baisse des tués de 22.2% par rapport au même mois de l’année précédente. Si on ne peut que se réjouir d’une telle baisse, on peut la trouver étonnante, il est donc toujours utile d’en trouver les causes. Tout d’abord, examinons les statistiques elles-mêmes : -22.2% de tués en 2012 par rapport à 2011, ok, mais le mois d’avril 2011, comment était-il ? Particulièrement mauvais, puisqu’il y avait eu une hausse 21.6% en 2011. Souvenez-vous c’est suite à tout cela que le CISR avait annoncé tout un tas de projets débiles, comme le port de gilet fluo pour les motards ou la suppression des panneaux informant de la présence d’un radar fixe. Evidemment Chantal Perrichon , présidente de la Ligue Contre la Violence Routière, mettait cette hausse sur le compte de l’assouplissement du permis à points. Sauf que cette hausse ne s‘est pas confirmé par la suite. Dommage pour elle et son dogme répressif. Donc 296 morts en 2010, 360 en 2011, 280 (chiffres provisoires) en 2012. Mais alors, nous sommes revenus quasiment au point de départ ? C’est un peu comme le magasin qui multiplie par 2 ses tarifs avant de tout solder à -50%. Deux ans, pour constater une baisse de seulement 5%, ce n’est pas ce qu’on peut qualifier d’historique…C’est même moins que la moyenne depuis la baisse initiée depuis les années 70.

Ainsi, la Sécurité Routière, à tout seigneur, tout honneur, nous donne elle-même 2 éléments pour expliquer cette baisse: les conditions climatiques extrêmement « favorables » en 2012, et le prix des carburants. Concernant la météo, derrière le mot « favorables », comprenez « météo pourrie », qui incite les conducteurs, notamment les usagers vulnérables, à limiter leur déplacement. Et quel meilleur moyen d’éviter les accidents que de rester chez soi ! Ainsi, quand il pleut, ou mieux, quand il y a de la neige, les usagers limitent leurs déplacements pour leurs loisirs, et pour les autres, lorsque c’est possible, optent pour les transports en commun, ou limitent leur vitesse, et donc la gravité des accidents. A l’inverse, le mois d’avril 2011 était très ensoleillé, avec des températures nettement au dessus de la normale, et les statistiques de la Sécurité Routière s’en étaient ressenties. Il en va de même pour le prix du carburant, qui ont atteint des records : avec un litre de SP 95 à 1.65€ en moyenne, et un litre de gasoil à 1.43€, on y réfléchit à 2 fois avant d’emprunter son véhicule.

Un autre facteur influe sur le risque d’accidents : l’activité économique. D’une part, parce que le trafic poids lourds, même si les routiers ont peu d’accidents responsables, provoque des accidents très graves. Et que ce trafic est fortement corrélé à l’activité économique. Or, ces derniers temps, elle est, comment dire…faiblarde. D’autre part, parce que l’activité économique nécessite aussi le déplacement des salariés (vu que nous ne dormons pas sur notre lieu de travail comme en Chine). Or, les 193000 chômeurs supplémentaire en France métropolitaine (c’est une habitude de ne pas compter les DOM !) entre mars 2011 et mars 2012 (chiffres d’avril pas encore disponibles…) ne risquent plus de se tuer sur leur trajet domicile-travail. Ce qui nous amène à une remarque : comment cela se fait-il que les chiffres du nombre de chômeurs d’avril ne sont pas encore disponibles, alors que ceux de la Sécurité Routière le sont ? Pourquoi une telle précipitation pour annoncer ces derniers, seulement le 4 du mois suivant, sachant que le 1er était férié. Y aurait-il un dernier espoir…électoral qui justifie une telle précipitation, de ne pas pouvoir attendre le lundi 7 mai, sachant que les chiffres définitifs, les décès à 30 jours, ne peuvent mathématiquement pas être connus avant la fin mai ? Le président sortant avait-il besoin de statistiques favorables à présenter afin d’espérer une victoire ?

Alors au final, on constate que la météo est capable de faire varier le nombre de tués sur les route de plus ou moins 20%, ce qui pose quand même sérieusement la question de l’intérêt des statistiques mensuelles, où on se félicite d’une baisse de 5% et où on pointe du doigt les conducteurs quand la hausse atteint 10%. On peut aussi se demander à quoi cela sert de ponctionner 630 millions d’euros aux conducteurs via les radars automatiques (sauf si c’est pour qu’ils n’aient plus d’argent pour faire le plein et donc ne plus rouler). Et enfin, à quoi cela a-t-il servi que l’Etat réduise de centaines de milliers d’euros les Plans Départementaux d’Actions de Sécurité Routière afin de financer l’achat des radars démagogiques pédagogiques. D’ailleurs, ce serait bien que la Cour des Comptes mette son nez là dedans pour en faire le bilan…

Fred

mercredi 14 mars 2012

Les motardes sont des motards comme les autres

431598_1925263947826_1728976553_936110_1172210642_n.jpgSuis-je vraiment une femme ?

Ou une aberration de la nature ? Une contrefaçon ?

Pourquoi ces questions existentielles me direz-vous ? C’est vrai qu’à mon âge (nan, on ne demande pas son âge aux femmes, c’est très mal poli, très pas politiquement correct, les femmes ne vieillissant pas, c’est bien connu…) je suis supposée avoir la réponse à cette question. D’autant que j’ai 2 enfants, que je les ai eus de manière traditionnelle, ce qui semble vouloir dire que je suis pourvue d’un utérus et que donc je suis une femme. Pardon, ça ne sous entend pas que les femmes qui n’en sont plus, ou pas pourvues ne sont pas des femmes mais juste qu’en avoir un fait que forcément j’en suis une. Vous suivez ? Bon.

Alors pourquoi la journée de la femme me donne t-elle de l’urticaire ? Pourquoi la grosse majorité des « manifestations » qu’on y accole m’insupporte et me met les nerfs en pelotes ? Et pourquoi le Manifeste des femmes pour la Sécurité Routière m’a-t-il carrément mise dans une rage noire ?

C’est vrai. Pourquoi ? Parce qu’au fond, je suis féministe. Plus d’un homme sur deux, sur Terre, est une femme, ça me paraît donc une évidence : les Hommes naissent libres et égaux en droits. Donc les femmes aussi. Y a pas besoin d’en faire toute une littérature, ça devrait être un fait. Donc défendre ce fait est une évidence aussi.

Ben nan.

J’accroche pas à tous ces machins : les quotas, la discrimination positive, l’égalité institutionnelle… c’est rien que des faux nez, et des vilains qui plus est. Des trucs mal bricolés mais avec une belle vitrine et qui permettent de dire : « Attention ! On est dans le pays des droits de l’Homme ici ! On fait ce qu’il faut pour les femmes. Tenez d’ailleurs, elles ont leur journée à elles. Toute une journée entière pour dire tout ce qu’elles veulent ». Ce qui ne sous-entend pas du tout, bien sur, que le reste de l’année elles doivent la boucler. Non. Personne n’a jamais dit ça.

Et pourtant, à travail égal, elles sont moins bien payées. Alors comme on est en France (les droit de l’Homme et tout ça…) ben ça veut dire qu’elles travaillent moins bien sans doute et pis c’est tout. Les femmes sont majoritaires dans les emplois précaires. Pas parce que ce sont elles qui s’occupent des enfants et qu’il est difficile, surtout quand on est seule, de gérer le planning de dingue qu’engendre les gardes d’enfants, les horaires scolaires, les transports, et un boulot à temps complet. Je rappelle aux distrait(e)s qu’on est en France (les droits de l’Homme…) c’est donc sûrement qu’elles sont mal organisées. Ne parlons même pas de ces jeunes filles des cités, en butte à d’innombrables et d’innommables préjugés… Quoi ? Elles vivent au pays des droit de l’Homme ! Si elles n’arrivent pas à passer outre, c’est qu’elles le veulent bien. Et moult autres exemples de l’incapacité des femmes à être les égales des hommes alors que leur pays leur fournit bonnassement toute une panoplie d’outils dont elles n’ont qu’à se servir. Pffff ! Sottes qu’elles sont…

Quant au Manifeste des femmes pour la Sécurité Routière, c’est carrément une aberration intellectuelle pour moi. Je comprends pas. Que la DSCR ait eu l’idée, ça non, ça ne m’étonne pas outre mesure. Opposer les usagers de la route, c’est un jeu qu’ils connaissent bien et pratiquent abondamment : les autos contre les motos, les cyclos contre les motos, les vélos et les piétons seuls contre tous, les bons conducteurs contre les mauvais, et là les femmes contre les hommes… sûrement qu’ils ont trouvé une logique à ça, mais leur raisonnement est trop éloigné du mien pour que je vous l’explique… Non, ce que je ne comprends pas, c’est qu’une femme ait participé à ça. Que d’autres le signent. Qu’elles y croient. Alors qu’à moi, le message qu’il y a derrière me donne la nausée : la femme qui constate la conduite à risque de son mec et qui se tait (par tendresse ? par lassitude ? c’est une femme qui a écrit ça ??), est-ce que c’est la même que celle qui la boucle quand elle prend une baffe ? Ou est-ce qu’au fond c’est dans la nature de toutes les femmes de se taire ? Et de tous les hommes de faire les cons ?

Oui le sujet m’agace. Profondément. Jusqu’aux ovaires j’ose le dire. Et sûrement que la chose vue de la coordination du Bureau National de la FFMC n’arrange pas mon état. La focale est précise et ciblée. Je suis bien placée pour savoir et pour dire que les motards ne sont pas des gros bourrins machos, et surtout pas à la FFMC, eux qui élisent une femme pour les « représenter » (la représentation est collective, la coordinatrice n’a pas de place prépondérante mais au moins, vu de l’extérieur, y a une femme à la tête de la FFMC). Dire que les motards sont machos, c’est aussi con que de dire que les femmes sont féministes. Et me dire que je suis une femme qui fait de la moto, c’est très con aussi. Et me demander de me revendiquer comme telle, ça me défrise (ou ça me frise, plutôt…). Est-ce qu’on dit à un homme qu’il est un homme qui fait de la moto ? Non. C’est un motard. Eh ben moi aussi je suis un motard. Point. C’est ça l’égalité. Elle ne se cache pas dans la féminisation des mots ou dans des décrets ni dans des lois. Elle est une évidence. Elle doit l’être en tout cas. Et toutes les béquilles juridiques, légales, politiques, médiatiques, artistiques, etc… (tiques) qu’on pourra inventer n’y changeront rien.

C’est une question d’éducation. De culture même (dans le sens que ça se cultive…). Pas d’atavisme là-dedans : le dernier homme des cavernes a bouffé son gourdin par la racine depuis longtemps. Et c’est surtout une question de libre arbitre, qu’il soit féminin ou masculin, et pour en avoir et le conserver, évitons ensemble de tomber dans les panneaux du politiquement correct. La journée de la femme est un leurre. Elle a le mérite d’exister mais elle ne doit pas occulter le reste de l’année et la misère égalitaire qui règne au pays des Droits de l’homme. J’y mets un petit « h » exprès parce que c’est ça la vérité… 364 jours pour les droits de l’homme, 1 jour pour les droits de l’autre moitié de l’humanité : les femmes.




France




PS : mes sœurs et mes frères, j’en profite pour vous appeler à la vigilance. Les droits des femmes, les acquis féministes, les vrais, sont la cible de nombreux vilains pas beaux qui se cachent derrière d’innombrables masques…

Quelques liens vers des infos qui ont circulé à l’occasion du 8 mars et qui m’ont marquée :

Celui-ci d’abord, car j’ai écouté ces femmes sur France Inter et pour elles (qui ne vivent pas au pays des Droits de l’Homme), cette journée a une réelle signification :

http://www.mesopinions.com/L-appel-du-8-mars-pour-la-dignite-et-l-egalite-petition-petitions-a89238a98fc0692c7924831a31f907b8.html

Cette info délirante lue sur le site de Ni Putes Ni Soumises : http://www.elle.fr/Societe/News/Des-collegiennes-en-jupes-sont-priees-de-changer-de-tenue-1958988

Celui-ci qui colle les foies : http://www.humanite.fr/societe/les-pro-ivg-%C2%ABenlevez-vos-revers-de-nos-ovaires-%C2%BB-491937?x

Et pour bien finir, ceci qui prouve si besoin est que nous n’avons aucun besoin qu’on nous donne la parole, juste, nous devons la prendre :

http://www.motomag.com/Femme-noire-motocycliste-aux-USA-l-histoire-de-Bessie-Stringfield.html#forum61183

samedi 10 mars 2012

Tic Tac

Tic-tac, tic-tac… vous connaissez ce petit bruit entêtant du temps qui s’écoule inéluctablement et qui nous rappelle qu’il nous est compté à tous? Qu’on le nomme minutes, heures, jours, mois ou années, il se résume toujours par ces 2 petits bruits qui inlassablement égrainent le temps qui passe. Ce petit bruit qui semble innocent, a des pouvoirs qu’on ne soupçonne pas : il découvre doucement un bilan que l’on voudrait cacher. Il met à jour les personnalités, les mensonges, les incompétences et dévoile les pronostics, les critiques, les prévisions, bonnes ou mauvaises. Il rend nerveux les présomptueux qui croyaient mettre au pas des millions de personnes. Cette nervosité qui prend la forme de tics et de tocs… tiens donc…

Quel que soit l’endroit d’où il vient, d’une montre swatch, ou d’une rolex, le tic-tac est le même, qu’il soit d’or ou de chiffon. Et son jugement n’en est que plus tranchant. Mais les concernés nous disent qu’ils ont une tactique en réserve. Tac-tic… Tiens, vous voulez nous la faire à l’envers ? Et vous pensez que cela marchera ?

Près de 3 800 000 secondes environ nous séparent de cette échéance primordiale concernant 60 000 000 de Françaises et de Français dont près de 3 800 000 d’usagers de 2 et 3 roues motorisées. Quelle coïncidence ! Oui, on a bien dit, 3 800 000 de secondes et non 1 300 000 secondes. Cela laisse évidemment plus de temps, mais si l’on traduit en mécontents… Ces petites secondes qui semblent inoffensives, auxquelles personne ne prête attention, qui ne figurent même plus sur nos smart-phones derniers cris, ces petites secondes qui s’égrènent font, par leur action répétitive, discrète mais réelle, bouger les grandes aiguilles. Avez-vous d’ailleurs remarqué qu’on ne règle pas la trotteuse d’une montre ? Pourtant c’est elle en effet qui, implacablement, influe et fait varier le temps.

Les 3 800 000 usagers de 2 et 3 roues motorisées vous le disent dans le creux de l’oreille, Mesdames et Messieurs les candidats. Oui, nous bougeons toujours et encore ! Non, vous ne nous arrêterez pas ! Et oui, nous allons vous faire bouger, que vous le vouliez ou non, parce qu’aussi insignifiant que nous puissions paraître, vous ne nous règlerez pas d’un coup de molette, tout simplement parce que nous détenons une force qui vous est étrangère, celle de l’indépendance et de la liberté.

Tic-tac, tic-tac, le temps s’égrène inexorablement Mesdames et Messieurs les candidats et il est temps de nous écouter !

Nathanaël

mardi 21 février 2012

Les Carburants Sociaux


On constate tous les jours, que les carburants coûtent trop cher, mettant à mal notre liberté de circulation.
Ce billet a vocation à vous en présenter 2 autres, non palpables certes, mais bien présents dans nos vies et dans notre société.

La peur, tout d’abord. Un carburant connaissant peu de pénurie, surtout aux abords d’une élection ayant comme enjeu, le pouvoir suprême. Il n’est pas taxé, est distribué gratuitement, en masse et quotidiennement. Il est incolore, indolore, sans odeur et sans saveur.

FFMC-peur-carburant-moto-238.jpegMais sa capacité de nuisance est terrifiante. Il se répand telle une marée noire et touche la moindre parcelle, le moindre organisme. Il pollue les nappes démocratiques, pollue l’atmosphère républicain, pollue l’air social, pollue les citoyen(ne)s qui y touche.

Un exemple de marée noire récente ?

Une cité un peu bruyante ? : Quelques immigrés de trop !

Une crise aux causes gênante ? : Une dette publique trop importante !

Une dette publique trop importante ? : Un assistanat trop présent !

Un assistanat trop présent ? : trop de jeunes désœuvrés dans les cités !

Trop de jeunes désœuvrés dans les cités ? : Une immigration trop présente…

Facile, non ? On pourrait même détailler un peu plus. Et puis, qui irait vérifier ? Qui en a envie ? Qui ira tremper ses pieds dans ce produit visqueux, cancérigène, gangrénant et collant qu’est cette pollution ? Autant faire confiance au petit écran d’une télé, assis sur un canapé. C’est bien plus confortable, au chaud, au sec. Et tant qu’on n’est pas concerné…

Mais j’y pense, l’enjeu de campagne en 2002, c’était quoi déjà ? Ah oui, la sécurité routière. Les morts sur la route, etc… ! Pour la sécurité de tous, la « peur du gendarme » est devenue un dogme, utilisé en tant que tel et pas pour résoudre les problèmes, quels qu’ils soient. Ou comment utiliser une fonction régalienne à des fins électoralistes, surtout quand ces gendarmes prennent la forme de cubes, sur le bord des routes, flashant sans discernement des usagers pris par la peur de perdre leurs points. Des citoyens avec la peur de se faire attraper à 6 km/h de trop par rapport à la vitesse autorisée. Alors, comme pour l’exemple ci-dessus, il faut trouver des coupables méritant ces coups de bâton. Et comme l’exemple ci-dessus, la minorité fera bien l’affaire. Voyons, une minorité, sur la route, avec une image subversive… qui pourrait bien jouer ce rôle ?

Mais ce carburant qu’est la peur, coûte de plus en plus cher à notre société. Détériore notre vie, notre environnement, et nous devons impérativement prendre conscience de la manière dont il est fabriqué, à qui les bénéfices (ou les crimes) profitent et quelle en est la finalité.

Le Mouvement FFMC dans son ensemble substitue à ce carburant de mauvaise facture, une énergie alternative avec laquelle il fonctionne depuis plus de 30 ans. Non pas un carburant issu d’une quelconque source végétale, ni d’une huile tout aussi noire que les idées passées.

Notre carburant est renouvelable, efficient, durable, économique, inépuisable… C’est tout simplement celui du vivre ensemble, de la formation, de l’utopie réelle et réaliste d’une autre société, basée sur la solidarité et la lutte des discriminations. Il ne coûte que 38 euros/ an et si vous voulez faire le plein pour cette année et pour les autres, c’est ici.

Nathanaël

jeudi 9 février 2012

L’aboutissement.

J’ai un scoop !

Les techniciens de la Sécurité Routière, ceux qui sont dans l’environnement proche du ‘Ministère Englobant les Routes qui se Dégradent, l’Intérieur et la Communication’ (M.E.R.D.I.C), ont travaillés en secret sur la définition et la mise au point d’un nouvel équipement destiné aux motards. Le nec plus ultra de ce qui se fait de mieux en matière de protection. C’est l’aboutissement logique de tout ce qui s’est dit au cours de l’année écoulée, la synthèse des dizaines d’heures d’auditions à l’assemblée nationale étoffée par les multiples travaux des spécialistes et éclairée par l’observation attentive de ce qui se fait de bien chez nos voisins (ceux qui trouvent, pas ceux qui cherchent).

Un constat : le motard est fragile.

Un motif : il n’est pas confiné dans un habitacle.

Une mission : Il faut le protéger.

En réalité ça fait quelques temps que cet équipement est finalisé. Mais le chef du Ministère, grand stratège parmi les grands, il a donné des instructions pour l’amener en douceur la merveille. Graduellement ça a débuté et graduellement ça va continuer.

D’abord on a bétonné la communication sur l’hécatombe. Avec des moulinets de bras et effets de manche à la télé, ça l’a fait !

Puis vint le temps de l’annonce des premières mesures CONCRETES ciblant la protection, (si vous ne rajoutez pas concrètes vous n’êtes pas crédibles lui ont susurré les communicants) : contrôle technique, brassard rétro-réfléchissant, éthylotests en quantité suffisante (le motard est réputé gros buveur). Demain, toujours par soucis de protection, on rajoute un triangle de signalisation (obligatoire dans les autres véhicules à 4 roues depuis belle lurette), des provisions pour éviter l’hypothermie en cas de panne par temps frais (la liste des courses sera jointe au prochain décret rendant cette mesure obligatoire),de la boisson énergisante en cas de grosses chaleurs, la tenue de pluie normalisée, la sangle de remorquage si des fois vous avez glissé sur du gasoil, la bombe anti crevaison pour les malchanceux, une couverture de survie, du sparadrap pour les petits bobos, une visière de rechange pour les gravillons. Voilà ! Les premières obligations sont connues, les autres sont dans les tuyaux.

Bien entendu chaque manquement est passible d’une amende et perte de points.

Ça en fait des trucs à emporter pour conserver son permis, son argent et être en sécurité. Eh bien justement, l’ultime étape de ce travail est programmée au printemps prochain, au moment où le moral revient avec la hausse des températures.

Au menu : conférence de presse, passages répétés sur les ondes, plateaux télé avec les peoples, pleines pages dans les journaux, tous les essayeurs motos de la presse spécialisées sur le pont… pour annoncer d’une même voix forte et triomphante la naissance du sac-à-dos sécurité routière, normalisé, estampillé, étudié pour. Il sera obligatoire pour tous les motards qui pourront en plus y glisser un porte-monnaie pour alimenter les bornes de péage des stationnements urbains et entrées de zones Zapa.

Bien entendu il faut un slogan pour cristalliser autour du produit et assurer le lancement dans les conditions optimum. Le Ministre voulait quelque chose de simple, objectif et proche du terrain. Le message finalement retenu est : « Motard pars rassuré, grâce au M.E.R.D.I.C la Sécurité Routière, tu l’as dans le dos».

Franchement je suis impatient.

Patrick

lundi 30 janvier 2012

J’ai fait un rêve…

Je me suis endormi en plein milieu d’une émission télévisée qui pourtant aurait dû capter toute mon attention et me tenir éveillé bien au-delà de son terme.

Je me suis endormi au beau milieu du premier grand combat pour l’élection présidentielle. Je me suis endormi, bercé par les milliards, les milliers de milliards que nos édiles manipulent comme nous manipulons les quelques pièces de monnaie au fond de notre poche avant d’en sélectionner quelques une pour régler la taxe sur le stationnement en zone urbaine ou la baguette quotidienne (on peut s’en offrir 1.052.631.578 avec un milliard d’euros). Je me suis endormi parce que franchement ces coqs lâchés dans l’arène, débattant à fleuret moucheté, se jetant à la face avec un sourire entendu les derniers chiffres qui règleront définitivement le sort de cette putain de crise que personne au demeurant n’a vu venir… mais que cependant tout prétendant à la magistrature suprême se fait fort d’éradiquer… avec quelques centaines de millions ponctionnés par-ci, quelques dizaines de milliards économisés par là… enfin quoi c’est pas compliqué ! Y’aura même pas assez de chômeurs pour occuper tous les nouveaux emplois qui nous sont promis, faudra en importer !

Stop ! Comprend pas ! Neurones en folie ! Je décroche… je dors.

Et quand je dors, je rêve…

… Le candidat a employé des mots que je comprenais, il a parlé de société, de qualité de la vie, de liberté de circuler, de choix de société. Il a dit que bien entendu la crise, le chômage, l’économie, la finance il allait s’en occuper parce qu’il avait fait les études pour ça et que le pays regorgeait de spécialistes tout à fait capable de lui indiquer la bonne méthode et qu’il n’était pas utile de faire le malin avec les chiffres… il a dit que c’était pas la peine d’emmerder les citoyens avec des lois stupides, inutiles, liberticides, accumulées les unes sur les autres jusqu’à saturation, jusqu’à l’absurde… il a dit qu’il était primordial de remettre l’Homme dans la société, qu’il fallait mettre fin au tout répressif, arrêter l’escalade des sanctions automatisées…arrêter de créer de nouvelles infractions… il a dit qu’il fallait un Homme pour sanctionner, un Homme pour expliquer, un Homme pour former, des Homme en face des Hommes… il a dit que les mots ‘répression’ ‘chasse aux chauffards’ seraient bannis du vocabulaire parce qu’indignes du pays des droits de l’Homme…il a dit que les panneaux ‘trous en formation’ seraient supprimés car il était plus pertinent de boucher les trous…il a dit que les rails de sécurité seraient doublés parce qu’il était scandaleux de faire comme si personne n’en était victime… il a dit que pour voir mieux les autres usagers de la route fallait pas éteindre les lumières…il a dit que pour lutter contre l’hypovigilance les radars n’étaient pas adaptés…il a dit que la Sécurité Routière était symptomatique des dérives sécuritaires et de l’immobilisme de nos dirigeants et symbole de la pensée unique et qu’une autre politique de Sécurité Routière devenait nécessaire… Il a dit…vous êtes suffisant Monsieur…le compte n’y est pas !

Merde je venais de me réveiller.

C’était pourtant un beau rêve…pas très difficile à transformer en réalité, il suffirait peut être de lâcher prise et de cesser de se faire aspirer par le système…

« Brimez tous mes droits, et il me restera toujours celui de rêver ». (Martin Roy)

J’y retourne !

Patrick

jeudi 19 janvier 2012

La bêtise insiste toujours

Cet aphorisme d’Albert Camus (La Peste) trouve une nouvelle fois sa légitimité dans l’actualité liée à ce qui nous préoccupe ces jours ci, nous usagers de la route circulant en deux-roues motorisé.

Il se trouve que l’augmentation de la taille des plaques d’immatriculations de nos chers véhicules et la volonté de rendre plus visibles leurs conducteurs en les affublant de ‘sur vêtements’ colorés et fluorescents faisait partie des leitmotivs de nos meilleurs ennemis il y a déjà quelques années. Si, si, les sentencieux de la LCVR préconisaient même à l’époque que notre immatriculation soit inscrite sur la casaque qu’ils voulaient nous voir endosser.

Il se trouve que depuis des années les mêmes arguments chiffrés sont utilisés à l’envie dans toute communication des politiques ou techniciens en charge de la Sécurité Routière…vous les connaissez par cœur les fameux « 1% de vitesse en moins = 4% de tués en moins » ou bien « les motards représentent 2% de la circulation mais 25% des tués », mais aussi « que sont 600 millions d’euros de recettes du CSA en regard des 23 milliards que coûte l’insécurité routière! » Si, si, la dogmatique présidente de la LCVR mais également l’inflexible ministre des tués sur la route en ont encore largement abusé en ce début d’année. Le premier flic de France dans son discours du 2 janvier, la ‘Pythie’ reprenant bêtement l’argumentaire, manifestement mal maitrisé, dans un débat télévisé deux jours après.

Je ne reviendrai pas sur l’évidence qu’il suffirait de ne plus rouler pour qu’il n’y ait plus d’accident et donc plus aucun mort sur les routes. Je ferai juste un petit commentaire sur le fait aujourd’hui évident (sauf pour le ministre) que la population des deux-roues motorisé représente largement plus de 2% du trafic et que donc il faudrait cesser de martyriser les motards avec ce qui est devenu aujourd’hui un scandaleux mensonge. Je m’arrêterai cependant un instant sur ce colossal chiffre de 23 milliards d’euros, tellement impressionnant que personne ne pense à regarder de quoi il est composé.

23 milliards d’euros, c’est le Smic annuel de 1 369 000 personnes, c’est 342 années de revenus (sur la base du Smic) des 4 000 tués sur la route. Ce chiffre outre les vrais coûts directs liés aux accidents intègre une pléthore de coûts théoriques tels que la perte de production future des tués, la perte de production potentielle de la descendance, l’évaluation de divers préjudices ainsi qu’une évaluation des coûts purement matériels. Bien évidemment ces diverses sommes ne sont nullement à charge de la Nation. Il est donc parfaitement choquant de présenter le résultat de cet amalgame comme une dépense à charge de la collectivité. Il est scandaleux d’insinuer que tout cet argent qui nous est soutiré en permanence, dans la majorité des cas pour des ‘infractions’ excessivement minimes n’est finalement qu’une très maigre contribution comparé l’énorme charge qu’engendre notre comportement de délinquant de la route. Nous sommes indignés par ces manipulations comme nous sommes indignés par la politique du chiffre autour de la vitesse et des radars, par la stigmatisation de la catégorie d’usagers que nous représentons, comme nous serons indignés demain par les différentes nouvelles obligations que l’on tentera de nous imposer et qui sont annoncées par la mise en place du nouveau groupe de travail sous l’égide du Préfet Guyot intitulé : « la circulation inter-files et le port d'équipements de protection individuelle ».

<< Il est dans la nature de l’homme d’opprimer ceux qui cèdent et de respecter ceux qui résistent. >>
Résistons alors !

Patrick

mardi 10 janvier 2012

Gi-laid : Pas glop !

combatUne semaine après la sortie du décret imposant le port d’éléments retro réfléchissants aux motards à partir du 1er janvier 2013, la protestation légitime exprimée par de nombreux motards rejoint la colère de la FFMC : il n'est pas question de se laisser imposer des mesures bidons, inutiles et financièrement insupportables !

Nous sommes en train de préparer un programme des actions à mener, et croyez-nous, l'affaire n'est pas perdue : en 1980 la vignette a été votée et appliquée (et surtout beaucoup boycottée) pendant un an avant d’être finalement retirée.

On entend ici et là « que fait la FFMC » ? Ceux qui nous suivent depuis un moment le savent. Les autres qui découvrent notre existence suite à « l’affaire du gilet » doivent savoir que si l’on n’a pas déjà un contrôle technique depuis 10 ans sur nos motos, des plaques à l'avant, et un gilet jaune sur le dos, c'est parce que l’action de la FFMC a été déterminante. Alors faites nous confiance !

Le seul fait que le gouvernement ait repoussé l'application du décret à 2013 montre bien que cette mesure est prise dans l'urgence et la précipitation et n'a pas de fondement. Alors on va leur expliquer poliment l’endroit le plus adéquat selon nous pour leur « dispositif rétro réfléchissant »… On ne va pas en rester là, d’autant que les périodes d’élections sont peut être un des rares moments ou l’on arrive à se faire entendre.

Sauf qu’attention, une manif ça se prépare, ça s’organise, si possible avec les autres associations de motards (une rencontre est prévue très bientôt avec la FFM et le Codever afin ,si possible, d’accorder nos violons), voire tous les autres usagers de la route qui, comme nous, estiment que la répression routière, ça suffit comme ça.

Mais on n’a pas le droit de se planter : nous sommes conscients du devoir de réussir et de ne pas décevoir les milliers de motards qui comptent sur nous. Alors soutenez-vous, rejoignez-nous, et vous en saurez plus très bientôt sur notre plan d’action 2012.

lundi 2 janvier 2012

Les étrennes de Guéant

Décembre 2011 dans une circulaire aux préfets Claude Guéant écrit : « Il est primordial que les limitations de vitesse restent constamment lisibles et compréhensibles… »

Ce ne serait donc pas le cas actuellement ? Pourquoi ce rappel, cette mise au point ? Quelle est la contrepartie de cette soudaine attention ? Pourquoi est-ce primordial ?

Ce qui est primordial ce n’est pas que les limitations restent constamment lisibles et compréhensibles comme il est précédemment écrit, ce qui est primordial c’est qu’elles doivent "être acceptées et respectées"… Ah bon ! Il y aurait de la grogne chez les usagers ? On n’accepte plus l’inflation de panneaux indicateurs nous intimant une réduction soudaine de notre vitesse alors même que l’environnement routier ne présente manifestement pas de modification particulière. On ne respecte plus la consigne de modifier notre allure, souvent pour quelques centaines de mètres mais des dizaines de fois sur un parcours de quelques kilomètres… on n’arrive plus à suivre ? Ou serait-ce que finalement, pas si idiots que ça, les usagers sont capables d’eux-mêmes d’adapter leur vitesse à leur environnement, analysant d’instinct que l’info donnée par le panneau n’est pas la bonne ? C’est pas une raison ! Faut rester concentrés les gars, c’est pour notre sécurité !

Bon, comme c’est le moment des étrennes et que cette année il y a des élections (et en prime il est candidat à la députation notre ministre des routes et des points perdus) il va nous faire un cadeau. Un vrai bon gros cadeau, avec une vraie bonne grosse ficelle pour l’emballer. C’est écrit plus loin dans la circulaire. Les préfets sont invités à « réunir dans les meilleurs délais la commission consultative des usagers pour la signalisation routière »… cette noble assistance permettra fort opportunément «… de réviser les incohérences qui pourraient être, le cas échéant, relevées par nos concitoyens… ». C’est plus une ficelle, c’est une corde à nœuds. Même une corde à neuneus ! Vous dites, on fait… mais après vous vous tenez à carreau hein ! Et comment ne pas accepter ce que NOUS aurons décidé… faut être cohérents les gars, c’est pour notre sécurité !

Acceptées et respectées, est-il écrit, c’est primordial. Cependant il restera toujours quelques étourdis, quelques pressés, quelques en retard, quelques amoureux, quelques emplois du temps trop serrés, quelques occupés à bien d’autres choses que la lecture des panneaux même parfaitement harmonisés. Je vous fiche mon billet qu’avant le milieu de l’année nous aurons une statistique nous indiquant une hausse significative des « petites infractions à la vitesse » avec inflation de points perdus et augmentation vertigineuse des recettes qui l’accompagne. On oubliera probablement de faire le lien avec l’accroissement hallucinant des moyens et des dispositifs de contrôles mis en œuvre. On orchestrera un grand et beau battage médiatique qui nous amènera en douceur et logiquement à trouver dans la hotte du père Noel 2012… l’indispensable LAVIA*… tellement plus facile à mettre en œuvre maintenant que les vitesses sont harmonisées… le condamné qui affute la hache du bourreau après avoir creusé sa tombe… quel scénario ! Finalement nous l’avons bien mérité, c’est pour notre sécurité !

Ne vous marrez pas les motards ! Vous pensez que le LAVIA ce n’est que pour les autos… D’abord ce n’est pas certain et quand bien même ce le serait, imaginez tous ces moyens en hommes et en matériels devenus inutiles. Faute de gibier la chasse à la délinquance automobile est fermée… oui mais restent les deux roues motorisés, et là c’est plus de la chasse, c’est dur tir aux pigeons. Carton garanti sur le carton rose. Alors dès 2013, votre moto vous l’installerez dans votre garage, sur un tapis roulant à la manière Brenda et Brendon, ces icones des jeux à gratter. N’oubliez pas le ventilateur… faut toujours un peu d’air sur la peau pour mieux gouter la liberté !

Patrick

 * Limiteur s'Adaptant à la VItesse Autorisée

mardi 6 décembre 2011

Info ou intox ?

Comme disait l’autre, on tombe de Charybde en Scylla avec cette histoire de gilet fluo. Tout d’abord très précisément nommé ainsi dans le communiqué du CISR du 11 mai dernier. On peut le prouver. Puis après une figure très acrobatique, limite tour de passe-passe, les zélés représentants du ministre, à grands renforts de médias nous expliquent que finalement on n’a pas compris. Le gilet fluo se transforme en système rétro réfléchissant destiné à nous sauver d’un sur accident (une fois à terre est-il ajouté, ça fait pleurer dans les chaumières ce genre d’argument). Et là apparait, le truc le plus nul qui fait marrer bien au-delà du peuple deux roues, le brassard à deux balles en vente dans toutes les bonne boutiques de gadgets pas pratiques, pas solides et qui servent à rien.

Erreur mes amis, faut par rire…Car en matière de sécurité routière y lâchent rien ! ‘Il est essentiel d’améliorer la visibilité des motocyclistes’ lit-on dans le dossier de presse à entête de la Présidence de la République, remis à l’occasion de la cérémonie des écharpes d’or de la Prévention Routière au palais de l’Elysée le 30 novembre dernier. Faut pas rire parce qu’il est écrit juste après : ‘ D’où l’obligation du port d’un équipement (blouson, simple gilet ou brassard) doté de dispositifs rétro réfléchissants pour tous les usagers de motocyclettes de plus de 125cm3, à compter du 1er janvier 2012…..’

2011-05-21-Photo0012.JPGAlors pour Noel vous oubliez les accessoires super craquant que vous alliez vous la péter avec et vous commandez fissa du blouson, du gilet du brassard mais surtout fluo parce que par surprise le boss il a décrété que c’était le mieux pour nous…et comme c’est mieux c’est obligatoire ! Et comme c’est obligatoire, c’est verbalisable, alors demandez y des sous au père Noël… et des points aussi sans doute…

Au fait, deux petites questions me taraudent l’esprit :

Qu’est ce qui rend les moins de 125 et les scoots plus visibles que les motos de plus de 125cm3 pour qu’ils soient exclus du champ d’application de cette mesure ?

Le rétro réfléchissant ça marche que la nuit et seulement si un faisceau lumineux est dirigé sur le sujet ? On connait la statistique de deux roues victimes de nuit d’un autre véhicule qui ne les auraient pas vus ? (malgré leurs feux, les réfléchissants sur le casque, les catadioptres et l’éclairage de plaque).

Le dossier de presse en question mentionne enfin :’il s’agit de la première mesure équipement depuis l’obligation du port du casque’… J’attends avec angoisse la deuxième !

Dernière nouvelle, une des vertus d’un salon c’est de pouvoir y croiser des gens qui comptent et des gens bien informés. Cette mesure est annoncée prématurément nous a-t ‘on confié du côté du stand de la Sécurité Routière. C’est une boulette a-t-on ajouté ! Mais là non plus faut pas rire ni même soupirer de satisfaction, car la boulette ne porte que sur la date d’entrée en vigueur. Le brassard à deux balles, c’est prévu pour les étrennes de 2013. N’est t’on pas en droit de se demander s’il ne s’agit pas typiquement du genre de boulette faite exprès, car elle permet d’accoutumer le citoyen, de lui permettre de se faire à l’idée ? Et que ça permet aussi de sortir la norme et de fabriquer... Et qui dit norme dit …tarif et sanctions (68 € et 2 points de permis suivant le dossier de presse du CISR).

Nous sommes prévenus, il nous reste un an pour dire qu’on n’en veut pas. Et ça commence tout de suite.

Patrick

vendredi 18 novembre 2011

Du bon usage du non-gouvernement

C’est un pays de rien du tout. Un petit pays coincé entre des voisins puissants. Un pays qui, si l’on en croit radio bistrot, est peuplé de gens pas vraiment intelligents. Vous voyez de qui je veux parler ? De la Belgique bien évidemment ! C’est bien connu : ils sont cons les belges. Très cons même. Car, honnêtement, il faut être con pour chercher à diviser en deux un aussi petit pays. Et je ne parle pas de leur incapacité à se doter d’un gouvernement : il leur a fallu près de 500 jours pour se retrouver un exécutif ! Qui dit mieux ? C’est pas en France que ça arriverait. Non, aucune chance. Hélas !

Car, chers amis motards, ces cons de belges sans gouvernement ont trouvé le moyen de légaliser la circulation interfiles, d’autoriser le stationnement non-gênant des 2 roues motorisé sur les trottoirs et de rendre obligatoire le port d’un équipement minimum (casque, gants, veste à manches longues, pantalon et chaussures protégeant les chevilles). Cerise sur le gâteau : une grande campagne d’affichage dans le royaume sur la fragilité des motards et le partage de la route. Tout un ensemble de mesures motophiles entrées en vigueur au 1er septembre 2011. On rêve…

Et pendant ce temps-là, dans notre beau et fier pays, dans ce pays que le monde entier nous envie, dans ce pays aux 600.000 élus (véridique !), dans ce pays gouverné comme il se doit… on décide d’imposer aux motards un « dispositif réfléchissant » (surtout, ne dites pas « gilet jaune ») afin d’éviter le sur-accident lorsqu’un motard chute à terre. Car oui, bande de motards graisseux et idiots, vous n’avez pas pensé à cela : le sur-accident dû à l’écrasement par un véhicule tiers ! Heureusement que notre gouvernement s’en soucie, lui et qu’il apporte ipso facto une réponse à ce très délicat problème qui doit toucher, à la louche, dans les 4 à 5 personnes par an. Pour le reste, peintures glissantes, glissières non doublées, formation, prévention… on peut attendre un peu puisque, désormais, grâce à notre dispositif réfléchissant anti-sur-accident notre sécurité est assurée.

Si, comme le dit le dicton, on a le gouvernement qu’on mérite, je ne sais pas ce que nous avons fait mais, force est de constater que les motards français paient leur mauvais karma. A moins qu’ils ne paient la suffisance de leurs énarques là où les belges bénéficient du bon sens d’un ministre des transports et d’un roi tous deux motards.

Que cela ne vous gâche pas les fêtes de fin d’année. En ce qui me concerne, j’irai sûrement les passer chez nos voisins si cons, autour d’une bière de trappiste et d’une gaufre au sirop de Liège. Parce que, franchement, je préfère être un motard con et vivant plutôt qu’un motard « réfléchissant » mais mort !

Raphaël, Coordinateur de la FFMC 54

mercredi 2 novembre 2011

Voir loin….

Ne dit-on pas que c’est la clé, dans la vie comme en matière de sécurité routière. Voir loin c’est prendre connaissance d’un danger bien avant sa survenance, c’est se mettre en condition pour l’appréhender correctement, c’est préparer l’évitement, c’est savoir s’il faut freiner, accélérer, virer à gauche ou à droite…au pire choisir le moindre mal ou l’atterrissage le plus doux. Voir loin c’est mettre toutes les chances de son côté, c’est durer …C’est valable dans la vie comme en matière de sécurité routière. Ce n’est pas valable en politique !

Pour voir loin une bonne vue ne suffit pas, il faut aussi lever la tête. Lever la tête en politique ce serait sortir des clichés, faire abstraction de son clan et des stéréotypes qui lui sont attachés, s’affranchir de la pensée unique ou des éléments de langage rabâchés à l’envie par chaque clan lors de la survenance d’un évènement inattendu (forcément inattendu vu qu’on ne regarde pas loin devant). D’ailleurs les crises financières, bancaires, économiques qui secouent notre monde ces dernières années qui les a vues venir, qui a levé le nez, qui a regardé plus loin que sa réélection prochaine? La crise de la dette qui nous fait découvrir aujourd’hui que les états aussi peuvent êtres en faillite, il a fallu avoir un pied dans le vide pour s’agiter et commencer à grands renforts de superlatifs à rechercher dans l’urgence et la frénésie les mesures capables de nous éviter une terrible catastrophe. Catastrophe qui ne manquera pas d’arriver puisque ce serait miraculeux que des mesures prises dans une telle agitation et aussi peu préparées soient les bonnes…

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Voir loin en matière de sécurité routière ce serait donc la moindre des choses, la sécurité routière, la vraie, celle qui s’intéresse à la vie des usagers, celle qui engage à faire le maximum pour que l’usager de la route ne perde pas la vie en se déplaçant, est incompatible avec la « loi » politique moderne. Le spectaculaire, le très porteur médiatiquement, l’effet d’annonce qui va propulser son auteur à la cime de l’audimat ne peuvent pas produire de bonnes mesures justement parce qu’elles ne s’appuient pas sur des analyses à long terme et qu’elles ne s’inscrivent pas dans la durée.

Quel « Politique » normalement formaté prendrait le risque de mettre en place des mesures qui ne porteraient leurs fruits que dans plusieurs années (alors que peut être un adversaire d’aujourd’hui pourrait en tirer bénéfices ou gloire !). Quel « Politique » pourrait aujourd’hui le supporter alors que des évènements majeurs se bousculent, chacun d’une telle importance que la Sécurité Routière en apparaît dérisoire pour ne pas dire ridicule si le sujet n’est pas rehaussé par quelques déclarations intempestives ou spectaculaires. Un instant nous avons rêvés. Un instant nous avons espéré même que la commission parlementaire mise en place après les mesures provocatrices et unanimement rejetées du CISR de mai, pourrait par son côté transversal et œcuménique prendre un peu de hauteur et déboucher sur des propositions adaptées et efficaces.

Finalement la montagne a accouchée d’une souris… le stéréotype l’a emporté, la répression est toujours d’actualité, la stigmatisation toujours au premier plan. Les vilains petits moutons noirs que nous sommes sont priés de suivre le troupeau, de se conformer à la règle du Contrôle Sanction Automatisé et d’adopter avec empressement ce que nos élus ont décidés qui serait le mieux pour nous. Parce que eux, qui ont le nez dans leurs dossiers, eux qui ne sont jamais montés sur une moto, eux qui ne regardent pas plus loin que le bout de leurs chaussures, eux qui ont poliment écoutés pendant des dizaines d’heures quelques 170 spécialistes triés sur le volet, ils sont restés sur leurs idées reçues, ils n’ont pas relevé la tête pour voir plus loin…mais ils ont la certitude que ce sont les bonnes mesures.

vendredi 7 octobre 2011

Le vol du bourdon

Vous avez déjà remarqué avec quel entêtement le bourdon qui butte contre la vitre insiste et insiste encore pour la traverser. Pour avoir suivi avec assiduité les auditions de la mission parlementaire, je dois avouer que le comportement du rapporteur me fait penser au vol du bourdon ; Cette opiniâtreté, cette assiduité inutile, cette récurrence dans la question orientée, ces affirmations grossières faisant passer tous les motards pour des délinquants débiles… qui me doublent tous les matins au moins à 200 à l’heure entre les files…

En revanche le bourdon il est prompt au démarrage, il marche au super sans méthanol ! Il a pris tout le monde de court par ses déclarations on ne peut plus prématurées dans un grand média national le jeudi 6 octobre. S’il voulait mettre le bazar il s’y serait pas pris autrement : dévoiler les conclusions et les préconisations de la mission avant qu’elle ne soit terminée et avant l’audition du ministre qui l’a commandité c’est fort ! Grosse prise de risque ! Sur un stade un faux départ c’est vestiaires immédiat, fin de la course avant d’avoir commencé… C’est peut-être l’objectif finalement, la vitre est trop épaisse, il sait qu’il ne la franchira pas.

Nous on reste calme, on a participé, on a fait valoir, comme d’autres participants à cette commission, notre expertise et notre connaissance du sujet, on attend sereinement les conclusions et les mesure qui s’en suivront et qui ne peuvent pas déboucher sur les trois ou quatre stéréotypes repris par le député. C’est impossible, ce serait grossier, et surtout ça fera rater et de loin la cible des moins de 3000 tués sur les routes l’année prochaine.

Patrick

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