Le blog de la Fédération des Motards en Colère

Motomag.com

La Fédération Française des Motards en Colère est une association loi 1901 à but non lucratif, la FFMC représente et défend depuis 35 ans tous les utilisateurs de deux et trois-roues motorisés. Ses 10000 adhérents, répartis en 85 antennes départementales, revendiquent leur liberté, leur citoyenneté et agissent concrètement pour favoriser la sensibilisation et l'éducation au vivre ensemble en lieu et place de politiques répressives de sécurité routière. Ses valeurs sont celles de l'économie sociale et solidaire. L'individu est au centre de ses préoccupations.

lundi 10 décembre 2012

Après l’heure, c’est trop tard !!!

Le commerce a pour moteur la satisfaction des besoins de l’homme. Oui mais ça c’était avant… Les boutiquiers ont fait place aux grands commerçants, ils ont inventé la grande distribution, et la réclame a cédé sa place à la publicité, le représentant s’est effacé devant le lobbyiste.

Un maître mot guide l’action… profit, profit à tout prix, profit à n’importe quel prix ! Vous n’avez pas beaucoup d’argent ?... ça fait rien on va vous le prendre quand même ! Savez-vous que plus vous achetez, plus vous économisez ! Si si, c’est un concept, ça fait vendre et ça remplit les frigos… ça détruit la planète et fabrique des générations d’obèses pour la plus grande satisfaction des actionnaires des grandes enseignes. Chaque Français jette 20 kilos de nourriture pas an, souvent dans l’emballage d’origine. Oui mais avec la grosse remise pour les achats par paquets de 50 et les points sur la carte de fidélité ça vaut le coup !

C’est le règne de la cupidité, tout est bon pour alimenter la cagnotte… Un ministre chahuté après l’annonce précipitée de la suppression des panneaux indiquant les radars et voici que fleurissent les propositions commerciales et les radars pédagogiques s’imposent sur nos routes. L’alcool est la cause principale des accidents … le lobbying d’un vendeur proactif, un décret bâclé et les alcootests emplissent immédiatement les rayons… la pénurie s’annonce, on double le prix… voyez caisse !. Les motards ne sont pas visibles… z’ont qu’à porter un brassard fluo dit un abruti primaire.... L’encre du décret imposant la mesure à peine sèche, la conférence de presse à peine achevée, les commandes inondent les usines du tiers monde… on va se gaver, faut être les premiers, faut en fabriquer des millions… les femmes et les enfants au boulot ya des tunes à se faire !

Comment ça sert à rien ? Comment c’est stigmatisant ? Comment le jaune c’est la couleur de l’infamie ? Vous voulez rire, c’est pas nous qui décidons… nous on est pas là pour juger, on est là pour fournir, pas pour se poser des questions ! La morale et l’éthique ont foutu le camp depuis belle lurette… Même après que le bon sens l’ait emporté et que le ministre en charge de la sécurité sur la route ait ‘reporté’ la mesure, Carrefour (1), Maxxess (2), et peut être d’autres demain s’empressent de charger les têtes de gondoles pour écouler dare-dare les milliers de morceaux de chiffons devenus inutiles, une mention bien en vue rappelant aux étourdis ou aux mal informés le texte du décret scélérat.

Carouf Brassard

On ne s’avoue donc jamais vaincu dans la grande distribution. Jusqu’au bout… tant que je gagne, je joue… Misérable attitude, comportement intolérable… Messieurs, ne méprisez pas le consommateur, respectez-vous et respectez ceux qui vous font vivre, acceptez de gagner un peu moins pour gagner plus longtemps. Soyez en tous cas assurés de notre vigilance et de notre détermination pour toujours vous rappeler le meilleur endroit où les caser les gadgets inutiles. Comme disait les anciens, « on hasarde de perdre en voulant trop gagner »(3).

Patrick

(1) Carrefour Nevers (2) Maxxess Lyon (3) Jean de La Fontaine.

mercredi 17 octobre 2012

F….comme parasites !

parazit Le parasite vit et se développe aux dépens de son hôte. Il est superflu et gênant. Il en va de même pour l’association parasite.

La FFMC aussi a le privilège de porter, bien malgré elle, des associations parasites. Le parasite FFMC est généralement le fruit d’un aigri, présentant des troubles affectifs importants, souffrant d’un égo démesuré et poursuivant une quête existentielle infinie.

L’association parasite est conduite par un autoproclamé président qui a fréquenté l’association d’origine, il en est sorti trouvant que ça n’allait pas assez vite, que lui ne ferait pas comme ça, que probablement tous des ânes et qu’il va leur faire voire comment faut faire!....

L’association parasite a le même objet social, le même projet associatif et déclare viser exactement les mêmes objectifs. Pour être efficace et gagner du temps ses statuts sont largement inspirés de ceux déposés par la FFMC et pour faire bonne mesure l’organisation de sa structure est également calquée sur celle de la FFMC. Etrangement son nom commence généralement par la lettre F !? parasite Une fois l’administratif calé y a plus qu’à pomper, pomper, pomper…les idées, les actions, les visuels, la communication… Euh oui mais en mieux, genre plus direct, plus couillu quoi !... qu’ils disent les autoproclamés. Audiard avait raison, ’les cons ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît’. On a vu récemment un autoproclamé, prétendant défendre les motards, interpeller le président de la république, par écrit, avec une syntaxe tellement minable et avec tellement de fautes que même au CM2 il passerait pour un retardé. Et le don Quichotte fier de son billet exhiber sa prose sur les réseaux sociaux…

C’est bien pourtant qu’un maximum de volontés se mobilise pour défendre le deux-roues motorisé. Ce serait parfait que la force de chaque mouvement vienne s’ajouter aux mouvements existants pour les renforcer. Pour que toujours plus nombreux nous soyons plus puissants et tellement plus efficaces. Le drame de l’association parasite c’est que deux corps pour un seul cerveau ça marche pas et que dans ce cas 1+1 ça fait pas deux.

Alors amis motards, militants, défenseurs de vos droits et de votre liberté de vous déplacer, méfiez-vous des contrefaçons car comme en matière économique la contrefaçon est un vrai fléau. Et finalement a-t-on déjà vu une tique, un pou ou un morpion devenir plus gros que le l’animal qui le porte ?*

Patrick

MAJ 22-10-2012 - En raison du caractère polémique et insultant de certains commentaires, les commentaires ont été fermés.

jeudi 11 octobre 2012

Lettre à Marianne

Madame Marianne,

dans un article consacré au bruit signé par Benoît Duteurtre dans votre édition du 29 septembre 2012, vous vous moquez des « motards en colère » coupables de se complaire dans « le bruit narcissique », se sentant « persécutés » et qui « manifestent au nom de leurs droits, dès qu’une réglementation prévoit de réfréner leur ardeur », ceci écrit avec de sarcastiques guillemets qui ne sont pas là par hasard sous la plume de votre auteur. Passons sur « l’ardeur » des motards supposée par M. Duteurtre (à chacun ses fantasmes), ce ne serait qu’une question de forme qui ne vous engagerait pas si cela n’était pas également une question de fond.

Car vous faîtes erreur, madame l’incarnation de la République. Les « motards en colère » (donc nous parlons bien de ceux de la FFMC) ne manifestent pas pour leurs droits en tant que « motards », mais au nom de leurs droits en tant que citoyens : le droit de refuser d’être constamment considérés comme des petits enfants à punir « pour leur bien », le droit de s’opposer à des lobbies marchands qui, sous prétexte larmoyant de sécurité routière, se font voter des lois et des règlements européens pour arrondir leur business, et ce à grands coups de pseudos études tronquées… Le droit à une mobilité choisie pour tous, le droit à la formation et à la prévention, le droit à se prendre en main, proposer et agir pour combler les carences de ceux qui prétendent gouverner au nom des peuples tout en leur imposant une surenchère réglementaire, faisant fi de toutes les concertations engagées. Réduire nos actions à quelques manifestation certes bruyantes (quelles manifestations ne le sont pas ?) constitue un déni de nos engagements en faveur desquels la notion universelle de ce qu’on appelle « le vivre ensemble » est le socle, au-delà des corporatismes dont nous sommes les premiers à nous méfier.

En quelques mots malheureux, votre article piétine le travail d’une association engagée dans la sensibilisation des adolescents aux enjeux de sécurité routière, vous rayez d’un trait de plume la création de notre Mutuelle d’assurance qui fait progresser la sécurité des usagers en deux-roues motorisés, vous vous désolidarisez d’un confrère, le mensuel Moto-Magazine (Editions de la FFMC) qui informe ses lecteurs en totale indépendance, vous ignorez nos positions en faveur de l’Economie sociale et, puisque c’est le sujet, vous diffamez l’action de la FFMC qui œuvre, pour sa part, à la lutte contre les comportements bruyants d’une minorité de motocyclistes que nous peinons à convaincre, faute de les compter parmi nos 9 500 adhérents.

Chère Marianne, si vous voulez parler des motards de la FFMC à laquelle l’article fait explicitement référence, renseignez-vous sur les objectifs et les statuts, on ne peut plus républicains, de cette association née en 1980 et que M. Duteurtre moque d’une façon si condescendante.

Si cette regrettable stigmatisation ne devait être que le fruit de son ignorance de ce que nous sommes, sachez que pour notre part, ce n’est pas faute d’avoir essayé de vous informer, à plusieurs reprises (votre publication est inscrite dans notre mailing liste des contacts presse), de vous avoir envoyé des courriers pour expliquer pourquoi nous manifestons parfois et comment nous prenons part en permanence aux débats de sécurité routière et d’environnement liés aux questions de la mobilité des citoyens de notre pays. Pour nous, ces questions sont bien des questions de citoyenneté, ne vous en déplaise.

Hélas, jusqu’à maintenant, nos multiples tentatives d’engager le débat avec vous et vos lecteurs, sont restées lettre morte : nous n’avons eu en retour aucun appel téléphonique, aucun courriel. Mais si ce n’était que ça… En affichant son mépris pour ce que nous sommes et ce que nous faisons, Benoît Duteurtre se prend les pieds dans les plis de votre robe, madame Marianne… A moins que cet habit de Marianne si porteur de valeurs à nos yeux ne soit juste qu’un costume de circonstance ? Comme il serait décevant d’en rester sur un tel sentiment !

Restant à votre disposition, nous vous prions d’accepter, chère Marianne, nos hommages les plus républicains. Quant à l’intérêt que nous porte Benoît Duteurtre que vous voudrez bien saluer de notre part, faîtes lui savoir combien nous sommes prêts à l’instruire davantage.

La FFMC

La FFMC contre les bruits excessifs : ça date pas d'hier Cette campagne de la FFMC date de la fin des années 80

jeudi 4 octobre 2012

Le contrôle technique : une simple question de sécurité et d’environnement ?

En juillet 2012, un projet de règlement européen visant à uniformiser le Contrôle technique dans les 27 Etats membres a vu le jour et sera prochainement proposé au vote du Parlement Européen et du Conseil de l’Union.

Cette information pourrait presque passer pour un non évènement envers près de 40 millions d’automobilistes qui subissent déjà ces contrôles périodiques, presque convaincus pour la plupart, de l’intérêt qu’ils représentent pour la sécurité routière et de l’environnement. La seule opposition ferme à ce projet vient des usagers de 2 roues motorisée non contraint à un contrôle technique en France.

Mais à y regarder de plus près, cette information met en lumière un état de fait troublant et même inquiétant : La commission européenne est certes tout à fait dans son rôle d’initiative législative, mais les 27 commissaires qui la composent ont-ils fait preuve de toute l’impartialité qu’impose leur statut ? A la lecture du projet, il est aisé de comprendre quelles ont été les sources de ces technocrates qui ont pourtant prêté serment devant la Cour de justice de l’Union en s’engageant à n’accepter aucune instruction d’un quelconque organisme de droit public ou privé. Or, dans ce projet de règlement européen destiné à uniformiser le contrôle technique dans les 27 Etats membres, seul DEKRA est cité en tant que conseiller auprès de la commission européenne. Pour rappel, cette enseigne est le leader de l’industrie du CT en Europe. Il n’est pas inattendu qu’un lobby puissant essaye d’influer sur une décision, c’est même son rôle. Mais de là à avoir le monopole de l’expertise et du conseil, le pas devient vraiment problématique, et le conflit d’intérêt supposé. vachealait.jpg Ainsi, l’intérêt général, l’intérêt public est présumé avoir été sacrifié sur l’autel des intérêts financiers.

L’Europe, par l’intermédiaire de ses technocrates, vit une grande période de schizophrénie. En pleine période d’austérité généralisée, les pays en difficultés sont montrés du doigt tels des mauvais élèves, contraint à supprimer des services publics, des services de proximité, imposant de fait aux citoyens une plus grande mobilité, tant pour leurs besoins personnels que professionnels.

Cependant, dans le même temps, cette même Europe appuie d’avantage sur la tête des peuples, l’enfonçant de quelques centimètres supplémentaires dans le sable en rendant de plus en plus contraignante l’utilisation de leurs modes de transports notamment avec une augmentation de la fréquence du Contrôle Technique. Quelle logique dans tout ça ? Celle de l’argent ! Car aucune étude fiable en matière de sécurité routière ne justifie de telles mesures, simplement la place prédominante réservée aux grands groupes industriels dans les carnets d’adresses des technocrates européens. Pire, une telle mesure aurait pour effet de déresponsabiliser un peu plus les usagers qui s’en remettraient à ce contrôle annuel au lieu de s’assurer eux-mêmes la vérification des éléments essentiels.

Sur le plan écologique, il est évident que les véhicules récents sont moins consommateurs de carburants, et rejettent moins de polluants. Cependant, ce combat noble pour la préservation de notre planète et de notre santé doit-il se faire au seul détriment des citoyens les plus modestes ? Ou doit-il être réfléchit avec la focale la plus large qui soit ? Si on inclut la fabrication dans le calcul, le bilan carbone d’un véhicule neuf remplacé précocement est-il si favorable ? Comment justifier encore les politiques d’obsolescences programmées mise en place par les industriels mondiaux, privilégiant le remplacement régulier des matériels divers au seul prétexte de la croissance et de la consommation ? Comment rendre humainement, socialement, politiquement et philosophiquement responsables les citoyens, a fortiori modestes, des dérives de l’économie de marché, biens plus nuisibles à notre environnement que la personne qui n’a d’autre choix que de rouler avec son véhicule vieux de 15 ans ? Controle technique : non ! Hier, les Zones d’Actions Prioritaire pour l’Air, aujourd’hui, le contrôle technique européen…Qu’en sera-t-il pour demain ? Quelles restrictions, quelles interdictions de circulations devons nous combattre ? Jusqu’où notre liberté de circulation, garantie dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme sera-t-elle menacée et attaquée ?

Les responsables politiques nous présentent l’Europe comme un bien commun pouvant nous protéger, et faire progresser l’humanité dans des valeurs de liberté, de respect et d’égalité. Les citoyens européens sont donc légitimes d’attendre d’elle une autre politique que des mesures antisociales, et liberticides motivées par le seul appât du gain et du profit, dictés par une oligarchie qui concentre de plus en plus de pouvoirs. La défense de l’intérêt général dont l’Europe est garante, impose une réelle indépendance, un sens aigu de l’intérêt commun et une impérieuse préoccupation de la défense des plus faibles et c’est sur ces critères que nous encourageons les eurodéputé(e)s à voter contre ce projet de règlement européen.

Nathanaël Gagnaire

PS : DERNIERE MINUTE (5/10 / 2012) : le Sénat adopte une résolution contre le Contrôle technique européen.

mardi 25 septembre 2012

Un gilet qui rétrécit

En janvier prochain, si rien en change, tous les motocyclistes conduisant des véhicules à deux et trois roues dont la cylindrée dépasse 125 cm³ seront contraints d'arborer sur leurs vêtements une surface de tissu rétro-réfléchissant au moins égale à 150 cm³ qui, en cas de besoin, pourra être portée en brassard. Cette étrange obligation a suivi la voie règlementaire habituelle, un décret pris en conseil des ministres complété d'un arrêté du ministère des Transports ; et elle figure, parmi bien d'autres, dans les décision annoncées lors d'un Comité interministériel de sécurité routière, ces réunions annuelles qui servent à faire dire par la presse combien le gouvernement se soucie de la sécurité des citoyens, et à le montrer en promulguant chaque fois une liste interminable de mesures forcément neuves et absolument vitales. Autant dire que ses promoteurs la jugeront totalement anodine, et que les réactions qu'elle suscite dans le monde motard ne pourront que confirmer le pouvoir dans sa conviction que ces gens sont décidément incompréhensibles et, pour employer les termes d'une ancienne Déléguée à la sécurité routière, définitivement ingérables. Malgré les difficultés de la tâche, on peut pourtant démontrer que cette mesure, comme tant d'autres, le contrôle technique des véhicules par exemple, vise un objectif qui n'a aucun rapport avec celui qui lui fournit sa justification, ne se soucie nullement de la sécurité des motocyclistes, et relève, in fine, d'un refus farouche du pouvoir comme de l'administration à la fois de reconnaître leurs erreurs, et de céder quelque terrain que ce soit à l'opposition, représentée, en l'occurrence et comme de coutume, par la FFMC. Mais la démonstration sera longue, impliquant à la fois de retracer toute la généalogie de la mesure, et de recourir à un certain nombre de comparaisons.

Une vieille obsession FFMC-giletjaune-sml2.jpg Car cette idée d'habiller les motards en jaune ne date pas d'hier. Le document de travail du CISR tenu voilà bientôt cinq ans, en novembre 2007, précisait ainsi que : "Les usagers de deux-roues motorisés sont particulièrement vulnérables. Ils souffrent notamment d'un déficit de visibilité. Le Gouvernement souhaite apprécier l'intérêt d'équipements de sécurité, en confrontant les expériences européennes sur le sujet. Il convient en particulier d'apprécier l'opportunité d'étendre aux usagers de deux-roues motorisés l'obligation de port d'un gilet rétro-réfléchissant de nuit, décidée par ailleurs pour les cyclistes, qui leur permettra d'être mieux vus par les autres usagers de la route." Mission est donc confiée à Charles Krajka "personnalité unanimement reconnue pour son engagement pour la sécurité des deux-roues motorisés" de "piloter une réflexion" sur la question. Les archives de l'Observatoire interministériel de sécurité routière, d'où sont extraites ces lignes, ne gardent malheureusement pas de traces des résultats de cette mission. Mais on imagine sans peine les objections qu'elle suscite, telles que les exprime, par exemple, une fédération opposée à cette contrainte, celle des usagers de la bicyclette, laquelle propose d'équiper la machine, et pas de marquer l'individu. Car, il faut le rappeler, vendre un vélo totalement dépourvu d'éclairage reste aujourd'hui encore parfaitement légal, puisqu'il peut fort bien n'être muni que de catadioptres. On conçoit qu'une telle situation rende périlleuses les sorties nocturnes : l'État, bon chien de garde, impose donc aux cyclistes le port d'un gilet réfléchissant, tout en prenant bien soin de limiter son usage à des circonstances précises, et sans doute assez peu courantes, où son utilité semble avérée, la nuit, et en dehors des agglomérations, donc lorsque le cycliste ne profite ni du jour, ni de l'éclairage public. On voit à quel point la situation du motard comme du scootériste n'a rien à voir avec celle des cyclistes : non seulement leurs véhicules sont équipés de tout le nécessaire en matière d'éclairage, mais, depuis quarante ans, la loi oblige ce nécessaire à rester allumé en permanence. Par ailleurs, leurs machines sont souvent munies à l'avant d'un carénage, et à l'arrière d'un top-case. À la différence du cycliste dont tout le corps reste visible, bien souvent, la seule partie du motard qui dépasse, c'est la tête : s'il fallait lui imposer quelque chose, ce serait donc le magnifique casque orange fluo de la police belge, malheureusement si difficile à trouver dans le commerce. Et l'on peut soulever bien d'autres objections, en s'interrogeant par exemple sur la résistance de gilets conçus pour des piétons, une fois qu'il seront endossés par des gens qui ont la fâcheuse habitude d'affronter des vents de 130 km/h. De tels arguments ne sont mineurs qu'en apparence. Car ils montrent comment les chargés de mission et conseillers techniques qui élaborent ces mesure raisonnent, par analogie, en partant d'un univers connu, celui des cyclistes, pour aborder l'inconnu, les motocyclistes, et en établissant des analogies entre les deux sans nullement se soucier de leur validité. Mais ce mode de raisonnement méprise totalement un certain nombre de points pourtant fondamentaux, l'effectivité de la mesure, son utilité pratique, l'importance des atteintes à la liberté des citoyens qu'elle implique. Il se contente d'un moindre effort, aussi bien intellectuel, faisant l'économie d'une connaissance pertinente du monde des motards, que politique, puisque le couple décret-arrêté permet de garder l'ensemble du processus sous le seul contrôle de l'exécutif, sans intervention externe, du parlement en particulier. Il y aurait pourtant, peut-être, une mesure à prendre. Évoquée depuis des années, elle consiste à élargir la silhouette de motocycles dont on prétend que leur étroitesse perturbent les habitudes et l'attention des innocents automobilistes en les équipant de LED d'une couleur spécifique, à l'image d'un dispositif existant aujourd'hui. Équiper le véhicule et pas le conducteur, installer des diodes aux extrémités des carénages, dans les rétroviseurs, voire au bout du guidon ne présente pas de difficulté technique, coûte bien moins cher qu'un ABS bientôt obligatoire et ne nécessite qu'une de ces normes que l'Europe produit en quantité industrielle. Mais alors, c'en serait fini de ce confort intellectuel qui alimente les experts depuis si longtemps, et qui fait de la faible visibilité des motards une cause majeure d'accidents.

l'État en action Plutôt que d'améliorer les machines l'État, donc, préfère s'en prendre aux conducteurs : le dossier de presse du Comité interministériel de sécurité routière tenu le 11 mai 2011 sous la présidence du Premier ministre, François Fillon, décrit donc, dans sa section trois, celle qui concerne les deux-roues motorisés, la mesure n°11 : celle-ci oblige les usagers de motocycles et de tricycles d'une cylindrée supérieure à 125 cm³ à porter "un équipement rétro-réfléchissant : gilet de haute visibilité ou blouson portant des bandes rétro-réfléchissantes". La mesure est justifiée à la fois par la volonté de doter les usagers d'une "plus grande visibilité qui doit être facilitée, en cas de panne mais aussi en circulation" mais aussi par le fait que "de très nombreux utilisateurs négligent le port des équipements de protection individuelle. Le premier équipement de protection est l'habillement de l'usager". Destinée aux journalistes, l'information reste succincte ; elle permet toutefois de nourrir la réflexion. Car elle fonctionne à rebours de la logique. Sa cible se limite en effet aux motards au sens strict, les titulaires du permis A conduisant des véhicules de plus de 125 cm³ même si, par pure méchanceté, les automobilistes et leurs tricycles pendulaires les rejoignent. La mesure épargne donc les ordinaires usagers de scooters, ceux-là même dont une petite observation sociologique suffit à démontrer à quel point cette culture de l'équipement de sécurité, caractéristique du motard, leur échappe complètement. Elle oblige donc à s'équiper ceux qui, très majoritairement, le sont déjà, et épargne ceux qui adoptent la pratique inverse, et se déplacent en été sur les voies rapides habillés de T-shirts, de bermudas et de sandales, à l'image sans doute du même François Fillon lors de son escapade à Capri. Mais, en dénonçant l'absurdité de cette obligation, on se trompe : car, très probablement, cette absurdité est volontaire. Sauf rare exception, les motards roulent tous avec des vestes ou des blousons, des bottes et parfois des gants équipés de protections et d'éléments réfléchissants : comme autrefois avec le casque, les obliger, et eux seulement, à faire ce qu'ils font déjà revient donc à prendre une mesure de pure façade, simplement destinée à occuper quelques lignes dans un communiqué de presse et voulue comme telle, mesure qui, bien sûr, n'aura aucun effet mais, de la même manière, ne gênera personne.

Mais l'occasion était trop belle pour que la FFMC la laisse passer. Obliger des citoyens que rien ne distingue particulièrement des autres, si ce n'est leur façon de se déplacer, et qui ne sont ni policiers, ni militaires, ni moines, ni bagnards, à s'habiller d'une façon spécifique, et uniforme, porte déjà une grave atteinte aux libertés publiques. Quand elle concerne un groupe social particulier, revendicatif, organisé, et habitué, dans bien des domaines et pas seulement celui de son apparence, à définir ses propres normes souvent volontairement distinctes de celles qu'accepte le commun des mortels, elle court un grand risque de susciter une vive opposition. Que l'on y ajoute son caractère discriminatoire qui va, comme précisé plus haut, à l'inverse de la logique, et l'on dispose de tous les éléments nécessaires pour déclencher des mobilisations comme on n'en avait pas connues depuis des années et, accessoirement, doubler l'effectif des adhérents à la FFMC. Le plus étonnant dans l'affaire, et sans doute aussi le plus inquiétant, tient au fait que cette réaction, et son ampleur, semble avoir pris les autorités totalement au dépourvu. Car les autorités ne sont pas stupides, et la police, dont les agents appartenant à ce qui fut les Renseignements généraux sont honorablement connus des organisateurs de manifestations motardes, fait fort bien, et depuis toujours, son travail. Le fait que ces événements surviennent peu de temps après une réforme qui a conduit à une très forte dévalorisation et de ces agents et, sans doute aussi, de l'intérêt que leurs supérieurs accordent à leur travail, ne doit sans doute rien au hasard, et donne l'impression que le pouvoir sarkosyste finissant préférait écouter un publicitaire bien en cour ou un sondage biaisé plutôt que ses agents de terrain. Et cette surdité l'a conduit dans une impasse, confirmée par cet arrêté pris au début 2012, qui définit la surface minimale de tissu réfléchissant à montrer à la maréchaussée, sous peine d'une amende de 68 euros et d'un retrait de deux points, surface qui peut éventuellement être amovible, et portée en brassard.

FFMC-brassardsmal.jpg Combattre la discrimination La décision n°11 du CISR de mai 2011 s'est révélée être une bombe, que ses créateurs avaient eu la sagesse de munir d'une procédure de désamorçage. En se contentant d'imposer l'utilisation de vêtements munis d'éléments réfléchissants, sans plus de précision, aux seuls usagers de deux-roues motorisés qui en portaient déjà, le pouvoir disposait d'une échappatoire, et n'aurait suscité guère plus de réactions qu'un haussement d'épaules. Il a choisi le chemin inverse : après avoir affirmé, contredisant ainsi les documents qu'il avait lui-même publié, qu'il n'avait jamais été question d'imposer le port d'un gilet fluo, il a imaginé une mesure torturée, pensant sans doute, avec cette histoire de brassard qu'il juge bien anodine, à la fois éviter une capitulation publique, et faire taire les mécontents. Naturellement, il a obtenu l'effet inverse. Car il avoue, avec cet objet ridicule, à quel point il n'est plus question sécurité, mais, brutalement, d'un pur rapport de force. Le pouvoir ne peut supporter de voir son autorité contestée par les motards, ces gens bruyants et incompréhensibles dont il n'a, sauf à de rares occasions, durant les majorités de gauche, jamais accepté ni la manière d'être, ni les comportements, quand bien même ceux-ci resteraient dans un strict cadre légal. Et s'il avait, dès le départ, voulu stigmatiser cette population, et marquer la manière dont elle se distingue des autres, y compris des autres usagers de deux-roues motorisés, il n'aurait plus trouver meilleur symbole qu'un brassard. Alors, ce stigmate, loin de le cacher, il faut l'exhiber : si la mesure entre effectivement en vigueur en janvier prochain, portons donc ce brassard en permanence, à la ville et à la campagne, au travail et durant les loisirs, sur un manteau, sur une veste, un blouson, un tailleur ou une chemise. Nous verrons alors si un gouvernement socialiste choisit d'entrer dans une histoire qui ne restera pas forcément petite comme celui qui a imposé à une partie de la population qui possède des caractéristiques qui lui sont propres et la définissent le port d'un signe distinctif qui lui sera réservé.

Denis Berger

lundi 17 septembre 2012

Les deux litres d’Ayrault

La conférence environnementale s’est close sur un discours du premier ministre Jean-Marc Ayrault, qu’il souhaite sans doute historique. Et qui l’est peut-être ? Soyons optimiste et ambitieux, l’enjeu le mérite. Mais sur certains points, qui nous concernent particulièrement du point de vue d’usagers de la route, des progrès et une véritable prise de conscience restent attendus.

Je cite un des comptes-rendus : « Pour les nouveautés, on retiendra d'abord cette mesure phare, longtemps mise en avant par les ONG et notamment par Nicolas Hulot : le véhicule qui consomme 2 litres d'essence pour 100 kms. L'objectif est fixé pour dans "dix ans", et sera réalisable grâce à une collaboration entre constructeurs automobiles et pétroliers. »

ent Messieurs les élus et responsables, ce véhicule existe, je l’ai rencontré ! Je roule même avec presque tous les jours. Soyons honnête, c’est plutôt proche de 2,2 ou 2,3 litres aux 100, mais ne chipotons pas, d’autant que ce n’est pas un diesel mais de la bonne vieille essence sans émission de microparticules, ça compense. Ah ça, évidemment, ce n’est pas une voiture, il n’a que deux-roues, et je suis généralement seul dessus. Cela dit, dans la majorité des voitures en circulation, il n’y a aussi qu’une seule personne. Et n’oublions pas les arguments habituels de moindre occupation des sols, importante réduction des embouteillages et donc de consommation et pollution des autres véhicules, facilité à se garer, etc etc. Je suis bien conscient qu’une moto ne répond pas à tous les besoins de déplacements… mais tout de même à une bonne part d’entre eux !

Donc, le véhicule qui consomme deux litres aux 100 existe. Et ce n’est pas nouveau, celui dont je parle, une GN125, date de 1997. Ben voilà ! Ne cherchez plus M. Ayrault, s’il faut évidemment continuer les progrès de façon générale et notamment pour les boitaroues et les gros cubes, il existe déjà une solution efficace, fiable et économique pour se déplacer avec un minimum de carburant. Ah, mais il y a un problème. Plusieurs même.

J’ai du mal à trouver de l’essence compatible. Bah oui, dans un truc comme ça, on évite cette cochonnerie d’E10 (dénoncé par de nombreuses associations et sur lequel l’Europe commence à rétropédaler sérieusement). Le 98 fonctionne mais ne lui plaît pas des masses… or trouver du bon vieux 95 de nos jours en région parisienne s’apparente à trouver un radar placé dans une zone vraiment accidentogène, c’est possible, mais faut se lever tôt.

On veut m’interdire l’accès à la ville, précisément le lieu pour lequel ce véhicule est optimal. Si le projet des ZAPA passe, et il n’est toujours pas enterré pour de bon, cette 125 sera concernée, ouste dehors ! Je pourrais toujours rouler avec mon gros cube plus récent cependant, même s’il consomme autant qu’une voiture. Bah, je n’aurais qu’à la remplacer par un gros 4x4 diesel climatisé, pas grave, lui aussi aura accès.

deb • Et maintenant l’Europe m’annonce que je devrais passer cet engin en contrôle technique tous les ans, pour le même prix que me coûte sa révision (en plus de mon autre moto). Une mécanique très simple, fiable, un véhicule anémique mais sûr et cantonné à des petits déplacements, que je contrôle régulièrement d’autant plus facilement que tout est accessible sous les yeux - et qui passe chez un pro tous les 18 mois de toute façon. A quoi bon maintenir en état un véhicule largement amorti et peu polluant, si je suis empêché de rouler avec et sanctionné financièrement pour mes économies ?

Alors M. Ayrault, pour aider à atteindre les objectifs que vous fixez vous-même, commencez par lâcher la grappe aux motards, et demandez à l’Europe d’en faire autant ! Que les technocrates cessent d’essayer de résoudre des maux qui n’en sont pas, et qu’ils reconnaissent enfin ce que motos et scooters peuvent apporter !

Le deux-roues n’est pas un problème, c’est une solution.

Frédéric

jeudi 26 juillet 2012

Violence routière


dessin BERTRAND, droits réservés

La fin de la troisième semaine de juillet a été dramatique pour cinq personnes fauchées par des chauffards multirécidivistes qui n’auraient pas du se trouver aux commandes de leurs voitures. Cinq piétons violemment percutés, trois décès, deux blessés graves et des dizaines de vies massacrées en comptant les proches des victimes et celles des trois conducteurs mis en cause. Parmi les tués, une fille et sa mère percutées sous les yeux du mari et papa, dans le 20 ème arrondissement parisien… Le même jour, à Boulogne (92), une jeune femme de 22 ans est tuée alors qu’elle traversait aussi sur un passage piéton (on n’ose plus écrire « passage protégé »). Quant aux deux blessés graves la veille à Oléron (17), c’est un père qu’il a fallu amputer d’une jambe et son fils, toujours entre la vie et la mort, percuté par un mec qui roulait bourré.
Ces cinq victimes se sont trouvées sur la route de trois types dangereux qu’elles ne connaissaient pas, trois jeunes hommes de 22 et 24 ans, alcoolisés, et roulant sans permis.
A eux seuls, ces accidents vont-ils à nouveau justifier plus de répression pourtant inopérante dans ces cas précis, leurs auteurs étant déjà hors du champ réglementaire ?
Les pères et mères fouettards de la « tolérance zéro » vont-il encore resserrer les mailles d’un filet qui ne retient même pas les gros poissons ?

La réglementation, aussi stricte soit-elle, peut-elle empêcher les drames de la semaine dernière ? Non, puisque ces accidents sont survenus. Ces récidivistes mis en cause récemment étaient pourtant connus de leurs proches, de la police et de la Justice.
Pendant ce temps-là, au nom de la sécurité routière, des milliers de cabines-radars flashent quelques kilomètre-heure de dépassement sur des routes à quatre-voies sans intersection, sans piéton ni cyclistes, là où la visibilité porte à des centaines de mètres… ou bien dans des zones industrielles périurbaines limitées à 50 km/h. Là, c’est le conducteur d’un deux-roues arrêté pour un simple contrôle qui se voit reprocher un pot d’échappement non conforme ou une plaque d’immatriculation branlante… plus loin, c’est une voiture correctement garée mais dont le propriétaire n’a pas payé l’horodateur qui est verbalisée, parfois à quelques mètres de sans-gêne arrêtés en double-file que les agents de la circulation n’osent pas réprimander par crainte de déclencher une esclandre…
Demain, ce sera le tour de celui qui ne boit pas d’alcool avant de conduire qui devra répondre de la non-possession d’un éthylotest à bord de son véhicule… Dans six mois, le motard dépourvu de bidules rétro-réfléchissants sur sa tenue sera passible à son tour d’une amende assortie d’un retrait de deux points sur son permis … Etc, etc.
T’as mis une roue sur un zébra pour t’insérer dans un embouteillage de bagnoles à l’arrêt, paf, une prune ! On t’a vu, la caméra t’a vu, le relevé de la plaque d’immat’ permettra de t’envoyer la contredanse à domicile, comme une pizza commandée par téléphone. T’es en retard d’un mois de ton contrôle-technique (là encore, vignette vue au radar, filmé à distance) ? Paf, encore une prune !
Le paradoxe, c’est qu’en même temps, ça devient de plus en plus difficile de changer soi-même une ampoule sur son véhicule ou de trouver un tuyau d’air comprimé pour ajuster sa pression des pneus. C’est presqu’aussi difficile que de vouloir contester une amende qu’on estime injuste à force de tout vouloir faire « comme il faut » et d’être quand même rattrapé par cette avalanche de règlements, de décrets, de lois supplémentaires, marqueurs incontournables du « courage politique » des ministres qui se succèdent à vouloir faire le « bien des autres » en traitant leurs concitoyens comme des petits enfants.

Les « responsables » et autres « experts » de la Sécurité routière nous répètent que seule la répression donne des résultats, qu’il n’y a que la peur du gendarme qui fonctionne. Allez dire ça aux proches des victimes de la semaine dernière, tiens !

Ils étaient où les gendarmes, pour garder un œil sur ces trois connards connus et repérés (en principe !) par toute la chaine judiciaire, alors que le fichage de la population pour tout et n’importe quoi ne cesse de gagner du terrain au mépris des principes fondamentaux de libertés publiques et individuelles ? Évidemment, on ne peut pas mettre un flic derrière chaque personne et à la FFMC, nous ne le souhaitons pas… mais alors pourquoi met-on quand même les individus dans des fichiers ? Nous voilà dans l’ère du flic invisible qui voit tout, omnipotent sur le papier et qui ne peut rien dans la réalité, sauf à ramasser les morceaux.

Comment endiguer la violence routière ? En affublant les piétons de chasubles fluo ? En imposant le port du casque aux enfants dès qu’ils sortent de chez eux ? En décrétant que les conducteurs devront se munir d’un deuxième éthylotest, puis un troisième en attendant le quatrième… ?

Violence routière ? Violence tout court… violence d’une société qui multiplie les interdictions et les vigiles à l’entrée des centres commerciaux, les portiques, les badges d’accès et autres caméras de surveillance et qui diminue le nombre de ses fonctionnaires, policiers de proximité, éducateurs, enseignants, médecins, travailleurs sociaux… Une société où les centres de traitement administratif gérés par des opérateurs privés tournent à plein régime pour traquer implacablement la plus petite infraction des citoyens solvables tandis que ferment les dispensaires, les maisons de jeunes, les usines et les services publics sacrifiés à l’autel de la rentabilité.

Et si on remettait un peu les choses à l’endroit ?

mercredi 20 juin 2012

Arsouille en campagne ou campagne d'arsouilles?

Ces dernières semaines, la Sécurité Routière nous a gratifiés d’une nouvelle campagne dédiée aux motards. Celle-ci est composée d’une affiche et d’une vidéo, aussi consternantes l’une que l’autre, avec pour thème « à moto, le plus grand danger, c’est de penser qu’il n’y en a pas. »

Si ce thème n’est pas forcément mauvais en soi, une fois de plus, et comme d’autres l’ont dit avant moi, la Sécurité Routière est tombée dans la caricature.

Sur l’affiche tout d’abord, la Sécurité Routière essaye d’utiliser des codes propres au 2 roues (le mot « arsouiller » et le logo de la Sécurité Routière façon écusson, l’utilisation même du mot « arsouiller » que nos hauts fonctionnaires ont du découvrir à cette occasion…). Mais ça ne le fait pas, peut être à cause des écussons qui font « trop neufs ». Ou bien peut-être cela vient-il de la définition de l’arsouille, comme une « envie irrépressible de mettre du gaz ». Alors donc tous les motards ont forcément le même comportement ? Qu’on roule en custom, en routière ou en sportive, qu’on soit seul, en couple ou entre amis, qu’on soit en balade ou sur la route nous ramenant du boulot, forcément, LE motard ne peut s’empêcher de jouer le pilote ? Avec un comportement comme cela, c’est donc un miracle qu’il reste quelques survivants chez les motards…Au passage, s’il y avait des motards à la DSCR, ils sauraient qu’en général, l’arsouille, c’est à plusieurs. Bref, si faut éduquer nos chers fonctionnaires avec le Joe Bar Team ou avec l’Encyclopédie Imbécile de la Moto, y’en a encore pour un moment.

Autre affirmation, que c’est justement en pleine arsouille que la vigilance se relâche. Si on assimile ce comportement d’arsouille à la pratique sportive de la moto, c’est à peu près l’exact opposé. Si des chutes ont lieu dans ces instants, ce n’est pas dû à une baisse de vigilance, mais comme nous l’expliquaient des chercheurs de l’IFSTTAR *, parce que le motard est près de ses limites et que sous l’effet de la surprise, sa marge de sécurité est trop faible pour maitriser la situation. Allez dire à un pilote de grand prix que sa vigilance se relâche quand il est en pleine bagarre avec ses concurrents ! Non, sa vigilance baisse quand il croit avoir la course gagnée. D’où le syndrome du dernier tour, et d’où, sur route, les accidents à proximité du domicile.

Quant à la vidéo, elle nous présente un motard, au comportement agressif (et étrangement, avec une moto qui démarre à la clé…), qui arrive à éviter tous les accidents en milieu urbain : portière qui s’ouvre, changement de file, piétons qui traversent sans regarder. Et une fois sorti de la ville, il met du gaz et patatras. Bah oui, on vous l’a dit, il ne peut pas s’empêcher d’arsouiller ! Et là encore, le même message : si le motard se tue, c’est parce qu’il roulait comme un con hors agglomération. En ville, il ne lui arrive rien, puisqu’il est vigilant.

Ce scénario fait passer 3 messages néfastes : automobilistes, continuez à faire n’importe quoi en ville, les motards vont gérer. Motards, vous êtes les dieux de la cité, et quoi qu’il arrive, vous vous en sortirez toujours. Par contre, quand vous décédez d’un accident en rase-campagne, c’est forcément que vous l’avez cherché.

Sur quoi reposent ces affirmations ? Je suis allé jeter un œil sur le bilan 2010 (désolé, pour le 2011, il faut attendre encore un peu) de la Sécurité Routière pour savoir de quoi il en retourne. Sur les 704 tués à moto, la majorité (432) l’a effectivement été en « rase campagne », en clair, hors agglomération, contre 272 en agglomération. Ce qui fait quand même 38% des tués en agglomération. Mon histoire de « dieux de la cité » vient déjà d’en prendre un coup. Et je n’en suis qu’à la page 33, sur un document de 380 pages, ça commence mal.

Nous avons donc 62% des motards tués hors agglomération. Mais tiens, et quelle est donc le rapport entre le nombre d’automobilites tués en zone urbaine et en rase campagne ? 86% pour le second cas ! Mazette, ils doivent sacrément arsouiller au volant de leurs Scénic les automobilistes ! La relève d’Alain Prost est assurée !

Bon, revenons à nos moutons, pardon, motards. On sait maintenant qu’ils se tuent plus en rase campagne qu’en ville. Mais de quoi cela vient-il ? Sont-ils plus vigilants en agglomération ? Arrivent-ils vraiment à échapper à toutes les misères décrites dans la vidéo ?

La réponse arrive page 340, 342 et 343, et apparemment c’est non : 10866 blessés en agglomération contre 4293 en rase campagne, 11389 accidents répertoriés contre 4426, soit 72% à chaque fois en zone urbaine. Ainsi donc, et sans grande surprise, cette campagne est à coté de la plaque (nouveau format), les motards n’arrivent malheureusement pas à éviter les accidents en milieu urbain. Alors pourquoi si peu de morts finalement ? Et bien pour cela, il suffit de visionner à nouveau cette vidéo en imaginant que le motard n’arrive pas à éviter l’accident : dans pratiquement tous les cas, mis à part peut-être celui en intersection, le motard aurait probablement survécu à la chute.

La différence entre le milieu urbain et la rase campagne ne se fait donc pas sur la vigilance supposée du motard, mais sur les circonstances : il vaut mieux (pour le motard) percuter un piéton à 30 km/h en ville qu’un sanglier à 80 sur une route de campagne. Il vaut mieux percuter à 20 km/h une voiture qui grille un feu plutôt qu’à 70 une voiture qui grille un stop. Et les secours seront prévenus bien plus rapidement si vous avez un accident sur les pavés des Champs-Elysées que si vous glissez sur la départementale 37, fraichement gravillonnée au fin fond de la Creuse…

Sur la seconde image d’Epinal véhiculée par ce spot, le motard qui se croûte tout seul, qu’en est-il ? Tout d’abord, ce n’est pas forcément « seul », c’est « sans usager tiers identifié », ce qui inclut les délits de fuite, animaux sauvages, obstacles, gravillons, verglas, gasoil, etc. Après avoir potassé le bilan complet (mais j’ai pu rater quelque chose tant il est dense), je n’ai rien trouvé quant à une sinistralité particulière « en rase campagne, sans usager tiers identifié ». Mais globalement, les motards ont moins d’accidents « seuls » que les automobilistes (36% contre 49%). Et la Sécurité Routière de justifier ceci (page 148) par le fait que «cela résulte aussi du risque réduit de somnolence voire d’hypovigilance, dans la mesure où la conduite d’un deux-roues et la situation de plein air sollicitent beaucoup plus le conducteur d’un point de vue physique et le maintiennent plus alerte». Soit en totale contradiction avec ce qui ressort de ce spot ! Savoureux…

Fred

''Bilan 2010 de la SR http://www.securite-routiere.gouv.f... Institut Français des Sciences et Ttechnologies des Transports, de l’Aménagement et des Réseaux''

jeudi 24 mai 2012

Quand le chat n’est pas là, les motards trinquent !

La Sécurité Routière lance une nouvelle campagne.

Premier paradoxe, cette nouvelle campagne est livrée en pâture aux médias de tout poil alors même que le Délégué Interministériel à la Sécurité Routière n’est plus en poste. D’ailleurs, il n’est apparu à notre connaissance dans aucun médias alors que depuis 48 heures la campagne bat son plein. Certes il n’y a pas de génération spontanée et cette action à forcément été commanditée par l’ex DISR et son patron, cependant on peut se demander quelle urgence nécessitait de la mettre en œuvre juste après que le gouvernement qui l’a décidée ne soit plus aux commandes ? Second paradoxe, bien que le DISR sortant se soit toujours présenté comme un homme de dialogue, cette campagne n’a fait l’objet d’aucune concertation avec aucun des acteurs impliqués dans le monde des motards et de leur sécurité sur la route.

Le motard est la seule cible de cette campagne. J’écris LE motard car manifestement pour l’émetteur c’est une entité, un groupe social dont chaque membre est parfaitement identique. Comment le DISR et son staff dont le crédo est de tout mettre en œuvre pour réduire autant que faire se peut le nombre d’accidents sur nos routes et la mortalité des usagers, comment ces personnes peuvent-elles imaginer et organiser des campagnes médiatiques aussi stigmatisantes, aussi infantilisantes, aussi réductrices et pour tout dire aussi discriminatoires. Il est vrai que ces mêmes personnes ont déjà sévi dans le discriminant en imposant des mesures ciblés aux deux-roues motorisé de + de 125cm3 (décret du 2 janvier 2012).

Comment le Mr Moto National, seul maitre à bord maintenant, par définition spécifiquement dédié à la sécurité des 2RM peut-il sans bafouiller déclarer sur Europe 1 le 23 mai « …nous n’avons pas pu imposer le blouson car les forces de l’ordre n’en sont pas équipées… pas avant deux ou trois ans…mais il était important d’inciter les motards à s’équiper pour être visibles… » alors que le journaliste le questionnait sur le paradoxe d’imposer une bande réfléchissante bien que la majorité des accidents se produisent de jour, par beau temps et en rase campagne… L’absence de chef ne doit pas justifier de prononcer de idioties !

Comment peut-on ne pas avoir conscience que le scénario et le montage du film support de la campagne induit les messages suivants : … les automobilistes vous pouvez continuer à ne pas faire attention aux motards, ce n’est pas de votre faute s’ils se tuent car leur instinct primaire les pousse à se suicider sur des routes pittoresques que vous n’empruntez pas !...Quand à vous les motards, pratiquez dans la jungle urbaine où votre dextérité et votre concentration font merveille mais si vous voulez rester en vie oubliez les routes de campagne…

Elle est injuste cette campagne, elle est intolérable et la manière dont elle est traitée dans les médias télévisés est insultante pour le citoyen motard aussi divers et pluriel qu’est la société…


Monsieur le Président nouvellement élu
Monsieur le Président de tous les Français
Monsieur le Président de la normalité
Monsieur le Président de l’égalité
Monsieur le Président de la justice
Monsieur le Président de l’équité
Vous devez intervenir pour dénoncer ces pratiques indignes et non conformes à vos promesses. Il y a autant de motards que de citoyens, tous différents… nous ne pouvons pas tolérer une vision aussi réductrice des citoyens de ce pays.


Patrick

mercredi 9 mai 2012

-22% de tués en avril 2012 : historique… ou pas ?

Dans son communiqué paru le 4 mai, la Sécurité Routière annonce une baisse des tués de 22.2% par rapport au même mois de l’année précédente. Si on ne peut que se réjouir d’une telle baisse, on peut la trouver étonnante, il est donc toujours utile d’en trouver les causes. Tout d’abord, examinons les statistiques elles-mêmes : -22.2% de tués en 2012 par rapport à 2011, ok, mais le mois d’avril 2011, comment était-il ? Particulièrement mauvais, puisqu’il y avait eu une hausse 21.6% en 2011. Souvenez-vous c’est suite à tout cela que le CISR avait annoncé tout un tas de projets débiles, comme le port de gilet fluo pour les motards ou la suppression des panneaux informant de la présence d’un radar fixe. Evidemment Chantal Perrichon , présidente de la Ligue Contre la Violence Routière, mettait cette hausse sur le compte de l’assouplissement du permis à points. Sauf que cette hausse ne s‘est pas confirmé par la suite. Dommage pour elle et son dogme répressif. Donc 296 morts en 2010, 360 en 2011, 280 (chiffres provisoires) en 2012. Mais alors, nous sommes revenus quasiment au point de départ ? C’est un peu comme le magasin qui multiplie par 2 ses tarifs avant de tout solder à -50%. Deux ans, pour constater une baisse de seulement 5%, ce n’est pas ce qu’on peut qualifier d’historique…C’est même moins que la moyenne depuis la baisse initiée depuis les années 70.

Ainsi, la Sécurité Routière, à tout seigneur, tout honneur, nous donne elle-même 2 éléments pour expliquer cette baisse: les conditions climatiques extrêmement « favorables » en 2012, et le prix des carburants. Concernant la météo, derrière le mot « favorables », comprenez « météo pourrie », qui incite les conducteurs, notamment les usagers vulnérables, à limiter leur déplacement. Et quel meilleur moyen d’éviter les accidents que de rester chez soi ! Ainsi, quand il pleut, ou mieux, quand il y a de la neige, les usagers limitent leurs déplacements pour leurs loisirs, et pour les autres, lorsque c’est possible, optent pour les transports en commun, ou limitent leur vitesse, et donc la gravité des accidents. A l’inverse, le mois d’avril 2011 était très ensoleillé, avec des températures nettement au dessus de la normale, et les statistiques de la Sécurité Routière s’en étaient ressenties. Il en va de même pour le prix du carburant, qui ont atteint des records : avec un litre de SP 95 à 1.65€ en moyenne, et un litre de gasoil à 1.43€, on y réfléchit à 2 fois avant d’emprunter son véhicule.

Un autre facteur influe sur le risque d’accidents : l’activité économique. D’une part, parce que le trafic poids lourds, même si les routiers ont peu d’accidents responsables, provoque des accidents très graves. Et que ce trafic est fortement corrélé à l’activité économique. Or, ces derniers temps, elle est, comment dire…faiblarde. D’autre part, parce que l’activité économique nécessite aussi le déplacement des salariés (vu que nous ne dormons pas sur notre lieu de travail comme en Chine). Or, les 193000 chômeurs supplémentaire en France métropolitaine (c’est une habitude de ne pas compter les DOM !) entre mars 2011 et mars 2012 (chiffres d’avril pas encore disponibles…) ne risquent plus de se tuer sur leur trajet domicile-travail. Ce qui nous amène à une remarque : comment cela se fait-il que les chiffres du nombre de chômeurs d’avril ne sont pas encore disponibles, alors que ceux de la Sécurité Routière le sont ? Pourquoi une telle précipitation pour annoncer ces derniers, seulement le 4 du mois suivant, sachant que le 1er était férié. Y aurait-il un dernier espoir…électoral qui justifie une telle précipitation, de ne pas pouvoir attendre le lundi 7 mai, sachant que les chiffres définitifs, les décès à 30 jours, ne peuvent mathématiquement pas être connus avant la fin mai ? Le président sortant avait-il besoin de statistiques favorables à présenter afin d’espérer une victoire ?

Alors au final, on constate que la météo est capable de faire varier le nombre de tués sur les route de plus ou moins 20%, ce qui pose quand même sérieusement la question de l’intérêt des statistiques mensuelles, où on se félicite d’une baisse de 5% et où on pointe du doigt les conducteurs quand la hausse atteint 10%. On peut aussi se demander à quoi cela sert de ponctionner 630 millions d’euros aux conducteurs via les radars automatiques (sauf si c’est pour qu’ils n’aient plus d’argent pour faire le plein et donc ne plus rouler). Et enfin, à quoi cela a-t-il servi que l’Etat réduise de centaines de milliers d’euros les Plans Départementaux d’Actions de Sécurité Routière afin de financer l’achat des radars démagogiques pédagogiques. D’ailleurs, ce serait bien que la Cour des Comptes mette son nez là dedans pour en faire le bilan…

Fred

jeudi 29 mars 2012

L'équipement du motard

Depuis janvier 2012, un groupe de travail piloté par le préfet Régis Guyot est chargé par le ministère de l'Intérieur, en lien avec la Direction de la Sécurité et de la Circulation Routière (DSCR), de réfléchir à la question de la circulation interfiles des 2RM dans les embouteillages. Les travaux sont découpés en six thématiques : les risques, quelles types de voiries, quels type de 2RM sont concernés, quelles manœuvres et quelle réglementation, quel équipement le conducteur de 2RM doit-il adopter, comment communiquer sur l'interfile.
Ces travaux sont débattus en réunion plénière par le groupe au complet. Il est composé des principaux représentants des usagers, des fonctionnaires de la DCR, de chercheurs et de fonctionnaire de l’Équipement et de policiers du Ministère de l'Intérieur. Les travaux de chaque groupe thématique font l'objet de réunions en sous-groupes qui auditionnent des spécialistes des problématiques considérés.

Compte-rendu de la réunion du sous-groupe de travail sur les Équipements de Protection Individuels (EPI) du 6 mars 2012 dans les locaux de la DSCR

L’ordre du jour était consacré aux équipements individuels de protection (EPI). En préambule, Pascal Dunikowski (chargé de mission 2RM « national » à la DSCR) a dit que le « Groupe de travail Guyot » était une volonté du ministre de l’intérieur pour réfléchir à la question des remontées de files, que cette question était dans l’air depuis longtemps mais que cela n’avait pu aboutir parce que c’était « mal ficelé ». Le représentant de la FFMC a rectifié en revenant sur les trois années de concertation nationale sur la SR des 2RM, qu’il y avait déjà eu quatre groupes de travail dans le passé sur les remontées de files, qu’un décret était prêt en 1999 et qu’il n’avait pas été signé par le ministre de l‘Intérieur de l’époque parce que les forces de l’ordre ne savait pas comment mettre en place une méthode de contrôle des comportements inadaptés. Depuis, il y a eu la Concertation, des discussion poussées sur les remontées de files, quatre cas types définis et une étude scientifique de l’IFSTTAR qui validait ce que les usagers savaient déjà et ce que la FFMC avait aussi démontré, à savoir que la remontée de files, effectuée dans les conditions que nous préconisons, n’entrainait pas de sur-risque supplémentaire. Comme quoi on ne partait pas de rien et qu’il était inexact de laisser penser dès le début de cette réunion que nous allions défricher un terrain inconnu.

L’assemblée a ensuite débattu de la question des EPI.

Il s’avère que personne n’est en mesure de définir quelles seraient les normes à imposer et ce qu’est un EPI, à usage professionnel ou pas. Le représentant de la FFMC est revenu sur les différences entre équipement a-minima indispensable qui fait encore défaut chez les cyclomotoristes et les « motomobilistes » en scooter et sur le fait que ce n’était pas nécessaire de mettre la pression d’un suréquipement pour les motards déjà majoritairement bien équipés. Pour soutenir ses propos, il a fait référence aux propositions du manifeste de la FFMC dont un exemplaire a été distribué aux membres du groupe qu’il l’ont favorablement accueilli. La représentante de la Sté Soubirac a d’ailleurs observé que rien de sérieux n’était envisagé pour les utilisateurs de petites cylindrées pas du tout sensibilisés au moindre équipement. Les équipementiers ont fait part de leurs inquiétudes sur ce qu’ils devraient proposer à leurs clients dans la mesure où ils ne savent pas aujourd’hui où nous allons, si il y aura obligation ou pas. Nous avons discuté du cas de la Belgique qui a imposé, depuis l’été 2011 le port de « tenues couvrantes » aux usagers 2RM sans pour autant définir de niveau de protection. Tout le monde interprète cette mesure comme positive dans la mesure où elle interdit de monter sur un 2RM en short et ticheurte ou chemisette et que c’est déjà un mieux en matière de prise de conscience des risques et de la nécessité de se protéger. Le représentant de la FFMC, de l’AMDM, ainsi que Serge Célerin (ancien pompier de Paris) ont rappelé que l’équipement atténue les blessures dans une moindre mesure, mais que cela n’empêchait pas l’accident. Par conséquent, l’effort est à porter majoritairement vers l’enseignement d’une conduite préventive. Il a également été rappelé qu’on ne pouvait pas se tenir au seul indicateur de mortalité pour considérer les accidents alors que seul le casque est obligatoire et que la majorité des blessures invalidantes concernent les membres inférieurs. Nous avons également soulevé un point épineux : obliger l’usager à porter des protection, c’est une chose, mais comment s’assurer que son blouson comporte bien des renforts alors que les forces de l’ordre ne sont pas autorisés à « palper » et à faire dévêtir un conducteur lors d’un contrôle routier ? Le représentant de la Sté Furygan a alors exprimé ses doutes sur l’objet de la réunion… Nous avons ensuite discuté des assureurs et certains participants ont évoqué le « cas allemand » où les équipements seraient imposé par les assureurs. Faux a répondu le représentant de la Mutuelle des Motards qui a précisé qu’à la Mutuelle, la couverture corporelle et équipement sont incluses d’office dans le contrat". Et nous sommes revenus à la question des EPI.

Le représentant de la FFMC a relevé le désir à peine masqué de la DSCR de vouloir rendre obligatoire des équipements, citant l’exemple du brassard rétro-réfléchissant comme étant une mauvaise réponse à une bonne question pour illustrer le caractère mal à propos de cette obligation assortie d’une retrait de points de permis de conduire, menace comprise avec d’autres obligations à venir quant au port d’équipements. Le représentant de la FFMC a rappelé que lors d’une rencontre avec Jean-Luc Névache (Délégué Interministériel à la Sécurité Routière) en septembre 2011, nous avions proposé de travailler avec les équipementiers pour homogénéiser les formes et emplacements à définir pour doter de dispositifs rétro-réfléchissants les vêtements proposés à la vente dans l’avenir… équipements d’ailleurs déjà prévus d’origine sur les survêtements de pluie et les blousons « techniques » en synthétique renforcé… Ainsi, au gré du renouvellement de la « garde-robe » des usagers, la majorité des usagers se retrouveraient de mieux en mieux équipées à moyen terme….
Hélas, cette option raisonnable n’a pas été retenue par la DSCR qui a préféré passer en force en décrétant le port obligatoire d’un brassard dès l’année prochaine… décision d’autant plus inadaptée qu’elle ne s’applique qu’aux motards en 125 cm3 et plus, qui sont déjà les usagers en 2RM les mieux équipés. Autrement dit nous en sommes encore à discuter de la température de l’eau du jacuzzi alors que certains ne sont même pas équipés d’une salle de bains !

A la fin de cette rencontre, les participants sont tombés d’accord pour des incitations au port d’équipements, mais contre une obligation… tout juste le représentant de la Csiam a t-il proposé de rendre au minimum les gants obligatoires, sans doute par souci de proposer une porte de sortie honorable à la DCSR. Reste que la moindre obligation pourrait bien servir de porte d’entrée à d’autres obligations dans l’avenir.

PARTICIPANTS

Les membres permanents du Groupe Guyot représentaient la Fédération française des motards en colère (FFMC), les forces de l’ordre (Uclir), la société City-Bird (motos-taxis), l’agence Vigi-deux-roues (prévention du risque en entreprises). Les personnes auditionnées représentaient Moto-magazine (rubrique Consomotard), la Chambre syndicale des importateurs de motos (Csiam), les sociétés Soubirac-Motomod, Cardy, Furygan, Shark-Béring, Elite–Protairbag et la Sté Française d’électronique appliquée (produits RVR-Safety) qui était accompagnée de Serge Célerin (ex BSPP, casques d’Argent, consultant sécurité accompagnements moto) et les représentants des assureurs avec la Mutuelle des Motards et la Fédération française des sociétés d’assurances (FFSA).

Z.A.P.A - Zones d'Action Prioritaires pour l'Air

Les zones d'action prioritaires pour l'air, alias ZAPA, répondent à un arrêté du Ministère de l'Ecologie, lequel concerne les communes et groupements de communes dont la population dépasse 100 000 habitants. Ces collectivités pourront mettre en place, sur tout ou partie de leur territoire, des zones qui seront interdites à certaines catégories de véhicules, en fonction de leurs émissions de polluants. Le calendrier prévoit pour l'heure une procédure expérimentale d'une durée de trois ans, et le Ministère recrute des collectivités volontaires qui devront faire part de leurs intentions au plus tard en juillet 2012. Pour l'instant, une dizaine de villes et de communautés se sont déclarées, même si certaines, comme Clermont-Ferrand, prenant en compte la discrimination sociale induite par ce dispositif, ont déjà renoncé. On en compte deux en Île-de-France : Paris et Plaine Commune, la communauté de communes qui regroupe tout l'ouest de la Seine-Saint-Denis à l'exception de Saint-Ouen.

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Le principe serait donc d'interdire ces zones à certains véhicules, en particulier les deux-roues motorisés datant d'avant juillet 2004, et les automobiles d'avant octobre 1997 ?

Absolument pas. L'arrêté prévoit, en fonction des normes antipollution auxquelles satisfait le véhicule, un certain nombre de cas. Pour les deux-roues motorisés, en effet, la situation est simple : commercialisé à partir de juillet 2004, c'est vert, et aucune restriction ne s'applique ; mis en service avant, c'est la poubelle. Pour les automobiles, on distingue quatre situations, vert, jaune, rouge et, avant 1997, poubelle. Mais le paradis de la zone verte ne sera accessible qu'aux heureux propriétaires de voitures commercialisées à partir du premier janvier 2006, donc vieilles de moins de six ans. L'âge moyen du parc étant, selon la récente enquête ENTD de l'INSEE, de 8,7 ans, il va y avoir beaucoup d'exclus. L'arrêté ministériel chiffre ainsi le pourcentage de véhicules légers concernés, essence et diesel confondus, à 69 % du total, soit plus de deux sur trois.

Mais comment justifier une telle politique ?

La santé, bien sûr. Pour citer l'arrêté : "L'Organisation Mondiale pour la Santé a montré qu'environ 42 000 personnes décédaient chaque année en France pour cause de maladies dues à la pollution par les particules dans l'air (décès en moyenne dix ans plus tôt pour cause notamment de maladies cardiovasculaires, respiratoires et cancers). Cela touche donc chaque année 5 % des décès en France, et représente une baisse d'espérance de vie de l'ordre de huit mois dans les villes françaises." Bon, on a un peu de mal à comprendre comment le fait que 5 % de la population meure en moyenne dix ans avant le terme prévisible de son existence se traduise par une réduction de son espérance de vie de huit mois, mais les rédacteurs de l'arrêté étaient sans doute pressés.

Particules dans l'air ? Mais ces émissions ne sont-elles pas propres aux moteurs diesel ?

En effet ; ces particules ont des origines assez variées, mais seuls deux types de motorisations y contribuent : les vieux deux-temps dans le genre des Vespa PX, qu'il serait sans doute sage, pour le bien commun, de laisser plus souvent au garage, et, très majoritairement, les diesel. Or, la motorisation diesel ne concerne pas tous le monde : les bus, les camions et les véhicules utilitaires mais aussi, en France, les automobiles. Selon un récent numéro de la revue de feu le Conseil Général des Ponts & Chaussées, le parc des voitures diesel est ainsi passé de 1 149 000 véhicules en 1982 à 18 256 000 en 2008 ; dans le même temps, le nombre des automobiles à essence a baissé de 17 695 000 à 14 230 000. Quant au parc de motos diesel on sait que, aujourd'hui comme en 1982, il est égal à zéro.

Mais alors, en quoi les ZAPA concernent-elles les motocyclettes et leur moteur quatre-temps à essence ? Encore la faute de l'Europe ?zapa-fumee-particule-diesel.jpg

Absolument pas. La communauté européenne impose certes un respect de normes de qualité de l'air, mais elle vise essentiellement à réduire les émissions de particules. Si l'on passe en revue les zones de faibles émissions qui existe déjà en Europe on constate que, le plus souvent, seuls sont concernés les autobus et poids-lourds : c'est le cas à Londres, à Stockholm et plus généralement en Suède, à Copenhague ou bien à Prague. En Allemagne, les restrictions s'appliquent aussi aux automobiles, essence ou diesel, mais de façon plus stricte pour le diesel : ainsi, à Berlin, sont interdites en centre ville les voitures à moteur diesel mises en service avant janvier 2006, et les automobiles à essence d'avant janvier 1993, ce qui laisse une certaine marge. Et, dans toutes les zones allemandes, les deux-roues motorisés peuvent circuler sans restriction. En fait, pour l'instant, on ne trouve de zones d'exclusion des deux-roues motorisés qu'en Italie. Là, la situation varie fortement selon les villes mais, le plus souvent, ces mesures ne frappent que les deux-temps, et encore : ceux qui ne satisfont pas aux normes Euro 2. Tous les deux-roues quatre-temps âgés de moins de dix ans sont ainsi libres de circuler. Les ZAPA sont donc doublement uniques en Europe, à la fois parce qu'elles prennent en compte toutes les catégories de véhicules à moteur thermique, et parce que leurs exigences en matière de normes antipollution sont d'une sévérité sans équivalent.

D'un autre côté, c'est un peu normal : la pollution augmente dans les villes, non ?

Absolument pas. Pour Paris et son agglomération, on dispose grâce à Airparif d'un historique assez long, qui montre à quel point la situation s'est énormément améliorée depuis les années 1960 et 1970. Le plomb autrefois présent dans l'essence, le souffre et ses composés ont totalement disparu ; les émissions de benzène, depuis 1994, ont été divisées par quatre et celles des oxydes d'azote par deux même si, là, la situation est plus complexe. En effet, la diminution du dioxyde d'azote est moins accentuée, phénomène attribué à la hausse du parc de véhicules diesel. Et les émissions de particules, elles, malgré les filtres en question, et sans doute aussi à cause de cette hausse, pour l'instant, ne baissent pas.

En somme, rien ne justifie que les deux-roues motorisés soient pénalisés par les ZAPA ?

Rien, à l'exception près des vieux deux-temps, de toute façon très peu nombreux. Clairement, le Ministère a bien comme objectif de fournir aux communes un outil légal qui leur permettra de limiter, et cela de façon drastique, la présence des deux-roues motorisés sur leur sol. Les observateurs auront remarqué combien les journalistes de télévision, toujours à l'écoute du pouvoir, insistent depuis peu sur le fait que ces particules fines sont aussi générées par l'usure des pneus et des plaquettes de freins. On peut sans doute attendre longtemps une évaluation de la part de ces émissions-là dans le total. Mais l'essentiel est fait : fournir un argument, aussi futile soit-il, pour justifier que la prohibition des émetteurs de particules ne se limite pas aux diesel. Alors, on ne doute pas, que, en bonne logique, et par souci d'équité, les vélos aussi seront désormais interdits dans les centres villes : après tout, ils ont aussi des pneus, et ils s'usent.

Denis Berger

L'avis de la FFMC : TROIS QUESTIONS A NATHANAËL GAGNAIRE Zapa-moto-interdite-ville-NATHANAEL_GAGNAIRE-FFMC-nat.jpg

Le 2RM interdit dans les Zapa, est-ce une fatalité ? Bien sûr que non. Ailleurs en Europe, la mise en œuvre de ces zones ne concerne majoritairement pas les 2RM, hormis pour l’Italie avec des exigences moindres que le projet français. Ensuite parce que l’intérêt des Zapa est de réduire les émissions de microparticules et de dioxyde d’azote. Les 2RM roulent à l’essence qui rejette 1 000 fois moins de ces microparticules que le diesel (source Airparif).

Quels moyens d’action la Fédération envisage-t-elle pour traiter ce dossier ? Nos antennes départementales sont en contact direct avec les municipalités. Certains élus ont joué le jeu et ont bien voulu répondre à nos questions et nous informer de leur vision du projet en local. D’autres sont apparemment plus réticents. Nous ne restons cependant pas dans une position attentiste et nous jouerons notre rôle d’alerte auprès d’autres organisations nationales de défense des libertés, sur ce sujet. Il est pour nous inconcevable que la liberté de circulation de ceux qui n’ont pas les moyens d’acheter un véhicule récent soit condamnée au profit d’un hypothétique projet mal ficelé, technocratique et liberticide.

Quels arguments entendez-vous faire valoir ? Tout d’abord que la liberté de circulation est un droit fondamental et qu’un tel projet ne doit pas générer une telle discrimination. Ensuite, nous affirmons que le 2RM est une alternative réelle à la voiture. Il stationne plus rapidement et il optimise l’utilisation de l’espace urbain par sa petite taille et sa facilité d’évolution. Cela dit, la FFMC ne se contentera pas d’un discours corporatiste. Ce combat est en effet celui de l’ensemble des usagers, de l’ensemble des citoyens et notamment des plus défavorisés, habitant en dehors des agglomérations et ne pouvant pas toujours bénéficier des moyens de transports en commun, trop souvent contraints à une logique de rentabilité des lignes… Ce combat est aussi celui du fichage et des libertés individuelles car nous l’affirmons, cette mesure est l’antichambre des péages urbains notamment dans les agglomérations concernées. >

mardi 27 mars 2012

Compte-rendu du 16 février : groupe de travail sur la circulation interfiles

Depuis Février 2012, la FFMC participe au groupe de travail dirigé par le préfet Régis Guyot mandaté par le ministre de l’intérieur pour évaluer la question de la légalisation de la circulation entre les files pour les deux-roues motorisés dans les embouteillages. La question de l’équipement individuel de protection des usagers en 2RM est également étudiée par ce groupe de travail.

Cette réunion, qualifiée de « technique » par le préfet Guyot (entendez : nous ne sommes pas là pour négocier) consistait à définir les thèmes à aborder et procédé à la répartition des sous-groupes amenés à se partager le travail d’analyse et mener les auditions des « experts » envisagés pour être consultés.

circulation entre files de voiture

C’est reparti pour un tour !
Nous voilà repartis à discuter de questions déjà débattues lors de la Concertation ouverte depuis juin 2009, avec de nouveaux participants... mais c'est comme ça qu'on avance, pas à pas. Donc, qu’est-ce que la remontée de file, pour quels type de véhicules (2, 3 et 4 roues étroits, quels véhicules dans l’avenir ?), uniquement sur voies rapides ou aussi en ville ? Quid des couloirs de bus ? Comment réglementer ? Quels équipements pour les motards… ? Ces thèmes seront discutés par des sous-groupes composés de membres du groupe permanent, lesquels procéderont à des auditions de personnes qualifiées dans leurs propres domaines (équipementiers, fabricants, aménageurs, journalistes spécialisés, formateurs en éducation routière…)

Point de départ de la discussion, la Belgique qui a reconnu la circulation inter-files en s’inspirant des débats de la Concertation DSCR / 2RM sans plus de formalisme. Les représentants du Certu souhaitent que les thématiques débattues ne soient pas trop « parisiennes » : ça tombe bien la FFMC a compétence nationale sur ces problématiques et ses antennes départementales sont consultées et associées en permanence. La FFMC a témoigné que les questions de sécurité routière sont des thèmes bien analysés, compris et portés par les adhérents FFMC, reste à convaincre les usagers qui ne sont pas à la FFMC. Le préfet Guyot a alors dit avec malice : « donc, il faudrait que tous les usagers adhèrent à la FFMC ? ». Ce à quoi nous avons répondu : « rassurez-vous, chaque fois que les pouvoirs publics sortent un décret concernant les motards, le nombre d’adhérents à la FFMC augmente. ».

Nous avons distribués nos dépliants sur la circulation inter-files et sur l’équipement du motard, ils ont été favorablement considérées, du moins pour ceux qui ne les connaissaient pas encore. Nous avons rappelé que nous avons beaucoup de matière documentaire sur l’objet des présents débats dont nous avons déjà rendu compte dans le blog FFMC de la Concertation.

Bref, le Ministre de l’Intérieur a communiqué pour dire que la remontée de files allait faire l’objet d’une réflexion… donc, on y réfléchit. Attention toutefois au marché qui se dessine, du genre : « on vous laisse les remontées de ville en échange d’un équipement obligatoire ». Ça n’a pas été dit comme ça, mais ça pourrait y ressembler et d’autres membres du groupe l’ont d’ailleurs relevé.



Participants :
Le groupe est composé de fonctionnaires de la délégation interministérielle à la Sécurité routière (DSCR) et de l’Observatoire de la Sécurité routière (ONISR), ceux du Centre d’étude des réseaux en Transports et urbanisme (Certu), des Centre d’études techniques de l’Équipement (Cete), des policiers de l’Unité de coordination de lutte contre l’insécurité routière (Uclir), des chercheurs de l’Institut français des sciences et technologies des transports, de l’aménagement et des réseaux (Ifsttar) et de représentants d’associations d’usagers parmi lesquels la Fédération française des motards en colère (FFMC), l’Association des scootéristes de France (ASF), 40 millions d’automobilistes, la société City-Bird (motos-taxis), l’agence Vigi-deux-roues (prévention du risque en entreprises) et les représentants des assureurs avec la Mutuelle des Motards, le Groupement des entreprises mutualistes d’assurance (Gema, via un représentant de la Macif) et la Fédération française des sociétés d’assurances (FFSA). A noter que la Fédération française de motocyclisme (FFM) n’a pas été admise parmi les participants… ce qu’elle a dénoncé. En solidarité avec la fédération sportive qui est sa partenaire dans la défense de la moto en France, la FFMC a décidé de ne pas assister à la première réunion du Groupe Guyot qu’elle a accepté de ne rejoindre qu’à partir du 16 février, date de la deuxième réunion plénière du groupe.

mercredi 14 mars 2012

Les motardes sont des motards comme les autres

431598_1925263947826_1728976553_936110_1172210642_n.jpgSuis-je vraiment une femme ?

Ou une aberration de la nature ? Une contrefaçon ?

Pourquoi ces questions existentielles me direz-vous ? C’est vrai qu’à mon âge (nan, on ne demande pas son âge aux femmes, c’est très mal poli, très pas politiquement correct, les femmes ne vieillissant pas, c’est bien connu…) je suis supposée avoir la réponse à cette question. D’autant que j’ai 2 enfants, que je les ai eus de manière traditionnelle, ce qui semble vouloir dire que je suis pourvue d’un utérus et que donc je suis une femme. Pardon, ça ne sous entend pas que les femmes qui n’en sont plus, ou pas pourvues ne sont pas des femmes mais juste qu’en avoir un fait que forcément j’en suis une. Vous suivez ? Bon.

Alors pourquoi la journée de la femme me donne t-elle de l’urticaire ? Pourquoi la grosse majorité des « manifestations » qu’on y accole m’insupporte et me met les nerfs en pelotes ? Et pourquoi le Manifeste des femmes pour la Sécurité Routière m’a-t-il carrément mise dans une rage noire ?

C’est vrai. Pourquoi ? Parce qu’au fond, je suis féministe. Plus d’un homme sur deux, sur Terre, est une femme, ça me paraît donc une évidence : les Hommes naissent libres et égaux en droits. Donc les femmes aussi. Y a pas besoin d’en faire toute une littérature, ça devrait être un fait. Donc défendre ce fait est une évidence aussi.

Ben nan.

J’accroche pas à tous ces machins : les quotas, la discrimination positive, l’égalité institutionnelle… c’est rien que des faux nez, et des vilains qui plus est. Des trucs mal bricolés mais avec une belle vitrine et qui permettent de dire : « Attention ! On est dans le pays des droits de l’Homme ici ! On fait ce qu’il faut pour les femmes. Tenez d’ailleurs, elles ont leur journée à elles. Toute une journée entière pour dire tout ce qu’elles veulent ». Ce qui ne sous-entend pas du tout, bien sur, que le reste de l’année elles doivent la boucler. Non. Personne n’a jamais dit ça.

Et pourtant, à travail égal, elles sont moins bien payées. Alors comme on est en France (les droit de l’Homme et tout ça…) ben ça veut dire qu’elles travaillent moins bien sans doute et pis c’est tout. Les femmes sont majoritaires dans les emplois précaires. Pas parce que ce sont elles qui s’occupent des enfants et qu’il est difficile, surtout quand on est seule, de gérer le planning de dingue qu’engendre les gardes d’enfants, les horaires scolaires, les transports, et un boulot à temps complet. Je rappelle aux distrait(e)s qu’on est en France (les droits de l’Homme…) c’est donc sûrement qu’elles sont mal organisées. Ne parlons même pas de ces jeunes filles des cités, en butte à d’innombrables et d’innommables préjugés… Quoi ? Elles vivent au pays des droit de l’Homme ! Si elles n’arrivent pas à passer outre, c’est qu’elles le veulent bien. Et moult autres exemples de l’incapacité des femmes à être les égales des hommes alors que leur pays leur fournit bonnassement toute une panoplie d’outils dont elles n’ont qu’à se servir. Pffff ! Sottes qu’elles sont…

Quant au Manifeste des femmes pour la Sécurité Routière, c’est carrément une aberration intellectuelle pour moi. Je comprends pas. Que la DSCR ait eu l’idée, ça non, ça ne m’étonne pas outre mesure. Opposer les usagers de la route, c’est un jeu qu’ils connaissent bien et pratiquent abondamment : les autos contre les motos, les cyclos contre les motos, les vélos et les piétons seuls contre tous, les bons conducteurs contre les mauvais, et là les femmes contre les hommes… sûrement qu’ils ont trouvé une logique à ça, mais leur raisonnement est trop éloigné du mien pour que je vous l’explique… Non, ce que je ne comprends pas, c’est qu’une femme ait participé à ça. Que d’autres le signent. Qu’elles y croient. Alors qu’à moi, le message qu’il y a derrière me donne la nausée : la femme qui constate la conduite à risque de son mec et qui se tait (par tendresse ? par lassitude ? c’est une femme qui a écrit ça ??), est-ce que c’est la même que celle qui la boucle quand elle prend une baffe ? Ou est-ce qu’au fond c’est dans la nature de toutes les femmes de se taire ? Et de tous les hommes de faire les cons ?

Oui le sujet m’agace. Profondément. Jusqu’aux ovaires j’ose le dire. Et sûrement que la chose vue de la coordination du Bureau National de la FFMC n’arrange pas mon état. La focale est précise et ciblée. Je suis bien placée pour savoir et pour dire que les motards ne sont pas des gros bourrins machos, et surtout pas à la FFMC, eux qui élisent une femme pour les « représenter » (la représentation est collective, la coordinatrice n’a pas de place prépondérante mais au moins, vu de l’extérieur, y a une femme à la tête de la FFMC). Dire que les motards sont machos, c’est aussi con que de dire que les femmes sont féministes. Et me dire que je suis une femme qui fait de la moto, c’est très con aussi. Et me demander de me revendiquer comme telle, ça me défrise (ou ça me frise, plutôt…). Est-ce qu’on dit à un homme qu’il est un homme qui fait de la moto ? Non. C’est un motard. Eh ben moi aussi je suis un motard. Point. C’est ça l’égalité. Elle ne se cache pas dans la féminisation des mots ou dans des décrets ni dans des lois. Elle est une évidence. Elle doit l’être en tout cas. Et toutes les béquilles juridiques, légales, politiques, médiatiques, artistiques, etc… (tiques) qu’on pourra inventer n’y changeront rien.

C’est une question d’éducation. De culture même (dans le sens que ça se cultive…). Pas d’atavisme là-dedans : le dernier homme des cavernes a bouffé son gourdin par la racine depuis longtemps. Et c’est surtout une question de libre arbitre, qu’il soit féminin ou masculin, et pour en avoir et le conserver, évitons ensemble de tomber dans les panneaux du politiquement correct. La journée de la femme est un leurre. Elle a le mérite d’exister mais elle ne doit pas occulter le reste de l’année et la misère égalitaire qui règne au pays des Droits de l’homme. J’y mets un petit « h » exprès parce que c’est ça la vérité… 364 jours pour les droits de l’homme, 1 jour pour les droits de l’autre moitié de l’humanité : les femmes.




France




PS : mes sœurs et mes frères, j’en profite pour vous appeler à la vigilance. Les droits des femmes, les acquis féministes, les vrais, sont la cible de nombreux vilains pas beaux qui se cachent derrière d’innombrables masques…

Quelques liens vers des infos qui ont circulé à l’occasion du 8 mars et qui m’ont marquée :

Celui-ci d’abord, car j’ai écouté ces femmes sur France Inter et pour elles (qui ne vivent pas au pays des Droits de l’Homme), cette journée a une réelle signification :

http://www.mesopinions.com/L-appel-du-8-mars-pour-la-dignite-et-l-egalite-petition-petitions-a89238a98fc0692c7924831a31f907b8.html

Cette info délirante lue sur le site de Ni Putes Ni Soumises : http://www.elle.fr/Societe/News/Des-collegiennes-en-jupes-sont-priees-de-changer-de-tenue-1958988

Celui-ci qui colle les foies : http://www.humanite.fr/societe/les-pro-ivg-%C2%ABenlevez-vos-revers-de-nos-ovaires-%C2%BB-491937?x

Et pour bien finir, ceci qui prouve si besoin est que nous n’avons aucun besoin qu’on nous donne la parole, juste, nous devons la prendre :

http://www.motomag.com/Femme-noire-motocycliste-aux-USA-l-histoire-de-Bessie-Stringfield.html#forum61183

samedi 10 mars 2012

Tic Tac

Tic-tac, tic-tac… vous connaissez ce petit bruit entêtant du temps qui s’écoule inéluctablement et qui nous rappelle qu’il nous est compté à tous? Qu’on le nomme minutes, heures, jours, mois ou années, il se résume toujours par ces 2 petits bruits qui inlassablement égrainent le temps qui passe. Ce petit bruit qui semble innocent, a des pouvoirs qu’on ne soupçonne pas : il découvre doucement un bilan que l’on voudrait cacher. Il met à jour les personnalités, les mensonges, les incompétences et dévoile les pronostics, les critiques, les prévisions, bonnes ou mauvaises. Il rend nerveux les présomptueux qui croyaient mettre au pas des millions de personnes. Cette nervosité qui prend la forme de tics et de tocs… tiens donc…

Quel que soit l’endroit d’où il vient, d’une montre swatch, ou d’une rolex, le tic-tac est le même, qu’il soit d’or ou de chiffon. Et son jugement n’en est que plus tranchant. Mais les concernés nous disent qu’ils ont une tactique en réserve. Tac-tic… Tiens, vous voulez nous la faire à l’envers ? Et vous pensez que cela marchera ?

Près de 3 800 000 secondes environ nous séparent de cette échéance primordiale concernant 60 000 000 de Françaises et de Français dont près de 3 800 000 d’usagers de 2 et 3 roues motorisées. Quelle coïncidence ! Oui, on a bien dit, 3 800 000 de secondes et non 1 300 000 secondes. Cela laisse évidemment plus de temps, mais si l’on traduit en mécontents… Ces petites secondes qui semblent inoffensives, auxquelles personne ne prête attention, qui ne figurent même plus sur nos smart-phones derniers cris, ces petites secondes qui s’égrènent font, par leur action répétitive, discrète mais réelle, bouger les grandes aiguilles. Avez-vous d’ailleurs remarqué qu’on ne règle pas la trotteuse d’une montre ? Pourtant c’est elle en effet qui, implacablement, influe et fait varier le temps.

Les 3 800 000 usagers de 2 et 3 roues motorisées vous le disent dans le creux de l’oreille, Mesdames et Messieurs les candidats. Oui, nous bougeons toujours et encore ! Non, vous ne nous arrêterez pas ! Et oui, nous allons vous faire bouger, que vous le vouliez ou non, parce qu’aussi insignifiant que nous puissions paraître, vous ne nous règlerez pas d’un coup de molette, tout simplement parce que nous détenons une force qui vous est étrangère, celle de l’indépendance et de la liberté.

Tic-tac, tic-tac, le temps s’égrène inexorablement Mesdames et Messieurs les candidats et il est temps de nous écouter !

Nathanaël

mardi 21 février 2012

Les Carburants Sociaux


On constate tous les jours, que les carburants coûtent trop cher, mettant à mal notre liberté de circulation.
Ce billet a vocation à vous en présenter 2 autres, non palpables certes, mais bien présents dans nos vies et dans notre société.

La peur, tout d’abord. Un carburant connaissant peu de pénurie, surtout aux abords d’une élection ayant comme enjeu, le pouvoir suprême. Il n’est pas taxé, est distribué gratuitement, en masse et quotidiennement. Il est incolore, indolore, sans odeur et sans saveur.

FFMC-peur-carburant-moto-238.jpegMais sa capacité de nuisance est terrifiante. Il se répand telle une marée noire et touche la moindre parcelle, le moindre organisme. Il pollue les nappes démocratiques, pollue l’atmosphère républicain, pollue l’air social, pollue les citoyen(ne)s qui y touche.

Un exemple de marée noire récente ?

Une cité un peu bruyante ? : Quelques immigrés de trop !

Une crise aux causes gênante ? : Une dette publique trop importante !

Une dette publique trop importante ? : Un assistanat trop présent !

Un assistanat trop présent ? : trop de jeunes désœuvrés dans les cités !

Trop de jeunes désœuvrés dans les cités ? : Une immigration trop présente…

Facile, non ? On pourrait même détailler un peu plus. Et puis, qui irait vérifier ? Qui en a envie ? Qui ira tremper ses pieds dans ce produit visqueux, cancérigène, gangrénant et collant qu’est cette pollution ? Autant faire confiance au petit écran d’une télé, assis sur un canapé. C’est bien plus confortable, au chaud, au sec. Et tant qu’on n’est pas concerné…

Mais j’y pense, l’enjeu de campagne en 2002, c’était quoi déjà ? Ah oui, la sécurité routière. Les morts sur la route, etc… ! Pour la sécurité de tous, la « peur du gendarme » est devenue un dogme, utilisé en tant que tel et pas pour résoudre les problèmes, quels qu’ils soient. Ou comment utiliser une fonction régalienne à des fins électoralistes, surtout quand ces gendarmes prennent la forme de cubes, sur le bord des routes, flashant sans discernement des usagers pris par la peur de perdre leurs points. Des citoyens avec la peur de se faire attraper à 6 km/h de trop par rapport à la vitesse autorisée. Alors, comme pour l’exemple ci-dessus, il faut trouver des coupables méritant ces coups de bâton. Et comme l’exemple ci-dessus, la minorité fera bien l’affaire. Voyons, une minorité, sur la route, avec une image subversive… qui pourrait bien jouer ce rôle ?

Mais ce carburant qu’est la peur, coûte de plus en plus cher à notre société. Détériore notre vie, notre environnement, et nous devons impérativement prendre conscience de la manière dont il est fabriqué, à qui les bénéfices (ou les crimes) profitent et quelle en est la finalité.

Le Mouvement FFMC dans son ensemble substitue à ce carburant de mauvaise facture, une énergie alternative avec laquelle il fonctionne depuis plus de 30 ans. Non pas un carburant issu d’une quelconque source végétale, ni d’une huile tout aussi noire que les idées passées.

Notre carburant est renouvelable, efficient, durable, économique, inépuisable… C’est tout simplement celui du vivre ensemble, de la formation, de l’utopie réelle et réaliste d’une autre société, basée sur la solidarité et la lutte des discriminations. Il ne coûte que 38 euros/ an et si vous voulez faire le plein pour cette année et pour les autres, c’est ici.

Nathanaël

jeudi 9 février 2012

L’aboutissement.

J’ai un scoop !

Les techniciens de la Sécurité Routière, ceux qui sont dans l’environnement proche du ‘Ministère Englobant les Routes qui se Dégradent, l’Intérieur et la Communication’ (M.E.R.D.I.C), ont travaillés en secret sur la définition et la mise au point d’un nouvel équipement destiné aux motards. Le nec plus ultra de ce qui se fait de mieux en matière de protection. C’est l’aboutissement logique de tout ce qui s’est dit au cours de l’année écoulée, la synthèse des dizaines d’heures d’auditions à l’assemblée nationale étoffée par les multiples travaux des spécialistes et éclairée par l’observation attentive de ce qui se fait de bien chez nos voisins (ceux qui trouvent, pas ceux qui cherchent).

Un constat : le motard est fragile.

Un motif : il n’est pas confiné dans un habitacle.

Une mission : Il faut le protéger.

En réalité ça fait quelques temps que cet équipement est finalisé. Mais le chef du Ministère, grand stratège parmi les grands, il a donné des instructions pour l’amener en douceur la merveille. Graduellement ça a débuté et graduellement ça va continuer.

D’abord on a bétonné la communication sur l’hécatombe. Avec des moulinets de bras et effets de manche à la télé, ça l’a fait !

Puis vint le temps de l’annonce des premières mesures CONCRETES ciblant la protection, (si vous ne rajoutez pas concrètes vous n’êtes pas crédibles lui ont susurré les communicants) : contrôle technique, brassard rétro-réfléchissant, éthylotests en quantité suffisante (le motard est réputé gros buveur). Demain, toujours par soucis de protection, on rajoute un triangle de signalisation (obligatoire dans les autres véhicules à 4 roues depuis belle lurette), des provisions pour éviter l’hypothermie en cas de panne par temps frais (la liste des courses sera jointe au prochain décret rendant cette mesure obligatoire),de la boisson énergisante en cas de grosses chaleurs, la tenue de pluie normalisée, la sangle de remorquage si des fois vous avez glissé sur du gasoil, la bombe anti crevaison pour les malchanceux, une couverture de survie, du sparadrap pour les petits bobos, une visière de rechange pour les gravillons. Voilà ! Les premières obligations sont connues, les autres sont dans les tuyaux.

Bien entendu chaque manquement est passible d’une amende et perte de points.

Ça en fait des trucs à emporter pour conserver son permis, son argent et être en sécurité. Eh bien justement, l’ultime étape de ce travail est programmée au printemps prochain, au moment où le moral revient avec la hausse des températures.

Au menu : conférence de presse, passages répétés sur les ondes, plateaux télé avec les peoples, pleines pages dans les journaux, tous les essayeurs motos de la presse spécialisées sur le pont… pour annoncer d’une même voix forte et triomphante la naissance du sac-à-dos sécurité routière, normalisé, estampillé, étudié pour. Il sera obligatoire pour tous les motards qui pourront en plus y glisser un porte-monnaie pour alimenter les bornes de péage des stationnements urbains et entrées de zones Zapa.

Bien entendu il faut un slogan pour cristalliser autour du produit et assurer le lancement dans les conditions optimum. Le Ministre voulait quelque chose de simple, objectif et proche du terrain. Le message finalement retenu est : « Motard pars rassuré, grâce au M.E.R.D.I.C la Sécurité Routière, tu l’as dans le dos».

Franchement je suis impatient.

Patrick

lundi 30 janvier 2012

J’ai fait un rêve…

Je me suis endormi en plein milieu d’une émission télévisée qui pourtant aurait dû capter toute mon attention et me tenir éveillé bien au-delà de son terme.

Je me suis endormi au beau milieu du premier grand combat pour l’élection présidentielle. Je me suis endormi, bercé par les milliards, les milliers de milliards que nos édiles manipulent comme nous manipulons les quelques pièces de monnaie au fond de notre poche avant d’en sélectionner quelques une pour régler la taxe sur le stationnement en zone urbaine ou la baguette quotidienne (on peut s’en offrir 1.052.631.578 avec un milliard d’euros). Je me suis endormi parce que franchement ces coqs lâchés dans l’arène, débattant à fleuret moucheté, se jetant à la face avec un sourire entendu les derniers chiffres qui règleront définitivement le sort de cette putain de crise que personne au demeurant n’a vu venir… mais que cependant tout prétendant à la magistrature suprême se fait fort d’éradiquer… avec quelques centaines de millions ponctionnés par-ci, quelques dizaines de milliards économisés par là… enfin quoi c’est pas compliqué ! Y’aura même pas assez de chômeurs pour occuper tous les nouveaux emplois qui nous sont promis, faudra en importer !

Stop ! Comprend pas ! Neurones en folie ! Je décroche… je dors.

Et quand je dors, je rêve…

… Le candidat a employé des mots que je comprenais, il a parlé de société, de qualité de la vie, de liberté de circuler, de choix de société. Il a dit que bien entendu la crise, le chômage, l’économie, la finance il allait s’en occuper parce qu’il avait fait les études pour ça et que le pays regorgeait de spécialistes tout à fait capable de lui indiquer la bonne méthode et qu’il n’était pas utile de faire le malin avec les chiffres… il a dit que c’était pas la peine d’emmerder les citoyens avec des lois stupides, inutiles, liberticides, accumulées les unes sur les autres jusqu’à saturation, jusqu’à l’absurde… il a dit qu’il était primordial de remettre l’Homme dans la société, qu’il fallait mettre fin au tout répressif, arrêter l’escalade des sanctions automatisées…arrêter de créer de nouvelles infractions… il a dit qu’il fallait un Homme pour sanctionner, un Homme pour expliquer, un Homme pour former, des Homme en face des Hommes… il a dit que les mots ‘répression’ ‘chasse aux chauffards’ seraient bannis du vocabulaire parce qu’indignes du pays des droits de l’Homme…il a dit que les panneaux ‘trous en formation’ seraient supprimés car il était plus pertinent de boucher les trous…il a dit que les rails de sécurité seraient doublés parce qu’il était scandaleux de faire comme si personne n’en était victime… il a dit que pour voir mieux les autres usagers de la route fallait pas éteindre les lumières…il a dit que pour lutter contre l’hypovigilance les radars n’étaient pas adaptés…il a dit que la Sécurité Routière était symptomatique des dérives sécuritaires et de l’immobilisme de nos dirigeants et symbole de la pensée unique et qu’une autre politique de Sécurité Routière devenait nécessaire… Il a dit…vous êtes suffisant Monsieur…le compte n’y est pas !

Merde je venais de me réveiller.

C’était pourtant un beau rêve…pas très difficile à transformer en réalité, il suffirait peut être de lâcher prise et de cesser de se faire aspirer par le système…

« Brimez tous mes droits, et il me restera toujours celui de rêver ». (Martin Roy)

J’y retourne !

Patrick

jeudi 26 janvier 2012

Les éléments de langages

Avec les éléments de langages tout devient possible : une réforme fiscale favorisant les plus riches en faisant passer ça pour de la justice sociale. Une hausse de la TVA « à raison sociale » jugée tout aussi indispensable qu’une baisse des jours de congés « jugés inéluctables ». Ou encore des valises pleines à craquer de billets noirs Africains devant être blanchis pour quelques hommes blancs, plus de peau que moralement…


Et les éléments de langages dans la sécurité rentière ? Il y en a aussi ! Jugez plutôt… Par exemple celui qui consiste à présenter les 4000 familles endeuillées tous les ans à cause de la route. Impossible de ne pas être sensible à ça ! Ou bien celui de la qualité médiocre de l’air, provoquant 42 000 morts par an et justifiant les Zones d’Action Prioritaire pour l’Air (ZAPA)! Cela vaut bien les restrictions de circulations touchant les véhicules de plus de 10 ans, non ? Des vies contre des voitures! Et un contrôle technique pour favoriser cette qualité de l’air ? Il existe déjà pour les voitures, appliquons-le aux 2RM. Ce sont des véhicules polluants, n’est ce pas ? Pour la visibilité des motards, la solution est toute trouvée : le gilet jaune avec dispositif réfléchissant! Comme pour les vélos. Enfin, pour la sécurité des 2 RM, verbaliser les remontés de files. La loi, c’est la loi ! Elle est la même pour tous ! Alors, chacun dans sa file et les morts seront bien gardés ! Pour finir, il est indispensable de brider les vitesses. De toute façon, les limitations s’arrêtent à 130km/h. Quelle utilité d’avoir des véhicules dépassant les 250 km/h ?! Voici une liste non exhaustive d’éléments de langages imparables qui valent de l’or !

Et que fait la FFMC dans tout ça ? Manifester ? Revendiquer ? Ceci dans le « mépris de la réalité » et sans se soucier de l’honnête travailleur, qui se lève tôt. Cet honnête travailleur qui devra opter pour le « report modal » pour aller au boulot, parce que trop peu argenté pour changer de voiture pour cause de récente ZAPA dans sa ville. Il achètera donc un 2RM. Cela lui permettra de pouvoir passer un contrôle technique qui lui coûtera 40 euros pour un simple contrôle visuel. Il se sentira ainsi en grande sécurité même si les problèmes techniques sur des 2RM ne représentent que 0.7% des accidents. Mais grâce à ce contrôle, il sera serein sur le périphérique, coincé entre les voitures et les camions sous une pluie battante, attendant que la file avance. Parce qu’on lui a dit qu’il est interdit de remonter les véhicules et qu’un 2RM supporte très bien les percussions à l’arrière, son conducteur ayant une capacité d’éjection dont ne dispose pas un automobiliste, pris dans sa ceinture de sécurité et ses airbags… Par contre, pour sa sécurité le gouvernement lui a permis de disposer sur ses 2 petits bras, de brassards réfléchissants. Mais, toujours pas d’aide pour l’achat de son casque ! Au fait, permis, c’est bien ce petit papier rose sur lequel sera enlevé 2 points s’il oublie ses petits brassards. Et les personnels d’autoroutes qui se plaignent d’être mal vus ! Ils sont fluos de la tête aux pieds! En revanche, ces personnels d’autoroutes seraient tous en sécurité si tous les véhicules étaient bridés à 130 km/h. Le rêve d’un trafic routier à la « minority report ». Et la passion de pouvoir rouler en adaptant sa vitesse ? « La passion est un mépris de la réalité. » Citation du professeur Got. Tant pis pour la réalité des accidents arrivant majoritairement entre 0 et 50 km/h ! Mais peu importe pour ce professeur, d’autant qu’il fait partie des voix autorisées dans le milieu de la sécurité routière Les voix autorisées, c’est comme les milieux autorisés…

Coluche, un illustre motard rempli de vices, au sommet desquels son goût pour l’engagement militant, avait analysé ces milieux autorisés. Nous, vous, n’en faisons pas partie ; et seuls les types qui s’autorisent à s’y trouver, s’autorisent d’y penser un grand nombre de conneries accessibles aux seules personnes autorisées… bref, vous êtes autorisés à circuler… y’a rien à voir !

Ces milieux autorisés ne jugent, ne pensent n’analysent que sous la plume de la punition, de la répression, du bâton tout en gardant la carotte pour eux. Peu importe si ces milieux s’autorisent à claquer des bilans carbones aussi lourds que leurs mallettes, ou des excès de vitesses assumés par leurs chauffeurs privés. Peu importe si ces membres dilapident l’argent public dans des solutions sécuritaires balayant d’un revers de main les droits les plus fondamentaux des Citoyens de leur pays. Quand un 2 roues motorisé s’invite dans ce premier cercle très privé, nous entendons parler d’analyses ADN et de moyens dignes des experts à Miami.

Comment ne pas se rappeler cette balle phrase, tout aussi intemporelle qu’universelle et précieuse : « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit ! »

Alors, à quoi sert-elle la FFMC ? A considérer avec le plus grand mépris ces politiques actuelles tout aussi dogmatiques et iniques. La FFMC oppose à ces éléments de langages gouvernementaux, la parole de près de 4 millions d’usagers, dont les éléments de langage militant, certes moins élaborés mais bien plus sincères, sont ceux de la solidarité, de la résistance et du combat !

Alors adhérez à la FFMC !

jeudi 19 janvier 2012

La bêtise insiste toujours

Cet aphorisme d’Albert Camus (La Peste) trouve une nouvelle fois sa légitimité dans l’actualité liée à ce qui nous préoccupe ces jours ci, nous usagers de la route circulant en deux-roues motorisé.

Il se trouve que l’augmentation de la taille des plaques d’immatriculations de nos chers véhicules et la volonté de rendre plus visibles leurs conducteurs en les affublant de ‘sur vêtements’ colorés et fluorescents faisait partie des leitmotivs de nos meilleurs ennemis il y a déjà quelques années. Si, si, les sentencieux de la LCVR préconisaient même à l’époque que notre immatriculation soit inscrite sur la casaque qu’ils voulaient nous voir endosser.

Il se trouve que depuis des années les mêmes arguments chiffrés sont utilisés à l’envie dans toute communication des politiques ou techniciens en charge de la Sécurité Routière…vous les connaissez par cœur les fameux « 1% de vitesse en moins = 4% de tués en moins » ou bien « les motards représentent 2% de la circulation mais 25% des tués », mais aussi « que sont 600 millions d’euros de recettes du CSA en regard des 23 milliards que coûte l’insécurité routière! » Si, si, la dogmatique présidente de la LCVR mais également l’inflexible ministre des tués sur la route en ont encore largement abusé en ce début d’année. Le premier flic de France dans son discours du 2 janvier, la ‘Pythie’ reprenant bêtement l’argumentaire, manifestement mal maitrisé, dans un débat télévisé deux jours après.

Je ne reviendrai pas sur l’évidence qu’il suffirait de ne plus rouler pour qu’il n’y ait plus d’accident et donc plus aucun mort sur les routes. Je ferai juste un petit commentaire sur le fait aujourd’hui évident (sauf pour le ministre) que la population des deux-roues motorisé représente largement plus de 2% du trafic et que donc il faudrait cesser de martyriser les motards avec ce qui est devenu aujourd’hui un scandaleux mensonge. Je m’arrêterai cependant un instant sur ce colossal chiffre de 23 milliards d’euros, tellement impressionnant que personne ne pense à regarder de quoi il est composé.

23 milliards d’euros, c’est le Smic annuel de 1 369 000 personnes, c’est 342 années de revenus (sur la base du Smic) des 4 000 tués sur la route. Ce chiffre outre les vrais coûts directs liés aux accidents intègre une pléthore de coûts théoriques tels que la perte de production future des tués, la perte de production potentielle de la descendance, l’évaluation de divers préjudices ainsi qu’une évaluation des coûts purement matériels. Bien évidemment ces diverses sommes ne sont nullement à charge de la Nation. Il est donc parfaitement choquant de présenter le résultat de cet amalgame comme une dépense à charge de la collectivité. Il est scandaleux d’insinuer que tout cet argent qui nous est soutiré en permanence, dans la majorité des cas pour des ‘infractions’ excessivement minimes n’est finalement qu’une très maigre contribution comparé l’énorme charge qu’engendre notre comportement de délinquant de la route. Nous sommes indignés par ces manipulations comme nous sommes indignés par la politique du chiffre autour de la vitesse et des radars, par la stigmatisation de la catégorie d’usagers que nous représentons, comme nous serons indignés demain par les différentes nouvelles obligations que l’on tentera de nous imposer et qui sont annoncées par la mise en place du nouveau groupe de travail sous l’égide du Préfet Guyot intitulé : « la circulation inter-files et le port d'équipements de protection individuelle ».

<< Il est dans la nature de l’homme d’opprimer ceux qui cèdent et de respecter ceux qui résistent. >>
Résistons alors !

Patrick

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