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La FFMC a participé à la concertation sur le deux roues motorisé (parfois appelé Grenelle de la moto) lancée à l’initiative de la DSCR le 5 juin 2009. Dans un souci de transparence, et afin de rendre compte auprès de ses adhérents et plus largement auprès du monde motard des discussions qui interviennent dans les différentes thématiques (formation, infrastructures, réglementations, etc...), la FFMC a mis en place ce blog qui a été alimenté au fur et à mesure des réunions. Le 31 mars 2011, la FFMC n'a pas souhaité poursuivre les débats de plus en plus fermés. Les mesures répressives annoncées par le gouvernement le 11 mai 2011 lui ont donné raison. Pour autant, la FFMC continue d'alimenter le blog pour faire partager ses travaux et ses analyses sur la sécurité routière.

vendredi 3 mai 2013

Sécurité routière : en avril, ne te découvres pas d’un fil et en mai, dis ce qu’il te plait

La FFMC propose des chiffres de sécurité routière prédictifs

Les chiffres de l’accidentalité routière d’avril 2013 ne vont pas tarder à tomber et nous faisons le pari qu’ils ne seront pas bons… particulièrement pour les deux roues. Pire, ils traduisent un relâchement ! Et la petite voix des enfonceurs de portes ouvertes de crier : « Vite, vite, des radars ! »

Effectivement, chaque année, à chaque printemps, le nombre de véhicules en circulation repart à la hausse et mécaniquement le nombre d’accidents connaît aussi une légère croissance qui va en s’amplifiant pour atteindre son pic au plus fort de l’été.

En 2013, ce phénomène s’est accentué avec un hiver particulièrement long et rigoureux au cours duquel les deux roues sont peu sortis des garages, et pour cause ! Aussi, avec l’arrivée des beaux jours, les motos ont logiquement refait leur apparition sur les routes et l’accidentalité a mécaniquement suivi. CQFD.

Pourtant, au milieu de l'habituel concert d’interprétations douteuses, il n’est pas inutile de rappeler que la mortalité routière est passée de 16 000 morts au début des années 1970 à 3 963 décès en 2011.

Les tenants du tout répressif proclament aussitôt que c’est « grâce aux radars », les mêmes qui disent aussi que lorsque la mortalité routière ne baisse pas assez vite, voire même remonte de quelques dizaines, « c’est parce qu’il n’y a pas assez de radars ! ». Ils arrivent même à prétendre, quand les chiffres ont baissé avant même que des nouvelles restrictions ne soient mises en place, « que c’est grâce à l’annonce des mesures que les gens ont levé le pied ».

Bref, vive la punition collective et les radars, ces formidables machines à tuer les morts plus vite et plus fort que la crise économique, les facteurs météo et les progrès de nos véhicules modernes en matière de sécurité active et passive…

Quant à imaginer que les conducteurs puissent d’eux-mêmes s’approprier les enjeux de sécurité routière aujourd’hui plus qu’hier et moins que demain, c’est une chose que les technocrates de la sécurité routière et les ministres en charge de ces questions ne peuvent concevoir… Car cela voudrait dire qu’ils devraient commencer à considérer leurs concitoyens comme des adultes responsables et non plus comme des petits enfants pas sages.
Moralité : continuons de communiquer, de combattre les idées reçues et de défendre des causes justes !

mardi 23 avril 2013

La bêtise insiste toujours.

Cet aphorisme d’Albert Camus (La Peste) trouve une nouvelle fois sa légitimité dans la toute nouvelle communication de la Sécurité Routière spécialement dirigée à notre encontre, nous les usagers de la route circulant en deux-roues motorisé.

Il se trouve que depuis des années les mêmes arguments, souvent chiffrés ça fait plus sérieux, sont utilisés à l’envie dans toute communication des politiques ou techniciens en charge de la Sécurité Routière…vous les connaissez par cœur les fameux « 1% de vitesse en moins = 4% de tués en moins » ou bien « les motards représentent 2% de la circulation mais 18% des tués » et depuis quelques temps « 27 fois plus de risque d’être tué en moto qu’en voiture »…

Ça faisait longtemps que la Sécurité Routière n’avait pas sortie de spot débile ou de message stigmatisant pour la population des motards. Ça paraissait cohérent avec notre participation au CNSR. Finalement le retour du soleil les a démangé, ils n’ont pas pu résister, pas pu patienter (allergie printanière probablement). L’attirail de la motophobie primaire est de nouveau affiché.

Je ne reviendrai pas sur l’évidence qu’il suffirait de ne plus rouler pour qu’il n’y ait plus d’accident et donc plus aucun mort sur les routes. Je ferai juste deux commentaires. Il est aujourd’hui évident (sauf pour la Sécurité Routière) que la population des deux-roues motorisé représente largement plus de 2% du trafic et que donc il faudrait cesser de martyriser les motards avec ce qui est devenu un scandaleux mensonge. Comparer le risque de mortalité moto/voiture à autant de sens que comparer le risque de noyade entre un marin pêcheur et un alpiniste.

Nous sommes indignés par ces manipulations comme nous sommes indignés par la politique du chiffre autour de la vitesse et des radars, par la stigmatisation de la catégorie d’usagers que nous représentons, par la discrimination à l’encontre des conducteurs de véhicules à deux ou trois roues motorisé, comme nous serons indignés demain par les différentes nouvelles obligations que l’on tentera de nous imposer alors même que personne ni aucune étude sérieuse n’auront été en mesure de prouver leur pertinence et leur efficacité.

Patrick

jeudi 28 février 2013

Ceteris paribus sic stantibus

Pour prouver la nécessité de son action et l'efficacité des mesures qu'elle prend, la sécurité routière utilise une statistique essentielle, la courbe du nombre de tués sur la route. Et si la courbe générale baisse depuis 1972, celle des motocyclistes, qui a fortement augmenté durant les années 1970 et reste ensuite à peu près stable jusqu'en 2008, suit un chemin inverse. Cette situation s'explique de la façon la plus simple, par l'explosion des immatriculations de motocycles, qui ont été multipliées par 100 entre 1965 et 1999. Sans doute trop simple, cette explication n'est jamais mise en avant par la politique publique de sécurité routière : à la place, le Délégué interministériel en poste dans les années 1970, années de forte hausse de la mortalité des motocyclistes, revenu "terrifié" après avoir passé son permis moto et convaincu qu'il avait affaire là à un "engin diabolique" a inventé une politique fondée sur des bases non plus rationnelles, mais émotionnelles, en cherchant à tout prix à décourager l'usage, sinon de la moto en général, du moins celui des grosses cylindrées.

Avec lui est née l'idée selon laquelle le risque à moto était d'autant plus élevé que les machines étaient puissantes, d’où découle une réglementation comme l'interdiction de commercialisation des motos de plus de 73,6 kw, toujours en vigueur en France et plus que jamais unique en Europe. Et cette approche émotionnelle n'a jamais été démentie par la sécurité routière, par manque d'études appropriées, faute aussi de données valides puisque les calculs de coin de table utilisés jusque voici peu pour calculer le parc des motos sous-estimaient celui-ci d'un facteur deux, voire trois, et conduisaient l'ONISR à développer des explications essentialistes telles le "problème motard français" selon lequel les motards français se tuent trois fois plus que les allemands, alors même que l'on peut banalement démontrer qu'il n'existe en l'espèce aucune différence significative. Enfin, la sécurité routière s'obstine dans une analyse par définition vide de sens en comparant automobilistes et motocyclistes, alors qu'elle devrait s'en tenir à ce qui est comparable, la situation des usagers vulnérables de la route, cyclistes, cyclomotoristes, utilisateurs de motocyclettes légères, et motards.

C'est pourquoi il n'est pas inutile de se livrer à un petit exercice appuyé sur les données statistiques disponibles les plus fiables, venant des sociétés d'assurance, pour effectuer cette comparaison. On verrait alors que les usagers de deux-roues motorisés qui connaissent le plus fort risque d'être tués sont les plus lents, les cyclomotoristes, et que les faibles différences entre motocyclettes légères et lourdes ne s'expliquent pas par des questions de puissance, mais par l'usage essentiellement urbain des premières, puisque leurs conducteurs ont bien plus d'accidents, mais qu'ils sont généralement moins graves. Enfin, en s'intéressant au seul cas de Paris intra-muros, on peut constater que l'écart entre l'accidentalité des usagers de deux-roues motorisés en général et celle des cyclistes reste faible, et que leur accidentalité globale est, de toute façon, bien supérieure à celle des automobilistes.

Denis Berger

http://sociomotards.net/

vendredi 22 février 2013

Port des gants obligatoire : la fausse « bonne idée »

Circuler sur un deux-roues motorisé est une chose risquée… on le sait. Non pas que le véhicule soit dangereux en soi, mais son conducteur (et passager éventuel) est à cheval dessus et ne bénéficie d’aucune protection en cas de chute, de choc, d’éjection, bref en cas d’accident de la circulation. Déjà à 10 km/h, on peut se faire mal, alors aux allures usuelles, on peut se faire très mal… et pire encore. Donc, tout le monde est d’accord pour dire que sur un deux-roues, on est vulnérable et qu’il faut donc se pro-té-ger ! Les motards (ceux qui ont passé un permis moto et qui circulent le plus souvent possible à moto) le savent bien : alors que le casque est le seul équipement obligatoire, les motards portent en grande majorité un blouson renforcé, du cuir, des gants de moto, de bonnes chaussures ou des bottes.

gants-moto-nikolaz-vignette.jpg

Autrement dit, les motards font d’eux-mêmes des choses qui ne leur sont pas imposées par un texte réglementaire… ça alors ! Faut dire que les motards ont de la chance : ils aiment rouler à moto, ils lisent des journaux qui ne parlent que de ça et ça ne les dérange pas de ressembler à des motards puisqu’ils se définissent comme tels.

Mais il n’y a pas que des « motards » qui circulent à deux-roues. Dans les grandes villes où les gens sont désormais confrontés à des questions de « mobilité », il y a aussi plein d’hommes et de femmes qui circulent sur des deux-roues et qui ne sont pas des « motards », au sens passionnel du terme… en général, ils se déplacent sur des scooters correspondant à des catégories administratives auxquelles ils ont accès avec leur permis auto et une petite formation validée par une attestation. Ils portent un casque parce qu’ils savent que c’est obligatoire et aussi parce que c’est indispensable (tout de même !). Les plus avertis adoptent une veste renforcée et parfois, des gants. Pour le reste, c’est souvent le costard-cravate et les chaussures de ville (ou les escarpins) qui complètent une panoplie d’abord conforme aux codes vestimentaires en vigueur au bureau où l’on se rend à deux-roues uniquement parce c’est le mode de transport qui permet de ne pas trop perdre de temps sur des journées déjà bien chargées. Reste les ados sur leurs cyclo ou scooter… souvent en survêtement-baskets parce que les parents font peu cas de l’équipement de leurs mômes et que de toute façon, il n’y connaissent pas grand-chose non plus sur la question (faute d’information).

Brain-storming au ministère

A force de réfléchir sur la question de la sécurité des usagers en deux-roues motorisés et au terme de centaines de réunions et la publication de quelques rapports d’experts, les fonctionnaires de la Sécurité routière sont arrivés à la conviction que le port d’un équipement « adapté » permet de réduire la gravité des blessures dans les accidents de deux-roues. Avec quelques études encore plus poussées validées par des avis scientifiques (indispensable, sinon c’est pas sérieux ), les représentants des Pouvoirs publics sont également arrivés à l’hypothèse certainement probable que les motards (ceux qui ont le permis moto pour utiliser un « gros cube ») sont généralement bien équipés… en tout cas plus que ce que la réglementation ne l’exige. Admettre que des gens qui semblent aimer prendre des risques au point de s’obstiner à circuler sur ce qu’il y a de plus dangereux, puissent d’eux-mêmes se préoccuper de limiter leurs risques sans qu’une loi ne les y oblige, ça n’a pas été chose facile chez les ingénieurs de la Sécurité Routière dont le premier réflexe consiste à foutre la trouille aux gens pour leur inventer des lois supplémentaires… mais bon, ils ont fini par en convenir : les motards sont bien équipés.

Mais pour les autres, les employés de bureau en scooter et les ados, comment faire ? Ils ne lisent pas la presse moto, ils sont peu sensibilisés à leurs propres enjeux d’exposition aux risques et de toute façon, les Pouvoirs publics n’ont jamais consacré autant de moyens à leur expliquer l’intérêt de bien s’équiper qu’ils en mettent habituellement pour nous convaincre que les radars ont sauvé des vies grâce à la menace du retrait de points sur le permis.

Chassez le paternel, il revient au galop : « on va o-bli-ger les gens à s’équiper ! Ça a marché pour la ceinture en voiture, ça marchera pour les deux-roues ! Et toc ! Lamoëlle, appelez le service de la réglementation, qu’ils nous concoctent un bon p’tit décret de derrière les fagots ! » Voui mais par quoi va-t-on commencer ? Le casque, c’est fait depuis longtemps… le blouson ? Hummm, ça coûte cher et puis y’a des normes, c’est compliqué, sans parler de la concurrence asiatique qui nous fait un tort terrible… les bottes alors ? Pas pratique et puis les moto-taxi ne vont pas pouvoir demander à leurs clients d’enfiler des bottes, sans compter les problèmes de tailles… Faut tenir compte de la clientèle des moto-taxi, ce sont parfois des députés ou des grands chefs d’entreprise. « Et les gants ? » "Ah, bravo Lamoëlle ! C’est parfait, ça ! Pas trop cher, facile à transporter… et vu que les motards en portent déjà, les braillards de la Fédération des motards en colère ne vont pas nous embêter, n’peuvent pas être contre quelque chose qu’ils ont adoptés d’eux-mêmes, d’autant plus qu’ils préconisent l’équipement de protection dans toutes leurs publications… même sur leurs forums Internet, y’en a qui sont déjà d’accord. Les gants, c’est vraiment bien, ça faire une belle annonce au Conseil National de la Sécurité Routière, le ministre sera content."

Tout de même… imaginer une loi pour imposer le port d’un équipement qui relève avant tout du simple bon sens ? N’y aurait-il pas un truc de cassé au fronton de la République, là où l’on peut lire la devise qui commence par « Liberté » ? Les fonctionnaires ministériels, garants par principe de nos valeurs républicaines répondent « qu’il n’y a que les obligations qui fonctionnent », que « la prévention ça ne marche pas » ! Mais jusqu’à présent, a t-on fait de la prévention en direction d’usagers qui ne se retrouvent pas dans les catégories habituelles, automobilistes ou motards, parce qu’ils sont justement entre les deux ? Non : rien n’a été entrepris en direction de cette catégories d’usagers de la route que les Pouvoirs publics continuent à ignorer au point de ne même pas les prendre en compte dans les plans de déplacements urbains. Et pourtant, la prévention, ça fonctionne chez les motards dont on se plait à a dire qu’ils seraient réfractaires à tout ! La preuve, ils portent des gants alors que rien ne les y obligent, sinon la conscience établie chez eux que c’est tout simplement indispensable. Les motards démontrent ainsi qu’un individu convaincu reste convaincu… alors qu’un individu simplement contraint se relâche en même temps que la pression réglementaire se relâche également, façon « pas vu pas pris ».

Si l’on veut vraiment que les gens s’approprient durablement les enjeux de sécurité routière, ce qui est un des objectifs déclarés du CNSR, vaut-il mieux convaincre ou faut-il contraindre encore ? Pour l’éthylotest (recommandé mais non sanctionné pour lui laisser ses vertus d’outil d’auto contrôle, donc laissé au jugement du conducteur), le CNSR vient de prendre une position assez habile… continuons dans cette voie.

MB

vendredi 21 décembre 2012

2012, c'est pas l'année de la loose !

La FFMC a frôlé la surchauffe moteur en 2012 mais à l’arrivée les résultats vont au-delà de ses espérances.

Année électorale, 2012 a cristallisé les nouveaux efforts des motards en colère pour décliner ses revendications de façon convaincante et constructive. Le C de la Colère s’est vu renforcé par le C de Citoyen.

Cela a commencé avec la publication du « Manifeste pour une meilleure sécurité routière des deux-roues motorisés ». Destiné aux élus et responsables de sécurité routière, il contient la quintessence de 30 ans de propositions de la FFMC pour le développement de la pratique de la moto en toute sécurité.

Il a été utilisé intensivement par les antennes départementales de la FFMC pour soutenir nos positions auprès des candidats aux élections présidentielles et législatives, et plus généralement auprès de l’ensemble des acteurs de la sécurité routière.

Au mois de mars, lorsque la FFMC appelle à manifester pour une autre politique de sécurité routière elle mobilise plus de 90 000 motards dans toute la France. Elle espère que l’alternance politique permettra à certains dossiers d’avancer et dès la formation du gouvernement, elle prend contact avec les principaux ministères pour porter ses arguments au cœur des centres de décision.

Les Zapa, mesures discriminatoires et antisociales d’interdiction des véhicules anciens sont ainsi rapidement zappées par la ministre Delphine Batho.

Au mois de juillet la Commission Européenne publie un projet de règlement européen pour imposer un contrôle technique annuel à tous les véhicules de 6 ans ou plus et qui s’appliquera aux motos. Alertée par la FEMA, la FFMC affine ses argumentaires, en rassemblant les études démontrant l’inutilité de cette mesure dictée par le lobby des contrôleurs techniques. Ses militants rencontrent des eurodéputés et elle mobilise à nouveau des dizaines de milliers de motards le 22 septembre pour alerter les députés européens.

Le résultat arrive là ou on ne l’attend pas, et le début octobre c’est la Commission des Affaires Européennes du Sénat qui décerne un carton jaune à l’Europe sur le dossier du Contrôle technique car contraire au principe de subsidiarité, bientôt imitée par l’Assemblée Nationale.

Entre-temps le Parlement européen met un point final à un dossier vieux de plus de 3 ans en bouclant le règlement européen sur l’homologation des motos. A l’arrivée : des motos plus propres, plus sûres, mais surtout pour les français, la disparition annoncée (en 2016) de la très discriminatoire limitation de puissance des motos. Les motards échapperont aussi grâce au lobbying de la FEMA à des mesures anti-modification très contraignantes et inutiles.

Les 16 et 17 novembre, les antennes départementales organisent partout en France une campagne pour dénoncer une mesure symbolique mais hautement stigmatisante pour les motards : le port obligatoire en toutes circonstances d’un dispositif « rétroréfléchissant » pour tous les conducteurs de deux-roues motorisés de plus de 125 cm3. Les monuments seront « fluorisés » et accompagnés d’affiches dénonçant la mesure. Dix jours plus tard, à l’occasion de la réactivation du Conseil National de la Sécurité Routière où la FFMC a été invitée à siéger en tant que membre permanent, et dont le PDG de la Mutuelle des Motards présidera le groupe deux-roues, la suspension de cette mesure est annoncée par Manuel Valls.

Dans la foulée, le cabinet du ministre de l’intérieur recevait des mains du préfet Régis Guyot un rapport sur les possibilités de légaliser la circulation en interfiles des deux-roues dans les embouteillages. Demandé depuis 15 ans par la FFMC, cette mesure pourrait permettre de l’enseigner dans les formations à la conduite et de limiter les comportements à risque.

Mais à l’approche de la fin de l’année, il semble qu’il reste de la place dans la hotte du père noël : Alors que les statistiques de la sécurité routière annoncent une baisse historique du nombre de tués à moto, le nombre d’adhérent à la FFMC dépasse lui pour la première fois le cap des 10 000. Et la nouvelle tombe dans une FFMC déjà euphorique : le Conseil des ministres de l’Union Européenne accepte de retirer intégralement le chapitre « Deux-roues motorisés » du projet de directive européenne sur le contrôle technique moto et de rester à une fréquence biennale (et non annuelle comme c’était souhaité par la Commission Européenne) du contrôle technique pour les autres véhicules. Reste maintenant à convaincre les députés du Parlement Européen …

Enfin, annoncée pour janvier prochain, mais en préparation depuis des années, le nouveau permis de conduire moto européen s’inscrit dans une évolution positive, vers plus de réalisme et une progressivité mieux pensée, portant lui aussi la marque des efforts de tout le Mouvement FFMC et de ses partenaires européens.

En effet, pour la FFMC, ces victoires ne sont pas le fruit du hasard, mais le résultat d’un travail acharné de tous les militants, salariés, responsables nationaux et départementaux de la Fédération. A l’occasion de cette fin d’année La FFMC tient à rendre aussi hommage à tous ceux qui chacun à leur niveau ont permis ces succès, à commencer par ses adhérents qui lui donnent les moyens de les défendre et tous ceux qui la soutiennent.

Loin de s’endormir sur ces fragiles lauriers, elle veut maintenant transformer l’essai et faire qu’en 2013, les succès d’hier annoncent les victoires de demain, grâce à sa présence active au sein d’instances comme le Conseil National de la Sécurité Routière ou le Conseil Supérieur de l’Éducation Routière et à enterrer pour de bon le projet de contrôle technique obligatoire.

En partenariat avec tous les acteurs de la filière « deux-roues motorisés » (constructeurs, réparateurs, revendeurs, assureurs et associations partenaires), le Mouvement FFMC entend continuer à promouvoir la pratique de la moto et défendre tous les usagers du deux-roues motorisé. Et au-delà, désormais ancrée dans les plus hautes instances liées à la Sécurité Routière, reconnue en tant qu’experte, acteur citoyen veillant à ses droits comme à ses devoirs, la FFMC en 2012 a été lanceur d’alerte et compte bien le demeurer en 2013 !

Tous nos vœux militants à toutes et tous.

CarteFFMC

mercredi 19 décembre 2012

Les 2RM, ces invisibles...

panneau moto oui/non Jeudi 13 décembre se tenait une conférence parlementaire sur les transports, à la Maison de la Chimie (Paris 7e). « Parlementaire », ça veut dire que des députés y participent (l’Assemblée nationale est toute proche) et que l’événement est placé sous leur patronage. Cette journée était présidée par Armand Jung, député socialiste du Bas-Rhin récemment nommé président du Conseil National de la Sécurité Routière (CNSR). La conférence portait sur "quelles solutions de mobilité dans les transports de demain".

Voilà de quoi intéresser un chargé de mission sécurité routière de la FFMC… la « mobilité » comme on dit de nos jours, ça nous concerne un peu, non ? Donc, parlementaires, chefs de projets, commis de l’État, chercheurs ou représentants d’industriels se sont succédé pour parler des transports au sens large, des enjeux environnementaux, de la place de l'Europe, tout ça dans le contexte de crise économique actuelle. Comment les pays de l’Union européenne se mettent d'accord pour élaborer leurs directives et autres règlements, selon quels processus, où en est le camionnage (dumping, concurrence Europe de l'Est), le fluvial (projet de canal Seine-Nord), le fret maritime (vers quels ports en Europe, sur quelles routes commerciales), les routes de demain (avec Vinci-Cofiroute vantant son tunnel duplex A86 –pourtant interdit aux deux-roues motorisés- et déplorant la place de l'auto utilisée à une seule personne, trop d'emprise au sol sur des voiries pas extensibles en largeur), les enjeux de mobilité en ville (embouteillages, parkings, vitesse des flux, covoiturage et vélos), la technologie des véhicules du futur couplées à des routes "intelligentes" (présenté par l’IFSTTAR), les métro, les trains de banlieue, les tram’… un ingénieur de chez IVECO a évoqué les technologies des bus hybrides et les comparaisons avec le parc des transports en commun en Allemagne. Ça a causé trains aussi, avec les grands réseaux ferrés... mais rien sur le ferroutage ! Oublié ! ça n'existe plus ?

Bref, à fond dans la prospective et l'analyse des trucs qui coûtent cher et qui ne marchent pas, constatant sans se remettre en cause que la France joue la surenchère réglementaire qui freine les projets, se satisfaisant des formidables atouts du génie français tout en déplorant que rien ne fonctionne pour se maintenir mais on va continuer comme ça parce qu'on est meilleurs que tout le monde... Personne n'a osé parler d'aviation et d'aéroports, sûrement pour éviter d'ouvrir la boîte à camembert à propos de la crise gouvernementale qui couve dans la marmite du bocage nantais.

Et la moto ?
J’écoutais tout ça en regardant les immenses affiches de la conférence pendues de chaque côté de la tribune, visuels où des pictogrammes symbolisaient un avion, un train, un bateau, une voiture, un tramway et... un vélo.

conftrans.jpg Pas de logo symbolisant un deux-roues motorisé (2RM), moto ou scooter. Ni sur l'affiche, ni dans les débats... Rien de rien ! Et pourtant, les 2RM sont une des réponses alternatives et évidentes à plusieurs problèmes évoqués : place de la voiture (emprise sur les chaussées et stationnement), faible taux d'occupation des autos en trafic utilitaire quotidien, temps de trajets trop long impactant mobilité et fiabilité des salariés, coût du carburant, lenteur de la mise en place de l'électrique... mais durant toute la journée, c'est comme si le 2RM n'existait pas, n'avait jamais existé et n'existerait jamais. Habituel me direz-vous, oui mais cette conférence était présidée par Armand Jung, président du Conseil National de la Sécurité Routière où les 2RM sont un point important…ou alors serions-nous importants juste quand il faut nous reprocher l’implication des 2RM dans les accidents de circulation ?

A la fin du dernier exposé qui portait plus précisément sur la « mobilité » en ville, au moment des tours de parole dans l'assistance, j'ai demandé le micro et en quelques minutes, je me suis étonné de ne rien avoir entendu sur les 2RM, grands absents de cette journée alors qu'ils sont une solution alternative à considérer, comme ils ont d'ailleurs été pris en compte par Madrid et Londres, villes citées en référence pour leurs bons exemples d'inter-modularité (mot à la mode revenu plusieurs fois) lors des débats au cours de la journée. J’ai rappelé que les 2RM représentent 8% sur l’ensemble des conducteurs assurés et que le trafic des 2RM sur Paris et sa proche banlieue était évalué à 20% des véhicules au moment des pics horaires en semaine : j'ai cité l'étude publiée la semaine dernière qui dit que les embouteillages coûtent 5,6 milliard €/an à la France… j’ai également évoqué cette étude belge réalisée l’an passé qui avait calculé que si 10% d’automobilistes passaient au 2RM, ça ferait 40% d’embouteillages en moins et je leur ai rappelé (ou appris, sans doute) que toujours la semaine dernière, l'Australie venait de déclarer l'usage du 2RM d’utilité publique… alors qu'est-ce qu'on attendait ici pour en parler ? J'ai terminé ma brève intervention en disant que "oui, la France est bien aux antipodes de l'Australie, si vous me permettez cette parabole géographique... et philosophique."

A la tribune, ils en sont restés un peu scotchés et Armand Jung a tenu à préciser que cette conférence n'avait pas pour but d'évoquer les particularités des véhicules par le menu détail, tandis que le gars de chez IVECO a témoigné, comme pour s’excuser de cet oubli général, être un adepte assidu des moto-taxi. Bon ben nous v’la sauvés !

Dans l’auditoire, un adjoint à la mairie de Toulouse qui s'exprimait après moi a cité la FFMC comme porteuse de propositions intéressantes, soutenant qu'il fallait nous associer systématiquement dans les débats sur le stationnement des 2RM à développer d'urgence. Je suis ensuite allé le saluer en lui remettant un exemplaire de notre Manifeste pour la sécurité routière des 2RM et en le remerciant pour son soutien.

Voilà... ce n'était pas une journée de "production", mais une journée enrichissante quand même pour confirmer que le 2RM est un insecte négligeable dans leurs prospectives de haut niveau... on ne s'intéresse à nous qu'au moment de parler de sécurité routière où nous tenons alors le rôle d'insecte nuisible à mettre sous cloche. Rien que pour ça, rien que pour mes trois minutes d'interpellation finale, ça valait le coup d'y être quand même, histoire de leur rappeler que le 2RM existe et que bon gré mal gré, faudra faire avec.

Marc Bertrand

http://rivington.fr/pdf/prog_conference_transport.pdf

lundi 10 décembre 2012

Après l’heure, c’est trop tard !!!

Le commerce a pour moteur la satisfaction des besoins de l’homme. Oui mais ça c’était avant… Les boutiquiers ont fait place aux grands commerçants, ils ont inventé la grande distribution, et la réclame a cédé sa place à la publicité, le représentant s’est effacé devant le lobbyiste.

Un maître mot guide l’action… profit, profit à tout prix, profit à n’importe quel prix ! Vous n’avez pas beaucoup d’argent ?... ça fait rien on va vous le prendre quand même ! Savez-vous que plus vous achetez, plus vous économisez ! Si si, c’est un concept, ça fait vendre et ça remplit les frigos… ça détruit la planète et fabrique des générations d’obèses pour la plus grande satisfaction des actionnaires des grandes enseignes. Chaque Français jette 20 kilos de nourriture pas an, souvent dans l’emballage d’origine. Oui mais avec la grosse remise pour les achats par paquets de 50 et les points sur la carte de fidélité ça vaut le coup !

C’est le règne de la cupidité, tout est bon pour alimenter la cagnotte… Un ministre chahuté après l’annonce précipitée de la suppression des panneaux indiquant les radars et voici que fleurissent les propositions commerciales et les radars pédagogiques s’imposent sur nos routes. L’alcool est la cause principale des accidents … le lobbying d’un vendeur proactif, un décret bâclé et les alcootests emplissent immédiatement les rayons… la pénurie s’annonce, on double le prix… voyez caisse !. Les motards ne sont pas visibles… z’ont qu’à porter un brassard fluo dit un abruti primaire.... L’encre du décret imposant la mesure à peine sèche, la conférence de presse à peine achevée, les commandes inondent les usines du tiers monde… on va se gaver, faut être les premiers, faut en fabriquer des millions… les femmes et les enfants au boulot ya des tunes à se faire !

Comment ça sert à rien ? Comment c’est stigmatisant ? Comment le jaune c’est la couleur de l’infamie ? Vous voulez rire, c’est pas nous qui décidons… nous on est pas là pour juger, on est là pour fournir, pas pour se poser des questions ! La morale et l’éthique ont foutu le camp depuis belle lurette… Même après que le bon sens l’ait emporté et que le ministre en charge de la sécurité sur la route ait ‘reporté’ la mesure, Carrefour (1), Maxxess (2), et peut être d’autres demain s’empressent de charger les têtes de gondoles pour écouler dare-dare les milliers de morceaux de chiffons devenus inutiles, une mention bien en vue rappelant aux étourdis ou aux mal informés le texte du décret scélérat.

Carouf Brassard

On ne s’avoue donc jamais vaincu dans la grande distribution. Jusqu’au bout… tant que je gagne, je joue… Misérable attitude, comportement intolérable… Messieurs, ne méprisez pas le consommateur, respectez-vous et respectez ceux qui vous font vivre, acceptez de gagner un peu moins pour gagner plus longtemps. Soyez en tous cas assurés de notre vigilance et de notre détermination pour toujours vous rappeler le meilleur endroit où les caser les gadgets inutiles. Comme disait les anciens, « on hasarde de perdre en voulant trop gagner »(3).

Patrick

(1) Carrefour Nevers (2) Maxxess Lyon (3) Jean de La Fontaine.

mercredi 17 octobre 2012

F….comme parasites !

parazit Le parasite vit et se développe aux dépens de son hôte. Il est superflu et gênant. Il en va de même pour l’association parasite.

La FFMC aussi a le privilège de porter, bien malgré elle, des associations parasites. Le parasite FFMC est généralement le fruit d’un aigri, présentant des troubles affectifs importants, souffrant d’un égo démesuré et poursuivant une quête existentielle infinie.

L’association parasite est conduite par un autoproclamé président qui a fréquenté l’association d’origine, il en est sorti trouvant que ça n’allait pas assez vite, que lui ne ferait pas comme ça, que probablement tous des ânes et qu’il va leur faire voire comment faut faire!....

L’association parasite a le même objet social, le même projet associatif et déclare viser exactement les mêmes objectifs. Pour être efficace et gagner du temps ses statuts sont largement inspirés de ceux déposés par la FFMC et pour faire bonne mesure l’organisation de sa structure est également calquée sur celle de la FFMC. Etrangement son nom commence généralement par la lettre F !? parasite Une fois l’administratif calé y a plus qu’à pomper, pomper, pomper…les idées, les actions, les visuels, la communication… Euh oui mais en mieux, genre plus direct, plus couillu quoi !... qu’ils disent les autoproclamés. Audiard avait raison, ’les cons ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît’. On a vu récemment un autoproclamé, prétendant défendre les motards, interpeller le président de la république, par écrit, avec une syntaxe tellement minable et avec tellement de fautes que même au CM2 il passerait pour un retardé. Et le don Quichotte fier de son billet exhiber sa prose sur les réseaux sociaux…

C’est bien pourtant qu’un maximum de volontés se mobilise pour défendre le deux-roues motorisé. Ce serait parfait que la force de chaque mouvement vienne s’ajouter aux mouvements existants pour les renforcer. Pour que toujours plus nombreux nous soyons plus puissants et tellement plus efficaces. Le drame de l’association parasite c’est que deux corps pour un seul cerveau ça marche pas et que dans ce cas 1+1 ça fait pas deux.

Alors amis motards, militants, défenseurs de vos droits et de votre liberté de vous déplacer, méfiez-vous des contrefaçons car comme en matière économique la contrefaçon est un vrai fléau. Et finalement a-t-on déjà vu une tique, un pou ou un morpion devenir plus gros que le l’animal qui le porte ?*

Patrick

MAJ 22-10-2012 - En raison du caractère polémique et insultant de certains commentaires, les commentaires ont été fermés.

jeudi 11 octobre 2012

Lettre à Marianne

Madame Marianne,

dans un article consacré au bruit signé par Benoît Duteurtre dans votre édition du 29 septembre 2012, vous vous moquez des « motards en colère » coupables de se complaire dans « le bruit narcissique », se sentant « persécutés » et qui « manifestent au nom de leurs droits, dès qu’une réglementation prévoit de réfréner leur ardeur », ceci écrit avec de sarcastiques guillemets qui ne sont pas là par hasard sous la plume de votre auteur. Passons sur « l’ardeur » des motards supposée par M. Duteurtre (à chacun ses fantasmes), ce ne serait qu’une question de forme qui ne vous engagerait pas si cela n’était pas également une question de fond.

Car vous faîtes erreur, madame l’incarnation de la République. Les « motards en colère » (donc nous parlons bien de ceux de la FFMC) ne manifestent pas pour leurs droits en tant que « motards », mais au nom de leurs droits en tant que citoyens : le droit de refuser d’être constamment considérés comme des petits enfants à punir « pour leur bien », le droit de s’opposer à des lobbies marchands qui, sous prétexte larmoyant de sécurité routière, se font voter des lois et des règlements européens pour arrondir leur business, et ce à grands coups de pseudos études tronquées… Le droit à une mobilité choisie pour tous, le droit à la formation et à la prévention, le droit à se prendre en main, proposer et agir pour combler les carences de ceux qui prétendent gouverner au nom des peuples tout en leur imposant une surenchère réglementaire, faisant fi de toutes les concertations engagées. Réduire nos actions à quelques manifestation certes bruyantes (quelles manifestations ne le sont pas ?) constitue un déni de nos engagements en faveur desquels la notion universelle de ce qu’on appelle « le vivre ensemble » est le socle, au-delà des corporatismes dont nous sommes les premiers à nous méfier.

En quelques mots malheureux, votre article piétine le travail d’une association engagée dans la sensibilisation des adolescents aux enjeux de sécurité routière, vous rayez d’un trait de plume la création de notre Mutuelle d’assurance qui fait progresser la sécurité des usagers en deux-roues motorisés, vous vous désolidarisez d’un confrère, le mensuel Moto-Magazine (Editions de la FFMC) qui informe ses lecteurs en totale indépendance, vous ignorez nos positions en faveur de l’Economie sociale et, puisque c’est le sujet, vous diffamez l’action de la FFMC qui œuvre, pour sa part, à la lutte contre les comportements bruyants d’une minorité de motocyclistes que nous peinons à convaincre, faute de les compter parmi nos 9 500 adhérents.

Chère Marianne, si vous voulez parler des motards de la FFMC à laquelle l’article fait explicitement référence, renseignez-vous sur les objectifs et les statuts, on ne peut plus républicains, de cette association née en 1980 et que M. Duteurtre moque d’une façon si condescendante.

Si cette regrettable stigmatisation ne devait être que le fruit de son ignorance de ce que nous sommes, sachez que pour notre part, ce n’est pas faute d’avoir essayé de vous informer, à plusieurs reprises (votre publication est inscrite dans notre mailing liste des contacts presse), de vous avoir envoyé des courriers pour expliquer pourquoi nous manifestons parfois et comment nous prenons part en permanence aux débats de sécurité routière et d’environnement liés aux questions de la mobilité des citoyens de notre pays. Pour nous, ces questions sont bien des questions de citoyenneté, ne vous en déplaise.

Hélas, jusqu’à maintenant, nos multiples tentatives d’engager le débat avec vous et vos lecteurs, sont restées lettre morte : nous n’avons eu en retour aucun appel téléphonique, aucun courriel. Mais si ce n’était que ça… En affichant son mépris pour ce que nous sommes et ce que nous faisons, Benoît Duteurtre se prend les pieds dans les plis de votre robe, madame Marianne… A moins que cet habit de Marianne si porteur de valeurs à nos yeux ne soit juste qu’un costume de circonstance ? Comme il serait décevant d’en rester sur un tel sentiment !

Restant à votre disposition, nous vous prions d’accepter, chère Marianne, nos hommages les plus républicains. Quant à l’intérêt que nous porte Benoît Duteurtre que vous voudrez bien saluer de notre part, faîtes lui savoir combien nous sommes prêts à l’instruire davantage.

La FFMC

La FFMC contre les bruits excessifs : ça date pas d'hier Cette campagne de la FFMC date de la fin des années 80

jeudi 4 octobre 2012

Le contrôle technique : une simple question de sécurité et d’environnement ?

En juillet 2012, un projet de règlement européen visant à uniformiser le Contrôle technique dans les 27 Etats membres a vu le jour et sera prochainement proposé au vote du Parlement Européen et du Conseil de l’Union.

Cette information pourrait presque passer pour un non évènement envers près de 40 millions d’automobilistes qui subissent déjà ces contrôles périodiques, presque convaincus pour la plupart, de l’intérêt qu’ils représentent pour la sécurité routière et de l’environnement. La seule opposition ferme à ce projet vient des usagers de 2 roues motorisée non contraint à un contrôle technique en France.

Mais à y regarder de plus près, cette information met en lumière un état de fait troublant et même inquiétant : La commission européenne est certes tout à fait dans son rôle d’initiative législative, mais les 27 commissaires qui la composent ont-ils fait preuve de toute l’impartialité qu’impose leur statut ? A la lecture du projet, il est aisé de comprendre quelles ont été les sources de ces technocrates qui ont pourtant prêté serment devant la Cour de justice de l’Union en s’engageant à n’accepter aucune instruction d’un quelconque organisme de droit public ou privé. Or, dans ce projet de règlement européen destiné à uniformiser le contrôle technique dans les 27 Etats membres, seul DEKRA est cité en tant que conseiller auprès de la commission européenne. Pour rappel, cette enseigne est le leader de l’industrie du CT en Europe. Il n’est pas inattendu qu’un lobby puissant essaye d’influer sur une décision, c’est même son rôle. Mais de là à avoir le monopole de l’expertise et du conseil, le pas devient vraiment problématique, et le conflit d’intérêt supposé. vachealait.jpg Ainsi, l’intérêt général, l’intérêt public est présumé avoir été sacrifié sur l’autel des intérêts financiers.

L’Europe, par l’intermédiaire de ses technocrates, vit une grande période de schizophrénie. En pleine période d’austérité généralisée, les pays en difficultés sont montrés du doigt tels des mauvais élèves, contraint à supprimer des services publics, des services de proximité, imposant de fait aux citoyens une plus grande mobilité, tant pour leurs besoins personnels que professionnels.

Cependant, dans le même temps, cette même Europe appuie d’avantage sur la tête des peuples, l’enfonçant de quelques centimètres supplémentaires dans le sable en rendant de plus en plus contraignante l’utilisation de leurs modes de transports notamment avec une augmentation de la fréquence du Contrôle Technique. Quelle logique dans tout ça ? Celle de l’argent ! Car aucune étude fiable en matière de sécurité routière ne justifie de telles mesures, simplement la place prédominante réservée aux grands groupes industriels dans les carnets d’adresses des technocrates européens. Pire, une telle mesure aurait pour effet de déresponsabiliser un peu plus les usagers qui s’en remettraient à ce contrôle annuel au lieu de s’assurer eux-mêmes la vérification des éléments essentiels.

Sur le plan écologique, il est évident que les véhicules récents sont moins consommateurs de carburants, et rejettent moins de polluants. Cependant, ce combat noble pour la préservation de notre planète et de notre santé doit-il se faire au seul détriment des citoyens les plus modestes ? Ou doit-il être réfléchit avec la focale la plus large qui soit ? Si on inclut la fabrication dans le calcul, le bilan carbone d’un véhicule neuf remplacé précocement est-il si favorable ? Comment justifier encore les politiques d’obsolescences programmées mise en place par les industriels mondiaux, privilégiant le remplacement régulier des matériels divers au seul prétexte de la croissance et de la consommation ? Comment rendre humainement, socialement, politiquement et philosophiquement responsables les citoyens, a fortiori modestes, des dérives de l’économie de marché, biens plus nuisibles à notre environnement que la personne qui n’a d’autre choix que de rouler avec son véhicule vieux de 15 ans ? Controle technique : non ! Hier, les Zones d’Actions Prioritaire pour l’Air, aujourd’hui, le contrôle technique européen…Qu’en sera-t-il pour demain ? Quelles restrictions, quelles interdictions de circulations devons nous combattre ? Jusqu’où notre liberté de circulation, garantie dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme sera-t-elle menacée et attaquée ?

Les responsables politiques nous présentent l’Europe comme un bien commun pouvant nous protéger, et faire progresser l’humanité dans des valeurs de liberté, de respect et d’égalité. Les citoyens européens sont donc légitimes d’attendre d’elle une autre politique que des mesures antisociales, et liberticides motivées par le seul appât du gain et du profit, dictés par une oligarchie qui concentre de plus en plus de pouvoirs. La défense de l’intérêt général dont l’Europe est garante, impose une réelle indépendance, un sens aigu de l’intérêt commun et une impérieuse préoccupation de la défense des plus faibles et c’est sur ces critères que nous encourageons les eurodéputé(e)s à voter contre ce projet de règlement européen.

Nathanaël Gagnaire

PS : DERNIERE MINUTE (5/10 / 2012) : le Sénat adopte une résolution contre le Contrôle technique européen.

mardi 25 septembre 2012

Un gilet qui rétrécit

En janvier prochain, si rien en change, tous les motocyclistes conduisant des véhicules à deux et trois roues dont la cylindrée dépasse 125 cm³ seront contraints d'arborer sur leurs vêtements une surface de tissu rétro-réfléchissant au moins égale à 150 cm³ qui, en cas de besoin, pourra être portée en brassard. Cette étrange obligation a suivi la voie règlementaire habituelle, un décret pris en conseil des ministres complété d'un arrêté du ministère des Transports ; et elle figure, parmi bien d'autres, dans les décision annoncées lors d'un Comité interministériel de sécurité routière, ces réunions annuelles qui servent à faire dire par la presse combien le gouvernement se soucie de la sécurité des citoyens, et à le montrer en promulguant chaque fois une liste interminable de mesures forcément neuves et absolument vitales. Autant dire que ses promoteurs la jugeront totalement anodine, et que les réactions qu'elle suscite dans le monde motard ne pourront que confirmer le pouvoir dans sa conviction que ces gens sont décidément incompréhensibles et, pour employer les termes d'une ancienne Déléguée à la sécurité routière, définitivement ingérables. Malgré les difficultés de la tâche, on peut pourtant démontrer que cette mesure, comme tant d'autres, le contrôle technique des véhicules par exemple, vise un objectif qui n'a aucun rapport avec celui qui lui fournit sa justification, ne se soucie nullement de la sécurité des motocyclistes, et relève, in fine, d'un refus farouche du pouvoir comme de l'administration à la fois de reconnaître leurs erreurs, et de céder quelque terrain que ce soit à l'opposition, représentée, en l'occurrence et comme de coutume, par la FFMC. Mais la démonstration sera longue, impliquant à la fois de retracer toute la généalogie de la mesure, et de recourir à un certain nombre de comparaisons.

Une vieille obsession FFMC-giletjaune-sml2.jpg Car cette idée d'habiller les motards en jaune ne date pas d'hier. Le document de travail du CISR tenu voilà bientôt cinq ans, en novembre 2007, précisait ainsi que : "Les usagers de deux-roues motorisés sont particulièrement vulnérables. Ils souffrent notamment d'un déficit de visibilité. Le Gouvernement souhaite apprécier l'intérêt d'équipements de sécurité, en confrontant les expériences européennes sur le sujet. Il convient en particulier d'apprécier l'opportunité d'étendre aux usagers de deux-roues motorisés l'obligation de port d'un gilet rétro-réfléchissant de nuit, décidée par ailleurs pour les cyclistes, qui leur permettra d'être mieux vus par les autres usagers de la route." Mission est donc confiée à Charles Krajka "personnalité unanimement reconnue pour son engagement pour la sécurité des deux-roues motorisés" de "piloter une réflexion" sur la question. Les archives de l'Observatoire interministériel de sécurité routière, d'où sont extraites ces lignes, ne gardent malheureusement pas de traces des résultats de cette mission. Mais on imagine sans peine les objections qu'elle suscite, telles que les exprime, par exemple, une fédération opposée à cette contrainte, celle des usagers de la bicyclette, laquelle propose d'équiper la machine, et pas de marquer l'individu. Car, il faut le rappeler, vendre un vélo totalement dépourvu d'éclairage reste aujourd'hui encore parfaitement légal, puisqu'il peut fort bien n'être muni que de catadioptres. On conçoit qu'une telle situation rende périlleuses les sorties nocturnes : l'État, bon chien de garde, impose donc aux cyclistes le port d'un gilet réfléchissant, tout en prenant bien soin de limiter son usage à des circonstances précises, et sans doute assez peu courantes, où son utilité semble avérée, la nuit, et en dehors des agglomérations, donc lorsque le cycliste ne profite ni du jour, ni de l'éclairage public. On voit à quel point la situation du motard comme du scootériste n'a rien à voir avec celle des cyclistes : non seulement leurs véhicules sont équipés de tout le nécessaire en matière d'éclairage, mais, depuis quarante ans, la loi oblige ce nécessaire à rester allumé en permanence. Par ailleurs, leurs machines sont souvent munies à l'avant d'un carénage, et à l'arrière d'un top-case. À la différence du cycliste dont tout le corps reste visible, bien souvent, la seule partie du motard qui dépasse, c'est la tête : s'il fallait lui imposer quelque chose, ce serait donc le magnifique casque orange fluo de la police belge, malheureusement si difficile à trouver dans le commerce. Et l'on peut soulever bien d'autres objections, en s'interrogeant par exemple sur la résistance de gilets conçus pour des piétons, une fois qu'il seront endossés par des gens qui ont la fâcheuse habitude d'affronter des vents de 130 km/h. De tels arguments ne sont mineurs qu'en apparence. Car ils montrent comment les chargés de mission et conseillers techniques qui élaborent ces mesure raisonnent, par analogie, en partant d'un univers connu, celui des cyclistes, pour aborder l'inconnu, les motocyclistes, et en établissant des analogies entre les deux sans nullement se soucier de leur validité. Mais ce mode de raisonnement méprise totalement un certain nombre de points pourtant fondamentaux, l'effectivité de la mesure, son utilité pratique, l'importance des atteintes à la liberté des citoyens qu'elle implique. Il se contente d'un moindre effort, aussi bien intellectuel, faisant l'économie d'une connaissance pertinente du monde des motards, que politique, puisque le couple décret-arrêté permet de garder l'ensemble du processus sous le seul contrôle de l'exécutif, sans intervention externe, du parlement en particulier. Il y aurait pourtant, peut-être, une mesure à prendre. Évoquée depuis des années, elle consiste à élargir la silhouette de motocycles dont on prétend que leur étroitesse perturbent les habitudes et l'attention des innocents automobilistes en les équipant de LED d'une couleur spécifique, à l'image d'un dispositif existant aujourd'hui. Équiper le véhicule et pas le conducteur, installer des diodes aux extrémités des carénages, dans les rétroviseurs, voire au bout du guidon ne présente pas de difficulté technique, coûte bien moins cher qu'un ABS bientôt obligatoire et ne nécessite qu'une de ces normes que l'Europe produit en quantité industrielle. Mais alors, c'en serait fini de ce confort intellectuel qui alimente les experts depuis si longtemps, et qui fait de la faible visibilité des motards une cause majeure d'accidents.

l'État en action Plutôt que d'améliorer les machines l'État, donc, préfère s'en prendre aux conducteurs : le dossier de presse du Comité interministériel de sécurité routière tenu le 11 mai 2011 sous la présidence du Premier ministre, François Fillon, décrit donc, dans sa section trois, celle qui concerne les deux-roues motorisés, la mesure n°11 : celle-ci oblige les usagers de motocycles et de tricycles d'une cylindrée supérieure à 125 cm³ à porter "un équipement rétro-réfléchissant : gilet de haute visibilité ou blouson portant des bandes rétro-réfléchissantes". La mesure est justifiée à la fois par la volonté de doter les usagers d'une "plus grande visibilité qui doit être facilitée, en cas de panne mais aussi en circulation" mais aussi par le fait que "de très nombreux utilisateurs négligent le port des équipements de protection individuelle. Le premier équipement de protection est l'habillement de l'usager". Destinée aux journalistes, l'information reste succincte ; elle permet toutefois de nourrir la réflexion. Car elle fonctionne à rebours de la logique. Sa cible se limite en effet aux motards au sens strict, les titulaires du permis A conduisant des véhicules de plus de 125 cm³ même si, par pure méchanceté, les automobilistes et leurs tricycles pendulaires les rejoignent. La mesure épargne donc les ordinaires usagers de scooters, ceux-là même dont une petite observation sociologique suffit à démontrer à quel point cette culture de l'équipement de sécurité, caractéristique du motard, leur échappe complètement. Elle oblige donc à s'équiper ceux qui, très majoritairement, le sont déjà, et épargne ceux qui adoptent la pratique inverse, et se déplacent en été sur les voies rapides habillés de T-shirts, de bermudas et de sandales, à l'image sans doute du même François Fillon lors de son escapade à Capri. Mais, en dénonçant l'absurdité de cette obligation, on se trompe : car, très probablement, cette absurdité est volontaire. Sauf rare exception, les motards roulent tous avec des vestes ou des blousons, des bottes et parfois des gants équipés de protections et d'éléments réfléchissants : comme autrefois avec le casque, les obliger, et eux seulement, à faire ce qu'ils font déjà revient donc à prendre une mesure de pure façade, simplement destinée à occuper quelques lignes dans un communiqué de presse et voulue comme telle, mesure qui, bien sûr, n'aura aucun effet mais, de la même manière, ne gênera personne.

Mais l'occasion était trop belle pour que la FFMC la laisse passer. Obliger des citoyens que rien ne distingue particulièrement des autres, si ce n'est leur façon de se déplacer, et qui ne sont ni policiers, ni militaires, ni moines, ni bagnards, à s'habiller d'une façon spécifique, et uniforme, porte déjà une grave atteinte aux libertés publiques. Quand elle concerne un groupe social particulier, revendicatif, organisé, et habitué, dans bien des domaines et pas seulement celui de son apparence, à définir ses propres normes souvent volontairement distinctes de celles qu'accepte le commun des mortels, elle court un grand risque de susciter une vive opposition. Que l'on y ajoute son caractère discriminatoire qui va, comme précisé plus haut, à l'inverse de la logique, et l'on dispose de tous les éléments nécessaires pour déclencher des mobilisations comme on n'en avait pas connues depuis des années et, accessoirement, doubler l'effectif des adhérents à la FFMC. Le plus étonnant dans l'affaire, et sans doute aussi le plus inquiétant, tient au fait que cette réaction, et son ampleur, semble avoir pris les autorités totalement au dépourvu. Car les autorités ne sont pas stupides, et la police, dont les agents appartenant à ce qui fut les Renseignements généraux sont honorablement connus des organisateurs de manifestations motardes, fait fort bien, et depuis toujours, son travail. Le fait que ces événements surviennent peu de temps après une réforme qui a conduit à une très forte dévalorisation et de ces agents et, sans doute aussi, de l'intérêt que leurs supérieurs accordent à leur travail, ne doit sans doute rien au hasard, et donne l'impression que le pouvoir sarkosyste finissant préférait écouter un publicitaire bien en cour ou un sondage biaisé plutôt que ses agents de terrain. Et cette surdité l'a conduit dans une impasse, confirmée par cet arrêté pris au début 2012, qui définit la surface minimale de tissu réfléchissant à montrer à la maréchaussée, sous peine d'une amende de 68 euros et d'un retrait de deux points, surface qui peut éventuellement être amovible, et portée en brassard.

FFMC-brassardsmal.jpg Combattre la discrimination La décision n°11 du CISR de mai 2011 s'est révélée être une bombe, que ses créateurs avaient eu la sagesse de munir d'une procédure de désamorçage. En se contentant d'imposer l'utilisation de vêtements munis d'éléments réfléchissants, sans plus de précision, aux seuls usagers de deux-roues motorisés qui en portaient déjà, le pouvoir disposait d'une échappatoire, et n'aurait suscité guère plus de réactions qu'un haussement d'épaules. Il a choisi le chemin inverse : après avoir affirmé, contredisant ainsi les documents qu'il avait lui-même publié, qu'il n'avait jamais été question d'imposer le port d'un gilet fluo, il a imaginé une mesure torturée, pensant sans doute, avec cette histoire de brassard qu'il juge bien anodine, à la fois éviter une capitulation publique, et faire taire les mécontents. Naturellement, il a obtenu l'effet inverse. Car il avoue, avec cet objet ridicule, à quel point il n'est plus question sécurité, mais, brutalement, d'un pur rapport de force. Le pouvoir ne peut supporter de voir son autorité contestée par les motards, ces gens bruyants et incompréhensibles dont il n'a, sauf à de rares occasions, durant les majorités de gauche, jamais accepté ni la manière d'être, ni les comportements, quand bien même ceux-ci resteraient dans un strict cadre légal. Et s'il avait, dès le départ, voulu stigmatiser cette population, et marquer la manière dont elle se distingue des autres, y compris des autres usagers de deux-roues motorisés, il n'aurait plus trouver meilleur symbole qu'un brassard. Alors, ce stigmate, loin de le cacher, il faut l'exhiber : si la mesure entre effectivement en vigueur en janvier prochain, portons donc ce brassard en permanence, à la ville et à la campagne, au travail et durant les loisirs, sur un manteau, sur une veste, un blouson, un tailleur ou une chemise. Nous verrons alors si un gouvernement socialiste choisit d'entrer dans une histoire qui ne restera pas forcément petite comme celui qui a imposé à une partie de la population qui possède des caractéristiques qui lui sont propres et la définissent le port d'un signe distinctif qui lui sera réservé.

Denis Berger

lundi 17 septembre 2012

Les deux litres d’Ayrault

La conférence environnementale s’est close sur un discours du premier ministre Jean-Marc Ayrault, qu’il souhaite sans doute historique. Et qui l’est peut-être ? Soyons optimiste et ambitieux, l’enjeu le mérite. Mais sur certains points, qui nous concernent particulièrement du point de vue d’usagers de la route, des progrès et une véritable prise de conscience restent attendus.

Je cite un des comptes-rendus : « Pour les nouveautés, on retiendra d'abord cette mesure phare, longtemps mise en avant par les ONG et notamment par Nicolas Hulot : le véhicule qui consomme 2 litres d'essence pour 100 kms. L'objectif est fixé pour dans "dix ans", et sera réalisable grâce à une collaboration entre constructeurs automobiles et pétroliers. »

ent Messieurs les élus et responsables, ce véhicule existe, je l’ai rencontré ! Je roule même avec presque tous les jours. Soyons honnête, c’est plutôt proche de 2,2 ou 2,3 litres aux 100, mais ne chipotons pas, d’autant que ce n’est pas un diesel mais de la bonne vieille essence sans émission de microparticules, ça compense. Ah ça, évidemment, ce n’est pas une voiture, il n’a que deux-roues, et je suis généralement seul dessus. Cela dit, dans la majorité des voitures en circulation, il n’y a aussi qu’une seule personne. Et n’oublions pas les arguments habituels de moindre occupation des sols, importante réduction des embouteillages et donc de consommation et pollution des autres véhicules, facilité à se garer, etc etc. Je suis bien conscient qu’une moto ne répond pas à tous les besoins de déplacements… mais tout de même à une bonne part d’entre eux !

Donc, le véhicule qui consomme deux litres aux 100 existe. Et ce n’est pas nouveau, celui dont je parle, une GN125, date de 1997. Ben voilà ! Ne cherchez plus M. Ayrault, s’il faut évidemment continuer les progrès de façon générale et notamment pour les boitaroues et les gros cubes, il existe déjà une solution efficace, fiable et économique pour se déplacer avec un minimum de carburant. Ah, mais il y a un problème. Plusieurs même.

J’ai du mal à trouver de l’essence compatible. Bah oui, dans un truc comme ça, on évite cette cochonnerie d’E10 (dénoncé par de nombreuses associations et sur lequel l’Europe commence à rétropédaler sérieusement). Le 98 fonctionne mais ne lui plaît pas des masses… or trouver du bon vieux 95 de nos jours en région parisienne s’apparente à trouver un radar placé dans une zone vraiment accidentogène, c’est possible, mais faut se lever tôt.

On veut m’interdire l’accès à la ville, précisément le lieu pour lequel ce véhicule est optimal. Si le projet des ZAPA passe, et il n’est toujours pas enterré pour de bon, cette 125 sera concernée, ouste dehors ! Je pourrais toujours rouler avec mon gros cube plus récent cependant, même s’il consomme autant qu’une voiture. Bah, je n’aurais qu’à la remplacer par un gros 4x4 diesel climatisé, pas grave, lui aussi aura accès.

deb • Et maintenant l’Europe m’annonce que je devrais passer cet engin en contrôle technique tous les ans, pour le même prix que me coûte sa révision (en plus de mon autre moto). Une mécanique très simple, fiable, un véhicule anémique mais sûr et cantonné à des petits déplacements, que je contrôle régulièrement d’autant plus facilement que tout est accessible sous les yeux - et qui passe chez un pro tous les 18 mois de toute façon. A quoi bon maintenir en état un véhicule largement amorti et peu polluant, si je suis empêché de rouler avec et sanctionné financièrement pour mes économies ?

Alors M. Ayrault, pour aider à atteindre les objectifs que vous fixez vous-même, commencez par lâcher la grappe aux motards, et demandez à l’Europe d’en faire autant ! Que les technocrates cessent d’essayer de résoudre des maux qui n’en sont pas, et qu’ils reconnaissent enfin ce que motos et scooters peuvent apporter !

Le deux-roues n’est pas un problème, c’est une solution.

Frédéric

jeudi 26 juillet 2012

Violence routière


dessin BERTRAND, droits réservés

La fin de la troisième semaine de juillet a été dramatique pour cinq personnes fauchées par des chauffards multirécidivistes qui n’auraient pas du se trouver aux commandes de leurs voitures. Cinq piétons violemment percutés, trois décès, deux blessés graves et des dizaines de vies massacrées en comptant les proches des victimes et celles des trois conducteurs mis en cause. Parmi les tués, une fille et sa mère percutées sous les yeux du mari et papa, dans le 20 ème arrondissement parisien… Le même jour, à Boulogne (92), une jeune femme de 22 ans est tuée alors qu’elle traversait aussi sur un passage piéton (on n’ose plus écrire « passage protégé »). Quant aux deux blessés graves la veille à Oléron (17), c’est un père qu’il a fallu amputer d’une jambe et son fils, toujours entre la vie et la mort, percuté par un mec qui roulait bourré.
Ces cinq victimes se sont trouvées sur la route de trois types dangereux qu’elles ne connaissaient pas, trois jeunes hommes de 22 et 24 ans, alcoolisés, et roulant sans permis.
A eux seuls, ces accidents vont-ils à nouveau justifier plus de répression pourtant inopérante dans ces cas précis, leurs auteurs étant déjà hors du champ réglementaire ?
Les pères et mères fouettards de la « tolérance zéro » vont-il encore resserrer les mailles d’un filet qui ne retient même pas les gros poissons ?

La réglementation, aussi stricte soit-elle, peut-elle empêcher les drames de la semaine dernière ? Non, puisque ces accidents sont survenus. Ces récidivistes mis en cause récemment étaient pourtant connus de leurs proches, de la police et de la Justice.
Pendant ce temps-là, au nom de la sécurité routière, des milliers de cabines-radars flashent quelques kilomètre-heure de dépassement sur des routes à quatre-voies sans intersection, sans piéton ni cyclistes, là où la visibilité porte à des centaines de mètres… ou bien dans des zones industrielles périurbaines limitées à 50 km/h. Là, c’est le conducteur d’un deux-roues arrêté pour un simple contrôle qui se voit reprocher un pot d’échappement non conforme ou une plaque d’immatriculation branlante… plus loin, c’est une voiture correctement garée mais dont le propriétaire n’a pas payé l’horodateur qui est verbalisée, parfois à quelques mètres de sans-gêne arrêtés en double-file que les agents de la circulation n’osent pas réprimander par crainte de déclencher une esclandre…
Demain, ce sera le tour de celui qui ne boit pas d’alcool avant de conduire qui devra répondre de la non-possession d’un éthylotest à bord de son véhicule… Dans six mois, le motard dépourvu de bidules rétro-réfléchissants sur sa tenue sera passible à son tour d’une amende assortie d’un retrait de deux points sur son permis … Etc, etc.
T’as mis une roue sur un zébra pour t’insérer dans un embouteillage de bagnoles à l’arrêt, paf, une prune ! On t’a vu, la caméra t’a vu, le relevé de la plaque d’immat’ permettra de t’envoyer la contredanse à domicile, comme une pizza commandée par téléphone. T’es en retard d’un mois de ton contrôle-technique (là encore, vignette vue au radar, filmé à distance) ? Paf, encore une prune !
Le paradoxe, c’est qu’en même temps, ça devient de plus en plus difficile de changer soi-même une ampoule sur son véhicule ou de trouver un tuyau d’air comprimé pour ajuster sa pression des pneus. C’est presqu’aussi difficile que de vouloir contester une amende qu’on estime injuste à force de tout vouloir faire « comme il faut » et d’être quand même rattrapé par cette avalanche de règlements, de décrets, de lois supplémentaires, marqueurs incontournables du « courage politique » des ministres qui se succèdent à vouloir faire le « bien des autres » en traitant leurs concitoyens comme des petits enfants.

Les « responsables » et autres « experts » de la Sécurité routière nous répètent que seule la répression donne des résultats, qu’il n’y a que la peur du gendarme qui fonctionne. Allez dire ça aux proches des victimes de la semaine dernière, tiens !

Ils étaient où les gendarmes, pour garder un œil sur ces trois connards connus et repérés (en principe !) par toute la chaine judiciaire, alors que le fichage de la population pour tout et n’importe quoi ne cesse de gagner du terrain au mépris des principes fondamentaux de libertés publiques et individuelles ? Évidemment, on ne peut pas mettre un flic derrière chaque personne et à la FFMC, nous ne le souhaitons pas… mais alors pourquoi met-on quand même les individus dans des fichiers ? Nous voilà dans l’ère du flic invisible qui voit tout, omnipotent sur le papier et qui ne peut rien dans la réalité, sauf à ramasser les morceaux.

Comment endiguer la violence routière ? En affublant les piétons de chasubles fluo ? En imposant le port du casque aux enfants dès qu’ils sortent de chez eux ? En décrétant que les conducteurs devront se munir d’un deuxième éthylotest, puis un troisième en attendant le quatrième… ?

Violence routière ? Violence tout court… violence d’une société qui multiplie les interdictions et les vigiles à l’entrée des centres commerciaux, les portiques, les badges d’accès et autres caméras de surveillance et qui diminue le nombre de ses fonctionnaires, policiers de proximité, éducateurs, enseignants, médecins, travailleurs sociaux… Une société où les centres de traitement administratif gérés par des opérateurs privés tournent à plein régime pour traquer implacablement la plus petite infraction des citoyens solvables tandis que ferment les dispensaires, les maisons de jeunes, les usines et les services publics sacrifiés à l’autel de la rentabilité.

Et si on remettait un peu les choses à l’endroit ?

mercredi 20 juin 2012

Arsouille en campagne ou campagne d'arsouilles?

Ces dernières semaines, la Sécurité Routière nous a gratifiés d’une nouvelle campagne dédiée aux motards. Celle-ci est composée d’une affiche et d’une vidéo, aussi consternantes l’une que l’autre, avec pour thème « à moto, le plus grand danger, c’est de penser qu’il n’y en a pas. »

Si ce thème n’est pas forcément mauvais en soi, une fois de plus, et comme d’autres l’ont dit avant moi, la Sécurité Routière est tombée dans la caricature.

Sur l’affiche tout d’abord, la Sécurité Routière essaye d’utiliser des codes propres au 2 roues (le mot « arsouiller » et le logo de la Sécurité Routière façon écusson, l’utilisation même du mot « arsouiller » que nos hauts fonctionnaires ont du découvrir à cette occasion…). Mais ça ne le fait pas, peut être à cause des écussons qui font « trop neufs ». Ou bien peut-être cela vient-il de la définition de l’arsouille, comme une « envie irrépressible de mettre du gaz ». Alors donc tous les motards ont forcément le même comportement ? Qu’on roule en custom, en routière ou en sportive, qu’on soit seul, en couple ou entre amis, qu’on soit en balade ou sur la route nous ramenant du boulot, forcément, LE motard ne peut s’empêcher de jouer le pilote ? Avec un comportement comme cela, c’est donc un miracle qu’il reste quelques survivants chez les motards…Au passage, s’il y avait des motards à la DSCR, ils sauraient qu’en général, l’arsouille, c’est à plusieurs. Bref, si faut éduquer nos chers fonctionnaires avec le Joe Bar Team ou avec l’Encyclopédie Imbécile de la Moto, y’en a encore pour un moment.

Autre affirmation, que c’est justement en pleine arsouille que la vigilance se relâche. Si on assimile ce comportement d’arsouille à la pratique sportive de la moto, c’est à peu près l’exact opposé. Si des chutes ont lieu dans ces instants, ce n’est pas dû à une baisse de vigilance, mais comme nous l’expliquaient des chercheurs de l’IFSTTAR *, parce que le motard est près de ses limites et que sous l’effet de la surprise, sa marge de sécurité est trop faible pour maitriser la situation. Allez dire à un pilote de grand prix que sa vigilance se relâche quand il est en pleine bagarre avec ses concurrents ! Non, sa vigilance baisse quand il croit avoir la course gagnée. D’où le syndrome du dernier tour, et d’où, sur route, les accidents à proximité du domicile.

Quant à la vidéo, elle nous présente un motard, au comportement agressif (et étrangement, avec une moto qui démarre à la clé…), qui arrive à éviter tous les accidents en milieu urbain : portière qui s’ouvre, changement de file, piétons qui traversent sans regarder. Et une fois sorti de la ville, il met du gaz et patatras. Bah oui, on vous l’a dit, il ne peut pas s’empêcher d’arsouiller ! Et là encore, le même message : si le motard se tue, c’est parce qu’il roulait comme un con hors agglomération. En ville, il ne lui arrive rien, puisqu’il est vigilant.

Ce scénario fait passer 3 messages néfastes : automobilistes, continuez à faire n’importe quoi en ville, les motards vont gérer. Motards, vous êtes les dieux de la cité, et quoi qu’il arrive, vous vous en sortirez toujours. Par contre, quand vous décédez d’un accident en rase-campagne, c’est forcément que vous l’avez cherché.

Sur quoi reposent ces affirmations ? Je suis allé jeter un œil sur le bilan 2010 (désolé, pour le 2011, il faut attendre encore un peu) de la Sécurité Routière pour savoir de quoi il en retourne. Sur les 704 tués à moto, la majorité (432) l’a effectivement été en « rase campagne », en clair, hors agglomération, contre 272 en agglomération. Ce qui fait quand même 38% des tués en agglomération. Mon histoire de « dieux de la cité » vient déjà d’en prendre un coup. Et je n’en suis qu’à la page 33, sur un document de 380 pages, ça commence mal.

Nous avons donc 62% des motards tués hors agglomération. Mais tiens, et quelle est donc le rapport entre le nombre d’automobilites tués en zone urbaine et en rase campagne ? 86% pour le second cas ! Mazette, ils doivent sacrément arsouiller au volant de leurs Scénic les automobilistes ! La relève d’Alain Prost est assurée !

Bon, revenons à nos moutons, pardon, motards. On sait maintenant qu’ils se tuent plus en rase campagne qu’en ville. Mais de quoi cela vient-il ? Sont-ils plus vigilants en agglomération ? Arrivent-ils vraiment à échapper à toutes les misères décrites dans la vidéo ?

La réponse arrive page 340, 342 et 343, et apparemment c’est non : 10866 blessés en agglomération contre 4293 en rase campagne, 11389 accidents répertoriés contre 4426, soit 72% à chaque fois en zone urbaine. Ainsi donc, et sans grande surprise, cette campagne est à coté de la plaque (nouveau format), les motards n’arrivent malheureusement pas à éviter les accidents en milieu urbain. Alors pourquoi si peu de morts finalement ? Et bien pour cela, il suffit de visionner à nouveau cette vidéo en imaginant que le motard n’arrive pas à éviter l’accident : dans pratiquement tous les cas, mis à part peut-être celui en intersection, le motard aurait probablement survécu à la chute.

La différence entre le milieu urbain et la rase campagne ne se fait donc pas sur la vigilance supposée du motard, mais sur les circonstances : il vaut mieux (pour le motard) percuter un piéton à 30 km/h en ville qu’un sanglier à 80 sur une route de campagne. Il vaut mieux percuter à 20 km/h une voiture qui grille un feu plutôt qu’à 70 une voiture qui grille un stop. Et les secours seront prévenus bien plus rapidement si vous avez un accident sur les pavés des Champs-Elysées que si vous glissez sur la départementale 37, fraichement gravillonnée au fin fond de la Creuse…

Sur la seconde image d’Epinal véhiculée par ce spot, le motard qui se croûte tout seul, qu’en est-il ? Tout d’abord, ce n’est pas forcément « seul », c’est « sans usager tiers identifié », ce qui inclut les délits de fuite, animaux sauvages, obstacles, gravillons, verglas, gasoil, etc. Après avoir potassé le bilan complet (mais j’ai pu rater quelque chose tant il est dense), je n’ai rien trouvé quant à une sinistralité particulière « en rase campagne, sans usager tiers identifié ». Mais globalement, les motards ont moins d’accidents « seuls » que les automobilistes (36% contre 49%). Et la Sécurité Routière de justifier ceci (page 148) par le fait que «cela résulte aussi du risque réduit de somnolence voire d’hypovigilance, dans la mesure où la conduite d’un deux-roues et la situation de plein air sollicitent beaucoup plus le conducteur d’un point de vue physique et le maintiennent plus alerte». Soit en totale contradiction avec ce qui ressort de ce spot ! Savoureux…

Fred

''Bilan 2010 de la SR http://www.securite-routiere.gouv.f... Institut Français des Sciences et Ttechnologies des Transports, de l’Aménagement et des Réseaux''

jeudi 24 mai 2012

Quand le chat n’est pas là, les motards trinquent !

La Sécurité Routière lance une nouvelle campagne.

Premier paradoxe, cette nouvelle campagne est livrée en pâture aux médias de tout poil alors même que le Délégué Interministériel à la Sécurité Routière n’est plus en poste. D’ailleurs, il n’est apparu à notre connaissance dans aucun médias alors que depuis 48 heures la campagne bat son plein. Certes il n’y a pas de génération spontanée et cette action à forcément été commanditée par l’ex DISR et son patron, cependant on peut se demander quelle urgence nécessitait de la mettre en œuvre juste après que le gouvernement qui l’a décidée ne soit plus aux commandes ? Second paradoxe, bien que le DISR sortant se soit toujours présenté comme un homme de dialogue, cette campagne n’a fait l’objet d’aucune concertation avec aucun des acteurs impliqués dans le monde des motards et de leur sécurité sur la route.

Le motard est la seule cible de cette campagne. J’écris LE motard car manifestement pour l’émetteur c’est une entité, un groupe social dont chaque membre est parfaitement identique. Comment le DISR et son staff dont le crédo est de tout mettre en œuvre pour réduire autant que faire se peut le nombre d’accidents sur nos routes et la mortalité des usagers, comment ces personnes peuvent-elles imaginer et organiser des campagnes médiatiques aussi stigmatisantes, aussi infantilisantes, aussi réductrices et pour tout dire aussi discriminatoires. Il est vrai que ces mêmes personnes ont déjà sévi dans le discriminant en imposant des mesures ciblés aux deux-roues motorisé de + de 125cm3 (décret du 2 janvier 2012).

Comment le Mr Moto National, seul maitre à bord maintenant, par définition spécifiquement dédié à la sécurité des 2RM peut-il sans bafouiller déclarer sur Europe 1 le 23 mai « …nous n’avons pas pu imposer le blouson car les forces de l’ordre n’en sont pas équipées… pas avant deux ou trois ans…mais il était important d’inciter les motards à s’équiper pour être visibles… » alors que le journaliste le questionnait sur le paradoxe d’imposer une bande réfléchissante bien que la majorité des accidents se produisent de jour, par beau temps et en rase campagne… L’absence de chef ne doit pas justifier de prononcer de idioties !

Comment peut-on ne pas avoir conscience que le scénario et le montage du film support de la campagne induit les messages suivants : … les automobilistes vous pouvez continuer à ne pas faire attention aux motards, ce n’est pas de votre faute s’ils se tuent car leur instinct primaire les pousse à se suicider sur des routes pittoresques que vous n’empruntez pas !...Quand à vous les motards, pratiquez dans la jungle urbaine où votre dextérité et votre concentration font merveille mais si vous voulez rester en vie oubliez les routes de campagne…

Elle est injuste cette campagne, elle est intolérable et la manière dont elle est traitée dans les médias télévisés est insultante pour le citoyen motard aussi divers et pluriel qu’est la société…


Monsieur le Président nouvellement élu
Monsieur le Président de tous les Français
Monsieur le Président de la normalité
Monsieur le Président de l’égalité
Monsieur le Président de la justice
Monsieur le Président de l’équité
Vous devez intervenir pour dénoncer ces pratiques indignes et non conformes à vos promesses. Il y a autant de motards que de citoyens, tous différents… nous ne pouvons pas tolérer une vision aussi réductrice des citoyens de ce pays.


Patrick

mercredi 9 mai 2012

-22% de tués en avril 2012 : historique… ou pas ?

Dans son communiqué paru le 4 mai, la Sécurité Routière annonce une baisse des tués de 22.2% par rapport au même mois de l’année précédente. Si on ne peut que se réjouir d’une telle baisse, on peut la trouver étonnante, il est donc toujours utile d’en trouver les causes. Tout d’abord, examinons les statistiques elles-mêmes : -22.2% de tués en 2012 par rapport à 2011, ok, mais le mois d’avril 2011, comment était-il ? Particulièrement mauvais, puisqu’il y avait eu une hausse 21.6% en 2011. Souvenez-vous c’est suite à tout cela que le CISR avait annoncé tout un tas de projets débiles, comme le port de gilet fluo pour les motards ou la suppression des panneaux informant de la présence d’un radar fixe. Evidemment Chantal Perrichon , présidente de la Ligue Contre la Violence Routière, mettait cette hausse sur le compte de l’assouplissement du permis à points. Sauf que cette hausse ne s‘est pas confirmé par la suite. Dommage pour elle et son dogme répressif. Donc 296 morts en 2010, 360 en 2011, 280 (chiffres provisoires) en 2012. Mais alors, nous sommes revenus quasiment au point de départ ? C’est un peu comme le magasin qui multiplie par 2 ses tarifs avant de tout solder à -50%. Deux ans, pour constater une baisse de seulement 5%, ce n’est pas ce qu’on peut qualifier d’historique…C’est même moins que la moyenne depuis la baisse initiée depuis les années 70.

Ainsi, la Sécurité Routière, à tout seigneur, tout honneur, nous donne elle-même 2 éléments pour expliquer cette baisse: les conditions climatiques extrêmement « favorables » en 2012, et le prix des carburants. Concernant la météo, derrière le mot « favorables », comprenez « météo pourrie », qui incite les conducteurs, notamment les usagers vulnérables, à limiter leur déplacement. Et quel meilleur moyen d’éviter les accidents que de rester chez soi ! Ainsi, quand il pleut, ou mieux, quand il y a de la neige, les usagers limitent leurs déplacements pour leurs loisirs, et pour les autres, lorsque c’est possible, optent pour les transports en commun, ou limitent leur vitesse, et donc la gravité des accidents. A l’inverse, le mois d’avril 2011 était très ensoleillé, avec des températures nettement au dessus de la normale, et les statistiques de la Sécurité Routière s’en étaient ressenties. Il en va de même pour le prix du carburant, qui ont atteint des records : avec un litre de SP 95 à 1.65€ en moyenne, et un litre de gasoil à 1.43€, on y réfléchit à 2 fois avant d’emprunter son véhicule.

Un autre facteur influe sur le risque d’accidents : l’activité économique. D’une part, parce que le trafic poids lourds, même si les routiers ont peu d’accidents responsables, provoque des accidents très graves. Et que ce trafic est fortement corrélé à l’activité économique. Or, ces derniers temps, elle est, comment dire…faiblarde. D’autre part, parce que l’activité économique nécessite aussi le déplacement des salariés (vu que nous ne dormons pas sur notre lieu de travail comme en Chine). Or, les 193000 chômeurs supplémentaire en France métropolitaine (c’est une habitude de ne pas compter les DOM !) entre mars 2011 et mars 2012 (chiffres d’avril pas encore disponibles…) ne risquent plus de se tuer sur leur trajet domicile-travail. Ce qui nous amène à une remarque : comment cela se fait-il que les chiffres du nombre de chômeurs d’avril ne sont pas encore disponibles, alors que ceux de la Sécurité Routière le sont ? Pourquoi une telle précipitation pour annoncer ces derniers, seulement le 4 du mois suivant, sachant que le 1er était férié. Y aurait-il un dernier espoir…électoral qui justifie une telle précipitation, de ne pas pouvoir attendre le lundi 7 mai, sachant que les chiffres définitifs, les décès à 30 jours, ne peuvent mathématiquement pas être connus avant la fin mai ? Le président sortant avait-il besoin de statistiques favorables à présenter afin d’espérer une victoire ?

Alors au final, on constate que la météo est capable de faire varier le nombre de tués sur les route de plus ou moins 20%, ce qui pose quand même sérieusement la question de l’intérêt des statistiques mensuelles, où on se félicite d’une baisse de 5% et où on pointe du doigt les conducteurs quand la hausse atteint 10%. On peut aussi se demander à quoi cela sert de ponctionner 630 millions d’euros aux conducteurs via les radars automatiques (sauf si c’est pour qu’ils n’aient plus d’argent pour faire le plein et donc ne plus rouler). Et enfin, à quoi cela a-t-il servi que l’Etat réduise de centaines de milliers d’euros les Plans Départementaux d’Actions de Sécurité Routière afin de financer l’achat des radars démagogiques pédagogiques. D’ailleurs, ce serait bien que la Cour des Comptes mette son nez là dedans pour en faire le bilan…

Fred

jeudi 29 mars 2012

L'équipement du motard

Depuis janvier 2012, un groupe de travail piloté par le préfet Régis Guyot est chargé par le ministère de l'Intérieur, en lien avec la Direction de la Sécurité et de la Circulation Routière (DSCR), de réfléchir à la question de la circulation interfiles des 2RM dans les embouteillages. Les travaux sont découpés en six thématiques : les risques, quelles types de voiries, quels type de 2RM sont concernés, quelles manœuvres et quelle réglementation, quel équipement le conducteur de 2RM doit-il adopter, comment communiquer sur l'interfile.
Ces travaux sont débattus en réunion plénière par le groupe au complet. Il est composé des principaux représentants des usagers, des fonctionnaires de la DCR, de chercheurs et de fonctionnaire de l’Équipement et de policiers du Ministère de l'Intérieur. Les travaux de chaque groupe thématique font l'objet de réunions en sous-groupes qui auditionnent des spécialistes des problématiques considérés.

Compte-rendu de la réunion du sous-groupe de travail sur les Équipements de Protection Individuels (EPI) du 6 mars 2012 dans les locaux de la DSCR

L’ordre du jour était consacré aux équipements individuels de protection (EPI). En préambule, Pascal Dunikowski (chargé de mission 2RM « national » à la DSCR) a dit que le « Groupe de travail Guyot » était une volonté du ministre de l’intérieur pour réfléchir à la question des remontées de files, que cette question était dans l’air depuis longtemps mais que cela n’avait pu aboutir parce que c’était « mal ficelé ». Le représentant de la FFMC a rectifié en revenant sur les trois années de concertation nationale sur la SR des 2RM, qu’il y avait déjà eu quatre groupes de travail dans le passé sur les remontées de files, qu’un décret était prêt en 1999 et qu’il n’avait pas été signé par le ministre de l‘Intérieur de l’époque parce que les forces de l’ordre ne savait pas comment mettre en place une méthode de contrôle des comportements inadaptés. Depuis, il y a eu la Concertation, des discussion poussées sur les remontées de files, quatre cas types définis et une étude scientifique de l’IFSTTAR qui validait ce que les usagers savaient déjà et ce que la FFMC avait aussi démontré, à savoir que la remontée de files, effectuée dans les conditions que nous préconisons, n’entrainait pas de sur-risque supplémentaire. Comme quoi on ne partait pas de rien et qu’il était inexact de laisser penser dès le début de cette réunion que nous allions défricher un terrain inconnu.

L’assemblée a ensuite débattu de la question des EPI.

Il s’avère que personne n’est en mesure de définir quelles seraient les normes à imposer et ce qu’est un EPI, à usage professionnel ou pas. Le représentant de la FFMC est revenu sur les différences entre équipement a-minima indispensable qui fait encore défaut chez les cyclomotoristes et les « motomobilistes » en scooter et sur le fait que ce n’était pas nécessaire de mettre la pression d’un suréquipement pour les motards déjà majoritairement bien équipés. Pour soutenir ses propos, il a fait référence aux propositions du manifeste de la FFMC dont un exemplaire a été distribué aux membres du groupe qu’il l’ont favorablement accueilli. La représentante de la Sté Soubirac a d’ailleurs observé que rien de sérieux n’était envisagé pour les utilisateurs de petites cylindrées pas du tout sensibilisés au moindre équipement. Les équipementiers ont fait part de leurs inquiétudes sur ce qu’ils devraient proposer à leurs clients dans la mesure où ils ne savent pas aujourd’hui où nous allons, si il y aura obligation ou pas. Nous avons discuté du cas de la Belgique qui a imposé, depuis l’été 2011 le port de « tenues couvrantes » aux usagers 2RM sans pour autant définir de niveau de protection. Tout le monde interprète cette mesure comme positive dans la mesure où elle interdit de monter sur un 2RM en short et ticheurte ou chemisette et que c’est déjà un mieux en matière de prise de conscience des risques et de la nécessité de se protéger. Le représentant de la FFMC, de l’AMDM, ainsi que Serge Célerin (ancien pompier de Paris) ont rappelé que l’équipement atténue les blessures dans une moindre mesure, mais que cela n’empêchait pas l’accident. Par conséquent, l’effort est à porter majoritairement vers l’enseignement d’une conduite préventive. Il a également été rappelé qu’on ne pouvait pas se tenir au seul indicateur de mortalité pour considérer les accidents alors que seul le casque est obligatoire et que la majorité des blessures invalidantes concernent les membres inférieurs. Nous avons également soulevé un point épineux : obliger l’usager à porter des protection, c’est une chose, mais comment s’assurer que son blouson comporte bien des renforts alors que les forces de l’ordre ne sont pas autorisés à « palper » et à faire dévêtir un conducteur lors d’un contrôle routier ? Le représentant de la Sté Furygan a alors exprimé ses doutes sur l’objet de la réunion… Nous avons ensuite discuté des assureurs et certains participants ont évoqué le « cas allemand » où les équipements seraient imposé par les assureurs. Faux a répondu le représentant de la Mutuelle des Motards qui a précisé qu’à la Mutuelle, la couverture corporelle et équipement sont incluses d’office dans le contrat". Et nous sommes revenus à la question des EPI.

Le représentant de la FFMC a relevé le désir à peine masqué de la DSCR de vouloir rendre obligatoire des équipements, citant l’exemple du brassard rétro-réfléchissant comme étant une mauvaise réponse à une bonne question pour illustrer le caractère mal à propos de cette obligation assortie d’une retrait de points de permis de conduire, menace comprise avec d’autres obligations à venir quant au port d’équipements. Le représentant de la FFMC a rappelé que lors d’une rencontre avec Jean-Luc Névache (Délégué Interministériel à la Sécurité Routière) en septembre 2011, nous avions proposé de travailler avec les équipementiers pour homogénéiser les formes et emplacements à définir pour doter de dispositifs rétro-réfléchissants les vêtements proposés à la vente dans l’avenir… équipements d’ailleurs déjà prévus d’origine sur les survêtements de pluie et les blousons « techniques » en synthétique renforcé… Ainsi, au gré du renouvellement de la « garde-robe » des usagers, la majorité des usagers se retrouveraient de mieux en mieux équipées à moyen terme….
Hélas, cette option raisonnable n’a pas été retenue par la DSCR qui a préféré passer en force en décrétant le port obligatoire d’un brassard dès l’année prochaine… décision d’autant plus inadaptée qu’elle ne s’applique qu’aux motards en 125 cm3 et plus, qui sont déjà les usagers en 2RM les mieux équipés. Autrement dit nous en sommes encore à discuter de la température de l’eau du jacuzzi alors que certains ne sont même pas équipés d’une salle de bains !

A la fin de cette rencontre, les participants sont tombés d’accord pour des incitations au port d’équipements, mais contre une obligation… tout juste le représentant de la Csiam a t-il proposé de rendre au minimum les gants obligatoires, sans doute par souci de proposer une porte de sortie honorable à la DCSR. Reste que la moindre obligation pourrait bien servir de porte d’entrée à d’autres obligations dans l’avenir.

PARTICIPANTS

Les membres permanents du Groupe Guyot représentaient la Fédération française des motards en colère (FFMC), les forces de l’ordre (Uclir), la société City-Bird (motos-taxis), l’agence Vigi-deux-roues (prévention du risque en entreprises). Les personnes auditionnées représentaient Moto-magazine (rubrique Consomotard), la Chambre syndicale des importateurs de motos (Csiam), les sociétés Soubirac-Motomod, Cardy, Furygan, Shark-Béring, Elite–Protairbag et la Sté Française d’électronique appliquée (produits RVR-Safety) qui était accompagnée de Serge Célerin (ex BSPP, casques d’Argent, consultant sécurité accompagnements moto) et les représentants des assureurs avec la Mutuelle des Motards et la Fédération française des sociétés d’assurances (FFSA).

Z.A.P.A - Zones d'Action Prioritaires pour l'Air

Les zones d'action prioritaires pour l'air, alias ZAPA, répondent à un arrêté du Ministère de l'Ecologie, lequel concerne les communes et groupements de communes dont la population dépasse 100 000 habitants. Ces collectivités pourront mettre en place, sur tout ou partie de leur territoire, des zones qui seront interdites à certaines catégories de véhicules, en fonction de leurs émissions de polluants. Le calendrier prévoit pour l'heure une procédure expérimentale d'une durée de trois ans, et le Ministère recrute des collectivités volontaires qui devront faire part de leurs intentions au plus tard en juillet 2012. Pour l'instant, une dizaine de villes et de communautés se sont déclarées, même si certaines, comme Clermont-Ferrand, prenant en compte la discrimination sociale induite par ce dispositif, ont déjà renoncé. On en compte deux en Île-de-France : Paris et Plaine Commune, la communauté de communes qui regroupe tout l'ouest de la Seine-Saint-Denis à l'exception de Saint-Ouen.

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Le principe serait donc d'interdire ces zones à certains véhicules, en particulier les deux-roues motorisés datant d'avant juillet 2004, et les automobiles d'avant octobre 1997 ?

Absolument pas. L'arrêté prévoit, en fonction des normes antipollution auxquelles satisfait le véhicule, un certain nombre de cas. Pour les deux-roues motorisés, en effet, la situation est simple : commercialisé à partir de juillet 2004, c'est vert, et aucune restriction ne s'applique ; mis en service avant, c'est la poubelle. Pour les automobiles, on distingue quatre situations, vert, jaune, rouge et, avant 1997, poubelle. Mais le paradis de la zone verte ne sera accessible qu'aux heureux propriétaires de voitures commercialisées à partir du premier janvier 2006, donc vieilles de moins de six ans. L'âge moyen du parc étant, selon la récente enquête ENTD de l'INSEE, de 8,7 ans, il va y avoir beaucoup d'exclus. L'arrêté ministériel chiffre ainsi le pourcentage de véhicules légers concernés, essence et diesel confondus, à 69 % du total, soit plus de deux sur trois.

Mais comment justifier une telle politique ?

La santé, bien sûr. Pour citer l'arrêté : "L'Organisation Mondiale pour la Santé a montré qu'environ 42 000 personnes décédaient chaque année en France pour cause de maladies dues à la pollution par les particules dans l'air (décès en moyenne dix ans plus tôt pour cause notamment de maladies cardiovasculaires, respiratoires et cancers). Cela touche donc chaque année 5 % des décès en France, et représente une baisse d'espérance de vie de l'ordre de huit mois dans les villes françaises." Bon, on a un peu de mal à comprendre comment le fait que 5 % de la population meure en moyenne dix ans avant le terme prévisible de son existence se traduise par une réduction de son espérance de vie de huit mois, mais les rédacteurs de l'arrêté étaient sans doute pressés.

Particules dans l'air ? Mais ces émissions ne sont-elles pas propres aux moteurs diesel ?

En effet ; ces particules ont des origines assez variées, mais seuls deux types de motorisations y contribuent : les vieux deux-temps dans le genre des Vespa PX, qu'il serait sans doute sage, pour le bien commun, de laisser plus souvent au garage, et, très majoritairement, les diesel. Or, la motorisation diesel ne concerne pas tous le monde : les bus, les camions et les véhicules utilitaires mais aussi, en France, les automobiles. Selon un récent numéro de la revue de feu le Conseil Général des Ponts & Chaussées, le parc des voitures diesel est ainsi passé de 1 149 000 véhicules en 1982 à 18 256 000 en 2008 ; dans le même temps, le nombre des automobiles à essence a baissé de 17 695 000 à 14 230 000. Quant au parc de motos diesel on sait que, aujourd'hui comme en 1982, il est égal à zéro.

Mais alors, en quoi les ZAPA concernent-elles les motocyclettes et leur moteur quatre-temps à essence ? Encore la faute de l'Europe ?zapa-fumee-particule-diesel.jpg

Absolument pas. La communauté européenne impose certes un respect de normes de qualité de l'air, mais elle vise essentiellement à réduire les émissions de particules. Si l'on passe en revue les zones de faibles émissions qui existe déjà en Europe on constate que, le plus souvent, seuls sont concernés les autobus et poids-lourds : c'est le cas à Londres, à Stockholm et plus généralement en Suède, à Copenhague ou bien à Prague. En Allemagne, les restrictions s'appliquent aussi aux automobiles, essence ou diesel, mais de façon plus stricte pour le diesel : ainsi, à Berlin, sont interdites en centre ville les voitures à moteur diesel mises en service avant janvier 2006, et les automobiles à essence d'avant janvier 1993, ce qui laisse une certaine marge. Et, dans toutes les zones allemandes, les deux-roues motorisés peuvent circuler sans restriction. En fait, pour l'instant, on ne trouve de zones d'exclusion des deux-roues motorisés qu'en Italie. Là, la situation varie fortement selon les villes mais, le plus souvent, ces mesures ne frappent que les deux-temps, et encore : ceux qui ne satisfont pas aux normes Euro 2. Tous les deux-roues quatre-temps âgés de moins de dix ans sont ainsi libres de circuler. Les ZAPA sont donc doublement uniques en Europe, à la fois parce qu'elles prennent en compte toutes les catégories de véhicules à moteur thermique, et parce que leurs exigences en matière de normes antipollution sont d'une sévérité sans équivalent.

D'un autre côté, c'est un peu normal : la pollution augmente dans les villes, non ?

Absolument pas. Pour Paris et son agglomération, on dispose grâce à Airparif d'un historique assez long, qui montre à quel point la situation s'est énormément améliorée depuis les années 1960 et 1970. Le plomb autrefois présent dans l'essence, le souffre et ses composés ont totalement disparu ; les émissions de benzène, depuis 1994, ont été divisées par quatre et celles des oxydes d'azote par deux même si, là, la situation est plus complexe. En effet, la diminution du dioxyde d'azote est moins accentuée, phénomène attribué à la hausse du parc de véhicules diesel. Et les émissions de particules, elles, malgré les filtres en question, et sans doute aussi à cause de cette hausse, pour l'instant, ne baissent pas.

En somme, rien ne justifie que les deux-roues motorisés soient pénalisés par les ZAPA ?

Rien, à l'exception près des vieux deux-temps, de toute façon très peu nombreux. Clairement, le Ministère a bien comme objectif de fournir aux communes un outil légal qui leur permettra de limiter, et cela de façon drastique, la présence des deux-roues motorisés sur leur sol. Les observateurs auront remarqué combien les journalistes de télévision, toujours à l'écoute du pouvoir, insistent depuis peu sur le fait que ces particules fines sont aussi générées par l'usure des pneus et des plaquettes de freins. On peut sans doute attendre longtemps une évaluation de la part de ces émissions-là dans le total. Mais l'essentiel est fait : fournir un argument, aussi futile soit-il, pour justifier que la prohibition des émetteurs de particules ne se limite pas aux diesel. Alors, on ne doute pas, que, en bonne logique, et par souci d'équité, les vélos aussi seront désormais interdits dans les centres villes : après tout, ils ont aussi des pneus, et ils s'usent.

Denis Berger

L'avis de la FFMC : TROIS QUESTIONS A NATHANAËL GAGNAIRE Zapa-moto-interdite-ville-NATHANAEL_GAGNAIRE-FFMC-nat.jpg

Le 2RM interdit dans les Zapa, est-ce une fatalité ? Bien sûr que non. Ailleurs en Europe, la mise en œuvre de ces zones ne concerne majoritairement pas les 2RM, hormis pour l’Italie avec des exigences moindres que le projet français. Ensuite parce que l’intérêt des Zapa est de réduire les émissions de microparticules et de dioxyde d’azote. Les 2RM roulent à l’essence qui rejette 1 000 fois moins de ces microparticules que le diesel (source Airparif).

Quels moyens d’action la Fédération envisage-t-elle pour traiter ce dossier ? Nos antennes départementales sont en contact direct avec les municipalités. Certains élus ont joué le jeu et ont bien voulu répondre à nos questions et nous informer de leur vision du projet en local. D’autres sont apparemment plus réticents. Nous ne restons cependant pas dans une position attentiste et nous jouerons notre rôle d’alerte auprès d’autres organisations nationales de défense des libertés, sur ce sujet. Il est pour nous inconcevable que la liberté de circulation de ceux qui n’ont pas les moyens d’acheter un véhicule récent soit condamnée au profit d’un hypothétique projet mal ficelé, technocratique et liberticide.

Quels arguments entendez-vous faire valoir ? Tout d’abord que la liberté de circulation est un droit fondamental et qu’un tel projet ne doit pas générer une telle discrimination. Ensuite, nous affirmons que le 2RM est une alternative réelle à la voiture. Il stationne plus rapidement et il optimise l’utilisation de l’espace urbain par sa petite taille et sa facilité d’évolution. Cela dit, la FFMC ne se contentera pas d’un discours corporatiste. Ce combat est en effet celui de l’ensemble des usagers, de l’ensemble des citoyens et notamment des plus défavorisés, habitant en dehors des agglomérations et ne pouvant pas toujours bénéficier des moyens de transports en commun, trop souvent contraints à une logique de rentabilité des lignes… Ce combat est aussi celui du fichage et des libertés individuelles car nous l’affirmons, cette mesure est l’antichambre des péages urbains notamment dans les agglomérations concernées. >

mardi 27 mars 2012

Compte-rendu du 16 février : groupe de travail sur la circulation interfiles

Depuis Février 2012, la FFMC participe au groupe de travail dirigé par le préfet Régis Guyot mandaté par le ministre de l’intérieur pour évaluer la question de la légalisation de la circulation entre les files pour les deux-roues motorisés dans les embouteillages. La question de l’équipement individuel de protection des usagers en 2RM est également étudiée par ce groupe de travail.

Cette réunion, qualifiée de « technique » par le préfet Guyot (entendez : nous ne sommes pas là pour négocier) consistait à définir les thèmes à aborder et procédé à la répartition des sous-groupes amenés à se partager le travail d’analyse et mener les auditions des « experts » envisagés pour être consultés.

circulation entre files de voiture

C’est reparti pour un tour !
Nous voilà repartis à discuter de questions déjà débattues lors de la Concertation ouverte depuis juin 2009, avec de nouveaux participants... mais c'est comme ça qu'on avance, pas à pas. Donc, qu’est-ce que la remontée de file, pour quels type de véhicules (2, 3 et 4 roues étroits, quels véhicules dans l’avenir ?), uniquement sur voies rapides ou aussi en ville ? Quid des couloirs de bus ? Comment réglementer ? Quels équipements pour les motards… ? Ces thèmes seront discutés par des sous-groupes composés de membres du groupe permanent, lesquels procéderont à des auditions de personnes qualifiées dans leurs propres domaines (équipementiers, fabricants, aménageurs, journalistes spécialisés, formateurs en éducation routière…)

Point de départ de la discussion, la Belgique qui a reconnu la circulation inter-files en s’inspirant des débats de la Concertation DSCR / 2RM sans plus de formalisme. Les représentants du Certu souhaitent que les thématiques débattues ne soient pas trop « parisiennes » : ça tombe bien la FFMC a compétence nationale sur ces problématiques et ses antennes départementales sont consultées et associées en permanence. La FFMC a témoigné que les questions de sécurité routière sont des thèmes bien analysés, compris et portés par les adhérents FFMC, reste à convaincre les usagers qui ne sont pas à la FFMC. Le préfet Guyot a alors dit avec malice : « donc, il faudrait que tous les usagers adhèrent à la FFMC ? ». Ce à quoi nous avons répondu : « rassurez-vous, chaque fois que les pouvoirs publics sortent un décret concernant les motards, le nombre d’adhérents à la FFMC augmente. ».

Nous avons distribués nos dépliants sur la circulation inter-files et sur l’équipement du motard, ils ont été favorablement considérées, du moins pour ceux qui ne les connaissaient pas encore. Nous avons rappelé que nous avons beaucoup de matière documentaire sur l’objet des présents débats dont nous avons déjà rendu compte dans le blog FFMC de la Concertation.

Bref, le Ministre de l’Intérieur a communiqué pour dire que la remontée de files allait faire l’objet d’une réflexion… donc, on y réfléchit. Attention toutefois au marché qui se dessine, du genre : « on vous laisse les remontées de ville en échange d’un équipement obligatoire ». Ça n’a pas été dit comme ça, mais ça pourrait y ressembler et d’autres membres du groupe l’ont d’ailleurs relevé.



Participants :
Le groupe est composé de fonctionnaires de la délégation interministérielle à la Sécurité routière (DSCR) et de l’Observatoire de la Sécurité routière (ONISR), ceux du Centre d’étude des réseaux en Transports et urbanisme (Certu), des Centre d’études techniques de l’Équipement (Cete), des policiers de l’Unité de coordination de lutte contre l’insécurité routière (Uclir), des chercheurs de l’Institut français des sciences et technologies des transports, de l’aménagement et des réseaux (Ifsttar) et de représentants d’associations d’usagers parmi lesquels la Fédération française des motards en colère (FFMC), l’Association des scootéristes de France (ASF), 40 millions d’automobilistes, la société City-Bird (motos-taxis), l’agence Vigi-deux-roues (prévention du risque en entreprises) et les représentants des assureurs avec la Mutuelle des Motards, le Groupement des entreprises mutualistes d’assurance (Gema, via un représentant de la Macif) et la Fédération française des sociétés d’assurances (FFSA). A noter que la Fédération française de motocyclisme (FFM) n’a pas été admise parmi les participants… ce qu’elle a dénoncé. En solidarité avec la fédération sportive qui est sa partenaire dans la défense de la moto en France, la FFMC a décidé de ne pas assister à la première réunion du Groupe Guyot qu’elle a accepté de ne rejoindre qu’à partir du 16 février, date de la deuxième réunion plénière du groupe.

mercredi 14 mars 2012

Les motardes sont des motards comme les autres

431598_1925263947826_1728976553_936110_1172210642_n.jpgSuis-je vraiment une femme ?

Ou une aberration de la nature ? Une contrefaçon ?

Pourquoi ces questions existentielles me direz-vous ? C’est vrai qu’à mon âge (nan, on ne demande pas son âge aux femmes, c’est très mal poli, très pas politiquement correct, les femmes ne vieillissant pas, c’est bien connu…) je suis supposée avoir la réponse à cette question. D’autant que j’ai 2 enfants, que je les ai eus de manière traditionnelle, ce qui semble vouloir dire que je suis pourvue d’un utérus et que donc je suis une femme. Pardon, ça ne sous entend pas que les femmes qui n’en sont plus, ou pas pourvues ne sont pas des femmes mais juste qu’en avoir un fait que forcément j’en suis une. Vous suivez ? Bon.

Alors pourquoi la journée de la femme me donne t-elle de l’urticaire ? Pourquoi la grosse majorité des « manifestations » qu’on y accole m’insupporte et me met les nerfs en pelotes ? Et pourquoi le Manifeste des femmes pour la Sécurité Routière m’a-t-il carrément mise dans une rage noire ?

C’est vrai. Pourquoi ? Parce qu’au fond, je suis féministe. Plus d’un homme sur deux, sur Terre, est une femme, ça me paraît donc une évidence : les Hommes naissent libres et égaux en droits. Donc les femmes aussi. Y a pas besoin d’en faire toute une littérature, ça devrait être un fait. Donc défendre ce fait est une évidence aussi.

Ben nan.

J’accroche pas à tous ces machins : les quotas, la discrimination positive, l’égalité institutionnelle… c’est rien que des faux nez, et des vilains qui plus est. Des trucs mal bricolés mais avec une belle vitrine et qui permettent de dire : « Attention ! On est dans le pays des droits de l’Homme ici ! On fait ce qu’il faut pour les femmes. Tenez d’ailleurs, elles ont leur journée à elles. Toute une journée entière pour dire tout ce qu’elles veulent ». Ce qui ne sous-entend pas du tout, bien sur, que le reste de l’année elles doivent la boucler. Non. Personne n’a jamais dit ça.

Et pourtant, à travail égal, elles sont moins bien payées. Alors comme on est en France (les droit de l’Homme et tout ça…) ben ça veut dire qu’elles travaillent moins bien sans doute et pis c’est tout. Les femmes sont majoritaires dans les emplois précaires. Pas parce que ce sont elles qui s’occupent des enfants et qu’il est difficile, surtout quand on est seule, de gérer le planning de dingue qu’engendre les gardes d’enfants, les horaires scolaires, les transports, et un boulot à temps complet. Je rappelle aux distrait(e)s qu’on est en France (les droits de l’Homme…) c’est donc sûrement qu’elles sont mal organisées. Ne parlons même pas de ces jeunes filles des cités, en butte à d’innombrables et d’innommables préjugés… Quoi ? Elles vivent au pays des droit de l’Homme ! Si elles n’arrivent pas à passer outre, c’est qu’elles le veulent bien. Et moult autres exemples de l’incapacité des femmes à être les égales des hommes alors que leur pays leur fournit bonnassement toute une panoplie d’outils dont elles n’ont qu’à se servir. Pffff ! Sottes qu’elles sont…

Quant au Manifeste des femmes pour la Sécurité Routière, c’est carrément une aberration intellectuelle pour moi. Je comprends pas. Que la DSCR ait eu l’idée, ça non, ça ne m’étonne pas outre mesure. Opposer les usagers de la route, c’est un jeu qu’ils connaissent bien et pratiquent abondamment : les autos contre les motos, les cyclos contre les motos, les vélos et les piétons seuls contre tous, les bons conducteurs contre les mauvais, et là les femmes contre les hommes… sûrement qu’ils ont trouvé une logique à ça, mais leur raisonnement est trop éloigné du mien pour que je vous l’explique… Non, ce que je ne comprends pas, c’est qu’une femme ait participé à ça. Que d’autres le signent. Qu’elles y croient. Alors qu’à moi, le message qu’il y a derrière me donne la nausée : la femme qui constate la conduite à risque de son mec et qui se tait (par tendresse ? par lassitude ? c’est une femme qui a écrit ça ??), est-ce que c’est la même que celle qui la boucle quand elle prend une baffe ? Ou est-ce qu’au fond c’est dans la nature de toutes les femmes de se taire ? Et de tous les hommes de faire les cons ?

Oui le sujet m’agace. Profondément. Jusqu’aux ovaires j’ose le dire. Et sûrement que la chose vue de la coordination du Bureau National de la FFMC n’arrange pas mon état. La focale est précise et ciblée. Je suis bien placée pour savoir et pour dire que les motards ne sont pas des gros bourrins machos, et surtout pas à la FFMC, eux qui élisent une femme pour les « représenter » (la représentation est collective, la coordinatrice n’a pas de place prépondérante mais au moins, vu de l’extérieur, y a une femme à la tête de la FFMC). Dire que les motards sont machos, c’est aussi con que de dire que les femmes sont féministes. Et me dire que je suis une femme qui fait de la moto, c’est très con aussi. Et me demander de me revendiquer comme telle, ça me défrise (ou ça me frise, plutôt…). Est-ce qu’on dit à un homme qu’il est un homme qui fait de la moto ? Non. C’est un motard. Eh ben moi aussi je suis un motard. Point. C’est ça l’égalité. Elle ne se cache pas dans la féminisation des mots ou dans des décrets ni dans des lois. Elle est une évidence. Elle doit l’être en tout cas. Et toutes les béquilles juridiques, légales, politiques, médiatiques, artistiques, etc… (tiques) qu’on pourra inventer n’y changeront rien.

C’est une question d’éducation. De culture même (dans le sens que ça se cultive…). Pas d’atavisme là-dedans : le dernier homme des cavernes a bouffé son gourdin par la racine depuis longtemps. Et c’est surtout une question de libre arbitre, qu’il soit féminin ou masculin, et pour en avoir et le conserver, évitons ensemble de tomber dans les panneaux du politiquement correct. La journée de la femme est un leurre. Elle a le mérite d’exister mais elle ne doit pas occulter le reste de l’année et la misère égalitaire qui règne au pays des Droits de l’homme. J’y mets un petit « h » exprès parce que c’est ça la vérité… 364 jours pour les droits de l’homme, 1 jour pour les droits de l’autre moitié de l’humanité : les femmes.




France




PS : mes sœurs et mes frères, j’en profite pour vous appeler à la vigilance. Les droits des femmes, les acquis féministes, les vrais, sont la cible de nombreux vilains pas beaux qui se cachent derrière d’innombrables masques…

Quelques liens vers des infos qui ont circulé à l’occasion du 8 mars et qui m’ont marquée :

Celui-ci d’abord, car j’ai écouté ces femmes sur France Inter et pour elles (qui ne vivent pas au pays des Droits de l’Homme), cette journée a une réelle signification :

http://www.mesopinions.com/L-appel-du-8-mars-pour-la-dignite-et-l-egalite-petition-petitions-a89238a98fc0692c7924831a31f907b8.html

Cette info délirante lue sur le site de Ni Putes Ni Soumises : http://www.elle.fr/Societe/News/Des-collegiennes-en-jupes-sont-priees-de-changer-de-tenue-1958988

Celui-ci qui colle les foies : http://www.humanite.fr/societe/les-pro-ivg-%C2%ABenlevez-vos-revers-de-nos-ovaires-%C2%BB-491937?x

Et pour bien finir, ceci qui prouve si besoin est que nous n’avons aucun besoin qu’on nous donne la parole, juste, nous devons la prendre :

http://www.motomag.com/Femme-noire-motocycliste-aux-USA-l-histoire-de-Bessie-Stringfield.html#forum61183

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