Concertation nationale sur le deux roues motorisé

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La FFMC participe à la concertation sur le deux roues motorisé (parfois appelé Grenelle de la moto) lancée à l’initiative de la DSCR le 5 juin dernier. Dans un souci de transparence, et afin de rendre compte auprès de ses adhérents et plus largement auprès du monde motard des discussions qui interviennent dans les différentes thématiques (formation, infrastructures, réglementations, etc...), la FFMC met en place ce blog qui sera alimenté au fur et à mesure, et au gré de la disponibilité des participants.

mercredi 4 août 2010

Bilan de la Sécurité Routière pour 2009 : Si vous ne savez pas quoi dire, dites du mal des motards !

Lors de sa conférence de presse du 29 juillet, la Direction de la Sécurité et de la Circulation Routières (DSCR) a présenté le bilan définitif pour l’année 2009 en matière de sécurité routière. Et lors de cette conférence, comme il est d’usage, les usagers de 2 roues motorisés (2RM) ont été pointés du doigt pour justifier les mauvais résultats. En effet, l’année 2009 a vu le nombre de tués sur les routes stagner par rapport à 2008, et dans sa communication, la DSCR n’a pas manqué d’affirmer que sans les 2 roues motorisés, le nombre de tués aurait baissé. Un peu comme si on disait que si les vacanciers allaient à la montagne au lieu d’aller au bord de la mer, il y aurait moins de noyés…

Comme à son habitude, la DSCR a rappelé son chiffre fétiche : les 2RM représentent 2% du trafic et 25% des tués. D’où sortent ces 2% ? Mystère car en fait personne ne sait précisément combien de 2 roues circulent en France. Pour preuve, il y a 2 fois plus de motos assurées que ce que recense la DSCR. De la statistique au doigt mouillé quoi. Ou alors, ce fameux chiffre fétiche vient d’un tableau affiché au mur de la déléguée interministérielle depuis 10 ans sans jamais avoir été réactualisé. Car même avec les chiffres sous-estimés de la DSCR, le nombre de motos augmente de 5% en moyenne par an, largement plus que les automobiles par exemple. Ce qui relativise l’aggravation du risque supposé chez les conducteurs de 2RM. Risque que la DSCR attribue au comportement des motards, alors que les statistiques démontrent que les motards ont moins d’accidents responsables que les automobilistes.

Une autre catégorie d’usagers présente des résultats similaires aux 2RM, les cyclistes. Hausse du nombre de tués liée à la hausse du nombre de pratiquants. Mais là, étrangement, le ton de la DSCR est tout à fait différent puisqu’elle n’oublie pas de signaler cette hausse du nombre de pratiquants. Selon que vous serez un voyou en moto ou un bobo en vélo…

Au final, on peut tout de même déduire que ces 2 catégories d’usagers vulnérables bénéficient moins de la baisse du nombre de tués sur les routes parce que les réponses apportées par le gouvernement sont inadaptées aux risques particuliers rencontrés, notamment en terme de prise en compte par les autres usagers.

Un autre point prête à sourire : le taux de port du casque. Selon la DSCR, 100% des cyclomotoristes portent le casque alors que seuls 92% des motards le portent. 8% des motards qui roulent sans casque, cela laisse songeur car très éloigné de ce qu’on constate au quotidien. Par contre, il est très fréquente de croiser des cyclomotoristes dont le casque n’est pas correctement attaché. De là à se dire que nos chers technocrates ont du mal à différencier un cyclomoteur d’une moto, il n’y a qu’un pas.

De la même manière, suite à cette conférence de presse, les journaux télévisés n'ont diffusé que des images de ces "inconscients de motards" qui roulent sans équipement adéquat (blouson, gants, pantalon et bottes), notamment dans le sud. Et là, c’est l’ensemble du Mouvement FFMC qui apporte ses réponses : la FFMC Loisirs qui sensibilise les minots, l’AFDM les candidats aux permis, Moto Magazine qui teste les vêtements de protection et dont les essayeurs roulent systématiquement équipés, la Mutuelle des Motards qui prend en charge 100€ sur l’équipement des jeunes permis et enfin la FFMC qui réclame une aide fiscale (baisse de la TVA ou crédit d’impôt). Car un équipement adapté, cela coute cher, alors s’il faut en plus une deuxième tenue pour les jours de fortes chaleurs, cela représente forcément un frein pour les personnes les moins aisées. Donc si le gouvernement s’inquiète tant que ça du port des vêtements des protection, il peut toujours mettre au calendrier le vote de la proposition de loi du député Jean-Pierre Nicolas (). De même, lorsque les policiers de Nice viennent faire la morale aux usagers de 2RM, on peut se poser des questions sur leur crédibilité puisque, jusqu’à récemment, leur propre équipement était dérisoire.

Concernant le sur-risque que présentent les jeunes, là aussi c’est l’ensemble du Mouvement FFMC qui apporte des réponses, notamment avec son programme d’Education Routière de la Jeunesse et 2 Roues Motorisés (agréé par le Ministère de l’Education Nationale) et ses militants qui interviennent dans les établissements scolaires pour sensibiliser des milliers d’adolescents, sans leçon de morale ni menaces de pv.

Abordant la typologie du réseau routier, la DSCR rappelle que le réseau autoroutier reste le plus sûr tandis que les routes départementales restent les plus dangereuses. Alors pourquoi les contrôles sont-ils ciblés sur les grands axes si ce n’est par souci de rentabilité ? On imagine en effet que si on poste des gendarmes sur une petite route de campagne, fortement accidentogène mais peu fréquentée, le carnet à souche ne va pas se remplir très rapidement. Pas bon pour les caisses de l’Etat ! On peut aussi rappeler que les tarifs prohibitifs pratiqués par les sociétés d’autoroutes limitent leur accès aux usagers, opérant ainsi une sélection par l’argent sur l’accès au réseau sécurisé. Et ce phénomène s’est encore aggravé suite à la privatisation des sociétés d’autoroutes, jamais à cours de coups tordus pour racketter l’usager en contournant la réglementation, comme l’a récemment dénoncé 40 Millions d’Automobilistes ().

Alors quelles perspectives pour 2010 ? La DSCR annonce déjà de bons chiffres pour les 6 premiers mois de 2010. Enfin bons, tout est relatif car ils sont comparés aux 6 premiers mois de 2009, qui furent catastrophiques (+32% de tués par rapport à 2008). Du coté des motards, les 6 premiers mois voient le nombre de tués baisser de 29%. Mais chut, faut pas le dire trop fort, la DSCR ne voudrait surtout pas dire du bien des motards !

Alors le gouvernement propose toujours le même cocktail : de la prévention (mais pas trop) et de la répression (un maximum). Ils annoncent des forces de l’ordre visibles lors des grandes migrations estivales (ah bon, ils vont arrêter de se cacher pour piéger l’usager ?), une attention particulière aux 2 roues motorisés (on n’en demandait pas tant !) et aux étrangers (comme quoi, le manque de civisme n’est pas l’apanage des Français). Des contrôles sur les aires de repos des autoroutes, où assurément, il y a beaucoup de morts. Bref, les points vont continuer à tomber. Le seul point positif annoncé reste le renforcement de la concertation du 2 roues motorisé. Et si on appliquait ce qui a déjà été acté (voir le bilan des 6 mois de concertation : )?

lundi 19 juillet 2010

Les motards britanniques en lutte contre le stationnement payant

Westminster 1 – Motards 0… mais ce n’est pas fini !

Les motards londoniens sont de plus en plus en colère. Malgré leurs nombreuses actions et la validité de leurs revendications, la Cour Royale de Justice vient de leur donner tort.

Pour rappel, le groupe d’action « No to the bike parking tax » manifeste depuis deux ans et a intenté un procès contre la municipalité de Westminster, qui a soudain décrété que le stationnement des deux-roues serait payant. Cela sans préavis, sans consultation des usagers, sans justification pour l’amélioration des conditions de sécurité ou de circulation, et sans aucune amélioration des conditions déplorables de parking dans des emplacements sursaturés, où il est impossible de laisser son véhicule en sécurité ! De plus, le paiement ne peut se faire QUE par SMS et carte de crédit, deux conditions discriminantes, tout le monde n’étant quand même pas encore obligé de se servir de ces technologies. Ajoutons à cela la totale impossibilité de se garer hors de ces emplacements, le montant exorbitant des amendes (75 à 150 Euros), et on comprend aisément que les motards et scootards n’acceptent absolument pas cette décision.


Money money... et droit dans le mur !
Précisons aussi que cette opération, devenue un point d’honneur pour la mairie, est loin d’être aussi neutre financièrement, voire rentable, que ce qu’elle vante. Au contraire, cela lui coûte extrêmement cher : entre les frais élevés de fonctionnement du système (géré par une société privée américaine) et le coût des agents chargés de la verbalisation, un solde négatif de plusieurs dizaines de milliers de livres par an est à charge des contribuables. Comment justifier alors le maintien d’une telle escroquerie, qui non seulement taxe et gêne les utilisateurs, entraîne un paquet de problèmes annexes avec leur mobilisation massive, et va jusqu’à nuire aux finances de la ville ? Comment le justifier, si ce n’est par le dogmatisme et la motophobie des élus, qui refusent de voir les deux-roues autrement que comme une source de nuisances à éliminer, alors qu’ils sont une réponse idéale aux problématiques des métropoles en termes de déplacements, de pollution, d’autonomie et d’efficacité.

Usagers de tous les pays...
Cependant, les motards britanniques ne vont pas en rester là : ils font appel de ce jugement, et poursuivent avec une ardeur renouvelée leurs actions hebdomadaires : siège de la mairie empêchant les employés d’y pénétrer, blocage de Trafalgar Square en heure de pointe causant des bouchons dans tout Londres, etc. Ils continueront jusqu’à ce que le bon sens soit enfin reconnu, surtout qu’une défaite serait dommageable pour tous les motards et scootards du Royaume-Uni et d’ailleurs. En effet, d’autres municipalités ayant des intentions similaires de stationnement payant pour les deux-roues ont mis leurs projets en suspens devant la fronde massive des usagers. Une jurisprudence risquerait fort de faire boule de neige, la solidarité est donc plus que jamais de mise, même pour ceux des autres quartiers, des autres villes… des autres pays* ! La FFMC soutient d’ailleurs totalement ce combat. Saluons à nouveau l’extraordinaire engagement militant de Warren Janogly, qui en plus d’avoir pris la tête des opérations du groupe « No to the bike parking tax » et de l’organisation des manifestations, s’est constitué partie civile et porte donc en son propre nom le poids des jugements et de toutes les actions. Chapeau bas, sir !


Pour en savoir plus (en anglais) : Le jugement : http://www.bailii.org/cgi-bin/markup.cgi?doc=%2Few%2Fcases%2FEWHC%2FAdmin%2F2010%2F1825.html&query=Djanogly&method=boolean

Site de la campagne : http://www.notobikeparkingtax.com/ Blog d’un militant : http://ukfrancebikers.com

  • Cette indispensable solidarité s’applique naturellement ailleurs, par exemple pour l’interdiction du tunnel de l’A86 en région parisienne, contre laquelle nous militons depuis plusieurs années. Ce n’est pas parce qu’on ne l’emprunte jamais qu’on ne doit pas se sentir concerné, sous peine de se retrouver dans quelques années avec bien d’autres infrastructures interdites sans aucune raison valable.

En savoir plus sur ce dossier : http://a86.motardsencolere.com

vendredi 9 juillet 2010

La FFMC, « Big Daddy » des associations motocyclistes

Concentrés sur nos problèmes de motards franco-français, nous n’avons pas toujours une vue plus large, à l’échelle européenne, voire mondiale, de la défense de la moto. Pourtant, comme l’a encore souligné la première Conférence Internationale de moto, qui s’est tenue à Bruxelles fin juin 2010 (organisée par la Fédération Européenne des Associations Motocyclistes, dont la FFMC est membre fondateur), d’un pays à l’autre les problématiques varient mais une chose reste constante : la méconnaissance et la méfiance des autorités envers les motards.

Avec plus ou moins de bonne foi et de bonne volonté, les divers gouvernements au sein de l’Union Européenne, mais aussi en Australie ou au Canada (deux pays extracommunautaires invités à Bruxelles), cherchent légitimement à réduire l’accidentologie des deux-roues. Or tous ou presque choisissent d’ignorer le fait que partout, avec la densification des centres urbains, le nombre de motards et de scootards augmente, parfois dans des proportions énormes. Les accidents de deux-roues motorisés, eux, stagnent ou baissent légèrement, certes moins que ceux impliquant les voitures – en nombre absolu. Pourtant, quand on regarde les statistiques réelles et significatives, celles qui prennent en compte cette augmentation des pratiquants et des kilomètres parcourus, on voit que les deux-roues font au contraire d’excellents progrès, meilleurs que toutes les autres catégories de véhicules ! En France par exemple, les chiffres de la Mutuelle des Motards sont explicites : en dix ans, le risque d’accident mortel en deux-roues a été divisé par deux.

Cela ne signifie pas qu’il faille baisser la garde ni se contenter de la situation actuelle, mais prouve que nous ne sommes PAS de si mauvais élèves, ni les moutons noirs irresponsables que la plupart des campagnes politiques et médiatiques montrent trop souvent. Nous avons même d’autant plus de mérite que ce résultat se fait dans des conditions défavorables, malgré un début d’amélioration : beaucoup de nouveaux utilisateurs sans formation ont été lâchés sur les routes, la plupart des infrastructures continuent de nous ignorer, les autres usagers commencent seulement à intégrer notre présence. Presque aucune des mesures de sécurité routière n’a été réellement conçue pour nous pour le moment – ou alors pour de la répression inutile, voire dangereuse, car cherchant à dissuader des comportements plus sûrs (comme la circulation interfiles dans les bouchons ou l’utilisation des voies de bus). Si la sécurité et la lutte contre les accidents de la route sont bien sûr une priorité, de trop nombreux pays (à commencer par la France), considèrent les conducteurs comme des « vaches à lait » au quotidien. Sous couvert de protection et d’environnement, on assiste par exemple à une verbalisation systématisée et abusive du stationnement ou encore à des velléités de contrôle technique coûteux et inutile. En ces domaines comme en d’autres, la FFMC est régulièrement citée en exemple par les associations d’autres pays.

Cohérence du message, équilibre entre négociations et coups de colère appelant un nombre impressionnant de motards dans les rues, exhaustivité unique d’un Mouvement réunissant éditions, assurance, formation, juridique, sensibilisation… mais aussi engagement solidaire sur des sujets dépassant nos frontières ou les questions motardo-motardesques, tout cela force l’admiration de nos collègues à l’étranger. Et vous savez quoi ? Ça fait bien plaisir à entendre ou à lire. Relayées en anglais sur des sites ou blogs (notamment http://www.ukfrancebikers.com), nos actions et grandes manifs sont lues et reprises dans de nombreux pays. Les combats que l’on a gagnés servent de base à des revendications, et parfois d’autres victoires. Certes, la France a une réputation et une certaine expérience quand il s’agit de râler et de manifester, mais on montre à tous les motards qu’il est possible de s’organiser et de se défendre, au-delà de nos questions locales. Sans fausse modestie, il y a de quoi être fiers ! Savez-vous quel est l’un des surnoms de la FFMC chez nos amis anglophones ? « The Big Daddy » des associations motardes, qu’on traduirait plus par « le grand frère qui montre la voie ». Ça en jette, non ?

Frédéric J. – Fier d’être un motard en colère

mardi 6 juillet 2010

Un an de concertation… la main sur l'embrayage !

panneau moto oui/non


7è réunion plénière, juin 2010.

Mercredi 16 juin s’est tenue à La Défense (92), la septième réunion plénière de la Concertation sur la sécurité des 2RM, engagée il y a tout juste un an entre les pouvoirs publics et les représentants des usagers… c’est à dire la FFMC (avec l’AFDM, la Mutuelle des Motards et Solidarité Motards accidentés).

L’assemblée rassemblait une soixantaine de personnes, tous acteurs de la Sécurité routière (associations, fonctionnaires, assureurs, chercheurs, formateurs, représentants des collectivités territoriales, syndicats professionnels de l’industrie du motocycle et des équipementiers des infrastructures routières).

Michèle Merli (déléguée à la Sécurité routière) a indiqué que la concertation continue. Sept points de débat étaient inscrits à l’ordre du jour :

  • · Présentation du chargé de mission 2RM « national » et devenir du réseau des M. Moto
  • · Prise en compte des 2RM dans les infrastructures routières
  • · Point d’étape sur la recherche des gilets auto-gonflants de sécurité
  • · Présentation de l’arrêté relatif à la formation de 7 h pour l’équivalence permis B/125 cm3 et les scooters à 3 roues.
  • · La circulation interfiles
  • · Campagnes de communication consacrées aux 2RM
  • · Ouverture des circuits

Les M. Moto deviennent des « chargés de mission 2RM »
Pascal Dunikowski a été nommé au poste de chargé de mission « 2RM » national. Il sera chargé d’animer le réseau des chargés de mission 2RM départementaux, réseau qui reste à monter en remplacement des M. Moto tels que nous les avons connus. Il s’agit là d’une reprise en main administrative de la DSCR (reprise en main dans celle de Michèle Merli), mais l’essentiel pour nous étant que ce réseau soit pérennisé et que les demandes des motards soient entendues, reçues et comprises. Pascal Dunikowski est un usager régulier de 2RM.

Guide sur les infrastructures
Le guide pour la prise en compte des 2RM dans la mise en œuvre des infrastructures routières à destination des professionnels de voirie des collectivités territoriales est en cours d’achèvement. La FFMC a été régulièrement informée de son contenu et invitée à participer à la rédaction de certains chapitres, via le groupe de travail 2RM du CERTU. Ce guide de « bonnes pratiques » sera accessible en téléchargement numérique gratuitement à la fin de l’année 2010, conformément aux demandes de la FFMC. Michel Vilbois, sous-directeur à la DSCR et adjoint de Madame la déléguée a précisé qu’à l’avenir, les protocoles de contrôle des routes seraient menés en prenant en compte les spécificités des 2RM. Pas mal, mais la FFMC a observé que pour bien faire, se serait encore mieux si ces contrôles étaient effectués par des agents pratiquant régulièrement le 2RM et que si possible, ces visites d’inspection se fassent à moto.

Gonflé !
L’INRETS et le CERTU ont présenté deux études sur les gilets de protection gonflables (air-bag). Il apparaît que ces équipements apportent un gain en sécurité à partir de l’éjection du pilote, mais que les temps de réactions sont encore trop lents (notamment avec les dispositifs filaires) pour protéger le pilote sur un impact avec un véhicule tiers.
Selon les crash-test réalisés (à faible vitesse) par les chercheurs de l’INRETS, les gilets les plus rapides se gonflent à 120 millisecondes à partir du moment où un 2RM choque un obstacle contre lequel le conducteur du 2RM vient s’écraser à 90 millisecondes après le début de l’accident… Le conducteur n’est donc pas protégé par le gilet à ce moment précis. De plus, la bombonne de gaz (CO2) placée dans le gilet à hauteur du pectoral droit du conducteur constitue un élément contondant pouvant occasionner des blessures graves à la région toracico-pulmonaire.
dessin MB gilet airbag

Michèle Merli s’est engagé à favoriser la recherche et voit dans les gilets air-bag une avancée pour la sécurité des conducteurs de 2RM équivalente à celle que le port obligatoire de la ceinture de sécurité en auto a apporté. Attention… ça sent l’équipement obligatoire à plein nez une fois qu’ils seront au point !
La FFMC a précisé que les efforts devaient être soutenus sur la prévention des accidents avant qu’ils n’arrivent et que la protection du conducteur, certes nécessaire, ne devait pas obérer le travail de sensibilisation à la coexistence avec les 2RM en direction des autres usagers, ce qui constitue l’essentiel du travail à mener pour endiguer la sinistralité des 2RM.

Sept heures de formation
Au chapitre « formation », un arrêté administratif a été établi pour porter à 7 heures la formation pour accéder à la conduite d’un 2RM à partir du permis B (125 cm3 et tricycles motorisés). Deux heures seront consacrés à de la théorie, deux heures à de la maniabilité lente et trois heures en circulation. Jean-Pierre Fougère, cadre DSCR et pilote du groupe de travail « formation « (monsieur permis de conduire) insiste pour expliquer que les contenus pédagogiques laisseront une large part à la prévention des risques (comportement) plus qu’à la maîtrise technique du véhicule. Ces contenus ont été élaborés avec l’expertise de l’AFDM. Toutefois, Pascal Wolf (AFDM) pose à nouveau la question de l’évaluation des formations, de la mise en œuvre et des moyens alloués… L’ensemble des formations et de l’accès à des 2RM de plus forte puissance se fera par la validation des acquis (en apportant la preuve d’une expérience par l’assurance) et en fonction de l’âge des primo-conducteurs.

Circulation interfile : la DSCR à fond… sur l’embrayage !
Concernant la légalisation de la circulation interfile, le CERTU et l’INRETS, à la demande de la DSCR, procèdent actuellement à des observations à Rouen et à Lyon et bientôt en IdF. Les techniciens témoignent de la grande hétérogénéité des pratiques, ce qui rend difficile leur analyse. Les représentants de la FFMC précisent qu’en ce qui concerne les usagers, l’expérimentation est en cours depuis 20 ans. Michèle Merli demande si « finalement, est-ce que ce ne serait pas un problème essentiellement urbain ? » (rires dans les rangs de la FFMC).

Elle s’étonne que « les motards fassent un blocage » sur la question.
On se moque de nous ou quoi ?Merli et les 2RM En bons « motards en colère » que nous sommes, nous lui avons répondu que s’il y a blocage, il est du côté des Pouvoirs publics qui ont botté en touche il y a plus de 10 ans alors qu’un projet de décret était prêt et n’a pas été entériné par le gouvernement de l’époque. La FFMC ajoute que les consignes de répression transmises aux forces de l'ordre conduit à une cristallisation du problème en raison du renforcement des verbalisations sur les cas d’interfile. Bref, c’est toujours un dialogue de sourds.


La moto, c’est vraiment très dangereux
Au chapitre des campagnes de communication pour sensibiliser les conducteurs aux 2RM, la DSCR était assez contente de ses quatre récents spots destinés au grand public, lesquels sont censés montrer, subjectivement depuis le guidon d’un 2RM, les quatre cas d’accidents les plus fréquents. Celui qui concerne la chute en virage (moto seule en cause) ne nous paraît pas convaincant. En rigolant, nous émettons l’hypothèse que cette vidéo illustre le cas typique du gars qui perd l’avant à cause de Dédé de la DDE qui a balancé ses pelletées de gravier en plein virage pour boucher les trous et qui a oublié de poser un panneau pour le signaler (rires étouffés dans la salle). Pour sa part, la DSCR estime avoir tenu compte de nos remarques, même si nous estimons que le résultat montre encore le 2RM sous un angle uniquement anxiogène… comme une façon définitive de conclure que le pratiquer est excessivement dangereux quoique l’on fasse.

Ouvrez les circuits… oui mais lesquels ?
Enfin le dernier point était consacré à l’opération « Ouvrez les circuits » (une demande de la FFMC suivie et relayée par la FFM). Alors que la DSCR semble découvrir qu’il aurait une quarantaine de circuits en France pouvant accueillir des motards, Philippe Thiébaut (directeur de la FFM) a rappelé qu’il faudrait déjà se préoccuper de « l’existant », à savoir le Circuit carole (seul vrai circuit en accès gratuit), dont l’avenir est plus que jamais incertain.
circuit Carole

Bilan d’un an
Voilà… Au terme d’une année de concertation, le bilan est mitigé : Il y a du bon, du très bon même concernant la reconnaissance de la DSCR sur la nécessité de mieux prendre en compte nos usages et nos spécificités. Le travail partenarial avec les fonctionnaires de la DSCR a été riche, notamment sur les questions de la formation, les infrastructures et le besoin d’approfondir les connaissances en accidentologie des 2RM. Madame Merli s’est montrée attentive à nos revendications et conformément à ce à quoi elle s’était engagée, il n’y a pas eu de « tabou » (selon ses termes). Elle n’a jamais été distante, soucieuse de démontrer qu’elle suivait tous les dossiers de près. Elle reste néanmoins très « à cheval » sur le respect des règles, mais il est vrai qu’elle a commencé sa carrière dans la police avant d’être préfète. Ne perdons pas non plus de vue qu’elle représente un gouvernement qui a lancé des tas de « Grenelle » dans tous les domaines, mais qui ne se distingue pas vraiment par une réelle prise en compte de ce qu’expriment nos concitoyens… comme disait le regretté Coluche, c’est un peu « expliquez-nous de quoi vous avez besoin, on vous expliquera comment vous en passer ». Et pour ceux qui se rebiffent, c’est la politique de la gomme à effacer le sourire qui fait loi. Autre aspect « positif » de la concertation, la FFMC est régulièrement invitée à assister aux grandes messes de la Sécurité routière et c’est toujours l’occasion de faire passer quelques messages fondés sur notre expertise acquise au cours de nos trente ans de combats, et cela en contre-point des motophobes traditionnels qui ont table ouverte dans les instances officielles. Néanmoins, tout cela est bien joli, mais ça ne les a pas empêché de nous « faire l’intérieur » sur la question du contrôle technique obligatoire des cyclos, mesure qui a été évoquée mais pas discutée dans la Concertation que les représentants des pouvoirs publics se flattent de présenter comme « consensuelle ». Et pourtant, n’a t-il pas été dit au début de la Concertation que « plus aucune mesure concernant les 2RM ne serait prise sans une discussion préalable » ?

CT dessin Nokolaz

Cette mesure du CT des cyclos, que nous considérons donc comme une manœuvre déloyale a été annoncée par le premier Ministre en personne… et évidemment, Madame la déléguée et ses cadres ne se lassent pas de tenter de convaincre du bien-fondé de cette nouvelle règle.

De même, en corollaire de cette concertation, la FFMC siège désormais au comité des usagers du réseau routier national et à celui du conseil supérieur de l’éducation routière… mais là encore, nous avons l’impression d’y être pour faire essentiellement de la figuration, tout semblant ficelé d’avance entre des messieurs qui se connaissent d’autant mieux qu’ils ont l’air d’appartenir aux mêmes cercles. Assureurs, présidents d’associations de sécurité routière, dirigeants des sociétés d’autoroutes, députés, ex-élèves des Ponts, d’X ou de l’ENA… au point que dans certaines réunions où nous découvrons de nouvelles têtes, il est parfois difficile de distinguer qui représente l’Etat et qui vient défendre son business sur le dos des usagers. Au moins, avec nos cuirs et nos casques, on fait tâche. Sans parler de nos bottes qui parfois nous démangent. Alors mesdames messieurs les représentants des pouvoirs publics, n’oubliez pas que les motards savent aussi descendre dans la rue quand les discussions n’aboutissent pas, comme nous l’avons fait cette année le 13 mars dans les grandes villes de France et le 18 juin devant les préfectures… Dès lors, nous saurons bien aussi trouver le chemin des bureaux de vote au moment décisif.
motard va voter

En attendant, la suite des travaux de la Concertation reprendront en septembre. D’ici là, bonnes vacances et bonne route.

vendredi 11 juin 2010

La règle et l'usage : lettre à Mme la déléguée à la Sécurité Routière

A l’attention de madame Michèle Merli, Déléguée interministérielle à la Sécurité Routière




         Madame la Déléguée,

Nous avons bien reçu votre courrier accompagnant le quatre volets de communication de Sécurité routière de la Préfecture de Police intitulé « Moto routine, Histoire d’un petit trajet quotidien ». Vous nous le présentez comme une « approche pédagogique », alors que c’est surtout un florilège de mauvais comportements associés au barème punitif en vigueur. Cela induit également l’idée que la transgression systématique du Code de la route sur un mode « routinier » est une habitude ancrée chez les motards… quel raccourci ! Serait-ce juste cela qui ressort de nos efforts pour mieux nous comprendre depuis un an ?

Au fil de nos échanges consacrés à l’amélioration de la sécurité routière des deux-roues motorisés (2RM), nous avons largement exprimé notre engagement en faveur d’une conduite apaisée et du partage de la route … Aussi, permettez-nous de vous livrer à notre tour la chronique d’un petit trajet, entre théorie réglementaire et réalités de la circulation urbaine. Ce récit n’est pas une fiction, c’est juste celui d’un motard qui se rend à son travail, deux fois par jour, cinq jours par semaine, comme des milliers d'usagers en 2RM, regroupant 16 % du trafic à Paris et Petite couronne.

Chronique d'un itinéraire ordinaire
prioritaire dessin MB


Saint-Denis (93), 9 h du matin : je quitte ma rue tranquille sur un filet de gaz et je tourne à droite, attentif à ce qui pourrait survenir car la visibilité est réduite à cause d’un fourgon stationné dans le virage, à cheval sur le trottoir. Il est là très souvent mais les patrouilles régulières de policiers en voiture ne semblent pas s’y intéresser (respect des règles ?). J’approche la zone des écoles maternelles et primaires, toujours à vitesse réduite car les dangers sont multiples : chaque matin, c’est un florilège de stationnements en double ou triple files pour déposer le gamin au plus près du portail de l’école, de portières ouvertes sans précaution… ça redémarre sans un coup d’œil dans le rétro ni faire usage du clignotant (forcément, avec le téléphone mobile à la main, ça gène). Et ne parlons pas des gosses debout entre les sièges, non ceinturés, des bambins assis dans des sièges auto sans harnais attaché. Que je leur en fasse la remarque et la réponse fuse : « je ne roule pas vite, je ne vais pas loin, je n’en ai pas pour longtemps, je suis pressée, mêlez-vous de ce qui vous regarde ! » Respect des règles ?

J’arrive au premier carrefour à feu tricolore qui croise la N1, vers Paris. Ma voie se dédouble pour un « tourne-à-gauche ». Le feu vert est bref et de nombreux automobilistes se « grillent » la politesse, quitte à mordre la bande blanche pour s’engager devant les autres… Le sachant, je remonte les files arrêtées pour me placer devant au feu rouge, non pas tant pour redémarrer avant les autres, mais pour qu’ils me voient lorsque le feu passera au vert… c’est ça ou courir le risque de me faire couper le virage car au démarrage, ils n’auront pas un regard pour leur rétroviseur.

Autoroute bouché
Passé le feu suivant, je m’engage sur la bretelle (à 2 voies) d’accès à l’A1 : en quelques dizaines de mètres la vitesse du flux atteint 80 km/h (limitation à 50 km/h), sans respect des distances de sécurité. Je m’insère dans le flot à la même allure, trop dangereux de rester à 50 sans risquer de me faire coller à moins de deux mètres par une voiture ou un fourgon en pleine accélération. Tant pis pour le respect des règles, mais le « rapport de forces » n’est pas en ma faveur. L’A1 est à l’arrêt, comme chaque matin entre La Courneuve et le tunnel du Landy, totalement congestionné. Les panneaux indiquent que le temps d’accès au périphérique, distant d'à peine 2 km, est de 15 mn ! Pour m’engager sur l’A1, il me faut couper trois files, dont la première de camions entre lesquels il est parfois impossible de se glisser, même en moto ! Évidemment, cette manœuvre d’engagement ne peut se faire qu’au pas, en plein dans l’angle mort des chauffeurs de PL, alors qu’arrivent derrière moi les autos sortantes (qui réaccélèrent) pour s’engager sur la bretelle d’accès à l’A86, vers la droite… c’est chaud, surtout quand on est presque à l'arrêt ! Vite, dégager, faut rouler, faut pointer à « sa place », entre l’avant-dernière et la dernière file de l’autoroute, là où on est visible, là où les autres savent que l’on s’y trouve. Ce faisant, je prend garde à ne pas m’engager sous le nez des autres 2RM qui y circulent déjà, certains à vitesse raisonnable, d’autres non… bah, ils seront bloqués plus loin. Me voilà entre les files des autos qui progressent au pas, première, point-mort, première, point-mort. Moi, je suis dans le flot des 2RM, je ne regarde pas mon compteur, j’ai plus vital à faire : contrôle incessant de mes rétros, je porte le regard le plus loin possible, guettant les variations de rythme des files, les trous qui vont « s’ouvrir », entraînant des changements de voies intempestifs… Mon cerveau fonctionne très vite, beaucoup plus vite que quand je suis moi-même en voiture au même endroit.

On progresse, on avance, le pouce gauche prêt à klaxonner, la main droite prête à freiner (ou à accélérer pour « dégager »… en cas de changement de file brutal d’un automobiliste). Juste derrière moi, un 2RM est en plein phare et ça fausse l'appréciation de la distance d'approche et de sa vitesse d'évolution. Mon pote, tu ferais mieux de rester en code et de te signaler d'un bref appel de phare si besoin, ça serait plus efficace et plus compréhensible pour les autres... Et ne sois pas si pressé, tu ne rouleras pas assez vite pour gagner cinq minutes... Par contre, t'as déjà oblitéré ton ticket de malchance. Celui-là me doublera dès que ça va se dégager et s'il continue comme ça, soit il se fera vraiment peur et il se calmera, soit il finira pas se mettre au tas. Depuis la fin du tunnel jusqu’à l’accès à la Porte de La Chapelle, ça bouchonne toujours pour enquiller le périf’ Ouest : autos et camions restent tanqués à gauche le plus longtemps possible avant de se rabattre au dernier moment en force sur la droite. En moto, à cet endroit, la survie est à gauche, pour ne pas se faire embarquer par le flot. Et le respect des règles ? Quelles règles ? Ici, c’est celle du plus fort et je ne fais pas le poids… mieux vaut se couler dans le mouvement et adopter une conduite aussi préventive qu’opportuniste.


Huit bornes de périph'

A moi le périph’ Est, via le grand « gauche » dont la file de droite est souvent glissante à cause des déversements de gazole. J’ai relevé la visière de mon casque, le nez en éveil à la recherche des effluves pétrolières… le fuel, ça se sent plus que ça ne se voit, méfiance. Encore un gros morceau à passer à hauteur de la sortie de la Porte d’Aubervilliers, gaffe à ceux qui sortent en coupant les voies, je cherche à m’insérer sur celles de gauche et je souffle un peu, la circulation s’apaise : le matin, vers 9 h 15, ce tronçon est généralement fluide jusqu’à la Porte de Pantin. Je me cale peinard à la vitesse limite, 80 km/h au compteur sur la 3è file, toujours avec un œil sur les rétros parce que je n’aime pas être collé par des voitures, toujours trop proches quand on est à moto. Je suis comme un globule dans ce flot inextinguible, particule élémentaire de cette artère qui ne s’arrête jamais : j’en ressent les pulsations, comme ces alternances de détentes et de ralentissements sensibles à 300 m de distance (plus visibles en moto qu’en auto), au gré des feux stops qui s’allument, indiquant les afflux de nouvelles particules à chaque nouvelle porte. Je peste contre cet endormi qui se traîne au milieu alors que les voies de droites sont fluides… encore un qui roule au régulateur de vitesse ! A moins qu’il… ? Bingo, il est au téléphone ! Et le respect des règles ?

En interfiles...

rfile
Vers la Porte des Lilas, ça se densifie à nouveau, les distances de sécurité (déjà insuffisantes) fondent comme neige au soleil… contrôle au rétroviseur de mon arrière gauche pour voir si la voie est libre, clignotant pour signaler mon intention de quitter ma voie, nouveau contrôle sur le côté gauche, cette fois en tournant carrément la tête pour vérifier l’angle mort et hop, je me remets en inter-file…Et je pense à vous, Mme Merli, je pense au « respect des règles », mais vraiment, je suis plus en sécurité entre les files que coincé entre les bagnoles, désolé. Je modère ma vitesse, mais elle reste supérieure à celle des automobilistes, lesquels sont maintenant bien ralentis. En fait, je m’efforce à ce que ce différentiel ne soit pas trop important, mais c’est ce qui me permet de prendre l’initiative sur l’élasticité du trafic (gage de sécurité en moto). Et comme la plupart des usagers du 2RM qui sont aussi des automobilistes, je sais que quand on est coincé dans sa bagnole, la moto qui passe si près à l’air d’aller très vite. Ah, en voilà un qui met son clignotant à mon attention, ça veut dire qu’il m’a vu. Il y a deux sortes de « clignoteurs » que j’apprécie quand je roule à moto : ceux qui mettent leur clignotant pour m’indiquer que je peux les « remonter » et ceux qui veulent tout simplement changer de file et qui le font régulièrement savoir aux autres. Dans le premier cas, je remercie au passage d’un geste de la main gauche, sympa, merci ! Dans le deuxième cas, je réduis mon allure et fais savoir au demandeur, toujours par un geste après avoir accroché son regard dans son rétro, que je lui laisse la voie libre pour faire sa manœuvre. Ces moments de courtoisie sont aussi fréquents entre usagers que les coups en vache qui sont souvent le fait d’inattention non intentionnelle. Évidemment, y’a aussi ceux qui oublient de mettre ou d’éteindre leur clignotant et on ne sait pas trop ce qu’ils s’apprêtent à faire… ben oui, quand on téléphone ou que l’on consulte son agenda électronique, voire même son ordinateur portable ouvert sur le siège passager (si, si), on ne fait plus attention aux autres.

40 millions d'automobilistes... et moi, et moi, et moi ?
La Porte de Bagnolet est en vue : au bout de la bretelle de sortie, le feu est rouge et les automobilistes sortants s’arrêtent les uns derrières les autres, laissant naturellement de la place au milieu pour les 2RM. Je m’y coule avec d’autres « collègues » en moto ou en scooter, on redescend les vitesses, on se laisse « aller sur son erre » comme disent les marins… le truc, c’est de remonter tranquille entre les voitures à l’arrêt pour repartir en tête histoire d’être le plus visible possible. C'est vert... la voie est libre ? OK, coup de gaz pour un placement rapide sur la gauche avant que ne déboulent les sortants de l’A3 et avant de se faire couper la trajectoire par ceux qui se replient à droite pour rentrer dans Paris, se garder des autres qui s’engouffrent, depuis le boulevard extérieur, vers le périph’ que l’on vient de quitter, c’est serré-serré…
ça part dans tous les sens : les directions se coupent en de multiples cisaillements… et le car de police habituellement présent à cet endroit-là pour les contrôles anti-pollution est une donnée supplémentaire à prendre à compte car ça génère des arrêts en double-file et les évitements brutaux de ceux qui arrivent derrière les heureux élus dûment invités à stopper pour passer au contrôle.

Passer pour ne pas trépasser
Je passe le panneau d’entrée de Bagnolet, entre les camions en double-file, les cars arrêtés près des hôtels, le centre de montage de pneus d’où sortent des bagnoles sans visibilité, deux feux tricolores successifs et les cyclistes contraint de réintégrer la chaussée pour cause de fin de voie cyclable aménagée sur le trottoir. En direction de Montreuil Croix-de-Chavaux, le danger vient des fourgonnettes en livraison (suite d’entrepôts) et les demi-tours fréquents des livreurs, au mépris de la bande blanche. A plusieurs reprises, même en roulant à une vitesse inférieure à la limite maxi (50 km/h), je dois me déporter au-delà de la bande médiane pour éviter des véhicules roulant dans le même sens que moi qui se déportent sur leur gauche car la voie de droite est occupée par un camion, un cycliste, un automobiliste qui vient de stopper sans raison apparente ni même sans en signaler l’intention… Comment, mordre la bande blanche ? Et le respect des règles, saperlipopette ! Oui mais non, Mme Merli : couper la bande blanche pour faire demi-tour et la franchir pour « écarter » sa trajectoire, ce n’est pas la même chose. Et surtout, freiner alors que les pare-chocs de ceux qui roulent derrière moi sont à moins de trois mètres, c’est encourir des risques plus élevés que de transgresser une signalisation sur quelques mètres, en pleine connaissance de cause.
Et vous savez pourquoi ils me collent, les autres, derrière ? Parce que je roule à vitesse modérée, justement. Notez que si j’allais plus vite, les suivants seraient toujours aussi près derrière. En fait, le motard est plus conscient de sa propre vulnérabilité que les automobilistes qui se sentent davantage protégés dans leur véhicule. Enfin je retrouve des petites rues pour quelques centaines de mètres avant de m’engager dans l’impasse où se trouve la maisonnette abritant le secrétariat national de la FFMC. Dernier danger au stop (où je suis prioritaire), régulièrement grillé par des automobilistes qui s'arrêtent mais qui redémarrent aussi sec, même si ils me voient... Entre mon « bon droit » et ma vulnérabilité, entre la règle et l'usage...

respect 50 en ville

A vélo, en métro... ou à moto !
Il m’a fallu une demi-heure pour parcourir 15 km, de Saint-Denis à Montreuil. Je n’ai pas toujours respecté des règles impossibles à observer au pied de la lettre… pour autant, j’ai conduit prudemment, en pleine conscience des risques inhérents à la conduite d’un 2RM. Je ne suis pas pressé (je ne le suis jamais quand je conduis). Ce trajet quotidien aura pourtant été moins dangereux et plus relax que si je l'avais parcouru à bicyclette durant une bonne heure, le long de cheminements cyclables erratiques et incohérents d’une commune à l’autre, passant soudainement d’un itinéraire protégé à l’enfer routier, au milieu des camions qui me perçoivent encore moins qu’un 2RM. Je le sais, j'ai essayé ! Ce trajet aura été infiniment plus agréable à moto que durant plus d’une heure de métro, serré comme un hareng dans les wagons surchargés des lignes n°13 et n°9…

Ce trajet ordinaire, vous l’aurez compris, c’est le mien. Et ça se passe de la même manière quand je me rends à La Défense, en réunion avec les fonctionnaires de la DSCR pour y parler de sécurité routière. Cela n’a rien de remarquable ni d’exemplaire… mais on est bien loin de la caricature incarnée par le personnage de « Bernard le motard » du prospectus moralisateur de la Préfecture de Police. Et nous sommes convaincus, à la FFMC, que cette forme binaire de communication est maladroite et contre-productive en regard des efforts que nous déployons pour réduire le risque routier.

En espérant que ce récit aura retenu votre attention et en vous renouvelant mon invitation à partager la selle de ma moto quand il vous plaira.

En attendant, nous vous prions, mes camarades et moi-même, d’accepter, Madame la Déléguée, l’expression de notre très haute considération.

Marc Bertrand, Chargé de mission Sécurité Routière à la FFMC

jeudi 3 juin 2010

Alors les motards, encore en colère ?

« Alors les motards, encore en colère ? » « Vous êtes très en colère ? Je ne sais pas si je peux vous laisser entrer alors… » « Bah, faut pas être en colère comme ça ! »… Voilà quelques-unes des phrases qu’on entend systématiquement au début de chaque rendez-vous pour la FFMC. Maire d’arrondissement ou de commune, préfet, président de région, député, adjoints et techniciens divers, tous ont cette réaction initiale la première fois.

Puis l’entretien commence, et la première question est presque invariablement la même : « Pourquoi C comme Colère ? C’est agressif, ça fait peur… pourquoi pas plutôt C comme Citoyen ? » Alors on leur explique que la question revient régulièrement, que la plupart des petits nouveaux la posent, et qu’elle est soulevée de façon récurrente en Assises. Et qu’avant d’en parler, il faudrait déjà leur dire un peu ce qu’est la FFMC.

en_colere-02-g.jpg Alors on fait un petit topo désormais bien rodé, trente ans, des antennes jusqu’en outre-mer, des structures couvrant tous les aspects de la pratique de la moto : presse, assurance, formation, juridique, stop-vol, loisir, ERJ2RM, FEMA… On leur donne un Motomag, une poignée de plaquettes et de dépliants. Et là déjà, le ton change. On n’est plus juste un motoclub qui fait des manifs, mais une vraie force de proposition, sérieuse, établie et représentative. Et maintenant qu’ils nous respectent, on peut engager un dialogue.

Selon l’interlocuteur et le contexte, on aborde le cœur des problèmes : formation, infrastructures, réglementations inadaptées, répression aveugle, sensibilisation, fiscalité, accidentologie, bridage. Sur chaque point, nous apportons des cas concrets, des propositions, et hélas de nombreux exemples de ce que gouvernement fait régulièrement à l’encontre du bon sens et du respect des usagers vulnérables.

Et vous savez ce qu’on nous répond généralement ? « Dites-donc, vous en avez des raisons d’être en colère ! ».

Ben oui. Toujours autant, de plus en plus, et si nos victoires sur certains points alimentent la motivation et la conviction qu’on peut faire changer les choses, elles ne compensent pas la frustration et l’exaspération qu’on ressent à chaque nouvelle déclaration ministérielle, chaque plaquette de « sécurité routière » de préfecture, chaque projet de loi débile.

Un jour, on ne gardera plus le C de Colère que comme un hommage historique à ces quelques militants qui ont sauvé la moto, à l’époque où on roulait encore sur des machines avec des moteurs à pétrole. Tout ira bien et nous serons la Fédération Française des Motards Contents. Mais en attendant cette utopie, tant que les motards ne seront pas plus écoutés et réellement pris en compte, tant que la motophobie restera un projet d’état et le racket systématisé un mode de gouvernement, nous serons en colère, et nous le ferons savoir, dans la rue comme dans les salles feutrées des réunions officielles.

Frédéric J. - FFMC

PS : Si vous aussi vous êtes en colère, même sans avoir le temps de militer en personne, soutenir votre antenne locale et la FFMC dans son ensemble sera déjà un bon début… Adhérez !

http://www.ffmc.asso.fr/spip.php?rubrique99

lundi 22 mars 2010

La concertation ralentit, la répression accélère : un pas en avant, deux pas en arrière !

Compte-rendu de la 6è réunion plénière de la concertation DSCR/2RM du 12 mars 2010

Durera, durera pas ? De quelle créature la concertation engagée depuis neuf mois accouchera t’elle ? Alors que les pouvoirs publics reconnaissent désormais leurs profonde méconnaissance des spécificités des 2RM et qu’ils se déclarent prêts à les étudier pour mieux nous prendre en compte, le pouvoir politique tente un passage en force : l’objectif final, c’est de pouvoir atteindre le chiffre plancher de 3000 tués maximum sur les routes d’ici… 2012.

La sixième réunion plénière de la concertation sur les 2RM s’est tenue à la Grande Arche de La Défense le 12 mars 2010, veille de l’appel à la mobilisation nationale lancé par la FFMC. L’assemblée a rassemblé une cinquantaine de personnes, tous acteurs de la Sécurité routière (associations, fonctionnaires, assureurs, chercheurs, formateurs, représentants des collectivités territoriales, syndicats professionnels de l’industrie du motocycle et des équipementiers des infrastructures routières).

0-embouteillage-monstre-e7622.jpg Michèle Merli, préfète déléguée interministérielle à la Sécurité routière a ouvert la séance en déclarant que « nous avons tiré les conséquences du manque de données disponibles pour mieux connaître les deux-roues motorisés (2RM) ». Elle a rappelé que les débats en cours dans cette concertation sur les 2RM intéressent beaucoup nos voisins européens, toujours attentifs, selon Madame Merli, à ce que les français entreprennent dans ce domaine. Elle a redit que la communication de la Délégation interministérielle de la circulation et de la sécurité routière (DSCR) serait ciblée sur les 2RM.

Debout les morts !

Et pour commencer, Louis Fernique, secrétaire général de l’Observatoire interministériel de la Sécurité Routière (ONISR), nous présente un premier bilan de l’accidentalité des 2RM en 2009. Sur 4 262 personnes ayant perdu la vie sur les routes françaises, 1 189 circulaient en 2RM, soit 27,9% des victimes décédées. C’est beaucoup… ce qui confirme que les usagers 2RM sont bien les plus vulnérables de tous les usagers du trafic. Selon l’ONISR, cette mortalité est en hausse de 10% par rapport à 2008 alors que dans l’absolu, tous usagers confondus, le chiffre des tués en 2009 est en baisse de 4%.

0BikerZombies.jpg Le découpage géographique de cette mortalité des 2RM est essentiellement réparti en Île-de-France (32%), en Provence-Côte d’Azur (36%) et en Corse (30%). A elles seules, les régions PACA et Corse sont concernées par 35% d’augmentation de cette sinistralité. Dans sa communication, la DSCR met en perspective le pourcentage du nombre de tués en 2RM avec celui du parc circulant estimé à 2% du trafic (les pouvoirs publics ne connaissent pas avec précision le nombre de 2RM en circulation)… mais rien qu’à Paris, ce trafic passe à 16% (selon Marie de Paris, chiffres 2008), ce qui explique mieux le pourcentage élevé de tués en IdF. La représentante de la préfecture de police de Paris indique que les accidents de 2RM représentent 23% des accidents corporels en Île-de France.

Durant cet exposé, les représentants de la FFMC, de la FFM et de Axa-Club14 émettent des remarques sur l’absence de distinctions entre les catégories 125 cm3, grosses cylindrées et scooters de plus de 125 à trois roues, tout comme l’absence de renseignements sur les causes des accidents qui sont à l’origine de ces statistiques. Monsieur Fernique précise que les chiffres motos concernent tous les 2RM à partir de 125 cm3. Il ajoutent que ces chiffres sont issus des fiches de bulletin d’analyse des accidents de la circulation (BAAC) établies par les forces de l’ordre lors de leurs interventions sur les accidents qui ont motivé leur déplacement.

Suit une présentation de l’observatoire des vitesses différenciées entre VL et 2RM. Les graphiques présentés montrent que les excès de vitesse restent plus importants de la part des 2RM que chez les autres usagers, mais les courbes de baisse de ces excès de vitesses sont parallèles, ce qui indique que les motards ont eux aussi réduit leurs vitesses, dans les mêmes proportions que l’ensemble des conducteurs. moto192_-_Copie__2_.jpgMichèle Merli en profite pour corréler vitesse et tués en 2RM (toujours sur le mode « respect des règles »), ce à quoi les participants défenseurs de la moto objectent en observant que la sinistralité des usagers en 2RM doit d’abord être considérée à l’aune de la vulnérabilité du motard qui ne possède pas de carrosserie, contrairement au conducteur d’une auto… Voilà neuf mois que nous discutons de la sécurité routière des 2RM et nous sommes encore et toujours obligés de rappeler des évidences au point que c’en est un peu décourageant !

Besoin de recherches

Stéphane Espié, chercheur à l’Institut national de recherche dans la sécurité des transports (INRETS) observe que les disparités 2RM/VL relatives à l’équation sinistralité/vitesse devraient inciter à se poser des questions plus approfondies, notamment sur la sécurité passive des véhicules… Eric Thiollier, délégué général de la Fédération française des motards en colère (FFMC) estime que si la baisse des vitesse n’a pas suffisamment d’incidence sur la mortalité des utilisateurs de 2RM, c’est qu’il faudrait se poser le problème autrement, laissant entendre que la vitesse n’est décidément pas l’unique facteur de gravité des accidents…

340295.jpg Pascal Wolf, représentant de l’Association pour la formation des motards (AFDM, la branche formation de la FFMC) en profite pour en appeler à une meilleure formation des conducteurs…

Marc Bertrand (FFMC) regrette cette comparaison récurrente 2RM/VL quand il s’agit de parler d’accidents des 2RM et fait remarquer à Madame Merli que ses services ne semblent pas être dotés des moyens nécessaires pour mieux chercher à connaître la réalité du parc 2RM circulant, déplorant par exemple que lors du dernier recensement de la population, les formulaires n’intègrent même pas le 2RM dans les champs consacrés aux modes de transports…

Louis Fernique (ONISR) reconnaît qu’il manque des données concernant le trafic et le type de réseau parcouru… A nouveau (comme lors des réunions précédentes), il indique que des études approfondies seront demandées à l’INRETS. Elles devraient porter notamment sur l’étude du « presqu’accident », c’est-à-dire les situations accidentogènes survenues sans qu’un accident ne se produise. L’INRETS travaillera en enquêtant auprès des usagers des 2RM.

Devant ces évidences, Michèle Merli reconnaît les carences en matière de connaissance spécifiques aux 2RM : « On doit affiner nos connaissances, promet-elle, pour ne pas rester sur des idées simplistes ».

Le deuxième exposé a été présenté par François Prochasson, en charge des déplacements à la Mairie de Paris. L’étude porte (encore !) sur les scénarios d’accidents. Il faut toutefois noter que de longue date, la ville de Paris s’est dotée d’une cellule chargée de prendre en compte la question des 2RM. L’étude de la situation en 2009 indique que la moitié des tués de la circulations étaient des usagers 2RM, avec un facteur de risque plus élevé chez les utilisateurs de cyclomoteurs que chez les motards, ce qui pose à nouveau le problème de la formation de ces conducteurs de deux-roues. Dans le trafic urbain, les zones d’accidents se retrouvent aux carrefours : dans 31% des cas, le 2RM est en situation d’évitement d’un piéton ; dans 20%, c’est une glissade (sans cause identifiée par l’étude) et dans 18%, le conducteur est estimé seul en cause dans son accident (là encore, l’incident d’origine qui débouche sur l’accident proprement dit n’est pas identifié). Monsieur Prochasson (qui participe au groupe de travail Infrastructures et partage de l’espace public) se fait l’écho des analyses présentées par les représentants de la FFMC en expliquant qu’à Paris, le conducteur de 2RM adopte d’abord une conduite et un positionnement où il va se sentir en sécurité. Il estime qu’il est temps de « sortir du schéma de vitesse excessive » et qu’il vaudrait mieux réfléchir à l’idée de « vitesse adaptée ».

Au terme de cet exposé, un ingénieur du Centre d’études sur les réseaux, les transports et l’urbanisme (CERTU) indique que ce que l’on observe aujourd’hui à Paris va se retrouver demain dans les grandes villes de province. Pascal Wolf (AFDM) rappelle que les interactions entre usagers, notamment en intersections, là encore, « ça s’apprend : ça passe par la formation ». Le représentants de l’association Les Casques d’Argent (les motards des Pompiers de Paris) relaie à son tour la question de la formation pour plaider ensuite le respect d’autrui, le savoir-vivre et le nécessaire « travail à mener sur le comportement humain »''.

'' Une question européenne

C’est ensuite Joël Valmain, conseiller technique sur les questions européennes à la DSCR qui présente un topo sur la façon dont d’autres pays de l’Union européenne (UE) envisagent les questions des 2RM dans leurs politiques de sécurité routière. 0FFMC-Moto-pict5827.jpg Ça commence, comme toujours, par les données sinistrogènes, les conducteurs de 2RM représentant 17% des tués de la circulation routière en UE… ce qui ne veut d’ailleurs pas dire grand-chose si l’on ne met pas ce pourcentage en relation avec les conditions de circulation (densité du trafic, importance du transit…), ceux en voie de développement, les conditions climatiques bien différentes d’un bout à l’autre du continent. N’empêche, il apparaît que toutes les grandes métropoles sont désormais concernées par l’accroissement du parc de 2RM. L’étude de monsieur Valmain démontre ensuite que les pays obtenant les meilleurs résultats en sécurité routière (Hollande, Angleterre, Suède) sont ceux qui privilégient la formation, l’information, la sensibilisation, le ciblage des besoins des usagers et le soin apporté aux infrastructures routières… en gros ce que la FFMC revendique depuis 30 ans !

L’Allemagne a pour sa part enregistré l’an passé une baisse de 15% des tués en 2RM… pourtant, la vitesse est libre sur autoroute et la limitation des motos à 100 ch n’existe pas. L’Espagne qui connaît une hausse de 15% d’utilisation du 2RM a renforcé la formation des conducteurs, avec un module 2RM spécifique aux candidats au permis auto, des formations en entreprises, l’incitation au port d’équipements plus visibles. Cependant, ne nous réjouissons pas trop vite : ces pays montrés en exemple ne sont pas le Monde des Bisournous : on y pratique aussi plus la répression que la rigolade…comme en Suisse où c’est aux motards de faire attention.

Les raisons de la colère

Au terme de ces exposés, madame Merli revient sur les quatorze mesures annoncées lors du Conseil interministériel de Sécurité routière (CISR) du 18 février dernier : la lutte contre l’alcoolisme, les stupéfiants, la vitesse –« deuxième facteur des accidents d’accident, nécessité de faire comprendre à nos concitoyens le respect des limitations affichées… » Et les 2RM ? Madame la déléguée à la Sécurité routière nous parle de la formation de sept heures pour les automobilistes passant à la 125 cm3, les panneaux « fusibles » à développer, le cursus scolaire à renforcer chez les jeunes, la responsabilité parentale… ce qui nous amène au contrôle technique obligatoire des cyclomoteurs. Et là, Philippe Leduncq, membre du bureau national des Motards en colère monte au créneau : « Non madame, cette mesure n’est pas le fruit d’un consensus comme vous l’évoquez dans vos rapports d’étape de la concertation. Elle n’a pas été discutée dans les groupes de travail, nous ne sommes pas d’accord ! »

0amiens-scooter-f2d6e.jpg Eric Thiollier, délégué général renchérit : « le compte rendu de la dernière réunion du 11 janvier de la concertation 2RM indiquait que le CISR n’aborderait pas la question des 2RM. Le rapport d’étape stipule que « il faut réfléchir à la question du contrôle technique des cyclomoteurs lors de leur revente et en cas d’accident » et le CISR annonce dans la foulée (communiqué de presse du ministère des transports du 18 février 2010) : « un contrôle technique est imposé pour vérifier le bridage des cyclomoteurs à compter de la deuxième année de mise en circulation ». A quoi sert cette concertation alors ? Pourtant le rapport Guyot lui même stipule (P107) que « ce n’est pas le contrôle technique qui fera sensiblement baisser le débridage des cyclos ». On marche sur la tête !

La FFM en la personne de Philippe Thiébault, directeur technique national, enfonce le clou : « La FFM se désolidarise de cette annonce d’un contrôle technique des cyclos qui n’a été ni discutée et encore moins acceptée en l’état ». Il conteste également la tournure répressive des mesures du CISR qui annonce encore un développement des radars. La température est subitement montée d’un cran.

Mais en dehors de ce sérieux point de désaccord, le rapport d'étape de la concertation (présenté lors de la précédente réunion plénière) est validé.

Inter-files : ça avance au ralenti

Odile Seguin, cadre à la DSCR et pilote du groupe de travail consacré aux infrastructures reprend la main pour rendre compte du groupe de travail sur la circulation inter-files. Les nouvelles sont meilleures. La présentation (cliquez pour la visualiser au format pdf) explique les raisons pour lesquelles la circulation inter-files peut être un plus pour la sécurité des 2RM dans la mesure ou elle est pratiquée dans de bonnes conditions. Tiens, ça change ! Elle étudie également les obstacles juridiques (modification du code de la route, décret en conseil d’état, modification de l’instruction interministérielle sur la signalisation routière) à lever pour rendre possible l’expérimentation de la mesure. C’est dans le tuyau alors ? L’annonce de la manifestation du lendemain sur ce thème de la circulation inter-files aurait-il contribué à accélérer le mouvement. Réponse dans deux à trois mois nous assure-t-on…

Partage de la route

Enfin, la présentation du Guide « vivons la route ensemble en toute sécurité » fruit du travail en commun des associations de motards et du service communication de la DSCR est nettement plus consensuel. Il vise à expliquer de façon pratique aux automobilistes et aux utilisateurs de deux-roues motorisés comment mieux partager la route.

MOBILISATION !

y1p1ONMD7oGHZyYyf0bW3iaga4ZhuwhuRmNwUlBlE_VMx5hFLBoTm0LwFz9dqgFf2-XJ28cYLDKfvnO0r3sWYaJeg.jpgLe lendemain de cette réunion intervenait une très forte mobilisation des motards en colère, partout en France pour demander une réelle prise en compte de leurs spécificités de circulation et notamment de la circulation inter-files : plus de quarante mille motards au départ d’une soixantaine de manifestation dans toute la France samedi 13 mars ! Si l’on peut saluer cet engagement des motards au côté de la FFMC, on s’interroge à nouveau sur le cohérence des pouvoirs publics qui ont multiplié les opérations de verbalisation des motards en région parisienne les jours suivants, notamment sur la question de l’inter-files

On voudrait nous mettre vraiment en colère qu’on ne s’y prendrait pas autrement…

vendredi 5 février 2010

Bilan d'étape de 6 mois de concertation

Rappel de la démarche

Cette concertation a été lancée en juin 2009 par Michèle Merli, déléguée interministérielle à la Sécurité Routière, au départ, sur la base des 74 propositions du Rapport Guyot censé apporter des solutions pour infléchir la sinistralité routière des deux-roues motorisés (2RM).

Cf l’analyse du rapport Guyot produit par la FFMC en mars 2009 :

La concertation s’articule à travers cinq groupes de travail chargés d’étudier les propositions Guyot + les propositions annexes transmises par les participants (ici les propositions FFMC : ), répartis sur les thématiques suivantes :

  • L'usager, les règles et l'équipement
  • Le véhicule
  • La formation - le noviciat
  • L’infrastructure et le partage de la route
  • La connaissance des causes et conséquences des accidents.

Fonctionnement

Ces cinq groupes de travail (GT) se sont réunis de trois à six fois dans les locaux la Direction de la Sécurité et de la Circulation Routière (DSCR) qui dépend du Ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement Durable et de la Mer (Meeddat). Les GT regroupent de 15 à 30 participants qui sont des représentants d’institutions, d’associations d’usagers, de fonctionnaires, de compagnies ou mutuelles d’assurances, préfectures, collectivités territoriales, équipementiers de la route et cadres de la DSCR.

La FFMC est représentée dans tous les GT par trois salariés du Secrétariat National qui se répartissent la tâche : Eric Thiollier en tant que délégué général, Marc Bertrand en tant que chargé de mission Sécurité routière et Catherine Herviou pour la Commission juridique et la réglementation. Le mouvement FFMC est également présent avec des représentants de l’Assurance Mutuelle des motards (AMDM) dans tous les GT, l’Association pour la formation des motards (AFDM) pour le GT « formation » et Solidarité Motards Accidentés (SMA) dans les GT « Causes et connaissance des accidents » et « Infrastructures et partage de la route ».

A cinq reprises, des réunions plénières présidées par Madame Merli ont acté les discussions et les propositions formulées dans les GT. C’est lors des réunions plénières que les parties réaffirment leurs positions politiques respectives. Philippe Leduncq représente le Bureau National de la FFMC, assisté de Eric Thiollier et Marc Bertrand. De son côté, la DSCR communique sur la concertation via un site extranet accessible uniquement aux participants. Les compte-rendu sont publiés très tard. Des rapports et études techniques y sont ajoutés.


Bilan d’étape

En négatif

circulation entre files de voitureRien de concret n’a été obtenu pour une reconnaissance officielle de la circulation inter-file et l’accès aux voies de bus. Le ministère de l’Intérieur (via la Préfecture de police de Paris) s’y oppose.

Conjointement à la FFM, nous demandions que les cyclomoteurs bridés actuellement à 45 km/h puissent rouler à 60 km/h pour mieux s’intégrer dans le trafic hors agglomération. Cela a été à peine discuté tant l’opposition est forte de la part de la DSCR, les assureurs, la Prévention routière et les associations de victimes.

Au motif de lutte contre le débridage des cyclos, le contrôle technique pour 2RM (CT) risque d’être adopté pour les cyclomoteurs en cas de revente du véhicule… donc, les motards titulaires du permis A seraient exemptés du CT auquel nous nous opposons depuis plusieurs années. Mais le CT pour les cyclos, c’est déjà « un pied dans la porte » pour un CT généralisé dans l’avenir à tous les 2RM. Méfiance !

Notre demande pour une fiscalisation allégée des équipements corporels de sécurité a été balayée. Les technocrates, les assureurs et les associations de victimes insistent fortement pour rendre obligatoire un équipement de protection qui reste à définir.

Notre demande pour obliger les élus, les collectivités territoriales et les aménageurs urbains et routiers à appliquer les recommandations du CERTU en matière d’infrastructures a été écartée.

Notre demande pour le doublement systématique de toutes les glissières de sécurité a été évacuée… néanmoins, d’autres techniques pourraient être adoptées (recherches et expérimentations pour généraliser « les supports fusibles » pour les panneaux de signalisation, donc suppression de fait de certaines glissières existantes).

La concertation sur les 2RM n’est pas relayée dans les médias généralistes qui continuent à communiquer selon le seul angle indiqué par les Pouvoirs publics.

En positif

La FFMC a réussi à repousser les mesures les plus « anti-moto » : plaque minéralogique à l’avant, interdiction du casque jet, relèvement de l’âge d’accès à la conduite d’un cyclomoteur à partir de 16 ans.

A force de débats, la DSCR et l’Observatoire National Interministériel de la Sécurité routière (ONISR) admettent leurs carences en connaissances sur les spécificités des 2RM dans tous les domaines : distinctions des différents types de 2RM et de leurs utilisateurs, insuffisance des renseignements dans les constats d’accidents, imprécision chronique des statistiques (notamment le dénombrement du parc existant et des km parcourus). Michèle Merli promet d’accentuer la recherche et s’engage à mieux faire connaître les préconisations du Centre d’Etudes Réseau des transports et Urbanisme (CERTU) en matière de conception d’infrastructures routières moins dangereuses pour les 2RM. Néanmoins, rien de concret n’a été acté concernant les moyens que cela engage.

Nos préconisations en matière de formation des conducteurs 2RM (candidats au permis A et équivalence permis B pour les 125 cm3) ont été entendues et semblent prises en compte. Elles s’inscrivent dans l’implémentation de la directive européenne sur le permis B qui s’oriente vers la formation continue, avec un accès échelonné en tranches de permis en fonction des types de 2RM. La FFMC a participé, conjointement avec la FFM, Club 14, l’association « les casques d’argent » (pompiers de Paris) et le service communication de la DSCR pour élaborer un fascicule illustré (16 pages, 165 X 120 mm) de sensibilisation à la coexistence autos/motos destiné au grand public. Il est remarquable que ce document reprenne l’idée de « partage de la route » chère à la FFMC, sans stigmatisation des 2RM.

Parmi les participants de la concertation, nos interventions ont contribué à faire reconnaître la FFMC comme une force représentative des usagers des 2RM. Nous avons souvent monopolisé les débats et dans les réunions plénières, nous sommes les interlocuteurs privilégiés de Michèle Merli qui nous a laissé plus de temps de parole qu’aucun autre représentant n’a pu en avoir. Il semble qu’à la suite de nos interventions, Michèle Merli recadre souvent son discours. Face à la FFMC, elle maintient un langage de fermeté… en revanche, quand elle est interpellée par les tenants de plus de sévérité à notre égard (Prévention routière, associations de victimes), elle tempère en reprenant certains de nos arguments favorables à ne pas rajouter de réglementation supplémentaire à celles déjà existantes. Nos rappels au « bon sens » semblent porter (ça reste néanmoins fragile). Nous occupons le terrain, nous sommes plus visibles dans l’organigramme de la Sécurité routière, avec une image plus consensuelle, moins uniquement typée « motards en colère ».


Inconvénients de la concertation

En passant pour « ouverts à la discussion », nous sommes un peu « le cul entre deux chaises » : par sa participation active, la FFMC sert de caution en crédibilité à la DSCR… sans nous, cette concertation ne vaut rien. Mais n’oublions pas non plus que le « chantier de la Sécurité routière » est aujourd’hui un argument électoral au même titre que les questions d’environnement, les statistiques de la délinquance, de l’emploi ou de l’activité économique. Et justement, en matière de Sécurité routière, si les discussions commencent souvent par l’intérêt de l’éducation et de la prévention, les mesures finalement adoptées sont toujours celles d’une répression accrue au terme d’un bon lavage de cerveau sur le citoyen moyen.

Avantages de la concertation

La FFMC renforce ses contacts dans le milieu de la sécurité routière au sens large (fonctionnaires DSCR, CERTU, collectivités territoriales, chercheurs, associations). Vis-à-vis des professionnels de l’univers du 2RM, notre légitimité se renforce : ils sentent que notre expertise sur la SR et nos capacités de résistance à une réglementation toujours plus coercitive sont des facteurs favorables à leurs affaires. Enfin, l’état-major de la FFM reconnaît la FFMC comme une alliée (notamment à cause des menaces qui s’accentuent sur les activités motorisées pour des motifs écolo-idéologiques).

jeudi 14 janvier 2010

5ième réunion plénière (11 janvier 2010) : "Les motards n'ont qu'à prendre le métro !"

Priorité à la recherche et à la communication pour mieux connaître les spécificités du 2RM et martellement du « respect des règles » ont été les thèmes forts de la cinquième réunion plénière qui s’est tenue à La défense le 11 janvier. La question sur la circulation inter-file fait toujours débat (le ministère de l’Intérieur s’y oppose et annonce encore plus répression). On note en revanche un changement de ton à l’ONISR qui semble se désengager du discours motophobe caractéristique de ces dernières années.

Nouvelle année oblige, Michèle Merli, préfète déléguée à la Direction Interministérielle de la Sécurité et de la Circulation Routière (DSCR) a ouvert cette cinquième séance plénière en formulant ses vœux pour « une bonne année de sécurité routière 2010. Une année de travail et de continuité pour la concertation engagée depuis juin 2009 pour trouver des solutions pour réduire la sinistralité des 2-roues motorisés (2RM) », a t-elle ajouté…. Une concertation qu’elle veut « ouverte et sans tabou, où l’on peut tout se dire, sans laisser de zones d’ombre ».

Madame la déléguée nous assure que les travaux engagés depuis six mois dans cette concertation commencent à intéresser nos voisins européens confrontés à des problématiques similaires avec le développement des 2RM… « plus on avance, plus on s’aperçoit que l’on sait peu de choses sur les 2RM. La priorité doit donc aller vers la recherche et la diffusion des connaissances pour rattraper les dix ou quinze ans de retard que l’on a pris dans ce domaine par rapport à l’automobile. » A nouveau, Madame Merli se déclare favorable à une expérimentation pour étudier la possibilité d’envisager la circulation inter-file, dans certains cas bien particuliers… et à condition que les motards acceptent de respecter les règles, saperlipopette !
Marc Bertrand, chargé de mission Sécurité routière à la FFMC intervient pour expliquer que ce n’est pas tant de respect des règles qu’il faudrait parler, mais plutôt de comprendre que la circulation inter-file est la méthode la plus adaptée pour évoluer dans une relative sécurité dans des conditions de trafic congestionné et qu’il convient donc de légaliser une pratique avérée pour mieux l’enseigner et informer l’ensemble des usagers… Edito_MM_mars_07016.jpgParler d’expérimentation pour des usages pratiqués depuis des années, c’est quand même un peu surréaliste, surtout que pendant ce temps, la répression ne faiblit pas, à preuve les témoignages qui parviennent à la commission juridique de la FFMC de la part de motards ayant été verbalisés à la volée… et le « motard en colère » de démontrer que si la plaque minéralogique d’un 2RM circulant entre les files peut être lue par les policiers chargés de verbaliser, c’est que le conducteur de 2RM en question ne roule pas si vite que ça et que sa plaque est certainement conforme. Le représentant de l’association des pompiers motards de la BSPP (Les casques d’argent ), tente un habile recentrage du débat en évoquant la distinction sémantique entre « voies et files »…
En réponse, madame la préfète reconnait la justification de la circulation « en décalé » pour les 2RM, mais elle refuse d’admettre que les motards puissent remonter les files (respect des règles, respect des règles !)… « ils ne doivent pas aller plus vite que les voitures… ils n’ont qu’à prendre les transports en commun ! » Michèle Merli justifie sa colère par le comportement de certains utilisateurs de 2RM « qui fichent en l’air tous nos efforts », témoignant de ses propres observations lors de ses déplacements pour se rendre au bureau. En attendant, Madame la déléguée à la SR propose l’ouverture d’un groupe de travail spécifique à la question de la circulation inter-file…. Quand, comment ? On verra bien.

Nous remettant un peu de baume au cœur, Louis Fernique, secrétaire général de l’Observatoire Interministériel de la Sécurité Routière (ONISR), assure que ses services s’engagent vers un travail d’analyse plus fin, plus segmenté en matière de catégories de 2RM. Il souhaite mettre en place un groupe d’étude sur la typologie des conducteurs de 2RM, leurs usages, leurs accidents, leur expérience. « Nous aurons besoin des données dont disposent les assureurs, c’est un travail long, lourd, mais nécessaire pour faire de la prospective sur l’avenir, voir où cela nous mène. Nous voulons étudier la nature du report modal des automobilistes vers le 2RM : si une telle inflation des 2RM est constatée ces dernières années, c’est bien que les 2RM sont un élément fluidifiant dans la circulation, quitte à revoir les règles existantes, au risque de ré-ouvrir la boîte de pandore. »

Concernant les jeunes en cyclomoteur (49,9 cm3 limités à 45 km/h), le représentant de la Fédération Française des Sociétés d’Assurances (FFSA) se déclare attaché à un vrai permis enregistré en préfecture. Au chapitre de la formation, il semble acquis que l’équivalence permis B / permis A sera soumise à un enseignement d’au moins cinq, voire sept heures pour les automobilistes voulant passer au 2RM. Sur ce point, Michèle Merli estime que « nul ne peut désormais pratiquer le 2RM sans formation ».

La réunion s’est ensuite orientée vers l’examen du projet de rapport d’étape de la concertation produit par la DSCR et communiquée aux participants trois jours auparavant. L’occasion pour Jean-Marie Leverrier, représentant de la Ligue contre la violence routière (LCVR), d’exprimer ses désaccords, particulièrement sur l’abandon annoncé de la réglementation des 100 ch, mais aussi sur le bridage des cyclos : devant une assemblée concentrée à essayer de décrypter ses propos, M. Leverrier tente d’expliquer en quoi son association s’oppose aux dispositifs anti-débridage des cyclos au motif que s’il faut les brider, c’est qu’ils sont débridés et que par conséquent, il faudrait les rendre d’office bridés dès la construction (ce qui est le cas, mais il semble l’ignorer)… Madame Merli essaye de comprendre… Marc Bertrand (FFMC) signale alors que les arguments de M. Leverrier sont obsolètes dans la mesure où à l’avenir, l’essentiel des cyclos neufs seront dotés de moteurs 4T à la puissance limitée par construction, difficiles à gonfler sans recourir à des interventions mécaniques aussi complexes que coûteuses. Imperturbable, le représentant de la LCVR campe sur ses arguments contradictoires et son discours anti-vitesse habituel… Il conforte également son opposition catégorique à toute idée d’expérimentation d’accès des 2RM dans les voies de bus et de la circulation inter-files, estimant que « cela va compliquer la conduite des autres conducteurs ». Malgré les débats engagés depuis six mois dans cette concertation, en dépit de toutes les études publiées qui démontrent que dans les 2/3 des accidents impliquant des 2RM et des autos la faute revient à l’inattention de l’automobiliste, monsieur Leverrier confirme que son association n’est pas là pour participer à l’élaboration d’une meilleure sécurité pour les 2RM, mais juste pour les dénoncer comme les éternels responsables de leur sinistralité…C’est dommage car cela obère toute discussion objective et constructive… Tant pis !

Et c’est au tour de la préfecture de police de Paris de réaffirmer son opposition à la circulation inter-file sur le périph’ en évoquant des chiffres d’accidents à la hausse, avec la vitesse comme première cause d’accidents mortels, que la moitié des tués « se sont tués tous seuls »… Françoise Hardy, commissaire divisionnaire responsable Sécurité routière au cabinet du préfet de police de Paris assure que l’accès aux voies de bus n’est pas envisageable dans la capitale faute de place (c’est également la position exprimée par la Mairie de Paris), sans toutefois se montrer opposée à une expérimentation sur des voies élargies ailleurs en IDF. 0prevoyanceenbretagne.jpgElle renouvelle ses alertes concernant la recrudescence des accidents impliquant l’alcool et les stupéfiants. Pierre Bonal, représentant l’Assurance Mutuelle des Motards admet que si les statistiques relatives à la conduite sous emprise addictive sont difficilement contestables, celles sur la vitesse sont en revanche plus difficiles à estimer. Eric Thiollier (délégué général de la FFMC) précise que selon les chiffres connus, la proportion de conducteurs alcoolisés en 2RM est inférieure à celle constatée chez les automobilistes, mais elle est supérieure pour les accidents mortels, ce qui démontre qu’alcool et moto sont décidément incompatibles. Il attire également l’attention sur le fait que de nombreux alcooliques ayant perdu leur permis de conduire se rabattent sur le cyclomoteur, ce qui plombe le bilan des 2RM en général.

Nouveau venu dans la concertation, le colonel de gendarmerie Guy-Patrick Fontenaille (chef du bureau SR) rappelle que la majorité des accidents de 2RM surviennent en « zone gendarmerie », c’est-à-dire en province. Selon ses sources, ces accidents ont pour cause principale le « non-respect des règles », précisant que « 38% des conducteurs décédées en 2RM se sont tués seuls ». Marc Bertrand (FFMC) objecte en précisant que « tué seul en 2RM » peut aussi vouloir dire « tué sans tiers identifié ou sans qu’une autre personne impliquée dans l’accident n’ait subi de dommages ». Louis Fernique (ONISR) rappelle qu’à ce titre, les sources sont issues des fiches BAAC (bulletins d’analyse des accidents de circulation) renseignées par les forces de l’ordre dépêchées sur les sinistres. Il indique que selon les données analysées par ses services, en 2008, les conducteurs en 2RM « tués seuls » représentent 29% des accidents, 31% chez les usagers en cyclomoteur et 33% pour ceux des véhicules légers (autos et petits utilitaires). Il ajoute en outre qu’en ce qui concerne la part de responsabilités dans les accidents de circulation, les 2RM sont engagés à 38% contre 44% pour les VL.

Après ce chaud et froid bien stimulant pour démarrer l’année, nous abordons la dernière partie de la rencontre par la présentation de la maquette d’une brochure de sensibilisation à la coexistence motos/auto destinée au grand public. Elle a été élaborée conjointement entre le service communication de la DSCR et les associations représentant les usagers du 2RM. Bien que madame Merli trouve le document « un peu compliqué », les participants à la démarche se félicitent du bon travail partenarial et du sens des messages mis en valeur. Enfin, la rencontre se termine par la présentation de clips de sécurité routière concernant les 2RM diffusés dans d’autres pays développés (USA, GB, Norvège, Belgique, Allemagne, Australie, Grèce et Portugal). Sélectionnés et présentés par Eric Thiollier (FFMC), ces clips sont intéressants car ils mettent l’accent sur les particularités des 2RM (équipement, pièges de la route, manque d’attention des automobilistes), souvent avec humour et sans jouer du vieux ressort culpabilisant et moralisateur habituellement servi aux conducteurs français. L’initiative est unanimement appréciée des participants et Michèle Merli les trouve « intéressants ». Et crac, elle embraye aussitôt sur « le respect des règles » et exhorte les motards « à changer de comportement »… Pile poil la petite phrase en vache qui fait bondir Eric Thiollier : « Non madame, vous détournez le message de ces clips qui ne montrent pas les motards comme des infractionnistes, mais qui mettent en exergue les situations à risques, ce qui n’est pas la même chose. »

Nous nous sommes quittés avec l’assurance que la concertation allait continuer, les groupes de travail restent constitués… la FFMC a donc toujours son mot à dire, d’autant plus que la question du contrôle technique des 2RM (mentionnée dans le projet de rapport d’étape pour les cyclomoteurs) n’a pas été abordée. Elle est donc toujours en suspens.

Quant à la tenue du prochain Conseil interministériel de la sécurité routière annoncé pour début 2010 depuis des mois, Madame Merli nous a confié qu’en vertu du fait que la concertation n’était pas terminée, les 2RM n’y seraient pas « stigmatisés »…

Allez, bonne année à tous et restons vigilants, car nous sommes quand même dans le collimateur.

Commentaires FFMC sur projet de rapport d'étape (document de travail)

lundi 14 décembre 2009

Cinquième réunion du Groupe de Travail "Formation et noviciat" : la tête plus que les bras !

Compte-rendu de la cinquième réunion du Groupe de Travail 2RM à la Direction de la sécurité et de la circulation routière (DSCR) consacré au thème Formation et noviciat qui s’est tenue le 1er décembre 2009 avec une trentaine de participants.

Le groupe est piloté par Jean-Pierre Fougère (adjoint au sous-directeur de l’Education routière à la DSCR).

0abs-rp1-2b33e.jpgC’est près de Vernon, dans l’Eure, que le groupe de travail s’est retrouvé, à l’initiative de l’Automobile-Club-Prévention qui nous accueillait sur le pôle technique du Centre National de Protection et de Prévention (CNPP) pour discuter des stages de post-formation. En situation, la première partie de la rencontre consistait en une démonstration des situations de risques à petite allure et lors de freinages « réflexe » sur piste sèche et mouillée. Au guidon d’une moto équipée de bras latéraux munies de roulettes (dispositif de retenue en cas de chute), Bruno Livier, formateur à l’Automobile-Club-Prévention, met en avant la situation d’échec inévitable en cas de freinage d’urgence pour mieux faire passer le message d’une conduite préventive. La recherche d’une meilleure maîtrise technique du véhicule est ainsi démontrée comme contre-productive en cas de surprise et le stagiaire témoin de la (fausse) chute (inévitable) du moniteur comprend qu’il vaut mieux adopter une conduite par laquelle on évitera de se faire surprendre et d’aller « au tas ». Les autres démonstrations d’exercices (en scooter 50 cm3 et en moto, une Honda CB 500) mettent en valeur la différence des distances d’arrêts, de 15 à 20 km/h et de 50 à 60 km/h, lorsque le 2RM s’arrête avant des cônes ou qu’il percutent ceux-ci.

De retour en salle, Jean-Philippe Monatte, responsable de l’Automobile-club Prévention, explique qu’à l’issue d’un stage de formation post-permis, la réduction de la sinistralité est évidente en milieu professionnel, mais comme de nombreux participants à cette réunion, il reconnaît que les conducteurs volontaires sont déjà des personnes sensibilisées à la Sécurité routière. Cette remarque recoupe le témoignage de la représentante de la FFSA qui estime que le gain en Sécurité routière n’est pas facilement quantifiable. 0SC200909-113.jpgEric Marot, de la Mutuelle des Motards analyse que les stages post-permis peuvent s’avérer contre-productifs en matière de sécurité routière si leur contenu, trop axés sur la maîtrise d’une moto en situation extrême ne débouche finalement que sur une sur-confiance du conducteur. Ce fut le cas avec les premiers stages de l’AFDM, c’est pourquoi les exercices ont depuis été modifiés afin d’inciter d’avantage le stagiaire à adopter une conduite préventive après avoir fait l’expérience de ses limites en cas de surprise. Pascal Wolf, moniteur d’auto/moto école représentant de l’AFDM (le département formation de la FFMC) nous présente un exposé sur les formations de perfectionnement à la conduite et Jean-Pierre Fougère se déclare très enthousiasmé par les stages post-permis « qui doivent modifier les comportements des conducteurs ». Il souligne que l’Allemagne, l’Autriche et bientôt la Finlande ont adopté ces formations. Le représentant de la FFMC observe que les réflexions des groupes de travail de la concertation sont prometteuses et pleines de bon sens, mais qu’hélas les usagers n’en voient pas beaucoup les effets à travers les mesures prises par les pouvoirs publics qui campent sur la culpabilisation des conducteurs et toujours plus de répression à leur encontre. En réponse à cette remarque mainte fois répétée, M. Fougère tempère : « la Sécurité routière est un long chemin, on travaille pour l’avenir, ça prend du temps et ce temps n’est pas forcément celui des politiques ». (Ça, les usagers que nous sommes ont bien remarqué que la politique du bâton et de ponction au porte-monnaie est toujours plus rapide et facile à mettre en œuvre). Bref, revenons au sujet…

Simulateur : c’est au tour de Michel Millet, moniteur d’auto-école et représentant le réseau ECF de présenter un topo sur l’apprentissage à l’aide d’un simulateur de conduite (il en existe principalement de deux types sur le marché). Il est rappelé que cet outil ne sert pas à apprendre à conduire (à maîtriser) un 2RM, mais plutôt à mettre l’élève en prise avec les situations à risques. Akim Benhamel (AFDM) émet des réserves sur l’usage des simulateurs dans les programmes de formation et insiste sur l’attention qu’il faudrait porter sur l’étude du psychisme chez les conducteurs (phénomènes réflexes, peur, fonctionnement du cerveau, vision cognitive). 0edito_MM_sept_2009170.jpgLa présentation suivante revient sur les scénarios d’accidents impliquant des 2RM les plus fréquents. Elle est exposée par Emmanuel Renard de la Prévention routière qui les présente sur des CD-rom destinés aux jeunes. Réalisés en images de synthèse, sept scénarii d’accidents (basés sur des faits réels) peuvent être visionnés selon les angles spécifiques de tous les conducteurs et témoins impliqués. Ces supports visuels doivent être accompagnés d’une analyse et d’une discussion avec les vidéo-spectateurs à l’issue de la projection. Mais comme souvent avec les gens de la Prévention Routière, le conducteur de cyclo est encore qualifié de « responsable » de l’accident dont il est victime, y compris quand dans un des cas montré en exemple, le conducteur de l’auto impliquée grille un stop devant un bus, masquant le cyclo dont l’erreur est de doubler le bus. Au terme de cette présentation, Eric Marot dénonce ce jugement hâtif et récurrent en rappelant que dans « 72 % des sinistres traités par l’AMDM, le conducteur du 2RM n’est pas le responsable de l’accident ».

Des débats reviennent aussi sur la question de l’ABS (pour ou contre)… A nouveau, Eric Marot précise avoir observé, en tant qu’assureur (responsable de la classification des véhicules à l’AMDM), que cela tend a augmenter la sinistralité. Là, on est en plein dans la théorie de « l’homéostasie du risque », un phénomène étudié par les chercheurs de l’Inrets (non représentés ce jour) selon lesquels plus on augmente la sécurité passive, plus les conducteurs, quels qu’ils soient, relâchent leur vigilance et se mettent, souvent inconsciemment en situation de risque. 0-1.jpg Ce concept ayant directement trait au comportement des conducteurs a été souvent évoqué dans plusieurs groupes de travail de la concertation, infrastructures, équipement, véhicule, causes et connaissance des accidents et formation… mais il est encore peu pris en compte par les responsables de la DSCR davantage enclins à présenter des mesures simples (et parfois simplistes) en direction de l’opinion publique, via les annonces des politiques chargés de travailler sur la Sécurité routière. Au cours de cette dernière réunion marquant la fin de la première étape engagée depuis juin 2009, Jean-Pierre Fougère a annoncé que le maintien de l’âge d’accès à la conduite d’un cyclo resterait bien à 14 ans (c’est une victoire du groupe de travail) et que l’équivalence permis B/125 cm3 se ferait à l’avenir au terme d’une formation obligatoire passant de 3 h actuellement à 7 h, conformément aux attentes des participants à ce GT, FFMC comprise. Quant à l’équivalence permis B-trike, il semble qu’elle devrait être maintenue après 2013 (en cas de remise en cause de cette équivalence, il faudrait envisager une formation spécifique).

Les travaux du groupe allant désormais devenir plus techniques (il s’agit d’élaborer les futurs contenu de formation au permis A), il a été convenu que les prochaines réunions se dérouleront entre les formateurs professionnels représentant les différents réseaux de la profession. L’AFDM y prendra évidemment toute sa part en y apportant ses idées et son expertise… Pascal Wolf ayant été désigné d’office par Jean-Pierre Fougère pour y participer. En reconnaissant ainsi l’AFDM, c’est la FFMC toute entière qui gagne du terrain.

Étaient présents : FFMC, AFDM, La Prévention Routière, Automobile-Club-Prévention, AMDM, MAAF, MACIF, MATMUT, GEMA, FFSA, UNIC et UNIDEC (Syndicat d’enseignants à la conduite), ECF, réseau CER, CSNM, CNPA, Certu (Centre d’études réseaux transports urbanisme), DSCR, Police Nationale (chargé du BSR + escadron motocycliste).

mardi 1 décembre 2009

Réunion du 26 novembre 2009 sur la modification des véhicules : 7500 euros d'amende !!

Etaient présents : Bernard Gauvin (DSCR), René Tison (UTAC), Grégoire Billette (FNCRM), Hervé Gicquel (Club 14), Eric Thiollier et Catherine Herviou pour la FFMC.

hayabusa-tandem-accueil.jpgMonsieur Gauvin propose de poser le débat en faisant un tour de table des préoccupations de chaque organisme représenté. La FFMC débute la discussion en se plaçant du côté de l’usager qui ignore, bien souvent en toute bonne foi, qu’acheter un accessoire présenté comme « homologué » ne signifie pas forcément qu’il peut être monté sur son véhicule. L’objet de cette réunion est donc de déterminer dans quelles mesures un motard peut-il « personnaliser » son 2RM. Echappement, clignotant, rétroviseur, éclairage : peut-on les modifier en toute légalité ?

Avant tout, il faut savoir qu’il existe deux types d’homologations. L’homologation du produit en tant que tel, et l’homologation de son installation sur un véhicule.

Certains équipements, comme les échappements ou l’éclairage, sont homologués en indiquant, en annexe, la liste des véhicules sur lesquels ils peuvent être montés. Cette liste est toutefois difficilement accessible aux particuliers.

Les rétroviseurs ou les clignotants sont uniquement homologués en tant que produits. Les dispositifs d’origine peuvent être remplacés par des équipements équivalents, sous réserve d’être montés exactement au même endroit.

Au contraire, les éléments de sécurité tels le freinage ou la dimension des pneus, ne sauraient être modifiés.

quadrophenia2-LST037928.jpgNous avons profité de cette réunion pour reparler de la loi du 5 janvier 2006. Pour rappel, elle a instauré l'article L321-1 du code de la route qui punit de 6 mois de prison et 7500 € d'amende la vente d'un DRM qui n'est plus conforme à sa réception. La formulation générale de l'article de loi signifie qu'un motard encourt de la prison s'il revend sa moto avec des rétro qui, même s'ils sont homologués, ne sont pas d'origine. Monsieur Gauvin a convenu que cette disposition était mal rédigée et la sanction prévue disproportionnée. Depuis 2006, nous demandons régulièrement la modification de cet article du code de la route, qui nécessite le vote d'une loi (et donc d'un passage devant le parlement). Monsieur Gauvin avoue les limites de sa compétence pour modifier directement le code de la route mais semble tout à fait d'accord pour soutenir notre démarche auprès de la DSCR et donc du ministère des transports.

La FNCRM pose le problème des pièces adaptables. Dans le secteur automobile, le client peut choisir de faire monter une pièce qui n’est pas siglée Peugeot mais qui présente les mêmes qualités. Quid pour les motos ? Pour la DSCR, cette question ne touche pas directement la réglementation technique mais plutôt les conditions de mise en échec de la garantie constructeur ou de l’évaluation d’une réparation par un expert.

Club 14 pointe quant à lui la situation des véhicules de collection, dont les propriétaires améliorent la sécurité (freinage par exemple). Là encore, la question est évacuée du débat. Pour la DSCR, il ne s’agit pas ici de remettre en cause le système d’homologation tout entier (qui dépend de directives européennes) mais de préciser, voire d’expliciter ses contraintes aux usagers. Par ailleurs, les collectionneurs semblent plutôt attachés à garder leur véhicule dans leur configuration d’origine.

La DSCR recentre le sujet sur la légalité des modifications. Elle invite les participants à la réunion à formuler dès que possible une liste de toutes les modifications qui sont envisageables sur une moto. Le responsable des homologations y répondra ensuite point par point. La prochaine réunion est prévue le 21 janvier 2010 à 10h dans les locaux de la DSCR.

vendredi 27 novembre 2009

4è réunion plénière du 16 novembre 2009 : "écoute" en salle, "coup de bâton" dans la rue !

Madame Michèle Merli préfète déléguée interministérielle à la Sécurité routière a ouvert la séance de la 4è réunion plénière de la concertation sur les 2RM, devant une assemblée rassemblant une cinquantaine de personnes, tous acteurs de la Sécurité routière (associations, fonctionnaires, assureurs, chercheurs, formateurs, représentants des collectivités territoriales, syndicats professionnels de l’industrie du motocycle et des équipementiers des infrastructures routières). Michèle Merli s’est déclarée ''« contente que le travail avance alors continuons à ce rythme. Les trois axes structurants sont l’information, la formation et la sanction, mais ce dernier volet n’est mis en œuvre que quand les précédents n’ont pas atteints leurs objectifs. Je compte sur l’appui de tous, techniciens du Centre d’Etudes sur les Réseaux, les Transports, l’Urbanisme et les constructions publiques (CERTU), les motards, les assureurs et les collectivités territoriales. Soyons leaders, soyons pro-actifs, faisons la démonstration de notre cohérence collective ! »

0affichettes-IMG_4829.jpeg'' Hé bé… Quel changement depuis la précédente réunion plénière durant laquelle Madame la préfète avait martelé « le respect des règles », demandant avec insistance des propositions rapides… En préambule, la parole a été donnée aux représentants des assureurs. Pour les mutuelles, c’est le Groupement d’Entreprises des Mutuelles d’Assurance (GEMA) qui s’est présenté au nom de 45 sociétés pour 35 000 salariés, assurant 20 millions de sociétaires, dont 19 millions de contrats véhicules parmi lesquels il y a 1,8 millions de 2RM (485 000 cyclos, 490 000 125 cm3 et 831 000 motos de plus 125 cm3). La représentante du GEMA a évoqué la récente publication de l’enquête TNS-SOFFRES consacrée aux usagers 2RM. Ce fut ensuite à la Fédération Française des Sociétés d’Assurances (FFSA) de se présenter, au nom de 254 entreprises. Pour son représentant, Stéphane Penet, il faut porter l’action sur les jeunes et les cyclos, avec une préoccupation accrue sur le débridage et les défaillances techniques des engins (ça sent le contrôle technique à plein nez, ce qui est d’ailleurs une forte demande des assureurs). La FFSA se déclare favorable à un permis à point pour les jeunes. nivelles_maitrise.jpgLa FFMC a regretté que les assureurs ne mettent pas assez l’accent sur l’inattention des automobilistes à l’égard de TOUS les usagers 2RM dans la circulation. Michèle Merli a alors précisé que ce point fait l’objet de recommandations dans la réforme des permis à venir. Philippe Leduncq, membre du Bureau national de la FFMC s’inquiète que l’idée d’un permis à point pour les jeunes ne se fasse au détriment du continuum éducatif prôné par la fédé. La FFSA a rectifié ses arguments en se déclarant attentive à la coexistence entre les usagers et en estimant que le permis à point, c’est du continuum éducatif. Les représentants du CERTU demandent aux assureurs de diffuser leurs connaissances sur la sinistralité des jeunes en cyclo… Madame Merli a reconnu la carence en connaissances sur les utilisateurs 2RM de la part des pouvoirs publics. Elle a ensuite repris la main de l’ordre du jour pour inviter les responsables des groupes de travail (les cadres de la DSCR) à présenter leurs bilans d’étapes de la concertation.

Formation, noviciat

Concernant l’âge d’accès à la conduite d’un cyclo à partir de 14 ans, la question n’est toujours pas tranchée (malgré l’avis des participants de ce groupe au maintien à 14 ans), Michèle Merli se déclare « très dubitative » sur cette question, citant l’exemple de l’Espagne ayant justement décidé de relever l’âge d’accès à la conduite à 15 ans. La FFSA indique, pour sa part, que l’âge n’est pas le facteur déterminant, le contexte familial et la responsabilisation des parents étant plus importante. litteulkevin2.jpg Revenant sur les travaux de son groupe, Jean-Pierre Fougère confirme l’importance des questions concernant le débridage et l’équipement des usagers, indiquant que les axes à développer concernent la prévention et le comportement des conducteurs, se déclarant favorable à une évaluation des jeunes conducteurs 6 mois à un an après l’obtention du permis. Interrogé par Jean-Pierre Moreau (FFM) sur la question des stages « post-permis » et en réponse à Stéphane Penet (FFSA) se demandant si le post-permis devrait être étendu à l’ensemble des conducteurs, M. Fougère estime que cela ne doit pas déboucher sur une sur-confiance du conducteur qui serait contre-productive en termes de sécurité routière. Il précise aussi que les conducteurs volontaires à un retour en formation sont déjà sensibilisés à la sécurité routière… il a également salué le travail mené par Stéphane Espié, chercheur à l’INRETS, lequel défend l’idée que la prise de conscience des risques est plus importante que la maîtrise du véhicule. Michel Vilbois, adjoint de madame Merli à la DSCR s’interroge sur l’équivalence permis B –125 cm3.

Les néo-utilisateurs… voilà une question récurrente, laquelle renvoie au développement spectaculaire des scooters à trois roues. Le représentant du Conseil National des Professionnels de l’Automobile – branche deux-roues (CNPA) demande des chiffres sur l’accidentalité spécifique des titulaires permis B utilisant un 2RM. Pour l’association Les Casques d’Argent (les motards des Pompiers de Paris), « il y a un problème d’équivalence à ces usages compte-tenu de la diversité de conduites des différents engins accessibles ». Philippe Leduncq (FFMC) rappelle que le dénominateur commun, c’est le comportement et le civisme.

Le véhicule

Bernard Gauvin, pilote du groupe « véhicule » rapporte que toutes les suggestions (propositions du Rapport Guyot, base de la concertation, ndr) ont été examinées et que ce sont des sujets à compétence européenne. L’idée d’une plaque à l’avant a été considérée comme techniquement difficile à mettre en œuvre et la loi des 100 ch n’est plus une réglementation appropriée. 0moto_airbag_bikers.jpgLe contrôle technique (CT) des 2RM (qui divise les avis des participants du groupe de travail) serait faisable techniquement, mais sa mise en œuvre pose encore des problèmes. Il demande des propositions pour des alternatives au CT. Il indique que le bridage des cyclos serait plus approprié par un recours à l’électronique plutôt que par les dispositifs mécaniques actuellement en vigueur, ce qui permettrait de conserver au cyclo l’agrément de son moteur… Pourraient également venir à l’étude les questions sur l’obligation d’équiper les véhicules neufs d’ABS (ou de freinages « intelligents ») et d’air-bag (sans préciser s’il s’agit d’un coussin gonflable sur le véhicule ou d’un gilet gonflable pour le conducteur). L’idée de rendre obligatoire une plaque minéralogique à l’avant, c’est toujours du grain à moudre pour la Ligue Contre la Violence Routière (LCVR) dont le représentant en profite aussi sec pour enfourcher son cheval de bataille en brandissant l’éternel cri de ralliement : « les motos ne sont pas assez flashées, les motos roulent trop vite, les motards ne sont pas assez contrôlés, ils échappent au contrôle-sanction-automatisé… » Tellement caricatural que madame la déléguée à la Sécurité routière lui rappelle que les forces de l’ordre font leur travail. Et la FFMC d’ajouter que la majorité des radars automatiques flashent désormais par l’arrière. Ceci dit, Michèle Merli est également revenue sur le débridage des cyclos, problème à traiter « avec la plus grande sévérité ! »

L’équipement

Comme lors de la dernière réunion plénière, le point sur une obligation éventuelle d’un équipement de protection corporelle pour tout conducteur de 2RM revient sur le tapis. Là encore, on sent poindre de fortes velléités réglementaires… et à nouveau, Thierry Espié (INRETS) doit rappeler que ce n’est pas l’équipement qui fait l’accident, épaulé par le représentant des Casques d’Argent (BSPP) qui estime que le sur-équipement peut même être une source de danger à cause de la sur-confiance que cela peut entrainer chez le conducteur. stoppy-kiss.jpg La FFMC est d’accord là-dessus et précise qu’en la matière, les améliorations pérennes sont à rechercher dans la formation et l’information, de la même manière qu’il vaut mieux prendre conscience de ses propres limites avant de s’en remettre à un freinage ABS. On se répète, mais ce qui relève pour nous du bon sens (qui ne coûte pas cher et qui est facile à mettre en œuvre) semble très difficile à comprendre pour nos « dirigeants », les hauts fonctionnaires et tous ces experts très instruits qui les conseillent… (soupir !)

Infrastructures

En six réunions, le groupe de travail « Infrastructures et partage de l’espace public » piloté par Odile Seguin a débattu des obstacles latéraux au bord des routes, des supports fragilisés (pieds de poteaux « fusibles » en cas de choc avec un véhicule auto ou PL permettant d’éviter la pose de glissières), de la connaissance et de la diffusion des recommandations techniques du CERTU en matière d’infrastructures, de la circulation inter-file et de l’accès des 2RM dans les voies de bus. Michèle Merli se prononce « pour donner la priorité à la diffusion des recommandations du CERTU en terme d’aménagement des voiries en direction des collectivités territoriales », annonçant cette mesure à inscrire « en première ligne du programme 2010 ». FerrieresLaGrde_3-941e8.jpg C’est une forte recommandation de la FFMC et soit dit en passant, il s’agit de mettre en œuvre quelque-chose qui devrait fonctionner depuis belle lurette car tout est déjà en place depuis près de dix ans… Et pourquoi cela n’est toujours pas efficient ? Parce qu’il manque dans la tête de nos représentants politiques une véritable culture du 2RM, ou à tout le moins une prise en compte dépassionnée qui ne considérerait plus notre mode de transport favori comme une déviance à réprimer de gré ou de force. Pour ce qui est de la circulation entre les files dans les embouteillages et l’accès aux voies de bus, c’est pas gagné d’avance. Prudemment, Michèle Merli se prononce pas opposée à étudier la possibilité d’envisager des expérimentations… Expérimenter ce qui se pratique tous les jours depuis des années par des milliers d’usagers, c’est fort, non ? Et alors que plane la menace de transférer la Sécurité routière au Ministère de l’Intérieur, que les PV à la volée tombent comme les feuilles en ce mois de novembre et que les préfets ont reçu des consignes pour nous serrer la vis… le tout dans une campagne médiatique de diabolisation des 2RM telle qu’on en avait plus connue depuis l’époque de Giscard. En routière confirmée du débat politique, madame Merli ne nous donnera pas, dans le cadre de cette séance plénière, l’occasion de rebondir là-dessus et nous arrivons au dernier point de la séance : les chiffres de l’accidentalité des 2RM.

Point sur de l’accidentalité des 2RM, « tendances 2009 »

0nikolaz.jpg Exposée par Louis Fernique, secrétaire général de l’Observatoire Interministériel de la Sécurité routière (ONISR), la présentation montre qu’au cours des 38 dernières années, · le nombre de cyclos en circulation a été divisé par 5, avec un nombre de tués divisé par 8 · le nombre de VL (les autos) a été multiplié par 2,6 avec un nombre de tués divisés par 3,6 · le nombre de motos a été multiplié par 6,4 avec un nombre de tués multiplié par 2,6, soit un risque d’être tué divisé par 2,5

Parmi les conducteurs impliqués dans des accidents corporels, sont présumés responsables :

· 38% des motocyclistes · 44% des conducteurs de VL · 48% des cyclomotoristes

La part des accidents mortels « seul sur la route » est de :

· 29% pour les motos · 31% pour les cyclos · 33% pour les VL

En 2009, sur les 10 premiers mois de l’année, le nombre de tués en moto a augmenté de 14,1 %

Le parc 2RM en circulation actuellement est estimé par l’ONISR à 1,2 millions d’unités pour les cyclos et à 1,4 millions pour les motos (soit 2,6 millions de 2RM), ce que conteste le représentant de la Chambre syndicale Nationale du Motocycle (CSNM) qui estime ce parc à 3,8 millions d’unités. Quoiqu’il en soit, Monsieur Fernique reconnaît que la connaissance, scientifiquement parlant, de l’univers 2RM reste mal connue : « on en sait davantage sur les manchots empereurs de la Terre Adélie que sur les motards », a t-il ajouté avec humour, notant même que beaucoup d’idées reçues non vérifiées sont souvent reprises dans les médias. Quel changement de discours !

Bilan d’étape

Nous voilà arrivés au terme de la première étape de la concertation sur la sécurité routière des 2RM engagée en juin par la DSCR. Quel bilan pouvons-nous en tirer ? Que la FFMC y a pris toute sa place, s’imposant comme une véritable spécialiste pour tout ce qui concerne le 2RM, ses usages et ses usagers. Madame Merli, patronne de la DSCR a soufflé le chaud et le froid à plusieurs reprises au gré de ses déclarations et lors des séances plénières… néanmoins, les pilotes des groupes de travail n’ont jamais bridé les débats lors de la quinzaine de rencontres qui ont mobilisés de 15 à 30 personnes à chaque fois. Les questions les plus épineuses (partage de l’espace public et réglementation) n’ont pas réellement débouché sur des avancées conformes aux revendications des associations de motards, lesquelles ont quand même opposé une farouche résistance aux mesures les plus coercitives inscrites au programme du Rapport Guyot. Les groupes de travail où l’impression de faire avancer les choses (formation et véhicule) a été la plus forte, sont en fait ceux où il a été demandé aux participants d’entériner des mesures déjà « dans le tuyau », à l’exemple de la future directive européenne sur les permis de conduite des 2RM. Les recommandations des participants pour renforcer l’éducation routière à l’école se sont traduit par « l’Education Nationale souhaite se recentrer sur ses missions premières », ce qui veut dire que la sensibilisation des jeunes à la Sécurité routière sera davantage laissée aux bons soins des associations. Certes, nos avis ont été pris en compte, nos remarques ont été relevées… mais essentiellement sur des postures de principe et quelques aménagements « cosmétiques ». Concernant l’amélioration des infrastructures routières et la prise en compte des 2RM dans les collectivités territoriales, on est toujours dans le vague : nous avons entendu beaucoup de « yaka-faut-qu’on » alors que les élus locaux redoutent un séisme institutionnel majeur avec la suppression de la taxe professionnelle qui pourrait bien faire exploser un système déjà mis à mal par la décentralisation. Quant à la question des moyens financiers qui seront consacrés à l’amélioration des conditions de circulation des 2RM… là, à part pour les radars, c’est toujours mystère et boule de gomme.

infraction.jpg En attendant, la pression réglementaire sur les conducteurs démontre un durcissement du discours où le citoyen est toujours considéré comme un gamin qui ne comprend que les coups de règles… …et comme les comportements débiles de quelques-uns sont mis en exergue pour désigner l’ensemble des usagers du 2RM comme des irresponsables, on a plus que jamais intérêt à mettre en pratique un partage de la route respectueux des autres si on ne veut pas donner au Pouvoir la matraque pour nous battre. Reste que la bagarre, depuis trente ans, la FFMC sait ce que c’est et c’est même pour ça qu’elle existe encore.

mercredi 25 novembre 2009

4è réunion du groupe de travail "Formation, noviciat" du 5 novembre 2009

Compte-rendu de la quatrième réunion de Groupe de Travail 2RM à la Direction de la sécurité et de la circulation routière (DSCR) consacré au thème Formation et noviciat qui s’est tenue le 5 novembre 2009 avec une trentaine de participants.

Le groupe est piloté par Jean-Pierre Fougère (adjoint au sous-directeur de l’Education routière à la DSCR).

0nobug-05-02.jpgAprès approbation du compte-rendu officiel de la précédente réunion, Jean-Pierre Fougère a indiquée que Michèle Merli, déléguée interministérielle à la Sécurité routière a reposé la question de l’âge d’accès à 14 ans pour la conduite d’un cyclomoteur (50 cm3, 45 km/h maxi). Rappelons nous que la 21è proposition énoncée parmi « les mesures prioritaires » dans le Rapport Guyot (base des discussions de la concertation) envisage « d’évaluer l’intérêt de rejoindre le standard européen sur l’âge d’accès à la conduite d’un 2RM à 16 ans ». Sur ce point, les réflexions du groupe de travail ont conclu au maintien de cet accès dès 14 ans (cf : http://blogs.motomag.com/concertation2RM/index.php?post/2eme-reunion-du-Groupe-de-travail-formation-noviciat). La question n’est donc pas tranchée et à ce sujet, Monsieur Fougère a demandé aux représentants du GEMA d’approfondir les données sur l’accidentologie de la tranche d’âge concernée.

La suite de la réunion a été consacrée à la présentation des propositions portant sur l’étude de nouveaux parcours d’examen présentée par l’AFDM, la FFM et l’ECF. A quelques variantes près, l’idée est de simplifier les épreuves de plateau, de supprimer les slaloms chronométrés et de mettre davantage l’accent sur les situations à risques et la circulation. Il s’agit d’élaborer les contenus d’examens qui seront en vigueur en 2012, dans le cadre de la 3ème directive européenne sur le permis de conduire. Pour la FFMC, ce qui est intéressant, c’est que ces travaux se déroulent avec la participation active de l’AFDM (Association pour la formation des motards, composante du mouvement FFMC). La 3è directive européenne prévoit de réintégrer les scooters à trois roues (les MP3) dans la catégorie des 2RM, tout en laissant aux états membres libres de leurs choix sur ce point. Voilà qui nous amène à la dernière partie de la rencontre : une présentation par Eric Marot de l’Assurance Mutuelle des Motards (AMDM), des différentes catégories d’engins à deux et trois roues, de leurs spécificités et de la législation actuellement en vigueur pour tous les genres homologués. Cette démonstration a mis en exergue la complexité des textes réglementaires, selon les véhicules, leurs puissances, leurs poids (à vide, en charge), leurs qualifications (tricycle, tricycle motorisé, trike…), leur accès aux différentes catégories du réseau routier, etc… action-droit-2-0ad9f.jpg A l’issue de quoi les échanges ont repris autour de la problématique des Piaggio MP3  : c’est en effet une questions récurrente dans tous débats portant sur la sécurité routière et les 2RM en général, preuve que l’ampleur du phénomène a pris tout le monde de cours. Les représentants de la Chambre syndicale nationale du motocycle (CSNM) ont d’ailleurs indiqué que le marché du MP3 avait redonné un peu d’oxygène a une profession impactée par la crise économique.

La prochaine rencontre prévue le 1er décembre se tiendra sur le site école de l’Automobile Club, à Vernon, dans l’Eure. Les participants travailleront sur la question des stages de post-formation pour les conducteurs.

Etaient présents : FFMC, AFDM, FFM, Club 14, Automobile Club, AMDM, MAAF, MACIF, MATMUT, GEMA, FFSA, UNIC et UNIDEC (Syndicat d’enseignants à la conduite), ECF, réseau CER, CSNM, FNCRM (Fédération nationale du commerce et de la réparation du cycle et motocycle, Certu (Centre d’études réseaux transports urbanisme), DSCR, Police Nationale (chargé du BSR + escadron motocycliste), Education nationale, Institut national de recherche sur les transports et leur sécurité (INRETS).

mardi 24 novembre 2009

4eme réunion du groupe "l'usager, les règles et l'équipement" : la vigilance mieux que le code !

Quatrième réunion du groupe « L’usager, les règles et l’équipement » de la Concertation sur le deux roues motorisés du 20 novembre

Réunion animée conjointement par Arnaud Demay (DSCR) et Benoit Hiron (CERTU)

La réunion s’ouvre par un retour sur la plénière : Dans le cadre de l’établissement du plan décennal 2011-2020 de la Commission Européenne, Michèle Merli a en effet souhaité que la France soit en mesure de faire un apport à la réflexion au plan européen sur le sujet des deux roues motorisés (2RM).

L’usager On en vient au premier point de l’ordre du jour, à savoir la présentation du Groupement des Entreprises Mutuelles d’Assurance (GEMA) sur la population des utilisateurs de 2RM, par Nathalie Irisson. Cette étude fait suite au constat du manque de données sur les 2RM

Image-8-2-6b2bf.jpgLes résultats de cette étude ayant déjà été largement commentés dans Moto-Magazine (publié dans le n° 261 d’octobre 2009), on ne reviendra pas dessus, sauf à rappeler qu’elle classe les utilisateurs en 5 catégories : le modéré, le stressé, le passionné, le transgressif et le serein. Bien sûr c’est forcément un peu réducteur comme classification, mais ça reflète la diversité des usages et des usagers. En tout cas, 94% des sondés considèrent la prévention des accidents comme un sujet «assez » ou « très » important, preuve que l’on n’a pas affaire qu’à des têtes brulées.

Cependant, il est souligné que 60% des utilisateurs considèrent la vigilance sur la route comme plus importante que le respect du code de la route. Chacun s’accorde à dire que ce n’est pas forcément incompatible, mais aussi que c’est un élément à prendre en compte lorsqu’il s’agit de s’adresser aux utilisateurs de 2RM pour leur délivrer un message de sécurité routière. Enfin, on reste perplexe sur les « transgressifs » qui sont paradoxalement ceux qui demandent davantage de sanctions.

La question sur le port d’équipement de protection montre que si 91% des utilisateurs portent systématiquement le casque, le chiffre tombe à 62% pour les gants voire 52% pour le blouson, preuve qu’il existe des marges de progression substantielle sur le sujet.

Pour plus de détails sur l’étude du GEMA : http://www.motomag.com/Sondage-Sofres-etes-vous-un-motard.html

http://gema.fr/media/pdf/BREV_199_Extraits.pdf

L’équipement Suit une présentation de la Chambre Syndicale Nationale du Motocycle (CNSM) sur la réception /homologation d'équipements moto autres que les casques.

0belleetbetes_1.jpgEt là, c’est un peu la jungle des normes et réglementations…! En effet, entre les normes de coques intégrées au vêtements (EN-1621-1) , les normes pour les gants (EN-13594) , les bottes (en13634) , les protections dorsales (1621-2) , de blouson (EN-13595), et les prescriptions d’emploi (directive 89-686) etc… il y a de quoi s’y perdre, D’autant que si les textes réglementaires ne les rendent pas obligatoires (sauf pour les ‘utilisateurs professionnels’), le simple fait pour un tel équipement de revendiquer une quelconque protection l’oblige à se conformer à des normes, dont certaines ne sont pas complètes et parfois ont été écrites par des rédacteurs qui n’avaient jamais pratiqué le 2RM. Exemple avec les gants (normes en 13594) qui doivent satisfaire au même test que les gants de bouchers (résistance au perçage de type « cote de maille », ou des vestes « homologuées » (norme EN13595 - rien à voir avec les simples vestes coquées existantes qui obéissent elles à la norme EN1621) qui tiennent plus de l’armure que de la veste. Pour compliquer la chose, au delà des normes des vêtements, existent également des directives d’emploi.

Du point de vue des accessoiristes et fabricants de vêtements moto, c’est dramatique, car la DGCCRF pourraient leur tomber dessus à compter de juillet 2010 sur la base de textes réglementaires incomplets ou en total décalage avec la réalité.

Après les protections « passives » passons aux protections actives : Des normes d’airbag « personnels » sont en train de voir le jour (norme EN-1621-4). Les discussions mettent en lumière les limites d’un système filaire qui ne fonctionnent qu’en cas d’éjection de la moto, alors que des dispositifs avec détection de choc et/ou perte de contrôle sont désormais au point : l’efficacité d’une protection « active » de type airbag exige un déclenchement ultra rapide.

Vous retrouverez ici la présentation du CSNM. A noter que les éléments qui y figurent ne sont que des propositions qui restent encore à discuter et valider.

Pour la FFMC, tout cela est intéressant, tant qu’on laisse le choix à l’utilisateur de sa protection. 0jean-cuir-methode-resistanc-7b92c.jpg Mais surtout : ces nouveaux dispositifs ne sont pas (encore) sur le marché, et c’est « ici et maintenant » que le motard aimerait pouvoir s’équiper correctement. Avant de parler d’airbag et de protection de haut niveau, on pourrait déjà progresser en encourageant le port de gants et de chaussures montantes (protégeant la malléole) ! De plus, pour l’utilisateur de 2RM des critères tels que le confort, l’ergonomie interviennent autant voire plus que la sécurité. Sans faire de flagornerie, on a l’impression qu’à ce stade, il vaut encore mieux des référer aux essais de Moto-Mag’ !

Car au final le niveau des exigences des normes professionnelles discutées ne permettent pas une utilisation généralisée (ex : gants cote de maille), ou freine son accessibilité (coût). Le représentant de la Mutuelle des Motards rappelle par ailleurs que ces équipements de protection individuelle ne pourront jamais atteindre le niveau de protection des automobiles.

Est donc discutée l’intérêt d'une norme à plusieurs niveaux (urbain, extra urbain par exemple).

La CSNM estime que les premiers airbags (gilet airbag) « normés » seront disponibles au printemps 2010 à un prix indicatif inférieur à 500 euros.

Alors comment avancer sur le port d'équipements ? Comment toucher la majorité des « motomobilistes » qui lisent peu la presse moto ? Il faut aider le consommateur à identifier les produits et les niveaux de protection et le laisser faire son choix, tout en encourageant par des mesures incitatives le port d’un équipement adapté.

En conclusion, Arnaud Demay propose de circuler un tableau des propositions que chacun annotera pour hiérarchiser les priorités de chacune des propositions étudiées par le groupe.

Prochaine rencontre prévue le 15/12.

Présents : DSCR, CERTU, CSNM, Assureurs, FFSA, GEMA, CLUB14, FFM, FFMC, CERTU, MMA, MACIF, Prévention Routière, ...

lundi 23 novembre 2009

C’est grave docteur ?

« Et bien écoutez, je suis assez embêté parce qu’effectivement, les symptômes sont déjà bien installés… mon diagnostic sera prudent… si des solutions radicales ne sont pas envisagées rapidement, je ne garantis rien quant à l’issue. Il n’existe pas de vaccin, vous le savez n’est-ce pas ? »

« Oui docteur mais que voulez vous que j’y fasse ? Je n’ai pas le choix. Je dois continuer. »

« Tout cela est bien étrange parce que normalement, ce syndrome est moindrement développé dans des organismes comme le vôtre… Il s’attaque de préférence à des sujets plus massifs… Ou alors, peut-être… Hum…»

« Oui ? Docteur ? Vous me faites peur là… »

« Je crains qu’on ne vous l’ai inoculé sciemment. Histoire de vous épuiser. De détourner votre attention de vos tâches habituelles. Oui, ça serait une explication… »

« Mais enfin, qu’est-ce que j’ai exactement ? Comme avant, je courre en tous sens, mais je m’essouffle terriblement. Je suis satisfait de mon travail et autour de moi on l’est aussi et pourtant, je sens que ça ne va pas. J’ai un million de choses importantes à faire et, je dois rester assise sur une chaise des heures durant… Que m’arrive-t-il, docteur ? ». 031.jpg

« Alors voilà, Madame FFMC, vous avez une réunionite. Et une forme sévère particulièrement virulente, appelée réunionite administrative. Il n’y a pas de traitement. La seule solution, c’est de s’accrocher et de faire reculer la maladie. Je vous conseille d’en parler rapidement avec vos proches. Eux seuls sont en mesure de vous dire exactement ce qui est le mieux pour vous. Je vous souhaite bon courage, les 6 prochains mois risquent d’être difficiles ».

France

lundi 16 novembre 2009

Compte-rendu de la 6ème réunion du groupe de travail "infrastructures" du 4 novembre 2009

Compte-rendu de la sixième réunion de Groupe de Travail 2RM à la Direction de la sécurité et de la circulation routière (DSCR) consacré au thème Infrastructures et partage de l’espace public qui s’est tenue le mercredi 4 novembre 2009 en rassemblant 18 personnes.

Le groupe est piloté par Odile Seguin (chef du bureau sécurité de la route et de la circulation à la DSCR).

Après approbation du compte-rendu de la dernière réunion, cette sixième rencontre a commencé par une reprise des discussion sur l’accès des 2RM aux couloirs de bus. Cette fois, un cadre de la mairie de Paris (Monsieur Prochasson) chargé de la voirie et des déplacements est venu dire que la ville de Paris n’y était pas favorable. Il était épaulé par un cadre de la RATP (Régie autonome des transports parisiens), ancien chauffeur de bus se déclarant également usager 2RM. 0dyn002_original_600_419_pjpeg_2589737_b4de46f9241f0a151db8c82a3d51494c.jpg La FFMC a dû réexpliquer en quoi l’accès aux voies de bus favoriserait la sécurité de nos déplacements, mettant en avant le fait que la généralisation des couloirs en site propre avait généré plus de circulation des 2RM dans les voies « normales », entrainé une infrastructure routière dangereuse (séparateurs bétonnés au sol) et que de plus, couper un couloir bus pour tourner à droite revient, pour le 2RM, à effectuer une manœuvre à haut-risque (risque d’être percuté par l’arrière par un VL dans sa propre voie de circulation + risque d’être percuté en traversant le couloir par un taxi ou un bus (lequel est un PL, donc grosse distance d’arrêt). La FFMC a pour le moins plaidé en faveur d’un accès aux couloirs bus en amont des intersections, de façon à s’y placer préventivement avant d’effectuer la manœuvre de « tourne-à-droite ». Monsieur Prochasson ne s’est pas montré contre l’éventualité d’une expérimentation (notez bien les réserves et le conditionnel que cela implique !). En revanche, le représentant de la RATP s’y est déclaré carrément opposé au motif que la vitesse commerciale des bus est un enjeux très fort, une priorité incontournable pour garantir des temps de trajets fiables aux usagers des transports en commun (TC), notamment en raison de la fréquence élevée des carrefours… et surtout, il a évoqué « les hordes de scooters » qui déboîtent les bus redémarrant aux arrêts, il a fustigé les 2RM qui remontent les couloirs bus à contre sens jusqu’au dernier moment avant de se rabattre… bref, selon lui, 2RM et autobus ne peuvent absolument pas coexister. La FFMC a tempéré, argumentant que tant que l’on n’a pas vraiment essayé, on ne peut pas savoir et que sous réserve de faire passer un message de prudence et de citoyenneté en direction des scootards et des motards, nous étions capables d’adopter des comportements adaptés et respectueux des autres usagers… « ça ne marchera jamais », a aussitôt glapit une représentante des usagers des TC, « les motards roulent toujours trop vite, ils ne respectent pas les règles ». Le représentant de la FFMC lui a alors rappelé que les Motards en colère ne s’investissent pas depuis six mois dans cette concertation pour entendre, encore et toujours, ce genre d’à-priori et ces procès d’intention.

Dans une tentative d’apaisement des débats, la pilote du groupe a proposé de reprendre l’examen de la grille des propositions retenues par l’ensemble des participants du groupe. Ce faisant, pro-motards et anti-motards se sont à nouveau opposés sur la question de la circulation inter-files dans les embouteillages. Pour les premiers, c’est une question de bon sens et de sécurité (dégagement en cas de problème, meilleure visibilité pour le placement du regard pour le motard), pour les seconds, "les motards n'ont qu'à respecter les règles" (entendez par là "à la queue comme tout le monde !").

Voilà un des problèmes fonctionnels de cette concertation : à chaque fois, la venue de nouveaux participants aux groupes de travail entraine la reprise des oppositions de base et nous n’avançons pas beaucoup. 0BBFFMC1981102006.jpg Concernant la prise en compte des 2RM des infrastructures, là encore, le représentant de la FFMC a dû revenir sur la méconnaissance et la non-application dans les collectivités territoriales des préconisations du CERTU (Centre d’études réseaux transports urbanisme) et du SETRA (Service d’études technique des routes et autoroutes). Pour soutenir ses arguments, il a distribué des photocopies des articles « casques d’ânes » publiés chaque mois dans Moto-Magazine pour dénoncer des infrastructures dangereuses pour les 2RM, en dépit de la collaboration fructueuse entre la FFMC et les fonctionnaires du CERTU. La représentante du syndicat des fabricants des équipements routiers a exprimé son vif intérêt sur ces questions, expliquant que si les équipementiers pouvaient y prendre part, cela leur permettrait d’élaborer pour l’avenir des matériels plus adaptés aux spécificités des 2RM. Voilà donc un point positif à ces échanges qui confirme que notre participation, en croisant les points de vue et en faisant valoir nos idées et notre expertise permet de semer aujourd’hui les fruits que les motards récolteront demain.

Oui, c’est long, ça prend du temps, il faut parfois lâcher un peu de lest pour mieux avancer, mais les seuls combats perdus d’avance sont ceux qui ne sont jamais engagés.

Etaient présents : FFMC, FFM, GEMA, Club 14, FNCRM (Fédération nationale du commerce et de la réparation du cycle et motocycle, CERTU, CETE (Centre d’études techniques de l’Equipement) de Lyon, SETRA, SER (syndicat des équipements de la route), Préfecture de police (Paris), La Prévention Routière, UTP (transports publics), GART (Groupement des autorités responsables des transports), Mairie de Paris, DSCR.

vendredi 30 octobre 2009

Compte-rendu de la 4eme réunion du Groupe "Causes et connaissances de l'accident

Compte-rendu de la quatrième réunion de Groupe de Travail 2RM à la Direction de la sécurité et de la circulation routière (DSCR) consacré au thème « Mieux connaître les causes et connaissances des accidents » qui s’est tenue le jeudi 22 octobre 2009, rassemblant 18 personnes.

Le groupe est piloté par Louis Fernique (secrétaire général de l'Observatoire national interministériel de la sécurité routière, ONISR).

Celebrity-Image-Albert-Einstein--Pop-Art--331465.jpgLa rencontre commence par un exposé de David Doucet (CETE Normandie-Centre) sur l’état du comptage des motos dans la circulation. Précision importante : les dispositifs de comptage sont conçus pour détecter les véhicules, mais pas spécifiquement les 2RM. Présentée sous forme de diaporama commenté par monsieur Doucet, l’étude du CETE Normandie-Centre démontre l’inadaptation des systèmes de comptage existant pour détecter les 2RM. Le système le plus utilisé s’appelle la « boucle SIREDO » : c’est un capteur électro-magnétique installé dans le revêtement des chaussées. Ca fonctionne parfaitement pour les véhicules à quatre-roues et les camions, mais pas pour nous. Pourquoi ? Parce qu’en agglomération, là où se concentrent le plus grand nombre de 2RM, ceux-ci circulent principalement en décalé par rapport aux files de circulation. Ils ne génèrent donc pas de signal en passant sur les « boucles SIREDO ». D’autres systèmes sont utilisés, comme la vidéo infra-rouge : cette fois, les caméras « pointent » les 2RM, mais l’inconvénient, c’est qu’elles pointent aussi leurs ombres, ce qui fausse à nouveau les données recueillies. Caramba, encore raté ! Reste le comptage manuel, mais le technicien du CETE confirme que là aussi, les infos sont trop aléatoires pour être traitées. Bref, en France, le comptage des 2RM en circulation dans le trafic, ça ne fonctionne pas. Existe t-il des appareils adaptés au comptage des 2RM ? C’est techniquement faisable, confirme David Doucet, mais cette technologie est actuellement inexistante car l’absence de marché constitue un frein économique à leur développement. Des recherches sont en cours pour y pallier, mais… c’est pour demain.

« Cela confirme que les données actuelles, en matière de comptage des 2RM en circulation sont vides de sens », observe Denis Berger, doctorant en sociologie, adhérent de la FFMC et auteur de nombreux articles critiques sur les statistiques officielles de la DSCR. Denis a d’ailleurs démontré dans ses travaux (http://sociomotards.net/) que les chiffres officiels étaient sujets à caution.

Chers lecteurs de ce blog, vous pensez que cette affaire de statistiques n’est pas très importante par rapport au sujet « Mieux connaître les causes et les conséquences des accidents » ? Détrompez vous, c’est une question fondamentale car c’est sur la base de ces chiffres que les Pouvoirs publics argumentent et « communiquent » leur politique de Sécurité routière, laquelle consiste principalement (vous l’aurez remarqué) à culpabiliser les conducteurs pour justifier toujours davantage de réglementation, essentiellement sur le mode coercitif.

Selon le rapport Guyot (pages 24-25) qui reprend des chiffres connus en 2006, basés sur les immatriculations des motos (125 cm3 et + de 125 cm3) fournis par la Chambre Syndicale Nationale du Motocycle (CSNM), la France compte 1,248 millions de motos immatriculées auxquels s’ajoutent 1,262 millions de cyclos (dont l’immatriculation n’est obligatoire que depuis 2004), soit un total théorique de 2,510 millions de 2RM… immatriculés, ce qui n’est pas la même chose que « en circulation », et ce d’autant plus que le décompte du Rapport Guyot ne concerne que la période 1996-2006.

Pourquoi insister là-dessus ? Parce que la DSCR répète en préambule de toute sa communication sur la sinistralité des 2RM que ceux-ci correspondent à 20% des tués de la circulation alors qu’ils ne représentent que 1 à 2 % (chiffres variables selon les communiqués officiels !) du trafic. Quel trafic ? Personne n’est actuellement en mesure d’en fournir les chiffres exacts ! Rien que les données du Groupement des entreprises mutuelles d’assurance (GEMA) qui regroupe 60% des contrats d’assurance des 2RM en circulation correspondent déjà à 1,3 millions d’unités, soit plus de la totalité des immatriculations des seules motos (125 cm3 et plus) des chiffres « officiels ».

Quant aux distances parcourues, là… mystère et boule de gomme ! Jusqu’en 2001, l’institut de sondage SOFRES effectuait tous les deux ans une enquête sur le kilométrage annuel des motocyclistes par cylindrée, mais ces enquêtes n’ont pas été renouvelées.

C’est ce qu’argumente le représentant de la FFMC, vraiment pas câlin avec le secrétaire général de l’ONISR. Mais bon, Louis Fernique vient tout juste d’être nommé à ce poste, alors encourageons-le plutôt pour faire progresser la connaissance de l’univers 2RM que les Pouvoirs publics connaissent si peu… et si mal.

Heureusement, ce besoin de connaissance (un des points principaux relevé à l’unanimité des participants à cette concertation sur les 2RM) progresse tout de même un peu. A ce titre, un ingénieur du CERTU est venu présenter, lors de la rencontre du groupe de travail, un premier résultat d’enquête (voir lien si dispo) mené par un des responsables du groupe 2RM du CERTU. Toujours en cours à ce jour, cette étude réalisée selon le modèle « enquête-ménage-déplacements » démontre scientifiquement (analyse des données recueillies) quelques évidences que les motards connaissent bien, à savoir :
· Les 2RM sont de plus en plus présents en ville
· Ils entraînent des dysfonctionnements dans le partage de l’espace
· Ils représentent un enjeu fort de sécurité routière
· Ils sont mal pris en compte

En outre, l’étude reconnaît ne pas connaître le nombre de km parcourus, le profil et la répartition des usagers, ni les usages ni leurs évolutions, autant de données nécessaires pour pouvoir :
· Etudier l’exposition aux risques
· Cibler les messages de prévention
· Mieux prendre en compte les 2RM en milieu urbain
· Adapter les politiques de transports0papy.jpg Cette enquête démontre aussi que les usagers 2RM sont les plus « mobiles » (5,8 déplacements/jour contre 3,9 dans l’ensemble de la population), que ce sont les usagers les plus « multimodaux », que l’âge moyen du motard augmente, que c’est souvent un cadre et que les utilisateurs de cyclos sont essentiellement des élèves (42 %) et qu’ils représentent la catégorie la moins sensibilisée à la sécurité routière.

En fin de réunion (il n’y en aura pas d’autre d’ici la prochaine réunion plénière), le groupe de travail est revenu sur l’étude des propositions à présenter, lesquelles restent à finaliser et à valider par les membres du groupe qui restent en contact par courrier électronique.

Étaient présents : FFMC, AMDM, SMA, Club14, Prévention Routière, Assurances Crédit Mutuel, GEMA, FFSA (Fédération française des sociétés d’assurances), FNCRM (Fédération nationale du commerce et de la réparation du cycle et motocycle), ACEM (Association des constructeurs européens de motocycles), Certu (Centre d’études réseaux transports urbanisme) CETE (Centre d’études techniques de l'équipement), INRETS, DSCR, Préfecture de Police de Paris.

mercredi 28 octobre 2009

5è réunion du GT "infrastructures"

Compte-rendu de la cinquième réunion de Groupe de Travail 2RM à la Direction de la sécurité et de la circulation routière (DSCR) consacré au thème Infrastructures et partage de l’espace public qui s’est tenue le mercredi 21 octobre 2009 en rassemblant 20 personnes.

Le groupe est piloté par Odile Seguin (chef du bureau sécurité de la route et de la circulation à la DSCR).

motos.jpg Après quatre réunions consacrées aux infrastructures routières, cette cinquième rencontre débute par l’exposé d’un fonctionnaire qui témoigne de la prise en compte des 2RM sur le réseau national « non concédé » (les routes nationales dont la gestion n’a pas été transférée aux conseils généraux), dans le cadre des audits réalisés au titre du Contrôle Sécurité des Projets Routiers (CSPR). Ces audits sont réalisés par deux auditeurs travaillant en binôme, indépendamment des aménageurs. Ils interviennent en une journée et analysent l’infrastructure selon une grille d’évaluation. En substance, il nous est expliqué que ces fameuses grilles sont en cours de « remise à jour » pour intégrer les 2RM, « mais la matière n’est pas disponible » argumente le technicien. « Et les études et recommandations du CERTU, alors, elles servent à quoi ? » demande le représentant de la FFMC. De son côté, Eric Krajka, ex-Monsieur Moto 93, ex-agent de la DDE et actuellement en charge des questions d’équipement routier au CG 93 fait finement remarquer que des audits réalisés en une seule journée par deux fonctionnaires circulant en voiture, c’est un peu léger pour juger de la dangerosité d’une route pour les 2RM, surtout si l’expertise est réalisée un jour de beau temps sur chaussée sèche. Elisabeth Barincou (Association des départements de France) regrette que ces expertises n’existent pas sur le réseau départemental, celui-ci s’étant d’ailleurs considérablement accru depuis la concession aux CG du réseau national, lequel avec 15 000 km ne représente plus qu’un « pouillème » du problème. Elle témoigne également de l’absence de culture 2RM chez les fonctionnaires chargés des voiries dans les collectivité territoriales. « Pour faire la différence, souligne t-elle, il faut qu’un élu soit lui-même motard et convaincu de l’importance de ces questions. D’une manière générale, l’usager vulnérable, pour un élu non sensibilisé aux 2RM, c’est les enfants, les piétons, les gens âgés, les personnes à mobilité réduite… mais jamais les motards ». Elle ajoute que si la prise en compte des 2RM est une donnée dont on commence à parler dans les programmes de formation, la décentralisation (concession du domaine de l’Etat vers les CG) a déjà accru la charge des problèmes à traiter et la suppression annoncée de la taxe professionnelle (qui bénéficie aux collectivités locales) ne va pas arranger les choses.

Aménageurs de voirie et élus locaux peu informés

Évoquant la rubrique « Casque d’âne » de Moto-Magazine et les signalements « points noirs » des adhérents de la FFMC, le représentant des « Motards en colère » est d’accord avec ce constat, ayant déjà eu le loisir de se rendre compte à quel point les municipalités peuvent se montrer ignorantes du problème. Pourtant, le SETRA a produit à leur attention un guide édité en 2000, guide baptisé « prise en compte des motocyclistes dans l’aménagement et la gestion des infrastructures ». Mis au point par les services de l’Etat, les Messieurs Moto, l’Association des Ingénieurs des Villes de France, des Services Techniques départementaux et les Sociétés françaises d’autoroute, ce précieux ouvrage n’a été vendu aux collectivités locales qu’à… 307 exemplaires depuis 2004 ! (chiffre délivré durant la réunion par un ingénieur du Certu). Et dire que la France compte 36 000 communes. Autrement dit, des fonctionnaires tout-à-fait compétents travaillent sur la question, l’Etat y consacre quand même un peu de moyens, mais au final, l’information n’arrive qu’à grand peine aux intéressés faute d’une diffusion bien menée… Navrant, d’autant plus que ces précieuses infos circulent moins vite que les annonces des drames routiers qui servent systématiquement aux pouvoirs publics à dénoncer les usagers du 2RM comme les moutons noirs de la sécurité routière. Serait-il possible de diffuser les recommandations des ingénieurs du CERTU et du SETRA, notamment en permettant leur libre téléchargement sur Internet ? La question est posée à Odile Seguin, pilote du groupe de travail, qui reconnaît le manque de connaissance des études techniques.images.jpg

De son côté, un représentant du CERTU a souligné l’ignorance des 2RM dans les Plans Départementaux d’Urbanisme (PDU), affirmation tempérée par la responsable des questions de Sécurité routière à la Mairie de Paris qui précise que le PDU d’IdF 2020 prévoit la mise en place d’un groupe de travail 2RM. Le représentant de La Prévention Routière déplore à son tour que les architectes urbains ne se posent pas toujours la question de l’intégration des 2RM dans leurs projets, mais madame Barincou précise que les élus ne se rendent pas toujours compte des détails sur les maquettes qui leur sont présentées. C’est pourquoi elle propose, pour changer le regard des édiles, de recenser les élus motards, de renforcer la formation de tous les intervenants locaux et de multiplier les forums départementaux de Sécurité routière. Manuel Marsetti, représentant la Mutuelle des Motards plaide pour une prise en compte obligatoire des 2RM dans les projets d’infrastructure, ce que demande également la FFMC depuis longtemps… A ce titre, il a exposé, conformément à l’ordre du jour, une présentation sur les distinctions des différentes catégories d’usagers, présentation qui renforce encore le sujet traité quant à la méconnaissance de l’univers 2RM en général chez les instances officielles. Mais c’est sûr que tout cela est un travail à long terme, beaucoup moins visible et spectaculaire que les mesures à court terme réclamées, et notamment de renforcement des verbalisations, par Madame Merli, patronne de la DSCR, au nom de son incontournable « respect des règles ».

Un argument toujours martelé à l’encontre des motards, mais qui semble tout à fait secondaire quand ce sont les élus qui font n’importe quoi dans leurs communes en dépit des normes que la réglementation leur impose.

Le groupe est d’accord pour se revoir une sixième fois le 4 novembre avant la prochaine réunion plénière de cette concertation organisée par la DSCR afin de lister des propositions à transmettre à Madame Merli. Se montrant agacé par le déroulement de ces réunions à répétition, le représentant de la FFM s’est exprimé pour que les membres du groupe se déplacent sur le terrain pour constater de visu l’état déplorable et accidentogène de certains tronçons routiers, citant en exemple la RN 6 au sud-est de Paris. Sa demande n’a pas reçu de réponse concrète.

NB : en début de réunion, le représentant de la FFMC a fait circuler une note écrite en faveur de l’ouverture des voies de bus aux 2RM. La diffusion de ce document est une réponse à la lettre adressée à Michèle Merli par le Groupement des autorités responsables des transports (Gart) opposés à cette ouverture au motif que cela entraverait la régularité horaire des bus, sans oublier les éternels prétextes anxiogènes tels que la vitesse excessive des motos, le bruit et la pollution.

Etaient présents : FFMC, FFM, AMDM, GEMA, Club 14, FNCRM (Fédération nationale du commerce et de la réparation du cycle et motocycle, Certu (Centre d’études réseaux transports urbanisme) CETE (Centre d’études techniques de l’Equipement) de Lyon, SETRA (Service d’études technique des routes et autoroutes), Préfecture de police (Paris), La Prévention Routière, UTP (transports publics), GART (Groupement des autorités responsables des transports), ADF (Association des départements de France), CG 93, DSCR.

mardi 20 octobre 2009

3eme réunion du groupe "L'usager, les règles et l'équipement

Compte-rendu de la première réunion de Groupe de Travail 2RM à la Direction de la sécurité et de la circulation routière (DSCR) consacrée au thème « l’usager, les règles et l’équipement » qui s’est tenue le 9 octobre 2009, rassemblant 25 participants.

Il était convenu par la DSCR de consacrer la matinée à faire un point d’infos complémentaires sur le casque, puis de parler du débridage (en présence de Bernard Gauvin, pilote du Groupe « véhicules ») et du bridage à 100 ch. L’après midi devait être consacrée à valider le compte-rendu de la précédente réunion du groupe de travail avant de poursuivre la discussion sur les sous-thèmes « usagers et équipements ».

En fait, avec la multiplication des réunions et les thèmes croisés, l’ordre du jour s’est trouvé quelque peu chamboulé. Arnaud Demay, pilote du groupe de travail annonce dès l’ouverture que le sujet sur le casque sera traité le matin et l’après-midi sera consacré à un rapport sur le comportement des conducteurs de 2RM par Eric Thiollier, délégué général de la FFMC… Problème : Eric Thiollier n’est pas présent puisque non prévu initialement et d’autre part, Catherine Herviou, juriste à la FFMC et spécialiste des questions légales des véhicules a un peu l’impression d’être venue pour rien.

0motardchevalierjpg.gifBref, la rencontre commence, essentiellement consacrée à une présentation des tests d’homologation des casques présentée par un ingénieur en recherches et développement de la société Shark (fabricant de casques). Fort instructif en soi, l’exposé fut rehaussé de précisions techniques toutes aussi intéressantes de la part de M. Castaing du laboratoire d’homologation de l’UTAC qui certifie les équipements de sécurité… Mais bon, sur le fond, l’ensemble des participants a un peu eu l’impression de ne pas beaucoup avancer depuis la précédente réunion. A nouveau, la carence d’information en direction de l’usager a été rappelée, nous avons également causé du problème des autocollants rétro-réfléchissants qui sont obligatoires sur les casques vendus en France mais rarement posés par les vendeurs dans les points de vente…

Au risque de se répéter, la FFMC insiste finalement sur le fait que le plus important à propos du casque, c’est qu’il soit bien porté, d’où l’intérêt d’une bonne formation initiale, particulièrement à l’égard des ados tout justes « équipés » d’un BSR et des « moto-mobilistes » circulant en scoot 125 cm (par l’équivalence permis B).

Les débats de l’après-midi tenaient plus de la discussion où chacun y allait de sa vision idéale et forcément subjective la sécurité routière des 2RM que de la tenue d’un groupe de travail… Nous avons reparlé de la nécessité du port d’un équipement protecteur « à minima », avec d’un côté les institutionnels et les « non-motards » favorables à une réglementation ferme et obligatoire face aux « pro-moto » plutôt axés sur la recommandation, l’incitation et le « bon sens ».

Espérons que la prochaine réunion sera plus structurée…

Organisations présentes : FFMC, SMA, Casques d’Argent (Moto-club des Pompiers de Paris),Club 14, Prévention routière, AMDM, Prévention MAIF (Gema), FFSA (Fédération française des Sté d’assurances), Generalli assurances, Crédit Mutuel, MACIF, FNCRM (Fédération nationale du commerce et de la réparation du cycle et motocycle), CSNM (Ch. Syndic. Nat du Motocycle), UTAC, Cete (Lyon), la préfecture de police de Paris, CERTU, DSCR.

mercredi 14 octobre 2009

3eme réunion du Groupe "véhicule"

Décidément Mr Gauvain, Conseiller Technique auprès de la déléguée inter ministérielle, connaît son boulot. Alors que d’autres groupes discutaillent et tergiversent, il a clos cette troisième et dernière réunion du groupe « véhicule », par l’examen des dernières propositions et est donc le premier à rendre sa copie.

Une liste des (nombreux) acronymes et abréviations utilisés est disponible en fin de compte rendu.

Theirry_Mugler_Motorbike_20080509.jpgTransformations notables : La réunion s’est ouverte par un exposé assez technique par un représentant de l’UTAC sur les modifications autorisées (ou pas) sur une moto. (note de l'UTAC )

Cet exposé fait suite à la demande de la FFMC de préciser la notion transformations « notables »

La FFMC, relayée par d’autres associations ou professionnels pose de manière insistante le dilemme qui se pose au motard concernant l’utilisation de rétros ou clignos dits ‘adaptables’ (passible de 6 mois de prison et 7500€ d’amende en cas de revente de ce véhicule ainsi modifié). En effet même si le cligno est homologué, la monte d’un cligno ou rétro adaptable peut modifier les caractéristiques du véhicule et le rendre non conforme.

La lecture du document distribué par l’UTAC « point sur les dispositions applicables lors de la transformation d’un véhicule à moteur entrant dans le champ de la directive 2002/24/CE » (= les 2 et 3 roues à moteur en français) est assez inquiétant car il montre que grosso modo, sauf pour changer la couleur, a peu près toute modification est interdite ! (Article 321-16 du code de la route)

Suite à des questions plus précises de Charles Krajka, les réponses se font évasives.

Les revendeurs (CNPA branche deux roues) relaient alors la demande de la FFMC de clarifier la réglementation car, pour des questions de coût, on peut être amené à remplacer un rétro par une pièce de seconde monte ! La FNCRM demande qu'il existe un marquage , une fiche permettant de sécuriser professionnels comme consommateurs sur l'installation de dispositifs adaptables. La réponse donnée est que ces dispositions n’existent dans les règlements d’homologation que pour le pot d'échappement.

Mr Gauvain botte en touche en proposant que chacun résume les problèmes posés par ces modifications des caractéristiques des véhicules.

La FFMC rappelle qu’elle reçoit régulièrement des appels de motards verbalisés pour des modifications jugées illégales. La FFM pointe une contradiction entre les normes d'homologation et les règles du code de la route (exemple des sculptures de pneus).

Mr Gauvain souligne que ces questions sont importantes du point de vue du consommateur, mais ne sont pas déterminantes pour l’amélioration de la sécurité , qui reste l’objectif de cette concertation. La FFMC répond que ces règles restrictives ont quand même bien été justifiées, même à tort, par un souci de sécurité routière, et qu’être passible de 6 mois de prison et 7500 euros (2 ans et 30 000€ pour un professionnel) pour avoir revendu un deux roues à moteur dont on aurait changé la bulle ou les clignos décrédibilise totalement l’action des pouvoirs publics dans le domaine de la sécurité routière des 2RM. Elle note également que ces sanctions sont discriminatoires puisqu’elles visent les seuls deux roues motorisés.

Mr Gauvain propose alors une réunion spécifique à ce sujet des transformations en dehors du cadre de la concertation 2RM, fin novembre. La FFMC demande à ce que cette réunion puisse être élargie à d’autres clubs ou associations plus précisément intéressées au sujet.

Coté constructeurs : Présentation de Thierry Archambault, président délégué de la CSIAM (Chambre syndicale internationale de l'automobile et du motocycle) représentant les constructeurs sur les plaques à l’avant, l’ABS, et les régulateurs de vitesse.

Les plaques à l’avant

DSC04954.JPGD’emblée la CSIAM conteste le rapport Guyot qui estime que cette mesure permettrait de sauver 300 vies et serait peu coûteuse (20€ la plaque) et analyse la mesure suivant les critères retenus lors de la première réunion : Faisabilité technique : une plaque à l’avant peut entrainer des louvoiements, augmente le poids additionnel sur la masse non suspendue, perturbe l'aérodynamisme, et nécessiterait de revoir l’avant du véhicule, le faisceau électrique (la plaque devant être éclairée), etc... Ce n’est donc pas qu’une question de 20€…

Faisabilité Administrative : Une telle mesure nécessiterait la modification de la réglementation européenne et consisterait en l’ajout d'une partie saillante, ce qui est justement interdit. Sur l’aspect environnemental, une plaque à l’avant augmente la traînée, donc la consommation de carburant et la pollution.

Pour la FFM, ce serait un retour de 50 ans en arrière. La FFMC indique qu’aux Etats Unis, qui ne sont pas connus pour leur laxisme en matière de sécurité routière, les voitures n’ont pas de plaques à l’avant.

En conclusion : le groupe approuve la présentation de Mr Archambault et rejette l’intérêt de cette mesure.

Concernant l’ABS, les constructeurs pointent tout l’intérêt des dispositifs d’aide au freinage. L’ACEM s’est d’ailleurs engagée à développer l’offre disponible sur le marché, en portant à 75% la proportion de modèles bénéficiant de système de freinage avancé d’ici 2015. Le rapport Guyot pointe que 20% des situations d’accidents pourraient bénéficier d'un ABS. Mais la logique de l'ACEM est de choisir le type de freinage (couplage, répartiteur, abs, etc...) en fonction du type de machine (problème de coût). La réglementation actuelle n’autorise que l’ABS en 1ère monte en option. Les assureurs présents insistent sur la nécessite d'une formation à l'utilisation de l'ABS. Des effets pervers peuvent en effet apparaître si certains conducteurs sont tentés de retarder leur freinage ou de diminuer leur marge de sécurité en raison de la présence d’un ABS. La CSIAM indique que le même phénomène avait été constaté lorsque l’ABS a équipé les automobiles. Il s’est toutefois aplani avec le temps.

Conclusion : l’ABS est à encourager, la France est favorable à une obligation à terme de l'ABS tout en tenant compte des spécificités des 2RM. L’ACEM demande à conserver un maximum de flexibilité en raison de la grande variété d'usages et de véhicules. Un ABS sur un cyclomoteur grèverait le coût de manière considérable, alors qu’il existe d’autres amélioration possibles des caractéristique de freinage.

Régulateur - Limiteur de vitesse

vitesse-moto_fs53.jpgLes constructeurs étaient invités à étudier la proposition de la FFM de généraliser le régulateur / limiteur de vitesse.

Thierry Archambault présente la gamme des dispositifs possibles : 1) un indicateur de survitesse – techniquement réalisable, mais à l’intérêt limité

2) un limiteur : agit sur l’alimentation en essence pour contraindre le véhicule à ne pas dépasser la vitesse autorisée : peut s’avérer dangereux en moto, si le système décide de ralentir la moto en pleine courbe.

3) régulateur : stabilise la machine à une vitesse donnée – intéressant sur trajet autoroutier mais contribution à la sécurité probablement marginale.

Pour Mr Gauvin, il est exclu d'en faire une réglementation, on est ici au niveau de l'offre commerciale.

Enfin il revient sur la réunion précédente : Sur le débridage cyclos, et après avoir étudié le dossier de l'ACEM (présenté lors de la précédente réunion), il est favorable au bridage électronique qui permet au cyclo de fonctionner normalement de 0 à 45km/h , et ainsi de réduire une partie de la nuisance liée au bridage. L'augmentation de la vitesse maximale n'est pas à l'ordre du jour (normalisé au niveau européen, remettrait en cause tout un ensemble de dispositions comme par exemple celles sur le permis, les âges d'accès, etc... ).

Sur le contrôle technique (CT) : Rappelle que le sujet n’est pas à priori à l’ordre du jour, sauf changement de premier ministre puisque Fillon s’était prononcé contre lors de la dernière réunion du CISR (Comité Interministériel de la Sécurité Routière)

Néanmoins il invite les participants, dans l’ensemble opposés à un contrôle technique à l’exception de la prévention routière, à étudier la mesure.

Le CNPA rappelle son « DEFI cyclomoteur » visant à associer les assureurs à la lute contre le débridage des cyclos.

La FFMC rappelle son opposition à cette mesure, couteuse inutile, injustifiée (voir notamment son site dédié à ce sujet).

La CSIAM indique qu’en raison des spécificités des véhicules deux roues, et de la dimension du marché, il n’est pas possible de « copier coller » un contrôle technique moto à partir du système auto. Il propose de s'appuyer sur le réseau de concessionnaires de marque. Cela pose toutefois le problème de l’impartialité du contrôle. Pour éviter des conflits d’intérêts contrôleur technique/réparateur, le législateur a justement séparé les fonctions. Il n’est apparemment pas question de revenir là-dessus.

Gauvain invite les professionnels et les usagers à proposer une alternative au CT. La FNCRM, note sur des opérations de CT volontaires une forte proportion de véhicules qui n'étaient pas conformes (plaquettes usées, pneus, ... ) La FFM propose un carnet d'entretien obligatoire complété par les concessionnaires que les conducteurs devraient présenter aux forces de l’ordre en cas de contrôle. FNCRM : propose d’associer les centres de formation des techniciens à cette réflexion. Club 14 craint que si les motards français continuent de refuser le contrôle technique, il leur sera imposé un jour par la Commission européenne dans des conditions probablement moins concertées. Problème du maillage des centres de contrôle et du coût pour l’utilisateur. Avantage du contrôle technique : apporterait des garanties à l’acheteur d’un véhicule d’occasion. La Mutuelle des Motards rappelle de son coté que les motards passionnés sont attentifs à l’entretien de leur véhicule. Les usagers « utilitaires » vont quant à eux chez le concessionnaire pour faire l’entretien.

Les 100 Chevaux

1029493558_small.jpg (voir la note d’info de la FFMC sur les propositions du groupe véhicule ) La réglementation n'a pas de base scientifique bien claire. => les Etats Membres sont libres de statuer. L'étude TNO a conclu à l'absence de corrélation entre la limite à 100ch et l'accidentalité.

La balle est dans le camp de la Commission pour remplacer cette mesure non scientifiquement fondée, par une autre mieux fondée. Apparemment la Commission Européenne prévoit de supprimer cette limitation dans le cadre de la révision de la directive cadre 2002-24 sur l’homologation européenne des 2RM. La France a la possibilité d'abroger unilatéralement le décret de 84, mais cela peut difficilement apparaître comme une mesure de SR, sauf à prendre cette mesure dans le cadre d'un ensemble d'autres. Monsieur Gauvain indique que la restriction des 100 chevaux devrait être abrogée dans un délai raisonnable, la question pour la France est de ne pas perdre la face.

La FFSA rappelle également que la loi des 100ch est une remise en cause de la liberté de circulation : il est très difficile pour un français d'acheter une moto à l'étranger et de la faire immatriculer en France.

Liste des acronymes utilisés : ACEM (Association des Constructeurs Européens de Motocycles) GEMA (Groupement des Entreprises Mutualistes d’Assurance), PR (Prévention Routière), DSCR (Direction de la Sécurité Routière), FNCRM (Fédération Nationale du Commerce et de la Réparation du Cycle et du Motocycle), FFMC (Fédération Française des Motards en Colère ), FFM (Fédération Française de Motocyclisme), CNPA (Conseil National des Professions de l’Automobile), FFSA (Fédération Française des Sociétés d’Assurance), CSIAM (Chambre Syndicale Internationale de l’Automobile et du Motocycle) , UTAC (Union Technique de l’Automobile du motocycle et du Cycle)

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