Le blog de la Fédération des Motards en Colère

Motomag.com

La Fédération Française des Motards en Colère est une association loi 1901 à but non lucratif, la FFMC représente et défend depuis 35 ans tous les utilisateurs de deux et trois-roues motorisés. Ses 10000 adhérents, répartis en 85 antennes départementales, revendiquent leur liberté, leur citoyenneté et agissent concrètement pour favoriser la sensibilisation et l'éducation au vivre ensemble en lieu et place de politiques répressives de sécurité routière. Ses valeurs sont celles de l'économie sociale et solidaire. L'individu est au centre de ses préoccupations.

dimanche 27 décembre 2015

La circulation "interfiles" des deux-roues motorisés sur les rails

C'est officiel, un décret paru le samedi 26 décembre 2015 au Journal officiel annonce la mise en place de "l’expérimentation interfile des deux-roues motorisés" sur les voies rapides en Ile-de-France, dans les Bouches-du-Rhône, la Gironde et le Rhône, à partir du 1er février 2016.

Pour la Fédération française des motards en colère, ce décret concrétise un combat mené depuis plus de 20 ans. Ce que les autorités appellent "expérimentation" est en réalité une phase d'observation pour une pratique réalisée dans toutes les grandes villes de France en cas d'embouteillages et qui permet aux usagers en moto ou en scooter de ne pas rester coincés entre des files de voitures serrées dans les embouteillages. Cette pratique spécifique aux deux-roues motorisés qui peut sembler stressante pour tous les usagers de la route dans de telles circonstances s'avère en réalité plutôt sûre, comme en témoignent les chiffres de mortalité des usagers 2RM très faibles sur le périphérique parisien (voie la plus empruntée d'Europe) où l'interfile est pratiquée depuis des années sans problèmes. La Belgique a d'ailleurs reconnue officiellement la circulation interfiles depuis 2012 en s'inspirant des discussions menées entre la FFMC et les autorités françaises. Et c'est aussi en 2012 qu'un groupe de travail présidé par le préfet Guyot et auquel la FFMC a activement participé que les modalités de la circulation interfiles des 2RM ont été élaborées telles quelles sont adoptées aujourd'hui... mais il a encore fallu que le Conseil national de la sécurité routière (CNSR) qui a travaillé de 2013 à 2015 revienne sur ce dossier via la Commission 2-roues, toujours avec la FFMC dont les représentants ont encore défendu cette pratique pourtant courante pour des centaines de milliers d'usagers tous les jours.

Enseigner la pratique en école de conduite
L'intérêt d'une telle mesure, c'est qu'en étant enfin reconnue, cette pratique va pouvoir être enseignée dans les écoles de conduite, tant en direction des apprentis motards que des automobilistes également confrontés à l'interfiles des 2RM dans les embouteillages des voies rapides menant aux principales villes de France. Jusqu'à présent, cet enseignement nous était refusé par les autorités au motif qu'on ne peut pas enseigner une pratique non officielle. Ce sera maintenant possible et cela permettra en outre de rappeler quelques règles de bon sens et de partage de la route à ceux qui persistent à conduire et à se conduire comme si la route leur appartenait.

Un long combat de la FFMC
Cette annonce acte une mesure de bon sens que les motards de la FFMC revendiquent depuis des années et qu'ils ont contribué, par leur ténacité lors de dizaines de réunions et de groupes de travail avec les fonctionnaires ministériels à faire admettre face à l'évolution des enjeux de mobilité des grandes métropoles.

jeudi 29 janvier 2015

Terrorisme et liberté de la presse

Ces dernières semaines, l’actualité a été marquée par d’ignobles attentats, et par les réactions qui s’en sont suivies. Par le premier attentat, des fanatiques, qui comme dans la chanson de Renaud en 2002 « n’ont jamais lu le Coran », ont tenté de faire plier un organe de presse symbole de la liberté d’expression, et de semer la peur. Or, malgré la souffrance infligée aux victimes et à leurs proches, cet attentat se caractérise par un double échec.

Un échec à engendrer la peur, puisque nos concitoyens ont largement manifesté leur soutien à la liberté d’expression, que ce soit en relayant des messages sur les réseaux sociaux ou en descendant en famille dans les rues, des grandes villes aux plus petits villages. Comment des terroristes vivant en France et donc connaissant notre façon de réagir, ont-ils pu croire un instant que notre peuple réputé contestataire allait courber l’échine? Dans le pays qui fut à l’origine de la déclaration des droits de l’Homme, la moindre attaque de nos dirigeants politiques contre nos libertés – et les motards sont particulièrement vigilants sur ce point- suffit à nous rassembler au-delà de nos divisions et de nos différences. Comment aurait-il pu en être autrement quand la liberté d’expression est attaquée de façon si violente par quelques illuminés ? Echec aussi car en assassinant une partie de la rédaction, ces intégristes prétendant venger Mahomet ont, selon leurs propos, « tué Charlie Hebdo ». Or, c’est tout le contraire qu’ils ont fait. Car en France, la presse dans son ensemble est en grande difficulté avec la disparition des points de vente (-3000 en 2014). Et la presse indépendante, qu’elle soit généraliste comme Charlie Hebdo ou spécialisée comme Moto Magazine, est particulièrement touchée car ne disposant pas de grand groupe derrière pour faire pression sur les distributeurs ou recapitaliser si nécessaire. Charlie Hebdo était au bord du gouffre, ne tirant plus qu’à 50000 exemplaires et contraint à lancer un appel aux dons pour sauver sa peau. Avec cet attentat, en quelques jours les dons ont dépassé le million d’euros et les abonnements augmenté de 25%. La semaine suivante, pour une édition particulièrement suivie, le tirage était multiplié par 100. Pour des gens qui voulaient faire taire un journal dont les positions ne leur convenaient pas, c’est quelque peu raté…

Alors oui, on peut l’affirmer, l’extrémisme, ou plutôt LES extrémismes, malgré leurs percées ponctuelles, resteront toujours les recours des imbéciles et seront toujours voués à l’échec. Car, plus fortes que la haine et l’intolérance, les valeurs de notre République resteront toujours plus fédératrices : Liberté, Egalité et Fraternité. Et la FFMC sera toujours là pour les défendre.

vendredi 10 octobre 2014

La FFMC à l'Intérieur

Vendredi 3 octobre 2014, les représentants de la FFMC ont été reçus au Ministère de l’Intérieur, à l’hôtel de Beauvau.
Eric Thiollier (délégué général), Marc Bertrand (chargé de mission sécurité routière) et Nathanaël Gagnaire (chargé de mission fédéral) ont rencontré le général de gendarmerie Christian Rodriguez, conseiller sécurité du ministre de l’Intérieur et Jean-Robert Lopez, délégué interministériel à la sécurité routière.

Conseil national de la sécurité routière (CNSR)

Après des présentations sommaires (le général Rodriguez savait à qui il avait affaire et monsieur Lopez nous connaît déjà), les représentants des « Motards en colère » sont entrés dans le vif du sujet, à savoir la critique du rapport n°2 des experts du CNSR consacrés aux « Groupes à risques ». Qualifiant ce rapport de « provocation à l’encontre des usagers du deux-roues motorisé », les représentants de la FFMC ont rappelé à leurs interlocuteurs que les questions qui fâchent sont toujours les mêmes depuis 2008 et ce malgré les concertations, les commissions parlementaires, les manifestations et les groupes de travail qui se sont succédés sur ce sujet. Bref, nous en avons conclu en disant à ces messieurs : « ne faisons pas de langue de bois, ce n’est pas notre genre : ce rapport, Monsieur le Conseiller, il est bâclé ! Nous ne sommes pas opposés à travailler à des mesures de sécurité routière qui permettraient de réduire l’accidentalité des 2RM, notre participation au CNSR en témoigne, mais les demandes des experts sont inadaptées aux enjeux et elles ne permettront pas de faire adhérer les conducteurs que nous représentons à ces enjeux ». Sur ce sujet, le général Rodriguez temporise et rappelle que ce ne sont « que des recommandations ».

Permis A2 et catégories de motos accessibles

Eric expose ensuite la problématique des motos disponibles pour les conducteurs novices en permis A2. Il demande où en est cette question en témoignant du désarroi des conducteurs concernés. « Depuis début 2013, les conducteurs novices de 2RM sont inutilement restreints dans le choix de motos adaptées à leurs débuts en conduite, du fait d’une formulation maladroite de la directive européenne. Ils sont contraints à l’achat d’une moto neuve, ce qui pour des conducteurs le plus souvent jeunes, et en situation de crise économique se révèle particulièrement difficile et sans aucun apport pour la sécurité. Un projet de décret suite à un avis d’un groupe d’experts de la Commission Européenne rendu public en février 2014 a été annoncé. Qu’est ce qu’on attend ? » MM. Lopez et Rodriguez sont informés du problème, la France ayant même été à l’initiative de la saisine du groupe d’experts de la Commission Européenne. Le décret modifiant le code de la route devrait être publié d’ici la fin de l’année. Il est actuellement examiné par le conseil d’état en correction.

Loi des 100 ch

Eric rappelle que « depuis juillet 2014, la réglementation européenne permet l’homologation, dans toute l’Europe, de motos développant une puissance de plus de 100 ch, mettant ainsi fin au régime dérogatoire accordé à la France par la directive 95-1. Cette spécificité franco-française étant vouée à disparaître au plus tard dès janvier 2016, des modifications devront être apportées au code de la route afin de permettre à la France de se mettre en conformité avec la réglementation européenne qui s’impose à elle. Nous avons commencé à travailler avec les constructeurs, et les distributeurs afin de permettre cette transition dans de bonnes conditions. Nous souhaitons notamment permettre aux motards français de remettre en conformité avec le droit européen leurs véhicules injustement bridées par une loi qui n’a jamais fait la preuve de son efficacité, en témoignent l’évolution de l’accidentalité des 2RM en France par rapport aux autres pays européens. Nous voulons sortir les motards français de cette incertitude juridique et administrative sans aucun sens pour la sécurité routière. » Là encore, le général Rodriguez prend bonne note de nos remarques. Tout en indiquant que ce dossier est suivi par le ministère des transports, il estime que la mise en conformité de la France avec le droit européen ne devrait pas attendre l’échéance du 1er janvier 2016 et que cette question pourrait être réglée courant 2015.

Relais Calmos

Le troisième point que nous souhaitions aborder a concerné le retour à un partenariat FFMC/DSCR pour re-activer la charte sur les Relais Motards Calmos (relais initiés par la FFMC sur les aires d’autoroutes lors des grands déplacements vers les compétitions moto comme le Bol d’or, les 24 H du mans ou l’Enduropale). Cette charte avait été dénoncée par la FFMC début 2011, suite à une pression policière ciblée sur les motards avec des souricières réalisées à l’occasion de ces déplacements. Monsieur Lopez, délégué interministériel à la sécurité routière et « patron » de la DSCR a manifesté son intérêt pour la proposition de relancer le partenariat Calmos et se déclare favorable à y donner suite.

Circulation interfiles et voies réservées

L’entrevue s’est terminée sur le chapitre de la « mobilité » des usagers en 2RM. Où en sommes nous de l’expérimentation de la circulation interfiles sur les voies rapides urbaines en cas d’embouteillage ? Le général Rodriguez nous confirme que c’est en cours, des appels d’offre pour procéder aux observations préliminaires sont examinés en ce moment. Enfin, nous abordons la question relatives aux récentes annonces des prochaines mise en place de voies réservées taxi / bus / covoiturage sur les voies rapides « pénétrantes » des grandes agglomérations (notamment A1 Roissy/Paris et A6) qui semblent exclure les 2RM de ces dispositifs. Nous argumentons « qu’en terme de sécurité routière, ce serait une erreur de ne pas laisser circuler les 2RM dans ces voies : ils ne risquent pas de provoquer des bouchons et cela leur évitera de pratiquer l’interfile dans les autres files de véhicules d’autant plus restreintes. » Nous rappelons à ces messieurs que « ailleurs en Europe ou dans le monde, là ou de tels dispositifs existent pour fluidifier les trafics, les 2RM sont autorisés à les emprunter. » La sécurité routière étant un domaine interministériel, nous demandons à l’Intérieur d’étudier au plus vite cette question avec le ministère de l’Environnement et le secrétariat d’Etat aux transports. Et mieux vaut le faire avant la publication des décrets d’application. Il est plus facile de reprendre un « oubli » avant qu’après, ce qui serait également préjudiciable à la sérénité des débats sur ces questions. Sur ce point qui semble les avoir un peu pris au dépourvu, MM. Rodriguez et Lopez nous proposent de revoir cette question avec les responsables de la Direction des routes… à suivre, donc.

mercredi 17 septembre 2014

Le poids des mots, le choc des clichés

Il est parfois amusant, souvent agaçant de constater comment le traitement médiatique de certaines informations souffre du miroir déformant de nos perceptions des questions abordées.

Ainsi la publication du baromètre Axa Prévention sur « les comportements des français en deux roues motorisés » a suscité des réactions révélatrices des à-priori des rédacteurs de certains articles.

Ainsi pour le Figaro, les conducteurs de 2RM « multiplient les imprudences sur les routes », le repaire des motards, qui pourtant ne pourrait être taxé de motophobie titre « insécurité croissante pour les deux-roues » Plus mesurée France Bleue Ile de France, en tant qu’officieuse « radio Trafic », spécialisée des transports, délivre une information moins orientée, et plus factuelle des résultats de l’enquête d’Axa Prévention.

Les raccourcis sont également nombreux. Pour le Figaro : « 57 % des conducteurs de deux-roues motorisées reconnaissent rouler à 65 km/h en ville ». Une majorité de cinglés ? En réalité, ils sont 57% à reconnaître qu’il leur arrive de rouler à 65km/h. La nuance est de taille !

Face à ces raccourcis, que dit en réalité l’enquête : les conducteurs de deux roues motorisés sont des usagers de la route prudents (davantage que les automobilistes sur les questions du téléphone ou des feux oranges grillés par exemple, et très sensibilisés aux questions de sécurité routière et à leur vulnérabilité (notamment les motards), et enfin que la situation s’améliore.

Une lecture attentive de l’étude Axa suffit à s’en convaincre... Est-ce ce que l’on retient des titres évoqués ci-dessus ? Pas vraiment…

Alors, bien sûr, il reste des progrès à faire notamment sur la question de l’équipement, et surtout du téléphone au volant/guidon qui malheureusement se banalise, y compris en 2RM (même si, là encore c’est dans des proportions infiniment moindre qu’en auto) ce qui est préoccupant. Mais les motards et les scooters sont très attachés à leur sécurité. J’en veux pour "preuve par l’exemple" qu’ils sont une majorité à s’équiper de gants alors qu’aucune réglementation ne les y contraint. Bien entendu, le conducteur de deux roues motorisé a une conscience aigüe de sa vulnérabilité !

Quant aux différences scooters / moto (plutôt à l’avantage des motards), elles s’expliquent simplement par le fait qu’on a affaire à des populations différentes, dans leurs usages, dans leurs motivations, par l'age moyen des utilisateurs, et surtout par la formation qu’ils ont suivie… ou pas.

La réaction de votre humble serviteur qui tente de remettre l’église au milieu du village face à ces questions dans une interview à 20 minutes sera-t-elle audible ? Il est à craindre que non : les clichés ont la vie dure. Raison de plus pour leur faire la peau, notamment par un comportement exemplaire sur la route.

ET

vendredi 17 janvier 2014

« Ami journaliste, vous vous trompez de motards »

Sur le blog de l'Expressétait publié un billet intitulé "Amis motards, vous vous trompez de combat" du 10 janvier 2014, en réaction à deux communiqués de la FFMC publiés sur son site ici et

Voici la réponse que souhaitait apporter le bureau national de la FFMC

Cher Eric, ami motard,

La lecture de votre billet nous a beaucoup amusée, mais seulement après que nous ayons réalisé qu’il n’était pas nécessaire d’en être peiné mais plutôt de vous répondre afin de combler les méconnaissances qui sont les vôtres quant à ce qu’est la Fédération Française des Motards en Colère. Il n’est pas nécessaire de se focaliser sur le périphérique parisien et sur cette histoire de 70km/h qui vous fait réagir. A l’instar de vos lecteurs, nombre de nos adhérents ne sont pas franciliens. En revanche, la Mairie de Paris est l’une des nombreuses Mairies de France avec laquelle nous ferraillons au quotidien pour faire reconnaître les spécificités qui sont les nôtres, sauf que, Paris étant le centre du monde (c’est bien connu), nous sommes particulièrement attentifs aux décisions qui en émanent. Car elles font souvent des émules ailleurs.

La FFMC a plus de 30 ans d’existence et de combats à son actif et comme vous le faîte très justement remarquer, elle se contre-fiche de la couleur politique des décisions motophobes prises : si elles sont iniques, elle les dénonce. Les Manifestations que nous organisons et qui nous rendent « visibles », en particulier des médias, ne sont que la partie émergée de l’iceberg et ne représentent qu’une infime part de nos actions. Elles sont mêmes, pour tout vous dire, le signe que tout le travail que nous avons fait en amont a échoué. Oui, vous avez raison de vous en souvenir en lisant ces lignes : nous n’avons pas manifesté depuis de nombreux mois. Pourquoi ? Parce que la politique de Sécurité routière évolue (et nous voulons croire que nous avons contribué à cette évolution), parce l’écoute est de mise, parce que nos arguments semblent convaincre (vous devriez les lire, pour voir, sait-on jamais…), parce que nous sommes les spécialistes de la question du deux-roues motorisé avec nos structures que sont les Editions de la FFMC, la Mutuelle des Motards, l’association pour la formation des motards et la FFMC Loisirs et qu’à ce titre nous sommes écoutés et même parfois, entendus. Vous citez, à titre d’exemple « anti-tout », les radars, le bruit des échappements, la limitation de puissance, les plaques d’immatriculation (vous oubliez opportunément le gilet, puis le brassard fluo…), comme si par principe et sans autre raison nous montions au créneau pour un oui ou pour un non. Mais c’est faux : tous ces exemples ne sont que les symboles de la méconnaissance des Pouvoirs publics de ce qui est avant tout un moyen de transport et c’est à ce titre que nous les combattons et pas en tant que tels.

Mais là où vous vous trompez lourdement, là où vous avez été abusé comme bien d’autres, c’est en ce qui concerne le Contrôle technique. Bien que nous ayons convaincu un grand nombre de députés européens, bien que nous ayons obtenu à la fois le soutien des commissions compétentes à l’Assemblée nationale et au Sénat sur ce sujet, bien qu’à la fin nous ayons gagné, vous, journaliste et motard, continuez d’ignorer le lobbying mercantile répugnant exercé par une société de Contrôle technique produisant ses propres études sur le sujet afin de récupérer, enfin, un marché juteux qui lui échappe depuis de nombreuses années du fait justement de l’acharnement des motards à ne pas se laisser enfumer comme l’ont été les automobilistes. La Sécurité routière a très peu à voir avec la mécanique et tout à voir avec le comportement. Agissons sur les comportements et lorsque ceci sera résolu, il sera toujours temps de se préoccuper de la mécanique. Quant à la question de l’environnement, le 2RM est bien plus vertueux que nombre de véhicules diesels à quatre roues sur bien des aspects et les qualifier de « pièges polluants » relève d’une certaine malhonnêteté intellectuelle.

Et enfin, pour parfaire votre éducation (et celle de vos lecteurs) sur les motards en colère, il faut citer (et ça aussi vous l’ignorez alors que nombre de vos confrères ont suivi, eux…) la mise en place d’une période d’observation de la circulation Interfiles en vue de sa légalisation (demande des motards en colère), la Charte récemment signée avec les Pouvoirs publics pour favoriser (en en réduisant les coûts) l’équipement des usagers de 2RM et ce, sans obligation donc sans sanction (demande des motards en colère, soutenus par la filière 2RM…), les weekend de roulage gratuits sur le Circuit Carole (encadrement entièrement assuré par nos bénévoles 26 we/an), nos campagnes récurrentes d’information aux usagers sur le partage de la route, nos interventions dans les collèges (agréées par l’Education nationale…), etc, etc… Alors, bas du front les motards en colère ? Inutilement perdus dans des combats d’arrière garde ? Préoccupés à brasser du vent afin de s’opposer de manière systématique à la politique de Sécurité routière menée pour le bien de tous (et pas pour continuer à rentabiliser un système en bout de course dont l’utilité est remise en cause par 40 ans de baisse constante de la mortalité routière…) ? Non cher Eric. Ça n’est pas nous qui nous sommes trompés de combat mais bien vous qui vous êtes trompés de motards. N’espérant pas vous avoir convaincu, malgré tout nous vous saluons à la manière des motards (en colère ou pas) et affirmons (comme vous en parlant de la Mairie de Paris) : la moto n’est pas un problème, c’est une solution. Et les motards en colère n’ont pas le cerveau comprimé par leur casque, au contraire, ils réfléchissent un peu plus que la moyenne, même ceux qui sont journalistes, semble t’il…

France Wolf __ Coordinatrice du Bureau National de la FFMC

mardi 10 décembre 2013

Pépé s’en va !

On peut bien vous le dire, maintenant : à la fédé, entre nous, on vous appelait « Pépé », monsieur le Délégué... rapport à votre blaze, Péchenard, Pé-pé, Pépé quoi ! On aurait pu aussi dire « Pépé la Moto », par paronymie avec la bande à Pépé le Moko, avec Jean Gabin… Pour l'ancien patron du Quai des Orfèvres, ça le fait, non ? Bref, nous les Motards en colère, on a fait simple car nous sommes simples : on est resté sur « Pépé »… D'accord, ça peut paraître un peu familier pour un personnage de votre envergure et ça n'implique pas que nous fûmes devenus copains avec un représentant du « pouvoir »  : nous sommes toujours les Motards en colère de la FFMC et nous savons d'où nous venons et dans quel camp nous sommes.

Mais faut bien reconnaître qu'avec vous, y'a pas trop eu d'embrouille, pas de donnant-donnant, pas de marchandage à sens unique : vous n’avez pas tenté de nous rouler, vous avez logiquement et justement fait en sorte que les inepties sécuritaires de vos prédécesseurs disparaissent des projets de réglementation et pour nous, c'était déjà pas mal, c'était le préalable à des discussions constructives.

Si vous croisez votre successeur, si vous pouviez lui suggérer de poursuivre dans cette voie : de regarder loin, comme tout bon motard et usager de la route doit le faire, de lever le nez, de ne pas se laisser bercer par les sirènes des technocrates toujours prompt à ficeler des statistiques indémaillables à des fins de communication pour mieux ravaler des façades à coups d'enduit pseudo-scientifique pour épater les médias qui ne prennent même plus la peine de tenter la moindre analyse dès qu'on parle de sécurité routière…. Et surtout, surtout... si vous croisez celui ou celle qui vous succédera, montrez-lui la commande de la soupape de surpression du tout répressif, car ici comme ailleurs, le seuil de tolérance est atteint et la rue gronde….

Allez, bonne route, M'sieur le préfet.

Pat

lundi 18 novembre 2013

Bonnet rouge, beau nez rouge, bonne et rouge !!!

rbonnet Comme un train peut en cacher un autre, le rouge semble aujourd'hui un parfait paravent, un cache misère, un cache poussière… Tous ceux qui sont contre, tous ceux qui contestent, tous ceux qui en voudraient plus, tous ceux qui en voudraient moins se parent de rouge pour manifester, siffler, hurler, casser, brûler…Et les médias d’en rajouter, de souligner, d’en faire des caisses.

Pourquoi essayer d’amalgamer, de rassembler sous un même bonnet tous ces mouvements sans aucun lien entre eux et sous tendus par des motivations et des objectifs tellement variés et si différents ?

Les temps sont durs, partout, pour tous (enfin presque tous…). Les délocalisations à outrance, la sous activité, la mondialisation, la cupidité des actionnaires, la financiarisation des économies, les paradis fiscaux….plusieurs décennies d’un tel régime et la crise est là, bien installée, dure et impitoyable… Et comme chacun devrait le savoir, il faut toujours payer un jour, mais ce ne sont pas forcément ceux qui en ont profité qui règlent la note… et ce n’est pas forcément celui qui tient la barre qui est responsable de la position du navire….

Pour en revenir à ce qui nous occupe, nous, la Fédération Française des Motards en Colère, même si nos revendications concernent et s’expriment sur le même terrain, la route et la rue, même si cette politique de sanction à outrance nous horripile, même si l’attaque incessante de notre porte monnaie sous couvert de Sécurité Routière nous afflige, même si la déshumanisation et l’automatisation des contrôles nous révulse, nous n’allons pas hurler avec les loups. Nous n’allons pas brûler les radars, ni dégommer les portiques dressés à grand frais avec nos sous, parce que ça n’amène rien en matière de Sécurité Routière. Tout au plus pourrions nous y aller d’un « on vous l’avait bien dit ! », parce que effectivement, on vous l’avait bien dit. Que la privatisation des autoroutes, c’était une honte et du vol manifeste. Que le Contrôle Sanction automatique, c’était la mise en œuvre d’une politique de mise sous surveillance des citoyens sous couvert de Sécurité Routière.

Mais sans doute est-ce un tort d’avoir raison trop tôt ? Pour autant, il n’est pas forcément trop tard et nous avons toujours bon espoir d’être entendus et compris. Et pas uniquement par les Pouvoirs Publics…

Formation, tolérance, partage de la route, respect mutuel… notre combat continu. Et il s’exprime aussi bien dans les salons feutrés des Ministères que dans la rue parce qu'il est légitime.

La moto est une solution pas un problème. 33 ans que nous le disons. Ça serait bien que ça ne dure pas à nouveau aussi longtemps pour le reconnaître, mais s’il le faut, nous serons là, à résister.

Pat

vendredi 18 octobre 2013

Joyeux anniversaire !......radar…. joyeux anniversaire !

Puréeee…. 10 ans !

Ça fait 10 ans que le petit malentendu, le roi de l’esbroufe, le prince du clinquant a inauguré le premier appareil automatisé. Ça fait 10 ans que la première pancarte ‘pour votre sécurité, contrôles automatiques’ a envahi notre quotidien. Ça fait 10 ans que l’escroquerie intellectuelle, qui consiste à nous faire croire que la vitesse est mère de tous les malheurs, justifie de faire les poches des usagers de la route, 10 ans qu'on attribue aux radars la baisse des tués, alors que celle-ci est quasi-constante depuis 40 ans. Depuis 10 ans, chaque Français de 20 à 64 ans, a contribué en moyenne à hauteur de 128€ au chiffre d’affaire de ce que l’on peut considérer comme la plus belle ‘start-up’ de la fin du siècle dernier. Une jeune pousse, comme on dit, alignant 40 millions de clients et tout prêt de faire pêter le milliard d’euros de chiffre d’affaire c’est du très, très haut de gamme. Le pur fantasme de tout commerçant. 10 ans de mariage, c’est les noces d’étain…là on peut parler de noces d’argent !

Non finalement il avait raison Nicolas, il n’était pas question de piéger les conducteurs…. Pas plus que les nouveaux radars équipant les véhicules banalisés intégrés au trafic et capables de verbaliser dans les deux sens de circulation ne sont destinés à piéger qui que ce-soit !

Allez bon anniversaire… et comme c’est pour notre bien, longue vie aux CSA…la croissance attendra !

Patrick

lundi 7 octobre 2013

Moins de 2000 morts en 2020….ou les paris stupides !

Le buzz est parti... le rapport confidentiel du comité des experts du CNSR ne sera resté que quelques heures confidentiel…l’encre du document à peine sèche, tous les médias en font leur choux gras à grands renforts de titres accrocheurs et d’interviews des incontournables spécialistes autoproclamés toujours prompts à servir une soupe de plus en plus froide et de plus en plus indigeste….

Ce rapport, que j’ai lu, contient au moins deux énormités dont personne n’a parlé, l’hypothèse de réduction de la vitesse sur le réseau secondaire ayant accaparé toute l’attention. La première tient dans le cynisme des rédacteurs qui avouent avoir délibérément écarté la préconisation de mesures pertinentes pour réduire la mortalité au motif d’une mise en œuvre à trop long terme, dépassant donc la date butoir de 2020… La seconde tient dans la récurrente non prise en compte des usagers autre que les automobiles. Le rapport zappe consciencieusement les usagers vulnérables, les sages experts préconisant même de réduite la mortalité contre obstacles fixes en les protégeant par des glissières…Amis motard je vous laisse apprécier la profondeur de l’expertise… A partir de l’année prochaine, vous ne vous écraserez plus sur un poteau, une pile de pont ou un platane…vous serez décapité par une glissière ! Ça me fait penser à un titre ravageur d’un journal bête et méchant qui disait quelque chose comme : le vaccin contre le cancer sera découvert en l’an 2000… Ceux qui meurent avant sont des cons !

Patrick

mercredi 28 août 2013

Sécurité Routière et CNSR, c’est la rentrée !... Les mouches surveillent leur arrière train !....

Et dire qu’il suffirait qu’il n’y ait plus d’accidents pour qu’il n’y ait plus de morts sur la route …

Lapalissade, certes !... Mais le concept ne semble pas avoir été totalement intégré par les technocrates de la Sécurité Routière, ni donc par le ministre en charge de ce dossier puisque tout l’été, pour combler médiatiquement le vide estival et rappeler au citoyen contributeur que l’on s’occupait bien de lui et de sa santé, on nous a allègrement matraqué d’annonces de future décision de réduction des vitesses, d’augmentation du parc de radars fixes, discriminants de préférence, de mise en œuvre de nouveaux radars tronçon, de mise sur la route de radars mobiles-mobiles toujours plus nombreux et dont la prétendue efficacité est intégrée dans propagande gouvernementale … Avec la complicité des grandes chaines télé nationales on nous a même produit une belle mise en scène de la coopération européenne dans la traque à la vitesse… Parce que chez ces gens-là… la vitesse est mère de tous les maux. C’est le mal absolu, le cancer de la société qui se déplace. Paradoxe remarquable, dans les mêmes journaux télévisés on nous indique les centaines de km de bouchons… et personne ne semble étonné que l’on traque les excès de vitesse les jours de grandes migrations et sur les grands axes saturés où les temps de parcours sont multipliés par deux, allez comprendre !

Le tabac tue 200 personnes par jour dans notre beau pays, L’alcool tue 125 personnes par jour en France, La route en tue 10 par jour…dont 2 usagers en deux-roues motorisé… C’est une évidence, les chiffres sont sans appel, il faut impérativement s’occuper du cas des ‘motards’ et sans plus tarder veiller à ce qu’enfin ils cessent d’échapper aux myriades des jolis éclairs produits à chaque instant par tous les contrôleurs automatiques installés en bordure de route et surtout rapidement légiférer pour qu’enfin ils se déplacent dans une tenue décente et convenable. Le CNSR qui va reprendre ses travaux en septembre a pour objectif de plancher sur les Equipements de Protection Individuel… Intention louable mais l’équipement ne préserve pas de l’accident !

Alors parfaitement équipé avec gants, chaussures, veste, pantalon, normés et estampillés, si rien n’est mis en œuvre pour améliorer les infrastructures dangereuses, si la formation pour tous n’est toujours pas assurée… la route tuera toujours autant, mais les victimes resteront alors dans un état présentable ! Progrès indéniable.

Patrick

mercredi 21 août 2013

Devoirs de vacances : quelle politique de sécurité routière pour 2025 ?

Les jours raccourcissent, les écoliers achètent leur matériel de rentrée, c’est la fin des vacances… et les ministres rendent leurs devoirs d’été. Thème de la dissertation : la France de 2025.

Curieuse initiative de l’exécutif. À moins que celui-ci ne souhaite faire sourire les français qui, après avoir dépensé la moitié de leurs cinq semaines de congés annuels, sont soumis à la dure réalité des embouteillages urbains.

La lecture des copies ministérielles dévoile pléthores d’incantations avec, entres autres, une France sans surpopulation carcérale, avec zéro déficit et dont pôle emploi aurait fermé pour cause de chômage technique. Le tout grâce à la boite à outils du Patron. Pour un peu, les Restos du Cœur deviendraient une maison de retraite pour stars vieillissantes.

Plus sérieusement cet exercice pose quelques questions… L’an 2025 tout d’abord : comment arriver à cette projection alors que le chef actuel (« Pépère » pour les intimes) est certain de ne plus être au pouvoir, au mieux pour lui, 3 ans avant cette échéance. Si tant est que l’alternative politique n’ait pas frappé d’ici là.

Il est ensuite difficile d’accorder un crédit complet à cette étude sur douze ans. Alors que les mêmes technocrates, qui ont évidemment fait office de nègres, n’avaient rien vu venir des évènements qui nous frappent actuellement.

Et sans aller jusqu’à 2025, il n’est nul besoin d’être un grand analyste politique pour savoir que les élections municipales seront l’occasion d’un remaniement ministériel rebattant les cartes d’un quinquennat toujours trop court.

Cette manœuvre reste bien évidemment une opération de communication de plus, afin d’occuper le terrain médiatique.

Cependant, à la Fédération Française des Motards en Colère, nous avons voulu savoir si notre populaire ministre de l’Intérieur avait planché sur le sujet de la sécurité routière (S.R.), thème cher à ses yeux dès sa prise de fonction. Et pour le coup, point besoin de clairvoyance, ni de boule de cristal pour tracer les grandes lignes d’une politique de SR responsable et digne de ce nom.

Malheureusement rien dans les médias ni dans la contribution in extenso du ministre ! Et il n’y a pas que la sécurité routière qui est absente de ses ambitions, mais également la mobilité en général. Incompatibilité curieuse, quand Moscovici nous parle de plein emploi et que ce plein emploi comprend une part évidente de mobilité.

Il y a pourtant des problématiques bien réelles (liste non exhaustive) :

  • Une répression routière inique et injuste se faisant contre les usagers et non avec eux, créant des situations de conflit.
  • Une vision technocratique et cloisonnée des causes de l’accidentalité routière, à laquelle sont apportées des solutions éculées et stériles.
  • Un autisme prégnant sur la question de la prise en compte des deux roues motorisés.

Auxquels la FFMC propose depuis plus de 30 ans un grand nombre de solutions :

  • La formation, non pas quantitative mais qualitative, et ce dès le plus jeune âge, à l’image du programme Éducation Routière de la Jeunesse de la FFMC, parce que la meilleure des obligations, c’est celle qu’on s’impose à soi-même parce que l’on a appris et compris sa nécessité.
  • Un partage de la route effectif et concret, permettant une connaissance mutuelle des usagers dans l’espace routier, impliquant une nouvelle réforme du permis de conduire.
  • Une réelle volonté politique sur les questions d’infrastructures routières, ne se limitant pas aux poteaux sur les bords de routes, mais bien sur la question d’un service public de la route avec des moyens conséquents, dont notamment un changement du statut juridique des d’autoroutes françaises, réseau routier le moins accidentogène.

Il est évident que les attributions du ministre Valls sont nombreuses, et que les thèmes de l’immigration, de l’insécurité, ou de l’aménagement du territoire prennent une part importante dans sa communication. Mais il aurait été de bon ton d’aborder, ne serait-ce que d’une ligne, ces enjeux importants. Enjeux qui tiennent une place très importante dans la vie quotidienne de tous les Français.

Gageons donc que l’opération de communication à laquelle se sont livrés les ministres pour leur rentrée, leur permette de développer cette vision à long terme qui fait souvent cruellement défaut à nos responsables politiques.

Nathanaël Gagnaire

vendredi 12 juillet 2013

Sécurité routière : l’enfumage continue !

Traditionnellement, au moment des pics de trafic routier sur les routes estivales, l’éternel marronnier des annonces de sécurité routière reverdit de plus belle… L’air grave et déterminé, le ministre de la chose routière nous fait son discours émaillé d’annonces chocs et de promesses de répression pour les vilains conducteurs qui ne seraient pas sages. Attention, le gouvernement va sévir, saperlipopette ! Attention les p’tits z’enfants… voilà le gendaaaarme !

Dernières annonces en date ? Bientôt 70 km/h sur le périph’ et pourquoi pas 120 km/h sur les autoroutes … c’te blague ! Voilà une annonce totalement dénuée de sens : les millions d’automobilistes franciliens qui empruntent l’anneau parisien onze mois sur douze aimeraient bien atteindre un peu le 70 km/h, juste un peu, une fois de temps en temps… Quel rêve ! Parce qu’en réalité, le périph’, c’est bite à cul, première-deuxième sans espérer dépasser le 30 km/h tellement c’est toujours bouché… le périph’ limité à 70 km/h, ça c’est de la mesure ! Ah oui, ça va faire baisser le nombre de morts sur les routes de France, c’est sûr… rappelons toutefois que le nombre de morts annuel sur le périphérique varie de 0 à 5 par an.

Et 120 km/h sur les autoroutes ? Allons-y gaiement, tous en p’tit train à la queue-leu-leu sur la file du milieu, t’inquiètes pas Simone, le régulateur s’occupe de tout.

Au fait, la majorité des tués sur la route, elle est où ? Pas sur les autoroutes, réseaux les plus sûrs où les premières causes d’accidents identifiées (selon les sociétés d’autoroutes) sont le manque de vigilance (la monotonie, la conduite en « pilote automatique) et les conduites « dangereuses » (distances de sécurité insuffisantes, mauvaise utilisation des files, changement de file non signalés…)

Et les routes nationales et départementales, reconnues comme étant les routes les plus dangereuses ? Parlons-en, car il est aussi question d’y baisser la vitesse générale à 80 km/h... le problème c'est que les poids-lourds sont déjà limités à 80 km/h sur ces réseaux. Et mettre les voitures et les motos à la même vitesse que des 38 T, ça va poser un sacré problème de sécurité, avec des files de véhicules qui vont s’allonger, des distances de sécurité (déjà insuffisantes) qui vont encore se réduire, sans parler des tentatives de dépassements à l’arrache (entre deux radars ?) que cela risque d’engendrer.

Bin oui, sur une 2X2 voies, par exemple, comment doubler un camion qui roule à 80 km/h sans dépasser 80 km/h ? Comment, on ne dépasse plus ? Et la visibilité qui permet de voir au loin et d’anticiper alors ? Et les masques qui empêchent la perception des usagers vulnérables, deux-roues, piétons ? Ha oui, c’est vrai, on leur colle un gilet jaune qui les protège ! Notez, Monsieur le ministre, que vous pourriez régler ce nouveau problème en abaissant la vitesse des camions à 70… mais alors bon courage avec les sociétés de transports et leurs représentants !

Reste l’annonces des radars… Ça, ça fonctionne à tous les coups, ça leur fout une de ces trouille, aux conducteurs ! Des radars tous neufs à la place des vieux, des discriminants, des qui te tronçonnent les points de permis à la demi-douzaine, par devant, par derrière, des mobiles-mobiles pour attraper les contrevenants-contrevenants… Et ça marche, les gens roulent moins vite, donc leurs accidents sont moins mortels et les chiffres sont meilleurs pour le ministre… sauf que les conducteurs ne respectent les vitesses que par peur d’être punis… pas par désir de conduire mieux, en meilleure interaction avec leur environnement routier.

Pour convaincre les conducteurs qu’ils auraient tout à gagner à rouler plus cool, il faudrait s’adresser à leur intelligence, à la conscience des individus… autrement dit associer, faire confiance, former, prévenir… mais allez demander ça à des technocrates ! Quant aux hommes politiques, si il leur fallait s’adresser à l’intelligence des gens, ils ne seraient pas sûrs d’êtres élus. Ce recours permanent à l’infantilisation des conducteurs est tout de même paradoxal dans une société qui se veut moderne et éclairée. Cette culture de la répression ne mène pas vers un apaisement des conduites, mais juste vers une stricte application des règles sans la compréhension qu'elles supposent. Or on ne peut pas convaincre en ne proposant que la punition. Mais comme la baisse de la mortalité routière est constante depuis quarante ans, il est facile et ô combien tentant de « démontrer » après-coup que c’est grâce à la sévérité et l’inflexibilité des mesures prises que des résultats ont pu être obtenus de manière si remarquable.

En reprenant les vieilles rengaines des pères fouettard proclamateurs du risque zéro, en répétant les anathèmes habituels des prédicateurs d’apocalypse routier, Valls est en train de perdre l’occasion d’associer vraiment les usagers de la route aux réels enjeux de sécurité routière… Il ne sera ni le premier ni le dernier, mais c’est dommage, on s’attendait à mieux de sa part.

vendredi 21 juin 2013

Conseil national de la sécurité routière : Petite vitesse et grand doucement

Voilà six mois que Manuel Valls, ministre de l’Intérieur (et donc de la sécurité routière) a réinstallé le Conseil national de la sécurité routière (CNSR), placé sous la présidence du député socialiste du Bas-Rhin, Armand Jung. Objectif : montrer que la sécurité routière est un axe fort de la politique gouvernementale, en continuité des déclarations des présidents Chirac et Sarkozy. En tant que principale association de défense du deux-roues motorisé (2RM), la FFMC a été invitée à siéger au CNSR… Rien d’étonnant à cela puisque depuis la concertation sur les 2RM qui s’est étendue de 2009 à 2011, la FFMC s’est imposée comme un interlocuteur incontournable, forte de son expertise et de son action depuis trois décennies.

Prévu pour durer trois ans, le CNSR 2013 s’articule sur quatre commissions :

  • les deux roues (2R, motorisés et vélos)
  • Alcool-stupéfiants-vitesse (ASV)
  • Outils technologiques et infrastructures (OTI)
  • Jeunesse et éducation routière (JER)

Le tout est supervisé par un « collège des experts » composé de chercheurs, de professeurs et d’épidémiologistes connus pour leurs études en lien avec la sécurité routière.

Donc, depuis six mois et à raison d’une réunion par semaine d’une commission à l’autre, le CNSR réfléchit selon une « feuille de route » dont l’objectif affiché par M. Valls est de réduire la mortalité routière de moitié sur nos routes d’ici 2020… sur « nos routes », mais il s’agit en fait d’un objectif décrété dans toute l’Union européenne. Et c’est aussi un objectif politique, au même titre que les questions de croissance économique, d’emploi, de logement, d’environnement… Pour un responsable politique, le gros avantage de la sécurité routière, c’est que la courbe des tués ne cesse de baisser depuis quarante ans, ce qui facilite l’explication du pourquoi du comment dans l’opinion publique, cette explication fut-elle simpliste et construite sur des évidences que Monsieur de La Palisse ne renierait pas.

Bon gré mal gré, force est de constater que les enjeux de sécurité routière sont toujours plus et mieux partagés dans la population qu’autrefois, sauf chez quelques imbéciles qui se comportent aussi mal sur la route que dans la vie en général. A cela s’ajoutent les progrès technologiques des véhicules carrossés qui protègent toujours mieux leurs occupants, l’amélioration des routes et la baisse généralisée des vitesses moyennes. Amplifiés depuis peu par les effets de la crise économique qui pousse les gens à limiter leurs déplacements, ces progrès techniques sont toutefois ralentis par la stagnation (voire le recul) des progrès sociaux tels que la question des libertés individuelles (mais il faut bien admettre que la route est un espace collectif, les motards le savent bien) et la surenchère réglementaire qui conduit quelques infractionnistes récurrents hors du champ légal et finalement social, où ils échappent alors à tout contrôle jusqu’à l’accident grave. Et aussi à force de multiplier les menaces de « punition » dans le but affiché d’améliorer la sécurité routière, la majorité des conducteurs finit par nourrir une certaine méfiance quant aux moyens pour y parvenir, ce qui peut conduire à l’inverse de l’effet recherché au départ.

Bref, après six mois de discussions, où en sommes-nous ?

La commission "Deux-roues" a discuté de

  • la taille des plaques d’immatriculation des motos
  • la circulation des 2RM entre les files dans les embouteillages
  • la visibilité du motard (fluo ou pas fluo ?)
  • des vélos, ce qui a permis d’aborder la notion des « usagers vulnérables », conjointement à nos problématiques communes avec les cyclistes
  • des équipements de protection individuels, en butte à des questions de normalisation desdits équipements

Le « problème des plaques » (problème pour les pouvoirs publics), c’est la forte proportion de rebut aux photos des radars automatiques…trop de plaques ne sont pas lisibles et la prune part au panier. Les promoteurs du système demandent donc que les plaques des motos soient plus grandes… Finalement, il est proposé d’harmoniser les 4 tailles de plaques (actuellement une taille pour les cyclomoteurs, deux pour les motos, une pour les MP3 et consorts) à une seule, au format 210 X 130 mm, ce qui est l’un des formats actuels en vigueur le plus répandu pour les motos.

Sur la question de la « visibilité » que les pouvoirs publics cherchent à solutionner de manière simpliste par le port d’un gilet fluo (ou un brassard il n’y a pas si longtemps), il est proposé que les motards aient « à bord » un gilet fluo de type « haute visibilité » en cas de panne… comme pour les automobilistes. Cette recommandation est en fait tout ce qui reste de l’obligation de port en toutes circonstances (assorti d’un retrait de deux points en cas d’infraction) prévu à l’issue du calamiteux Conseil Interministériel de sécurité routière de mai 2011. On se souvient de ce que la FFMC avait fait de ce gilet devenu symbole de l’arbitraire absurde et inadapté aux enjeux réels : brûlé en place publique dans nos manifs du printemps 2011 ou hissé comme un pitoyable oripeau sur les statues des monuments de France. Toujours aussi calamiteuse avait suivi l’idée de substituer ce gilet par un brassard rétro-réfléchissant de 150 cm2 qui devait devenir obligatoire par décret en janvier 2013, toujours assorti d’un retrait de deux points… La FFMC a tellement bataillé pour dézinguer cette ineptie que Manuel Valls a sagement décidé d’abroger ce décret avant de nous inviter à participer à son CNSR… Ouf !

Au final, il ne reste que cette recommandation de pouvoir disposer d’un gilet en cas d’incident, officiellement dans un objectif « d’équité devant la loi avec les usagers de la route » y étant déjà contraints. La FFMC reste opposée à l’obligation, et par conséquent à la sanction, de cet accessoire qui peut toutefois s’avérer utile en cas de pépin, ne serait-ce que pour se signaler comme étant « en détresse » au bord de la route. La question de l’interfile des 2RM dans les embouteillages est maintenant renvoyée aux experts qui envisagent de l’étudier au terme d’une « expérimentation »… ça fait juste vingt ans que nous la pratiquons, mais nous, nous roulons à moto… pas eux ! Toutefois (et tant mieux), ces mêmes experts s’en remettent aux recommandations du groupe d’étude mené en 2012 par le préfet Guyot, donc si rien n’est encore acquis, rien n’est perdu.

La commission "Outils Technologiques et Infrastructures" a traité trois sujets :

  • le téléphone au volant
  • le LAVIA (Limiteur s’Adaptant à la Vitesse Autorisée)
  • les EDR (« boîtes noires, Event Data Recorder ou Enregistreur de Données Routières)

Ces trois sujets ont laissé une part à un élargissement des réflexions quant aux distracteurs (GPS notamment), aux aides à la conduite et aux avertisseurs de radars, hypocritement rebaptisés « avertisseurs de zones de vigilance accrue -ZVA ou zones de danger).

Bref, ces thématiques sont « à tiroirs » (sous-dossiers imbriqués les uns dans les autres), générant chacune des groupes d’études et relevant de problématiques à la fois locales, nationales et européennes. Dénoncé comme un facteur de risque (notamment pour les usagers en 2RM confrontés à l’inattention des automobilistes qui téléphonent), l’usage du portable est plus que jamais dans le collimateur… mais comment empêcher l’invasion de la communication mobile qui s’est imposée dans les activités de tous ? Tenir un téléphone en main ou « textoter » frénétiquement est déjà interdit par la Loi (amende 4eme classe ; 135 € et 3 points retirés)… Et le kit « main-libres » ? Faut-il l’interdire ? Si oui, comment faire, comment le contrôler ? Qu’est-ce qu’un kit-mains libres ? Une oreillette (kit « piéton), une téléphonie « embarquée » (option intégrée à l’auto) à commande vocale ?

Bref, la commission recommande de renforcer la lutte contre le téléphone « tenu en main » (ça ne mange pas de pain, yaka faukon et les forces de l’ordre se débrouilleront…). Une idée pour cela consiste aussi à interdire les vitres teintées « noires » aux glaces latérales avant des autos qui masquent le conducteur… mais la règlementation pour le moment inexistante sur ce point reste à élaborer. Pour le LAVIA et les « boîtes noires », il n’y a encore rien de décidé, ça dépend surtout de la réglementation européenne en cours d’harmonisation entre les pays de l’Union dans les années à venir. Dans toutes les études déjà réalisées, les 2RM n’ont pas été pris en compte.

La commission "Jeunesse Éducation Routière" a beaucoup discuté de :

  • l’apprentissage anticipé de la conduite et ses vertus (la conduite accompagnée, à partir de 16 ans)... voilà un truc qui fonctionne et qui ne coûte pas grand-chose à mettre en œuvre, autant continuer dans ce sens.
  • les contenus de formation initiale en auto-école
  • la prévention en direction des jeunes

La commission "Alcool Stupéfiants Vitesse" a planché sur :

  • l’idée d’abaisser le taux d’alcool légal chez les jeunes permis/jeunes conducteurs… pour finalement conclure de laisser la réglementation en l’état pour le moment et de transmettre cette recommandation à l’avis des experts.
  • abaisser les vitesses maximum sur l’ensemble des réseaux… déjà annoncé il y a deux mois, suite à une sorte de « fuite » ou à des déclarations « anticipées », cette idée fait son chemin, tout en restant délicate à aborder pour un gouvernement déjà soucieux de ne point fâcher davantage les gens, dans un contexte assez difficile pour l’équipe politique au pouvoir.

Faute d’avoir mené à bien ses travaux, la Commission n’a pas présenté de recommandation lors de la réunion plénière du 21 juin.




En ce qui nous concerne, à part pour la commission 2R, la prise en compte des spécificités des 2RM reste quasiment absente des préoccupations générales… sauf quand il s’agit d’imaginer des moyens pour en limiter l’usage, la moto étant toujours considérée comme un « problème » en sécurité routière… Mais la FFMC veille et sa présence au sein de ce Conseil en est d’autant plus utile et nécessaire.

Bref, après environ six mois de travail, rien de très significatif ne se dégage, sinon que la sécurité routière reste bien une grande cause nationale à laquelle le gouvernement se montre attentif… et ça tombe bien, « les chiffres » sont bons.

Allez, bonnes vacances et prudence sur la route !

vendredi 3 mai 2013

Sécurité routière : en avril, ne te découvres pas d’un fil et en mai, dis ce qu’il te plait

La FFMC propose des chiffres de sécurité routière prédictifs

Les chiffres de l’accidentalité routière d’avril 2013 ne vont pas tarder à tomber et nous faisons le pari qu’ils ne seront pas bons… particulièrement pour les deux roues. Pire, ils traduisent un relâchement ! Et la petite voix des enfonceurs de portes ouvertes de crier : « Vite, vite, des radars ! »

Effectivement, chaque année, à chaque printemps, le nombre de véhicules en circulation repart à la hausse et mécaniquement le nombre d’accidents connaît aussi une légère croissance qui va en s’amplifiant pour atteindre son pic au plus fort de l’été.

En 2013, ce phénomène s’est accentué avec un hiver particulièrement long et rigoureux au cours duquel les deux roues sont peu sortis des garages, et pour cause ! Aussi, avec l’arrivée des beaux jours, les motos ont logiquement refait leur apparition sur les routes et l’accidentalité a mécaniquement suivi. CQFD.

Pourtant, au milieu de l'habituel concert d’interprétations douteuses, il n’est pas inutile de rappeler que la mortalité routière est passée de 16 000 morts au début des années 1970 à 3 963 décès en 2011.

Les tenants du tout répressif proclament aussitôt que c’est « grâce aux radars », les mêmes qui disent aussi que lorsque la mortalité routière ne baisse pas assez vite, voire même remonte de quelques dizaines, « c’est parce qu’il n’y a pas assez de radars ! ». Ils arrivent même à prétendre, quand les chiffres ont baissé avant même que des nouvelles restrictions ne soient mises en place, « que c’est grâce à l’annonce des mesures que les gens ont levé le pied ».

Bref, vive la punition collective et les radars, ces formidables machines à tuer les morts plus vite et plus fort que la crise économique, les facteurs météo et les progrès de nos véhicules modernes en matière de sécurité active et passive…

Quant à imaginer que les conducteurs puissent d’eux-mêmes s’approprier les enjeux de sécurité routière aujourd’hui plus qu’hier et moins que demain, c’est une chose que les technocrates de la sécurité routière et les ministres en charge de ces questions ne peuvent concevoir… Car cela voudrait dire qu’ils devraient commencer à considérer leurs concitoyens comme des adultes responsables et non plus comme des petits enfants pas sages.
Moralité : continuons de communiquer, de combattre les idées reçues et de défendre des causes justes !

mardi 23 avril 2013

La bêtise insiste toujours.

Cet aphorisme d’Albert Camus (La Peste) trouve une nouvelle fois sa légitimité dans la toute nouvelle communication de la Sécurité Routière spécialement dirigée à notre encontre, nous les usagers de la route circulant en deux-roues motorisé.

Il se trouve que depuis des années les mêmes arguments, souvent chiffrés ça fait plus sérieux, sont utilisés à l’envie dans toute communication des politiques ou techniciens en charge de la Sécurité Routière…vous les connaissez par cœur les fameux « 1% de vitesse en moins = 4% de tués en moins » ou bien « les motards représentent 2% de la circulation mais 18% des tués » et depuis quelques temps « 27 fois plus de risque d’être tué en moto qu’en voiture »…

Ça faisait longtemps que la Sécurité Routière n’avait pas sortie de spot débile ou de message stigmatisant pour la population des motards. Ça paraissait cohérent avec notre participation au CNSR. Finalement le retour du soleil les a démangé, ils n’ont pas pu résister, pas pu patienter (allergie printanière probablement). L’attirail de la motophobie primaire est de nouveau affiché.

Je ne reviendrai pas sur l’évidence qu’il suffirait de ne plus rouler pour qu’il n’y ait plus d’accident et donc plus aucun mort sur les routes. Je ferai juste deux commentaires. Il est aujourd’hui évident (sauf pour la Sécurité Routière) que la population des deux-roues motorisé représente largement plus de 2% du trafic et que donc il faudrait cesser de martyriser les motards avec ce qui est devenu un scandaleux mensonge. Comparer le risque de mortalité moto/voiture à autant de sens que comparer le risque de noyade entre un marin pêcheur et un alpiniste.

Nous sommes indignés par ces manipulations comme nous sommes indignés par la politique du chiffre autour de la vitesse et des radars, par la stigmatisation de la catégorie d’usagers que nous représentons, par la discrimination à l’encontre des conducteurs de véhicules à deux ou trois roues motorisé, comme nous serons indignés demain par les différentes nouvelles obligations que l’on tentera de nous imposer alors même que personne ni aucune étude sérieuse n’auront été en mesure de prouver leur pertinence et leur efficacité.

Patrick

jeudi 28 février 2013

Ceteris paribus sic stantibus

Pour prouver la nécessité de son action et l'efficacité des mesures qu'elle prend, la sécurité routière utilise une statistique essentielle, la courbe du nombre de tués sur la route. Et si la courbe générale baisse depuis 1972, celle des motocyclistes, qui a fortement augmenté durant les années 1970 et reste ensuite à peu près stable jusqu'en 2008, suit un chemin inverse. Cette situation s'explique de la façon la plus simple, par l'explosion des immatriculations de motocycles, qui ont été multipliées par 100 entre 1965 et 1999. Sans doute trop simple, cette explication n'est jamais mise en avant par la politique publique de sécurité routière : à la place, le Délégué interministériel en poste dans les années 1970, années de forte hausse de la mortalité des motocyclistes, revenu "terrifié" après avoir passé son permis moto et convaincu qu'il avait affaire là à un "engin diabolique" a inventé une politique fondée sur des bases non plus rationnelles, mais émotionnelles, en cherchant à tout prix à décourager l'usage, sinon de la moto en général, du moins celui des grosses cylindrées.

Avec lui est née l'idée selon laquelle le risque à moto était d'autant plus élevé que les machines étaient puissantes, d’où découle une réglementation comme l'interdiction de commercialisation des motos de plus de 73,6 kw, toujours en vigueur en France et plus que jamais unique en Europe. Et cette approche émotionnelle n'a jamais été démentie par la sécurité routière, par manque d'études appropriées, faute aussi de données valides puisque les calculs de coin de table utilisés jusque voici peu pour calculer le parc des motos sous-estimaient celui-ci d'un facteur deux, voire trois, et conduisaient l'ONISR à développer des explications essentialistes telles le "problème motard français" selon lequel les motards français se tuent trois fois plus que les allemands, alors même que l'on peut banalement démontrer qu'il n'existe en l'espèce aucune différence significative. Enfin, la sécurité routière s'obstine dans une analyse par définition vide de sens en comparant automobilistes et motocyclistes, alors qu'elle devrait s'en tenir à ce qui est comparable, la situation des usagers vulnérables de la route, cyclistes, cyclomotoristes, utilisateurs de motocyclettes légères, et motards.

C'est pourquoi il n'est pas inutile de se livrer à un petit exercice appuyé sur les données statistiques disponibles les plus fiables, venant des sociétés d'assurance, pour effectuer cette comparaison. On verrait alors que les usagers de deux-roues motorisés qui connaissent le plus fort risque d'être tués sont les plus lents, les cyclomotoristes, et que les faibles différences entre motocyclettes légères et lourdes ne s'expliquent pas par des questions de puissance, mais par l'usage essentiellement urbain des premières, puisque leurs conducteurs ont bien plus d'accidents, mais qu'ils sont généralement moins graves. Enfin, en s'intéressant au seul cas de Paris intra-muros, on peut constater que l'écart entre l'accidentalité des usagers de deux-roues motorisés en général et celle des cyclistes reste faible, et que leur accidentalité globale est, de toute façon, bien supérieure à celle des automobilistes.

Denis Berger

http://sociomotards.net/

vendredi 22 février 2013

Port des gants obligatoire : la fausse « bonne idée »

Circuler sur un deux-roues motorisé est une chose risquée… on le sait. Non pas que le véhicule soit dangereux en soi, mais son conducteur (et passager éventuel) est à cheval dessus et ne bénéficie d’aucune protection en cas de chute, de choc, d’éjection, bref en cas d’accident de la circulation. Déjà à 10 km/h, on peut se faire mal, alors aux allures usuelles, on peut se faire très mal… et pire encore. Donc, tout le monde est d’accord pour dire que sur un deux-roues, on est vulnérable et qu’il faut donc se pro-té-ger ! Les motards (ceux qui ont passé un permis moto et qui circulent le plus souvent possible à moto) le savent bien : alors que le casque est le seul équipement obligatoire, les motards portent en grande majorité un blouson renforcé, du cuir, des gants de moto, de bonnes chaussures ou des bottes.

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Autrement dit, les motards font d’eux-mêmes des choses qui ne leur sont pas imposées par un texte réglementaire… ça alors ! Faut dire que les motards ont de la chance : ils aiment rouler à moto, ils lisent des journaux qui ne parlent que de ça et ça ne les dérange pas de ressembler à des motards puisqu’ils se définissent comme tels.

Mais il n’y a pas que des « motards » qui circulent à deux-roues. Dans les grandes villes où les gens sont désormais confrontés à des questions de « mobilité », il y a aussi plein d’hommes et de femmes qui circulent sur des deux-roues et qui ne sont pas des « motards », au sens passionnel du terme… en général, ils se déplacent sur des scooters correspondant à des catégories administratives auxquelles ils ont accès avec leur permis auto et une petite formation validée par une attestation. Ils portent un casque parce qu’ils savent que c’est obligatoire et aussi parce que c’est indispensable (tout de même !). Les plus avertis adoptent une veste renforcée et parfois, des gants. Pour le reste, c’est souvent le costard-cravate et les chaussures de ville (ou les escarpins) qui complètent une panoplie d’abord conforme aux codes vestimentaires en vigueur au bureau où l’on se rend à deux-roues uniquement parce c’est le mode de transport qui permet de ne pas trop perdre de temps sur des journées déjà bien chargées. Reste les ados sur leurs cyclo ou scooter… souvent en survêtement-baskets parce que les parents font peu cas de l’équipement de leurs mômes et que de toute façon, il n’y connaissent pas grand-chose non plus sur la question (faute d’information).

Brain-storming au ministère

A force de réfléchir sur la question de la sécurité des usagers en deux-roues motorisés et au terme de centaines de réunions et la publication de quelques rapports d’experts, les fonctionnaires de la Sécurité routière sont arrivés à la conviction que le port d’un équipement « adapté » permet de réduire la gravité des blessures dans les accidents de deux-roues. Avec quelques études encore plus poussées validées par des avis scientifiques (indispensable, sinon c’est pas sérieux ), les représentants des Pouvoirs publics sont également arrivés à l’hypothèse certainement probable que les motards (ceux qui ont le permis moto pour utiliser un « gros cube ») sont généralement bien équipés… en tout cas plus que ce que la réglementation ne l’exige. Admettre que des gens qui semblent aimer prendre des risques au point de s’obstiner à circuler sur ce qu’il y a de plus dangereux, puissent d’eux-mêmes se préoccuper de limiter leurs risques sans qu’une loi ne les y oblige, ça n’a pas été chose facile chez les ingénieurs de la Sécurité Routière dont le premier réflexe consiste à foutre la trouille aux gens pour leur inventer des lois supplémentaires… mais bon, ils ont fini par en convenir : les motards sont bien équipés.

Mais pour les autres, les employés de bureau en scooter et les ados, comment faire ? Ils ne lisent pas la presse moto, ils sont peu sensibilisés à leurs propres enjeux d’exposition aux risques et de toute façon, les Pouvoirs publics n’ont jamais consacré autant de moyens à leur expliquer l’intérêt de bien s’équiper qu’ils en mettent habituellement pour nous convaincre que les radars ont sauvé des vies grâce à la menace du retrait de points sur le permis.

Chassez le paternel, il revient au galop : « on va o-bli-ger les gens à s’équiper ! Ça a marché pour la ceinture en voiture, ça marchera pour les deux-roues ! Et toc ! Lamoëlle, appelez le service de la réglementation, qu’ils nous concoctent un bon p’tit décret de derrière les fagots ! » Voui mais par quoi va-t-on commencer ? Le casque, c’est fait depuis longtemps… le blouson ? Hummm, ça coûte cher et puis y’a des normes, c’est compliqué, sans parler de la concurrence asiatique qui nous fait un tort terrible… les bottes alors ? Pas pratique et puis les moto-taxi ne vont pas pouvoir demander à leurs clients d’enfiler des bottes, sans compter les problèmes de tailles… Faut tenir compte de la clientèle des moto-taxi, ce sont parfois des députés ou des grands chefs d’entreprise. « Et les gants ? » "Ah, bravo Lamoëlle ! C’est parfait, ça ! Pas trop cher, facile à transporter… et vu que les motards en portent déjà, les braillards de la Fédération des motards en colère ne vont pas nous embêter, n’peuvent pas être contre quelque chose qu’ils ont adoptés d’eux-mêmes, d’autant plus qu’ils préconisent l’équipement de protection dans toutes leurs publications… même sur leurs forums Internet, y’en a qui sont déjà d’accord. Les gants, c’est vraiment bien, ça faire une belle annonce au Conseil National de la Sécurité Routière, le ministre sera content."

Tout de même… imaginer une loi pour imposer le port d’un équipement qui relève avant tout du simple bon sens ? N’y aurait-il pas un truc de cassé au fronton de la République, là où l’on peut lire la devise qui commence par « Liberté » ? Les fonctionnaires ministériels, garants par principe de nos valeurs républicaines répondent « qu’il n’y a que les obligations qui fonctionnent », que « la prévention ça ne marche pas » ! Mais jusqu’à présent, a t-on fait de la prévention en direction d’usagers qui ne se retrouvent pas dans les catégories habituelles, automobilistes ou motards, parce qu’ils sont justement entre les deux ? Non : rien n’a été entrepris en direction de cette catégories d’usagers de la route que les Pouvoirs publics continuent à ignorer au point de ne même pas les prendre en compte dans les plans de déplacements urbains. Et pourtant, la prévention, ça fonctionne chez les motards dont on se plait à a dire qu’ils seraient réfractaires à tout ! La preuve, ils portent des gants alors que rien ne les y obligent, sinon la conscience établie chez eux que c’est tout simplement indispensable. Les motards démontrent ainsi qu’un individu convaincu reste convaincu… alors qu’un individu simplement contraint se relâche en même temps que la pression réglementaire se relâche également, façon « pas vu pas pris ».

Si l’on veut vraiment que les gens s’approprient durablement les enjeux de sécurité routière, ce qui est un des objectifs déclarés du CNSR, vaut-il mieux convaincre ou faut-il contraindre encore ? Pour l’éthylotest (recommandé mais non sanctionné pour lui laisser ses vertus d’outil d’auto contrôle, donc laissé au jugement du conducteur), le CNSR vient de prendre une position assez habile… continuons dans cette voie.

MB

vendredi 21 décembre 2012

2012, c'est pas l'année de la loose !

La FFMC a frôlé la surchauffe moteur en 2012 mais à l’arrivée les résultats vont au-delà de ses espérances.

Année électorale, 2012 a cristallisé les nouveaux efforts des motards en colère pour décliner ses revendications de façon convaincante et constructive. Le C de la Colère s’est vu renforcé par le C de Citoyen.

Cela a commencé avec la publication du « Manifeste pour une meilleure sécurité routière des deux-roues motorisés ». Destiné aux élus et responsables de sécurité routière, il contient la quintessence de 30 ans de propositions de la FFMC pour le développement de la pratique de la moto en toute sécurité.

Il a été utilisé intensivement par les antennes départementales de la FFMC pour soutenir nos positions auprès des candidats aux élections présidentielles et législatives, et plus généralement auprès de l’ensemble des acteurs de la sécurité routière.

Au mois de mars, lorsque la FFMC appelle à manifester pour une autre politique de sécurité routière elle mobilise plus de 90 000 motards dans toute la France. Elle espère que l’alternance politique permettra à certains dossiers d’avancer et dès la formation du gouvernement, elle prend contact avec les principaux ministères pour porter ses arguments au cœur des centres de décision.

Les Zapa, mesures discriminatoires et antisociales d’interdiction des véhicules anciens sont ainsi rapidement zappées par la ministre Delphine Batho.

Au mois de juillet la Commission Européenne publie un projet de règlement européen pour imposer un contrôle technique annuel à tous les véhicules de 6 ans ou plus et qui s’appliquera aux motos. Alertée par la FEMA, la FFMC affine ses argumentaires, en rassemblant les études démontrant l’inutilité de cette mesure dictée par le lobby des contrôleurs techniques. Ses militants rencontrent des eurodéputés et elle mobilise à nouveau des dizaines de milliers de motards le 22 septembre pour alerter les députés européens.

Le résultat arrive là ou on ne l’attend pas, et le début octobre c’est la Commission des Affaires Européennes du Sénat qui décerne un carton jaune à l’Europe sur le dossier du Contrôle technique car contraire au principe de subsidiarité, bientôt imitée par l’Assemblée Nationale.

Entre-temps le Parlement européen met un point final à un dossier vieux de plus de 3 ans en bouclant le règlement européen sur l’homologation des motos. A l’arrivée : des motos plus propres, plus sûres, mais surtout pour les français, la disparition annoncée (en 2016) de la très discriminatoire limitation de puissance des motos. Les motards échapperont aussi grâce au lobbying de la FEMA à des mesures anti-modification très contraignantes et inutiles.

Les 16 et 17 novembre, les antennes départementales organisent partout en France une campagne pour dénoncer une mesure symbolique mais hautement stigmatisante pour les motards : le port obligatoire en toutes circonstances d’un dispositif « rétroréfléchissant » pour tous les conducteurs de deux-roues motorisés de plus de 125 cm3. Les monuments seront « fluorisés » et accompagnés d’affiches dénonçant la mesure. Dix jours plus tard, à l’occasion de la réactivation du Conseil National de la Sécurité Routière où la FFMC a été invitée à siéger en tant que membre permanent, et dont le PDG de la Mutuelle des Motards présidera le groupe deux-roues, la suspension de cette mesure est annoncée par Manuel Valls.

Dans la foulée, le cabinet du ministre de l’intérieur recevait des mains du préfet Régis Guyot un rapport sur les possibilités de légaliser la circulation en interfiles des deux-roues dans les embouteillages. Demandé depuis 15 ans par la FFMC, cette mesure pourrait permettre de l’enseigner dans les formations à la conduite et de limiter les comportements à risque.

Mais à l’approche de la fin de l’année, il semble qu’il reste de la place dans la hotte du père noël : Alors que les statistiques de la sécurité routière annoncent une baisse historique du nombre de tués à moto, le nombre d’adhérent à la FFMC dépasse lui pour la première fois le cap des 10 000. Et la nouvelle tombe dans une FFMC déjà euphorique : le Conseil des ministres de l’Union Européenne accepte de retirer intégralement le chapitre « Deux-roues motorisés » du projet de directive européenne sur le contrôle technique moto et de rester à une fréquence biennale (et non annuelle comme c’était souhaité par la Commission Européenne) du contrôle technique pour les autres véhicules. Reste maintenant à convaincre les députés du Parlement Européen …

Enfin, annoncée pour janvier prochain, mais en préparation depuis des années, le nouveau permis de conduire moto européen s’inscrit dans une évolution positive, vers plus de réalisme et une progressivité mieux pensée, portant lui aussi la marque des efforts de tout le Mouvement FFMC et de ses partenaires européens.

En effet, pour la FFMC, ces victoires ne sont pas le fruit du hasard, mais le résultat d’un travail acharné de tous les militants, salariés, responsables nationaux et départementaux de la Fédération. A l’occasion de cette fin d’année La FFMC tient à rendre aussi hommage à tous ceux qui chacun à leur niveau ont permis ces succès, à commencer par ses adhérents qui lui donnent les moyens de les défendre et tous ceux qui la soutiennent.

Loin de s’endormir sur ces fragiles lauriers, elle veut maintenant transformer l’essai et faire qu’en 2013, les succès d’hier annoncent les victoires de demain, grâce à sa présence active au sein d’instances comme le Conseil National de la Sécurité Routière ou le Conseil Supérieur de l’Éducation Routière et à enterrer pour de bon le projet de contrôle technique obligatoire.

En partenariat avec tous les acteurs de la filière « deux-roues motorisés » (constructeurs, réparateurs, revendeurs, assureurs et associations partenaires), le Mouvement FFMC entend continuer à promouvoir la pratique de la moto et défendre tous les usagers du deux-roues motorisé. Et au-delà, désormais ancrée dans les plus hautes instances liées à la Sécurité Routière, reconnue en tant qu’experte, acteur citoyen veillant à ses droits comme à ses devoirs, la FFMC en 2012 a été lanceur d’alerte et compte bien le demeurer en 2013 !

Tous nos vœux militants à toutes et tous.

CarteFFMC

mercredi 19 décembre 2012

Les 2RM, ces invisibles...

panneau moto oui/non Jeudi 13 décembre se tenait une conférence parlementaire sur les transports, à la Maison de la Chimie (Paris 7e). « Parlementaire », ça veut dire que des députés y participent (l’Assemblée nationale est toute proche) et que l’événement est placé sous leur patronage. Cette journée était présidée par Armand Jung, député socialiste du Bas-Rhin récemment nommé président du Conseil National de la Sécurité Routière (CNSR). La conférence portait sur "quelles solutions de mobilité dans les transports de demain".

Voilà de quoi intéresser un chargé de mission sécurité routière de la FFMC… la « mobilité » comme on dit de nos jours, ça nous concerne un peu, non ? Donc, parlementaires, chefs de projets, commis de l’État, chercheurs ou représentants d’industriels se sont succédé pour parler des transports au sens large, des enjeux environnementaux, de la place de l'Europe, tout ça dans le contexte de crise économique actuelle. Comment les pays de l’Union européenne se mettent d'accord pour élaborer leurs directives et autres règlements, selon quels processus, où en est le camionnage (dumping, concurrence Europe de l'Est), le fluvial (projet de canal Seine-Nord), le fret maritime (vers quels ports en Europe, sur quelles routes commerciales), les routes de demain (avec Vinci-Cofiroute vantant son tunnel duplex A86 –pourtant interdit aux deux-roues motorisés- et déplorant la place de l'auto utilisée à une seule personne, trop d'emprise au sol sur des voiries pas extensibles en largeur), les enjeux de mobilité en ville (embouteillages, parkings, vitesse des flux, covoiturage et vélos), la technologie des véhicules du futur couplées à des routes "intelligentes" (présenté par l’IFSTTAR), les métro, les trains de banlieue, les tram’… un ingénieur de chez IVECO a évoqué les technologies des bus hybrides et les comparaisons avec le parc des transports en commun en Allemagne. Ça a causé trains aussi, avec les grands réseaux ferrés... mais rien sur le ferroutage ! Oublié ! ça n'existe plus ?

Bref, à fond dans la prospective et l'analyse des trucs qui coûtent cher et qui ne marchent pas, constatant sans se remettre en cause que la France joue la surenchère réglementaire qui freine les projets, se satisfaisant des formidables atouts du génie français tout en déplorant que rien ne fonctionne pour se maintenir mais on va continuer comme ça parce qu'on est meilleurs que tout le monde... Personne n'a osé parler d'aviation et d'aéroports, sûrement pour éviter d'ouvrir la boîte à camembert à propos de la crise gouvernementale qui couve dans la marmite du bocage nantais.

Et la moto ?
J’écoutais tout ça en regardant les immenses affiches de la conférence pendues de chaque côté de la tribune, visuels où des pictogrammes symbolisaient un avion, un train, un bateau, une voiture, un tramway et... un vélo.

conftrans.jpg Pas de logo symbolisant un deux-roues motorisé (2RM), moto ou scooter. Ni sur l'affiche, ni dans les débats... Rien de rien ! Et pourtant, les 2RM sont une des réponses alternatives et évidentes à plusieurs problèmes évoqués : place de la voiture (emprise sur les chaussées et stationnement), faible taux d'occupation des autos en trafic utilitaire quotidien, temps de trajets trop long impactant mobilité et fiabilité des salariés, coût du carburant, lenteur de la mise en place de l'électrique... mais durant toute la journée, c'est comme si le 2RM n'existait pas, n'avait jamais existé et n'existerait jamais. Habituel me direz-vous, oui mais cette conférence était présidée par Armand Jung, président du Conseil National de la Sécurité Routière où les 2RM sont un point important…ou alors serions-nous importants juste quand il faut nous reprocher l’implication des 2RM dans les accidents de circulation ?

A la fin du dernier exposé qui portait plus précisément sur la « mobilité » en ville, au moment des tours de parole dans l'assistance, j'ai demandé le micro et en quelques minutes, je me suis étonné de ne rien avoir entendu sur les 2RM, grands absents de cette journée alors qu'ils sont une solution alternative à considérer, comme ils ont d'ailleurs été pris en compte par Madrid et Londres, villes citées en référence pour leurs bons exemples d'inter-modularité (mot à la mode revenu plusieurs fois) lors des débats au cours de la journée. J’ai rappelé que les 2RM représentent 8% sur l’ensemble des conducteurs assurés et que le trafic des 2RM sur Paris et sa proche banlieue était évalué à 20% des véhicules au moment des pics horaires en semaine : j'ai cité l'étude publiée la semaine dernière qui dit que les embouteillages coûtent 5,6 milliard €/an à la France… j’ai également évoqué cette étude belge réalisée l’an passé qui avait calculé que si 10% d’automobilistes passaient au 2RM, ça ferait 40% d’embouteillages en moins et je leur ai rappelé (ou appris, sans doute) que toujours la semaine dernière, l'Australie venait de déclarer l'usage du 2RM d’utilité publique… alors qu'est-ce qu'on attendait ici pour en parler ? J'ai terminé ma brève intervention en disant que "oui, la France est bien aux antipodes de l'Australie, si vous me permettez cette parabole géographique... et philosophique."

A la tribune, ils en sont restés un peu scotchés et Armand Jung a tenu à préciser que cette conférence n'avait pas pour but d'évoquer les particularités des véhicules par le menu détail, tandis que le gars de chez IVECO a témoigné, comme pour s’excuser de cet oubli général, être un adepte assidu des moto-taxi. Bon ben nous v’la sauvés !

Dans l’auditoire, un adjoint à la mairie de Toulouse qui s'exprimait après moi a cité la FFMC comme porteuse de propositions intéressantes, soutenant qu'il fallait nous associer systématiquement dans les débats sur le stationnement des 2RM à développer d'urgence. Je suis ensuite allé le saluer en lui remettant un exemplaire de notre Manifeste pour la sécurité routière des 2RM et en le remerciant pour son soutien.

Voilà... ce n'était pas une journée de "production", mais une journée enrichissante quand même pour confirmer que le 2RM est un insecte négligeable dans leurs prospectives de haut niveau... on ne s'intéresse à nous qu'au moment de parler de sécurité routière où nous tenons alors le rôle d'insecte nuisible à mettre sous cloche. Rien que pour ça, rien que pour mes trois minutes d'interpellation finale, ça valait le coup d'y être quand même, histoire de leur rappeler que le 2RM existe et que bon gré mal gré, faudra faire avec.

Marc Bertrand

http://rivington.fr/pdf/prog_conference_transport.pdf

lundi 10 décembre 2012

Après l’heure, c’est trop tard !!!

Le commerce a pour moteur la satisfaction des besoins de l’homme. Oui mais ça c’était avant… Les boutiquiers ont fait place aux grands commerçants, ils ont inventé la grande distribution, et la réclame a cédé sa place à la publicité, le représentant s’est effacé devant le lobbyiste.

Un maître mot guide l’action… profit, profit à tout prix, profit à n’importe quel prix ! Vous n’avez pas beaucoup d’argent ?... ça fait rien on va vous le prendre quand même ! Savez-vous que plus vous achetez, plus vous économisez ! Si si, c’est un concept, ça fait vendre et ça remplit les frigos… ça détruit la planète et fabrique des générations d’obèses pour la plus grande satisfaction des actionnaires des grandes enseignes. Chaque Français jette 20 kilos de nourriture pas an, souvent dans l’emballage d’origine. Oui mais avec la grosse remise pour les achats par paquets de 50 et les points sur la carte de fidélité ça vaut le coup !

C’est le règne de la cupidité, tout est bon pour alimenter la cagnotte… Un ministre chahuté après l’annonce précipitée de la suppression des panneaux indiquant les radars et voici que fleurissent les propositions commerciales et les radars pédagogiques s’imposent sur nos routes. L’alcool est la cause principale des accidents … le lobbying d’un vendeur proactif, un décret bâclé et les alcootests emplissent immédiatement les rayons… la pénurie s’annonce, on double le prix… voyez caisse !. Les motards ne sont pas visibles… z’ont qu’à porter un brassard fluo dit un abruti primaire.... L’encre du décret imposant la mesure à peine sèche, la conférence de presse à peine achevée, les commandes inondent les usines du tiers monde… on va se gaver, faut être les premiers, faut en fabriquer des millions… les femmes et les enfants au boulot ya des tunes à se faire !

Comment ça sert à rien ? Comment c’est stigmatisant ? Comment le jaune c’est la couleur de l’infamie ? Vous voulez rire, c’est pas nous qui décidons… nous on est pas là pour juger, on est là pour fournir, pas pour se poser des questions ! La morale et l’éthique ont foutu le camp depuis belle lurette… Même après que le bon sens l’ait emporté et que le ministre en charge de la sécurité sur la route ait ‘reporté’ la mesure, Carrefour (1), Maxxess (2), et peut être d’autres demain s’empressent de charger les têtes de gondoles pour écouler dare-dare les milliers de morceaux de chiffons devenus inutiles, une mention bien en vue rappelant aux étourdis ou aux mal informés le texte du décret scélérat.

Carouf Brassard

On ne s’avoue donc jamais vaincu dans la grande distribution. Jusqu’au bout… tant que je gagne, je joue… Misérable attitude, comportement intolérable… Messieurs, ne méprisez pas le consommateur, respectez-vous et respectez ceux qui vous font vivre, acceptez de gagner un peu moins pour gagner plus longtemps. Soyez en tous cas assurés de notre vigilance et de notre détermination pour toujours vous rappeler le meilleur endroit où les caser les gadgets inutiles. Comme disait les anciens, « on hasarde de perdre en voulant trop gagner »(3).

Patrick

(1) Carrefour Nevers (2) Maxxess Lyon (3) Jean de La Fontaine.

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