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La FFMC a participé à la concertation sur le deux roues motorisé (parfois appelé Grenelle de la moto) lancée à l’initiative de la DSCR le 5 juin 2009. Dans un souci de transparence, et afin de rendre compte auprès de ses adhérents et plus largement auprès du monde motard des discussions qui interviennent dans les différentes thématiques (formation, infrastructures, réglementations, etc...), la FFMC a mis en place ce blog qui a été alimenté au fur et à mesure des réunions. Le 31 mars 2011, la FFMC n'a pas souhaité poursuivre les débats de plus en plus fermés. Les mesures répressives annoncées par le gouvernement le 11 mai 2011 lui ont donné raison. Pour autant, la FFMC continue d'alimenter le blog pour faire partager ses travaux et ses analyses sur la sécurité routière.

mercredi 9 mai 2012

-22% de tués en avril 2012 : historique… ou pas ?

Dans son communiqué paru le 4 mai, la Sécurité Routière annonce une baisse des tués de 22.2% par rapport au même mois de l’année précédente. Si on ne peut que se réjouir d’une telle baisse, on peut la trouver étonnante, il est donc toujours utile d’en trouver les causes. Tout d’abord, examinons les statistiques elles-mêmes : -22.2% de tués en 2012 par rapport à 2011, ok, mais le mois d’avril 2011, comment était-il ? Particulièrement mauvais, puisqu’il y avait eu une hausse 21.6% en 2011. Souvenez-vous c’est suite à tout cela que le CISR avait annoncé tout un tas de projets débiles, comme le port de gilet fluo pour les motards ou la suppression des panneaux informant de la présence d’un radar fixe. Evidemment Chantal Perrichon , présidente de la Ligue Contre la Violence Routière, mettait cette hausse sur le compte de l’assouplissement du permis à points. Sauf que cette hausse ne s‘est pas confirmé par la suite. Dommage pour elle et son dogme répressif. Donc 296 morts en 2010, 360 en 2011, 280 (chiffres provisoires) en 2012. Mais alors, nous sommes revenus quasiment au point de départ ? C’est un peu comme le magasin qui multiplie par 2 ses tarifs avant de tout solder à -50%. Deux ans, pour constater une baisse de seulement 5%, ce n’est pas ce qu’on peut qualifier d’historique…C’est même moins que la moyenne depuis la baisse initiée depuis les années 70.

Ainsi, la Sécurité Routière, à tout seigneur, tout honneur, nous donne elle-même 2 éléments pour expliquer cette baisse: les conditions climatiques extrêmement « favorables » en 2012, et le prix des carburants. Concernant la météo, derrière le mot « favorables », comprenez « météo pourrie », qui incite les conducteurs, notamment les usagers vulnérables, à limiter leur déplacement. Et quel meilleur moyen d’éviter les accidents que de rester chez soi ! Ainsi, quand il pleut, ou mieux, quand il y a de la neige, les usagers limitent leurs déplacements pour leurs loisirs, et pour les autres, lorsque c’est possible, optent pour les transports en commun, ou limitent leur vitesse, et donc la gravité des accidents. A l’inverse, le mois d’avril 2011 était très ensoleillé, avec des températures nettement au dessus de la normale, et les statistiques de la Sécurité Routière s’en étaient ressenties. Il en va de même pour le prix du carburant, qui ont atteint des records : avec un litre de SP 95 à 1.65€ en moyenne, et un litre de gasoil à 1.43€, on y réfléchit à 2 fois avant d’emprunter son véhicule.

Un autre facteur influe sur le risque d’accidents : l’activité économique. D’une part, parce que le trafic poids lourds, même si les routiers ont peu d’accidents responsables, provoque des accidents très graves. Et que ce trafic est fortement corrélé à l’activité économique. Or, ces derniers temps, elle est, comment dire…faiblarde. D’autre part, parce que l’activité économique nécessite aussi le déplacement des salariés (vu que nous ne dormons pas sur notre lieu de travail comme en Chine). Or, les 193000 chômeurs supplémentaire en France métropolitaine (c’est une habitude de ne pas compter les DOM !) entre mars 2011 et mars 2012 (chiffres d’avril pas encore disponibles…) ne risquent plus de se tuer sur leur trajet domicile-travail. Ce qui nous amène à une remarque : comment cela se fait-il que les chiffres du nombre de chômeurs d’avril ne sont pas encore disponibles, alors que ceux de la Sécurité Routière le sont ? Pourquoi une telle précipitation pour annoncer ces derniers, seulement le 4 du mois suivant, sachant que le 1er était férié. Y aurait-il un dernier espoir…électoral qui justifie une telle précipitation, de ne pas pouvoir attendre le lundi 7 mai, sachant que les chiffres définitifs, les décès à 30 jours, ne peuvent mathématiquement pas être connus avant la fin mai ? Le président sortant avait-il besoin de statistiques favorables à présenter afin d’espérer une victoire ?

Alors au final, on constate que la météo est capable de faire varier le nombre de tués sur les route de plus ou moins 20%, ce qui pose quand même sérieusement la question de l’intérêt des statistiques mensuelles, où on se félicite d’une baisse de 5% et où on pointe du doigt les conducteurs quand la hausse atteint 10%. On peut aussi se demander à quoi cela sert de ponctionner 630 millions d’euros aux conducteurs via les radars automatiques (sauf si c’est pour qu’ils n’aient plus d’argent pour faire le plein et donc ne plus rouler). Et enfin, à quoi cela a-t-il servi que l’Etat réduise de centaines de milliers d’euros les Plans Départementaux d’Actions de Sécurité Routière afin de financer l’achat des radars démagogiques pédagogiques. D’ailleurs, ce serait bien que la Cour des Comptes mette son nez là dedans pour en faire le bilan…

Fred

jeudi 29 mars 2012

L'équipement du motard

Depuis janvier 2012, un groupe de travail piloté par le préfet Régis Guyot est chargé par le ministère de l'Intérieur, en lien avec la Direction de la Sécurité et de la Circulation Routière (DSCR), de réfléchir à la question de la circulation interfiles des 2RM dans les embouteillages. Les travaux sont découpés en six thématiques : les risques, quelles types de voiries, quels type de 2RM sont concernés, quelles manœuvres et quelle réglementation, quel équipement le conducteur de 2RM doit-il adopter, comment communiquer sur l'interfile.
Ces travaux sont débattus en réunion plénière par le groupe au complet. Il est composé des principaux représentants des usagers, des fonctionnaires de la DCR, de chercheurs et de fonctionnaire de l’Équipement et de policiers du Ministère de l'Intérieur. Les travaux de chaque groupe thématique font l'objet de réunions en sous-groupes qui auditionnent des spécialistes des problématiques considérés.

Compte-rendu de la réunion du sous-groupe de travail sur les Équipements de Protection Individuels (EPI) du 6 mars 2012 dans les locaux de la DSCR

L’ordre du jour était consacré aux équipements individuels de protection (EPI). En préambule, Pascal Dunikowski (chargé de mission 2RM « national » à la DSCR) a dit que le « Groupe de travail Guyot » était une volonté du ministre de l’intérieur pour réfléchir à la question des remontées de files, que cette question était dans l’air depuis longtemps mais que cela n’avait pu aboutir parce que c’était « mal ficelé ». Le représentant de la FFMC a rectifié en revenant sur les trois années de concertation nationale sur la SR des 2RM, qu’il y avait déjà eu quatre groupes de travail dans le passé sur les remontées de files, qu’un décret était prêt en 1999 et qu’il n’avait pas été signé par le ministre de l‘Intérieur de l’époque parce que les forces de l’ordre ne savait pas comment mettre en place une méthode de contrôle des comportements inadaptés. Depuis, il y a eu la Concertation, des discussion poussées sur les remontées de files, quatre cas types définis et une étude scientifique de l’IFSTTAR qui validait ce que les usagers savaient déjà et ce que la FFMC avait aussi démontré, à savoir que la remontée de files, effectuée dans les conditions que nous préconisons, n’entrainait pas de sur-risque supplémentaire. Comme quoi on ne partait pas de rien et qu’il était inexact de laisser penser dès le début de cette réunion que nous allions défricher un terrain inconnu.

L’assemblée a ensuite débattu de la question des EPI.

Il s’avère que personne n’est en mesure de définir quelles seraient les normes à imposer et ce qu’est un EPI, à usage professionnel ou pas. Le représentant de la FFMC est revenu sur les différences entre équipement a-minima indispensable qui fait encore défaut chez les cyclomotoristes et les « motomobilistes » en scooter et sur le fait que ce n’était pas nécessaire de mettre la pression d’un suréquipement pour les motards déjà majoritairement bien équipés. Pour soutenir ses propos, il a fait référence aux propositions du manifeste de la FFMC dont un exemplaire a été distribué aux membres du groupe qu’il l’ont favorablement accueilli. La représentante de la Sté Soubirac a d’ailleurs observé que rien de sérieux n’était envisagé pour les utilisateurs de petites cylindrées pas du tout sensibilisés au moindre équipement. Les équipementiers ont fait part de leurs inquiétudes sur ce qu’ils devraient proposer à leurs clients dans la mesure où ils ne savent pas aujourd’hui où nous allons, si il y aura obligation ou pas. Nous avons discuté du cas de la Belgique qui a imposé, depuis l’été 2011 le port de « tenues couvrantes » aux usagers 2RM sans pour autant définir de niveau de protection. Tout le monde interprète cette mesure comme positive dans la mesure où elle interdit de monter sur un 2RM en short et ticheurte ou chemisette et que c’est déjà un mieux en matière de prise de conscience des risques et de la nécessité de se protéger. Le représentant de la FFMC, de l’AMDM, ainsi que Serge Célerin (ancien pompier de Paris) ont rappelé que l’équipement atténue les blessures dans une moindre mesure, mais que cela n’empêchait pas l’accident. Par conséquent, l’effort est à porter majoritairement vers l’enseignement d’une conduite préventive. Il a également été rappelé qu’on ne pouvait pas se tenir au seul indicateur de mortalité pour considérer les accidents alors que seul le casque est obligatoire et que la majorité des blessures invalidantes concernent les membres inférieurs. Nous avons également soulevé un point épineux : obliger l’usager à porter des protection, c’est une chose, mais comment s’assurer que son blouson comporte bien des renforts alors que les forces de l’ordre ne sont pas autorisés à « palper » et à faire dévêtir un conducteur lors d’un contrôle routier ? Le représentant de la Sté Furygan a alors exprimé ses doutes sur l’objet de la réunion… Nous avons ensuite discuté des assureurs et certains participants ont évoqué le « cas allemand » où les équipements seraient imposé par les assureurs. Faux a répondu le représentant de la Mutuelle des Motards qui a précisé qu’à la Mutuelle, la couverture corporelle et équipement sont incluses d’office dans le contrat". Et nous sommes revenus à la question des EPI.

Le représentant de la FFMC a relevé le désir à peine masqué de la DSCR de vouloir rendre obligatoire des équipements, citant l’exemple du brassard rétro-réfléchissant comme étant une mauvaise réponse à une bonne question pour illustrer le caractère mal à propos de cette obligation assortie d’une retrait de points de permis de conduire, menace comprise avec d’autres obligations à venir quant au port d’équipements. Le représentant de la FFMC a rappelé que lors d’une rencontre avec Jean-Luc Névache (Délégué Interministériel à la Sécurité Routière) en septembre 2011, nous avions proposé de travailler avec les équipementiers pour homogénéiser les formes et emplacements à définir pour doter de dispositifs rétro-réfléchissants les vêtements proposés à la vente dans l’avenir… équipements d’ailleurs déjà prévus d’origine sur les survêtements de pluie et les blousons « techniques » en synthétique renforcé… Ainsi, au gré du renouvellement de la « garde-robe » des usagers, la majorité des usagers se retrouveraient de mieux en mieux équipées à moyen terme….
Hélas, cette option raisonnable n’a pas été retenue par la DSCR qui a préféré passer en force en décrétant le port obligatoire d’un brassard dès l’année prochaine… décision d’autant plus inadaptée qu’elle ne s’applique qu’aux motards en 125 cm3 et plus, qui sont déjà les usagers en 2RM les mieux équipés. Autrement dit nous en sommes encore à discuter de la température de l’eau du jacuzzi alors que certains ne sont même pas équipés d’une salle de bains !

A la fin de cette rencontre, les participants sont tombés d’accord pour des incitations au port d’équipements, mais contre une obligation… tout juste le représentant de la Csiam a t-il proposé de rendre au minimum les gants obligatoires, sans doute par souci de proposer une porte de sortie honorable à la DCSR. Reste que la moindre obligation pourrait bien servir de porte d’entrée à d’autres obligations dans l’avenir.

PARTICIPANTS

Les membres permanents du Groupe Guyot représentaient la Fédération française des motards en colère (FFMC), les forces de l’ordre (Uclir), la société City-Bird (motos-taxis), l’agence Vigi-deux-roues (prévention du risque en entreprises). Les personnes auditionnées représentaient Moto-magazine (rubrique Consomotard), la Chambre syndicale des importateurs de motos (Csiam), les sociétés Soubirac-Motomod, Cardy, Furygan, Shark-Béring, Elite–Protairbag et la Sté Française d’électronique appliquée (produits RVR-Safety) qui était accompagnée de Serge Célerin (ex BSPP, casques d’Argent, consultant sécurité accompagnements moto) et les représentants des assureurs avec la Mutuelle des Motards et la Fédération française des sociétés d’assurances (FFSA).

Z.A.P.A - Zones d'Action Prioritaires pour l'Air

Les zones d'action prioritaires pour l'air, alias ZAPA, répondent à un arrêté du Ministère de l'Ecologie, lequel concerne les communes et groupements de communes dont la population dépasse 100 000 habitants. Ces collectivités pourront mettre en place, sur tout ou partie de leur territoire, des zones qui seront interdites à certaines catégories de véhicules, en fonction de leurs émissions de polluants. Le calendrier prévoit pour l'heure une procédure expérimentale d'une durée de trois ans, et le Ministère recrute des collectivités volontaires qui devront faire part de leurs intentions au plus tard en juillet 2012. Pour l'instant, une dizaine de villes et de communautés se sont déclarées, même si certaines, comme Clermont-Ferrand, prenant en compte la discrimination sociale induite par ce dispositif, ont déjà renoncé. On en compte deux en Île-de-France : Paris et Plaine Commune, la communauté de communes qui regroupe tout l'ouest de la Seine-Saint-Denis à l'exception de Saint-Ouen.

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Le principe serait donc d'interdire ces zones à certains véhicules, en particulier les deux-roues motorisés datant d'avant juillet 2004, et les automobiles d'avant octobre 1997 ?

Absolument pas. L'arrêté prévoit, en fonction des normes antipollution auxquelles satisfait le véhicule, un certain nombre de cas. Pour les deux-roues motorisés, en effet, la situation est simple : commercialisé à partir de juillet 2004, c'est vert, et aucune restriction ne s'applique ; mis en service avant, c'est la poubelle. Pour les automobiles, on distingue quatre situations, vert, jaune, rouge et, avant 1997, poubelle. Mais le paradis de la zone verte ne sera accessible qu'aux heureux propriétaires de voitures commercialisées à partir du premier janvier 2006, donc vieilles de moins de six ans. L'âge moyen du parc étant, selon la récente enquête ENTD de l'INSEE, de 8,7 ans, il va y avoir beaucoup d'exclus. L'arrêté ministériel chiffre ainsi le pourcentage de véhicules légers concernés, essence et diesel confondus, à 69 % du total, soit plus de deux sur trois.

Mais comment justifier une telle politique ?

La santé, bien sûr. Pour citer l'arrêté : "L'Organisation Mondiale pour la Santé a montré qu'environ 42 000 personnes décédaient chaque année en France pour cause de maladies dues à la pollution par les particules dans l'air (décès en moyenne dix ans plus tôt pour cause notamment de maladies cardiovasculaires, respiratoires et cancers). Cela touche donc chaque année 5 % des décès en France, et représente une baisse d'espérance de vie de l'ordre de huit mois dans les villes françaises." Bon, on a un peu de mal à comprendre comment le fait que 5 % de la population meure en moyenne dix ans avant le terme prévisible de son existence se traduise par une réduction de son espérance de vie de huit mois, mais les rédacteurs de l'arrêté étaient sans doute pressés.

Particules dans l'air ? Mais ces émissions ne sont-elles pas propres aux moteurs diesel ?

En effet ; ces particules ont des origines assez variées, mais seuls deux types de motorisations y contribuent : les vieux deux-temps dans le genre des Vespa PX, qu'il serait sans doute sage, pour le bien commun, de laisser plus souvent au garage, et, très majoritairement, les diesel. Or, la motorisation diesel ne concerne pas tous le monde : les bus, les camions et les véhicules utilitaires mais aussi, en France, les automobiles. Selon un récent numéro de la revue de feu le Conseil Général des Ponts & Chaussées, le parc des voitures diesel est ainsi passé de 1 149 000 véhicules en 1982 à 18 256 000 en 2008 ; dans le même temps, le nombre des automobiles à essence a baissé de 17 695 000 à 14 230 000. Quant au parc de motos diesel on sait que, aujourd'hui comme en 1982, il est égal à zéro.

Mais alors, en quoi les ZAPA concernent-elles les motocyclettes et leur moteur quatre-temps à essence ? Encore la faute de l'Europe ?zapa-fumee-particule-diesel.jpg

Absolument pas. La communauté européenne impose certes un respect de normes de qualité de l'air, mais elle vise essentiellement à réduire les émissions de particules. Si l'on passe en revue les zones de faibles émissions qui existe déjà en Europe on constate que, le plus souvent, seuls sont concernés les autobus et poids-lourds : c'est le cas à Londres, à Stockholm et plus généralement en Suède, à Copenhague ou bien à Prague. En Allemagne, les restrictions s'appliquent aussi aux automobiles, essence ou diesel, mais de façon plus stricte pour le diesel : ainsi, à Berlin, sont interdites en centre ville les voitures à moteur diesel mises en service avant janvier 2006, et les automobiles à essence d'avant janvier 1993, ce qui laisse une certaine marge. Et, dans toutes les zones allemandes, les deux-roues motorisés peuvent circuler sans restriction. En fait, pour l'instant, on ne trouve de zones d'exclusion des deux-roues motorisés qu'en Italie. Là, la situation varie fortement selon les villes mais, le plus souvent, ces mesures ne frappent que les deux-temps, et encore : ceux qui ne satisfont pas aux normes Euro 2. Tous les deux-roues quatre-temps âgés de moins de dix ans sont ainsi libres de circuler. Les ZAPA sont donc doublement uniques en Europe, à la fois parce qu'elles prennent en compte toutes les catégories de véhicules à moteur thermique, et parce que leurs exigences en matière de normes antipollution sont d'une sévérité sans équivalent.

D'un autre côté, c'est un peu normal : la pollution augmente dans les villes, non ?

Absolument pas. Pour Paris et son agglomération, on dispose grâce à Airparif d'un historique assez long, qui montre à quel point la situation s'est énormément améliorée depuis les années 1960 et 1970. Le plomb autrefois présent dans l'essence, le souffre et ses composés ont totalement disparu ; les émissions de benzène, depuis 1994, ont été divisées par quatre et celles des oxydes d'azote par deux même si, là, la situation est plus complexe. En effet, la diminution du dioxyde d'azote est moins accentuée, phénomène attribué à la hausse du parc de véhicules diesel. Et les émissions de particules, elles, malgré les filtres en question, et sans doute aussi à cause de cette hausse, pour l'instant, ne baissent pas.

En somme, rien ne justifie que les deux-roues motorisés soient pénalisés par les ZAPA ?

Rien, à l'exception près des vieux deux-temps, de toute façon très peu nombreux. Clairement, le Ministère a bien comme objectif de fournir aux communes un outil légal qui leur permettra de limiter, et cela de façon drastique, la présence des deux-roues motorisés sur leur sol. Les observateurs auront remarqué combien les journalistes de télévision, toujours à l'écoute du pouvoir, insistent depuis peu sur le fait que ces particules fines sont aussi générées par l'usure des pneus et des plaquettes de freins. On peut sans doute attendre longtemps une évaluation de la part de ces émissions-là dans le total. Mais l'essentiel est fait : fournir un argument, aussi futile soit-il, pour justifier que la prohibition des émetteurs de particules ne se limite pas aux diesel. Alors, on ne doute pas, que, en bonne logique, et par souci d'équité, les vélos aussi seront désormais interdits dans les centres villes : après tout, ils ont aussi des pneus, et ils s'usent.

Denis Berger

L'avis de la FFMC : TROIS QUESTIONS A NATHANAËL GAGNAIRE Zapa-moto-interdite-ville-NATHANAEL_GAGNAIRE-FFMC-nat.jpg

Le 2RM interdit dans les Zapa, est-ce une fatalité ? Bien sûr que non. Ailleurs en Europe, la mise en œuvre de ces zones ne concerne majoritairement pas les 2RM, hormis pour l’Italie avec des exigences moindres que le projet français. Ensuite parce que l’intérêt des Zapa est de réduire les émissions de microparticules et de dioxyde d’azote. Les 2RM roulent à l’essence qui rejette 1 000 fois moins de ces microparticules que le diesel (source Airparif).

Quels moyens d’action la Fédération envisage-t-elle pour traiter ce dossier ? Nos antennes départementales sont en contact direct avec les municipalités. Certains élus ont joué le jeu et ont bien voulu répondre à nos questions et nous informer de leur vision du projet en local. D’autres sont apparemment plus réticents. Nous ne restons cependant pas dans une position attentiste et nous jouerons notre rôle d’alerte auprès d’autres organisations nationales de défense des libertés, sur ce sujet. Il est pour nous inconcevable que la liberté de circulation de ceux qui n’ont pas les moyens d’acheter un véhicule récent soit condamnée au profit d’un hypothétique projet mal ficelé, technocratique et liberticide.

Quels arguments entendez-vous faire valoir ? Tout d’abord que la liberté de circulation est un droit fondamental et qu’un tel projet ne doit pas générer une telle discrimination. Ensuite, nous affirmons que le 2RM est une alternative réelle à la voiture. Il stationne plus rapidement et il optimise l’utilisation de l’espace urbain par sa petite taille et sa facilité d’évolution. Cela dit, la FFMC ne se contentera pas d’un discours corporatiste. Ce combat est en effet celui de l’ensemble des usagers, de l’ensemble des citoyens et notamment des plus défavorisés, habitant en dehors des agglomérations et ne pouvant pas toujours bénéficier des moyens de transports en commun, trop souvent contraints à une logique de rentabilité des lignes… Ce combat est aussi celui du fichage et des libertés individuelles car nous l’affirmons, cette mesure est l’antichambre des péages urbains notamment dans les agglomérations concernées. >

mardi 27 mars 2012

Compte-rendu du 16 février : groupe de travail sur la circulation interfiles

Depuis Février 2012, la FFMC participe au groupe de travail dirigé par le préfet Régis Guyot mandaté par le ministre de l’intérieur pour évaluer la question de la légalisation de la circulation entre les files pour les deux-roues motorisés dans les embouteillages. La question de l’équipement individuel de protection des usagers en 2RM est également étudiée par ce groupe de travail.

Cette réunion, qualifiée de « technique » par le préfet Guyot (entendez : nous ne sommes pas là pour négocier) consistait à définir les thèmes à aborder et procédé à la répartition des sous-groupes amenés à se partager le travail d’analyse et mener les auditions des « experts » envisagés pour être consultés.

circulation entre files de voiture

C’est reparti pour un tour !
Nous voilà repartis à discuter de questions déjà débattues lors de la Concertation ouverte depuis juin 2009, avec de nouveaux participants... mais c'est comme ça qu'on avance, pas à pas. Donc, qu’est-ce que la remontée de file, pour quels type de véhicules (2, 3 et 4 roues étroits, quels véhicules dans l’avenir ?), uniquement sur voies rapides ou aussi en ville ? Quid des couloirs de bus ? Comment réglementer ? Quels équipements pour les motards… ? Ces thèmes seront discutés par des sous-groupes composés de membres du groupe permanent, lesquels procéderont à des auditions de personnes qualifiées dans leurs propres domaines (équipementiers, fabricants, aménageurs, journalistes spécialisés, formateurs en éducation routière…)

Point de départ de la discussion, la Belgique qui a reconnu la circulation inter-files en s’inspirant des débats de la Concertation DSCR / 2RM sans plus de formalisme. Les représentants du Certu souhaitent que les thématiques débattues ne soient pas trop « parisiennes » : ça tombe bien la FFMC a compétence nationale sur ces problématiques et ses antennes départementales sont consultées et associées en permanence. La FFMC a témoigné que les questions de sécurité routière sont des thèmes bien analysés, compris et portés par les adhérents FFMC, reste à convaincre les usagers qui ne sont pas à la FFMC. Le préfet Guyot a alors dit avec malice : « donc, il faudrait que tous les usagers adhèrent à la FFMC ? ». Ce à quoi nous avons répondu : « rassurez-vous, chaque fois que les pouvoirs publics sortent un décret concernant les motards, le nombre d’adhérents à la FFMC augmente. ».

Nous avons distribués nos dépliants sur la circulation inter-files et sur l’équipement du motard, ils ont été favorablement considérées, du moins pour ceux qui ne les connaissaient pas encore. Nous avons rappelé que nous avons beaucoup de matière documentaire sur l’objet des présents débats dont nous avons déjà rendu compte dans le blog FFMC de la Concertation.

Bref, le Ministre de l’Intérieur a communiqué pour dire que la remontée de files allait faire l’objet d’une réflexion… donc, on y réfléchit. Attention toutefois au marché qui se dessine, du genre : « on vous laisse les remontées de ville en échange d’un équipement obligatoire ». Ça n’a pas été dit comme ça, mais ça pourrait y ressembler et d’autres membres du groupe l’ont d’ailleurs relevé.



Participants :
Le groupe est composé de fonctionnaires de la délégation interministérielle à la Sécurité routière (DSCR) et de l’Observatoire de la Sécurité routière (ONISR), ceux du Centre d’étude des réseaux en Transports et urbanisme (Certu), des Centre d’études techniques de l’Équipement (Cete), des policiers de l’Unité de coordination de lutte contre l’insécurité routière (Uclir), des chercheurs de l’Institut français des sciences et technologies des transports, de l’aménagement et des réseaux (Ifsttar) et de représentants d’associations d’usagers parmi lesquels la Fédération française des motards en colère (FFMC), l’Association des scootéristes de France (ASF), 40 millions d’automobilistes, la société City-Bird (motos-taxis), l’agence Vigi-deux-roues (prévention du risque en entreprises) et les représentants des assureurs avec la Mutuelle des Motards, le Groupement des entreprises mutualistes d’assurance (Gema, via un représentant de la Macif) et la Fédération française des sociétés d’assurances (FFSA). A noter que la Fédération française de motocyclisme (FFM) n’a pas été admise parmi les participants… ce qu’elle a dénoncé. En solidarité avec la fédération sportive qui est sa partenaire dans la défense de la moto en France, la FFMC a décidé de ne pas assister à la première réunion du Groupe Guyot qu’elle a accepté de ne rejoindre qu’à partir du 16 février, date de la deuxième réunion plénière du groupe.

mercredi 14 mars 2012

Les motardes sont des motards comme les autres

431598_1925263947826_1728976553_936110_1172210642_n.jpgSuis-je vraiment une femme ?

Ou une aberration de la nature ? Une contrefaçon ?

Pourquoi ces questions existentielles me direz-vous ? C’est vrai qu’à mon âge (nan, on ne demande pas son âge aux femmes, c’est très mal poli, très pas politiquement correct, les femmes ne vieillissant pas, c’est bien connu…) je suis supposée avoir la réponse à cette question. D’autant que j’ai 2 enfants, que je les ai eus de manière traditionnelle, ce qui semble vouloir dire que je suis pourvue d’un utérus et que donc je suis une femme. Pardon, ça ne sous entend pas que les femmes qui n’en sont plus, ou pas pourvues ne sont pas des femmes mais juste qu’en avoir un fait que forcément j’en suis une. Vous suivez ? Bon.

Alors pourquoi la journée de la femme me donne t-elle de l’urticaire ? Pourquoi la grosse majorité des « manifestations » qu’on y accole m’insupporte et me met les nerfs en pelotes ? Et pourquoi le Manifeste des femmes pour la Sécurité Routière m’a-t-il carrément mise dans une rage noire ?

C’est vrai. Pourquoi ? Parce qu’au fond, je suis féministe. Plus d’un homme sur deux, sur Terre, est une femme, ça me paraît donc une évidence : les Hommes naissent libres et égaux en droits. Donc les femmes aussi. Y a pas besoin d’en faire toute une littérature, ça devrait être un fait. Donc défendre ce fait est une évidence aussi.

Ben nan.

J’accroche pas à tous ces machins : les quotas, la discrimination positive, l’égalité institutionnelle… c’est rien que des faux nez, et des vilains qui plus est. Des trucs mal bricolés mais avec une belle vitrine et qui permettent de dire : « Attention ! On est dans le pays des droits de l’Homme ici ! On fait ce qu’il faut pour les femmes. Tenez d’ailleurs, elles ont leur journée à elles. Toute une journée entière pour dire tout ce qu’elles veulent ». Ce qui ne sous-entend pas du tout, bien sur, que le reste de l’année elles doivent la boucler. Non. Personne n’a jamais dit ça.

Et pourtant, à travail égal, elles sont moins bien payées. Alors comme on est en France (les droit de l’Homme et tout ça…) ben ça veut dire qu’elles travaillent moins bien sans doute et pis c’est tout. Les femmes sont majoritaires dans les emplois précaires. Pas parce que ce sont elles qui s’occupent des enfants et qu’il est difficile, surtout quand on est seule, de gérer le planning de dingue qu’engendre les gardes d’enfants, les horaires scolaires, les transports, et un boulot à temps complet. Je rappelle aux distrait(e)s qu’on est en France (les droits de l’Homme…) c’est donc sûrement qu’elles sont mal organisées. Ne parlons même pas de ces jeunes filles des cités, en butte à d’innombrables et d’innommables préjugés… Quoi ? Elles vivent au pays des droit de l’Homme ! Si elles n’arrivent pas à passer outre, c’est qu’elles le veulent bien. Et moult autres exemples de l’incapacité des femmes à être les égales des hommes alors que leur pays leur fournit bonnassement toute une panoplie d’outils dont elles n’ont qu’à se servir. Pffff ! Sottes qu’elles sont…

Quant au Manifeste des femmes pour la Sécurité Routière, c’est carrément une aberration intellectuelle pour moi. Je comprends pas. Que la DSCR ait eu l’idée, ça non, ça ne m’étonne pas outre mesure. Opposer les usagers de la route, c’est un jeu qu’ils connaissent bien et pratiquent abondamment : les autos contre les motos, les cyclos contre les motos, les vélos et les piétons seuls contre tous, les bons conducteurs contre les mauvais, et là les femmes contre les hommes… sûrement qu’ils ont trouvé une logique à ça, mais leur raisonnement est trop éloigné du mien pour que je vous l’explique… Non, ce que je ne comprends pas, c’est qu’une femme ait participé à ça. Que d’autres le signent. Qu’elles y croient. Alors qu’à moi, le message qu’il y a derrière me donne la nausée : la femme qui constate la conduite à risque de son mec et qui se tait (par tendresse ? par lassitude ? c’est une femme qui a écrit ça ??), est-ce que c’est la même que celle qui la boucle quand elle prend une baffe ? Ou est-ce qu’au fond c’est dans la nature de toutes les femmes de se taire ? Et de tous les hommes de faire les cons ?

Oui le sujet m’agace. Profondément. Jusqu’aux ovaires j’ose le dire. Et sûrement que la chose vue de la coordination du Bureau National de la FFMC n’arrange pas mon état. La focale est précise et ciblée. Je suis bien placée pour savoir et pour dire que les motards ne sont pas des gros bourrins machos, et surtout pas à la FFMC, eux qui élisent une femme pour les « représenter » (la représentation est collective, la coordinatrice n’a pas de place prépondérante mais au moins, vu de l’extérieur, y a une femme à la tête de la FFMC). Dire que les motards sont machos, c’est aussi con que de dire que les femmes sont féministes. Et me dire que je suis une femme qui fait de la moto, c’est très con aussi. Et me demander de me revendiquer comme telle, ça me défrise (ou ça me frise, plutôt…). Est-ce qu’on dit à un homme qu’il est un homme qui fait de la moto ? Non. C’est un motard. Eh ben moi aussi je suis un motard. Point. C’est ça l’égalité. Elle ne se cache pas dans la féminisation des mots ou dans des décrets ni dans des lois. Elle est une évidence. Elle doit l’être en tout cas. Et toutes les béquilles juridiques, légales, politiques, médiatiques, artistiques, etc… (tiques) qu’on pourra inventer n’y changeront rien.

C’est une question d’éducation. De culture même (dans le sens que ça se cultive…). Pas d’atavisme là-dedans : le dernier homme des cavernes a bouffé son gourdin par la racine depuis longtemps. Et c’est surtout une question de libre arbitre, qu’il soit féminin ou masculin, et pour en avoir et le conserver, évitons ensemble de tomber dans les panneaux du politiquement correct. La journée de la femme est un leurre. Elle a le mérite d’exister mais elle ne doit pas occulter le reste de l’année et la misère égalitaire qui règne au pays des Droits de l’homme. J’y mets un petit « h » exprès parce que c’est ça la vérité… 364 jours pour les droits de l’homme, 1 jour pour les droits de l’autre moitié de l’humanité : les femmes.




France




PS : mes sœurs et mes frères, j’en profite pour vous appeler à la vigilance. Les droits des femmes, les acquis féministes, les vrais, sont la cible de nombreux vilains pas beaux qui se cachent derrière d’innombrables masques…

Quelques liens vers des infos qui ont circulé à l’occasion du 8 mars et qui m’ont marquée :

Celui-ci d’abord, car j’ai écouté ces femmes sur France Inter et pour elles (qui ne vivent pas au pays des Droits de l’Homme), cette journée a une réelle signification :

http://www.mesopinions.com/L-appel-du-8-mars-pour-la-dignite-et-l-egalite-petition-petitions-a89238a98fc0692c7924831a31f907b8.html

Cette info délirante lue sur le site de Ni Putes Ni Soumises : http://www.elle.fr/Societe/News/Des-collegiennes-en-jupes-sont-priees-de-changer-de-tenue-1958988

Celui-ci qui colle les foies : http://www.humanite.fr/societe/les-pro-ivg-%C2%ABenlevez-vos-revers-de-nos-ovaires-%C2%BB-491937?x

Et pour bien finir, ceci qui prouve si besoin est que nous n’avons aucun besoin qu’on nous donne la parole, juste, nous devons la prendre :

http://www.motomag.com/Femme-noire-motocycliste-aux-USA-l-histoire-de-Bessie-Stringfield.html#forum61183

samedi 10 mars 2012

Tic Tac

Tic-tac, tic-tac… vous connaissez ce petit bruit entêtant du temps qui s’écoule inéluctablement et qui nous rappelle qu’il nous est compté à tous? Qu’on le nomme minutes, heures, jours, mois ou années, il se résume toujours par ces 2 petits bruits qui inlassablement égrainent le temps qui passe. Ce petit bruit qui semble innocent, a des pouvoirs qu’on ne soupçonne pas : il découvre doucement un bilan que l’on voudrait cacher. Il met à jour les personnalités, les mensonges, les incompétences et dévoile les pronostics, les critiques, les prévisions, bonnes ou mauvaises. Il rend nerveux les présomptueux qui croyaient mettre au pas des millions de personnes. Cette nervosité qui prend la forme de tics et de tocs… tiens donc…

Quel que soit l’endroit d’où il vient, d’une montre swatch, ou d’une rolex, le tic-tac est le même, qu’il soit d’or ou de chiffon. Et son jugement n’en est que plus tranchant. Mais les concernés nous disent qu’ils ont une tactique en réserve. Tac-tic… Tiens, vous voulez nous la faire à l’envers ? Et vous pensez que cela marchera ?

Près de 3 800 000 secondes environ nous séparent de cette échéance primordiale concernant 60 000 000 de Françaises et de Français dont près de 3 800 000 d’usagers de 2 et 3 roues motorisées. Quelle coïncidence ! Oui, on a bien dit, 3 800 000 de secondes et non 1 300 000 secondes. Cela laisse évidemment plus de temps, mais si l’on traduit en mécontents… Ces petites secondes qui semblent inoffensives, auxquelles personne ne prête attention, qui ne figurent même plus sur nos smart-phones derniers cris, ces petites secondes qui s’égrènent font, par leur action répétitive, discrète mais réelle, bouger les grandes aiguilles. Avez-vous d’ailleurs remarqué qu’on ne règle pas la trotteuse d’une montre ? Pourtant c’est elle en effet qui, implacablement, influe et fait varier le temps.

Les 3 800 000 usagers de 2 et 3 roues motorisées vous le disent dans le creux de l’oreille, Mesdames et Messieurs les candidats. Oui, nous bougeons toujours et encore ! Non, vous ne nous arrêterez pas ! Et oui, nous allons vous faire bouger, que vous le vouliez ou non, parce qu’aussi insignifiant que nous puissions paraître, vous ne nous règlerez pas d’un coup de molette, tout simplement parce que nous détenons une force qui vous est étrangère, celle de l’indépendance et de la liberté.

Tic-tac, tic-tac, le temps s’égrène inexorablement Mesdames et Messieurs les candidats et il est temps de nous écouter !

Nathanaël

mardi 21 février 2012

Les Carburants Sociaux


On constate tous les jours, que les carburants coûtent trop cher, mettant à mal notre liberté de circulation.
Ce billet a vocation à vous en présenter 2 autres, non palpables certes, mais bien présents dans nos vies et dans notre société.

La peur, tout d’abord. Un carburant connaissant peu de pénurie, surtout aux abords d’une élection ayant comme enjeu, le pouvoir suprême. Il n’est pas taxé, est distribué gratuitement, en masse et quotidiennement. Il est incolore, indolore, sans odeur et sans saveur.

FFMC-peur-carburant-moto-238.jpegMais sa capacité de nuisance est terrifiante. Il se répand telle une marée noire et touche la moindre parcelle, le moindre organisme. Il pollue les nappes démocratiques, pollue l’atmosphère républicain, pollue l’air social, pollue les citoyen(ne)s qui y touche.

Un exemple de marée noire récente ?

Une cité un peu bruyante ? : Quelques immigrés de trop !

Une crise aux causes gênante ? : Une dette publique trop importante !

Une dette publique trop importante ? : Un assistanat trop présent !

Un assistanat trop présent ? : trop de jeunes désœuvrés dans les cités !

Trop de jeunes désœuvrés dans les cités ? : Une immigration trop présente…

Facile, non ? On pourrait même détailler un peu plus. Et puis, qui irait vérifier ? Qui en a envie ? Qui ira tremper ses pieds dans ce produit visqueux, cancérigène, gangrénant et collant qu’est cette pollution ? Autant faire confiance au petit écran d’une télé, assis sur un canapé. C’est bien plus confortable, au chaud, au sec. Et tant qu’on n’est pas concerné…

Mais j’y pense, l’enjeu de campagne en 2002, c’était quoi déjà ? Ah oui, la sécurité routière. Les morts sur la route, etc… ! Pour la sécurité de tous, la « peur du gendarme » est devenue un dogme, utilisé en tant que tel et pas pour résoudre les problèmes, quels qu’ils soient. Ou comment utiliser une fonction régalienne à des fins électoralistes, surtout quand ces gendarmes prennent la forme de cubes, sur le bord des routes, flashant sans discernement des usagers pris par la peur de perdre leurs points. Des citoyens avec la peur de se faire attraper à 6 km/h de trop par rapport à la vitesse autorisée. Alors, comme pour l’exemple ci-dessus, il faut trouver des coupables méritant ces coups de bâton. Et comme l’exemple ci-dessus, la minorité fera bien l’affaire. Voyons, une minorité, sur la route, avec une image subversive… qui pourrait bien jouer ce rôle ?

Mais ce carburant qu’est la peur, coûte de plus en plus cher à notre société. Détériore notre vie, notre environnement, et nous devons impérativement prendre conscience de la manière dont il est fabriqué, à qui les bénéfices (ou les crimes) profitent et quelle en est la finalité.

Le Mouvement FFMC dans son ensemble substitue à ce carburant de mauvaise facture, une énergie alternative avec laquelle il fonctionne depuis plus de 30 ans. Non pas un carburant issu d’une quelconque source végétale, ni d’une huile tout aussi noire que les idées passées.

Notre carburant est renouvelable, efficient, durable, économique, inépuisable… C’est tout simplement celui du vivre ensemble, de la formation, de l’utopie réelle et réaliste d’une autre société, basée sur la solidarité et la lutte des discriminations. Il ne coûte que 38 euros/ an et si vous voulez faire le plein pour cette année et pour les autres, c’est ici.

Nathanaël

jeudi 9 février 2012

L’aboutissement.

J’ai un scoop !

Les techniciens de la Sécurité Routière, ceux qui sont dans l’environnement proche du ‘Ministère Englobant les Routes qui se Dégradent, l’Intérieur et la Communication’ (M.E.R.D.I.C), ont travaillés en secret sur la définition et la mise au point d’un nouvel équipement destiné aux motards. Le nec plus ultra de ce qui se fait de mieux en matière de protection. C’est l’aboutissement logique de tout ce qui s’est dit au cours de l’année écoulée, la synthèse des dizaines d’heures d’auditions à l’assemblée nationale étoffée par les multiples travaux des spécialistes et éclairée par l’observation attentive de ce qui se fait de bien chez nos voisins (ceux qui trouvent, pas ceux qui cherchent).

Un constat : le motard est fragile.

Un motif : il n’est pas confiné dans un habitacle.

Une mission : Il faut le protéger.

En réalité ça fait quelques temps que cet équipement est finalisé. Mais le chef du Ministère, grand stratège parmi les grands, il a donné des instructions pour l’amener en douceur la merveille. Graduellement ça a débuté et graduellement ça va continuer.

D’abord on a bétonné la communication sur l’hécatombe. Avec des moulinets de bras et effets de manche à la télé, ça l’a fait !

Puis vint le temps de l’annonce des premières mesures CONCRETES ciblant la protection, (si vous ne rajoutez pas concrètes vous n’êtes pas crédibles lui ont susurré les communicants) : contrôle technique, brassard rétro-réfléchissant, éthylotests en quantité suffisante (le motard est réputé gros buveur). Demain, toujours par soucis de protection, on rajoute un triangle de signalisation (obligatoire dans les autres véhicules à 4 roues depuis belle lurette), des provisions pour éviter l’hypothermie en cas de panne par temps frais (la liste des courses sera jointe au prochain décret rendant cette mesure obligatoire),de la boisson énergisante en cas de grosses chaleurs, la tenue de pluie normalisée, la sangle de remorquage si des fois vous avez glissé sur du gasoil, la bombe anti crevaison pour les malchanceux, une couverture de survie, du sparadrap pour les petits bobos, une visière de rechange pour les gravillons. Voilà ! Les premières obligations sont connues, les autres sont dans les tuyaux.

Bien entendu chaque manquement est passible d’une amende et perte de points.

Ça en fait des trucs à emporter pour conserver son permis, son argent et être en sécurité. Eh bien justement, l’ultime étape de ce travail est programmée au printemps prochain, au moment où le moral revient avec la hausse des températures.

Au menu : conférence de presse, passages répétés sur les ondes, plateaux télé avec les peoples, pleines pages dans les journaux, tous les essayeurs motos de la presse spécialisées sur le pont… pour annoncer d’une même voix forte et triomphante la naissance du sac-à-dos sécurité routière, normalisé, estampillé, étudié pour. Il sera obligatoire pour tous les motards qui pourront en plus y glisser un porte-monnaie pour alimenter les bornes de péage des stationnements urbains et entrées de zones Zapa.

Bien entendu il faut un slogan pour cristalliser autour du produit et assurer le lancement dans les conditions optimum. Le Ministre voulait quelque chose de simple, objectif et proche du terrain. Le message finalement retenu est : « Motard pars rassuré, grâce au M.E.R.D.I.C la Sécurité Routière, tu l’as dans le dos».

Franchement je suis impatient.

Patrick

lundi 30 janvier 2012

J’ai fait un rêve…

Je me suis endormi en plein milieu d’une émission télévisée qui pourtant aurait dû capter toute mon attention et me tenir éveillé bien au-delà de son terme.

Je me suis endormi au beau milieu du premier grand combat pour l’élection présidentielle. Je me suis endormi, bercé par les milliards, les milliers de milliards que nos édiles manipulent comme nous manipulons les quelques pièces de monnaie au fond de notre poche avant d’en sélectionner quelques une pour régler la taxe sur le stationnement en zone urbaine ou la baguette quotidienne (on peut s’en offrir 1.052.631.578 avec un milliard d’euros). Je me suis endormi parce que franchement ces coqs lâchés dans l’arène, débattant à fleuret moucheté, se jetant à la face avec un sourire entendu les derniers chiffres qui règleront définitivement le sort de cette putain de crise que personne au demeurant n’a vu venir… mais que cependant tout prétendant à la magistrature suprême se fait fort d’éradiquer… avec quelques centaines de millions ponctionnés par-ci, quelques dizaines de milliards économisés par là… enfin quoi c’est pas compliqué ! Y’aura même pas assez de chômeurs pour occuper tous les nouveaux emplois qui nous sont promis, faudra en importer !

Stop ! Comprend pas ! Neurones en folie ! Je décroche… je dors.

Et quand je dors, je rêve…

… Le candidat a employé des mots que je comprenais, il a parlé de société, de qualité de la vie, de liberté de circuler, de choix de société. Il a dit que bien entendu la crise, le chômage, l’économie, la finance il allait s’en occuper parce qu’il avait fait les études pour ça et que le pays regorgeait de spécialistes tout à fait capable de lui indiquer la bonne méthode et qu’il n’était pas utile de faire le malin avec les chiffres… il a dit que c’était pas la peine d’emmerder les citoyens avec des lois stupides, inutiles, liberticides, accumulées les unes sur les autres jusqu’à saturation, jusqu’à l’absurde… il a dit qu’il était primordial de remettre l’Homme dans la société, qu’il fallait mettre fin au tout répressif, arrêter l’escalade des sanctions automatisées…arrêter de créer de nouvelles infractions… il a dit qu’il fallait un Homme pour sanctionner, un Homme pour expliquer, un Homme pour former, des Homme en face des Hommes… il a dit que les mots ‘répression’ ‘chasse aux chauffards’ seraient bannis du vocabulaire parce qu’indignes du pays des droits de l’Homme…il a dit que les panneaux ‘trous en formation’ seraient supprimés car il était plus pertinent de boucher les trous…il a dit que les rails de sécurité seraient doublés parce qu’il était scandaleux de faire comme si personne n’en était victime… il a dit que pour voir mieux les autres usagers de la route fallait pas éteindre les lumières…il a dit que pour lutter contre l’hypovigilance les radars n’étaient pas adaptés…il a dit que la Sécurité Routière était symptomatique des dérives sécuritaires et de l’immobilisme de nos dirigeants et symbole de la pensée unique et qu’une autre politique de Sécurité Routière devenait nécessaire… Il a dit…vous êtes suffisant Monsieur…le compte n’y est pas !

Merde je venais de me réveiller.

C’était pourtant un beau rêve…pas très difficile à transformer en réalité, il suffirait peut être de lâcher prise et de cesser de se faire aspirer par le système…

« Brimez tous mes droits, et il me restera toujours celui de rêver ». (Martin Roy)

J’y retourne !

Patrick

jeudi 26 janvier 2012

Les éléments de langages

Avec les éléments de langages tout devient possible : une réforme fiscale favorisant les plus riches en faisant passer ça pour de la justice sociale. Une hausse de la TVA « à raison sociale » jugée tout aussi indispensable qu’une baisse des jours de congés « jugés inéluctables ». Ou encore des valises pleines à craquer de billets noirs Africains devant être blanchis pour quelques hommes blancs, plus de peau que moralement…


Et les éléments de langages dans la sécurité rentière ? Il y en a aussi ! Jugez plutôt… Par exemple celui qui consiste à présenter les 4000 familles endeuillées tous les ans à cause de la route. Impossible de ne pas être sensible à ça ! Ou bien celui de la qualité médiocre de l’air, provoquant 42 000 morts par an et justifiant les Zones d’Action Prioritaire pour l’Air (ZAPA)! Cela vaut bien les restrictions de circulations touchant les véhicules de plus de 10 ans, non ? Des vies contre des voitures! Et un contrôle technique pour favoriser cette qualité de l’air ? Il existe déjà pour les voitures, appliquons-le aux 2RM. Ce sont des véhicules polluants, n’est ce pas ? Pour la visibilité des motards, la solution est toute trouvée : le gilet jaune avec dispositif réfléchissant! Comme pour les vélos. Enfin, pour la sécurité des 2 RM, verbaliser les remontés de files. La loi, c’est la loi ! Elle est la même pour tous ! Alors, chacun dans sa file et les morts seront bien gardés ! Pour finir, il est indispensable de brider les vitesses. De toute façon, les limitations s’arrêtent à 130km/h. Quelle utilité d’avoir des véhicules dépassant les 250 km/h ?! Voici une liste non exhaustive d’éléments de langages imparables qui valent de l’or !

Et que fait la FFMC dans tout ça ? Manifester ? Revendiquer ? Ceci dans le « mépris de la réalité » et sans se soucier de l’honnête travailleur, qui se lève tôt. Cet honnête travailleur qui devra opter pour le « report modal » pour aller au boulot, parce que trop peu argenté pour changer de voiture pour cause de récente ZAPA dans sa ville. Il achètera donc un 2RM. Cela lui permettra de pouvoir passer un contrôle technique qui lui coûtera 40 euros pour un simple contrôle visuel. Il se sentira ainsi en grande sécurité même si les problèmes techniques sur des 2RM ne représentent que 0.7% des accidents. Mais grâce à ce contrôle, il sera serein sur le périphérique, coincé entre les voitures et les camions sous une pluie battante, attendant que la file avance. Parce qu’on lui a dit qu’il est interdit de remonter les véhicules et qu’un 2RM supporte très bien les percussions à l’arrière, son conducteur ayant une capacité d’éjection dont ne dispose pas un automobiliste, pris dans sa ceinture de sécurité et ses airbags… Par contre, pour sa sécurité le gouvernement lui a permis de disposer sur ses 2 petits bras, de brassards réfléchissants. Mais, toujours pas d’aide pour l’achat de son casque ! Au fait, permis, c’est bien ce petit papier rose sur lequel sera enlevé 2 points s’il oublie ses petits brassards. Et les personnels d’autoroutes qui se plaignent d’être mal vus ! Ils sont fluos de la tête aux pieds! En revanche, ces personnels d’autoroutes seraient tous en sécurité si tous les véhicules étaient bridés à 130 km/h. Le rêve d’un trafic routier à la « minority report ». Et la passion de pouvoir rouler en adaptant sa vitesse ? « La passion est un mépris de la réalité. » Citation du professeur Got. Tant pis pour la réalité des accidents arrivant majoritairement entre 0 et 50 km/h ! Mais peu importe pour ce professeur, d’autant qu’il fait partie des voix autorisées dans le milieu de la sécurité routière Les voix autorisées, c’est comme les milieux autorisés…

Coluche, un illustre motard rempli de vices, au sommet desquels son goût pour l’engagement militant, avait analysé ces milieux autorisés. Nous, vous, n’en faisons pas partie ; et seuls les types qui s’autorisent à s’y trouver, s’autorisent d’y penser un grand nombre de conneries accessibles aux seules personnes autorisées… bref, vous êtes autorisés à circuler… y’a rien à voir !

Ces milieux autorisés ne jugent, ne pensent n’analysent que sous la plume de la punition, de la répression, du bâton tout en gardant la carotte pour eux. Peu importe si ces milieux s’autorisent à claquer des bilans carbones aussi lourds que leurs mallettes, ou des excès de vitesses assumés par leurs chauffeurs privés. Peu importe si ces membres dilapident l’argent public dans des solutions sécuritaires balayant d’un revers de main les droits les plus fondamentaux des Citoyens de leur pays. Quand un 2 roues motorisé s’invite dans ce premier cercle très privé, nous entendons parler d’analyses ADN et de moyens dignes des experts à Miami.

Comment ne pas se rappeler cette balle phrase, tout aussi intemporelle qu’universelle et précieuse : « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit ! »

Alors, à quoi sert-elle la FFMC ? A considérer avec le plus grand mépris ces politiques actuelles tout aussi dogmatiques et iniques. La FFMC oppose à ces éléments de langages gouvernementaux, la parole de près de 4 millions d’usagers, dont les éléments de langage militant, certes moins élaborés mais bien plus sincères, sont ceux de la solidarité, de la résistance et du combat !

Alors adhérez à la FFMC !

jeudi 19 janvier 2012

La bêtise insiste toujours

Cet aphorisme d’Albert Camus (La Peste) trouve une nouvelle fois sa légitimité dans l’actualité liée à ce qui nous préoccupe ces jours ci, nous usagers de la route circulant en deux-roues motorisé.

Il se trouve que l’augmentation de la taille des plaques d’immatriculations de nos chers véhicules et la volonté de rendre plus visibles leurs conducteurs en les affublant de ‘sur vêtements’ colorés et fluorescents faisait partie des leitmotivs de nos meilleurs ennemis il y a déjà quelques années. Si, si, les sentencieux de la LCVR préconisaient même à l’époque que notre immatriculation soit inscrite sur la casaque qu’ils voulaient nous voir endosser.

Il se trouve que depuis des années les mêmes arguments chiffrés sont utilisés à l’envie dans toute communication des politiques ou techniciens en charge de la Sécurité Routière…vous les connaissez par cœur les fameux « 1% de vitesse en moins = 4% de tués en moins » ou bien « les motards représentent 2% de la circulation mais 25% des tués », mais aussi « que sont 600 millions d’euros de recettes du CSA en regard des 23 milliards que coûte l’insécurité routière! » Si, si, la dogmatique présidente de la LCVR mais également l’inflexible ministre des tués sur la route en ont encore largement abusé en ce début d’année. Le premier flic de France dans son discours du 2 janvier, la ‘Pythie’ reprenant bêtement l’argumentaire, manifestement mal maitrisé, dans un débat télévisé deux jours après.

Je ne reviendrai pas sur l’évidence qu’il suffirait de ne plus rouler pour qu’il n’y ait plus d’accident et donc plus aucun mort sur les routes. Je ferai juste un petit commentaire sur le fait aujourd’hui évident (sauf pour le ministre) que la population des deux-roues motorisé représente largement plus de 2% du trafic et que donc il faudrait cesser de martyriser les motards avec ce qui est devenu aujourd’hui un scandaleux mensonge. Je m’arrêterai cependant un instant sur ce colossal chiffre de 23 milliards d’euros, tellement impressionnant que personne ne pense à regarder de quoi il est composé.

23 milliards d’euros, c’est le Smic annuel de 1 369 000 personnes, c’est 342 années de revenus (sur la base du Smic) des 4 000 tués sur la route. Ce chiffre outre les vrais coûts directs liés aux accidents intègre une pléthore de coûts théoriques tels que la perte de production future des tués, la perte de production potentielle de la descendance, l’évaluation de divers préjudices ainsi qu’une évaluation des coûts purement matériels. Bien évidemment ces diverses sommes ne sont nullement à charge de la Nation. Il est donc parfaitement choquant de présenter le résultat de cet amalgame comme une dépense à charge de la collectivité. Il est scandaleux d’insinuer que tout cet argent qui nous est soutiré en permanence, dans la majorité des cas pour des ‘infractions’ excessivement minimes n’est finalement qu’une très maigre contribution comparé l’énorme charge qu’engendre notre comportement de délinquant de la route. Nous sommes indignés par ces manipulations comme nous sommes indignés par la politique du chiffre autour de la vitesse et des radars, par la stigmatisation de la catégorie d’usagers que nous représentons, comme nous serons indignés demain par les différentes nouvelles obligations que l’on tentera de nous imposer et qui sont annoncées par la mise en place du nouveau groupe de travail sous l’égide du Préfet Guyot intitulé : « la circulation inter-files et le port d'équipements de protection individuelle ».

<< Il est dans la nature de l’homme d’opprimer ceux qui cèdent et de respecter ceux qui résistent. >>
Résistons alors !

Patrick

mardi 10 janvier 2012

Gi-laid : Pas glop !

combatUne semaine après la sortie du décret imposant le port d’éléments retro réfléchissants aux motards à partir du 1er janvier 2013, la protestation légitime exprimée par de nombreux motards rejoint la colère de la FFMC : il n'est pas question de se laisser imposer des mesures bidons, inutiles et financièrement insupportables !

Nous sommes en train de préparer un programme des actions à mener, et croyez-nous, l'affaire n'est pas perdue : en 1980 la vignette a été votée et appliquée (et surtout beaucoup boycottée) pendant un an avant d’être finalement retirée.

On entend ici et là « que fait la FFMC » ? Ceux qui nous suivent depuis un moment le savent. Les autres qui découvrent notre existence suite à « l’affaire du gilet » doivent savoir que si l’on n’a pas déjà un contrôle technique depuis 10 ans sur nos motos, des plaques à l'avant, et un gilet jaune sur le dos, c'est parce que l’action de la FFMC a été déterminante. Alors faites nous confiance !

Le seul fait que le gouvernement ait repoussé l'application du décret à 2013 montre bien que cette mesure est prise dans l'urgence et la précipitation et n'a pas de fondement. Alors on va leur expliquer poliment l’endroit le plus adéquat selon nous pour leur « dispositif rétro réfléchissant »… On ne va pas en rester là, d’autant que les périodes d’élections sont peut être un des rares moments ou l’on arrive à se faire entendre.

Sauf qu’attention, une manif ça se prépare, ça s’organise, si possible avec les autres associations de motards (une rencontre est prévue très bientôt avec la FFM et le Codever afin ,si possible, d’accorder nos violons), voire tous les autres usagers de la route qui, comme nous, estiment que la répression routière, ça suffit comme ça.

Mais on n’a pas le droit de se planter : nous sommes conscients du devoir de réussir et de ne pas décevoir les milliers de motards qui comptent sur nous. Alors soutenez-vous, rejoignez-nous, et vous en saurez plus très bientôt sur notre plan d’action 2012.

lundi 2 janvier 2012

Les étrennes de Guéant

Décembre 2011 dans une circulaire aux préfets Claude Guéant écrit : « Il est primordial que les limitations de vitesse restent constamment lisibles et compréhensibles… »

Ce ne serait donc pas le cas actuellement ? Pourquoi ce rappel, cette mise au point ? Quelle est la contrepartie de cette soudaine attention ? Pourquoi est-ce primordial ?

Ce qui est primordial ce n’est pas que les limitations restent constamment lisibles et compréhensibles comme il est précédemment écrit, ce qui est primordial c’est qu’elles doivent "être acceptées et respectées"… Ah bon ! Il y aurait de la grogne chez les usagers ? On n’accepte plus l’inflation de panneaux indicateurs nous intimant une réduction soudaine de notre vitesse alors même que l’environnement routier ne présente manifestement pas de modification particulière. On ne respecte plus la consigne de modifier notre allure, souvent pour quelques centaines de mètres mais des dizaines de fois sur un parcours de quelques kilomètres… on n’arrive plus à suivre ? Ou serait-ce que finalement, pas si idiots que ça, les usagers sont capables d’eux-mêmes d’adapter leur vitesse à leur environnement, analysant d’instinct que l’info donnée par le panneau n’est pas la bonne ? C’est pas une raison ! Faut rester concentrés les gars, c’est pour notre sécurité !

Bon, comme c’est le moment des étrennes et que cette année il y a des élections (et en prime il est candidat à la députation notre ministre des routes et des points perdus) il va nous faire un cadeau. Un vrai bon gros cadeau, avec une vraie bonne grosse ficelle pour l’emballer. C’est écrit plus loin dans la circulaire. Les préfets sont invités à « réunir dans les meilleurs délais la commission consultative des usagers pour la signalisation routière »… cette noble assistance permettra fort opportunément «… de réviser les incohérences qui pourraient être, le cas échéant, relevées par nos concitoyens… ». C’est plus une ficelle, c’est une corde à nœuds. Même une corde à neuneus ! Vous dites, on fait… mais après vous vous tenez à carreau hein ! Et comment ne pas accepter ce que NOUS aurons décidé… faut être cohérents les gars, c’est pour notre sécurité !

Acceptées et respectées, est-il écrit, c’est primordial. Cependant il restera toujours quelques étourdis, quelques pressés, quelques en retard, quelques amoureux, quelques emplois du temps trop serrés, quelques occupés à bien d’autres choses que la lecture des panneaux même parfaitement harmonisés. Je vous fiche mon billet qu’avant le milieu de l’année nous aurons une statistique nous indiquant une hausse significative des « petites infractions à la vitesse » avec inflation de points perdus et augmentation vertigineuse des recettes qui l’accompagne. On oubliera probablement de faire le lien avec l’accroissement hallucinant des moyens et des dispositifs de contrôles mis en œuvre. On orchestrera un grand et beau battage médiatique qui nous amènera en douceur et logiquement à trouver dans la hotte du père Noel 2012… l’indispensable LAVIA*… tellement plus facile à mettre en œuvre maintenant que les vitesses sont harmonisées… le condamné qui affute la hache du bourreau après avoir creusé sa tombe… quel scénario ! Finalement nous l’avons bien mérité, c’est pour notre sécurité !

Ne vous marrez pas les motards ! Vous pensez que le LAVIA ce n’est que pour les autos… D’abord ce n’est pas certain et quand bien même ce le serait, imaginez tous ces moyens en hommes et en matériels devenus inutiles. Faute de gibier la chasse à la délinquance automobile est fermée… oui mais restent les deux roues motorisés, et là c’est plus de la chasse, c’est dur tir aux pigeons. Carton garanti sur le carton rose. Alors dès 2013, votre moto vous l’installerez dans votre garage, sur un tapis roulant à la manière Brenda et Brendon, ces icones des jeux à gratter. N’oubliez pas le ventilateur… faut toujours un peu d’air sur la peau pour mieux gouter la liberté !

Patrick

 * Limiteur s'Adaptant à la VItesse Autorisée

lundi 19 décembre 2011

6ème réunion du groupe de travail « causes et connaissances des accidents »

Accidentalité 2RM 2010

La réunion commence avec la présentation de l’accidentalité détaillée de l’année 2010, par Louis Fernique, secrétaire général de l’Observatoire national interministériel de la Sécurité routière (ONISR). Depuis 1948, le nombre de tués sur nos routes n’a jamais été aussi faible (3992 décédés) alors que le trafic a été multiplié par 27. Il était encore en progression de +1,9% en 2010.

Les bilans de l’accidentalité intègrent maintenant des « séries longues ». La tendance générale de l’accidentalité révèle une baisse constante de la mortalité, notamment pour les motards (704 décédés en 2010, soit 18% des tués tous véhicules confondus). Les autres pourcentage de la mortalité par catégories sont : 12% piétons, 4% cyclistes, 54% pour les autos, 4% pour les utilitaires de moins de 3,5 T et 2% pour les poids-lourds et les transports en commun. Le bilan 2010 comparé à 2009 montre une amélioration de la baisse de la mortalité de -20,7% pour les motos (-19,8% pour tous les 2RM, alors que la baisse de mortalité hors 2RM est de seulement –1,5%).

accident-moto-autoroute.jpg

L’analyse de l’accidentalité est détaillée par réseaux, par jour de la semaine, par mois de l’année, par heure dans la journée, par type de véhicule, par âge, par type de voiries, … chacun rapportée à leur part dans le trafic/population. Quelques données se dégagent nettement :

· La forte influence météo sur l’accidentalité 2RM (plus il fait beau, plus il y a de monde sur les routes et plus il y a d’accidents constatés).

· Influence de l’hypovigilance : plutôt un phénomène sur grands réseaux et de jour (à ne pas confondre avec l’endormissement).

· Le taux de responsabilité d’accident en collision : moto 48% , 75% en auto (ça correspond au « présumé responsable » par les forces de l’ordre au moment du recueil des données sur le lieu de l’accident). Si on compare aux chiffres de la Mutuelle des Motards, la responsabilité de l’accident tombe à 25% pour le motard contre 75% pour l’autre(s) conducteur(s) impliqué(s).

· Baisse générale des vitesses même si les vitesses moyennes des 2RM restent 7 à 8 km/h au dessus des autres véhicules.

· La distinction + et - de 125 ainsi que le type de 2RM ( cyclo, scooter ou moto) est désormais prise en compte dans les statistiques, ce qui est un acquis issu de la concertation où la carence de renseignements sur les 2RM a été mise en évidence.

· Le taux de mortalité par types de réseaux est de 66% sur routes départementales, 19% sur les voiries communales, 9% sur les routes nationales et 6% sur autoroutes. Comme quoi les routes où les vitesses réglementaires sont les plus élevées ne s’avèrent pas les plus mortelles… en revanche, ça peut mettre en évidence la question de la vitesse adaptée (ou pas) aux circonstances concernant les réseaux où l’on roule moins vite.

Le PDF de cette analyse statistique est là



Remontées de files

Présentation de l’Institut français des sciences et technologies des transports, de l’aménagement et des réseaux (IFSTTAR) : étude des « comportements spontanés d’usagers 2RM en conduite naturelle ».

Présentée par Stéphane Espié et Samuel Aupetit (chercheurs à l’IFSTTAR), cette étude porte sur la pratique des « remontées de files », mais le terme est banni puisque la pratique est considérée comme illégale par les Pouvoirs publics. Financée par la DSCR suite aux discussions de la Concertation, ça s’appelle donc (en langage technocratique) « comportements spontanés d’usagers en 2RM en conduite naturelle ». En préambule, il est rappelé que selon les connaissances publiées avant l’étude, la pratique de la remontée de files n’est que faiblement impliquée dans l’accidentalité, avec 0,4% d’accidents corporels enregistrés selon le rapport Maids (Europe, 2003), 5% en Angleterre (selon l’étude Clarke, 2004) et 1% en France selon les fiches BAAC de 2009 (0 mort à Paris sur le périph’).

Les chercheurs notent également « un manque de connaissances scientifiques sur les comportements en contexte naturel, les interactions entre usagers et les difficultés » des motards pratiquant l’inter-files. L’étude de l’IFSTTAR a été menée avec 11 motards expérimentés (dont une femme) entre septembre et aout 2010 : âgés en moyenne d’une quarantaine d’années, ils ont effectués leurs trajets quotidiens (moyenne 24 km) banlieue / Paris en empruntant leurs itinéraires habituels comprenant de l’autoroute péri-urbaine, le périphérique et Paris intra-muros. Le choix de prendre pour « cobaye » des motards expérimentés a été dicté par des contraintes d’assurances des motos équipées. Ces motos sont une Honda CBF 1000 et une Honda VFR 800 bardés d’instruments : caméras numériques, capteurs aux commandes, enregistreurs de fonctionnement du moteur, de la transmission et de la partie-cycle. Les données enregistrées ont ensuite été analysées et le cobaye participait à un décryptage des données via les enregistrements vidéos sur lesquelles il apportait ses commentaires en réponse aux questions du chercheur.

Les constatations démontrent une pratique systématique et prolongée de l’inter-files dans un trafic congestionné permettant un temps de transport pour l’usager de 2 à 3 fois plus court que sur un même trajet qui aurait été effectué par d’autres moyens qu’un 2RM. Les différentiels de vitesse entre la moto et les autres véhicules carrossés sont en moyenne de 38 km/h quand la circulation est totalement arrêtée (estimation de risque peu élevé selon le motard), environ 19 km/h quand la circulation est entre 10 et 40 km/h (arrêts et redémarrages des autos incessants, estimation de risques élevée) et ce différentiel remonte aux alentours de 28 km/h quand la circulation évolue vers 50 km/h de moyenne. Sur le comportement « naturel » du motard, l’étude démontre que celui-ci développe des « stratégies perceptives » très évoluées : il est capable de détecter de très nombreux indices d’évolutions du trafic pour évaluer les risques potentiels, et ce dans tout son champs visuel (dont on sait qu’il est beaucoup plus large que celui qu’on a dans une voiture). Ainsi, le motard voit et analyse en permanence la vitesse et les distances des autres véhicules, repère des écrans allumés dans les autos (smart-phones, téléphones portables allumés…), des plaques d’immat’ signalant des usagers pas forcément habitués à évoluer dans cet environnement, l’orientation des roues ou de la tête des conducteurs annonçant éventuellement des changements de files intempestifs, il repère les autres 2RM qu’il classe aussitôt dans des comportements « à risques » ou pas, il tient compte des radars, de sorties ou des entrées sur l’axe routier emprunté, etc… Bref, cela confirme que ce nous savons déjà : l’usager expérimenté de 2RM est un expert en circulation. Mais l’étude dit aussi que cette expérience s’acquière « sur le terrain » et qu’elle n’est pas enseignée dans les motos-école… et ce pour la raison que cette pratique n’est pas reconnue officiellement par les pouvoirs public qui décrète les règles de sécurité routière selon le droit et non selon les usages et donc, du contexte.

Le motocycliste en inter-files développe instinctivement des stratégies de mise en sécurité, telles que s’intégrer dans un « train de 2RM », progresser latéralement à l’arrière des autos, chercher à se rendre détectable, ...

Selon les entretiens entre les chercheurs de l’IFSTTAR et les motards participants à l’expérience pratiquant l’inter-files, les facteurs de risques les plus élevés proviennent des redémarrage des autos après des temps d’arrêts (réduction des inter-distances, changements de files intempestifs), des conditions de visibilité et d’adhérence dégradée (pluie, véhicules masquant la visibilité), des automobilistes non-habitués au aux circonstances (provinciaux et conducteurs « du dimanche »), les zones de travaux et les cas où les usagers en 2RM sont « isolés ». Il apparaît également que la conduite en inter-files des 2RM étant considérée comme stressante pour tout le monde (2RM et automobilistes), l’attention des uns et des autres est plus élevée que dans des situation de confort ou de faible estimation du risque.

La présentation ppt de l’étude

Lors des débats, le comportement des conducteurs de gros scooters a évoqué, et pas forcément pour en faire l’éloge. Sur ce point, la FFMC a tenu a recentrer le débat sur les questions de formation, de partage de la route, bref, de savoir-vivre, estimant que ce n’est pas le véhicule qui est dangereux, c’est surtout la façon dont on s’en sert. Pour approfondir cette question de l’inter-files, l’IFSTTAR va maintenant mener une étude avec des conducteurs novices. Par ailleurs, le Certu (centre d’étude sur les réseaux, les transports et l’urbanisme) mène une autre étude sur la pratique de l’inter-files par les 2RM, mais ce travail est basé sur des observations afin d’en dégager des données quantitatives du phénomène. Il a également été souligné qu’il serait intéressant d’étudier sérieusement la perception des automobilistes de cette pratique essentiellement urbaine.

moto-scooter-interfiles-periph-90.jpg La présentation de l’étude de l’IFSTTAR (28 octobre) a précédé d’une dizaine de jours les déclarations de Claude Guéant, ministre de l’Intérieur se disant le 10 novembre « pas opposé » à une « expérimentation » portant sur cette pratique. Les médias ont repris ces déclarations qui sur le fond, ne veulent pas dire grand-chose puisque le ministre parle d’expérimentation sans vraiment s’engager davantage. Il semblerait toutefois qu’un groupe de travail spécifique à la question de la circulation en inter-files soit prochainement créé du côté des représentants gouvernementaux, groupe auquel la FFMC serait invitée à participer… nous verrons bien. Ce ne sera jamais que le 4eme groupe de travail sur le sujet depuis 1999…

Le PDF de cette étude est là



L’état du parc de 2RM en circulation

Le Service d’Observation et des Statistiques (SOS) a présenté une enquête à venir pour énumérer le parc circulant des 2RM. Il s’agit d’un questionnaire qui sera envoyé à 30 000 titulaires d’une carte-grise de 2RM (échantillonnage de 0,5% du fichier des cartes grises). Ce questionnaire porte sur le type de 2RM, son usage (fréquences, objet des déplacements, stationnement en utilisation ou à domicile…), l’équipement de son conducteur… Au printemps 2011, la FFMC a participé à l’élaboration de ce questionnaire en apportant son expertise de motards pratiquants et aider les fonctionnaires à différencier les différents types de 2RM en circulation ainsi que les particularités des équipements de protection des usagers disponibles sur le marché. L’enquête sera lancée au printemps 2012, avec des résultats disponibles à la fin de l’année. L’objectif est de mieux cerner l’état et l’énumération du parc 2RM qui reste encore très mal connu des services de l’État.



Présentation de l’étude COMPAR (les comportements et leurs déterminants dans l’accidentalité des 2RM, par Pierre van Elslande, Isabelle Ragot, Thierry Serre de l’IFSTTAR

Cette étude traite des comportements « à risque » et des perceptions que les motards ont du risque en général . Elle met notamment en évidence la combinaison d’une difficulté d’évaluation d’une situation qui va tourner à l’accident, principalement en raison d’une mauvaise exécution de la manœuvre qui permettrait de l’éviter. L’étude des chercheurs montre que si la cause initiale de ce qui va évoluer en accident dont sera victime le motard est imputable à un conducteur tiers, généralement automobiliste, le motard est fortement contributeur des circonstances qui mènent à un accident irrattrapable. En gros, le motard n’est pas assez méfiant : lors d’une probabilité d’interaction avec un véhicule tiers, il ne réduit pas son allure suffisamment tôt, réduisant ainsi de façon critique sa marge de manœuvre. De plus, il est souvent positionné de telle manière que l’automobiliste ne puisse pas le voir (et le percevoir) suffisamment tôt.

Le PDF de cette étude est là



CNSR, le retour

La Concertation nationale sur la Sécurité routière des 2RM pourrait évoluer en 2012 par une réactivation du Conseil National de la Sécurité Routière (CNSR) auquel la FFMC a été d’ores et déjà été sollicitée à participer.


Présents : IFSTTAR , ACEM/CSIAM/Yamaha/Peugeot, FFMC, FFM, DSCR, Prévention Routière, CSNM, AMDM, CERTU, Préfecture de Police, CNPA, SOS (services statistiques du Ministère de l’Environnement). Compte rendu du 28 octobre 2011 à La Défense.

mardi 6 décembre 2011

Info ou intox ?

Comme disait l’autre, on tombe de Charybde en Scylla avec cette histoire de gilet fluo. Tout d’abord très précisément nommé ainsi dans le communiqué du CISR du 11 mai dernier. On peut le prouver. Puis après une figure très acrobatique, limite tour de passe-passe, les zélés représentants du ministre, à grands renforts de médias nous expliquent que finalement on n’a pas compris. Le gilet fluo se transforme en système rétro réfléchissant destiné à nous sauver d’un sur accident (une fois à terre est-il ajouté, ça fait pleurer dans les chaumières ce genre d’argument). Et là apparait, le truc le plus nul qui fait marrer bien au-delà du peuple deux roues, le brassard à deux balles en vente dans toutes les bonne boutiques de gadgets pas pratiques, pas solides et qui servent à rien.

Erreur mes amis, faut par rire…Car en matière de sécurité routière y lâchent rien ! ‘Il est essentiel d’améliorer la visibilité des motocyclistes’ lit-on dans le dossier de presse à entête de la Présidence de la République, remis à l’occasion de la cérémonie des écharpes d’or de la Prévention Routière au palais de l’Elysée le 30 novembre dernier. Faut pas rire parce qu’il est écrit juste après : ‘ D’où l’obligation du port d’un équipement (blouson, simple gilet ou brassard) doté de dispositifs rétro réfléchissants pour tous les usagers de motocyclettes de plus de 125cm3, à compter du 1er janvier 2012…..’

2011-05-21-Photo0012.JPGAlors pour Noel vous oubliez les accessoires super craquant que vous alliez vous la péter avec et vous commandez fissa du blouson, du gilet du brassard mais surtout fluo parce que par surprise le boss il a décrété que c’était le mieux pour nous…et comme c’est mieux c’est obligatoire ! Et comme c’est obligatoire, c’est verbalisable, alors demandez y des sous au père Noël… et des points aussi sans doute…

Au fait, deux petites questions me taraudent l’esprit :

Qu’est ce qui rend les moins de 125 et les scoots plus visibles que les motos de plus de 125cm3 pour qu’ils soient exclus du champ d’application de cette mesure ?

Le rétro réfléchissant ça marche que la nuit et seulement si un faisceau lumineux est dirigé sur le sujet ? On connait la statistique de deux roues victimes de nuit d’un autre véhicule qui ne les auraient pas vus ? (malgré leurs feux, les réfléchissants sur le casque, les catadioptres et l’éclairage de plaque).

Le dossier de presse en question mentionne enfin :’il s’agit de la première mesure équipement depuis l’obligation du port du casque’… J’attends avec angoisse la deuxième !

Dernière nouvelle, une des vertus d’un salon c’est de pouvoir y croiser des gens qui comptent et des gens bien informés. Cette mesure est annoncée prématurément nous a-t ‘on confié du côté du stand de la Sécurité Routière. C’est une boulette a-t-on ajouté ! Mais là non plus faut pas rire ni même soupirer de satisfaction, car la boulette ne porte que sur la date d’entrée en vigueur. Le brassard à deux balles, c’est prévu pour les étrennes de 2013. N’est t’on pas en droit de se demander s’il ne s’agit pas typiquement du genre de boulette faite exprès, car elle permet d’accoutumer le citoyen, de lui permettre de se faire à l’idée ? Et que ça permet aussi de sortir la norme et de fabriquer... Et qui dit norme dit …tarif et sanctions (68 € et 2 points de permis suivant le dossier de presse du CISR).

Nous sommes prévenus, il nous reste un an pour dire qu’on n’en veut pas. Et ça commence tout de suite.

Patrick

vendredi 18 novembre 2011

Du bon usage du non-gouvernement

C’est un pays de rien du tout. Un petit pays coincé entre des voisins puissants. Un pays qui, si l’on en croit radio bistrot, est peuplé de gens pas vraiment intelligents. Vous voyez de qui je veux parler ? De la Belgique bien évidemment ! C’est bien connu : ils sont cons les belges. Très cons même. Car, honnêtement, il faut être con pour chercher à diviser en deux un aussi petit pays. Et je ne parle pas de leur incapacité à se doter d’un gouvernement : il leur a fallu près de 500 jours pour se retrouver un exécutif ! Qui dit mieux ? C’est pas en France que ça arriverait. Non, aucune chance. Hélas !

Car, chers amis motards, ces cons de belges sans gouvernement ont trouvé le moyen de légaliser la circulation interfiles, d’autoriser le stationnement non-gênant des 2 roues motorisé sur les trottoirs et de rendre obligatoire le port d’un équipement minimum (casque, gants, veste à manches longues, pantalon et chaussures protégeant les chevilles). Cerise sur le gâteau : une grande campagne d’affichage dans le royaume sur la fragilité des motards et le partage de la route. Tout un ensemble de mesures motophiles entrées en vigueur au 1er septembre 2011. On rêve…

Et pendant ce temps-là, dans notre beau et fier pays, dans ce pays que le monde entier nous envie, dans ce pays aux 600.000 élus (véridique !), dans ce pays gouverné comme il se doit… on décide d’imposer aux motards un « dispositif réfléchissant » (surtout, ne dites pas « gilet jaune ») afin d’éviter le sur-accident lorsqu’un motard chute à terre. Car oui, bande de motards graisseux et idiots, vous n’avez pas pensé à cela : le sur-accident dû à l’écrasement par un véhicule tiers ! Heureusement que notre gouvernement s’en soucie, lui et qu’il apporte ipso facto une réponse à ce très délicat problème qui doit toucher, à la louche, dans les 4 à 5 personnes par an. Pour le reste, peintures glissantes, glissières non doublées, formation, prévention… on peut attendre un peu puisque, désormais, grâce à notre dispositif réfléchissant anti-sur-accident notre sécurité est assurée.

Si, comme le dit le dicton, on a le gouvernement qu’on mérite, je ne sais pas ce que nous avons fait mais, force est de constater que les motards français paient leur mauvais karma. A moins qu’ils ne paient la suffisance de leurs énarques là où les belges bénéficient du bon sens d’un ministre des transports et d’un roi tous deux motards.

Que cela ne vous gâche pas les fêtes de fin d’année. En ce qui me concerne, j’irai sûrement les passer chez nos voisins si cons, autour d’une bière de trappiste et d’une gaufre au sirop de Liège. Parce que, franchement, je préfère être un motard con et vivant plutôt qu’un motard « réfléchissant » mais mort !

Raphaël, Coordinateur de la FFMC 54

mercredi 2 novembre 2011

Voir loin….

Ne dit-on pas que c’est la clé, dans la vie comme en matière de sécurité routière. Voir loin c’est prendre connaissance d’un danger bien avant sa survenance, c’est se mettre en condition pour l’appréhender correctement, c’est préparer l’évitement, c’est savoir s’il faut freiner, accélérer, virer à gauche ou à droite…au pire choisir le moindre mal ou l’atterrissage le plus doux. Voir loin c’est mettre toutes les chances de son côté, c’est durer …C’est valable dans la vie comme en matière de sécurité routière. Ce n’est pas valable en politique !

Pour voir loin une bonne vue ne suffit pas, il faut aussi lever la tête. Lever la tête en politique ce serait sortir des clichés, faire abstraction de son clan et des stéréotypes qui lui sont attachés, s’affranchir de la pensée unique ou des éléments de langage rabâchés à l’envie par chaque clan lors de la survenance d’un évènement inattendu (forcément inattendu vu qu’on ne regarde pas loin devant). D’ailleurs les crises financières, bancaires, économiques qui secouent notre monde ces dernières années qui les a vues venir, qui a levé le nez, qui a regardé plus loin que sa réélection prochaine? La crise de la dette qui nous fait découvrir aujourd’hui que les états aussi peuvent êtres en faillite, il a fallu avoir un pied dans le vide pour s’agiter et commencer à grands renforts de superlatifs à rechercher dans l’urgence et la frénésie les mesures capables de nous éviter une terrible catastrophe. Catastrophe qui ne manquera pas d’arriver puisque ce serait miraculeux que des mesures prises dans une telle agitation et aussi peu préparées soient les bonnes…

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Voir loin en matière de sécurité routière ce serait donc la moindre des choses, la sécurité routière, la vraie, celle qui s’intéresse à la vie des usagers, celle qui engage à faire le maximum pour que l’usager de la route ne perde pas la vie en se déplaçant, est incompatible avec la « loi » politique moderne. Le spectaculaire, le très porteur médiatiquement, l’effet d’annonce qui va propulser son auteur à la cime de l’audimat ne peuvent pas produire de bonnes mesures justement parce qu’elles ne s’appuient pas sur des analyses à long terme et qu’elles ne s’inscrivent pas dans la durée.

Quel « Politique » normalement formaté prendrait le risque de mettre en place des mesures qui ne porteraient leurs fruits que dans plusieurs années (alors que peut être un adversaire d’aujourd’hui pourrait en tirer bénéfices ou gloire !). Quel « Politique » pourrait aujourd’hui le supporter alors que des évènements majeurs se bousculent, chacun d’une telle importance que la Sécurité Routière en apparaît dérisoire pour ne pas dire ridicule si le sujet n’est pas rehaussé par quelques déclarations intempestives ou spectaculaires. Un instant nous avons rêvés. Un instant nous avons espéré même que la commission parlementaire mise en place après les mesures provocatrices et unanimement rejetées du CISR de mai, pourrait par son côté transversal et œcuménique prendre un peu de hauteur et déboucher sur des propositions adaptées et efficaces.

Finalement la montagne a accouchée d’une souris… le stéréotype l’a emporté, la répression est toujours d’actualité, la stigmatisation toujours au premier plan. Les vilains petits moutons noirs que nous sommes sont priés de suivre le troupeau, de se conformer à la règle du Contrôle Sanction Automatisé et d’adopter avec empressement ce que nos élus ont décidés qui serait le mieux pour nous. Parce que eux, qui ont le nez dans leurs dossiers, eux qui ne sont jamais montés sur une moto, eux qui ne regardent pas plus loin que le bout de leurs chaussures, eux qui ont poliment écoutés pendant des dizaines d’heures quelques 170 spécialistes triés sur le volet, ils sont restés sur leurs idées reçues, ils n’ont pas relevé la tête pour voir plus loin…mais ils ont la certitude que ce sont les bonnes mesures.

vendredi 7 octobre 2011

Le vol du bourdon

Vous avez déjà remarqué avec quel entêtement le bourdon qui butte contre la vitre insiste et insiste encore pour la traverser. Pour avoir suivi avec assiduité les auditions de la mission parlementaire, je dois avouer que le comportement du rapporteur me fait penser au vol du bourdon ; Cette opiniâtreté, cette assiduité inutile, cette récurrence dans la question orientée, ces affirmations grossières faisant passer tous les motards pour des délinquants débiles… qui me doublent tous les matins au moins à 200 à l’heure entre les files…

En revanche le bourdon il est prompt au démarrage, il marche au super sans méthanol ! Il a pris tout le monde de court par ses déclarations on ne peut plus prématurées dans un grand média national le jeudi 6 octobre. S’il voulait mettre le bazar il s’y serait pas pris autrement : dévoiler les conclusions et les préconisations de la mission avant qu’elle ne soit terminée et avant l’audition du ministre qui l’a commandité c’est fort ! Grosse prise de risque ! Sur un stade un faux départ c’est vestiaires immédiat, fin de la course avant d’avoir commencé… C’est peut-être l’objectif finalement, la vitre est trop épaisse, il sait qu’il ne la franchira pas.

Nous on reste calme, on a participé, on a fait valoir, comme d’autres participants à cette commission, notre expertise et notre connaissance du sujet, on attend sereinement les conclusions et les mesure qui s’en suivront et qui ne peuvent pas déboucher sur les trois ou quatre stéréotypes repris par le député. C’est impossible, ce serait grossier, et surtout ça fera rater et de loin la cible des moins de 3000 tués sur les routes l’année prochaine.

Patrick

lundi 26 septembre 2011

Radars pédagogique : la pédagogie shadock

Des radars affichant la vitesse des véhicules, ça n'a rien de nouveau, dans les années 90 de telles machines ont été installées en agglomération afin d'afficher la vitesse des véhicules et d'amener les gens à ralentir si besoin. Dans notre département, il y en avait un à l'entrée nord de Montrond-les-Bains.

Bien sûr, ces dispositifs étaient des "radars ordinaires" et non des "radars pédagogiques", ils avaient un rôle pédagogique sans pour autant que celui-ci soit mis en avant. Bref, bien avant les radars pédagogiques chers à notre ministre de l'Intérieur, ces radars faisaient déjà de la pédagogie sans le dire, un peu comme ce bon Monsieur Jourdain faisait de la prose sans le savoir. Le remplacement des panneaux avertisseurs de radars par des radars pédagogiques n'est pas sans poser plusieurs interrogations. Un panneau de métal, c'est simple, économique, écologique car ne consomme pas d'électricité, c'est plutôt efficace et c'est fait pour durer longtemps. Un radar pédagogique c'est plus complexe, coûteux, ça tombe en panne, ça demande de l'entretien, des vérifications et d'éventuelles réparations.

Bref, nos autorités en la matière ont mis en œuvre le principe suivant: "pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué". Curieux principe me direz-vous, Socrate, Platon, Sénèque ou encore le désormais célèbre duo Zadig et Voltaire ((c) Frédéric Lefevre) auraient-ils inventé un tel principe ? Aussi curieux que cela puisse paraître, ce "pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué" est un principe shadok. Oui les Shadoks ! ces drôles de petites bêtes apparues autrefois sur nos écrans de télévision, ces drôles d'oiseaux sans ailes et au cerveau très, très limité ne comportant que quatre cases. Ces mêmes Shadoks qui en maintes occasions poussaient des cris et s'agitaient beaucoup.

La où ça devient inquiétant, c'est quand on apprend qu'en Moselle, sur l' A31, sitôt montés deux de ces radars pédagogiques doivent être déjà démontés : il n'aura pas fallu longtemps pour constater que ça ne marchait pas. L'explication est simple, ces machines sont conçues pour être installées sur des chaussées à une seule voie, dans un sens, et là on les avait installés sur une autoroute à 3 voies. De plus, il ne faut pas que ça roule trop vite et qu'il y ait trop de véhicules, sinon le processeur qui calcule et affiche la vitesse n'arrive pas à suivre et ne sait plus où donner de la tête.

Là où ça devient vraiment inquiétant, c'est d'apprendre sur le site Internet d'un quotidien national qu'on savait par avance que c'était inadapté à la situation, mais qu'on les avait quand même installés pour que "la parole gouvernementale soit respectée et surtout que l' automobiliste ne se sente pas piégé". En clair : on savait que ça marcherait pas mais on l'a fait. Vraiment trop fort ! S'agirait-il cette fois d'un principe loufoque ?

Eh bien non, c'est bel et bien encore un principe shadok : "Ce n'est qu'en essayant continuellement que l'on finit par réussir", autrement dit : plus ça rate, plus on a de chance que ça marche. Principe appliqué quand les Shadoks décidèrent de construire une fusée pour aller dans l'espace et s'activèrent à faire rater 999 lancements de celle-ci afin d'arriver au plus vite au 1000 ème qui statistiquement devait cette fois réussir. Faudra-t-il installer 999 radars pédagogiques qui ne marchent pas pour que le 1000 ème marche ?

Mais peut être les Shadoks avaient-ils déjà eux mêmes trouvé la solution à ces radars pédagogiques qui ne marchaient pas car il existe un autre principe shadok intéressant: "Pour guérir quelque chose qui ne marche pas ou fait trop de bruit, il faut et il suffit de taper dessus avec quelque chose qui marche mieux ou qui fait plus de bruit. " Curieux que personne n'ait essayé avant de les démonter !

La liste des principe et proverbes shadok est en effet intéressante. Leur consultation s'impose pour comprendre beaucoup de choses.

Les dernières mesures décidées par le CISR dans un contexte semble-t-il de panique générale et de précipitation n'ont-elles pas été inspirées d' un autre principe shadok: "Quand on ne sait pas où on va, il faut y aller... et le plus vite possible !" De plus le fait de décider à la va-vite de mesures inadaptées n'est-il pas la parfaite illustration d'une autre devise shadok: " la plus grande maladie du cerveau c'est de réfléchir ! " Pour préserver les cerveaux de la maladie, c'est donc aux gilets fluo qu'on confie la tâche de réfléchir ?

Ou de cet autre: "Il vaut mieux pomper même s'il ne se passe rien que risquer qu'il se passe quelque chose de pire en ne pompant pas."

Il est fabuleux de constater que les Shadoks ont pris pour modèle le CISR ! Qui l'eut cru ? Qui aurait osé nous le cacher ? Personne hélas , car les Shadoks , nés de l' imagination du regretté Jacques Rouxel, sont apparu sur nos écrans en 1968 ; les dernières mesures du CISR ont été prises en 2011. Au vu des dates respectives, ne serait-ce pas plutôt l'inverse ?

Bernard (FFMC42)

jeudi 25 août 2011

Promos de l’été : le lavia et la boîte noire…

Propos à l’usage de tous les usagers de la route…

La très dogmatique représentante exclusive de la Ligue Contre la Violence Routière nous abreuve depuis des années de ses poncifs et autres lieux communs sur la vitesse, épicentre de tous les malheurs survenant sur la route. L’Ancienne, je la nomme ainsi car Madame la Présidente bénéficie d’une forte antériorité dans les médias, (ces médias qui, entre autres tares, ont une fâcheuse propension à ne toujours solliciter qu’un même et unique intervenant –le spécialiste du sujet qu’on veut traiter- qui est systématiquement exhibé dès que besoin se fait sentir d’apporter un peu de lumière chez la ménagère de 40 ans). Donc l’Ancienne, autoproclamée spécialiste en Sécurité Routière, nous a gratifié lors de ses dernières apparitions de deux nouveautés : le LAVIA et la boîte noire. A chaque nouvelle sortie télé ou radio elle nous prédit avec une faconde et une joie qui font plaisirs à voir, la fin du radar grâce au LAVIA…vous savez ce truc qui va gérer la vitesse à votre place et qui vous empêchera de dépasser la vitesse autorisée. C’est le fil à couper le beurre, l’œuf de Christophe Colomb…quand tous les véhicules en seront équipés plus de dépassement de vitesse et comme la vitesse est responsable de tout, plus d’accidents et plus d’accident plus de morts…et si un gamin me traverse sans crier gare alors que je suis bien à 49kmh, et si un type en face de moi qui vient de se faire piquer par une guêpe coupe un virage ou roule à gauche alors que nous sommes tous les deux à 89kmh y se passera rien, promis ! Je pourrai donc continuer à lire mes mails (discrètement), ou faire une petite sieste avant le prochain client ? Je pourrai même me taper une grosse rigolade à 90 sur le verglas ! (ben oui, le satellite y voit pas la température, ni la neige, ni les gravillons d’ailleurs…faudra trouver un bidule électronico-informatique embarqué pour arranger ça, y a pas de raisons de laisser le conducteur décider…) C’est bien, c’est séduisant pour les intégristes de la vitesse mais y’ a tout de même un truc qui me chiffonne, ça fait 10 ans que c’est dans les tuyaux ce machin !... lancé officiellement en septembre 2001 avec zone expérimentale à St Quentin en Yvelines, programmation de tests en plusieurs vagues entre 2004 et 2006…alors pourquoi que ça nous ressort que maintenant comme une nouvelle nouveauté miraculeuse ?…Juste pour sourire, un projet Européen a même été lancé à l’époque, nom de code PROSPER et pour feu Maurice CHEVALIER, Prosper ..yop la boum…c’est le roi du macadam… chanson prémonitoire ?

Deuxième merveille dont l’Ancienne fait maintenant la promotion à tout va : la boite noire. Justifiée par l’impérieuse nécessité de comprendre les accidents…la vitesse (encore) est sous-estimée dans l’analyse et dans les rapports…quand tous les véhicules seront équipés on saura tout, on comprendra tout…. La boite noire c’est l’ADN des accidents, s’est-elle exclamée devant les parlementaires!!! (C’est fort comme image, c’est osé même !)…Comme par hasard un grand assureur, (celui qui sponsorise notre ami motard, bisness-formateur, spécialiste moto sur une grande chaine TV), tente de lancer le Crash Recorder (une boite noire pour établir les causes d’accidents). Cette tentative fait suite à la notion de ‘Pay as you drive’ lancée par une grosse mutuelle d’assurance il y a trois ans. Je me demande bien pourquoi les assureurs sont si intéressés à connaitre la cause des accidents…et pourquoi dans le même temps l’Ancienne s’égosille à nous en vendre les vertus…Tout de même depuis que tant de bonnes volontés travaillent très sérieusement sur le sujet, les causes des accidents on les connait non ? Alors il est où le loup ? Il est où le renard ? Qui sera le dindon ? LAFONTAINE en aurait fait une fable avec une morale telle celle de sa fable Le Loup et le Chien : « L’adversaire d’une vraie liberté est un désir excessif de sécurité », mais à cette époque il n’était point de Sécurité Routière…..

Patrick

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