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Le bloc-note de la FFMC 84

La boite à idée des motards en colère du Vaucluse. Par Moto Magazine

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Keyword - Sécurité routière

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jeudi 30 août 2012

Sécurité routière tiroir-caisse : Ensemble refusons le contrôle technique européen !

Le contrôle technique des deux-roues motorisés (2RM), serpent de mer que la FFMC repousse régulièrement depuis plus de quinze ans, menace à nouveau en passant cette fois par le biais de l'Europe. Un projet d'envergure rédigé par la Commission Européenne va être débattu dans les tout prochains mois au Parlement Européen. Non seulement il concernera les 2RM (des cyclomoteurs aux gros cubes) mais aussi les voitures, avec une accélération notable de la périodicité des contrôles qui deviendra annuelle six ans après la mise en service du véhicule.

Non au CTMEn effet, le premier contrôle interviendra quatre ans après la mise en service et le deuxième deux ans plus tard, comme aujourd'hui, mais le rythme deviendra ensuite annuel alors qu'il est biennal actuellement. Il y a donc une volonté clairement affirmée de renchérir le coût d'usage et d'entretien des véhicules qui se fera au seul détriment des gens modestes obligés d'acheter des véhicules d'occasion. Ceci est d'autant plus inacceptable que l'argument de la Commission pour justifier le renforcement du CT est un beau modèle de foutage de gueule: «...il est prouvé empiriquement qu'entre 5 et 6 ans d'âge, le nombre d'accidents graves mortels dus à des défaillances techniques augmente notablement...» On peut en conclure, non pas empiriquement mais démonstration faite, que la Commission Européenne fait preuve de malhonnêteté car elle ne peut pas prouver scientifiquement le bien fondé de sa proposition. Au contraire, elle ne dispose d'aucune étude indépendante pour étayer sa thèse, les seuls chiffres sur lesquels elle s'appuie étant ceux qui lui sont fournis par le lobby des contrôleurs techniques. Bel exemple de rigueur, d'indépendance et d'honnêteté !

Alors que toutes les études sur le sujet concluent à l'innocuité du contrôle technique, aussi bien pour les voitures que pour les deux-roues motorisés (moins de 0,7 % des accidents concernant les 2RM ont pour cause principale ou accessoire le mauvais état du véhicule, selon le rapport MAIDS), force est de voir dans cette offensive hors de propos la conséquence de la stagnation du marché du contrôle technique et du recul des immatriculations d'automobiles. Le lobby des chaines de contrôle technique (mais aussi des concessionnaires et importateurs qui espèrent leur part du gâteau) compte donc sur une Europe qui marche sur la tête avec brio pour lui apporter une bonne bouffée d'oxygène qui n'est en fait qu'une fuite en avant suicidaire.

Inutile de préciser que la FFMC est en mesure de démonter pièce par pièce la rigueur empirique de la Commission et de ses petits amis et de leur opposer des études et argumentaires scientifiques.

La Commission européenne ayant publié son projet de règlement, la balle va maintenant passer dans le camp du Parlement Européen et du Conseil. C'est au niveau des parlementaires européens que cela va se jouer.

http://blogs.motomag.com/tous/admin/media_item.php?id=5979

La FFMC lance donc une action d'envergure nationale les vendredi 21 et samedi 22 septembre 2012.

Notre but est d'aller rencontrer le même jour autant d'eurodéputés que possible, partout en France (il y en a 13 dans la circonscription Sud-est regroupant les régions Rhône-Alpes et PACA), pour leur présenter nos doléances sur ce point en particulier et, tant qu'à faire, nos demandes légitimes concernant la sécurité routière en général, du point de vue des réglementations européennes (normes pour les glissières de sécurité, homologation des véhicules, formation, etc.).

Les députés européens sont le seul maillon démocratique du processus législatif européen. A un moment où s'exprime sur tout le continent, dans un contexte de crise économique violente, un profond ras-le-bol des citoyens vis à vis d'une Europe ressentie comme oligarchique et technocratique, vendue aux intérêts de puissants lobbies qui n'ont que faire des intérêts des citoyens et, en conséquence, sourde et aveugle aux dures réalités que vivent ces derniers, nous souhaitons que les euro-députés mesurent le profond malaise qui frappe les populations européennes et jouent leur rôle de représentants légitimes des peuples en écoutant leurs doléances.

Mais la FFMC ne sera pas la seule à agir: Partout en Europe, les associations de motards feront de même ! Cliquez sur ce lien pour en voir le détail.

D'autre part, ce contrôle technique européen uniformisé n'est pas seulement une attaque frontale contre les motards mais aussi contre tous les automobilistes. C'est pourquoi, nous appelons ces derniers à se joindre à nous pour faire échec à cette politique de racket inacceptable au travers de l'Union des Usagers de la Route.

Bien entendu, nous devons également nous faire entendre du gouvernement français qui a une voix importante au niveau du Conseil. Un rendez-vous avec le nouveau Délégué interministériel à la Sécurité Routière est d'ores et déjà calé pour le 18 septembre.

Quant à elle, la FFMC 84 organisera une action le 22 septembre dont les modalités sont encore à définir.

Réservez déjà cette date dans vos agendas !

samedi 25 juin 2011

Electeurs !

Chaude, l'actu motarde ces dernières semaines !

80.000 motards dans les rues (près de 1000 en Vaucluse) : même au bon vieux temps de la vignette giscardienne, on n'est pas sûr d'en avoir vu autant se mobiliser. Et chose nouvelle, les automobilistes se sont mis de la partie, eux aussi. Mieux, une Union des Usagers de la Route (UUR) a vu le jour. Une grande première. Du jamais vu. Espérons que c'est là l'expression de la prise de conscience par ces mêmes usagers d'une évidence : la sécurité routière, si elle nous concerne tous, ne peut pas se faire sans nous, voire, contre nous. Espérons aussi que ces bataillons de mécontents qui entrent dans l'action sauront prolonger la dynamique et rejoindre les associations (comme, au hasard, la FFMC mais aussi la Ligue de Défense des Conducteurs ou 40M d'automobilistes et d'autres encore) qui bataillent pied à pied contre le gouvernement et ses supplétifs pour une autre politique de sécurité routière.

Affaire à suivre donc !

Il faut dire que le gouvernement s'est surpassé lors du dernier Comité Interministériel de la Sécurité Routière (CISR), au point de semer le trouble au sein même de sa propre majorité. Ceci ajouté à cela, on a assisté à une belle pagaille, pour ne pas dire cacophonie, dans les cercles du pouvoir. Vous avez tous les détails à portée de souris sur le site de Moto Magazine.

De quoi ébranler quelques certitudes chez ceux qui pensent que les motards ne sont que des cancres bruyants, indisciplinés et isolés tandis que les autres ne sont que des moutons silencieux, inoffensifs et faciles à tondre. Petit démenti par la "vox populi". La majorité dite "silencieuse" a commencé à dire son ras-le-bol aux côtés de la minorité casquée. Surprise !

Or, certaines élections approchant, tout cela fait un peu tâche, évidemment.

Mais nous ne sommes pas dupes.

Ni de la volonté des uns de montrer qu'ils agissent à bon compte, espérant rafler la mise un peu plus tard en se donnant le beau rôle : celui de ceux qui savent être impopulaires pour le bien commun. "Voyez le courage nous avons eu !" s'écrieront-ils le moment venu, béats d'admiration pour eux-mêmes, relayés par leurs habituels thuriféraires.

Ni du positionnement de ceux qui craignent aujourd'hui pour leur réélection. Après tout, voilà bien quelques années qu'ils empilent les lois, toutes plus répressives les une que les autres. C'est bien le moins qu'ils puissent faire que de s'inquiéter du rejet des derniers excès, lequel est certainement la conséquence d'un contexte plus général auquel ils ont participé.

Pas dupes, non plus, de l'intérêt soudain de certains qui espèrent se faire une virginité républicaine et sociale en récupérant tous les mécontentements actuels. Mais ne grattez surtout pas le vernis encore frais : les vieux oripeaux de l'exclusion risqueraient de réapparaître.

Ni du silence des autres. De ceux qui se ravissent de voir ce gouvernement et son grand patron s'enfoncer toujours plus dans l'impopularité. Ils ont pourtant cédé aux mêmes sirènes démagogiques lorsqu'ils étaient au pouvoir. Et rien ne dit, surtout pas eux, qu'ils changeront quoi que ce soit à ce dont ils hériteront s'ils y revenaient.

Alors, tous pourris ? Ce serait sans doute trop simpliste. Chacun jugera selon ses convictions.

Toutefois, puisque l'un des slogans de la manifestation du 18 juin était : "2012, on vote. Réfléchissez !", il serait bon de rappeler que cela ne s'adresse pas seulement à ceux qui sont en charge des responsabilités aujourd'hui. Aussi vrai que la sécurité routière n'est pas une problématique déconnectée des réalités sociétales, ceux qui vont briguer nos suffrages doivent comprendre que nous ne nous contenterons pas de réponses évasives. Une autre politique de sécurité routière est possible qui peut emporter l'adhésion de nos concitoyens si elle mise davantage sur la prévention et la formation ainsi que sur la volonté de vivre ensemble et de partager la route. Que des trucs pas très spectaculaires, c'est vrai. Plutôt un long travail de fond, un investissement sur le long terme. N'est-il pas temps d'y venir ?

A bon entendeur...

Marco84

vendredi 7 décembre 2007

Sécurité routière et mode vestimentaire : Délires sécuritaires ou mauvaise plaisanterie ?

Comme on le sait, le "maudit" motard présente plusieurs caractéristiques parfaitement insupportables qui stimulent l'imagination débordante de ceux qui veulent son bonheur à tout crin.

Parmi ces caractéristiques, deux taraudent plus particulièrement les esprits embrumés de certains grands penseurs de la sécurité routière "bien d'cheu nous" : Primo, les motards n'ont pas de plaque à l'avant, ce qui les priverait des bienfaits de la radarisation frontale automatique et les pousserait à rouler au-dessus des vitesses autorisées. Deuzio, les motards sont mal visibles, ce qui pousserait les autres usagers à la faute.

Si la première assertion est d'un ridicule confondant, la seconde, quant à elle, n'est pas dénuée de bon sens, soit dit en passant. Dès lors, on se demande toujours ce qui a motivé naguère les célèbres "feux de jours pour tous" et, pour demain, ce qui motive les feux dédiés européens ?

La LCVR (entendez, ligue contre la violence routière), qui brille souvent plus par son agressivité verbale à l'égard des motards que par la pertinence de ses analyses, prétend avoir enfin trouvé la solution à ces deux épineux problèmes.

Celle-ci nous viendrait directement de Colombie, pays réputé, comme chacun sait, pour son café, ses herbes aromatiques et... la sûreté de ses routes, sous la forme d'un très seyant gilet de couleur orange agrémenté de bandes fluorescentes et du numéro minéralogique de la bécane imprimé sur le devant et dans le dos.

Qu'on en juge plutôt :

La mode moto selon la LCVR

Hélas, il y a peu de chances que ce splendide accessoire vestimentaire voit les motards français se précipiter chez leurs motocistes pour l'acquérir. C'est pas demain que ce machin fera de nous des "fashion's victims". Même s'il n'y a aucune honte, cela dit, à puiser dans les immenses ressources colombiennes pour améliorer les conditions de vie dans notre pays, on se demande quelles spécialités locales goûtées par nos amis de la LCVR ont bien pu les fracasser au point de leur faire perdre leur discernement légendaire. Y a des trucs là-bas auxquels mieux vaut ne pas trop toucher. Ce sont des sacrés bout-en-train à la LCVR !

Ou alors, est-ce une façon pour ces gentilles personnes de nous dire à quel point elles nous prennent pour des clowns ? On s'en fout, c'est suilà qui dit qu'y est!

Paraît que, en Colombie, le port de ce truc est obligatoire. On plaint très sincèrement les motards colombiens.

Rappelons que la FFMC n'est pas, pour sa part, très favorable à ce genre d'accessoires, leur préférant des vêtements équipés de dispositifs réfléchissants plus visibles et mieux intégrés que ceux qui équipent aujourd'hui la plupart des blousons et vestes. Il y a forcément un moyen de concilier sécurité et esthétique sans se transformer en sapin de Noël ! De plus, rendre obligatoire le port de ces systèmes, quels qu'ils soient, est pour le moins une absurdité puisqu'ils ne résoudront en rien le problème de perception des deux-roues motorisés.

Mais enfin, dira-t-on, chacun voit midi à sa porte et s'il y en a à qui ça plait, c'est leur affaire. De là à l'imposer à tous, faudrait pas pousser !

Quant à la visibilité avant de nos numéros minéralogiques, même si les idées en la matière ne manquent pas, on se rappellera que ce n'est devenu un problème que depuis l'apparition des radars automatiques. Comme quoi, y a des grands penseurs dans nos ministères! C'était du préparé costaud leur affaire !

Pour la bonne équité, la solution ne serait-elle pas plutôt de supprimer les plaques avant sur les 4-roues, comme au Québec ? Sachons nous inspirer aussi du bon sens de nos cousins !

Quant à la LCVR, je ne saurais trop les encourager à persévérer dans leur tour du monde des idées ridicules: nous aussi, on aime bien rigoler !