Le contrôle technique des deux-roues motorisés (2RM), serpent de mer que la FFMC repousse régulièrement depuis plus de quinze ans, menace à nouveau en passant cette fois par le biais de l'Europe. Un projet d'envergure rédigé par la Commission Européenne va être débattu dans les tout prochains mois au Parlement Européen. Non seulement il concernera les 2RM (des cyclomoteurs aux gros cubes) mais aussi les voitures, avec une accélération notable de la périodicité des contrôles qui deviendra annuelle six ans après la mise en service du véhicule.

Non au CTMEn effet, le premier contrôle interviendra quatre ans après la mise en service et le deuxième deux ans plus tard, comme aujourd'hui, mais le rythme deviendra ensuite annuel alors qu'il est biennal actuellement. Il y a donc une volonté clairement affirmée de renchérir le coût d'usage et d'entretien des véhicules qui se fera au seul détriment des gens modestes obligés d'acheter des véhicules d'occasion. Ceci est d'autant plus inacceptable que l'argument de la Commission pour justifier le renforcement du CT est un beau modèle de foutage de gueule: «...il est prouvé empiriquement qu'entre 5 et 6 ans d'âge, le nombre d'accidents graves mortels dus à des défaillances techniques augmente notablement...» On peut en conclure, non pas empiriquement mais démonstration faite, que la Commission Européenne fait preuve de malhonnêteté car elle ne peut pas prouver scientifiquement le bien fondé de sa proposition. Au contraire, elle ne dispose d'aucune étude indépendante pour étayer sa thèse, les seuls chiffres sur lesquels elle s'appuie étant ceux qui lui sont fournis par le lobby des contrôleurs techniques. Bel exemple de rigueur, d'indépendance et d'honnêteté !

Alors que toutes les études sur le sujet concluent à l'innocuité du contrôle technique, aussi bien pour les voitures que pour les deux-roues motorisés (moins de 0,7 % des accidents concernant les 2RM ont pour cause principale ou accessoire le mauvais état du véhicule, selon le rapport MAIDS), force est de voir dans cette offensive hors de propos la conséquence de la stagnation du marché du contrôle technique et du recul des immatriculations d'automobiles. Le lobby des chaines de contrôle technique (mais aussi des concessionnaires et importateurs qui espèrent leur part du gâteau) compte donc sur une Europe qui marche sur la tête avec brio pour lui apporter une bonne bouffée d'oxygène qui n'est en fait qu'une fuite en avant suicidaire.

Inutile de préciser que la FFMC est en mesure de démonter pièce par pièce la rigueur empirique de la Commission et de ses petits amis et de leur opposer des études et argumentaires scientifiques.

La Commission européenne ayant publié son projet de règlement, la balle va maintenant passer dans le camp du Parlement Européen et du Conseil. C'est au niveau des parlementaires européens que cela va se jouer.

http://blogs.motomag.com/tous/admin/media_item.php?id=5979

La FFMC lance donc une action d'envergure nationale les vendredi 21 et samedi 22 septembre 2012.

Notre but est d'aller rencontrer le même jour autant d'eurodéputés que possible, partout en France (il y en a 13 dans la circonscription Sud-est regroupant les régions Rhône-Alpes et PACA), pour leur présenter nos doléances sur ce point en particulier et, tant qu'à faire, nos demandes légitimes concernant la sécurité routière en général, du point de vue des réglementations européennes (normes pour les glissières de sécurité, homologation des véhicules, formation, etc.).

Les députés européens sont le seul maillon démocratique du processus législatif européen. A un moment où s'exprime sur tout le continent, dans un contexte de crise économique violente, un profond ras-le-bol des citoyens vis à vis d'une Europe ressentie comme oligarchique et technocratique, vendue aux intérêts de puissants lobbies qui n'ont que faire des intérêts des citoyens et, en conséquence, sourde et aveugle aux dures réalités que vivent ces derniers, nous souhaitons que les euro-députés mesurent le profond malaise qui frappe les populations européennes et jouent leur rôle de représentants légitimes des peuples en écoutant leurs doléances.

Mais la FFMC ne sera pas la seule à agir: Partout en Europe, les associations de motards feront de même ! Cliquez sur ce lien pour en voir le détail.

D'autre part, ce contrôle technique européen uniformisé n'est pas seulement une attaque frontale contre les motards mais aussi contre tous les automobilistes. C'est pourquoi, nous appelons ces derniers à se joindre à nous pour faire échec à cette politique de racket inacceptable au travers de l'Union des Usagers de la Route.

Bien entendu, nous devons également nous faire entendre du gouvernement français qui a une voix importante au niveau du Conseil. Un rendez-vous avec le nouveau Délégué interministériel à la Sécurité Routière est d'ores et déjà calé pour le 18 septembre.

Quant à elle, la FFMC 84 organisera une action le 22 septembre dont les modalités sont encore à définir.

Réservez déjà cette date dans vos agendas !