
D’un point de vue sportif, cette édition des 24H du Mans aura été passionnante sous tous les aspects. Il y a le spectacle que les pilotes ont offert sur la piste, les différents rebondissements de la course au fil des heures, le travail des mécaniciens dans les stands, la magie du circuit Bugatti la nuit, la folie du public… Les 24H du Mans sont le temple de l’Endurance, et cette édition restera certainement comme une « très belle année » dans les annales de l’ACO, le club organisateur. Le plein de pilotes et de machines est un signe de la renaissance d’une discipline qui reste malgré tout une des plus populaires du sport moto, du moins en France et dans certains pays d’Europe. Espérons seulement qu’elle le restera et que l’on verra encore longtemps les concessionnaires, les privés et les mécanos bénévoles sur les courses de 24h…
En ce qui concerne la course en elle-même, celle de la catégorie EWC, comment ne pas féliciter l’équipe Kawasaki GSR qui s’est, et de loin, montré déjà compétitive pour le championnat, autant par la qualité et la régularité de ses pilotes que par la préparation de la moto. La Suzuki du SERT était à sa hauteur, tout comme la Yamaha autrichienne (YART). La première n’a pas eu de chance dans la course, mais elle a montré ses atouts, la deuxième devra certainement travailler sur la fiabilité de la moto pour être au top et ainsi rivaliser avec les deux autres.
Même discours pour le GMT 94 qui a fait une course parfaite avec des pneumatiques pas tout à fait au niveau des potentialités de ses pilotes et de l’équipe entière. Espérons en tout cas que l’une comme l’autre saura vite réagir à ces contretemps de début de saison et que l’on retrouvera bientôt encore plus de spectacle pour les courses à venir.
À ce propos, nous avons été impressionnés par le professionnalisme de certaines équipes comme les Suisses du team Bolliger ou les Belges du BMP Elf. Mais aussi par l’expérience de l’équipe de National Moto, la fougue du team RAC 41, les moyens de la Honda MPRT... Le plateau était très relevé cette année et c’est excellent pour le sport et le spectacle ! Seule déception, mais c’est pour tout le monde pareil, le manque de préparation de la BMW, une moto qui garde des grandes possibilités de développement. Les chronos de Sébastien Gimbert à son guidon ne laissent personne indifférent. Espérons aussi que la marque bavaroise pousse un peu plus loin son engagement et que l’on verra bientôt une moto européenne se battre avec les japonaises en Endurance.
Parallèlement, même si ce n’est pas dans la même catégorie, comment ne pas être admiratif face à la dixième place au scratch de la Metiss ? Une petite équipe de passionnés et de bénévoles qui réussit, avec peu de moyens, l’exploit de se rapprocher des meilleurs.
Dans la catégorie Superstock en revanche, le niveau est vraiment très relevé et la course mancelle a donné lieu à un beau spectacle sur la piste et dans les stands. L’issue de la course a été indécise pratiquement jusqu’à la fin entre les Suzuki du QERT n°95 et du team Motor Events. Mais la bonne surprise dans cette catégorie est bien la présence de BMW déjà compétitives. La troisième place du team TRT27 en est la preuve.

3465,18 kilomètres est la distance parcourue par le équipe Kawasaki GSR en 828 Tours (contre 727 en 2009), parcourue à une vitesse moyenne de 144,382 Km/h (126,7Km/h en 2009).
La course ayant été neutralisée 2 fois, pour une durée totale de 32 minutes.
La Kawasaki n°11 pilotée par Julien Da Costa, Olivier Four et Grégory Leblanc vient de remporter la 33e édition des 24H du Mans ! À bientôt pour l’analyse de la course et pour les photos des vainqueurs.
L’édition 2010 des 24H du Mans moto a été une réussite. Le nombre de spectateurs de cette 33e édition s’élève à plus de 92 000 tout au long du week-end. Il égale celui de l’année dernière. Concernant le nombre de demandes d’engagement, avec 80 demandes pour seulement 55 places disponibles sur la ligne de départ, c’est un record selon le président de la FFM, Jacques Bolle.
La Honda n°55 de National Moto pilotée par Émeric Jonchiere perd l'avant au freinage, peut-être victime d'une fuite au niveau du radiateur d'eau. Elle percute violemment la Suzuki n°50 alors en tête en Superstock. Le team Motors Events voit ainsi la victoire de la catégorie lui échapper, après avoir mené la course depuis la troisième heure. Quant au team parisien n°55, il n'est toujours pas ressorti de son stand.
Si personne semble pouvoir contester à la régulière la chevauchée solitaire de la Kawasaki n°11 vers la victoire finale, la lutte pour les places d’honneur est en revanche plus qu’incertaine. Il y a au moins cinq motos en lice pour monter sur le podium. En théorie, et si tout se passe bien, la Yamaha n°1 devrait assurer sa première place, mais en réalité rien n’est moins sûr car la moto souffre d'une surchauffe moteur, comme la majorité des Yamaha qui ont déjà abandonné au cours de ces 24h. Officiellement, chez les Autrichiens on reste évasif, mais on sait que les pilotes ont consigne de réduire leur rythme car, au dire d’un membre du team, « il peut casser à tout moment » !
Pour mieux gérer les nombreux spectateurs estimés à plus de 90 000 (le nombre exact sera communiqué aujourd'hui dans la journée), les organisateurs ont choisi cette année une solution simple : ils ont agrandi toutes les zones dédiées au camping autour du circuit ! Les spectateurs ne se marchent plus les uns sur les autres, les motos ont de la place pour stationner et circuler, mais surtout les esprits s’échauffent beaucoup moins. Il faut dire que la présence policière autour du circuit reste impressionnante, les contrôles quasi-systématiques. Autre bonne idée, de palettes et autres morceaux de bois ont été mis à disposition des campeurs, évitant ainsi la coupe des arbres bordant le circuit.
Au cours de cette nuit sans événements marquants et avec toujours la Kawasaki n°11 suivie de la Yamaha n°1 en tête, c’est la remontée de deux machines qui a marqué les esprits. Il s’agit de la 94 et de la 72.

Après 12h en piste, le classement ne semble pas vouloir évoluer. C'est toujours le team Kawasaki GSR qui mène la danse de cette 33e édition des 24H moto. Comptant désormais un seul petit tour d'écart sur le YART après plus de 410 tours de piste, l'avance semble bien faible ! Derrière, c'est le statu quo avec la 55 de National Moto en 3e position, suivie de la Suzuki n°18 des Sapeurs Pompiers, à quatre tours de retard.
Pas de chance pour le team officiel Michelin, cette 33e édition leur aura occasionné son lot de mésaventures. Pourtant pas trop mal placé sur la grille de départ (9e place), le pilote espagnol Josep Monge part à la faute après 40 minutes de course. Reparti après quelques réparations sur le carénage, le team managé par Bernard Cazade et Jean-Francois Daffix rencontre avant la nuit quelques problèmes de freins avant. Plusieurs purges de liquide de freins plus tard, de précieuses minutes s’envolent, comme tout espoir d’être bien classé sur la ligne d’arrivée.
Arrêtée dans son stand depuis 21h30, la BMW Michelin pilotée par Sébastien Gimbert, Erwan Nigon et Bertrand Stey ne semble pas prête à reprendre la piste. Afin de comprendre d’où vient la panne électronique sur la moto, les mécanos ont entièrement démonté le faisceau électrique. Ensuite, les électroniciens ont pris le relais.
Alors que la fraîcheur nocturne vient de s’étendre sur le circuit Bugatti du Mans, deux machines s‘éloignent en tête des 24H. Toujours premier, mais d’une courte tête, la Kawasaki GSR n°11 redouble d’efforts pour contenir les champions du monde avec la Yamaha n°1 du team YART. Les Autrichiens revenus dans le même tour que la Kawasaki mettent une grosse pression pour s’emparer du commandement de la course.
Voici un extrait du communiqué de presse concernant l’état de santé des deux pilotes victimes du terrible accident de cet après-midi, vers 16h45 :
- Victor Carrasco souffre d’un gros hématome à la cuisse
- Guillaume Dietrich plus sérieusement touché, outre une côte cassée, est toujours en observation pour une lésion possible du rachis lombaire. Les jours du pilote ne sont pas en danger.
photo F. Scuderi
photo F.Scuderi
photo F.Scuderi
Christian Gelmini est commissaire de stand aux 24H. Son travail consiste à tout relever lors du passage au stand de la moto et éventuellement à signaler à la direction de course les anomalies ou les infractions au règlement. Il veille aussi à la sécurité. Christian vient de Bourg-en-Bresse et il fait partie du l’UMAin (Union Motocycliste de l’Ain), un club qui fête cette année ses 82 ans d’existence… Cinq autres des amis du club (Miguel, Marc, Patrick, Patrice et Gérard) sont commissaires dans les stands. Ils sont tous bénévoles, comme tous ceux du club qui depuis quinze ans viennent ici. Christian, fine plume, est aussi le rédacteur du journal du club, le Pot’Ain. Chapeau bas en tout cas à lui et à tous les bénévoles pour leur travail et leur passion.